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dimanche 19 février 2017

Pas si fou, je Fou

Les premières navigations ont été l'occasion de nous intéresser, plus encore que par le passé, à un oiseau marin magnifique. Plus il y a de vent, plus il est à l’aise, et son comportement n’en est que plus spectaculaire dans l’alizé musclé que nous avons eu ces derniers temps.

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Le Fou de Bassan vole sans effort apparent, presque immobile, en « surfant » sur les vagues invisibles présentes dans l’air, sans doute en grande partie provoquées par les vagues de la mer elle même. Son dos et ses ailes sont sombres sur le dessus, et tout son corps est à peine moins foncé en dessous. Il est ainsi quasiment invisible du haut mais aussi de la surface de la mer et à plus forte raison de ceux qui vivent en dessous.

La présence d’un voilier est sans doute pour lui une aubaine, je pense au moins pour deux raisons.

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La première est qu’il peut profiter des turbulences crées par la coque et les voiles pour faire encore plus d’économies dans son vol. Son plané trahit à peine l’extrême réactivité de tout son corps pour transformer en énergie positive chaque rafale, chaque remous d’air et choisir avec adresse l’endroit précis où il profite le mieux de ces perturbations. Par moment il se tient presque immobile sur l’avant du bateau à un mètre de l’étrave qui plonge et remonte à chaque vague, puis il choisit de surveiller l’océan depuis la première barre de flèche. Subitement, sans raison apparente, il file vers l’arrière, passe sur l’autre bord, puis remonte au vent en rasant les vagues, juste sous des voiles, et réapparait en faisant une chandelle au- dessus du balcon avant, avant de reprendre son poste d’observation à quelques mètres au-dessus du pont.

La deuxième est qu’il sait parfaitement que les poissons volants, dérangés par l’arrivée dans leur domaine d’une coque étrangère, se demandent s’il s’agit éventuellement d’un prédateur et préfèrent le fuir en se catapultant vigoureusement hors de l’eau pour un de ces vols planés sensés les mettre hors de portée. Et alors, l’œil perçant du fou, qui n’attend que cela, lui met l’eau à la bouche. D’un piqué aussi rapide que précis, il pique, espérant gober au vol l’un de ces prétentieux qui pensaient avoir échappé à la daurade coryphène ou au thonidé supposés les poursuivre.

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Mais la vivacité et l’adresse du Fou ont des limites, d’autant plus que la victime potentielle est capable de se relancer plus loin de quelques vigoureux coups de queues sur la surface, ou de replonger avant la fin naturelle de son plané. Alors, le Fou essaie de la suivre et le piqué vertigineux du prédateur se poursuit sous l’eau, parfois à quelques mètres du bateau. Si l’agile poisson volant lui échappe, comme assez souvent, il ressort de l’eau sur l’élan de son plongeon et reprend son vol majestueux sans un coup d’aile. Ce spectacle est impressionnant et laisse sans voix devant la polyvalence et les performances de cet oiseau d’environ deux mètres d’envergure.

Mais s’il réussit son coup, il ressort de l’eau en restant à la surface, et avale sa proie dans une sorte de tressaillement de tout le corps, commençant par une extension du cou vers le haut, secouant la tête vigoureusement puis se termine par une brève agitation de la queue. Quelques secondes après, avec deux ou trois battements de ses grandes et fines ailes, il reprend son vol et son poste d’observation à quelques mètres au dessus du pont. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ait absorbé sa dose de nourriture quotidienne. Un autre vient alors le relayer jusqu’à la tombée de la nuit.

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Mais la digestion de ces volatiles est à leur image, très rapide. Alors il ne faut pas s’étonner de recevoir périodiquement quelques doses de guano sur le pont, les voiles ou même les coussins du cockpit, lorsqu’ils planent à leur poste de surveillance. Les prochains embruns ou la prochaine averse auront tôt fait de nettoyer ces salissures finalement bien modestes en comparaison du magnifique spectacle offert !

vendredi 03 février 2017

L'été en hiver

L’été en hiver, cela peut surprendre, surtout après une méchante vague de froid comme nous l’avons connue cette année, qui m'a fait péter deux tuyaux d’eau dans la maison. Un comble à Toulouse, cela ne s’était pas produit depuis au moins dix ans. Heureusement une petite fée et un grand génie sont intervenus pour limiter les inondations et rétablir la situation.

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Bref, j’ai repris le chemin des Antilles à mi-janvier pour un nouvel hiver au chaud.

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Et la chaleur surprend un peu quand on doit effectuer des travaux de force sous un soleil de plomb. Dartag avait besoin d’une grosse cure de remise en forme après pratiquement huit mois immobile dans son lagon qui ont permis aux huitres et aux moules de le coloniser goulûment.

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En une bonne semaine le plus gros était fait, sur l’aire de carénage, et la remise à l’eau a été un vrai bonheur. Deux jours au ponton pour fignoler la propreté, embarquer les voiles et annexes révisées, refaire tous les pleins, d’eau, de vivres, de carburant, dire au revoir aux amis et hop, en mer !

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Par prudence le premier soir au mouillage, nous n’étions pas loin, juste pour pouvoir revenir vite fait, si j’avais malencontreusement oublié quelque chose d’important. Mais ce fut l’occasion du premier bain de mer de l’année, dans une eau à 28°. Il y a pire comme punition !

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Et le lendemain, appareillage pour Marie Galante, une escale incontournable sur la route du sud. La plage sauvage qui s’étend devant la distillerie Poisson (qui fabrique le fameux rhum Labat 59°), est déserte et bordée de cocotiers. Le plus proche voilier au mouillage est à peine visible, à plus d’un mille. Le calme est véritablement assourdissant après le tumulte de Point à Pitre et ses claqueurs de fouets qui préparent bruyamment le carnaval.

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Pour arriver de jour en Martinique, distante de 125 milles, il me fallait partir tôt. Nous avons donc levé l’ancre juste après minuit ce vendredi 27 janvier, profitant d’un alizé léger mais suffisant pour bien avancer.

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Il s’est renforcé régulièrement dans la journée au point de nous propulser gaillardement jusqu’à Ste Anne où nous arrivâmes même avant l’heure du thé, rafraichi par une ou deux averses et autant d’arcs en ciel.

Quelques coups de fil sont nécessaires pour vérifier la présence des amis voileux, sur place pour certains, arranger les retrouvailles pendant ce dernier week-end de janvier, préparer le programme technique de la semaine suivante, et surtout fêter le 5éme anniversaire d’Aurélien.

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Mais Dartag a encore besoin de quelques bricolages pour améliorer son confort et sa sécurité avant la dure saison de croisière qui l’attend jusqu’au mois de juin.

La nouveauté de 2017 est un boitier AIS (Automatic Identification Service) qu’il faut installer et configurer. Ce dispositif radio permet d’envoyer à tous les autres navires des renseignements basiques (nom et caractéristiques sommaires du navire, vitesse, cap,..) et de recevoir les leurs, en les faisant apparaître sur l’écran de navigation. Bien qu’il ne soit obligatoire que pour les navires de plus de 20 mètres, la plupart des voiliers en sont équipés et cela apporte un supplément de sécurité notamment dans la prévention des abordages.

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En plus ce système mondial alimente une base de données en temps réel, consultable sur Internet gratuitement, il suffit de chercher le nom du navire et, si son AIS est actif, il apparait sur une carte. Marrant non ? Cela dit, je pense que les douaniers et administrations diverses et variées de tous les pays s’en servent aussi pour contrôler les trafics. Big Brother et Big Data sont à l’œuvre.

Comme beaucoup de systèmes technologiques et informatiques, il faut être spécialiste pour l’installer et, bien que pas tout à fait ignare, j’ai du me déclarer impuissant pour certaines fonctionnalités au point d’avoir recours à un professionnel, heureusement disponible dans cette grande marina de Martinique. Au prix d’une utile mise à jour tout est opérationnel.

La panne du sondeur de secours est un autre petit problème, heureusement le sondeur principal est en pleine forme. C’est bien, car naviguer sans sondeur dans les coraux équivaut à donner un pistolet chargé à un équipier ivrogne et susceptible ! L’explosion de l’un des freins de barre en est un autre, et à défaut d’en trouver un neuf, une réparation à l’Araldite devrait faire l’affaire.

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Et cette première traversée de nuit a révélé que l’éclairage d’un des compas de route était HS et le deuxième ne marchait qu’à moitié. Eh oui, le bateau a l’âge de ses artères et il faut s’en occuper. Les minuscules ampoules nécessaires étaient disponibles chez le shipchandler de la marina, mais il fallait trouver le moyen de démonter ces deux compas pour les remplacer. Trois heures furent nécessaires pour ne rien casser en démontant le premier, et dix minutes suffirent pour le deuxième. Comme quoi l’expérience paie, et ce n’est pas la première fois que je le constate, scrogneugneu !

Bon, et maintenant nous allons reprendre la mer. La semaine prochaine pour retrouver et supporter les P’tits Filous qui sont inscrits à la « Round Martinique Regata 2017 » et la semaine suivante pour accueillir Nicole qui partagera cet hiver au soleil et dans l’alizé, et vous aurez des nouvelles bientôt. Nous aurons aussi d’autres équipiers (au moins un) plus tard dans la saison.

vendredi 23 décembre 2016

L'Escalade des voeux

Nous voici à Genève pour la troisième fois cette année. Cette belle ville très internationale est ancrée dans une tradition historique nettement marquée par le calvinisme.

Elle a été surnommée la Rome protestante, ayant accueilli dès le seizième siècle les huguenots français fuyant l'intolérance et les massacres dans leur pays, emportant avec eux leurs savoirs faire, leurs entreprises (en particulier l’horlogerie franc-comtoise qui est devenue et reste aujourd’hui l'un des fleurons de l’industrie et du luxe Suisse) et leurs banques notamment.

Elle a su se projeter dans l’avenir avec des activités équilibrées entre l’agriculture, l’industrie, les services ou la diplomatie, qui font sa réputation mondiale. Nous allons vous faire partager quelques aspects bien fragmentaires de notre dernière visite.

- Voici le texte d’introduction du dossier de presse annonçant les festivités de la 414ème fête de l’Escalade, début décembre, moment intense de la vie genevoise.

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- La proclamation suivante, répétée d’une voix forte à tous les points stratégiques du défilé exprime l’héroïsme et la fierté des vainqueurs (photos prises lors de la commémoration 2016) :

« Cette année là (1602 après JC), dans la nuit du 11 au 12 décembre, Charles Emmanuel, duc de Savoie, dont l’ambition ne connaît pas de limites, fait marcher son armée contre Genève. Il veut prendre la ville par surprise pour en extirper l’hérésie avant de l’élever au rang de capitale de ses Etats en deçà des monts.

DSC_0193_torche.JPG Peu après minuit, l’armée savoyarde, forte de plus de deux mille hommes bien équipés, est stationnée à Plainpalais. Un groupe important s’en détache, arrive au pied de la muraille, dresse ses échelles et commence à monter sans être découvert. L’invasion de la cité, dans laquelle tout dort, a commencé.

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Lecteur vidéo intégré

Elle sera brusquement interrompue par une ronde sortie du poste de la Monnaie qui surprend les assaillants. Dans la mêlée qui s’en suit, une sentinelle lâche son coup d’arquebuse contre ceux-ci. L’alarme est donnée ! Le tocsin retentit du haut de la cathédrale, bientôt suivi par les cloches de tous les temples de la Ville.

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Tirés de leur sommeil, les habitants courent aux armes ! Rapidement c’est le peuple tout entier qui se défend. En bien des lieux les combats sont acharnés et ponctués de nombreux actes héroïques. Le canon tonne, les savoyards repoussés s’enfuient à toutes jambes.

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Au matin, les genevois qui ont perdu dix-huit des leurs se rendent dans les temples pour y louer la divine providence qui leur a permis d’échapper à ce grand péril. »

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- C’est la fin des guerres de religions. La vie reprend, et ce fut l’ultime tentative des savoyards qui seront, deux siècles et demi après, au moment de l’unité italienne, intégrés à la France.

