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Mot-clé - Voiliers anciens

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vendredi 06 juillet 2012

De Malte à Syracuse

Nous avions adopté le mode de navigation des paquebots de croisière, navigant de nuit et profitant des escales, visites et excursions le jour. Inutile de vous dire que, dans ces conditions, nous avons été rapidement sur les genoux et que nous revenons maintenant à un rythme plus classique pour un petit voilier en équipage réduit.



Nous avions quitté Linosa après un petit diner de poissons et coquillages dans une gargotte donnant directement sur le port, vers 22h, avec une petite brise prometteuse. Hélas elle n'a pas tenu et nous avons rallié l'archipel maltais aux trois quart avec notre fidèle Volvo qui nous a amenés à GOZO en fin de matinée ce dimanche 1er juillet. Un mouillage délicieux nous y attendait, peu fréquenté, à deux pas du port de Mgarr.

repos des chevaux à Mgarr



Après une petite sieste réparatrice nous avons mis le zodiac à l'eau pour débarquer dans cette terre inconnue quoique très fréquentée. Il faut savoir que Malte est un état européen, membre de la zone euro. De plus c'est celui qui a la densité de population la plus forte: environ 1250 habitants par km².

l'Archipel depuis la citadelle de Gozo



Gozo est recouverte de villes, chacune ayant de nombreuses églises dont on voit les dômes flèches et clochers partour à la ronde où qu'on se trouve. Tiens, on roule à gauche ici ! petite habitude à prendre en tant que piéton et avec les vélos on se prendra même pour des anglais. Le petit port de Mgarr, le seul de l'ile, est équipé pour recevoir trois car-ferries simultanément et le traffic est intense. Il y en toujours au moins un en partance ou à l'arrivée. Mais il y a aussi les nombreux pécheurs et plaisanciers qui se partagent le reste du port. Les touristes semblent peu nombreux et sont noyés dans la masse.

Citadelle de luxe



En cherchant à atteindre le grand fort qui domine la ville, nous avons découvert une opération immobilière absolument incroyable. L'ensemble de cette forteresse remontant au 16ème siècle et couvrant au moins dix hectares a été restauré et aménagé en logement très luxueux de un ou deux niveaux, construits sur une immense dalle qui abrite parkings et commodités diverses de cet ensemble immobilier. Entre les immeubles, on trouve des espaces de circulations piétoniers, des aires de jeux, des espaces verts plantés d'espèces tropicales, des bassins et piscines d'un luxe inouï, et surtout du calme et une vue à couper le souffle sur les autres iles de l'archipel. Un véritable rève ! De plus, de l'extérieur, on n'imagine pas ce qu'il y a dedans, c'est pratiquement invisible, en dehors des remparts de cette citadelle, comme si nous étions encore au temps des mousquets et des boulets de canons.

Le lundi, nous voulions gagner La Valette, capitale de cet état liliputien, ce que nous avons fait avec une escale pour déjeuner et nous baigner dans la baie Saint Paul, ou l'un de nos voisins, un suisse bâlois, se reposait sous le taud de son magnifique First 27.7, au point que nous nous sommes demandés si Frédéric ne nous avait pas précédé dans cette crique.



arrivée à La Valette

L'arrivée à La Valette est majestueuse et nous avons rapidement trouvé une place dans la marina du Royal Malta Yacht Club. Il a fallu un peu déchanter quand nous nous sommes rendu compte que les tarifs avaient triplés depuis 2009, et encore, sans eau, sans électricité, sans Wifi. Si on ajoute tout cela, c'est le quadruple ; effet de la crise, attractivité de l'escale, nouvelle politique locale calquée sur celles des autres états méditerranéens ? De toute façon, nous voulions visiter cette ville et c'était le plus pratique pour débarquer nos petits vélos.

a l'abri du besoin



Ce que nous avons fait immédiatement, pour découvrir la cité des chevaliers de St Jean, arrivés à Malte en 1530 après leurs déroutes successives consécutives aux croisades, sous la pressions des ottomans. L'histoire de Malte ne commence pas avec eux, mais elle s'est accélérée considérablement à cette époque et le grand siège de 1565 terminé par une défense héroïque et victorieuse contre les 30 000 turcs, mercenaires arabes et esclaves de Soliman le Magnifique marque la véritable histoire moderne de Malte. Bien qu'envahie par Napoléon en 1798, elle a toujours résisté à ses envahisseurs pour mieux les digérer comme ce fut le cas avec les anglais au 19ème siècle. Aujourd'hui ce creuset de toutes les cultures et civilisations méditerranéenes donne l'impression d'un état prospère et apaisé bien séduisant.

