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lundi 02 avril 2018

dans l'enfer d'Irma et Maria

Après une première partie de croisière à la découverte des iles oubliées de l’est et du sud de l’arc antillais, nous attendions notre équipier pour la deuxième partie de ce voyage hivernal.

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Il est bien arrivé, un peu palot, alors que le froid, les tempêtes, la neige continuent à éprouver l’Europe, à la grande surprise des théoriciens du réchauffement de la planète.

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Et, après un pèlerinage au fond du lagon bleu pour y retrouver nos amis les iguanes et récupérer quelques noix de cocos, nous sommes entrés rapidement dans le vif du sujet. Deux escales plus tard, aux Saintes et à Deshaies que vous connaissez déjà très bien, c’est devant les formidables énergies des plaques tectoniques que nous nous sommes sentis tout petits.

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Plymouth, capitale de l’ile de Montserrat a été partiellement ensevelie par l’une des trois grosses éruptions de son volcan dans les trente dernières années. Il a fallu évacuer les trois quarts des habitants de l’île et les deux tiers du territoire sont une zone interdite aux civils. Il y a aussi une grande zone d’exclusion en mer en raison des risques toxiques et des mouvements de terrain qui rendent la cartographie marine caduque, en tout cas imprécise.

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On voit cependant un début de colonisation des coulées pyroplastiques par la végétation tropicale qui laisse penser que les ruines de la ville auront été englouties dans quelques décennies. Mais les odeurs d’œuf pourri et d’hydrogène sulfuré sont toujours bien présentes sous le vent du volcan.

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L’ile suivante s’appelle Nevis. Le nom donné à l’origine par Christophe Colomb était nièvès. Les nuages qui dissimulaient son sommet faisaient penser à de la neige ! Sous les tropiques, quand la température varie à longueur d’année entre 23 et 32 degrés ? il avait de l’imagination ce Colomb ! Mais les successeurs de ces navigateurs intrépides sont toujours présents dans les eaux de cette ile, avec des trois mâts sans doute beaucoup plus sûrs et confortables, et des pavillons british.

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Celui-ci n’a que deux mâts, mais le confort et la sécurité y sont sans doute tout aussi parfaits, et il symbolise assez bien le type de visiteur que l’on trouve à Saint Barthélémy. Le cyclone Irma est passé sur ce joyau tropical en septembre 2017 et y a fait des ravages. Six mois après, on ne voit pratiquement plus les traces de cette catastrophe : les quais sont presque tous réparés, les toits remis à leur place et le business a repris comme d’habitude même si certains établissements sont encore en travaux.

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La zone industrielle est reconstruite, avec sa centrale électrique, son usine de dessalement de l’eau de mer, ses dépôts de carburants et de matériaux de construction et on voit dans toute l’ile des équipes munies de grues et engins de travaux publics qui finissent de réparer ou reconstruire ce qui a souffert.

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Le fameux hôtel Eden Roc, construit sur un gros caillou au milieu de la baie de St Jean, qui avait été pratiquement rasé, a même trouvé un slogan affiché sur les palissades qui protègent le chantier : « stronger than Irma ». Il sera rouvert l’hiver prochain agrandi et amélioré !

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Le clocher de l’église, qui était tombé, a été réparé et les cloches sonnent le carillon comme avant. Celui de l’autre église était tombé lui aussi, mais, beaucoup plus gros et lourd, il demande des réparations plus importantes et surtout une sécurisation maximum pour prévenir une autre catastrophe à l’avenir.

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Dans le fond du port de Gustavia il reste quand même quelques traces du désastre et une partie du quai est encore impraticable. Cela donne une idée de la violence des éléments. Et pourtant de vulgaires cabanes en planches situées à proximité semblent avoir résisté aux assauts furieux d’Irma. Il semble également qu’un projet de réhabilitation plus complète de ce quartier traditionnel de Gustavia soit à l’étude.

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Pour nos visites, Frédéric avait loué une superbe Mini Cabriolet avec laquelle nous avons joué aux kékés, histoire de prendre temporairement la couleur locale.

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Nous avions un peu hésité avec une Ford Mustang GT, mais elle aurait été moins pratique dans certains endroits de l’ile, et la version cabriolet n’était plus disponible (quels blaireaux !).



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Evidemment une visite à Johnny était aussi au programme. Jolie tombe recouverte sous les souvenirs et les hommages de fans. Certains sont très émouvants, d’autres magnifiques, certains ont été préparés longtemps à l’avance, c’est sûr. Avez-vous remarqué la Harley Davidson en fleurs qui est derrière la croix ? L’ensemble est pourtant discret et plutôt de bon goût dans ce cadre idyllique au bord de l’océan tout proche. Curieusement aucune inscription ne semble venir de la famille ou plutôt des familles ! Et le cimetière est vraiment joli. Ca donne presque envie de s’y installer, le plus tard possible quand même.

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Les plages de sable blanc désertes ….

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…sont toutes proches des rues rassemblant toutes les marques prestigieuses du monde.....

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…ou le summum du raffinement nautique….

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…..jouxte les criques et plages plus ou moins sauvages.

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Ce paradis attire toujours les visiteurs et investisseurs par ses sites, sa beauté, son luxe. Tout cela rassemblé sur un territoire à peine plus grand que l’’ile de Porquerolles ! Une merveille, et si le mouillage de Gustavia est souvent agité, il y a celui du colombier, parfait et désert.

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C’est une toute autre ambiance qui nous attendait en arrivant à St Martin. On commence par longer une ancienne carrière sur la côte Est de l’île. Elle a été utilisée pour y déverser les milliers de tonnes de gravas, charpentes, poutrelles en tous genres, tôles ondulées ou pas, véhicules, bidons, citernes, détritus divers qui jonchaient les routes et villes après Irma. Et la noria de camions poubelles continue à en déverser dans ce grand site abandonné et sinistre.

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Le front de mer de la capitale, Marigot, est une litanie d’immeubles décapités, de bateaux démâtés, de plages couvertes d’épaves. La Marina extérieure, celle de Fort Louis, est à moitié détruite, remplie de bateaux coulés et de pontons désarticulés. Une horreur !

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Et si on rentre dans le lagon, c’est pire. Un spectacle apocalyptique nous y attendait sans distinction entre le côté français et le côté hollandais. L’ouragan n’a pas trié entre les victimes.

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Les bateaux ont été parfois projetés à l‘intérieur des terres avant d’être pillés, des chalutiers ou cargos de plusieurs centaines de tonnes, drossés contre les piles de ponts, les digues…. Curieusement l’épave d’un remorqueur coulé au milieu du lagon par un précédent cyclone et déjà passablement rouillé, presque à l’état de dentelle, n’a pas été entièrement démantelée. Il n’y a que la mauvaise herbe qui résiste !

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Certains quais ont été détruits comme par des explosions ou des bombes

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Les bateaux sont parfois empilés les uns sur les autres…..

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…ou regroupés dans des tas monstrueux

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Des fantômes, renfloués après un long séjour d’immersion, tournent autour de leur ancre

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Il y a aussi de grands et luxueux motor-yachts abandonnés, coulés alors qu’ils auraient évidemment pu s’échapper avant l’horreur.

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Un autrefois magnifique ketch Amel Super Maramu presque coupé en deux, sur la coque duquel on a collé des emplâtres, a été remis à flot couvert de coquillages et végétaux marins.

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Que va-t-il devenir, et les autres ?

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Un catamaran d’environ 20 tonnes est retourné comme un crêpe…

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A grand Case, les couleurs envoutantes de cette baie paradisiaque…..

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…deviennent un cauchemar lorsqu’on y regarde de plus près.

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A l’anse Marcel, le grand hôtel qui occupait tout le fond de la baie est en ruines.

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Les logements ont perdu leur toit et leurs charpentes.

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Certaines poutres ont été arrachées de leurs scellements et enlevés comme des fétus de paille.

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La petite marina de Longvilliers, considérée comme l’un des meilleurs « trous à cyclone » des Antilles, n’est plus qu’un cimetière de bateaux et pontons mélangés.

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Autrefois ce furent de grands et luxueux voiliers….

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… presque tous démâtés et renfloués après avoir coulé dans le port

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Et le petit centre commercial est abandonné, en piteux état. Evidemment la saison touristique est perdue et on se demande si les suivantes ne sont pas également compromises. Et pourtant les services publics et la plupart des commerces fonctionnent et sont normalement approvisionnés.

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En repartant de ce champ de bataille, l’île déserte de Tintamarre nous a offert un moment de calme et de réconciliation avec la nature. Elle porte un dôle de nom, mais pourquoi pas ?

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Nous sommes repassés à St Barth dans l’anse du Colombier…

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…très fréquentée en ce dimanche des rameaux…

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…puis encore à Gustavia, dont on ne se lasse pas….

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…. avant de nous élancer vers St Kitts bien accompagnés.

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L’investissement luxueux de Christophe Harbour souffre de la proximité d’Antigua. Il est vide….

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…mais offre un merveilleux troquet au bord de l’eau nommé « Salt Plage Bar »

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Frédéric a pris de jolies couleurs….

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…..et l’épave de Ballast Bay n’a plus de secrets pour nous.

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Nous avons profité d’un vent favorable pour faire petit crochet par Antigua, et ainsi couper la grande étape…

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…qui nous a ramenés en Guadeloupe par la pointe des châteaux avec une forte mer.

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Le lagon de St François est toujours aussi calme, mais envahi de sargasses qui empestent et font ressembler la mer, d’habitude si belle, à de l’eau de vaisselle ou même du purin. Un vrai fléau !

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Mais cela n’empêche pas les avions de l’aéroclub local de le survoler dans le soleil couchant.

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Là aussi il y a aussi des victimes, mais de Maria cette fois.

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Ayant pris la direction de Marie Galante nous avons finalement mouillé dans le port de Grand bourg pour quelques courses. Remarquez comme la queue au DAB est disciplinée dans ce charmant village.

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C'est à la plage de la sucrerie, magnifique, que la baignade était la plus tentante.

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Puis de Saint Louis, où nous avions rejoint Grand Pas, la visibilité permettait de voir parfaitement les Saintes.

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Après le coucher du soleil, sous la pleine lune, le bûcher de la veillée Pascale avait attiré une foule de villageois en grande tenue de cérémonie….

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…qui partagèrent avec recueillement la lumière de la résurrection…

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…avant d’entrer dans l’église en procession.

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De retour à Pointe à Pitre, nous nous sommes offert un diner gastronomique dont le plat principal était un boudin « DARTAG ». C’est un boudin antillais bien épicé, cuit avec des patates rissolées dans de la graisse de canard. Nous l’avons appelé « boudin à la mode Belle Chaurienne ».

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Un dernier sourire avant de prendre l’avion…

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… laissant le captain contempler, avec un peu de spleen, le contraste entre les navires plus ou moins polluants qui fréquentent la baie de Pointe à Pitre à la tombée du jour…sous le regard menaçant du réchauffement climatique, qu’il ne faudrait quand même pas oublier…

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En conclusion, je voudrais partager avec vous une découverte faite cette année lors d’un passage en Martinique. Il s’agit du couteau « chien ». Uniquement fabriqué en France, à Thiers, depuis plus d’un siècle, presque uniquement pour le marché des DOM, il a des qualités exceptionnelles.

- il est fait d’un acier inoxydable de haute qualité et extrêmement tranchant.

- Le nickel utilisé dans la métallurgie des lames provient de Nouvelle Calédonie.

- l'affûtage est symétrique si bien qu’il ne dévie nullement, lorsque qu’on coupe un fruit, par exemple

- son bout rond lui permet d’être un excellent couteau à tartiner.

- sa sobriété n’a d’égale que sa simplicité et sa légèreté.

- d’accord, il coûte un peu plus cher que les couteaux chinois qui ne coupent pas et sont incapables de trancher finement le saucisson, mais quand on aime on ne compte pas.

- Il est archi confidentiel, mais le sera moins demain pour les lecteurs de ce billet.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, il y a de nombreux sites Internet consacrés à cet objet sans prétention qui est en train de devenir « culte ».

A bientôt pour la fin de cette cinquième croisière d'hiver et le désarmement de Dartag jusqu'à l'hiver prochain.

mardi 13 mars 2018

Escales jouissives

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La période de temps plus calme se prolongeant, nous avons repris la mer en direction de Saint Vincent. Et ce n’est pas sans une certaine fierté que Dartag a rattrapé un Super Maramu 2000 américain(16 mètres) pourtant bien mené par son équipage, parti une demie heure avant nous !

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Le vent devenant plus maniable et la mer se calmant en approchant de l’ile, nous avons tenté une nouvelle réparation du génois. Il faisait un peu moins pitié après, mais il va devoir subir une intervention lourde à la prochaine occasion.

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Quelques heures plus tard, approchant des deux pitons à Saint Lucie, un grand groupe de dauphins est venu nous régaler, se régalant eux-mêmes des poissons volants qui pullulent dans les eaux des petites Antilles cette année.

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Cette ile attire de nombreuses croisières, notamment de superbes grands voiliers qui sont ici dans leur jardin depuis des siècles.

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Plus modernes, les paquebots géants, capables de transporter 5 ou 6 000 passagers fréquentent aussi son port principal Castries. Ils sont plus polluants, et leurs fumées soufrées, bien visibles ici, sont indignes de l’image qu’ils cherchent à véhiculer.

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La brise devenant plus hésitante, et tournant même à l’ouest (très rare en période d’alizé) nous avons décidé de nos arrêter à Rodney Bay en fin de journée. Malheureusement une longue houle de nord pénétrait dans le mouillage d’habitude si accueillant, le rendant presque inconfortable.

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Le lendemain, il n’y avait pratiquement plus de vent et il nous a fallu plus de huit heures pour rejoindre la Martinique quand trois heures suffisent normalement en cette saison. Et les sargasses revenues en force cette année, offrent par moment un spectacle désolant sur cette mer d’huile.

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Avançant par moment au moteur, le bruit a sans doute attiré un autre groupe de grands dauphins qui jouent dans l’étrave, se tournant parfois sur le côté pour s’assurer qu’on les observe et montrant alors leur ventre blanc. De vrais cabotins !

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Ce spectacle est vraiment magnifique et donne envie de nager avec eux !

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L’entrée au Marin avec une minuscule brise d’ouest permet d’aller jusqu’au mouillage à la voile.

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Au lever du jour, il régnait un calme absolument parfait tout à fait inconnu ici en hiver.

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Et une visite bien sympathique de Caroline et Jean-Philippe permet de renouer avec les ressources gastronomiques du plus grand port de plaisance des Antilles.

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Certains se font même servir des fontaines de bière, des citoyens belges à n’en pas douter, qui apprécient la bière locale de marque « Lorraine », principale concurrente de la « Carib ».

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Après quelques jours de « profitation » dans cette escale, où nous avions également retrouvés Fred et Yukié, tout heureux de goûter cette ambiance française, ou les petits travaux à bord et le ravitaillement sont faciles et presque bon marché, le vent est revenu de l’est, puissant, normal. Nous avons donc rejoint la baie de Fort de France où nous attendaient Françoise et Michel, toujours sur la piste du bateau de leurs rêves, le leur étant vendu (suite au prochain numéro).

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Mais, il s’agissait aussi d’essayer de retrouver Patrick et Suzanne qui devaient embarquer sur le Club Med 2 pour leur première croisière version grand luxe.

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Et malgré les aléas, cela a marché, juste à temps. Un bon moment qui ne restera pas unique puisque leur programme recroisera le notre quelques jours plus tard.

En attendant ils partaient vers le sud et nous vers le nord, longeant les côtes de la Dominique cruellement éprouvées par le cyclone Maria en septembre dernier.

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Les toits de nombreuses maisons sont encore bâchés,

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Les villages de vacances sont abandonnés toits arrachés,

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Et il y a des épaves pitoyables partout.

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Mais le mouillage de Portsmouth, au nord, est toujours grand, beau et confortable,….

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… fréquenté aussi par de jolis voiliers typiquement nord américains.

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Arrivant aux Saintes le lendemain, nous y avons retrouvé Grand Pas et bien sûr pas loupé l’occasion de passer encore un bon moment ensembles et d’échanger quelques tuyaux avec de si fidèles vieux amis !

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Mais aussi Patrick et Suzanne, revenus vers le Nord sur Club Med 2, en pleine forme.

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Bien sûr nous avons fait un petit circuit de découverte de Terre de Haut, ici au Fort Napoléon.

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Et pris un repas typiquement local dans un charmant petit bistrot « les pieds dans l’eau » juste à côté du marché aux poissons (il y avait de la langouste, du boudin antillais et des accras !)

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Puis nous avons refait le monde à bord de Dartag avec un plaisir mal dissimulé

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Avant qu’ils ne regagnent leur bord au crépuscule, pour la suite de leur croisière de rêve.