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- Depuis plus de 400 ans, Genève vit quasiment en paix au bord du lac, hormis de rares troubles et au moment de la révolution française puis de Napoléon 1er. Elle réintègre en 1815 avec deux autres cantons francophones la Confédération Helvétique. Créée en 1291, celle-ci a aggloméré au cours des siècles les vingt six cantons actuels dans un des espaces démocratiques les plus anciens d’Europe (après l’ex-république de Venise), plus communément appelée la Suisse.

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- Les jardins genevois, comme ici le parc Bertrand, sont des espaces magnifiques

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- Et les manifestations internationales, ici le salon nautique, témoignent du rayonnement de Genève où siègent de nombreuses institutions mondiales (ONU, OMC, OIT, HCDH, UNHCR, OMS,….) et plus de 250 organisations non gouvernementales ou associations confessionnelles internationales (Croix Rouge, ACT, APP, ISO, YWCA, Amnesty International, COE, CARITAS, CIEL,….)

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…..ainsi que le fameux hôtel Cornavin, immortalisé par Hergé dans « L’affaire Tournesol ».

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- Le phare des Paquis marque l’entrée du port qui abrite notamment la Société Nautique de Genève, double détentrice avec Alinghi de la célébrissime Coupe de l’America, illustrant la qualité des entrepreneurs et des marins de ce pays pourtant dénué de toute côte maritime.

Et maintenant place aux fêtes de fin d'année. Début 2017, les croisières reprendront aux Antilles : alors à bientôt avec tous mes vœux de santé, de bonheur et de réussite pour tous, et nous en avons bien besoin.

mercredi 14 décembre 2016

Six mois en Europe

Les images valant souvent mieux que des textes, je vous propose une galerie des meilleurs souvenirs de cet été 2016, partagés entre Toulouse, Hyères, la Corse puis la Sardaigne, un grande balade dans les alpes du sud, et quelques visites en Suisse Romande ou en Ardèche sur les traces de souvenirs vieux de plus de 60 ans.

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Porquerolles en juin c’est le rêve

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Mais si les traines de la mousson s’invitent….

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….. il peut faire froid, au point de faire une flambée, on croit rêver, non ?

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Le beau temps revenu, les jeunes font parfois des pêches superbes…



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Une invitation sur Teimana pour une virée en Corse, ça ne se refuse pas !

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Surtout si la météo permet de pousser jusqu’en Sardaigne (ici Asinara)..

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….et de se mettre à l’abri d’un coup de vent à Stintino.

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Traversée retour depuis les iles Sanguinaires….

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…juste à temps pour arriver avant le coup d’ouest suivant, devant la Badine.

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Les gorges du Verdon sont très fréquentées en août…

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La forteresse d’Esparon sur Verdon est toujours là

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Et Forcalquier rassemble bien des trésors…

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Cloître des Cordeliers, utilisé comme centre de formation, (les veinards)

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Retour timide vers une ancienne vie à Vinon sur Verdon

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Saint Julien écrasé de soleil

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Concert des Voix Animées à l’Abbaye du Thoronet

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Jardin et château d’Entrecasteaux (privé)

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La cascade de Sillans



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Et une étape magnifique au Trois Sources (chambres d’hôtes du 12ème siècle), dans le Lubéron

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…..à Bonnieux, qui vous réconcilie avec l’existence (si vous en avez besoin)

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Traversant le Rhône, pour une escale d’altitude en Ardèche

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Retour à Hyères pour des visites bien agréables : la découverte de la SUP…..

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…..et des chocolats Islandais (une merveille)…..

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…..ou la pratique de sports violents….

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Ou simplement très chics….

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….et vraiment magnifiques, dans la rade de Toulon….

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…..A l’occasion de la manche française des AC45, sélectives pour la coupe de l’America

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Mais aussi de profiter des journées du patrimoine

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Et d’entendre l’orgue de l’église Saint Louis qui mériterait une restauration

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Genève et son célébrissime jet d’eau vu du Salève

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A 60 ans d’intervalle…. Pèlerinage à Saint Cergues, altitude 1300 m

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Le chalet des sommets est fidèle au poste, et les arbres ont grandi.

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Le lac Léman couvert de voiles

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Et un concert à la cathédrale St Pierre, haut lieu du Calvinisme genevois.

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Retour en pèlerinage dans les îles d’or, ici le manoir de Port Cros



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Et le cimetière de Porquerolles, ici la famille Fournier (anciennement propriétaire de l’île)



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Nouvelle virée en Ardèche sur les traces familiales



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Dans ce fief huguenot toujours bien vivant



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Grosse animation aux Pesquiers

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Avec le tournage d’un film « le sang des îles d’or » pour France 3

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Dont une journée à l’Aigo Lindo. P1060224_concentres.jpg

Pleine de policiers qui mènent l’enquête. La programmation de ce téléfilm est prévue au printemps 2017 sur France 3. A vos enregistreurs....

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Et une grosse tempête d’automne

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Qui laisse des traces sinistres

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Celui là n’a pas survécu

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Et celui-ci ne vaut guère mieux

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Mais le calme revient vite

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Et permet de nouvelles sorties dans les iles, ici le Mas du Langoustier

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L’escorteur désarmé et passablement rouillé qui protège le port militaire du Levant

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Et les derniers bains de l’année, le 1er novembre

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Avant la fermeture, une inspection du toit avec le drone

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Permet de découvrir une tuile cassée, et un chantier à venir.

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Retour au bercail, avec son lot de bricolages indispensables

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Ré-isolation des antiparasites Honda défectueux

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Visite à la nouvelle installation de So Cheval, impressionnante.

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Anniversaires de novembre

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Entretien du jardin

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Taille des rosiers pour leur dernière floraison

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Observation la super lune du 14 novembre 2016

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Confection de la traditionnelle Schichtorte

Avant la fin de l’année et de repartir aux Antilles début 2017, il y aura encore un voyage à Genève à l’occasion de la fête historique de l’Escalade, commémorant la victoire sur les assaillants savoyards qui prétendaient à nouveau conquérir cette place forte, en 1602. Depuis, la paix règne dans la confédération helvétique, bravo !

samedi 21 mai 2016

«Terre de blues»

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Pour trouver un peu de paix et de sérénité, rien ne vaut un mouillage isolé et tranquille, loin de l’agitation de la ville. C’est dans le petit cul de sac marin que nous les avons retrouvées, près de Goyave, dans un lagon protégé par les ilots couverts de mangrove et habité seulement par des frégates, des aigrettes, et…… des moustiques.

Puis nous avons repris le cours des choses en retournant à Pointe à Pitre, retrouver la chaleur d’une ambiance amicale, et poursuivre les petits travaux nécessaires à Dartag après plus de trois mois de croisière et presque 3000 milles.

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Après diagnostic par le fournisseur lui-même, il s’est confirmé que l’une des batteries de servitude, installée il y a à peine plus d’un an, était bel et bien défaillante. J’avais déjà dû la déconnecter pour ne pas qu’elle pourrisse les deux autres, mais cette fois je l’ai débarquée en attendant d’en trouver une de mêmes caractéristiques. Cela permettra de remettre à niveau l’autonomie électrique indispensable au confort, notamment la fabrication quotidienne des glaçons et boissons fraîches, tellement appréciables alors que la température et l’humidité diurnes progressent de nouveau en cette fin de printemps. Le soleil est maintenant vertical et bientôt il sera au nord à midi !

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Surprise, en nous installant au ponton d’accueil de la marina, nous sommes juste en face de Morskoul 5, un Super Maramu 2000 dont nous avions connu le propriétaire, Yves, aux Canaries et au Cap Vert en 2013. Il était alors équipier d’Etienne sur Fradeloma. L’autre équipier, Jean-François, viendra le rejoindre prochainement pour la traversée retour vers l’Europe, mais il doit d’abord réparer les dégâts dus à un incendie d’origine électrique qui s’est déclaré dans le compartiment moteur, lors d’une escale aux Saintes, heureusement éteint rapidement avec un extincteur à CO2. Mais il y a du boulot.

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L’évènement à ne pas manquer se situe à Marie-Galante en ce week-end de Pentecôte. Il s’agit de la 17ème édition du festival « Terre de Blues », attirant des musiciens et artistes internationaux. Toute l’ile est concernée par les animations en différents lieux, et les trois soirées principales sont organisées à l’habitation Murat à deux kilomètres de Grand Bourg, la capitale de l’ile.

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Depuis notre mouillage habituel de Saint Louis, nous avons profité du vendredi pour faire des repérages en rejoignant la capitale en bus. Un village éphémère des artisans et institutions locales était prêt à accueillir les « festivaliers », et différents groupes de danse ou de percussions locaux se produisaient sur les scènes ou estrades de la ville, parfois devant les bistrots.

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Mais les allers et retours en bus depuis Saint Louis ne pouvaient pas constituer une solution confortable pour participer à ce festival et goûter son ambiance. Poussant jusqu’au petit port de Grand Bourg, nous avons découvert, oh divine surprise, qu’il y avait deux nouveaux pontons magnifiques et presque vides, et trois voiliers au mouillage à l’extérieur.

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Dès le lendemain à l’aube, nous avons repris la mer pour essayer de nous y installer pour le week-end. Miracle, en arrivant, il restait juste une place pour Dartag. Pas d’eau ni d’électricité, mais un débarquement facile au cœur du village. Au diable les craintes (non vérifiées) de ne pas pouvoir dormir si la musique était trop forte ! A l’extérieur, il y avait déjà onze voiliers.

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Et de l’autre côté de ce même ponton, un catamaran avec un équipage de plaisanciers venus de Guadeloupe pour le festival, qui, après nous avoir aidé pour l’amarrage, nous a convié à un apéro à son bord ! Et alors là, deuxième miracle, le courant est vite passé entre nous, si bien qu’ils m’ont invité au déjeuner dans la foulée.

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De fil en aiguille, alors que ma motivation pour les grands concerts du festival n’était pas encore bien affirmée, ils m’ont décidé à y aller avec eux, profitant en même temps du transport en voiture offert par un de leurs amis, résident dans l’île.

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Arrivés un peu en retard, nous avons loupé le premier groupe, mais le deuxième était celui de Maceo Parker, un jazzman américain saxophoniste, flutiste, chanteur, danseur, imitateur extraordinaire, à la mesure de cette scène immense arrosée de sunlights, construite dans le magnifique parc de l’ancienne habitation Murat (distillerie de rhum traditionnelle), restaurée pour en faire un écomusée il y a quelques années. Parmi les milliers de spectateurs, nous nous sentions petits, et loin, mais la puissance et la qualité de la sono, plus les gigantesques écrans à haute définition disposés un peu partout permettaient de voir et d’entendre parfaitement. L’énergie des musiciens, le dynamisme des deux chanteuses solo, et la générosité du soliste étaient impressionnants. Quelle performance, qui a duré quasiment 2 heures !

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Le dernier groupe, Konshens, chanteur, danseur et deejay Jamaïcain, nous a moins enthousiasmés, mais il semblait apprécié et bien connu d’une part importante de l’assistance qui communiait véritablement avec lui par des clameurs au début de chaque morceau, dans une ambiance enfumée de hakik, comme aurait dit Coluche.

A peine rentrés à bord, vers 1h30 du matin, une grosse averse nous a fait dire que nous avions eu de la chance, et ne nous a pas empêchés de savourer la bouteille de champagne que nous avions mise au frais pour nous remettre des émotions du concert.

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Déambuler le dimanche de pentecôte à Grand Bourg, d’habitude si calme, parmi les artisans du village, et donc faire quelques emplettes, en profitant des animations musicales de groupes amateurs antillais excellents, autour de l’église ou du port, est un réel plaisir.

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Le lundi, nous sommes retournés mouiller à Saint Louis en révision du concert Blues-Rock prévu chez Henri, le très banché restaurant de la plage, bien connu des guadeloupéens. Trois groupes se sont succédés dont celui de Ladell Maclin un guitariste virtuose. La batterie était tenue par une batteuse quasiment en transes permanente, qui faisait un spectacle envoutant. L’époustouflant et hilare organiste-synthé, et elle, donnaient l’impression de se faire extrêmement plaisir dans leurs improvisations en solo qui déclenchaient des applaudissements nourris des clients et spectateurs de la plage. Un deuxième guitariste les a rejoint, renforçant le style ‘Jimmy Hendrix » du groupe.

