Panser les petits bobos après cette traversée un peu dure ? pas de problème, il y a tout dans cette grande marina du Marin, mais pas forcément comme on le croit.
Les maîtres-voiliers sont plusieurs et offrent des services complets, allant jusqu’à venir à bord au mouillage pour amener et ranger la voile malade dans son sac et la transporter jusqu’à l’atelier. Et bien sûr la rapporter à bord une fois réparée. Question délais, c’est plus aléatoire car nous sommes en période de haute saison.
En l’occurrence j’ai bénéficié de l’aide de deux équipiers occasionnels pour mettre le génois dans son sac et le transporter à la voilerie qui me proposait de le réparer en trois jours. Ainsi elle serait prête avant l’arrivée de la famille pour noël. Pari tenu, avec une bande anti UV toute neuve parfaitement posée et de haute qualité. Super !
La carte marine électronique des Antilles qui ne marchait pas, c’était plus ennuyeux, car elle mettait en rideau l’ensemble du système de navigation. Éconduit bêtement par le concessionnaire Accastillage Diffusion local, j’ai trouvé facilement un spécialiste (Diginav) qui a simplement mis à jour le logiciel pour régler le problème en moins de deux jours et avec le sourire en plus : 20 ans d’expérience des systèmes informatiques embarqués cela rend service. Bravo !
Les autres bricoles, dont un gros carénage en plongée devant le Club Med, pour éliminer les milliers de polypes d’un centimètre de long accrochés à la coque, étaient à ma portée avec les moyens du bord, et furent réglés en quelques jours. Sans rogner sur le temps nécessaires aux apéros et mondanités marines entre plaisanciers heureux d’avoir traversé l’Atlantique. Cela s’arrose principalement au ti’punch ! Génial !
Et, dès le 18 décembre, je n’avais plus qu’à me consacrer entièrement à l’accueil de la famille métropolitaine qui m’avait fait l’immense plaisir de monter un grand rassemblement de noël dans une belle maison louée au Diamant. L’agence avait même approvisionné les ingrédients de base indispensables aux premiers pas à la Martinique, féculents et fruits locaux, café, et surtout rhum vieux, rhum agricole et sirop de canne sans quoi rien n’est possible ici.
Du coup, pour être plus proche, j’ai choisi de déplacer Dartag de quelques milles, dans le mouillage le plus proche de la maison, au marigot du Diamant. Certes, ce n’est pas le plus confortable du coin car il est plutôt rouleur, mais on voyait le bateau depuis la maison et le débarquement en annexe sur la plage était possible sans réel problème, pas trop de marée, pas de gros brisants qui les auraient rendus sportifs. Bref, quasiment l’idéal.
La fringale de découverte de cette île s’est exprimée grâce aux voitures de location et chaque repas, chaque soirée, était une fête dans laquelle chacun donnait toute la mesure de son talent. Les grands, mais aussi les petits, tellement dynamiques, qui ne laissaient pas passer une occasion de plonger dans la piscine ou de faire une excursion dans la mangrove avec les kayaks.
Pour la soirée de noël, les indispensables foie gras et champagne apportés spécialement de métropole ou débarqués de Dartag côtoyaient les préparations locales, sauf la langouste introuvable le 24, et pour cause, un temps exécrable sévissait depuis quelques jours et pendant la soirée, tempête, pluie diluviennes, éclairs sur tout l’horizon ont duré plusieurs heures. Mais il faisait si doux que nous sommes restés en tenue d’été sur la grande terrasse bien abritée. Evidemment l’ouverture des cadeaux fut un grand moment et a donné l’occasion aux petits de faire eux même la distribution avant de se plonger dans les leurs, si passionnants.
Parmi les visites marquantes dans l’île, il y eu :
- les jardins de Balata, fruit de trente ans de travail et de patience d’un passionné qui en a fait une merveille d’harmonie et de diversité botanique. En prime les oiseaux, en particulier les colibris par centaines, en liberté, offrent un spectacle féérique.