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Quittant les Saintes en slalomant entre les grands voiliers (sauf Club Med 2 déjà reparti) nous avons rejoint Pointe à Pitre par un temps magnifique. Vous savez, le genre de journée qui réconcilie avec l’existence !

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Une escale technique pour remettre à niveau certains équipements, en particulier l’annexe, et débarquer les voiles, le temps de les réparer.

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Evidemment on ne fait pas d’omette sans casser des œufs.

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Et l’accueil à bord de Dartag, d’Emilie et Greg, venus de métropole pour un petit break hivernal fut aussi un régal. Et ils reviendront bientôt, dès que mon équipier favori sera arrivé. Mais, chut, c’est une surprise !

Point de recette de cuisine « maison », mais encore une petite chronique littéraire. Après avoir lu l’année dernière « le problème Spinozza » roman magnifique de Ygal Yalom, j’étais impatient de lire le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir « le miracle Spinozza » cadeau de mes enfants à noël.

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Petite déception, mais il faut dire que la comparaison est difficile. Ce spécialiste des religions, ancien directeur du « monde des religions » et fondateur de plusieurs organismes sur le « vivre ensemble » ou le « bien-être animal », manque de souffle. Certes, son ouvrage est très documenté et intéressant à ce titre sur la vie et l’œuvre de ce philosophe juif hollandais du 17ème siècle, exclu de sa communauté, consacrant ses forces à promouvoir la liberté et la joie au nom de la réflexion rationnelle. On pourrait presque dire que ses combats contre l’obscurantisme et les religions dogmatiques ont été les précurseurs de ceux des « lumières » un siècle plus tard. Mais l’écriture de Frédéric Lenoir n’est pas à la hauteur de ses interventions orales ou audiovisuelles et sa tendance à se comparer personnellement à Spinozza est assez gênante. L’ensemble reste cependant utile, mais je me suis un peu forcé à poursuivre la lecture.

A suivre vers le nord encore,.....

vendredi 02 mars 2018

Pendant ce temps, la neige

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Si on vous demande à quel endroit de la planète il faut être, en février ou mars 2018, je crois connaitre vos réponses :

- pour ceux qui aiment le soleil, la chaleur et la brise qui permet de voyager à la voile, ce serait les Caraïbes

- pour ceux qui aiment le froid, la neige, le blizzard, la montagne, les glissades sans limite, ce serait l’Europe.

Je me sens plutôt dans la première catégorie.

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Bridgetown, capitale de la Barbade, Barbados en langage local, est une ville intéressante.

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Nous avons fini par visiter ses deux musées principaux, celui de Héros nationaux et celui du Parlement. Notez les photos grandeur nature d’Elizabeth II et du prince Philip au fond de la salle du Sénat.

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Nous y avons aussi rencontré l’équipage d’un voilier venant d‘achever sa transat avec quelques galères…..

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…et parcouru les rues animées où les soldes, parfois sexy, ou les « duty free » pullulent.

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On ne peut pas résister à certaines…..

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… ;pendant que d’autres préparent les collections suivantes (mannequin locale plutôt fluette)…

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…..et que les policiers débonnaires veillent au grain.

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Les banlieues de la capitale sont proprettes

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La synagogue et le cimetière juif sont impeccables et discrets

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Quittant la Barbade les cales remplies de poissons achetés au marché local, nous avons mis le cap au sud, vers une île encore inconnue pour nous, très proche de la côte du Venezuela.

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Après 15 heures d’une traversée musclée nous passons difficilement au petit jour, la pointe Est de Tobago avec une grosse mer, un courant contraire d’environ quatre nœuds et un vent faiblissant qui nous a fait douter de pouvoir la passer.

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Et, après un dernier déluge pendant pratiquement une heure…

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….nous entrons dans la baie de Scarborough la capitale de l’île, et son unique port.

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Tobago fait partie d’un état indépendant depuis 1962 : Trinidad et Tobago, ou Trinité et Tobago, en abrégé TT comme l’appelle les habitants eux-mêmes. Cette île de 300 km² et 55 000 habitants est la partie préservée du pays dont l’essentiel de l’activité provient de l’industrie pétrolière, comme son grand voisin continental. Mais à la différence de ce dernier, tiraillé par les tentations autoritaires de Chavez-Maduro, il jouit d’une démocratie stable et d’une économie assez prospère.

Son histoire est complexe, donc simplifions ! Une première reconnaissance par les anglais eut lieu à la fin du 16ème siècle, puis par les troupes lettones du fils du duc de Courlande. Mais ce sont les hollandais qui tentèrent de fonder des colonies à partir de 1621. Les Espagnols les mirent à sac vers 1635, à quoi les hollandais répliquèrent par la mise à sac de San Tomé sur l’Orénoque.

Les tentatives de reconquête de l’ile par les anglais venus de la Barbade (comme nous) ou les hollandais venus de Flessinge, se sont heurtées à la combativité des indiens Caraïbes venus de Saint Vincent. Le duc de Courlande ne perdait pourtant pas de vue cette possession qui lui avait été attribuée par son cousin le roi d’Angleterre au début du 17ème siècle. En 1654 il monta une expédition avec des hollandais et y implanta une nouvelle colonie formée essentiellement de juifs néerlandais fuyant la Nouvelle Hollande, persécutés par les portugais. Ils renomment l’île Nouvelle Courlande et y construisent le port de Jacobus. Parallèlement, une autre colonie de juifs d’origine italienne, menée par des zélandais pris pied dans l’ile vers 1660.

Les courlandais, inférieurs en nombre et moins bien soutenus, finirent par se rallier à la colonie zélandaise jusqu’à l’intervention des anglais de la Barbade qui envahirent l’île en 1672, déportèrent tous les colons et rasèrent les installations. Presque simultanément une frégate française y affirma la souveraineté française.

Après quelques années de batailles navales Franco-anglo-néerlandaises, l’amiral français d’Estrée conquiert Tobago qui est reconnue comme colonie française en 1678 au traité de Nimègue. Mais ce sont les espagnols qui s’y installent avec des moines capucins. Après que trois d’entre eux aient été tués par des amérindiens, ils procèdent en représailles au terrible massacre d’Arena. Progressivement pourtant, ils se retirent de l’île, victimes d’attaques de boucaniers et pillards français ou hollandais.

La souveraineté française est reconnue par le traité d’Utrecht en 1713. Après la révolution française et la chute de l’Empire, l’île est finalement conservée par les anglais après la deuxième abdication de Napoléon 1er. Comme Sainte Lucie et l’île Maurice elle aurait du rester française conformément au traité de Paris de 1814. Bien joué Napoléon et ses « cent jours » !

La langue parlée dans le pays est un anglais créolisé avec un fort accent le rendant difficile à comprendre. Le français y a laissé quelques traces, mais le néerlandais a disparu. La population est très majoritairement noire issue des anciens esclaves des plantations de canne à sucre dans l’ile voisine de Trinité. Après l’abolition de ‘esclavage, ces exploitations on périclité et ont été partiellement remplacées par la culture du cacao, des épices ou des noix de cocos.

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Mais la prospérité relative actuelle du pays vient de la production de pétrole et de ses dérivés avec son cortège de pollution qui n’émeut personne (bien visible ici) et de dégradation de l’environnement. Le tourisme est pratiquement inexistant à l’exception de l’extrémité ouest de Tobago qui accueille quelques établissements desservis par un aéroport au trafic anémique, et une ou deux navettes quotidiennes par voie maritime vers la capitale Port of Spain.

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Les quatre voiliers (un américain aux voiles déchirées, deux français dont Dartag, et un espagnol fatigué) présents dans cet avant port crasseux et dont les infrastructures sont délabrées, ne présagent rien de bon sur la capacité de cette île à attirer les visiteurs. Et j’ajoute que les formalités d’entrée, douanes, immigration et autorité portuaire, éloignées les unes des autres et disposant de moyens défaillants, sont dissuasives même si elles ne sont pas onéreuses. Un € vaut 8,3 TT$. La couverture Internet par des spots Wifi gratuits et libres est correcte avec un débit assez faible.

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Cependant, les gardes cotes, équipés de matériel dernier cri, sont vigilants pour réduire les risques d’immigration clandestine venant du continent tout proche, et dissuader les attaques de pirates vénézuéliens qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs à la population et aux plaisanciers. La délinquance locale serait surtout liée au trafic de drogue et ne donne, pas plus qu’ailleurs, de sentiment d’insécurité.

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Après deux jours sur place, l’envie de reprendre la mer est bien présente. Mais la visite d’autres mouillages à l’extrémité ouest de l’île n’est pas possible sans repasser aux formalités à Scarborough. C’est inenvisageable car il faudrait remonter contre le vent et le courant équatorial après avoir visité Stone Bay. Tant pis, ce sera pour une autre occasion s’il s’en présente une !

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L’idée initiale de rejoindre Grenade s’est rapidement estompée à mesure que le vent s’établissait à l‘est pour 15 à 20 nœuds. C’est l’idéal pour remonter l’arc antillais sur un maximum de distance vers la Martinique. Alors profitons en !

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D’autant plus que le génois blessé, et sommairement réparé avec de l’adhésif, semblait tenir et résister aux grains peu nombreux et modérés que nous avons rencontrés.

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Et c’est en pleine nuit, brillamment éclairée par une lune presque pleine, et avec l’aide du radar et du GPS de secours (le principal ayant fait un caprice), que nous avons évité les ilots et récifs précédant Béquia avant de mouiller à Port Elizabeth, heureux de cette belle traversée avec enfin une brise régulière et modérée.

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Ce mouillage, un des plus beau des Grenadines, est très accueillant, et on s’y sent bien. Il parait moins fréquenté que les années précédentes et de nombreux voiliers français y sont en escale. Mais les centaines qui ont été écrabouillés par Irma et Maria manquent à l’appel.

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Je ne m’étends pas, vous avez déjà lu les autres billets sur cette ile bénie des dieux. Après des formalités rapides et faciles nous y resterons un peu en attendant un vent idéal pour poursuivre.

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Enfin, voici quelques impressions laissées par le dernier ouvrage posthume de Jean d’Ormesson, « Et moi, je vis toujours ».

Raconté à la première personne du singulier et au féminin, il s’agit d’un balayage très vaste de la vie et des idées, parcourant notre planète, l’univers et l’histoire, procédant à des chronologies comparées de différentes civilisations, pointant les similitudes et les divergences entre elles. Bien sûr, l’auteur y fait preuve d’une érudition à son image et montre un énorme travail documentaire. Il ne résiste pas au plaisir de faire l’éloge de la civilisation française, dont apogée, selon lui, se situe à la fin du 17ème siècle et au début du 18ème. Et il contemple les arts et les sciences avec un émerveillement d’enfant surdoué. Cet homme n’a jamais dû être blasé de quoi que ce soit. En le lisant, on croit l’entendre et le voir dans les émissions de radio ou de télévision où il excellait.

J’attends vos remarques, questions ou réactions. Surtout ne vous en privez pas, cela me fait, en plus, un grand plaisir.

Affectueusement et amicalement à tous. A bientôt. Alain

et pour ceux qui en voudraient plus, voici le lien vers le blog de Dartag : http://dartag.heoblog.com/index.php?

lundi 19 février 2018

A nous l'alizé

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Après les cyclones Irma et Maria qui ont ravagé les Antilles en septembre et fait de nombreuses victimes et d’immenses dégâts matériels entre la Dominique et Haïti, nous pouvons nous estimer vraiment heureux de retrouver Dartag intact après une course au soleil à 11 000 d’altitude.

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Evidemment, sept mois immobile dans le lagon de Pointe à Pitre ont des conséquences sur l’état de le carène, colonisée par une épaisseur respectable de coquillages et mollusques marins. Il faut retrousser ses manches pour une grosse révision, nettoyage et peinture.

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En prenant son temps et en mettant à contribution les concours disponibles pour les gros travaux, il nous faudra deux semaines à terre, alternant le dur labeur et les échanges avec les voisins du chantier condamnés aussi aux « travaux forcés ».

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Et c’est avec un grand plaisir que nous avons pu reprendre une vie de marin dans un bateau propre, révisé et prêt pour de nouvelles aventures.

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La première étape fut pour Marie-Galante, l’île du rhum et de la Baleine rouge, avec un mouillage à Saint Louis, toujours aussi agréable. Après quelques ti’punch avec Michel et Françoise qui nous y ont devancés, un bon repos et quelques bains nous préparent à la cavalcade prévue ensuite. Une météo musclée nous attendait pour rejoindre la Martinique et retrouver d’autres amis navigateurs en escale technique au Marin, avec eux aussi des tas de petites améliorations en cours pour leurs navigations futures.

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Parfois, la mer rappelle que les approximations ou la médiocrité ne pardonnent pas souvent. Ce beau voilier presque neuf a coulé dans le port en moins d’une demi heure, après la rupture du vérin de remontée de la quille, sous les yeux de la vedette de la SNSM, impuissante. L’équipage était parti pour deux heures à terre et en rentrant, il n’avait plus de bateau !

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Il a pu le renflouer et le mettre à terre le lendemain, mais le rêve s’est écroulé et le contentieux avec le chantier va consommer pas mal d’énergie qu’il aurait sans doute préféré mettre ailleurs.

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C’est l’occasion aussi de profiter, entre les averses et les rafales d’un alizé fort et humide, du carnaval local en cette période de mardi gras. Un concours de beautés, de sonorités, de joie et parfois d’un léger érotisme festif. Ce défilé des groupes locaux ou étrangers, accompagné de musique à base de percussion vraiment percutantes et très sonores, laisse rêveur des spectateurs attentifs (quelques images d’archives). Et tous les commerces et administrations ferment pendant cette période, sinon à quoi bon être dans les caraïbes….. Il faudra attendre le lendemain de la St Valentin pour recommencer à « vaquer à nos occupations normales ».

Et puis, un jour, la météo annonçant une amélioration, le désir de voir d’autres iles reprend des couleurs si j’ose dire. La Barbade, négligée en arrivant de la traversée océanique en 2013, restait une destination lointaine à visiter, si l’occasion se présentait.

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Après une nuit de mer encore assez forte, sur un seul bord avec un alizé de NE soutenu et des grains se calmant en fin de nuit, nous découvrons cette ile plutôt plate par sa pointe nord.

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Hélas, il nous faut passer dans la fumée et les rejets inquiétants d’une grosse usine installée en bord de mer.

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Nous nous amarrons juste après, dans la superbe marina St Charles, malheureusement ballotés par un fort ressac, pour y accomplir les formalités d’entrée. Les bureaux de la douane, de l’immigration et de la santé sont vides et, après quelques palabres, nous finissons par repartir vers Bridgetown, la capitale. L’officier de port, pense que nous devrions y faire ces démarches dans de meilleures conditions. Surprenant accueil !

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Découverte par des portugais longtemps après les multiples voyages de Christophe Colomb, elle n’a finalement été colonisée par les anglais qu’à partir de 1627. Aucune population antérieure n’y subsistait, alors que certains vestiges précolombiens y ont été retrouvés. Elle a échappé aux rivalités coloniales franco-anglaises ou hollandaises et sa culture est aujourd’hui barbadienne, et très « british » dans ses comportements et ses traditions : tea time, cottages fleuris, uniformes des officiels,…. Elle est indépendante depuis 1966 au sein du Commonwealth.

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Le musée national des héros et le musée du parlement accueillent les visiteurs sauf le dimanche et le mardi. On essaiera quand même !

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La population est formée à 95% des descendants d’esclaves noirs ayant cultivé la canne à sucre avec succès pendant plus de deux siècles et d’une infime minorité de blancs issus des forçats anglais ou irlandais déportés sur cette terre d’exil. Il n’y a pas de classe dominante d’origine coloniale. Les clivages de la société sont essentiellement fondés sur le rang social ou la fortune et indépendants de la couleur de peau.

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La population est très croyante, pratiquant les multiples cultes d’obédience réformée ou l’église anglicane domine. Le dimanche, les églises sont pleines, et la musique et les chants y tiennent une grande place.

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L’économie actuelle est basée sur la canne à sucre et ses dérivés, les cultures vivrières, notamment des légumes, la pêche ou les barbadiens excellent, et les services.

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L’industrie, installée sur la côte ouest, est surtout consacrée aux transformations de la canne à sucre et des produits de la mer, ainsi qu’à la production de ciment ou d’électricité.

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Le tourisme attire les paquebots de croisière en grand nombre grâce à la réputation de sécurité de ce pays, avec une énorme zone « duty free » libre d’accès. Les activités bancaires « offshore » sont également très présentes. Des liaisons aériennes directes existent avec l’Amérique du Nord et l’Europe.