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Il y eu aussi un groupe venu d’Anguila, dont la guitare basse était tenue par une poupée barbie noire sensationnelle, au gigantesque sourire et aux talons de 20 centimètres, et un batteur prodigieux, mais dont le visage ne traduisait pas la moindre émotion.

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Dans une telle ambiance, faire des rencontres ou connaissances est naturel. Ainsi nous nous sommes trouvés à la table d’un couple ayant pris depuis une dizaine d’années sa retraite à Marie-Galante et très heureux de ce choix, après 28 ans d’acticités professionnelles en Guadeloupe. Ils connaissent tout de ces iles et partagent volontiers leur passion.

Se remettre au calme après ces journées animées, se reposer du mouvement et des niveaux sonores élevés de ces trois jours, nous incitait à une visite en Dominique, à 22 milles au sud, où la grande et confortable baie de Portsmouth est accueillante, avec ses boat-boys parlant français.

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L’alizé fort nous y a rapidement menés et, si les puissantes rafales sur le mouillage faisaient un peu de bruit, l’éolienne en a profité pour nous fournir l’électricité en abondance. Hélas, la misère dans le village n’a pas régressé depuis notre dernière visite, au contraire.

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Le contraste avec l’opulente Guadeloupe, où un superbe speed-boat coulé depuis trois mois n’intéresse personne, est saisissant, mais l’accueil des autorités est parfait et les droits d’entrée sont plus que raisonnables. Nous y avons même trouvé un délicieux petit pavillon de courtoisie.

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C’est bientôt la fin de ce troisième séjour d’hiver aux Caraïbes, encore une fois riche de découvertes, visites, rencontres et nous allons maintenant ranger, rincer, nettoyer Dartag pour le laisser se reposer tout l’été à Pointe à Pitre avant un quatrième hiver tropical si possible.

dimanche 01 mai 2016

Les tétons de virer !!!!

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Au départ de l’ilet à Caret, c’est par l’Est, la côte au vent, que nous avons poursuivi notre route, car nous n’avons pas pu résister à l’envie de revoir Port Louis où nous étions passés avec Frédéric l’année dernière. Mais surtout, c’est le risque de faire route au moteur pendant de longues heures le long de la côte ouest de la Guadeloupe, dont les montagnes coupent l’alizé, qui nous en a dissuadés.

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L’objectif principal, après avoir doublé la Pointe de la Grande Vigie à 10 milles du départ, est de passer entre la Désirade et la Pointe des Châteaux, après une remontée au vent d’environ 24 milles. Le vent et la mer étaient, en ce jeudi, remarquablement constants et modérés, et ce louvoyage nous a pris à peine plus de temps que l’optimal prévu, soit 7 heures.

Ce fut l’occasion de renouer avec le plaisir, pendant une bonne partie du temps, de barrer à la main Dartag se frayant élégamment son chemin au plus près, avec ses voiles magnifiques entièrement déployées. Curieusement, avec ce temps idéal, nous étions absolument seuls en mer. Et puis, approchant de passage de la Désirade, nous nous sommes reposés à nouveau sur le pilote automatique, réglé à 30° du vent apparent, le temps de réchauffer le déjeuner préparé d’avance et de faire une petite sieste.

Comme on le voit sur la carte, nous devions passer la pointe des châteaux d’un seul bord. Mais la brise a très légèrement tourné vers le sud-est, et le pilote automatique, faisant parfaitement le boulot pour lequel il est payé, a dévié d’autant notre route, nous conduisant directement vers la barrière de corail à deux milles de la pointe.

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Levant le nez machinalement, pendant la lecture prenante de « Villa Triste », l’un des romans de Patrick Modiano, notre dernier prix Nobel de littérature, nous avons eu la surprise de nous trouver très près des magnifiques brisants qui, quelques minutes plus tard, n’auraient fait qu’une bouchée de Dartag et de nos rêves futurs sur la barrière de corail. Oui, comme le diraient nos amis québécois « les tétons de virer de bord », vraiment.

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Ouf, une demi-heure après, nous passions ce magnifique cap situé à l’extrémité sud-est de l’ile, avant de mettre le cap sur Marie-Galante, dans un beau rush de 2h30 à près de huit nœuds.

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Au mouillage de St Louis, quelques vérifications de routine ont permis de découvrir un problème technique que nous soupçonnions depuis la veille, car la tension des batteries était anormalement basse. Oui, l’alternateur ne produisait aucune recharge ! Allons bon, encore un « truc » à régler.

Après celui de l’odeur nauséabonde qui infestait les cabines arrière depuis quelques jours, c’est complet. J’avais découvert que l’une des boites de conserves de saucisses aux lentilles espagnoles avait explosé, répandant son contenu dans la cale et imprégnant les étiquettes en papier les autres boites. L’horreur, avec ces températures de l’été tropical qui s’approche. En 1h30 de nettoyage et de séchage, le problème était réglé, mais pas tout à fait oublié, car il a fallu trois jours pour que les odeurs disparaissent complètement.

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Le lendemain matin donc, me levant avec le jour, je m’attaquai méthodiquement à la recherche de l’origine du défaut de recharge des batteries, pour arriver à la conclusion que le répartiteur était en cause. C’est « moins pire » que si la panne venait de l’alternateur lui-même. Mais il ne faut pas laisser cela trainer, même si des solutions en « mode dégradé » sont possibles, et nous partons immédiatement pour Pointe à Pitre où nous espérons trouver la pièce avant le week-end.

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Effectivement, deux heures après notre arrivée, un nouveau répartiteur de caractéristiques identiques était en place et tout fonctionne parfaitement. Une bonne chose de faite, ce qui nous permettra de repartir, l’esprit tranquille.

En attendant, les visites aux amis et contacts locaux, les courses de ravitaillement, les formalités à la capitainerie, les mises au point et fignolages divers occupent largement notre temps. Et surtout nous redécouvrons les plaisirs d’une vraie douche, fraiche, abondante, confortable dans les sanitaires de la marina. Depuis la Rép Dom, nous n’avions pas connu cela.

Je ne crache pas sur les douches à bord de Dartag, mais il faut reconnaître que ce n’est quand même pas pareil ! D’un autre côté, prendre conscience du fait qu’on peut se contenter durablement de 3 ou 4 litres d’eau douce pour se laver ou faire vaisselle, au lieu de 30 ou 40, n’est pas forcement inutile. C’est mon côté écolo qui refait surface, et on pourrait en dire tout autant de l’énergie. Mais je ne suis peut-être pas très bien placé pour ce genre de remarque. A vous de juger ?

Il nous faudra aussi régulariser notre nouveau contrat d’assurance, et rendez-vous est pris pour cela avec notre correspondante pour lundi en fin de matinée.

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Au mouillage du Carénage où nous sommes, comme celui de l’ilet à Cochons, il y a affluence, avec une grande diversité dans les voiliers présents. On se demande quand même, pour certains, s’ils pourraient reprendre la mer à brève échéance, tant l’équipage semble avoir pris le parti de la surcharge en fourbis divers et variés de type « mouillage de longue durée ». Et encore nous ne voyons que l’extérieur, à l’intérieur qu’est-ce que cela doit être ?

Et puis la visite du grand cul de sac marin nous a donné envie de visiter son alter ego, le petit cul de sac marin où un certain nombre de mouillages sauvages doivent être possibles, le long de la côte de Basse Terre, du côté de Goyave ou Sainte Marie, en direction de l’archipel des Saintes ?

A bientôt, et ce billet n’est peut-être pas le dernier de ce troisième hiver aux Antilles car il semblerait qu’une surprise nous attende à Marie Galante pour le week-end de la pentecôte. Nous essaierons de ne pas la rater !

mercredi 27 avril 2016

Grand Cul de Sac

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White House Bay à St Kitts (ou St Christophe) est un bon abri pour laisser passer une grosse perturbation pluvio-orageuse. Nous y sommes restés quatre jours. Le bistrot installé sur la plage est accueillant et son spot Wifi ouvert nous a bien rendu service.

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Les projets de développement touristique de ce mini état souverain sont grandioses. Outre la marina toute neuve encore en construction juste à côté de notre mouillage, les opérations immobilières commencent à coloniser les falaises voisines.

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On trouve même parfois les affiches des promoteurs arrachées par des tempêtes (ou des rivaux ?), précipitées sur la plage 150 mètres plus bas. Et les constructions anciennes, même en ruines, isolées et non desservies par des routes, cherchent de nouveaux propriétaires. Il faut dire que les sites sont splendides et que la vue du coucher de soleil sur la mer des Caraïbes doit être spectaculaire.

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Nous y avons fait la connaissance d’un couple de voyageurs originaires du Pas de Calais, Serge et Frédéric, avec qui le contact est facile, les échanges intéressants et la convivialité naturelle. Ils ont vendu leur affaire de lubrifiants et vivent maintenant sur leur OVNI 39, en profitant des escales pour visiter les pays riverains et même un peu plus. Ainsi depuis le Brésil où ils sont restés plusieurs mois, ils ont pris, l’avion, le car, le bateau pour découvrir de nombreux autres pays d’Amérique du Sud avec leur sac à dos.

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Le nom de leur bateau (TSF) est un programme à lui tout seul, mais pas tout à fait celui qu’on imagine au premier abord. Ils réservent aux amis le secret de ce choix, et ne comptez donc pas sur moi pour le dévoiler, mais c’est tellement charmant qu’on aurait envie de connaître une si belle aventure.

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Finalement, le vendredi 22, une amélioration nous a permis de partir pour une grosse journée de mer jusqu’à Deshaies, à l’extrémité NW de la Guadeloupe, zappant l’escale que nous avions envisagée un moment à Montserrat. Mais elle n’a pas grand intérêt, d’après Serge et Frédérique, et il fallait profiter du vent favorable qui ne durerait pas.

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Cette île, martyrisée par son volcan dans les vingt dernières années, et que nous ne connaissons pas encore, attendra donc notre visite pour une autre année.

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L’escale de Deshaies est toujours un régal : le mouillage est sûr, les approvisionnements faciles et la connexion Internet correcte, dans un site grandiose. La fréquentation est très éclectique : depuis le mini voilier de 6 mètres, quasiment un modèle réduit, skippé par une jeune anglaise en solitaire, jusqu’au trois mats Rara Avis du père Jaouen récemment décédé à 93 ans. Son œuvre continue !

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Après une journée de repos et de grosses rafales sur le mouillage, nous avons décidé de prendre le temps de visiter le grand Cul de Sac Marin, sorte de grande baie corallienne au nord de l’île. On ne peut le faire que par très beau temps car les passes sont étroites, les cartes sont imprécises parfois même incomplètes, et il faut aimer les ilots couverts de mangrove remplie de moustiques.

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Mais le plaisir est au rendez-vous. Nous avons commencé par Sainte Rose (prononcer cente woz) petit village de pêcheurs un peu oublié. Un seul autre voilier, anglais, était là, près du petit port et un ermite vagabond avait installé son vieux catamaran en ruine entre deux massifs de mangrove. Depuis notre mouillage, nous étions invisibles, planqués entre trois ilets.

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Mais cela nous a permis de faire une petite expédition vers les ilets de Carénage dont l’un comporte une plage et les deux autres sont colonisés par des oiseaux marins.

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L’un par les frégates et l’autre par les aigrettes ; pas de mélanges s’il vous plait ! Les sternes se rassemblent plutôt sur les enrochements de la digue du port. Le répulsif et les bougies à la citronnelle nous ont permis de passer une excellente nuit.

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Le lendemain, toujours par très beau temps, nous avons longé la barrière de corail jusqu’à la passe à Caret qui permet de s’approcher du fameux « ilet à Caret », point de rendez-vous incontournable des habitants de Pointe à Pitre chaque week-end. En semaine c’est plus calme, même si les bateaux d’excursions, venant notamment de Cente Woz, y déposent quelques vacanciers pour un barbecue.

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Mais cet ilet de sable est instable, et les aléas météo lui font subir des outrages. Cette année, il a particulièrement souffert : il s’est déplacé d’environ cent mètres vers l’ouest, détruisant les abris qui y avaient été construits pour les touristes, et la belle cocoteraie a été ruinée, il ne reste que deux cocotiers rabougris et crevotant.