les ports sud



Nous avons consacré le lendemain matin à la cathédrale St Jean, magnifique exemple d'église de style baroque contenant des oeuvres d'art exceptionnelles dont le fameux "La décollation de St Jean Baptiste" du Caravage qui a vécu quelques années à Malte, mais a dû s'enfuir après une de ses frasques coutumières qui avait failli coûter la vie à un chevallier de l'Ordre. Puis, après une petite scéance de shopping dans cette forte chaleur humide, et avoir un peu cherché le super-marché de nos rêves, nous avons trouvé le ravitaillement qui commençait à nous manquer. Nos vêtements bien rincés de cette méchante suée et le plein de fuel refait, nous avons repris le large avec plaisir mais en se disant que nous reviendrions à Malte pour y découvrir plus longtemps les trésors de cette culture authentique et très riche.

cathédrale baroque



En cette fin d'après-midi la brise nous incitait à mettre le cap sur la Sicile avec l'idée d'y arriver dans la nuit. Il nous a fallu utiliser le vent de cale, Eole nous faisant encore défaut, mais le mouillage à 4h du matin au nord du cap Passero, protégé par un ilot portant une ancienne pècherie désaffectée, était très calme et fréquenté par deux autres voiliers.

Syracuse depuis la baie



Dès que le vent est revenu, nous sommes repartis pour Syracuse, escale mythique s'il en est, depuis Archimède. Nous y sommes arrivés avant la nuit avec un vent de sud de plus en plus fort, atteingant 25 à 28 noeuds au moment de mouiller dans la grande baie. Ce n'était pas très confortable, mais le vent est tombé comme prévu dans la soirée et nous avons très bien dormi.

théâtre de 2500 ans tout neuf



Au saut du lit, nous voulions visiter cette cité antique de plus de 2500 ans d'histoire. Bon sang, mais c'est qu'on roule à droite ici ! encore un switch à basculer dans nos têtes. Nous avons commencé par les sites grecs et romains, théâtre (complètement reconstruit pour les spectacles de l'été), arènes, amphitéâtre, gouffre et oreille de Dionisos. Il faisait déjà très chaud, nous obligeant à un arrêt dans chaque toilette pour imprégner nos casquettes et les remettre dégoulinantes mais bien fraîches. Lorsque nous sommes revenus déjeuner à bord, le retour en zodiac a été très arrosé. La brise était revenue au moins aussi forte que la veille et levant, sur ce grand plan d'eau, un clapot musclé que nous faisions gerber par dessus nous, sous l'effet du puissant moteur Suzuki de notre annexe navigant plein gaz à la limite de résistance de ses passagers bien tabassés.

Palais de la place du Dôme



L'après midi, nous avons préféré changer de mouillage et nous mettre à l'abri à l'est de la ville pour retourner à terre sans être trempés. Cela nous a permis de faire un tour assez complet d'Ortygie. Cette ile, ne porte plus que quelques traces de l'antiquité, notamment les restes d'un temple d'Apollon, mais surtout de nombreux palais, monuments et églises de la Renaissance au 18 ème siècle, au moins ceux qui ont résisté aux deux grands tremblements de terre, le dernier en 1693. La cathédrale et le palais épiscopal sont au coeur d'un quartier complètement restauré absolument magnifique. Et nous n'avons pas résisté au plaisir de voir la fontaine d'Arétuse et ses papyrus, habitée par des canards albinos.