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Les 260 000 habitants de cette ile de 431 km² (une des plus forte densité au monde) ont un niveau de vie parmi les plus élevé des anciennes colonies britanniques et la monnaie est je dollar Barbadien qui vaut la moitié du US$ ou 0,40 €.

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Les prix sont plutôt chers, sauf pour les produits high tech, et les nombreux hôtels accueillent des touristes aisés qui souhaitent profiter de son climat sain, doux et ensoleillé, de ses plages magnifiques, de son histoire et de son patrimoine préservé qui l’ont fait surnommer « la riviera des Caraïbes ».

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Les sports les plus pratiqués sont le cricket (tiens comme c’est bizarre !), la pêche au gros, la plongée et la voile sous toutes ses formes.

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Quelques jours au mouillage rouleur de Carlisle Bay permettent de visiter la ville en débarquant par le port des pêcheurs et le superbe marché aux poissons, ou par celui du careenage. On y rencontre aussi quelques voileux qui viennent d’achever leur transatlantique en venant des Canaries ou du Cap Vert avec leurs lots de fatigues ou parfois d’avaries. Mais cette escale, autrefois un must à la fin d’une traversée par l’autoroute des alizés, est aujourd’hui beaucoup moins fréquentée par les tourdumondistes qui lui préfèrent la Martinique, la Guadeloupe, Antigua ou Ste Lucie, mieux équipées pour accueillir une plaisance de plus en plus équipée en matériels sophistiqués nécessitant une maintenance professionnelle de haut niveau.

Oui, cette partie de notre belle planète est souvent considéré comme un paradis, mais n’oublions pas les premières pages de ce billet qui montrent qu’elle peut aussi être un enfer !

Enfin, terminons par une recette de cuisine élaborée patiemment depuis des années de croisières. Il s’agit de la « brandade Dartag » qui a atteint cette année un assez haut niveau, tant sur le plan du goût, que de la texture, de la conservation et de son aptitude à nourrir un marin dans toutes les conditions de mer ou de mouillage. - préparer une purée mousseline pour quatre personnes - émincer six fines tranches de jambon cuit (quatre si elles sont épaisses) - hacher menu un oignon rose cru - ajouter 100 gr d’emmenthal râpé - mélanger le tout en réchauffant à feu très doux - ajouter quatre noix de beurre, ou de margarine oméga 3, ou deux cuillers à soupe d’huile d’olive, et deux cuillers à soupe de moutarde forte - saler et poivrer à volonté (pour moi c’est très peu) On obtient cinq repas pour adulte ou quatre pour affamés (éventuellement trois) ou six repas pour petit mangeur, soit trois jours de navigation continue en solitaire. Il suffit de réchauffer la dose voulue avant de la déguster accompagnée d’une boisson adaptée gazeuse on plate. Garder au froid ce qui n’est pas immédiatement consommé.

Remarques : - si on remplace le jambon par de la morue on obtient logiquement une « brandade de morue » mais c’est plus banal. - en supprimant le jambon et l’oignon, cela reste simplement un aligot, pas mauvais non plus, mais pour moi il faudrait mettre plus de fromage râpé. La moutarde alors est facultative. - on peut également ajouter deux œufs entiers. Le problème est alors de gélifier l’ensemble qui, sinon, reste trop liquide. Le goût est épatant.

La prochaine étape nous conduira encore plus au sud, si Eole le veut bien. Nous viserons Tobago.... A suivre.

jeudi 28 décembre 2017

« Croisière terrestre »

Après une belle virée antillaise hivernale, les yeux pleins de merveilles, le mois de juin voit chacun retourner à ses affaires européennes et ses occupations terrestres.

Mais le rêve vieux de trente ans qui me trottinait dans la tête, finit par devenir réalité après une tournée des spécialistes en camping-car du Var. Sachant qu’il faudrait peut-être trouver un jour une alternative à la maison familiale de vacances, un petit « home » sur roue pouvait, en plus, être une solution transitoire de souplesse et de liberté.

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C’est au Palyvestre que l’occasion a fait le larron. Un superbe fourgon Globecar sur chassis Citroën Jumper attendait son nouveau propriétaire. Affaire conclue en deux jours et premières balades dans la foulée, après un complément d’inventaire inspiré de mon expérience du voilier.

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La comparaison est valable et, dans un volume beaucoup plus réduit, on peut quand même s’organiser une autonomie appréciable en eau, électricité, nourriture et énergie pour faire des virées d’une bonne semaine, dans un confort tout à fait acceptable.

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Première sortie vers les alpes maritimes, pour visiter la vallée des merveilles que je ne connaissais que de réputation.

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Deuxième balade en rentrant en juillet à Toulouse par le chemin des écoliers, passant par la Camargue, le mont Aigoual par un temps magnifique.

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Troisième croisière terrestre vers le pays Basque et la Charente pour y retrouver des amis voileux, on ne se refait pas.

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Retour à Hyères en août avec la famille rassemblée pendant les vacances de tous.

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Après la première cousinade organisée début septembre dans les causses du Larzac, quatrième virée dans les vallées du massif central, Dordogne, Lot, Tarn, Aveyron, pleines de charme, de beauté et d’histoire médiévale.

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La cinquième sortie fût pour l’Italie des grands lacs alpins, passant par Turin et Milan, que je n’avais jamais eu l’occasion de visiter, et deux escales délicieuses sur la côte d’azur si accueillante une fois la saison touristique passée, à la fin du mois de septembre.

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Puis vint une dernière virée d’automne à la montagne, en octobre, passant par les sources de la Loire avec un objectif principal à Chambéry, merci Béatrice et Marc, et des livraisons de colis jusqu’à Genève.

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Fin octobre, nous voici de nouveau à Hyères avec un petit goût de fin d’été en famille pour les vacances de la Toussaint. Une occasion aussi de démarrer une prospection immobilière varoise.

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Enfin, il fallait bien revenir à Toulouse, profitant de quelques pèlerinages et découvertes d’endroits à proximité desquels je passais depuis des années sans les voir, prisonnier des horaires et des rendez-vous à respecter.

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Quand je pense qu’on dit que le camping-car est interdit partout, qu’il n’y a plus que dans l’univers concentrationnaire des campings qu’on peut y trouver une place pour la nuit, qu’il ne faut jamais stationner seul dans un endroit désert, que les rôdeurs à l’affût de mauvais coups ne pensent qu’à détrousser les amateurs de grands espaces et de nature, que ce n’est que contraintes et contingences matérielles vulgaires….pfffffffffffffft. Fadaises tout cela, mais il fallait le vérifier. En fait, c’est l’inverse, à condition d’éviter les zones surpeuplées des plages de la côte d’azur entre le 20 juillet et le 15 août. Et on trouve plein de gens sympas ouverts et accueillants sans même avoir besoin de les chercher ! Elle n’est pas belle la vie ?

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Et maintenant le beau joujou, désarmé et vidé de tout ce qui peut geler, attend tranquillement son heure au printemps prochain. Place à l’hiver, la taille des arbres et bientôt de nouvelles navigations tropicales, cette fois en mer et à la voile.

mercredi 31 mai 2017

« Le chœur des Vierges »

Nous vous avions lâchement abandonnés à Saint Barthélémy, promettant de poursuivre notre route vers le nord. Et c’est bien ce que nous avons fait pendant ce joli mois de mai 2017.

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D’abord nous avons fait quelques escales dans la curieuse ile de Saint Martin/Sint Maarten, partagée entre les Français et les Hollandais depuis 1648, et dont l’histoire mériterait un long ouvrage. En tout cas elle illustre la possibilité de coexistence pacifique à long terme entre deux puissances coloniales importantes de l’époque, dès lors qu’elle fait converger leurs intérêts et que les accords passés le sont de bonne foi. Cela n’a pas souvent été le cas notamment avec les anglais ou précédemment avec les espagnols, conduisant à des conquêtes ou reconquêtes plus ou moins sanglantes, dans ces iles paradisiaques de la mer des Caraïbes.

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Les innombrables restaurants gastronomiques de Grand Case et les multiples occasions de shopping « Duty Free » de Marigot valent le détour.

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Mais aussi l’histoire du Fort Louis qui permit à plusieurs reprises de repousser des envahisseurs.

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Bien sûr les belles unités de plaisance profitent de ce port franc pour des escales techniques grâce aux nombreux professionnels installés tant du côté hollandais que du côté français.

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Ils côtoient les bateaux poubelles ou les épaves abandonnées qui pullulent dans le lagon régulièrement balayé par de violents cyclones, et les speed boats de pêche au gros qui font la course à la puissance

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(4 moteurs de 400 cv chacun pour ce modèle, record battu).

Après un moment d’hésitation, dû au régime des alizés en cette saison qui implique une longue remontée au vent au retour, nous avons repris la mer en direction des iles Vierges à une petite centaine de milles à l’ouest.

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Cet archipel fit l’admiration de Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493. Il les baptisa en souvenir des « onze mille vierges », compagnes de Saint Ursule, qui furent assassinées par les Huns au 5ème siècle.

Elles n’intéressèrent pas longtemps les espagnols qui lui préféraient l’or du continent sud américain. Elles furent donc rapidement abandonnées et servirent de repère aux corsaires, pirates, flibustiers ou forbans. Ils y trouvèrent des abris parfaits pour leurs navires de course qui jaillissaient sur le passage des galions espagnols chargés de richesses destinées à la couronne d’Espagne.

Les anglais furent les plus présents sur ce « marché » de la flibuste mais les boucaniers hollandais, danois ou français eurent également leur part du magnifique gâteau jusqu’au 19ème siècle. Certains comme Francis Drake, John Hawkins ou Jost Van Dyke y amassèrent des fortunes considérables et furent même anoblis par leur souverain pour leurs juteux et sanglants exploits maritimes (les temps ont-ils changé ?).

Pendant deux siècles, les iles tirèrent aussi leurs ressources de la culture du coton et de la canne à sucre, jusqu’à l’abolition de l’esclavage qui entraîna une récession profonde. A partir de la 2ème moitié du 20ème siècle un nouveau développement, basé sur le tourisme et le nautisme, a permis à une grande partie de la population d’accéder à un niveau de vie qui se rapproche de celui des pays occidentaux. Il faut y ajouter les activités de services liés à ce paradis fiscal très actif qui concentre un nombre impressionnant de banques et sièges de compagnies « off shore ».

Aujourd’hui, les iles occidentales, St Thomas, St John, et St Croix plus au sud, sont territoires des USA (USVI) et les autres sont une colonie britannique autonome (BVI). L’influence américaine est forte sur l’ensemble de l’archipel et l’unique monnaie en circulation est le Dollar US. Et si l’on roule à gauche, les voitures ont pourtant très majoritairement la conduite à gauche, comme à Porto Rico toute proche et beaucoup plus peuplée, où l’on roule à droite. Bégaiement de l’histoire locale ?

Nous sommes sagement restés dans les BVI, Nicole n’ayant pas son visa US, et vous trouverez ci-dessous un florilège des îles que nous avons visitées, découvrant des mouillages, des sites ou des villes parfois magnifiques, souvent étonnants, rarement dépaysants tant la fréquentation de touristes occidentaux aisés uniformise l’habitat, comme les commerces ou les voiliers (surtout des catamarans de location, de plus en plus souvent à moteur) qui fréquentent ces lieux.

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The Baths

Dsc00745_Broken_Jerusalem.jpg Broken Jérusalem

Dsc00739_tristes_restes.jpg Attention prudence !

Dsc00755_Treillis_Bay.jpg Treillis Bay

Dsc00768_Guana_Island.jpg Gwana Island

Dsc00785_White_Bay.jpg Coucher de soleil sur White Bay

Dsc00801_Brewers_Bay.jpg Brewers Bay

Dsc00812_Cane_Garden_Bay.jpg Cane Garden Bay

Dsc00827_Sandy_Spit.jpg Sandy Spit

Dsc00844_Jost_Van_Dyke.jpg Jost Van Dyke

Dsc00857_Great_Harbour.jpg Great Harbour

Dsc00862_Foxy_s_Night.jpg Foxy’s Nights

Dsc00864_Soper_s_Hole.jpg Soper’s Hole

Dsc00880_Norman_Island.jpg Norman Island (restaurant bar flottant)

Dsc00889_The_Bight.jpg The Bight, C’est pour l’air conditionné qu’il faut tous ces panneaux !

Dsc00898_Road_Town.jpg Cimetière de Road Town

Dsc00901_Road_Harbour.jpg Road Harbour

DSC00905_Le_Sphinx_de_Salt_Island.JPG Le Sphinx (naturel) de Salt Island

Dsc00937_Salt_Island.jpg Salt Island

Dsc00954_Gorda_Sound.jpg Gorda Sound

Dsc00976_Gorda_Sound.jpg Gorda Sound

Dsc00987_Leverick_qay.jpg Leverick Bay

Dsc00988_Pussers.jpg Un petit tour chez Pusser’s

Dsc00998_Necker_Island.jpg Branson’s House sur Necker Island

Après dix jours très agréables ponctués par un impressionnant épisode pluvio-orageux pendant lequel nous étions bien abrités à Gorda Sound, repassant devant le domaine de Richard Branson (toutes ses entreprises s'appellent VIRGIN), nous avons remis le cap sur St Martin où nous sommes arrivés au terme de 24h d’un louvoyage tranquille contre un alizé moyen parfaitement prévu par la météo.

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Le temps de faire quelques fructueuses séances de shopping (ci-dessus, Nicole au sortir du Pavillon d’Asie; relookée par Leva Sonn) et petits bricolages à bord, nous avons refait une nouvelle et courte escale à St Barthélémy, sur la route d’Antigua que nous avions envie de redécouvrir après des visites trop brèves ces dernières années.

Cette fois nous avons privilégié la côte ouest, commençant par St John, port principal et capitale de cet état indépendant à la culture « so british ».

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Elle accueille des paquebots de croisière gigantesques déversant quotidiennement des milliers de touristes.



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Le centre ville est transformé en centre commercial « duty free » plutôt bas de gamme. N’ayant pas pu y faire les formalités d’immigration obligatoires, nous y avons fait un tour en « clandestins » avant de repartir vers Jolly Harbour quelques milles plus au sud où l’administration locale a fait merveille en imposant seulement 4 passages successifs aux différents guichets, le tout pour un record bureaucratique d’une heure et demie !

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Jolly Harbour est une opération immobilière autour d’une grande marina sans âme qui donne l’impression d’être un peu en perte de vitesse.

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Certains immeubles, sans doute autrefois prestigieux, sont à l’abandon, mais les ressources administratives, techniques et commerciales de cet ensemble rendent l’escale pratique.

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Arrivés le lendemain à Falmouth Harbour, peu fréquenté en cette fin de saison, nous avons profité de ce grand mouillage sûr pour visiter l’ile avec une voiture de location et sortir de l’ambiance « yachting chic » du AYC (Antigua Yacht Club).

Les villages de l’intérieur et de la côte nord offrent un visage tout autre, par moment à la limite de la misère dans laquelle vit une partie importante de la population, notamment autour de Nord Sound, comme à Parham, première implantation coloniale britannique. Aujourd’hui c’est une zone militaire et industrielle consacrée à la centrale électrique et à l’usine de dessalement d’eau de mer.

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Autour de l’aéroport international, et de l’université américaine, l’opulence et la propreté reviennent.

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Nous avons déjeuné dans d’un joli restaurant nommé SottoVento, fréquenté essentiellement par des italiens, centre d’un aménagement touristique plutôt élégant.

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Mais en regagnant St John par le nord, l’impression que nous ont laissée les lagunes, les plages et les bidonvilles autour du fort St James, quasiment en ruines, est oppressante. L’omniprésence dans l’ile des domaines clos et gardés par des vigiles nous confirme dans l’idée que le contraste dans le niveau de vie des différents quartiers ou villages n’est pas un facteur de sérénité.

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La présence d’épaves sur les plages et d’ordures un peu partout, tempère l’impression de luxe, de calme et de volupté que voudraient laisser aux visiteurs les nombreux documents promotionnels et brochures destinées aux croisiéristes d’un jour, ou touristes d’une semaine.

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Notre visite s’est achevée à English Harbour, où le fameux Admiral’s Inn et son annexe le Boom récemment construit dans l’ancienne poudrerie de Nelson Dockyard, sont très accueillants.

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Les jolies restaurations des Shirleys Heights, cantonnements et forteresses du 17ème siècle,

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et les chemins aménagés sur la falaise à l’ouest de fort Berkeley offrent, à l’heure de la traditionnelle BBQ Party du dimanche soir (un must pour tous les toutous des hôtels alentour) des points de vue superbes sur la côte sud de l’ile.

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Certains investisseurs, vraiment à l’abri du besoin, y font construire de gigantesques résidences d’un luxe inouï avec vue imprenable sur la mer des Caraïbes.