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Mais les couleurs sont toujours aussi belles et, sous l’eau, les massifs de corail sont en plein essor. La nuit sur place est d’un calme extraordinaire, à quelques milles de la côte illuminée. Et, ce matin, surprise, le voilier anglais de la nuit précédente à Cente Woz est venu mouiller lui aussi à proximité de l’ilet à Caret, mais en cheminant à l’intérieur du lagon : soit c’est un habitué qui connaît parfaitement les lieux, soit il a très peu de tirant d’eau.

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Dans quelques jours nous regagnerons Pointe à Pitre sans savoir encore si ce sera par l’ouest ou par l’est, sans doute après une escale à Marie Galante ou aux Saintes. Nos retrouverons les amis guadeloupéens, « lâchement abandonnés à leur triste sort » depuis plus de trois mois. Il nous restera quelques semaines pour terminer les bricolages avant le désarmement, préparer les listes pour l’hiver suivant et sans doute aussi quelques escapades proches avec ceux ou celles qui en auraient l’envie et le temps.

A bientôt avec peut-être encore un billet pour la fin de ce troisième hiver aux Antilles …….

mardi 19 avril 2016

Pétole et Pétrole

Les « voiles de St Barth » sont une belle compétition de beaux voiliers, sur un beau plan d’eau, par beau temps ! Tout est beau, à l’image de cette ile paradisiaque.

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Avec les géants de 100 pieds (30 mètres) et plus, tout en matériaux exotiques (kevlar, carbone, epoxy, nid d’abeille,… et j’en passe), il y a les grands luxueux, les moyens luxueux, les sportifs et les petits nerveux ! Tous sont armés avec des équipages nombreux, agiles et décidés à gagner leur catégorie. Environ 60 bateaux et plus de 1000 marins de tous les pays sont engagés dans cette compétition sponsorisée par les marques de luxe les plus prestigieuses.

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Le port de Gustavia est saturé, comme le mouillage extérieur, où s’installent pour la semaine certains concurrents et leurs bateaux accompagnants, transportant le matériel et servant parfois d’hôtels ou de salle de repos aux équipages. Cela semble ne gêner en rien les tortues qui traversent le mouillage très régulièrement.

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Normalement il y a quatre jours de courses séparés par un jour de repos, « day off » comme on dit dans la langue internationale pratiquée par la majorité. Cette année il y en eu deux, en raison d’une brise si faible qu’elle ne permettait pas de courir le troisième jour : après la première journée, il y a eu une « panne d’alizé » comme disent les météorologues.

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Ces deux « day off » offrirent ainsi la possibilité pour les « touristes » de profiter des plages et mouillages de l’ile ou de ses dépendances, en particulier l’île Fourchue, située à moins de trois milles, par très beau temps et calme plat, mais aussi de soirées détentes dans les restaurants de Gustavia.

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Cela n’a pas empêché un superbe spectacle, et m’a, en plus, donné l’occasion de rejoindre, avec le zodiac, les concurrents sur leur parcours pour les voir en découdre au passage d’une des marques.

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L’équipage de Sonadio, sur lequel j’avais couru cette épreuve en 2014, invité par le club de Pointe à Pitre, « Les P’tits Filous », a fait très bonne figure, remportant la deuxième place dans sa très compétitive catégorie des 40 pieds, derrière un extraterrestre venu d’Argentine sur un King40 extrêmement affuté. La régularité, la concentration et la préparation parfaite ont payé.

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La remise des prix, le samedi soir, fut suivie d’un feu d’artifice de belle qualité tiré depuis la caserne de gendarmerie qui domine le port, et les fêtards ont enchainé avec une soirée animée par un concert sur la place de la capitainerie.

Dès le lendemain dimanche, c’était la dispersion, chacun regagnant ses pénates, et nous avons aussi repris la mer, profitant d’une brise faible mais suffisante, avant une dégradation pluvio-orageuse annoncée pour la semaine.

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C’est à Statia (ou St Eustache) que nous avons fait escale. Cette île hollandaise, très prospère au 18ème siècle, avait été ruinée par une expédition anglaise commandée par l’amiral Rodney en 1781. Il devait venger l’affront fait quatre ans auparavant par ses habitants qui avaient fêté l’arrivée du premier navire de guerre américain après l’indépendance des USA.

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Aujourd’hui, les traces de cette ancienne prospérité et de la razzia des anglais sont bien visibles. L’activité économique repose essentiellement sur l’important dépôt pétrolier qui a pris le relais des activités traditionnelles. Mais il n’y a plus que moins de la moitié des habitants, dont une majorité d’esclaves, qui vivaient sur place il y a plus de deux siècles.

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En dehors de Fort Oranje et des églises juive et chrétienne (et encore !) seuls quelques rares bâtiments officiels ont été restaurés dans la ville haute. Quant à la ville basse dont les cyclones ont parachevé les destructions anglaises, elle ne comprend que quelques jolis petits hôtels au milieu des ruines d’entrepôts et d’appontements abandonnés. C’est vraiment tristounet, et la grisaille si ce n’est la pluie n’ajoutent rien au charme de cette minuscule capitale de 1500 habitants.

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Comme en plus les formalités sont tatillonnes, rendues par des fonctionnaires peu aimables, et plus chères que prévu, la probabilité pour que nous y retournions un jour est très faible.

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Nous sommes donc repartis rapidement et sans regrets avec une jolie brise de nord-est, en direction de Nevis, 35 milles plus loin sur la route de la Guadeloupe.

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En fait, devant la dégradation du temps et une grosse menace orageuse nous avons préféré écourter un peu l’étape et nous arrêter avant la nuit à l’extrémité sud de St Kitts profitant d’un beau mouillage plus abrité que celui que nous visions. Il s’appelle White House Bay et nous le partageons avec une demi-douzaine d’autres voiliers, dont un français. Sur la plage de galets, un bar-restaurant et, un peu en retrait, une villa, semblent en sommeil.

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De l’autre côté d’une sorte d’isthme, un grand étang salé a été partiellement aménagé en port pour grands yachts, dont nous voyons les superstructures. Cet aménagement immobilier futur, très ambitieux et dénommé Christophe Harbour, est pour le moment presque vide, mais il est si bien situé qu’il devrait trouver ses clients à court terme dans ces Caraïbes, véritable paradis pour le yachting.

Nous pourrons attendre ici quelques jours si nécessaire, le retour de l’alizé et du soleil pour reprendre notre route.

lundi 11 avril 2016

Escale technique

Après la déception de Cruz Bay, il n’a pas fallu attendre longtemps avant de se réconcilier avec les Iles Vierges.

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Dès la suivante, le calme et la beauté du mouillage, les promenades magnifiques à terre, l’ambiance au village, étaient à la hauteur de la réputation des BVI. Cette ile, « Jost Van Dyke », porte, selon la légende, le nom d’un pirate du 18ème siècle qui en avait fait son fief.

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Le développement touristique de cette ile s’est d’abord appuyé sur le successeur de ce pirate hollandais (non, pas le nôtre !), fondateur d’un petit restaurant sur la plage devenu progressivement un complexe commercial plus large avec vêtements, souvenirs, et même quelques chambres. L’ensemble s’appelle Foxy’s et sa fille en a ouvert un autre qui démarre à l’est de l’ile.

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Du coup les autorités ont ouvert localement un bureau pour les formalités qui a un succès fou. Elles sont simples, un peu longues en raison de la queue, mais coûtent beaucoup plus cher (40 $) qu’à notre premier passage en janvier 2016 (15 $). Le tarif a dû changer entre temps !

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Puis est venu le temps des promoteurs immobiliers dont les projets sont en construction entre deux des plus beaux sites, Great Harbour et White Bay. Ce n’est pas donné, mais la vue est à couper le souffle. Il y a aussi quelques petits cabanons plus modestes, sans doute l’œuvre d’iliens désireux de profiter de leur île une fois l’heure de la retraite venue.

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Nous sommes tellement proche des USVI que le téléphone et la 3G américaine (AT&T) sont parfaitement utilisables. C’est bien pratique car le forfait Free français bénéficie d’un pass de 35 jours de roaming offert pour l’année, qui permet d’utiliser le forfait illimité comme en métropole. Pratique pour vous envoyer un billet, mettre à jour notre blog, ou avoir des nouvelles de vive voix.

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Le beau temps de ce début avril, nous incite à poursuivre notre visite des BVI, et nous jetons notre dévolu sur Norman Island, suffisamment proche de St John pour profiter encore de la 3G. Nous y allons en louvoyant entre les autres iles par une brise parfaite et d’autres voiliers ont la même idée. Cela donne l’occasion d’une petite régate informelle où Dartag montre encore ses qualités, ridiculisant tous les autres, sauf un, un First 41 pavillon américain et solitaire, équipé de voiles magnifiques qui nous a donné une vraie leçon. Il est temps de faire un carénage soigneux de Dartag car cela ne doit pas recommencer. Les autres devaient vraiment être nuls !

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Le mouillage que nous visons s’appelle « The Bight ». Il est parfait, eau cristalline, abri excellent sur fond de sable blanc, un établissement hôtelier chic au fond avec un petit ponton, et équipé de nombreuses bouées. Nous en prenons une au hasard, recevant une heure plus tard la visite de l’hôtesse qui nous demande si nous voulons y rester pour la nuit, moyennant 30 USD. Du coup nous l’abandonnons pour aller mouiller sur notre ancre au nord de la baie, en prévision du carénage en plongée que nous prévoyons pour le lendemain.

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En deux fois une heure trente, la carène est revenue à son état « propre », malheureusement sans le narguilé dont les deux compresseurs sont tombés en panne. Vraiment pas de la qualité ces outils là, il faudra trouver mieux pour l’hiver prochain !

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Compte tenu de l’excellente météo pour les deux prochains jours, nous décidons de reprendre la mer dès le lendemain pour rejoindre directement St Martin à 90 milles. Partant avec un vent de NE 10 à 15 nœuds, c’est un peu lent dans une mer encore un peu houleuse, mais une bascule du vent au sud-est devrait nous permettre d’atteindre notre but en moins de 24 heures. En fait le vent a bien tourné un peu mais pas suffisamment, si bien que nous l’avions exactement de face.

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Du coup nous avons parcouru 140 milles en 26 heures pour arriver, mais c’était une belle traversée quand même, sans une goutte à bord, en dehors de quelques averses ! Les positions de veille du captain de jour comme de nuit, témoignent du côté relax de celle-ci, même si une petite trombe naissant sous le vent nous a surpris en approchant d’Anguila.

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A Marigot, capitale de la partie française de St Martin, il y a de nombreux commerces et shipchandlers, permettant de remettre à niveau les stocks de la cambuse, bien entamés après plus de deux mois de voyage dans des pays où les approvisionnements ne sont pas toujours faciles. Nous avons aussi pu remplacer ou acheter les bricoles qui nous faisaient défaut, par exemple pour réparer les brûleurs de la cuisinière ou remettre à neuf le barbecue, et refaire les pleins de gasoil et d’essence hors taxes. Et puis cette escale technique était aussi l’occasion de faire un grand tri et nettoyage de certaines cales, y retrouvant des pièces ou outils oubliés désormais remis à leur place logique.

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Enfin, l’annexe, dont le plancher perdait de nouveau sa pression, obligeant à la regonfler deux fois par jour, a été entièrement démontée lavée et rincée. Les réparations précédentes avaient parfaitement tenu, mais une troisième fuite s’est révélée dans le même secteur, provoquée certainement par le même hameçon des gamins qui pêchaient au bord du quai il y a deux ans, précisément à St Martin. J’espère que ma nouvelle réparation tiendra comme les autres.

Les retrouvailles avec les radios et TV françaises m’ont fait un drôle d’effet. Depuis tout ce temps, j’avais perdu l’habitude d’entendre et de voir tout le temps les mêmes voix, les mêmes têtes et les mêmes infos. Et bien non elles n’ont pas changé, elles radotent toujours de la même façon, et Yves Calvi dans C dans l’air est toujours aussi professionnel et intéressant, mais il est un peu seul !