- La ville martyr de Saint-Pierre détruite par l’explosion de la montagne Pelée en 1902 et toujours à l’agonie au milieu de ses ruines calcinées. C’est très triste, alors que le site est magnifique et mériterait une renaissance.
- Les plages du Sud, des anses d’Arlet, à la baie des Salines, par les savanes des pétrifications, et bien sûr celle du Diamant ou trône l’impressionnant rocher du même nom, occupé quelques années par une garnison anglaise qui y avait installé des canons. Ils sont fous ces anglais !
- La presqu’ile de la Caravelle, dont les baies et plages coralliennes sont magnifiques et où nous avons trouvé de superbes et délicieuses langoustes locales vivantes dégustées le soir même.
- La cascade des gendarmes, pleine de légendes, dans une végétation si haute et si luxuriante qu’elle en serait presque équatoriale.
- Les villes de la côte est (Ste Marie, Trinité, Robert, François, Vauclin), et le fameux béquéland où se sont installées, dans de magnifiques villas, les familles des planteurs et industriels depuis toujours, à l’abri d’une barrière de corail qui favorise les sports de glisse dans le lagon.
- mentionnons les courageux qui se sont lancés dans un trek vers le sommet de la montagne Pelée, malheureusement par mauvais temps (ils n’avaient pas le choix). Ils sont rentrées trempés jusqu’à l’os et pleins de modestie devant la difficulté de cette marche qui n’est vraiment pas à la portée de tous comme le prétendent certain guide touristiques un peu irresponsables.
- Et n’oublions pas les petits restaurant typiques sur les plages ou à la montagne qui permettent de déguster les produits locaux, ignames, patates douces, arbres à pains, goyave, mangues, cocos, fruits de mer, boissons variées essentiellement à base de rhum, etc… liste non exhaustive.
- La gentillesse et le sourire des Martiniquais toujours accueillants, efficaces, disponibles, avec une mention particulière pour Mamie Hermine et ses innombrables produits artisanaux vendus au marché du Diamant.
Les retours en métropole se sont échelonnés sur quelques jours et le dernier à reprendre l’avion, Denis, installé à bord de Dartag une fois la maison libérée a pu participer à une escapade dans l’île anglaise voisine de Sainte Lucie, où nous avons retrouvé l’équipage de Fradeloma.
L’occasion d’une belle visite guidée du sud, autour des fameux « deux pitons » et des sources sulfureuses de la Souffrière, au départ de Marigot Bay, puis d’un parc botanique très riche, avant un réveillon gastronomique anticipé d’un jour, cuisiné par le grand chef Etienne qui dispose d’un congélateur à bord de son bateau (quel luxe !).
A noter que les orages de la nuit de noël ont été catastrophiques dans cette île où des ponts ont été emportés, des bâtiments inondés par des coulées de boues, des routes coupées et des plages déplacées par les milliers de tonnes de matériaux dégringolant de la montagne sous l’effet des rivières en furie. Tous les bulldozers et grues disponibles étaient au travail pour rétablir la situation en ce début de saison touristique.
Le 31 au soir, nous étions à Rodney Bay, marina de luxe au nord de l’île et destination finale de l'ARC, où les feux d’artifice tirés par la marina et par le club med local présent sur la baie se faisaient concurrence. Pas mal, ma foi, quoique un peu conventionnel !
Et le premier jour de l’année, une navigation musclée de quelques heures contre un alizé vigoureux nous a ramenés au Marin.
Une belle balade le long des grandes plages à cocotiers était la dernière étape de Denis sous les tropiques avant de reprendre son avion vers Paris, me laissant avec un petit coup de blues. Je rejoindrai la Guadeloupe où arrive Marie-France dans quelques jours. Une autre phase de cette croisière commencera alors, sans doute tout aussi agréable et peut-être même plus.
A suivre……… encore merci pour votre fidélité, et surtout "Vœux à volonté" en ce début d'année 2014.