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La météo étant favorable, notre dernière étape au large pour cette année nous a ramenés en Guadeloupe, sur un seul bord de près bien agréable vers la pointe des Châteaux toute embrumée de poussière de sable du Sahara. Nous espérions pouvoir faire un arrêt à la Désirade mais la houle encore trop forte ne permettait pas d’y envisager une escale confortable. Ce sera avec une navette que nous y effectueront un circuit découverte à partir de Saint François.

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Cette ile tant désirée est un petit monde de 24 km2 et 1500 habitants fiers de leur domaine mais qui se sentent un peu oubliés par la voisine, dont ils dépendent, et par la métropole où nombre d’entre eux vont tenter leur chance. Ils sont remplacés localement par des « métros » qui apprécient son charme au point de s’y faire construire ou d’y acheter des résidences.

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C’est un grand et étroit plateau calcaire de plus de 200 m d’altitude, couvert de forêt et de maquis, mais où l’eau douce manque, au point qu’un aqueduc sous marin a dû être enfoui depuis la pointe de châteaux. Par contre, ses éoliennes produisent plus que nécessaire et une interconnexion, sous marine elle aussi, permet d’envoyer en Guadeloupe une partie de la production lorsque le vent est fort et de recevoir ce qui manque lorsque le vent est faible.

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Les paysages sont splendides et, de la Pointe Est portant le phare le plus à l’est des petites Antilles, il n’est pas exceptionnel de voir les baleines pendant leurs migrations et la naissance de leurs petits, principalement entre février et avril.

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Les plages du sud, protégées par un petit lagon, sont très attrayantes, comme celle au bord de laquelle nous avons dégusté d’exquises langoustes locales.

Cette croisière s’achève et, après une dernière parenthèse au festival de Marie Galante « Terre de blues », il nous restera à désarmer Dartag pour le laisser en sécurité jusqu’à l’hiver prochain.

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Le voyage dans ces iles des Caraïbes nous a entrainés à la lecture de plusieurs guides et livres dont l’un mérite une mention particulière. Ce sont les chroniques de voyages d’un religieux à la charnière des 17ème et 18ème siècle en des lieux que nous avons bien souvent reconnus. A cette l’époque la loi du plus fort s’imposait, la religion était quasiment totalitaire, l’esclavage était à son apogée, les épidémies et la mort frappaient partout et n’importe quand, la piraterie ne faisait pas de prisonniers, la navigation, à voile bien sûr, n’était pas aussi sécurisée qu’aujourd’hui. Ce prêtre aventurier nous entraine, avec son écriture agréable et réaliste, dans un monde qui pourrait bousculer nos visions d’aujourd’hui. Ses descriptions des peuples et de leur mode de vie, de la faune et de la flore, de ses combats navals ou à terre, de ses méthodes de chasse ou recettes culinaires sont passionnantes. Mais à chacun son propre jugement, s’il peut se le permettre.

mardi 25 avril 2017

Semaine sainte aux Saintes

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Sacrées batteries ! Encore un jeu foutu après à peine deux ans de service. Plutôt que de faire tourner le groupe tous les soirs et tous les matins, il était préférable de les changer. Cette fois-ci, au diable les varices et les avaricieux, on choisit un modèle haut de gamme (Vetus AGM 140), et la tension ne devra dorénavant pas descendre à moins de 12,2 volts, foi de capitaine !

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Ce retour au Marin nous a fourni l’occasion de prendre de la hauteur, en grimpant à marche forcée au sommet du Morne Gommier. La vue sur toute la baie valait largement ce bel effort :

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Pour continuer notre périple vers les iles du Nord ; Le beau temps et une brise raisonnable nous incitent à passer par la côte au vent de la Martinique et à profiter de ses mouillages calmes, protégés par le récif de corail qui se prolonge sur une vingtaine de milles jusqu’à la presqu’ile de la Caravelle.

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Petite Grenade, Le Vauclin, Le François, puis Le Havre du Robert nous accueillent successivement avec « Fonds blancs », plages isolées ou mangroves sauvages.

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Oui cette côte est magnifique et peu fréquentée en dehors de quelques coins internationalement réputés comme la « baignoire de Joséphine » bourrée de touristes pendant ces vacances de pâques. Nous l’avons vue de loin.

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En route vers la Guadeloupe, le vent nous ayant lâché nous bifurquons vers la Trinité, sous-préfecture oubliée des voileux, au fond de son golfe, où l’abri était très correct, les hauts fonds brisant suffisamment la houle encore importante.

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Malgré la forte chaleur de ce dimanche des Rameaux, nous visitons ce gros bourg administratif assoupi dans la torpeur tropicale.

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Tôt le lendemain, avec l’alizé revenu, nous reprenons la mer vers Marie-Galante à 80 milles au nord, longeant longuement la côte Est de la Dominique très sauvage et verte.

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Nous entrons à la tombée du jour à Marie-Galante dans le petit port de Grand Bourg espérant y trouver une place sur l’un des pontons neufs installés en 2016. Trop tard, ils sont déjà colonisés par des plaisanciers ou pécheurs locaux. Il nous reste heureusement un petit espace pour mouiller dans le port, à côté d’un voilier australien en escale.

Grand Bourg est un village bien vivant avec, visiblement, de nombreux travaux d’embellissement ou de voirie en cours … Mais faut-il vraiment vouloir rivaliser avec le Bourg des Saintes ?

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Toujours à la recherche de spécialités typiquement régionales ou locales, nous avons testé pour vous le « caca de bœuf », sorte de pain d’épices fourré à la confiture de goyave, dont la forme évoque effectivement la « beuse » de nos alpages. Fruité à souhait !

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Une escale à quai à Pointe à Pitre, nous permet enfin de profiter, après deux mois de mouillages forains, du relatif « confort » d’une marina, avec douches, machines à laver, ravitaillement à quai, et d’effectuer de menus travaux d’entretien, notamment sur le Zodiac.

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Le vendredi saint est férié en Guadeloupe. Du coup la ville était morte et tous les commerces fermés en dehors de la fleuriste sur le parvis de la cathédrale et d’un bazar chinois sur la place de la Victoire. Seul le marché au poisson était actif, ce qui nous a valu d’inscrire l’espadon au menu de la semaine entière.

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A la marina, sur un voilier amarré devant la capitainerie, un couple de navigateurs à la fois acrobates, clowns et équilibristes nous a fait vivre un joli moment de poésie et de frissons avec des exercices de voltige audacieux sans filet dans le gréement. Bravo à eux !

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Et nous avons fini la semaine sainte aux Saintes, avec une nouvelle prise de hauteur grâce à une chaude petite grimpette jusqu’au fort Napoléon,

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et son jardin botanique, avec des orchidées étonnantes….

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…puis le Bourg de Terre de Haut et la messe de Pâques avec baptêmes,

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…bien sûr le mouillage du Pain de sucre vu du Calvaire,….

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….enfin, l’ilet à Cabrits, protégé par le fort Joséphine et sa végétation « sauvage », nous ont donné une vue d’ensemble de cet archipel de charme, alors que le temps orageux et les fortes rafales ne nous incitaient pas à naviguer.

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Longeant ensuite la côte sous le vent de la Guadeloupe, nous passons devant Basse Terre, la préfecture assoupie, et son port fatigué….

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…mais hébergeant une des dernières distilleries de l’île, en pleine activité.

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Escale pour la nuit à l’Anse à la Barque au milieu de nombreuses petites embarcations de pêcheurs mais boudée par les plaisanciers. L’abri n’est pas mauvais, mais il n’y a aucune ressource, et la plage noire du fond de l’anse est infecte, couverte de détritus divers.

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Les pélicans nous offrent un superbe spectacle de plongeurs chasseurs.

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Profitant d’une petite brise d’ouest plutôt inattendue nous gagnons vers le nord, et le retour du vent d’est nous permet d’atteindre Deshaies. Cette petite ville, au fond d’une anse superbe est d’habitude animée et accueillante. Mais en ce vendredi, jour d’un enterrement à l’église, elle est comme morte. La fin de la saison est bel et bien arrivée. Mais, entre deux « schnorkelling » nous pouvons y faire nos formalités de sortie avant de quitter la France vers Montserrat.

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Cette île anglaise a été ravagée par trois fois en vingt ans par de grosses éruptions volcaniques, avec d’importantes coulées pyroplastiques ensevelissant Plymouth, la capitale, sous des mètres de cendres et de lave.

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Le spectacle dantesque de cette ville abandonnée et de ce volcan toujours actif reste impressionnant, même de loin, et en dépit de l’importante distance de sécurité imposée, les émissions de gaz méphitiques sont bien perceptibles.

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Les 4000 habitants restant (contre 12 000 en 1997) se sont regroupés dans le nord de l’île, qui, il faut bien l’admettre, ne mérite pas un trop grand détour.

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Le gouvernement a fait reconstruire un certain nombre d’équipements collectifs (port, stades, marchés, écoles, parkings,..) lui donnant un aspect de prospérité artificielle. Mais la population a sans doute du mal à digérer cet « exil intérieur » et ne se montre pas vraiment à son avantage.

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Après une magnifique traversée de 72 milles en 10 heures nous sommes arrivés à Saint-Barthélemy.

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La fréquentation est celle de la fin de saison, mais à Gustavia le luxe reste la marque de cette île approximativement de la taille de Porquerolles.

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Une grande balade à pied nous à permis de découvrir, après le spectaculaire et très actif aéroport, l’ouest de l’île, escarpé et contrasté, occupé par des villas de luxe,….

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.....aussi bien que par un habitat plus traditionnel et modeste, notamment dans le village de Colossol, niché dans sa valleuse juste à l’ouest de Gustavia la capitale.

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En ce jour du premier tour des présidentielles, les bureaux de vote étaient déserts, le scrutin ayant été anticipé au samedi pour être décompté à temps, compte tenu du décalage horaire (6h).

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Terminons ce billet en vous faisant découvrir nos équipements de marcheurs, bien utiles sur les sentiers accidentés de toutes ces iles. Notre route continuera vers le nord pour quelques semaines encore, en découvrant probablement d'autres merveilles.

jeudi 13 avril 2017

Grenadines Express

Et hop, notre équipier juste installé et la météo étant favorable, cap sur les Grenadines à trois cette fois.



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Grosse surprise en fin d’après-midi à une dizaine de milles à l’ouest de Sainte Lucie, quand deux baleines nous ont offert un spectacle extraordinaire en sautant simultanément à plusieurs reprises hors de l’eau environ deux cent mètres devant Dartag (photos extraites d’un reportage et très représentatives de ce que nous avons vu). Nous avons fait un écart pour ne pas les gêner, mais elles ont plongé devant nous pour réapparaitre une minute plus tard derrière projetant le jet de leur souffle et montrant leur dos puissant.

Saut

Cette apparition magnifique et sauvage, hélas trop fugitive, a fait de nous des privilégiés, marquant nos esprits pour longtemps.

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Après une nuit en mer, nous zappons Saint Vincent, Béquia puis Canouan pour mouiller directement dans les Tobago Cays moins fréquentées qu’à notre précédent passage un mois auparavant.

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Bonne occasion de nous inscrire au barbecue organisé sur la plage de Petit Rameau avec les langoustes du jour avec les assortiments de légumes sophistiqués et exquis des cuisiniers locaux.

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Le mouillage de Petit Saint Vincent est un des plus beaux aussi,

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à partir duquel nous avons entrepris un raid en Zodiac jusqu’au célébrissime banc de sable de Morpion, trouvant une petite passe entre les patates de corail pour y débarquer et immortaliser la scène devant la paillote. Nous sommes rentrés trempés après le retour sur ce plan d’eau venté !

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Puis une belle soirée à Clifton ou les « kiters » du lagon s’en donnaient à cœur joie

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Et nous n’avons pas résisté au plaisir d’un « drink » au Happy Bar construit en 2002 sur un amas de coquille de lambis. L’aimable obséquiosité du patron et les tarifs surréalistes nous ont laissé sur un impression bizarre, mais il faut bien vivre, et le cadre est vraiment original.

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Faisant le tour de Union Island nous somme passés devant Ashton, la capitale, délaissée au fond de sa baie inexploitée

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Puis sommes retournés dans le grand mouillage sauvage de Chatham Bay où, curieusement, il n’y avait pratiquement aucun catamaran de location, alors qu’ils pullulent généralement dans ces iles paradisiaques. Enfin un endroit tranquille pour les amateurs de nature et de croisière à la voile.

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Nous avions envie aussi de redécouvrir Mayreau sa baie des salines envahie par les pique-niqueurs du paquebot au mouillage,

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Du sommet de l’ile, la vue est exceptionnelle sur les Tobagos Cays, quel contraste !

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Et le jardin de l’église du père Divonne, accueille une belle alanguie.

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Un petit tour de Salt Whisle Bay dont la carte postale attire tous les voiliers de passages, surtout les catamarans de locations, encore plus serrés les uns contre les autres que sur la côte d’azur.

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Revenant vers le nord nous avons cédé à l’appel de Béquia où les pêcheurs découpent sur le ponton le produit de leur pêche. Mais comment font-ils donc ? Nous n’avons encore rien pris cette saison, gênés par les sargasses qui polluent nos hameçons à peine mis à l‘eau.

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La promenade Princess Margaret, taillée dans le rocher, mérite aussi un petit détour C’est alors qu’une visite plus approfondie de l’île de Saint Vincent, peu fréquentée par les plaisanciers bien que la sécurité se soit améliorée depuis quelques années, nous a parue intéressante.

Les anses de Wallilabou ou Cumberland Bay sont assez bien protégées, mais les fonds importants et surtout l’insistance des boat boys sont dissuasifs.

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Certains villages oubliés comme Petit Bordel (sic !) ne possèdent pas de mouillage accueillant

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Alors que celui de Chateaubelair plus au nord est beaucoup plus séduisant, bordé par une superbe cocoteraie. A la jumelle nous avons suivi de loin une longue cérémonie funéraire dans le cimetière marin du village, tous les hommes étant entièrement habillés de blanc.

Ayant zappé Saint Lucie par trois fois cette année, nous avions envie d’y faire escale.

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Après une belle approche par un temps magnifique

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Les deux pitons (presque 800 m d’altitude) nous sont apparus dans toute leur majesté. Malheureusement, les fortes rafales sur le mouillage, et surtout le très mauvais accueil d’un boat boy, d’abord extrêmement insistant pour nous amener à « sa » bouée vraiment mal placée, puis menaçant si nous ne la prenions pas, nous ont dissuadé de nous arrêter, et nous avons préféré poursuivre notre chemin vers des contrées plus calmes et accueillantes. Son dépit s’est traduit par l’arrosage de notre cockpit suivi d’une fuite éperdue de toute la vitesse que lui permettait son moteur. Quand comprendront-ils que les plaisanciers sont libres de leur destination, désireux de faire leur choix tranquillement, et sont tout à fait prêts à payer des services s’ils sont réels, en dehors de toute pression ou éventuel racket de sauvageons locaux ?

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Nous avons visité la fameuse Marigot Bay, enclave de plaisance luxueuse dans un environnement paradisiaque, avant de rejoindre un mouillage calme à Rodney Bay quelques milles au nord.

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Sous la vigilante conduite du pirate des Caraïbes qu’est devenu notre cher équipier pendant cette quinzaine, une dernière petite traversée nous a ramenés au Marin pour ravitailler et soigner un petit bobo de Dartag, pas vraiment gênant, mais il fallait s’en occuper.

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Il reprenait l’avion à Fort de France le jour des blagues, mais ce n’en était pas une. Alors, quelques escales au milieu des tortues plus tard,……

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…et après avoir découvert l’entrainement des yoles traditionnelles dans le fond de la superbe rade de Fort de France pour la course du dimanche suivant…..

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….il ne fallait pas louper, même pour un poisson d’avril, même à l’heure d’été en métropole, l’embarquement dans l’avion qui venait le chercher bronzé et prêt à reprendre le boulot trente heures plus tard.

mercredi 22 mars 2017

Cays, cays,cays !

Nous sommes restés cinq jours au mouillage à Port Elisabeth pour cause de météo musclée. Et nous les avons bien remplis en visites à pied ou en voiture de l’essentiel de cette ile que les initiés appellent Bécouet alors qu’elle figure sur toutes les cartes sous le nom de Béquia.

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Son passé colonial a laissé quelques restes de plantations, transformées désormais en opérations immobilières plutôt chic sur la côte sud-est, dont les plages et les cocoteraies ne sont pas accessibles en bateau car les lagons magnifiques sont peu profonds.

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La présence de plaisanciers à l‘abri du besoin est aussi une des marques de cette région. Exemple : ces deux navires de presque 50 m de long (même couleur miroitante, même personnel d’entretien°) au mouillage à couple à Béquia. Bravant le fort vent et la grosse mer, ils nous ont rattrapés une heure après notre départ en route vers Canouan, le voilier précédant le motor yacht à plus de 12 nœuds (AIS dixit).