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La semaine du 11 au 16 avril est celles des « Voiles de St Barth ». Nous serons prêts pour y participer, en spectateurs, et y retrouver l’équipe des « Petits Filous » qui m’avait invité en 2014 sur Sonadiau, leur voilier de course, alors que Dartag était encore en réparation à Pointe à Pitre. Une bien belle expérience, mais cette année la météo est plus mitigée qu’il y a deux ans.

A suivre…………….

dimanche 03 avril 2016

Du Sud au Nord

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Avant de quitter Los Roques, nous y avons fait une dernière escale, comme si nous ne devions pas y revenir. La plus belle, si c’est possible, dans le lagon de Cayo Frances d’environ un demi mille de diamètre. La magnifique barrière de corail n’a qu’une passe étroite, la protection est donc parfaite.

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Evidemment il y a du monde en ce jour de Pâques mais il y règne une certaine organisation ; il y a le coin des voiliers, face au grand large, le coin des moteurs l’arrière tourné vers la plage et le coin des pêcheurs qui ont construit des cabanes sur la partie atoll. Et les planchistes et kite-surfeurs, dont une très mignonne, s’en donnent à cœur joie. Il n’y a pas de pavillons étrangers à l’exception du notre. Ce pays est quasiment boycotté depuis que la sécurité a souffert de la pagaïe qui remonte à la fin du règne de Hugo Chavez, et son successeur Nicolas Maduro n’a rien arrangé, au contraire.

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Nous y avons retrouvé certains bateaux déjà rencontrés comme Arno, dont l’équipage francophone m’avait briefé sur les formalités vénézuéliennes. J’en ai profité pour le remercier et en discutant, j’ai découvert qu’il avait été étudiant à Nancy, dix ans après moi et que sa femme était française. Pas étonnant qu’ils soient francophones.

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La météo annonçant une accalmie dans l’alizé pour trois jours, nous avons repris la mer le lundi matin, espérant avoir une traversée directe facile, d’abord en serrant un peu le vent puis, en profitant d’une rotation annoncée au sud-est dans la deuxième partie, plus portante et confortable. C’est ce qui s’est effectivement produit, mais le vent est resté plus fort que je ne l’attendais, rendant la première journée un peu dure et arrosée.

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Au début il paraissait possible de viser les iles de l’est de Porto Rico, puis dès le deuxième jour, plutôt les Iles Vierges Américaines, notamment Saint Croix, la moins fréquentée et donc probablement la plus authentique.

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Et il fût même possible de la contourner par l’est, évitant un louvoyage d’une douzaine de milles pour atteindre la capitale Christiansted située sur la côte nord. C’est la plus grande des trois îles, peuplée de moins de 60 000 habitants. Elle fut surtout danoise après avoir été un peu anglaise, hollandaise et française, puis rachetée, avec les autres USVI, par les USA en 1917.

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Son passé colonial ressemble à celui de beaucoup des Antilles, basé sur la canne à sucre, le rhum et l’esclavage. Seule la rhumerie a survécu en achetant désormais des cannes à sucre dans les autres iles. Sur sa côte sud, l’ile accueille une des dix plus grosses raffineries de pétrole du monde, traitant essentiellement du brut vénézuélien. Le reste de l’activité est basée sur le tourisme et l’immobilier avec une ambition haut de gamme, mettant en valeur son isolement relatif dans les Caraïbes. Certaines propriétés sont somptueuses et l’aéroport international permet de les atteindre directement du monde entier.

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Pour les transports locaux vers les autres îles vierges, c’est l’hydravion qui est le plus commode compte tenu du faible nombre de clients, évitant à ces riches et exigeants touristes, les inconvénients des traversée maritimes musclées dans l’alizé et ne nécessitant quasiment pas d’infrastructures couteuses.

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Une grosse perturbation pluvio-orageuse nous a fait prolonger le séjour au mouillage me donnant l’occasion de terminer certains petits bricolages à bord, et de bien rigoler en retardant les blagues du premier avril sur Internet. Certains ont vraiment une imagination débordante et cette tradition reste bien vivante. Ce fut aussi le moment de faire un peu de cuisine.

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Et, en ce samedi matin, le beau temps étant revenu, nous avons gagné en quelques heures d’une traversée très agréable la dernière vierge américaine, celle que nous ne connaissions pas : St John. Elle fût quasi abandonnée après la fin de l’esclavage, puis rachetée par un héritier Rockefeller qui l’a offerte à l’Etat fédéral pour en faire un parc national. Elle est donc peu peuplée et ne possède que peu de routes, et pas d’aéroport.

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Sa capitale est le village de Cruz Bay dont le mouillage semble, sur la carte, et d’après notre guide, assez accueillant. Hélas en y arrivant, nous avons dû y renoncer tant il est encombré, pour mouiller à l’extérieur. Mais cela nous a permis de débarquer pour une visite et quelques courses.

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Disons le tout net, l’ensemble est vilain, disparate, bruyant, et fréquenté par une faune du même genre que beaucoup d’endroits à la mode, jeune, percée, tatouée et flambeuse. Grosse déception, d’autant plus que le ravitaillement est possible mais à des prix exorbitants.

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L’impression aussi d’être envahi par des gros 4x4 majoritairement des JEEP rutilantes de toutes les couleurs est une très mauvaise surprise. Mais attention, pas la version décapotable, non, les gros modèles entièrement fermés et climatisés. Lorsque l'une d'entre elles passe à proximité vous sentez le torrent d'air brûlant qui sort de son radiateur, une honte ! Il n’y a que cela, partout, offertes aux touristes par des dizaines de loueurs à tous les coins de rue. Malgré les petites galeries marchandes et le joli cimetière marin dominant la baie, le charme de ce village est gâché.

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Bon, vite retour à bord, mais le courant a changé et Dartag est maintenant en travers au vent dans une houle invraisemblable, rendant le mouillage inconfortable. Parmi les autres plaisanciers qui étaient là au début de l’après-midi, la plupart sont déjà partis. Il n’y a plus qu’à faire comme eux et les rejoindre un mille au nord dans une autre baie entièrement équipée de bouées. Allons-y quand même, cela parait confortable, mais l’impression de machine à sous se confirme. Alors demain matin à l’aube on cherchera mieux, sans doute du côté des British Virgin Islands voisines.

A suivre…………….

samedi 26 mars 2016

Pas de panique

Le retour de Curaçao à Bonaire, contre le vent, pour la première fois depuis des mois, était l’occasion d’un double test. Aurions-nous la patience de grignoter les milles l’un après l’autre en luttant contre l’alizé et la mer ? Le bateau serait-il vraiment bien étanche aux paquets de mer qui nous tomberaient immanquablement dessus avec une régularité d’horloge ?

Il nous a fallu près de huit heures pour ce parcours de 37 milles en ligne directe, mais nous en avons en réalité parcouru 52, compte tenu du louvoyage, avec seulement quatre virements de bord. Et nous sommes arrivés secs ! En extrapolant pour l’étape suivante, de 90 milles vent debout, il nous faudra donc prévoir 24 heures de louvoyage. Bigre, ça commence à compter. Nouveau test en perspective. En attendant, il va falloir soigner ce rhume et cette toux qui m’ont repris après les passages nombreux dans les bureaux trop climatisés des administrations locales.

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Après deux jours de repos, bricolages et lectures variées, quelques courses et des formalités faciles, nous reprenons la mer lundi 21 en direction de l’archipel « Los Roques » situé à 75 milles au nord de Caracas. J’avais oublié mon passeport sur le bureau des douaniers de Kralendijk, et je m‘en suis aperçu à temps pour retourner le chercher avant la fermeture. Ils m’attendaient avec un petit sourire,….. Pas de panique……… !

La traversée fut dure, marquée par des incidents auxquels je ne m‘attendais pas. Tout d’abord la découverte d’une blatte américaine dans le local poubelle. Sinistre souvenir de l’invasion subie l’hiver dernier qui nous avait pourri tous les compartiments à bord et finalement nécessité un traitement de choc après le désarmement. Heureusement rien de grave cette fois, l’épidémie s’est arrêtée sans suite fâcheuse. Pas de panique…….. !

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Puis la protection de la jupe arrière qui s’est de nouveau décollée dans sa partie haute à bâbord, donnant un aspect misérable à Dartag remorquant un gros serpent dégoutant. Avec une sangle, j’ai pu la récupérer et la sécuriser avant une réparation définitive ( ?) à la prochaine escale. Pas de panique,…. !

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Enfin, plus grave, le nerf de chute de la grand’voile s’est cassé net dans sa gaine. Impossible de le réparer en mer, et cela nous prive de ce réglage indispensable pour rigidifier la voile. Après de nombreux essais sur les autres manœuvres de la grand’voile, je trouve finalement un réglage moyen, moins bon, mais réduisant des trois quarts les battements qui ébranlent tous le gréement. Pas de panique………. !

Au petit matin, après être passés pendant la nuit, sous la pleine lune mais sans les voir, entre les deux dangereux atolls inhabités d’Avès, nous approchons de Islas Los Roquès. C’est un ensemble de récifs et côtes basses sablonneuses dont certaines sont habitées par des pêcheurs, formant approximativement un cercle de 15 à 20 milles de diamètre. Comme celles passées la nuit, elles appartiennent au Vénézuéla.

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Fatigué par la nuit de louvoyage dans une brise forte (25 à 35 nœuds) avec une mer dure, et privé des réglages essentiels de la grand’voile, je renonce finalement à la voile et mets en route le Volvo pour terminer les dix derniers milles droit dans le vent à sec de toile. Le premier mouillage possible sera le bon !

Et alors là,……. le rêve ! Entre deux îlots appelés Dos Mosquises, guidés par un alignement (marqué sur la carte) au 063° sur trois cocotiers (!), nous mouillons notre ancre avec quatre autres voiliers à deux cents mètres d’une plage de sable blanc, sur une eau cristalline, calme, avec un soleil resplendissant, et une brise puissante pour rafraichir l’atmosphère et recharger les batteries.

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L’endroit est tellement parfait et beau que le paradis doit être à peu près comme cela. J’irai le vérifier un jour, comme tout le monde, le plus tard possible, mais quel bonheur ! Après un peu de repos, un bon bain et une douche, je peux attaquer les réparations.

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Elles sont terminées dans le milieu de l’après-midi, et une petite balade en Zodiac m’approche de la plage où s’ébattent les plaisanciers des autres voiliers. L’un d’eux me hèle dans un français sans accent et me demande si tout va bien. Bonne occasion de faire connaissance de ces familles venant de Caracas pour la semaine sainte de vacances. C’est un suisse francophone installé au Vénézuéla il y a trente ans qui est en balade avec des amis du même yacht club. Très instructif et intéressant de savoir comment ce pays de cocagne connaît actuellement une descente aux enfers, économique, citoyenne, démocratique, sociétale, où la vie quotidienne est perturbée en raison des choix politiques faits depuis vingt ans et dont tous se demandent combien cela pourra durer.

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Le lendemain, mercredi, appareillage vers un autre coin de rêve, Sarqui, où la baie d’un demi-mille de long est occupée par une douzaine de voiliers. L’occasion d’une magnifique balade à pied dans cet îlot plat couvert d’une maigre végétation sèche, entouré de plages de sable sur la côte sous le vent, et d’un chaos de fragments de rochers calcaires coralliens sur le côte au vent où de nombreux détritus s’accumulent. Entre les deux, des salines naturelles de la couleur rose des bassins saturés de sel de Camargue ou des Pesquiers.

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Histoire de déstocker et trier les photos dans l’ordinateur, j’appuie sur le bouton de mise en route du Toshiba. Sans effet, aucun, même en insistant longuement. Bon sang, il ne m’a jamais fait ça, qu’est-ce qui lui prend ? Heureusement, j’avais fait une sauvegarde complète le 7 mars, mais, depuis cette date, les fichiers sont peut-être perdus….. Je déstocke le micro de secours, un ACER que j’avais gardé à bord, configuré comme le Toshiba, avec Windows 10. Miracle il démarre du premier coup et va bien me dépanner. Je remets le Toshiba dans son sac et à tout hasard le range dans le compartiment au dessus du frigo qui est légèrement chauffé et donc moins humide, me disant qu’il a peut-être un détecteur de « moisture ». En effet les conditions atmosphériques de ces derniers journées ont été extrêmes, avec en permanence entre 97 et 100 % d’humidité.