Cathédrale et Mairie



Bien sûr, nous avons laissé de côté de nombreuses richesses et deux musées qui méritent certainement une visite. A l'intention de ceux qui projetteraient de passer par Syracuse, il faut signaler que l'office du tourisme diffuse un petit guide en français très bien fait que l'on peut se procurer sur place au 31 via Roma. Il propose un véritable circuit commenté pour une journée bien remplie.

hotel renaissance



Demain nous repartons vers le nord, direction le détroit de Messine avant les iles Lipari et la mer Thyrhénienne. Nous sommes sur le chemin du retour, déjà, et pensons toujours bien à vous, qui nous faites part de vos remarques, commentaires ou souvenirs que vous inspirent cette petite chronique.

jeudi 23 septembre 2010

Royales, les régates

Après le retour de Corse, une période de beau temps durable, exceptionnelle à la fin de l’été en Méditerranée, nous a incité à farnienter en rade d’Hyères, faisant des sorties de quelques jours dans les iles en famille ou avec des amis, en attendant un évènement annuel organisé par le Yacht Club de Cannes : Les Régates Royales.

Elles portent ce nom depuis que les têtes couronnées d’Europe avaient pris l’habitude d’organiser leurs rencontres de yachtmen ici, à partir du début du vingtième siècle, comme ils organisaient, l’hiver, leurs rencontres de ski à St Moritz.

Partis quelques jours en avance avec une belle brise d’ouest, nous avons profité des journées du patrimoine pour visiter la citadelle de l’ile St Margueritte, où furent enfermés notamment le Masque de Fer au 17 ème siècle ou le Maréchal Bazaine au 19 ème.

Fort royal

Au mouillage dans la baie de la Napoule, on pouvait voir deux grands voiliers mythiques, Creole l’authentique, et Atlantic la réplique de la goélette de Charlie Barr.

Créole

Atlantic

Il y avait aussi un grand nombre de motor-yachts qui se doivent d’être à Cannes pour chaque grand évènement et aussi plusieurs voiliers modernes impressionnants par leur taille à l’image de TWIZZLE, un ketch de 188 pieds déplaçant 550 tonnes, dont le pont avant s’ouvre en grand pour y puiser, avec une grue escamotable, les nombreuses embarcations de servitude d’un tel bâtiment, totalisant ensemble plusieurs centaines de chevaux, mais parfaitement silencieuses.

Twizzle

Les concurrents arrivèrent dès le dimanche, et le lundi chaque équipage peaufinait sa préparation et se débarrassait sur les quais de tout le matériel inutile pour les performances, comme les tauds, les annexes, les sacs à voiles et espars en excédent, créant une animation de bon aloi. Le pavillon britannique est largement majoritaire, mais beaucoup d’équipages parlent français y compris sur les plus grands comme Moonbeam ou Shamrock.

Pont de Shamrock

Avel

LAK au départ

Un sloop bermudien de 1928, long de 14 mètres, LAK, ayant appartenu au Baron BICH, toujours basé à Hyères, et fraichement restauré à la perfection dans ses couleurs d'origine (coque noire, flottaison jaune, antifooling rouge), est venu en voisin; La classe des Dragon est très largement représentée car c’est une tradition forte du YCC.

Mardi matin tous sortent du vieux port sous un temps voilé avec une brise mollassonne. Après avoir hissé toutes leurs voiles, ils tournent sur rade à la disposition du comité de course. C’est l’occasion de les approcher de près, sans prendre de risque, car avec ce petit temps ils évoluent doucement.

Tuiga

Zaca a te Moana

Malheureusement, les rares bouffées d’air, ne dépassant jamais 7 nœuds, n’ont pas permis le lancement des procédures de départ et l’ensemble des courses a finalement été annulé vers 15h30. Seuls quelques acharnés (Tuiga, Parisca, Moonbeam, excusez du peu) sont restés en mer pour se mesurer amicalement dans les petits airs.

Le lendemain mercredi, la météo n’était guère plus optimiste pour le vent. C’était sans compter sur le soleil qui a déclenché vers midi une brise thermique de sud de 15 à 18 nœuds. Vraiment l’idéal pour assister à un très beau spectacle sur l’eau. Il s’est confirmé, et tous les départs ont été donnés en cinq procédures distinctes.

Départ

Shamrock V

Que de raffinement, de beauté, de puissance, d’élégance, que dis-je, de fair play, dans ces voiliers magnifiquement menés par des équipages soucieux de faire marcher les bateaux au maximum, sans prendre le risque d’une collision qui réduirait à néant des années de soins et des millions de $, de £ ou d'€, pour les restaurer.

à la bouée de La Galère

Vraiment ces régates et cette manifestation sont royales, et elles méritent le voyage.