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Cette dernière île tente de se développer, en particulier grâce au très beau site de son lagon sur la côte au vent, mais le village lui-même ne semble pas en profiter pour le moment.

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Le mouillage de Charleston, mal protégé par les White Rocks, est peu fréquenté. Lorsque l’alizé est fort, il est en plus balayé toutes les dix à quinze secondes par de très fortes et brèves rafales, qui le rendent vraiment inconfortable...

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…les tortues endémiques n`ont pas l`air d`en souffrir outre mesure, mais, en ce vendredi soir, la population de l’ile comptait visiblement sur le rhum et la bière pour agrémenter la soirée, aussi nous avons écourtés notre visite à terre, pour une nuit agitée à bord.

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Levés tôt, nous avons mis le cap vers les Tobago Cays, toujours avec un vent et une mer forte. Un endroit merveilleusement protégé de la houle par une magnifique barrière de corail nommée Horse Shoe Reef en raison de sa forme.

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Accueillis par les boat boys et les rangers du parc naturel, plutôt aimables et discrets, nous nous sommes offert une magnifique promenade amphibie dans les récifs et l’ile Petit Rameau.

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En ce week-end de mars, l’affluence réduite rendait celle-ci particulièrement agréable.

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Vers Union Island, en route pour Clifton Bay nous avons croisé en mer le superbe Star Clipper navigant au portant à 12 nœuds sous voilure réduite,

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Le ciel parfois menaçant ne nous a pas empêchés de faire une marche dans l’île ; Ici les maisons flambant neuves côtoient des ruines, comme si, après un cataclysme on abandonnait son ancienne maison à demi écroulée pour reconstruire juste à coté. Le mélange est un peu tristounet.

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Achat d’un chapeau à larges bords qui n’a pas encore été emporté par une rafale vicieuse. A vous de juger !!!

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Le captain, lui, a toujours sa même casquette délavée vissée sur le crâne, comme à demeure ; ce qui ajoute au côté « vieux loup de mer » ; Ainsi dûment coiffés, nous avons pu cingler vers l’étape suivante après des formalités administratives tellement bureaucratiques et complexes que nous en avons « oublié » la moitié, et pas la moindre, puisqu’il s’agissait du visa de sortie. Il faudra serrer les fesses et jouer finement dans la prochaine contrée abordée deux jours plus tard.

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En attendant, une « longue » traversée de 5 milles vers petit Saint Vincent nous a fait passer entre les récifs, à proximité de Morpion, un minuscule îlot de sable sur lequel une paillotte attend les visiteurs. Les tempêtes ou autres cyclones n’ont jamais emporté cette curiosité exotique mondialement connue, et nous ne désespérons pas d’y débarquer un jour de beau temps calme, ce qui n’était pas le cas.

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Petit Saint Vincent, juste séparée de Petite Martinique par un détroit d’un demi mille, est la dernière grenadine de St Vincent. C’est une ile privée entourée d’une plage de sable blanc que le propriétaire a consacrée à un hôtel de luxe dont l’essentiel des bungalows sont situés sur la côte au vent, invisible du mouillage. Le calme, le luxe et la volupté s’y respirent à plein nez.

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Poursuivant nos escales, nous avons fait une halte à Tyrell Bay sur la première grenadine de Grenade, notamment pour les formalités d’immigration. Les fonctionnaires habituellement tatillons se sont montrés compréhensifs et nous ont délivré les visas sans trop se formaliser du fait que nos papiers n’étaient pas tout à fait complets. Ouf, c’est passé.

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Après quoi nous avons pu déguster en paix les rouleaux d’été « bateau », œuvre du capitaine en second, malgré des instruments de cuisines encore rudimentaires mais en voie d’amélioration….

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…..Et visiter l’immense lagune bordée de mangrove qui occupe tout le nord de Tyrell Bay. Certaines victimes de Hugo en 2003 y sont encore.

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Arrivant à St Georges, capitale de Grenade, la houle rendait le mouillage extérieur rouleur, alors nous avons poursuivi jusqu’à Prickly Bay revenant en ville grâce aux excellents petits bus à haute fréquence, bas prix et grande vitesse (parfois un peu trop, mais quelle adresse des chauffeurs).

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Les grenadiens s’affairent dans les quartiers historiques autour de la gare routière …

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Et la superbe marina Camper et Nicholson accueille toujours de grands yachts très luxueux.

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Mais, la saison s’avançant, il nous fallait repartir vers le nord pour retrouver notre équipier dont l’arrivée était prévu le 19 mars à Fort de France. Les belles baies abritées de la côte sous le vent des grenadines nous ont donné l’occasion de retrouver une nature plus sauvage…...

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…… de profiter de couchers de soleil magiques………..

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….ou de faire de petits matelotages utiles.

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A Mayreau, nous sommes montés jusqu’à la fameuse église du père Divonne, unique exemple de communauté catholique dans ces îles très « réformées ».

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De là, la vue sur les Tobago Cays est tout simplement exceptionnelle. Un paysage de création du monde, qui nous a inspiré une nuit d’isolement complet dans Winward Bay.

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Et après une courte escale à Cumberland Bay dans l‘île de principale de St Vincent, Nous avons affronté l’alizé costaud et la grosse mer jusqu’à Rodney Bay à Ste Lucie, puis Le Marin…..

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....où nous avons réassorti la cambuse et, pendant que d’autres bateaux exhibaient d`impressionnantes collections de chaussettes, réglé de menus problèmes techniques, en attendant qui vous savez……

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Il est arrivé presqu’à l’heure prévue, en dépit des grèves, de l’attentat d’Orly sud et de la pluie qui l’a accueilli, un peu fourbu mais en forme.

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Après une journée grise de transition et quelques libations avec des amis voileux, nous sommes désormais prêts pour de nouvelles aventures tropicales sous un beau temps revenu.

lundi 06 mars 2017

Ben quoi, Béquia ?

Le Yacht Club de la Martinique organise chaque année une épreuve internationale dite « Round Martinique Regata ». C’est une course croisière pour voiliers de plus de 6 mètres répartis en quatre classes, qui comprend trois étapes autour de l’île.

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Bien sûr, plusieurs équipages étaient venus de Guadeloupe, dont les « p’tits filous » sur leur bateau fétiche Sonadiau. Je les ai suivis avec Dartag, avec d’autant plus d’intérêt que c’était l’occasion de visiter la côte au vent de l’ile (côte Est) qui est très peu fréquentée, notamment autour de la presqu’ile de la Caravelle, avec une étape à La Trinité (pas celle du Morbihan).

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Un super barbecue était organisé sur la plage le samedi soir et ils m’y ont invité. Evidemment je n’ai pas pu refuser et quelques équipiers de Sonadiau ont profité de la place disponible et du confort de Dartag pour la nuit. La brise était moyenne (c’est-à-dire assez forte, 20 à 25 nœuds) pour ces trois jours, avec un beau soleil et bien sûr quelques averses ou grains, typiques des alizés d’hiver.

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J’en ai profité au retour pour visiter un peu cette côte, en particulier « le Havre du Robert », sorte de grand golfe très découpé, protégé par une barrière de récifs, où la houle du large ne peut absolument pas pénétrer. De multiples mouillages calmes sont donc offerts aux rares plaisanciers qui s’aventurent dans ce dédale. Mais cela valait le détour. Nouvelles escale au Marin sur le chemin de Fort de France pour compléter l’avitaillement et faire encore réparer le plancher gonflable de l’annexe qui commence à devenir un gruyère. Mais cela a l’air de tenir, pourvu que cela dure !

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Un drôle de coup de vent d’ouest tout à fait incongru en cette saison a transformé la magnifique rade en champ de bataille et jeté à la côte de nombreux bateaux, dont certains ont été disloqués. Après avoir contribué au sauvetage d’un beau petit ketch américain en fâcheuse posture au pied du fort St Louis, j’ai pu revenir à bord de Dartag juste à temps pour déguerpir et nous mettre à l’abri de l’autre côté de la rade, au milieu d’ilots recouverts de mangrove, ……….. et d’épaves.

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Au-delà du carnaval, le but principal, à Fort de France, était d’y accueillir Nicole, juste retraitée et arrivant de Genève après un voyage sans problème, mais fatiguée par toutes les démarches et travaux préparatoires à une absence de longue durée, ou la tournée des « au-revoir » qu’elle voulait faire à la famille et aux amis en Suisse et en France.

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Après une visite de la ville agrémentée du shopping et des courses indispensables nous avons commencé notre croisière par de courtes étapes à Trois Ilets et aux Anses d’Arlet histoire de prendre doucement nos marques comme tout nouvel équipage.

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Puis, profitant d’une météo favorable, nous voulions faire le plus de route possible vers le sud le premier jour, pour nous approcher des Grenadines. Et c’est à la nuit tombée, après 90 milles parcourus par beau temps, que nos avons atteint Barrouallie, une petite anse de l’île de Saint Vincent où nous sommes entrés au radar et au sondeur, escortés par un bateau de Boat Boys très insistants qui nous ont presque fait renoncer à cette escale. Finalement nous les avons calmés en leur disant que nous n‘avions besoin de rien ce soir, mais qu’ils repassent le lendemain à 9H, avec les fruits, légumes et poissons qu’ils voulaient nous vendre.

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La nuit fut calme et le lendemain nous sommes repartis à 8h15. Ils nous ont rattrapés et nous leur avons pris quelques mangues, et, quelques minutes après, une bonite magnifique toute fraîche à un autre pêcheur qui venait de la prendre à la traine, à l’aviron. Chapeau ! Ce n’était pas bon marché, mais qu’importe, ils avaient de grands sourires.

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Longeant la côte, nous avons poussé la découverte jusqu’à la capitale, Kingston, avant de trouver un mouillage bien abrité derrière un ilot privé occupé par un bel hôtel, Young Island, tout près de l’extrémité sur de l’île. Il y avait un courant très fort qui par moment nous exposait vent arrière malgré les rafales de 20 à 30 nœuds d’est. Un visite en Zodiac de toute cette baie plutôt touristique était intéressante, notamment le fameux « Blue Lagon » qui nous a un peu déçu,

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et « Duvernette Island » que nous avons escaladé jusqu’au sommet pour découvrir une vue splendide sur Calliaqua Bay.

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L’après midi nous sommes repartis vers Béquia, à quelques milles, la première Grenadine en venant du nord, et avons jeté notre ancre à Port Elisabeth. Cette magnifique baie est un excellent abri, et c’était utile, car la météo prévoyait du vent fort et une grosse mer pour les jours à venir.

En effet, les rafales à plus de trente nœuds et les grains sur le mouillage nous ont offert un abondant rinçage à l‘eau douce et suffisamment d’électricité pour remplir nos soutes d’eau potable.

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Et cela ne nous a nullement empêché de visiter une bonne partie de cette petite île à pied, jusqu’au versant sud donnant sur Mustique et les autres îles voisines, ainsi que la jolie Friendship Bay entourée de récifs sur lesquels prise la grosse houle de l’atlantique.

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Les quelques 4000 habitants occupent des maisons de tous les styles allant du quasi bidon ville au luxueux palais dominant le paysage, mais la majorité étant plutôt simple et propre et desservie par des routes incroyablement pentues montant tout droit dans les collines. Vive les 4X4 modernes !

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Il y a aussi des hôtels et restaurants dont certains très chics car l’économie de l’île repose de plus en plus sur le tourisme et les belles plages du sud de Admiralty Bay, comme la fameuse Pincess Margaret Beach, bordée d’une forêt tropicale humide impénétrable, dont quelques « mancenillers », l’arbre dont les feuilles acides sont dangereuses en particulier sous la pluie. Il ne faut pas s’y croire à l’abri sous peine de sévères brûlures. Ils sont signalés par des affiches sur leur tronc.

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Mais il y a aussi des fleurs d’une variété et d’une richesse extraordinaire et des chenilles pour les manger, d’ailleurs assez impressionnantes et …imperturbables.

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Il y a aussi cette vitalité de la végétation qui permet à certaines espèces de germer et se développer à peu près n’importe où comme sur un fil électrique à 10 mètres de hauteur !

Notre prochaine étape sera sans doute Canouan, puis Mayrau, avant les Tobago Cays, mondialement connus.

dimanche 19 février 2017

Pas si fou, je Fou

Les premières navigations ont été l'occasion de nous intéresser, plus encore que par le passé, à un oiseau marin magnifique. Plus il y a de vent, plus il est à l’aise, et son comportement n’en est que plus spectaculaire dans l’alizé musclé que nous avons eu ces derniers temps.

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Le Fou de Bassan vole sans effort apparent, presque immobile, en « surfant » sur les vagues invisibles présentes dans l’air, sans doute en grande partie provoquées par les vagues de la mer elle même. Son dos et ses ailes sont sombres sur le dessus, et tout son corps est à peine moins foncé en dessous. Il est ainsi quasiment invisible du haut mais aussi de la surface de la mer et à plus forte raison de ceux qui vivent en dessous.

La présence d’un voilier est sans doute pour lui une aubaine, je pense au moins pour deux raisons.

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La première est qu’il peut profiter des turbulences crées par la coque et les voiles pour faire encore plus d’économies dans son vol. Son plané trahit à peine l’extrême réactivité de tout son corps pour transformer en énergie positive chaque rafale, chaque remous d’air et choisir avec adresse l’endroit précis où il profite le mieux de ces perturbations. Par moment il se tient presque immobile sur l’avant du bateau à un mètre de l’étrave qui plonge et remonte à chaque vague, puis il choisit de surveiller l’océan depuis la première barre de flèche. Subitement, sans raison apparente, il file vers l’arrière, passe sur l’autre bord, puis remonte au vent en rasant les vagues, juste sous des voiles, et réapparait en faisant une chandelle au- dessus du balcon avant, avant de reprendre son poste d’observation à quelques mètres au-dessus du pont.

La deuxième est qu’il sait parfaitement que les poissons volants, dérangés par l’arrivée dans leur domaine d’une coque étrangère, se demandent s’il s’agit éventuellement d’un prédateur et préfèrent le fuir en se catapultant vigoureusement hors de l’eau pour un de ces vols planés sensés les mettre hors de portée. Et alors, l’œil perçant du fou, qui n’attend que cela, lui met l’eau à la bouche. D’un piqué aussi rapide que précis, il pique, espérant gober au vol l’un de ces prétentieux qui pensaient avoir échappé à la daurade coryphène ou au thonidé supposés les poursuivre.

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Mais la vivacité et l’adresse du Fou ont des limites, d’autant plus que la victime potentielle est capable de se relancer plus loin de quelques vigoureux coups de queues sur la surface, ou de replonger avant la fin naturelle de son plané. Alors, le Fou essaie de la suivre et le piqué vertigineux du prédateur se poursuit sous l’eau, parfois à quelques mètres du bateau. Si l’agile poisson volant lui échappe, comme assez souvent, il ressort de l’eau sur l’élan de son plongeon et reprend son vol majestueux sans un coup d’aile. Ce spectacle est impressionnant et laisse sans voix devant la polyvalence et les performances de cet oiseau d’environ deux mètres d’envergure.

Mais s’il réussit son coup, il ressort de l’eau en restant à la surface, et avale sa proie dans une sorte de tressaillement de tout le corps, commençant par une extension du cou vers le haut, secouant la tête vigoureusement puis se termine par une brève agitation de la queue. Quelques secondes après, avec deux ou trois battements de ses grandes et fines ailes, il reprend son vol et son poste d’observation à quelques mètres au dessus du pont. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ait absorbé sa dose de nourriture quotidienne. Un autre vient alors le relayer jusqu’à la tombée de la nuit.

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Mais la digestion de ces volatiles est à leur image, très rapide. Alors il ne faut pas s’étonner de recevoir périodiquement quelques doses de guano sur le pont, les voiles ou même les coussins du cockpit, lorsqu’ils planent à leur poste de surveillance. Les prochains embruns ou la prochaine averse auront tôt fait de nettoyer ces salissures finalement bien modestes en comparaison du magnifique spectacle offert !

vendredi 03 février 2017

L'été en hiver

L’été en hiver, cela peut surprendre, surtout après une méchante vague de froid comme nous l’avons connue cette année, qui m'a fait péter deux tuyaux d’eau dans la maison. Un comble à Toulouse, cela ne s’était pas produit depuis au moins dix ans. Heureusement une petite fée et un grand génie sont intervenus pour limiter les inondations et rétablir la situation.

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Bref, j’ai repris le chemin des Antilles à mi-janvier pour un nouvel hiver au chaud.