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Troisième escale, jeudi, à Crasqui, toute en longueur et entourée de bancs de sable et haut-fonds si bien qu’il y a peu de voiliers, la grande majorité des yachts présents sont de grands bateaux de pêche au gros, puissamment motorisés. Il faut dire qu’à 35 € les mille litres de gasoil, il ne faut pas se priver, et encore le tarif vient d’être multiplié par 20. Avant c’était moins cher que l’eau !

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Sans trop y croire, après 24h au chaud, je sors le Toshiba de son sac et appuie sur le bouton. Miracle, il démarre immédiatement, normalement. Ouf, tout va bien, je fais toutes les sauvegardes et remise l’ACER dans son sac étanche. Pas de panique ……. !

Evidemment, pour se ravitailler et même pour un autre besoin essentiel aujourd’hui qu’est la communication ou Internet, c’est le désert. Il faudra attendre, peut-être, d’arriver à la capitale de cet archipel pour cela, et faire les formalités d’entrée, car jusqu’à maintenant nous sommes clandestins !

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Quelques milles plus loin, ce vendredi matin, remontant une forte brise (encore) nous arrivons à Gran Roque, la capitale et ile la plus au nord de l’archipel. Petite déception, le mouillage devant la ville n’est pas aussi idyllique que les précédents.

Nous débarquons après le déjeuner après avoir demandé à un autre voilier où se rendre pour les formalités. Pavillon Vénézuélien, mais excellent francophone, il nous explique tout, y compris les petits « arrangements » qu’il faudra trouver pour le change et faciliter les choses.

Les douanes sont près de l’aéroport, au bout du mouillage. En effet la cabane est là, marquée « immigration ». Un employé m’entraine dans un bureau officiel climatisé à mort, c’est bien ma chance, mais au moins il n’y a pas de courants d’air. Un seul des fonctionnaires présents parle l’anglais et m’offre ses services. Il peut tout pour moi et s’arranger pour que je sois en règle en payant le moins possible, mais vous savez, me dit-il, les tarifs ont changé la semaine dernière, multipliés par quatre ! Pas de chance.

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Finalement, après beaucoup d’explications, la visite de trois bureaux différents, je me retrouve avec mes papiers tamponnés pour l’entrée et la sortie et une énorme liasse de billets de 100 bolivars vénézuéliens en échange de celui de 20 dollars confiés à un fonctionnaire qui me proposait un change favorable. Les contreparties sont que je dois officiellement rester deux jours au maximum, que je paie directement mon visa de 10 dollars, et j’ai aussi laissé quelques milliers de bolivars aux « intermédiaires ». Je comprends également que les 20 dollars qui m’ont été échangés au marché noir local, ont laissé quelques traces dans la chaine de change. Bref, pour finalement une somme vraiment modeste, ma situation est régularisée et je ne devrais pas avoir de soucis avant mon départ. Pas de panique,……. !

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Il me reste à trouver des vivres frais, et avec les 15 000 bolivars qui me restent, cela devrait être une formalité. Pas si facile car les commerçants locaux sont peu nombreux et les livraisons étant le mercredi, ils n’ont quasiment plus rien à vendre. Je tenterai encore ma chance samedi matin en même temps que je profiterai de la Wifi gratuite que le gouvernement met partout à disposition de tous les résidents sans aucune restriction, et elle marche ! Cela complètera aussi ma visite de ce village plein de verdure, sans voitures ni mobylettes, où les bâtiments sont tous de plein pied, colorés autour de places et de rues sableuses, non asphaltées. Il y a beaucoup d’enfants et des jeunes mais aussi des vieux dont le type est sans doute issu du métissage total de cette société : pas de blancs, ni de noirs, d’indiens ni d’asiatiques, un mélange mondial autour de son église dont la porte principale débouche directement sur la plage.

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J’ajouterai quand même que la couleur de l’eau sur la plage n’incite pas vraiment à la baignade. Cela n’empêche pas les pélicans bruns d’être très nombreux et le spectacle de leurs plongeons au milieu des bateaux de pêche, parfois à quelques mètres du bord, est magnifique et impressionnant. Les frégates, aigrettes et autres sternes sont aussi de la fête, certaines de ces dernières n’hésitant pas à se percher sur la tête du pélican qui vient de ressortir de l’eau, espérant le perturber lors du déglutissement de sa proie pour la récupérer.

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Dimanche ou lundi, en fonction de la météo, nous reprendrons la mer vers le nord des Caraïbes, Porto Rico ou les iles Vierges, selon la direction du vent. Ce retour dans des zones plus « organisées » et « prévisibles » n’est pas pour me déplaire, après presque deux mois de voyage dans des pays exotiques souvent surprenants.

jeudi 17 mars 2016

Curaçao tu nous as eus

Initialement prévu de deux jours, nous avons prolongé le séjour à Bonaire, prenant notre temps pour les petits travaux à bord et en profitant de cette escale calme et agréable.

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En fait cette ile est une dépendance du royaume des Pays-Bas, au même titre que Statia et Saba dont nous avons déjà parlé. Son statut est sans doute assez proche de celui d’un département français d’outre mer et sa « préfecture » est un beau bâtiment moderne. Mais elle a quand même un quartier général (modeste, certes) pour ses forces armées, de police et de sécurité.

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La préservation de l’environnement et l’accueil des touristes, croisiéristes ou plaisanciers sont soigneusement organisés avec le regroupement des bureaux d’accueil sur un site unique et des fonctionnaires prévenants. La plongée et le shopping sont les deux mamelles de l’économie. Il faut dire que l’eau est d’une clarté extrême et que les bains quotidiens dans ces conditions sont super agréables, au milieu de milliers de poissons multicolores. Mais les fonds tombent très vite. A deux cents mètres de la plage, il y a déjà plus de cinquante mètres de fond !

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Deux belles marinas récentes (chères) en sont l’illustration. Celle du nord gère le parc national et les bouées de mouillage, et celle du sud est plutôt une opération immobilière genre Port Grimaud, à proximité immédiate de l’aéroport international avec deux tours et une piste de trois kilomètres !

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Ayant inspecté Dartag dans le détail après notre traversée musclée, il y avait trois priorités concernant l’étanchéité aux déferlantes. Le démontage de la manche à air du carré a permis de constater que les joints avaient vieilli, l’un s’étant même décollé de son support. La réparation fut simple et le résultat assuré (à suivre quand même)

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Le hublot de coque de la cabine arrière tribord avait déjà donné des signes de faiblesse, comme ceux du carré et de la cabine avant, déjà traités. Remède identique appliqué, avec de bonnes chances de réussite. Tant qu’à faire, celui de la cabine arrière bâbord a reçu le même traitement, bien qu’il n’ait jamais fui. Il ne se laissera donc pas aller, lui non plus. Le rinçage et le séchage des matelas peuvent donc être envisagés.

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Enfin, pour éviter que les grosses vagues qui déferlent sur le pont ne s’infiltrent dans les rails du panneau de descente, et finissent pas mouiller l’escalier, l’idée de couvrir l’ensemble par une bâche de gros temps, bien ajustée, avait son intérêt. D’autant plus que la bâche est déjà à bord, mais jusqu’à présent destinée à faire de l’ombre au mouillage et permettre le laisser les panneaux ouverts même quand il pleut. Aussitôt dit aussitôt fait, cela devrait être efficace !

Ce lundi matin 14 mars, départ donc pour Curaçao, bien armé pour affronter le gros temps. En fait c’est un alizé moyen qui nous y a amenés, facilement, au portant et sans une goutte sur le pont. On verra en revenant.

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L’arrivée à Willemstad, capitale de l’île, est majestueuse, mais il y a un pont flottant pour les piétons qui barre le chenal. Après plusieurs appels VHF, nous avons compris qu’il faudrait attendre un bon moment, car c’était l’heure de pointe des piétons. Cela a donné l’occasion d’aller chercher, et de rendre à sa jolie propriétaire, un panama qu’elle avait laissé s’envoler.

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C’est alors que les difficultés commencèrent, en vue des formalités indispensables. Les douanes d’abord, l’immigration ensuite, les autorités portuaires enfin. La place au quai des douanes étant occupée, j’ai visé un autre quai libre, un peu plus loin, probablement prévu pour des pêcheurs. En solitaire, s’amarrer à un quai hérissé de boulons, couvert de mazout et autres cochonneries, dans un chenal agité par un fort trafic, avec pas mal de courant et de vent, n’est pas chose aisée.

Après quelques tentatives prudentes, un pêcheur vénézuélien m’a donné un coup de main en prenant mes amarres. Ouf ! J’ai pu ajuster un amarrage limitant les risques. Hélas, pour rejoindre le quai des douanes à 50 mètres il faut franchir un petit pont qui traverse le marché flottant. Merde, la porte est fermée ! L’annexe règle le problème, mais la laisser amarrée le long du quai des douanes hideux et sale dans une eau très agitée, ne me disait rien que vaille. Je n’avais pas le choix.

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L’accueil des douaniers a été chaleureux et même amusant. Le fonctionnaire qui remplissait le dossier sur son écran, poussait un soupir d’aise chaque fois qu’une étape était franchie et me regardait en rigolant. A la fin j’ai eu mon papier et il m’a indiqué où se trouvait le bureau de l’immigration. J’ai mis un peu de temps à le trouver, avec l’annexe, mais j’en ai profité pour visiter cet immense port naturel rempli d’installations industrielles, et de raffineries ou de stockage. Aucun amarrage possible, sauf à la Marina, tout au fond, dans un endroit sinistre où je n’avais vraiment rien à faire. Deuxième étape couronnée de succès, en escaladant les quais pour cargo sur les pneus crados qui servent de défenses. Ma belle chemise Lacoste en a gardé des traces sinistres.

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Lorsque j’ai fini par trouver les autorités portuaires (superbe bâtiment neuf), j’ai appris que je n’avais rien à y faire, et que mon parcours était terminé. Chic, mais je ne pouvais plus ressortir du port sans refaire les démarches dans l’autre sens ! Kafkaïen. Je me suis donc résolu à passer clandestinement la nuit au quai des pêcheurs, en espérant ne déranger personne, et avec un méchant rhume, dû sans doute aux allées et venues dans ces bureaux sur-climatisés.

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Pari gagné, et nous avons même pu en profiter pour visiter la jolie ville hollandaise avec ses rues piétonnes et ses beaux magasins. Le marché central regroupe des centaines de commerçants en tous genres (beaucoup d’immigrés), et le marché flottant aux poissons est entièrement confié aux Vénézuéliens qui viennent chaque semaine vendre leur cargaison, principalement aux restaurants. C’est très pittoresque et leurs bateaux sont magnifiques, de toutes les couleurs.

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Curaçao, comme Aruba plus à l’ouest, sont aussi d’anciennes Antilles hollandaises, mais ayant un statut d’autonomie quasi-totale, sauf sans doute l’armée et diplomatie. Curaçao vit de son port, de ses services et de son industrie, alors qu’Aruba est plutôt tournée vers le tourisme, la fête, les casinos et les boites de nuit. Nous ne sommes pas sûrs d’y aller un jour.

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Donc, dès le lendemain, re-circuit administratif, annonçant notre départ pour le 16. Nouveau parcours du combattant dans ce chenal au milieu des grands navires, et à 9h30, c’était fini. Nous étions libres de repartir de ce lieu vraiment pas fait pour la plaisance, et comme le pont flottant était ouvert pour deux grands cargos, nous en avons profité immédiatement.

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Un fois dehors, la voile a repris ses droits vers l’est, contre un alizé de 20-25 nœuds. Bonne occasion de s’assurer que mes travaux sont efficaces. Et bien oui, pas une goutte à l’intérieur. Et quelques milles plus loin, l’entrée du paradis !

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Une autre baie, très fermée, à peu près aussi grande et découpée que celle de Willemstad, moins profonde et réservée à la plaisance, où le mouillage est libre, gratuit et dans l’axe du vent si bien que l’éolienne est à la fête ! Je n’en croyais pas mes yeux. Du coup je vais y rester un peu, et profiter de cet endroit sensationnel, curieusement fréquenté par de nombreux suédois, pour finir mes rinçages, mes lessives, nettoyer entièrement l’annexe, et vérifier deux ou trois autres bricoles.

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L’environnement est fait de belles villas (dont une appartient sans doute à un admirateur de Mitterrand) et d’hôtels luxueux. J’espère aussi y trouver une Wifi valable.

Oui, Curaçao tu nous as eus et bien eus, malgré une première impression bien décevante ! La prochaine étape sera de nouveau Bonaire, avant une suite orientée par les vents pour le retour en Guadeloupe prévu à mi-mai.

samedi 12 mars 2016

Et Boum !

Lundi 7 mars 2016 : météo américaine pour la mer des Caraïbes = RAS. Pour les trois jours à venir vent de Nord-Est force 5 à 6 avec une houle de nord diminuant de 12 à 8 pieds en allant vers le sud.

Je m’embarque donc sans arrière-pensée, Dartag en a vu d’autres, et à une allure portante, ce sera une traversée rapide et même peut-être confortable.

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Départ au lever du soleil après avoir confectionné la veille un repas copieux pour deux jours à consommer au fur et à mesure avec une arrivée envisagée dans la matinée du 10 mars, après deux nuits en mer.

Rapidement la brise s’est renforcée dans la journée du 8 pour atteindre la force 7, temporairement 8, et la mer grossit avec quelques déferlantes. La voilure devient peau de chagrin au fur et à mesure que je la réduis pour supporter les puissantes rafales. Par précaution je ferme le panneau de descente.

Heureusement le radar surveille très bien l’horizon si bien que je peux me reposer autant que nécessaire, car les mouvements du bateau sont brutaux et imprévisibles. Et boum, en regagnant ma couchette dans la nuit, je me heurte violemment la tête sur le guidon du mini vélo. Plus de peur que de mal, mais j’ai une belle bosse au dessus de la tempe droite.

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Deuxième journée de plus en plus musclée, et surtout le vent refuse en passant à l’ENE, si bien que maintenant les vagues montent de plus en plus souvent à bord. Tout est rincé à l’extérieur et quelques fuites se manifestent, par la manche à air du carré d’abord, avec quelques gouttes qui arrosent la table, puis dans la cabine AR babord par le hublot de coque dont le joint est fatigué (je le savais, en ayant déjà remplacé quatre sur six) occasionnant de l’humidité sur les matelas.

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Contrairement à ce que je pensais, il y a du trafic dans cette région du monde, et les grands navires sont nombreux allant dans toutes les directions. L’un d’eux voulait sûrement voir qui était ce voilier singlé (sans jeu de mot) de naviguer dans une mer pareille, alors que rien ne l’y oblige. Et il me passe à 200 mètres sur l’avant, tranquille, marchant à peine plus vite que Dartag, et accélérant au dernier moment alors que j’allais manœuvrer pour sortir de sa ligne de mire. Je suis ainsi souvent réveillé par l’alarme. Et reboum, en sortant précipitamment de la cabine suite à l’une d’entre elles, je me cogne le tibia droit sur une marche de l’escalier et m’arrache quelques centimètres de belle peau bronzée ! La barbe !

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Au petit matin de la deuxième nuit après une nouvelle quinte de toux d’enfer - sans doute la dépollution, après celle due à la pollution à Santo Domingo - j’approche de Bonnaire avec de fréquents ajustements de cap, car les courants à proximité de la côte du Vénézuéla me font dévier de ma route. Les creux atteignent maintenant 3 à 4 mètres voire plus et de temps en temps provoquent des embardées fumantes. A plusieurs reprises le pont à tribord est submergé et les hublots supérieurs ouvrants (mais soigneusement fermés) du carré sont dans l’eau. Quelques goutes passent quand même par là à chaque fois, et je m’efforce de limiter les conséquences en utilisant une serviette et des torchons.

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Finalement, la remontée au près dans la baie de Bonnaire, dont la carte ressemble à un boomerang, est un beau final, sur une mer assagie mais avec encore du vent en rafales jusqu’à 40 nœuds. De nombreux voiliers sont sur rade, amarrés à des bouées, car le mouillage est interdit partout dans cette île, dont l’identité est la pureté de ses eaux et ses fonds marins.

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Après un peu de repos et un bon repas, je me lance dans les formalités de douanes et d’immigration, avec un peu de fatalisme. Bonne surprise elles sont simples et peu onéreuses, et l’accueil à la marina qui gère les bouées est très professionnel. Ca fait du bien de retrouver un pays développé où les gens savent ce qu’ils ont à faire sans donner l’impression d’attendre un backchich !

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La ville de kralendijk (prononcer Craoulennedique) est plutôt coquette, avec ses jolies maisons, ses commerces de luxe et sa zone commerciale moderne. On pourrait se croire en Hollande (le pays, pas le soufflé !), d’autant plus que les gens parlent un dialecte local, le papiamento, mélange d’anglais, d’espagnol et surtout de néerlandais assez rigolo à entendre, car à comprendre c’est une autre paire de manche. Heureusement ils parlent tous anglais et ça rassure presque.

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Bon, je crois que je vais rester quelques jours ici, le temps de régler les petits problèmes d’étanchéité, de faire quelques matelotages et de visiter l’île, avant de partir vers Curaçao à 25 milles à l’ouest, puis peut-être de revenir ou de m’élancer à nouveau vers le nord, mais de préférence par un temps plus maniable !

Bruits et couleurs

La découverte de ce pays un peu moins grand que l’Irlande, deux fois plus peuplé, mais au PIB par habitant dix fois inférieur, nous a réservé bien des surprises. Comme elle, il partage une ile, Hispaniola, avec un voisin, Haïti, entretenant avec celui-ci des rapports tendus et parfois conflictuels.

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Le cabotage à la voile le long des côtes n’étant pas aisé compte tenu des formalités à remplir à chaque escale, des déclarations à fournir, du peu d’abris sûrs et de la distance entre eux, nous avons opté pour les visites terrestres en bus ou avec une voiture de location, laissant DARTAG sur bouée dans le merveilleux lagon de Boca Chica, devant la marina Zarpar qui nous a offert tous les services utiles pendant cette longue escale.

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Notre première « expédition » nous a conduits vers la grande baie de Samana sur la côte nord, en traversant la Cordillera Oriental et sa superbe forêt humide, puis une grande plaine consacrée aux rizières d’un vert magnifique en cette saison. On arrive ensuite à Las Terrenas fréquenté par de nombreux français en vacances, avec son superbe feston de plages blanches sous les cocotiers abritant des guinguettes bien séduisantes pour le déjeuner.

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Plus loin, la ville de Samana est la base de départ des excursions vers les îlots de ce site grandiose entouré de montagnes, dans laquelle, dit-on, les baleines viennent se reproduire. On trouve de nombreux bateaux d’excursion attendant les clients « baleines » dans ce port naturel, par ailleurs un peu décevant.

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La capitale, Santo Dominguo est la plus ancienne ville du nouveau monde (sans doute avec San Juan à Porto Rico), et était, du temps de la colonisation espagnole, le centre du pouvoir et de toutes les décisions pour l’ensemble des colonies de la couronne madrilène, s’étendant de la Terre de feu à la Californie, pendant quatre siècles. Cuba et Porto Rico furent les dernières provinces espagnoles d’outre mer, jusqu’à la chute des derniers restes de l’empire après la guerre perdue contre les Etats-Unis en 1898. Au 19ème siècle, la création de Haïti et l’émancipation, vis-à-vis de ce voisin belliqueux, de La république dominicaine, proclamée en 1844, provoquèrent plusieurs guerres, impliquant aussi la France de Napoléon. Les traces de la présence française sont surtout présentes à Haïti où la population parle un créole français intelligible pour nous.

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Au 20ème siècle, son histoire fût surtout marquée par la terrible dictature de Trujillo pendant plus de 30 ans. Après son assassinat en 1961, des troubles on secoué le pays pendant plusieurs années, entrainant en 1965 une intervention des Etats-Unis qui craignaient une contagion à la cubaine. Depuis, la démocratie semble s’être stabilisée et l’économie progresse, s’équilibrant plutôt harmonieusement entre l’agriculture, l’industrie et les services, de plus en plus vers le tourisme, mais beaucoup de caractéristiques restent celles d’un pays pauvre.

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La population de plus de dix millions d’habitants, est formée très majoritairement de métis, issus des différentes et nombreuses vagues d’immigration venues du monde entier après la période de la colonisation et de l’esclavage, y compris des asiatiques et des juifs. La langue est l’espagnol, et très peu comprennent l’anglais, a fortiori le français. Environ 5 000 français sont établis sur place, et les touristes français sont nombreux. Parmi les voiliers rencontrés, un gros tiers est aussi français. La plupart sont en route vers Cuba ou l’Amérique centrale.

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La « Zona Colonial » de Santo Domingo regroupe un ensemble de bâtiments magnifiques, pour la plupart parfaitement entretenus, palais, fortifications et églises, qui montrent la prospérité de la ville dès le 16ème siècle. Ils sont aujourd’hui souvent utilisés comme musées ou sièges d’organisations gouvernementales ou diplomatiques comme la splendide Ambassade de France. Nous y sommes allés deux fois en bus et il aurait fallu au moins un troisième jour pour voir l’essentiel.

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Cette ville énorme où toutes les routes du pays se rejoignent est le siège d’embouteillages monstres et d’une pollution atmosphérique d’autant plus « à couper au couteau » que l’alizé est faible. Elle a sans doute contribué à déclencher chez votre serviteur, une forme de grippe allergique accompagnée de quintes de toux phénoménales, comme je n’en avais pas subies depuis un demi-siècle au moins. Mais tout est rentré dans l’ordre au bout de quelques jours.

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Nous avons aussi consacré une journée à San Cristobal et ses environs, avec notamment des grottes contenant des peintures rupestres des Taïnos, les premiers habitants de l’île, éliminés sans honte, malgré les voix qui s’étaient élevées contre ce génocide, par les conquistadors, en particulier le sinistre Nicolas Ovando, peu de temps après la conquête. La ville elle-même, fief du dictateur Trujillo, est dominée par le palais tout en béton qu’il y fit construire, d’où il pouvait « contempler son peuple ». Il est aujourd’hui le siège de l’école nationale pénitentiaire et expose des photos parfois atroces de cette période.

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Au sud-ouest du pays une curiosité issue du comblement, à la suite d’un formidable glissement de terrain, d’un espace entre deux iles originellement séparées, abrite le lac Enriquillo, d’eau très salée, dont le niveau se situe à environ 40 m sous celui de l’océan voisin. Après le terrible tremblement de terre de Port au Prince en 2010, un mouvement géologique aurait détourné des nappes souterraines, et la niveau du lac monte régulièrement, malgré l’évaporation intense dans cette vallée torride et sèche. Des cocoteraies et plantations voisines immergées, il ne reste que des squelettes sinistres. L’ile qui subsiste en son centre abrite des crocodiles d’Amérique.

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Rentrant de ce voyage lointain et un peu éprouvant au « Far Sud-Ouest », nous nous sommes arrêtés dans un hôtel de la station balnéaire Las Salinas. La nuit y était féérique et en découvrant le panorama sur la baie, siège de la principale base navale du pays, et la petite marina de l’hôtel le lendemain matin, nous n’avons pas regretté notre choix. Les maisons de cet ancien village de pêcheurs sont parfois très coquettes, souvent restaurées par leur propriétaire venant de la capitale, pour ses week-end en famille.

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Cette presqu’il est principalement occupée par des marais salants en exploitation, et les installations en bois font un peu penser à celles de la presqu’ile de Giens du temps de leur splendeur. Les sauniers utilisent des petits trains pour collecter le sel autour des bassins, et le stocker dans de grands tas (mal) protégés des intempéries par une charpente sommaire.

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Mais nous voulions aussi découvrir la vallée de Cibao, principale plaine agricole du pays, au Nord-Ouest, où se trouve la deuxième ville de Rép Dom, Santiago. Cette région produit l’essentiel du riz, de la canne à sucre, mais aussi du café, du cacao et surtout du tabac, fierté des dominicains qui concurrence avec succès les cigares cubains.

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Nous avions jeté notre dévolu sur Zemis Cigars, une petite fabrique tenue par un français, Sylvain Bishoff, dont notre guide faisait une description attrayante. Un email envoyé la veille a reçu une réponse immédiate, positive et accueillante. En arrivant sur place, après un petit coup de fil, il nous envoyé un employé à moto pour nous guider jusqu’à son hacienda impossible à trouver autrement.