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Et la chaleur surprend un peu quand on doit effectuer des travaux de force sous un soleil de plomb. Dartag avait besoin d’une grosse cure de remise en forme après pratiquement huit mois immobile dans son lagon qui ont permis aux huitres et aux moules de le coloniser goulûment.

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En une bonne semaine le plus gros était fait, sur l’aire de carénage, et la remise à l’eau a été un vrai bonheur. Deux jours au ponton pour fignoler la propreté, embarquer les voiles et annexes révisées, refaire tous les pleins, d’eau, de vivres, de carburant, dire au revoir aux amis et hop, en mer !

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Par prudence le premier soir au mouillage, nous n’étions pas loin, juste pour pouvoir revenir vite fait, si j’avais malencontreusement oublié quelque chose d’important. Mais ce fut l’occasion du premier bain de mer de l’année, dans une eau à 28°. Il y a pire comme punition !

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Et le lendemain, appareillage pour Marie Galante, une escale incontournable sur la route du sud. La plage sauvage qui s’étend devant la distillerie Poisson (qui fabrique le fameux rhum Labat 59°), est déserte et bordée de cocotiers. Le plus proche voilier au mouillage est à peine visible, à plus d’un mille. Le calme est véritablement assourdissant après le tumulte de Point à Pitre et ses claqueurs de fouets qui préparent bruyamment le carnaval.

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Pour arriver de jour en Martinique, distante de 125 milles, il me fallait partir tôt. Nous avons donc levé l’ancre juste après minuit ce vendredi 27 janvier, profitant d’un alizé léger mais suffisant pour bien avancer.

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Il s’est renforcé régulièrement dans la journée au point de nous propulser gaillardement jusqu’à Ste Anne où nous arrivâmes même avant l’heure du thé, rafraichi par une ou deux averses et autant d’arcs en ciel.

Quelques coups de fil sont nécessaires pour vérifier la présence des amis voileux, sur place pour certains, arranger les retrouvailles pendant ce dernier week-end de janvier, préparer le programme technique de la semaine suivante, et surtout fêter le 5éme anniversaire d’Aurélien.

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Mais Dartag a encore besoin de quelques bricolages pour améliorer son confort et sa sécurité avant la dure saison de croisière qui l’attend jusqu’au mois de juin.

La nouveauté de 2017 est un boitier AIS (Automatic Identification Service) qu’il faut installer et configurer. Ce dispositif radio permet d’envoyer à tous les autres navires des renseignements basiques (nom et caractéristiques sommaires du navire, vitesse, cap,..) et de recevoir les leurs, en les faisant apparaître sur l’écran de navigation. Bien qu’il ne soit obligatoire que pour les navires de plus de 20 mètres, la plupart des voiliers en sont équipés et cela apporte un supplément de sécurité notamment dans la prévention des abordages.

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En plus ce système mondial alimente une base de données en temps réel, consultable sur Internet gratuitement, il suffit de chercher le nom du navire et, si son AIS est actif, il apparait sur une carte. Marrant non ? Cela dit, je pense que les douaniers et administrations diverses et variées de tous les pays s’en servent aussi pour contrôler les trafics. Big Brother et Big Data sont à l’œuvre.

Comme beaucoup de systèmes technologiques et informatiques, il faut être spécialiste pour l’installer et, bien que pas tout à fait ignare, j’ai du me déclarer impuissant pour certaines fonctionnalités au point d’avoir recours à un professionnel, heureusement disponible dans cette grande marina de Martinique. Au prix d’une utile mise à jour tout est opérationnel.

La panne du sondeur de secours est un autre petit problème, heureusement le sondeur principal est en pleine forme. C’est bien, car naviguer sans sondeur dans les coraux équivaut à donner un pistolet chargé à un équipier ivrogne et susceptible ! L’explosion de l’un des freins de barre en est un autre, et à défaut d’en trouver un neuf, une réparation à l’Araldite devrait faire l’affaire.

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Et cette première traversée de nuit a révélé que l’éclairage d’un des compas de route était HS et le deuxième ne marchait qu’à moitié. Eh oui, le bateau a l’âge de ses artères et il faut s’en occuper. Les minuscules ampoules nécessaires étaient disponibles chez le shipchandler de la marina, mais il fallait trouver le moyen de démonter ces deux compas pour les remplacer. Trois heures furent nécessaires pour ne rien casser en démontant le premier, et dix minutes suffirent pour le deuxième. Comme quoi l’expérience paie, et ce n’est pas la première fois que je le constate, scrogneugneu !

Bon, et maintenant nous allons reprendre la mer. La semaine prochaine pour retrouver et supporter les P’tits Filous qui sont inscrits à la « Round Martinique Regata 2017 » et la semaine suivante pour accueillir Nicole qui partagera cet hiver au soleil et dans l’alizé, et vous aurez des nouvelles bientôt. Nous aurons aussi d’autres équipiers (au moins un) plus tard dans la saison.

vendredi 23 décembre 2016

L'Escalade des voeux

Nous voici à Genève pour la troisième fois cette année. Cette belle ville très internationale est ancrée dans une tradition historique nettement marquée par le calvinisme.

Elle a été surnommée la Rome protestante, ayant accueilli dès le seizième siècle les huguenots français fuyant l'intolérance et les massacres dans leur pays, emportant avec eux leurs savoirs faire, leurs entreprises (en particulier l’horlogerie franc-comtoise qui est devenue et reste aujourd’hui l'un des fleurons de l’industrie et du luxe Suisse) et leurs banques notamment.

Elle a su se projeter dans l’avenir avec des activités équilibrées entre l’agriculture, l’industrie, les services ou la diplomatie, qui font sa réputation mondiale. Nous allons vous faire partager quelques aspects bien fragmentaires de notre dernière visite.

- Voici le texte d’introduction du dossier de presse annonçant les festivités de la 414ème fête de l’Escalade, début décembre, moment intense de la vie genevoise.

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- La proclamation suivante, répétée d’une voix forte à tous les points stratégiques du défilé exprime l’héroïsme et la fierté des vainqueurs (photos prises lors de la commémoration 2016) :

« Cette année là (1602 après JC), dans la nuit du 11 au 12 décembre, Charles Emmanuel, duc de Savoie, dont l’ambition ne connaît pas de limites, fait marcher son armée contre Genève. Il veut prendre la ville par surprise pour en extirper l’hérésie avant de l’élever au rang de capitale de ses Etats en deçà des monts.

DSC_0193_torche.JPG Peu après minuit, l’armée savoyarde, forte de plus de deux mille hommes bien équipés, est stationnée à Plainpalais. Un groupe important s’en détache, arrive au pied de la muraille, dresse ses échelles et commence à monter sans être découvert. L’invasion de la cité, dans laquelle tout dort, a commencé.

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Lecteur vidéo intégré

Elle sera brusquement interrompue par une ronde sortie du poste de la Monnaie qui surprend les assaillants. Dans la mêlée qui s’en suit, une sentinelle lâche son coup d’arquebuse contre ceux-ci. L’alarme est donnée ! Le tocsin retentit du haut de la cathédrale, bientôt suivi par les cloches de tous les temples de la Ville.

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Tirés de leur sommeil, les habitants courent aux armes ! Rapidement c’est le peuple tout entier qui se défend. En bien des lieux les combats sont acharnés et ponctués de nombreux actes héroïques. Le canon tonne, les savoyards repoussés s’enfuient à toutes jambes.

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Au matin, les genevois qui ont perdu dix-huit des leurs se rendent dans les temples pour y louer la divine providence qui leur a permis d’échapper à ce grand péril. »

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- C’est la fin des guerres de religions. La vie reprend, et ce fut l’ultime tentative des savoyards qui seront, deux siècles et demi après, au moment de l’unité italienne, intégrés à la France.

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- Depuis plus de 400 ans, Genève vit quasiment en paix au bord du lac, hormis de rares troubles et au moment de la révolution française puis de Napoléon 1er. Elle réintègre en 1815 avec deux autres cantons francophones la Confédération Helvétique. Créée en 1291, celle-ci a aggloméré au cours des siècles les vingt six cantons actuels dans un des espaces démocratiques les plus anciens d’Europe (après l’ex-république de Venise), plus communément appelée la Suisse.

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- Les jardins genevois, comme ici le parc Bertrand, sont des espaces magnifiques

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- Et les manifestations internationales, ici le salon nautique, témoignent du rayonnement de Genève où siègent de nombreuses institutions mondiales (ONU, OMC, OIT, HCDH, UNHCR, OMS,….) et plus de 250 organisations non gouvernementales ou associations confessionnelles internationales (Croix Rouge, ACT, APP, ISO, YWCA, Amnesty International, COE, CARITAS, CIEL,….)

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…..ainsi que le fameux hôtel Cornavin, immortalisé par Hergé dans « L’affaire Tournesol ».

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- Le phare des Paquis marque l’entrée du port qui abrite notamment la Société Nautique de Genève, double détentrice avec Alinghi de la célébrissime Coupe de l’America, illustrant la qualité des entrepreneurs et des marins de ce pays pourtant dénué de toute côte maritime.

Et maintenant place aux fêtes de fin d'année. Début 2017, les croisières reprendront aux Antilles : alors à bientôt avec tous mes vœux de santé, de bonheur et de réussite pour tous, et nous en avons bien besoin.

mercredi 14 décembre 2016

Six mois en Europe

Les images valant souvent mieux que des textes, je vous propose une galerie des meilleurs souvenirs de cet été 2016, partagés entre Toulouse, Hyères, la Corse puis la Sardaigne, un grande balade dans les alpes du sud, et quelques visites en Suisse Romande ou en Ardèche sur les traces de souvenirs vieux de plus de 60 ans.

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Porquerolles en juin c’est le rêve

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Mais si les traines de la mousson s’invitent….

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….. il peut faire froid, au point de faire une flambée, on croit rêver, non ?

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Le beau temps revenu, les jeunes font parfois des pêches superbes…



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Une invitation sur Teimana pour une virée en Corse, ça ne se refuse pas !

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Surtout si la météo permet de pousser jusqu’en Sardaigne (ici Asinara)..

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….et de se mettre à l’abri d’un coup de vent à Stintino.

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Traversée retour depuis les iles Sanguinaires….

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…juste à temps pour arriver avant le coup d’ouest suivant, devant la Badine.

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Les gorges du Verdon sont très fréquentées en août…

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La forteresse d’Esparon sur Verdon est toujours là

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Et Forcalquier rassemble bien des trésors…

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Cloître des Cordeliers, utilisé comme centre de formation, (les veinards)

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Retour timide vers une ancienne vie à Vinon sur Verdon

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Saint Julien écrasé de soleil

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Concert des Voix Animées à l’Abbaye du Thoronet

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Jardin et château d’Entrecasteaux (privé)

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La cascade de Sillans



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Et une étape magnifique au Trois Sources (chambres d’hôtes du 12ème siècle), dans le Lubéron

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…..à Bonnieux, qui vous réconcilie avec l’existence (si vous en avez besoin)

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Traversant le Rhône, pour une escale d’altitude en Ardèche

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Retour à Hyères pour des visites bien agréables : la découverte de la SUP…..

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…..et des chocolats Islandais (une merveille)…..

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…..ou la pratique de sports violents….

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Ou simplement très chics….

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….et vraiment magnifiques, dans la rade de Toulon….

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…..A l’occasion de la manche française des AC45, sélectives pour la coupe de l’America

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Mais aussi de profiter des journées du patrimoine

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Et d’entendre l’orgue de l’église Saint Louis qui mériterait une restauration

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Genève et son célébrissime jet d’eau vu du Salève

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A 60 ans d’intervalle…. Pèlerinage à Saint Cergues, altitude 1300 m

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Le chalet des sommets est fidèle au poste, et les arbres ont grandi.

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Le lac Léman couvert de voiles

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Et un concert à la cathédrale St Pierre, haut lieu du Calvinisme genevois.

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Retour en pèlerinage dans les îles d’or, ici le manoir de Port Cros



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Et le cimetière de Porquerolles, ici la famille Fournier (anciennement propriétaire de l’île)



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Nouvelle virée en Ardèche sur les traces familiales



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Dans ce fief huguenot toujours bien vivant



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Grosse animation aux Pesquiers

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Avec le tournage d’un film « le sang des îles d’or » pour France 3

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Dont une journée à l’Aigo Lindo. P1060224_concentres.jpg

Pleine de policiers qui mènent l’enquête. La programmation de ce téléfilm est prévue au printemps 2017 sur France 3. A vos enregistreurs....

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Et une grosse tempête d’automne

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Qui laisse des traces sinistres

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Celui là n’a pas survécu

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Et celui-ci ne vaut guère mieux

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Mais le calme revient vite

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Et permet de nouvelles sorties dans les iles, ici le Mas du Langoustier

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L’escorteur désarmé et passablement rouillé qui protège le port militaire du Levant

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Et les derniers bains de l’année, le 1er novembre

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Avant la fermeture, une inspection du toit avec le drone

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Permet de découvrir une tuile cassée, et un chantier à venir.

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Retour au bercail, avec son lot de bricolages indispensables

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Ré-isolation des antiparasites Honda défectueux

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Visite à la nouvelle installation de So Cheval, impressionnante.

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Anniversaires de novembre

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Entretien du jardin

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Taille des rosiers pour leur dernière floraison

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Observation la super lune du 14 novembre 2016

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Confection de la traditionnelle Schichtorte

Avant la fin de l’année et de repartir aux Antilles début 2017, il y aura encore un voyage à Genève à l’occasion de la fête historique de l’Escalade, commémorant la victoire sur les assaillants savoyards qui prétendaient à nouveau conquérir cette place forte, en 1602. Depuis, la paix règne dans la confédération helvétique, bravo !

samedi 21 mai 2016

«Terre de blues»

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Pour trouver un peu de paix et de sérénité, rien ne vaut un mouillage isolé et tranquille, loin de l’agitation de la ville. C’est dans le petit cul de sac marin que nous les avons retrouvées, près de Goyave, dans un lagon protégé par les ilots couverts de mangrove et habité seulement par des frégates, des aigrettes, et…… des moustiques.

Puis nous avons repris le cours des choses en retournant à Pointe à Pitre, retrouver la chaleur d’une ambiance amicale, et poursuivre les petits travaux nécessaires à Dartag après plus de trois mois de croisière et presque 3000 milles.

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Après diagnostic par le fournisseur lui-même, il s’est confirmé que l’une des batteries de servitude, installée il y a à peine plus d’un an, était bel et bien défaillante. J’avais déjà dû la déconnecter pour ne pas qu’elle pourrisse les deux autres, mais cette fois je l’ai débarquée en attendant d’en trouver une de mêmes caractéristiques. Cela permettra de remettre à niveau l’autonomie électrique indispensable au confort, notamment la fabrication quotidienne des glaçons et boissons fraîches, tellement appréciables alors que la température et l’humidité diurnes progressent de nouveau en cette fin de printemps. Le soleil est maintenant vertical et bientôt il sera au nord à midi !

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Surprise, en nous installant au ponton d’accueil de la marina, nous sommes juste en face de Morskoul 5, un Super Maramu 2000 dont nous avions connu le propriétaire, Yves, aux Canaries et au Cap Vert en 2013. Il était alors équipier d’Etienne sur Fradeloma. L’autre équipier, Jean-François, viendra le rejoindre prochainement pour la traversée retour vers l’Europe, mais il doit d’abord réparer les dégâts dus à un incendie d’origine électrique qui s’est déclaré dans le compartiment moteur, lors d’une escale aux Saintes, heureusement éteint rapidement avec un extincteur à CO2. Mais il y a du boulot.

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L’évènement à ne pas manquer se situe à Marie-Galante en ce week-end de Pentecôte. Il s’agit de la 17ème édition du festival « Terre de Blues », attirant des musiciens et artistes internationaux. Toute l’ile est concernée par les animations en différents lieux, et les trois soirées principales sont organisées à l’habitation Murat à deux kilomètres de Grand Bourg, la capitale de l’ile.

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Depuis notre mouillage habituel de Saint Louis, nous avons profité du vendredi pour faire des repérages en rejoignant la capitale en bus. Un village éphémère des artisans et institutions locales était prêt à accueillir les « festivaliers », et différents groupes de danse ou de percussions locaux se produisaient sur les scènes ou estrades de la ville, parfois devant les bistrots.

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Mais les allers et retours en bus depuis Saint Louis ne pouvaient pas constituer une solution confortable pour participer à ce festival et goûter son ambiance. Poussant jusqu’au petit port de Grand Bourg, nous avons découvert, oh divine surprise, qu’il y avait deux nouveaux pontons magnifiques et presque vides, et trois voiliers au mouillage à l’extérieur.

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Dès le lendemain à l’aube, nous avons repris la mer pour essayer de nous y installer pour le week-end. Miracle, en arrivant, il restait juste une place pour Dartag. Pas d’eau ni d’électricité, mais un débarquement facile au cœur du village. Au diable les craintes (non vérifiées) de ne pas pouvoir dormir si la musique était trop forte ! A l’extérieur, il y avait déjà onze voiliers.

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Et de l’autre côté de ce même ponton, un catamaran avec un équipage de plaisanciers venus de Guadeloupe pour le festival, qui, après nous avoir aidé pour l’amarrage, nous a convié à un apéro à son bord ! Et alors là, deuxième miracle, le courant est vite passé entre nous, si bien qu’ils m’ont invité au déjeuner dans la foulée.

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De fil en aiguille, alors que ma motivation pour les grands concerts du festival n’était pas encore bien affirmée, ils m’ont décidé à y aller avec eux, profitant en même temps du transport en voiture offert par un de leurs amis, résident dans l’île.

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Arrivés un peu en retard, nous avons loupé le premier groupe, mais le deuxième était celui de Maceo Parker, un jazzman américain saxophoniste, flutiste, chanteur, danseur, imitateur extraordinaire, à la mesure de cette scène immense arrosée de sunlights, construite dans le magnifique parc de l’ancienne habitation Murat (distillerie de rhum traditionnelle), restaurée pour en faire un écomusée il y a quelques années. Parmi les milliers de spectateurs, nous nous sentions petits, et loin, mais la puissance et la qualité de la sono, plus les gigantesques écrans à haute définition disposés un peu partout permettaient de voir et d’entendre parfaitement. L’énergie des musiciens, le dynamisme des deux chanteuses solo, et la générosité du soliste étaient impressionnants. Quelle performance, qui a duré quasiment 2 heures !

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Le dernier groupe, Konshens, chanteur, danseur et deejay Jamaïcain, nous a moins enthousiasmés, mais il semblait apprécié et bien connu d’une part importante de l’assistance qui communiait véritablement avec lui par des clameurs au début de chaque morceau, dans une ambiance enfumée de hakik, comme aurait dit Coluche.

A peine rentrés à bord, vers 1h30 du matin, une grosse averse nous a fait dire que nous avions eu de la chance, et ne nous a pas empêchés de savourer la bouteille de champagne que nous avions mise au frais pour nous remettre des émotions du concert.

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Déambuler le dimanche de pentecôte à Grand Bourg, d’habitude si calme, parmi les artisans du village, et donc faire quelques emplettes, en profitant des animations musicales de groupes amateurs antillais excellents, autour de l’église ou du port, est un réel plaisir.

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Le lundi, nous sommes retournés mouiller à Saint Louis en révision du concert Blues-Rock prévu chez Henri, le très banché restaurant de la plage, bien connu des guadeloupéens. Trois groupes se sont succédés dont celui de Ladell Maclin un guitariste virtuose. La batterie était tenue par une batteuse quasiment en transes permanente, qui faisait un spectacle envoutant. L’époustouflant et hilare organiste-synthé, et elle, donnaient l’impression de se faire extrêmement plaisir dans leurs improvisations en solo qui déclenchaient des applaudissements nourris des clients et spectateurs de la plage. Un deuxième guitariste les a rejoint, renforçant le style ‘Jimmy Hendrix » du groupe.

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Il y eu aussi un groupe venu d’Anguila, dont la guitare basse était tenue par une poupée barbie noire sensationnelle, au gigantesque sourire et aux talons de 20 centimètres, et un batteur prodigieux, mais dont le visage ne traduisait pas la moindre émotion.

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Dans une telle ambiance, faire des rencontres ou connaissances est naturel. Ainsi nous nous sommes trouvés à la table d’un couple ayant pris depuis une dizaine d’années sa retraite à Marie-Galante et très heureux de ce choix, après 28 ans d’acticités professionnelles en Guadeloupe. Ils connaissent tout de ces iles et partagent volontiers leur passion.

Se remettre au calme après ces journées animées, se reposer du mouvement et des niveaux sonores élevés de ces trois jours, nous incitait à une visite en Dominique, à 22 milles au sud, où la grande et confortable baie de Portsmouth est accueillante, avec ses boat-boys parlant français.

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L’alizé fort nous y a rapidement menés et, si les puissantes rafales sur le mouillage faisaient un peu de bruit, l’éolienne en a profité pour nous fournir l’électricité en abondance. Hélas, la misère dans le village n’a pas régressé depuis notre dernière visite, au contraire.

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Le contraste avec l’opulente Guadeloupe, où un superbe speed-boat coulé depuis trois mois n’intéresse personne, est saisissant, mais l’accueil des autorités est parfait et les droits d’entrée sont plus que raisonnables. Nous y avons même trouvé un délicieux petit pavillon de courtoisie.

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C’est bientôt la fin de ce troisième séjour d’hiver aux Caraïbes, encore une fois riche de découvertes, visites, rencontres et nous allons maintenant ranger, rincer, nettoyer Dartag pour le laisser se reposer tout l’été à Pointe à Pitre avant un quatrième hiver tropical si possible.

dimanche 01 mai 2016

Les tétons de virer !!!!

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Au départ de l’ilet à Caret, c’est par l’Est, la côte au vent, que nous avons poursuivi notre route, car nous n’avons pas pu résister à l’envie de revoir Port Louis où nous étions passés avec Frédéric l’année dernière. Mais surtout, c’est le risque de faire route au moteur pendant de longues heures le long de la côte ouest de la Guadeloupe, dont les montagnes coupent l’alizé, qui nous en a dissuadés.

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L’objectif principal, après avoir doublé la Pointe de la Grande Vigie à 10 milles du départ, est de passer entre la Désirade et la Pointe des Châteaux, après une remontée au vent d’environ 24 milles. Le vent et la mer étaient, en ce jeudi, remarquablement constants et modérés, et ce louvoyage nous a pris à peine plus de temps que l’optimal prévu, soit 7 heures.

Ce fut l’occasion de renouer avec le plaisir, pendant une bonne partie du temps, de barrer à la main Dartag se frayant élégamment son chemin au plus près, avec ses voiles magnifiques entièrement déployées. Curieusement, avec ce temps idéal, nous étions absolument seuls en mer. Et puis, approchant de passage de la Désirade, nous nous sommes reposés à nouveau sur le pilote automatique, réglé à 30° du vent apparent, le temps de réchauffer le déjeuner préparé d’avance et de faire une petite sieste.

Comme on le voit sur la carte, nous devions passer la pointe des châteaux d’un seul bord. Mais la brise a très légèrement tourné vers le sud-est, et le pilote automatique, faisant parfaitement le boulot pour lequel il est payé, a dévié d’autant notre route, nous conduisant directement vers la barrière de corail à deux milles de la pointe.

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Levant le nez machinalement, pendant la lecture prenante de « Villa Triste », l’un des romans de Patrick Modiano, notre dernier prix Nobel de littérature, nous avons eu la surprise de nous trouver très près des magnifiques brisants qui, quelques minutes plus tard, n’auraient fait qu’une bouchée de Dartag et de nos rêves futurs sur la barrière de corail. Oui, comme le diraient nos amis québécois « les tétons de virer de bord », vraiment.

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Ouf, une demi-heure après, nous passions ce magnifique cap situé à l’extrémité sud-est de l’ile, avant de mettre le cap sur Marie-Galante, dans un beau rush de 2h30 à près de huit nœuds.

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Au mouillage de St Louis, quelques vérifications de routine ont permis de découvrir un problème technique que nous soupçonnions depuis la veille, car la tension des batteries était anormalement basse. Oui, l’alternateur ne produisait aucune recharge ! Allons bon, encore un « truc » à régler.

Après celui de l’odeur nauséabonde qui infestait les cabines arrière depuis quelques jours, c’est complet. J’avais découvert que l’une des boites de conserves de saucisses aux lentilles espagnoles avait explosé, répandant son contenu dans la cale et imprégnant les étiquettes en papier les autres boites. L’horreur, avec ces températures de l’été tropical qui s’approche. En 1h30 de nettoyage et de séchage, le problème était réglé, mais pas tout à fait oublié, car il a fallu trois jours pour que les odeurs disparaissent complètement.

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Le lendemain matin donc, me levant avec le jour, je m’attaquai méthodiquement à la recherche de l’origine du défaut de recharge des batteries, pour arriver à la conclusion que le répartiteur était en cause. C’est « moins pire » que si la panne venait de l’alternateur lui-même. Mais il ne faut pas laisser cela trainer, même si des solutions en « mode dégradé » sont possibles, et nous partons immédiatement pour Pointe à Pitre où nous espérons trouver la pièce avant le week-end.

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Effectivement, deux heures après notre arrivée, un nouveau répartiteur de caractéristiques identiques était en place et tout fonctionne parfaitement. Une bonne chose de faite, ce qui nous permettra de repartir, l’esprit tranquille.

En attendant, les visites aux amis et contacts locaux, les courses de ravitaillement, les formalités à la capitainerie, les mises au point et fignolages divers occupent largement notre temps. Et surtout nous redécouvrons les plaisirs d’une vraie douche, fraiche, abondante, confortable dans les sanitaires de la marina. Depuis la Rép Dom, nous n’avions pas connu cela.

Je ne crache pas sur les douches à bord de Dartag, mais il faut reconnaître que ce n’est quand même pas pareil ! D’un autre côté, prendre conscience du fait qu’on peut se contenter durablement de 3 ou 4 litres d’eau douce pour se laver ou faire vaisselle, au lieu de 30 ou 40, n’est pas forcement inutile. C’est mon côté écolo qui refait surface, et on pourrait en dire tout autant de l’énergie. Mais je ne suis peut-être pas très bien placé pour ce genre de remarque. A vous de juger ?

Il nous faudra aussi régulariser notre nouveau contrat d’assurance, et rendez-vous est pris pour cela avec notre correspondante pour lundi en fin de matinée.

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Au mouillage du Carénage où nous sommes, comme celui de l’ilet à Cochons, il y a affluence, avec une grande diversité dans les voiliers présents. On se demande quand même, pour certains, s’ils pourraient reprendre la mer à brève échéance, tant l’équipage semble avoir pris le parti de la surcharge en fourbis divers et variés de type « mouillage de longue durée ». Et encore nous ne voyons que l’extérieur, à l’intérieur qu’est-ce que cela doit être ?

Et puis la visite du grand cul de sac marin nous a donné envie de visiter son alter ego, le petit cul de sac marin où un certain nombre de mouillages sauvages doivent être possibles, le long de la côte de Basse Terre, du côté de Goyave ou Sainte Marie, en direction de l’archipel des Saintes ?

A bientôt, et ce billet n’est peut-être pas le dernier de ce troisième hiver aux Antilles car il semblerait qu’une surprise nous attende à Marie Galante pour le week-end de la pentecôte. Nous essaierons de ne pas la rater !

mercredi 27 avril 2016

Grand Cul de Sac

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White House Bay à St Kitts (ou St Christophe) est un bon abri pour laisser passer une grosse perturbation pluvio-orageuse. Nous y sommes restés quatre jours. Le bistrot installé sur la plage est accueillant et son spot Wifi ouvert nous a bien rendu service.

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Les projets de développement touristique de ce mini état souverain sont grandioses. Outre la marina toute neuve encore en construction juste à côté de notre mouillage, les opérations immobilières commencent à coloniser les falaises voisines.

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On trouve même parfois les affiches des promoteurs arrachées par des tempêtes (ou des rivaux ?), précipitées sur la plage 150 mètres plus bas. Et les constructions anciennes, même en ruines, isolées et non desservies par des routes, cherchent de nouveaux propriétaires. Il faut dire que les sites sont splendides et que la vue du coucher de soleil sur la mer des Caraïbes doit être spectaculaire.

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Nous y avons fait la connaissance d’un couple de voyageurs originaires du Pas de Calais, Serge et Frédéric, avec qui le contact est facile, les échanges intéressants et la convivialité naturelle. Ils ont vendu leur affaire de lubrifiants et vivent maintenant sur leur OVNI 39, en profitant des escales pour visiter les pays riverains et même un peu plus. Ainsi depuis le Brésil où ils sont restés plusieurs mois, ils ont pris, l’avion, le car, le bateau pour découvrir de nombreux autres pays d’Amérique du Sud avec leur sac à dos.

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Le nom de leur bateau (TSF) est un programme à lui tout seul, mais pas tout à fait celui qu’on imagine au premier abord. Ils réservent aux amis le secret de ce choix, et ne comptez donc pas sur moi pour le dévoiler, mais c’est tellement charmant qu’on aurait envie de connaître une si belle aventure.

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Finalement, le vendredi 22, une amélioration nous a permis de partir pour une grosse journée de mer jusqu’à Deshaies, à l’extrémité NW de la Guadeloupe, zappant l’escale que nous avions envisagée un moment à Montserrat. Mais elle n’a pas grand intérêt, d’après Serge et Frédérique, et il fallait profiter du vent favorable qui ne durerait pas.

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Cette île, martyrisée par son volcan dans les vingt dernières années, et que nous ne connaissons pas encore, attendra donc notre visite pour une autre année.

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L’escale de Deshaies est toujours un régal : le mouillage est sûr, les approvisionnements faciles et la connexion Internet correcte, dans un site grandiose. La fréquentation est très éclectique : depuis le mini voilier de 6 mètres, quasiment un modèle réduit, skippé par une jeune anglaise en solitaire, jusqu’au trois mats Rara Avis du père Jaouen récemment décédé à 93 ans. Son œuvre continue !

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Après une journée de repos et de grosses rafales sur le mouillage, nous avons décidé de prendre le temps de visiter le grand Cul de Sac Marin, sorte de grande baie corallienne au nord de l’île. On ne peut le faire que par très beau temps car les passes sont étroites, les cartes sont imprécises parfois même incomplètes, et il faut aimer les ilots couverts de mangrove remplie de moustiques.

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Mais le plaisir est au rendez-vous. Nous avons commencé par Sainte Rose (prononcer cente woz) petit village de pêcheurs un peu oublié. Un seul autre voilier, anglais, était là, près du petit port et un ermite vagabond avait installé son vieux catamaran en ruine entre deux massifs de mangrove. Depuis notre mouillage, nous étions invisibles, planqués entre trois ilets.

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Mais cela nous a permis de faire une petite expédition vers les ilets de Carénage dont l’un comporte une plage et les deux autres sont colonisés par des oiseaux marins.

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L’un par les frégates et l’autre par les aigrettes ; pas de mélanges s’il vous plait ! Les sternes se rassemblent plutôt sur les enrochements de la digue du port. Le répulsif et les bougies à la citronnelle nous ont permis de passer une excellente nuit.

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Le lendemain, toujours par très beau temps, nous avons longé la barrière de corail jusqu’à la passe à Caret qui permet de s’approcher du fameux « ilet à Caret », point de rendez-vous incontournable des habitants de Pointe à Pitre chaque week-end. En semaine c’est plus calme, même si les bateaux d’excursions, venant notamment de Cente Woz, y déposent quelques vacanciers pour un barbecue.

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Mais cet ilet de sable est instable, et les aléas météo lui font subir des outrages. Cette année, il a particulièrement souffert : il s’est déplacé d’environ cent mètres vers l’ouest, détruisant les abris qui y avaient été construits pour les touristes, et la belle cocoteraie a été ruinée, il ne reste que deux cocotiers rabougris et crevotant.

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Mais les couleurs sont toujours aussi belles et, sous l’eau, les massifs de corail sont en plein essor. La nuit sur place est d’un calme extraordinaire, à quelques milles de la côte illuminée. Et, ce matin, surprise, le voilier anglais de la nuit précédente à Cente Woz est venu mouiller lui aussi à proximité de l’ilet à Caret, mais en cheminant à l’intérieur du lagon : soit c’est un habitué qui connaît parfaitement les lieux, soit il a très peu de tirant d’eau.

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Dans quelques jours nous regagnerons Pointe à Pitre sans savoir encore si ce sera par l’ouest ou par l’est, sans doute après une escale à Marie Galante ou aux Saintes. Nos retrouverons les amis guadeloupéens, « lâchement abandonnés à leur triste sort » depuis plus de trois mois. Il nous restera quelques semaines pour terminer les bricolages avant le désarmement, préparer les listes pour l’hiver suivant et sans doute aussi quelques escapades proches avec ceux ou celles qui en auraient l’envie et le temps.

A bientôt avec peut-être encore un billet pour la fin de ce troisième hiver aux Antilles …….

mardi 19 avril 2016

Pétole et Pétrole

Les « voiles de St Barth » sont une belle compétition de beaux voiliers, sur un beau plan d’eau, par beau temps ! Tout est beau, à l’image de cette ile paradisiaque.

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Avec les géants de 100 pieds (30 mètres) et plus, tout en matériaux exotiques (kevlar, carbone, epoxy, nid d’abeille,… et j’en passe), il y a les grands luxueux, les moyens luxueux, les sportifs et les petits nerveux ! Tous sont armés avec des équipages nombreux, agiles et décidés à gagner leur catégorie. Environ 60 bateaux et plus de 1000 marins de tous les pays sont engagés dans cette compétition sponsorisée par les marques de luxe les plus prestigieuses.

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Le port de Gustavia est saturé, comme le mouillage extérieur, où s’installent pour la semaine certains concurrents et leurs bateaux accompagnants, transportant le matériel et servant parfois d’hôtels ou de salle de repos aux équipages. Cela semble ne gêner en rien les tortues qui traversent le mouillage très régulièrement.

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Normalement il y a quatre jours de courses séparés par un jour de repos, « day off » comme on dit dans la langue internationale pratiquée par la majorité. Cette année il y en eu deux, en raison d’une brise si faible qu’elle ne permettait pas de courir le troisième jour : après la première journée, il y a eu une « panne d’alizé » comme disent les météorologues.

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Ces deux « day off » offrirent ainsi la possibilité pour les « touristes » de profiter des plages et mouillages de l’ile ou de ses dépendances, en particulier l’île Fourchue, située à moins de trois milles, par très beau temps et calme plat, mais aussi de soirées détentes dans les restaurants de Gustavia.

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Cela n’a pas empêché un superbe spectacle, et m’a, en plus, donné l’occasion de rejoindre, avec le zodiac, les concurrents sur leur parcours pour les voir en découdre au passage d’une des marques.

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L’équipage de Sonadio, sur lequel j’avais couru cette épreuve en 2014, invité par le club de Pointe à Pitre, « Les P’tits Filous », a fait très bonne figure, remportant la deuxième place dans sa très compétitive catégorie des 40 pieds, derrière un extraterrestre venu d’Argentine sur un King40 extrêmement affuté. La régularité, la concentration et la préparation parfaite ont payé.

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La remise des prix, le samedi soir, fut suivie d’un feu d’artifice de belle qualité tiré depuis la caserne de gendarmerie qui domine le port, et les fêtards ont enchainé avec une soirée animée par un concert sur la place de la capitainerie.

Dès le lendemain dimanche, c’était la dispersion, chacun regagnant ses pénates, et nous avons aussi repris la mer, profitant d’une brise faible mais suffisante, avant une dégradation pluvio-orageuse annoncée pour la semaine.

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C’est à Statia (ou St Eustache) que nous avons fait escale. Cette île hollandaise, très prospère au 18ème siècle, avait été ruinée par une expédition anglaise commandée par l’amiral Rodney en 1781. Il devait venger l’affront fait quatre ans auparavant par ses habitants qui avaient fêté l’arrivée du premier navire de guerre américain après l’indépendance des USA.

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Aujourd’hui, les traces de cette ancienne prospérité et de la razzia des anglais sont bien visibles. L’activité économique repose essentiellement sur l’important dépôt pétrolier qui a pris le relais des activités traditionnelles. Mais il n’y a plus que moins de la moitié des habitants, dont une majorité d’esclaves, qui vivaient sur place il y a plus de deux siècles.

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En dehors de Fort Oranje et des églises juive et chrétienne (et encore !) seuls quelques rares bâtiments officiels ont été restaurés dans la ville haute. Quant à la ville basse dont les cyclones ont parachevé les destructions anglaises, elle ne comprend que quelques jolis petits hôtels au milieu des ruines d’entrepôts et d’appontements abandonnés. C’est vraiment tristounet, et la grisaille si ce n’est la pluie n’ajoutent rien au charme de cette minuscule capitale de 1500 habitants.

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Comme en plus les formalités sont tatillonnes, rendues par des fonctionnaires peu aimables, et plus chères que prévu, la probabilité pour que nous y retournions un jour est très faible.

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Nous sommes donc repartis rapidement et sans regrets avec une jolie brise de nord-est, en direction de Nevis, 35 milles plus loin sur la route de la Guadeloupe.

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En fait, devant la dégradation du temps et une grosse menace orageuse nous avons préféré écourter un peu l’étape et nous arrêter avant la nuit à l’extrémité sud de St Kitts profitant d’un beau mouillage plus abrité que celui que nous visions. Il s’appelle White House Bay et nous le partageons avec une demi-douzaine d’autres voiliers, dont un français. Sur la plage de galets, un bar-restaurant et, un peu en retrait, une villa, semblent en sommeil.

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De l’autre côté d’une sorte d’isthme, un grand étang salé a été partiellement aménagé en port pour grands yachts, dont nous voyons les superstructures. Cet aménagement immobilier futur, très ambitieux et dénommé Christophe Harbour, est pour le moment presque vide, mais il est si bien situé qu’il devrait trouver ses clients à court terme dans ces Caraïbes, véritable paradis pour le yachting.

Nous pourrons attendre ici quelques jours si nécessaire, le retour de l’alizé et du soleil pour reprendre notre route.

lundi 11 avril 2016

Escale technique

Après la déception de Cruz Bay, il n’a pas fallu attendre longtemps avant de se réconcilier avec les Iles Vierges.

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Dès la suivante, le calme et la beauté du mouillage, les promenades magnifiques à terre, l’ambiance au village, étaient à la hauteur de la réputation des BVI. Cette ile, « Jost Van Dyke », porte, selon la légende, le nom d’un pirate du 18ème siècle qui en avait fait son fief.

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Le développement touristique de cette ile s’est d’abord appuyé sur le successeur de ce pirate hollandais (non, pas le nôtre !), fondateur d’un petit restaurant sur la plage devenu progressivement un complexe commercial plus large avec vêtements, souvenirs, et même quelques chambres. L’ensemble s’appelle Foxy’s et sa fille en a ouvert un autre qui démarre à l’est de l’ile.

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Du coup les autorités ont ouvert localement un bureau pour les formalités qui a un succès fou. Elles sont simples, un peu longues en raison de la queue, mais coûtent beaucoup plus cher (40 $) qu’à notre premier passage en janvier 2016 (15 $). Le tarif a dû changer entre temps !

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Puis est venu le temps des promoteurs immobiliers dont les projets sont en construction entre deux des plus beaux sites, Great Harbour et White Bay. Ce n’est pas donné, mais la vue est à couper le souffle. Il y a aussi quelques petits cabanons plus modestes, sans doute l’œuvre d’iliens désireux de profiter de leur île une fois l’heure de la retraite venue.

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Nous sommes tellement proche des USVI que le téléphone et la 3G américaine (AT&T) sont parfaitement utilisables. C’est bien pratique car le forfait Free français bénéficie d’un pass de 35 jours de roaming offert pour l’année, qui permet d’utiliser le forfait illimité comme en métropole. Pratique pour vous envoyer un billet, mettre à jour notre blog, ou avoir des nouvelles de vive voix.

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Le beau temps de ce début avril, nous incite à poursuivre notre visite des BVI, et nous jetons notre dévolu sur Norman Island, suffisamment proche de St John pour profiter encore de la 3G. Nous y allons en louvoyant entre les autres iles par une brise parfaite et d’autres voiliers ont la même idée. Cela donne l’occasion d’une petite régate informelle où Dartag montre encore ses qualités, ridiculisant tous les autres, sauf un, un First 41 pavillon américain et solitaire, équipé de voiles magnifiques qui nous a donné une vraie leçon. Il est temps de faire un carénage soigneux de Dartag car cela ne doit pas recommencer. Les autres devaient vraiment être nuls !

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Le mouillage que nous visons s’appelle « The Bight ». Il est parfait, eau cristalline, abri excellent sur fond de sable blanc, un établissement hôtelier chic au fond avec un petit ponton, et équipé de nombreuses bouées. Nous en prenons une au hasard, recevant une heure plus tard la visite de l’hôtesse qui nous demande si nous voulons y rester pour la nuit, moyennant 30 USD. Du coup nous l’abandonnons pour aller mouiller sur notre ancre au nord de la baie, en prévision du carénage en plongée que nous prévoyons pour le lendemain.

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En deux fois une heure trente, la carène est revenue à son état « propre », malheureusement sans le narguilé dont les deux compresseurs sont tombés en panne. Vraiment pas de la qualité ces outils là, il faudra trouver mieux pour l’hiver prochain !

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Compte tenu de l’excellente météo pour les deux prochains jours, nous décidons de reprendre la mer dès le lendemain pour rejoindre directement St Martin à 90 milles. Partant avec un vent de NE 10 à 15 nœuds, c’est un peu lent dans une mer encore un peu houleuse, mais une bascule du vent au sud-est devrait nous permettre d’atteindre notre but en moins de 24 heures. En fait le vent a bien tourné un peu mais pas suffisamment, si bien que nous l’avions exactement de face.

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Du coup nous avons parcouru 140 milles en 26 heures pour arriver, mais c’était une belle traversée quand même, sans une goutte à bord, en dehors de quelques averses ! Les positions de veille du captain de jour comme de nuit, témoignent du côté relax de celle-ci, même si une petite trombe naissant sous le vent nous a surpris en approchant d’Anguila.

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A Marigot, capitale de la partie française de St Martin, il y a de nombreux commerces et shipchandlers, permettant de remettre à niveau les stocks de la cambuse, bien entamés après plus de deux mois de voyage dans des pays où les approvisionnements ne sont pas toujours faciles. Nous avons aussi pu remplacer ou acheter les bricoles qui nous faisaient défaut, par exemple pour réparer les brûleurs de la cuisinière ou remettre à neuf le barbecue, et refaire les pleins de gasoil et d’essence hors taxes. Et puis cette escale technique était aussi l’occasion de faire un grand tri et nettoyage de certaines cales, y retrouvant des pièces ou outils oubliés désormais remis à leur place logique.

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Enfin, l’annexe, dont le plancher perdait de nouveau sa pression, obligeant à la regonfler deux fois par jour, a été entièrement démontée lavée et rincée. Les réparations précédentes avaient parfaitement tenu, mais une troisième fuite s’est révélée dans le même secteur, provoquée certainement par le même hameçon des gamins qui pêchaient au bord du quai il y a deux ans, précisément à St Martin. J’espère que ma nouvelle réparation tiendra comme les autres.

Les retrouvailles avec les radios et TV françaises m’ont fait un drôle d’effet. Depuis tout ce temps, j’avais perdu l’habitude d’entendre et de voir tout le temps les mêmes voix, les mêmes têtes et les mêmes infos. Et bien non elles n’ont pas changé, elles radotent toujours de la même façon, et Yves Calvi dans C dans l’air est toujours aussi professionnel et intéressant, mais il est un peu seul !

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La semaine du 11 au 16 avril est celles des « Voiles de St Barth ». Nous serons prêts pour y participer, en spectateurs, et y retrouver l’équipe des « Petits Filous » qui m’avait invité en 2014 sur Sonadiau, leur voilier de course, alors que Dartag était encore en réparation à Pointe à Pitre. Une bien belle expérience, mais cette année la météo est plus mitigée qu’il y a deux ans.

A suivre…………….

dimanche 03 avril 2016

Du Sud au Nord

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Avant de quitter Los Roques, nous y avons fait une dernière escale, comme si nous ne devions pas y revenir. La plus belle, si c’est possible, dans le lagon de Cayo Frances d’environ un demi mille de diamètre. La magnifique barrière de corail n’a qu’une passe étroite, la protection est donc parfaite.

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Evidemment il y a du monde en ce jour de Pâques mais il y règne une certaine organisation ; il y a le coin des voiliers, face au grand large, le coin des moteurs l’arrière tourné vers la plage et le coin des pêcheurs qui ont construit des cabanes sur la partie atoll. Et les planchistes et kite-surfeurs, dont une très mignonne, s’en donnent à cœur joie. Il n’y a pas de pavillons étrangers à l’exception du notre. Ce pays est quasiment boycotté depuis que la sécurité a souffert de la pagaïe qui remonte à la fin du règne de Hugo Chavez, et son successeur Nicolas Maduro n’a rien arrangé, au contraire.

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Nous y avons retrouvé certains bateaux déjà rencontrés comme Arno, dont l’équipage francophone m’avait briefé sur les formalités vénézuéliennes. J’en ai profité pour le remercier et en discutant, j’ai découvert qu’il avait été étudiant à Nancy, dix ans après moi et que sa femme était française. Pas étonnant qu’ils soient francophones.

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La météo annonçant une accalmie dans l’alizé pour trois jours, nous avons repris la mer le lundi matin, espérant avoir une traversée directe facile, d’abord en serrant un peu le vent puis, en profitant d’une rotation annoncée au sud-est dans la deuxième partie, plus portante et confortable. C’est ce qui s’est effectivement produit, mais le vent est resté plus fort que je ne l’attendais, rendant la première journée un peu dure et arrosée.

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Au début il paraissait possible de viser les iles de l’est de Porto Rico, puis dès le deuxième jour, plutôt les Iles Vierges Américaines, notamment Saint Croix, la moins fréquentée et donc probablement la plus authentique.

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Et il fût même possible de la contourner par l’est, évitant un louvoyage d’une douzaine de milles pour atteindre la capitale Christiansted située sur la côte nord. C’est la plus grande des trois îles, peuplée de moins de 60 000 habitants. Elle fut surtout danoise après avoir été un peu anglaise, hollandaise et française, puis rachetée, avec les autres USVI, par les USA en 1917.

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Son passé colonial ressemble à celui de beaucoup des Antilles, basé sur la canne à sucre, le rhum et l’esclavage. Seule la rhumerie a survécu en achetant désormais des cannes à sucre dans les autres iles. Sur sa côte sud, l’ile accueille une des dix plus grosses raffineries de pétrole du monde, traitant essentiellement du brut vénézuélien. Le reste de l’activité est basée sur le tourisme et l’immobilier avec une ambition haut de gamme, mettant en valeur son isolement relatif dans les Caraïbes. Certaines propriétés sont somptueuses et l’aéroport international permet de les atteindre directement du monde entier.

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Pour les transports locaux vers les autres îles vierges, c’est l’hydravion qui est le plus commode compte tenu du faible nombre de clients, évitant à ces riches et exigeants touristes, les inconvénients des traversée maritimes musclées dans l’alizé et ne nécessitant quasiment pas d’infrastructures couteuses.

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Une grosse perturbation pluvio-orageuse nous a fait prolonger le séjour au mouillage me donnant l’occasion de terminer certains petits bricolages à bord, et de bien rigoler en retardant les blagues du premier avril sur Internet. Certains ont vraiment une imagination débordante et cette tradition reste bien vivante. Ce fut aussi le moment de faire un peu de cuisine.

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Et, en ce samedi matin, le beau temps étant revenu, nous avons gagné en quelques heures d’une traversée très agréable la dernière vierge américaine, celle que nous ne connaissions pas : St John. Elle fût quasi abandonnée après la fin de l’esclavage, puis rachetée par un héritier Rockefeller qui l’a offerte à l’Etat fédéral pour en faire un parc national. Elle est donc peu peuplée et ne possède que peu de routes, et pas d’aéroport.

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Sa capitale est le village de Cruz Bay dont le mouillage semble, sur la carte, et d’après notre guide, assez accueillant. Hélas en y arrivant, nous avons dû y renoncer tant il est encombré, pour mouiller à l’extérieur. Mais cela nous a permis de débarquer pour une visite et quelques courses.

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Disons le tout net, l’ensemble est vilain, disparate, bruyant, et fréquenté par une faune du même genre que beaucoup d’endroits à la mode, jeune, percée, tatouée et flambeuse. Grosse déception, d’autant plus que le ravitaillement est possible mais à des prix exorbitants.

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L’impression aussi d’être envahi par des gros 4x4 majoritairement des JEEP rutilantes de toutes les couleurs est une très mauvaise surprise. Mais attention, pas la version décapotable, non, les gros modèles entièrement fermés et climatisés. Lorsque l'une d'entre elles passe à proximité vous sentez le torrent d'air brûlant qui sort de son radiateur, une honte ! Il n’y a que cela, partout, offertes aux touristes par des dizaines de loueurs à tous les coins de rue. Malgré les petites galeries marchandes et le joli cimetière marin dominant la baie, le charme de ce village est gâché.

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Bon, vite retour à bord, mais le courant a changé et Dartag est maintenant en travers au vent dans une houle invraisemblable, rendant le mouillage inconfortable. Parmi les autres plaisanciers qui étaient là au début de l’après-midi, la plupart sont déjà partis. Il n’y a plus qu’à faire comme eux et les rejoindre un mille au nord dans une autre baie entièrement équipée de bouées. Allons-y quand même, cela parait confortable, mais l’impression de machine à sous se confirme. Alors demain matin à l’aube on cherchera mieux, sans doute du côté des British Virgin Islands voisines.

A suivre…………….

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