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Cet homme jeune, marié à une ravissante dominicaine et père d’une charmante fillette d’environ 10 ans nous a littéralement stupéfaits. Outre son activité de fabrications de cigares et des boites qui vont avec, il pratique de nombreuses passions, et nous a fait visiter son jardin botanique peuplé d’une incroyable variété d’espèces tropicales, tout en nous faisant partager (parfois de manière un peu envahissante) sa culture littéraire, philosophique, anthropologique, historique,… citant des auteurs très connus ou beaucoup plus confidentiels, français et étrangers. Une incroyable plongée dans un monde absolument inattendu pour nous, ou transparaissait parfois des opinions personnelles tranchées que nous ne partagions pas forcément, mais toujours étayées par des citations incontestables.

Après voir procédé à quelques emplettes et dégusté quelques fruits du jardin, nous sommes repartis avec des cadeaux et la promesse de répondre à toutes nos questions et sollicitations éventuelles sur le pays et les sujets évoqués lors de notre visite. Cette visite passionnante a éclipsé le reste du programme que nous avions envisagé pour de la journée, si bien que nous avons survolé rapidement la ville de Santiago en rentrant, pour ne pas arriver de nuit à la marina, mais nous ne regrettons rien (jamais d’ailleurs).

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Sur l’ambiance de ce pays, nous retiendrons la gentillesse des habitants et leur sourire. Il n’est pas toujours facile de communiquer lorsque l’on ne maitrise pas l’espagnol, mais rien ne paraît devoir entraver leur disponibilité et leur capacité à trouver des solutions ou à s’adapter. Certes les contrastes entre pauvres et riches sont saisissants et la misère est largement visible ainsi que les carences de certains services publics comme le ramassage des ordures. Mais le caractère très métissé de la société parait contribuer à une société apaisée où la fierté nationale est évidente. Le port d’arme à feu est autorisé mais très rare, et le machisme légendaire des latinos est très discret.

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Il faudrait quand même citer la culture musicale et l’ambiance sonore très élevée dans la journée et la soirée. Les plages, voitures et bateaux diffusent des musiques genre disco, ou rap à un tel volume qu’on se demande comment même ils peuvent se parler. Un bateau qui passe à cent mètres vous fait résonner les poumons quand ce n’est pas vibrer les portes ou les panneaux à bord de Dartag. Les jets-ski, hors-bords ou puissantes vedettes passent à vingt ou trente nœuds entre les bateaux au mouillage ou à cinq mètres d’un ponton, dans un vrombissement invraisemblable et en agitant le plan d’eau sans aucune vergogne . Et lorsqu’arrive la fin de la soirée, vers 22h tout cela se calme, l’impression de douceur tropicale reprend le dessus, et il est temps d’en sourire.

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La gastronomie locale est surtout constituée autour de poisson et fruits de mer, poulet, porc, cuisinés en sauce à la Créole et accompagnés de riz, manioc et pommes de terres en gratins, purée ou frites. Le lambi ou le poulet en sauce avec du riz sont les plats dominicains typiques. Les légumes et fruits sont disponibles partout et très variés mais il n’est pas recommandé de les consommer crus.

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Du côté des boissons, en dehors du rhum, il y a la bière, avec ou sans alcool, et les sodas aromatisés parfois un peu chimiques. L’eau du robinet n’est pas potable. Les vins locaux courants sont très déroutants pour nous, aromatisés et doux, pour ne pas dire sucrés. Nos expériences en ce domaine n’ont pas eu de suite.

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Enfin, à l’intention de ceux qui envisagent de louer une voiture, il faut noter que les ralentisseurs, dos d’âne, ou gendarmes couchés de différentes caractéristiques sont très fréquents, très peu signalés et vraiment redoutables. Même les 4x4 les passent moins vite qu’un piéton. La circulation est quasiment anarchique. Les changements de file sans avertissement et queues de poissons sont normaux et très fréquents, associés à des coups de klaxons conquérants ou vengeurs. On croise fréquemment à contre-sens sur autoroute des voitures, camions, bus et de très nombreux deux roues. la vitesse est limitée à 80 km/h en général mais bien rares sont ceux qui roulent à moins de 120. Les piétons traversent les chaussées n’importe où, n’importe quand, et de nombreux véhicules ne sont pas éclairés et souvent en piteux état. Heureusement les chauffeurs semblent très adroits et vigilants. Dans ces conditions, la conduite de nuit est hyper risquée. Nous l’avons évitée, conscients du fait qu’un accident même uniquement matériel serait une catastrophe. Quant à avoir un accident corporel, au-delà de l’horreur induite, c’est inenvisageable.

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Quant aux bus, il y en a beaucoup, souvent bondés et très bon marché, mais la logique des lignes est très difficile à comprendre. On finit toujours pas arriver à destination, mais pas forcément sans changement ni à des horaires prévisibles.

Ce séjour en Rép Dom aura été une belle escale qui prendra fin en principe vers le 7 ou 8 mars, avant, en principe, une escapade vers les iles hollandaises du Sud, les fameuses ABC, Aruba, Bonnaire Curaçao, proches des côtes du Vénézuéla, lui-même hélas infréquentable depuis quelques années.

dimanche 14 février 2016

Au pays du Merengue

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La marina de Casa de Campo, quelques milles à l’est de La Romana, donne l’impression de se trouver dans un endroit chic de la Costa del Sol andalouse. C’est un ensemble résidentiel haut de gamme construit depuis une quinzaine d’année autour d’une marina petite mais luxueuse où l’on ne se déplace qu’en voiturette de golf électrique, et où les magasins sont impeccables.

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Simplement c’est plutôt moins animé, mais le personnel parle correctement l’anglais, est disponible et coopératif, les bureaux sont coquets bien climatisés, confortables. La Wifi, sans être très performante est acceptable, le billet n° 36 y est passé sans trop de difficultés. On peut se procurer la monnaie locale (le pesos en abrégé RD$) dans des distributeurs de billets qui fonctionnent. Un US$ vaut environ 46 RD$, soit à peu près 50 RD$ pour un €. Pour la conversion c’est assez facile on multiple le prix affiché par deux et on divise par 100.

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A proximité se trouve un caprice de milliardaire datant de 1976. Un ancien magnat du pétrole a fait construire à Altos de Chavon, à 4 km, une réplique d’un village médiéval italien respectant le style les matériaux et les couleurs de la toscane du 16ème siècle. Inattendu et plutôt réussi ! Il y a même un théâtre antique dans lequel Ricky Martin, la gloire Portoricaine, avait donné un concert la veille. Cela avait dû avoir un grand succès (même à 65 US$ la place) si j’en juge par le nombre de bouteilles, canettes et détritus divers laissés dans les gradins et allées par les spectateurs, qu’une armée de balayeurs étaient en train de nettoyer.

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Le contact avec les fonctionnaires de la douane, de l’immigration et les militaires de l’Armada (les garde côtes, dépendant de la marine nationale) sont plus difficile car aucun ne comprend l’anglais ni le français. Mais on peut se débrouiller, avec parfois des petits quiproquos. Lorsque j’ai quitté cette marina à destination de Boca Chica, je voulais faire une escale dans l’île de Catalina. Mais ce n’est pas si simple, le « despacho », formulaire équivalent à la clearance autorisant la sortie du port, ne peut porter qu’une destination et il vaut mieux la respecter sous peine d’être suspecté de trafic et conduit au poste, bateau confisqué. Pas très agréable comme perspective !

Après des tentatives d’explications confuses, j’ai donc dû me contenter d’un despacho pour Catalina (à 7 milles), avec l’obligation d’en demander un autre pour Boca Chica (35 milles plus loin), au « commandante de l’Armada » de l’île.

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Comme toute cette côte sud, l’île est un plateau calcaire horizontal, de quelques mètres d’altitude, entourée de fond sablonneux de 10 à 20 mètres sur un ou deux milles avant les grands fonds. Une seule petite crique exposée au NW me permettait d’espérer un abri correct. Raté, la grosse houle, de SE cette fois, faisait le tour de la pointe et rentrait dans la crique en brisant violemment sur la plage, rendant le mouillage extrêmement rouleur. Mais je ne pouvais pas repartir sans avoir obtenu le fameux despacho.

Impossible de débarquer sur la plage dans ces rouleaux, ni d’amarrer le zodiac au ponton local hérissé de vieux boulons rouillés très dangereux dans ces conditions de ressac. Le lendemain matin j’ai du mouiller le zodiac loin du ponton puis y porter une amarre pour débarquer.

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Quelques rares personnes vaquaient à leurs occupations sur cette magnifique plage équipée de paillotes, de buvettes et de chaises longues en quantité inouïe. J’en ai compté des milliers, toutes vides. A croire que les investissements réalisés dans cette réserve on été un peu surdimensionnés au moins pour un lundi matin, mais en pleine saison touristique, quand même, cela surprend. L’île n’est pas raccordée au réseau électrique et quelques panneaux solaires avec des batteries permettent d’allumer quelques ampoules la nuit ou de faire marcher une T.S.F. ou un tourne disque. Certaines buvettes sont alimentées par un groupe électrogène bruyant et il y a plusieurs petits commerces exposant notamment des peintures aux couleurs vives plutôt attrayantes.

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Ayant trouvé le « commandante » dans sa baraque en bois, je lui ai montré mon « despacho » et demandé de m’en faire un autre pour Boca Chica. Il n’avait pas les formulaires adéquats, et après une longue conversation téléphonique avec sa hiérarchie, en a rédigé un à la main sur une page blanche de son cahier qu’il a découpée en léchant soigneusement le pli pour me la remettre. J'ignorais cette technique !

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Ouf, me voilà de nouveau en règle, mais avant de rembarquer, j’ai parcouru les petits chemins balisés qui conduisent jusqu’à la « punta Perez ». Bel aménagement du ministère de l’environnement avec panneaux explicatifs et photos de la flore et de la faune locale, un peu luxueux à mon goût pour un site en fait assez quelconque, mais dont les rares habitants doivent être très fiers. Au moment où j’appareillais est arrivée une première pirogue à moteur transportant quelques touristes. Ils auront de la place pour se reposer et se baigner !

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La brise de SE mollissante ne m‘a pas permis d’arriver à Boca Chica sans une heure de moteur à la fin, après être passé devant un impressionnant souffleur crachant sa gerbe blanche toute les dix secondes. Il y en a d’autres sur cette côte calcaire bâtie de grands immeubles et exposée à la houle.

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Boca Chica, ou plutôt Andrès, est le grand port commercial de la Rép Dom, hérissé de portiques. Et derrière un îlot couvert de mangrove, La Piedra, protégée par une barrière de corail, se trouve un grand club nautique, la petite marina Zarpar et son mouillage hyper protégé. Accueilli par une barque dont les occupants me faisaient des signes et baragouinant quelques mots en français je les ai suivi, jusqu’à me planter doucement dans un banc de sable ! Zut. J’ai pu me dégager seul au moteur, et ils m’ont guidé jusqu’à une bouée libre puis m’ont aidé pour passer mon amarre.

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Le lendemain, nouvelles formalités, plutôt relax, et réservation de la bouée pour une semaine, histoire de découvrir le coin, de faire quelques courses et un peu d’entretien sur le bateau. Hélas la WiFi de la marina est vraiment très faible. Il faut au moins deux heures de patience et plusieurs déconnexions pour réaliser une transaction simple comme envoyer un email avec une pièce jointe. Quant à lire le journal ou télécharger des documents, il faut probablement oublier !

Conseillé par des employés de la marina, j’ai craqué pour une carte SIM datas de 3 Go fournie par le meilleur opérateur local, CLARO, vantant sa 4G et son réseau étendu. Catastrophe, elle ne vaut pas tripette, à peine mieux que la WiFi de la marina dans les bons moments. On fera avec !

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Reste à découvrir les ressources du commerce local. Et bien on se demande où se ravitaillent les habitants des deux villes voisines, Andres la populaire polluée et aux odeurs fortes, et Boca Chica la touristique plus proprette. Finalement après trois jours de recherches j’ai trouvé une supérette « Olé » très propre et bien achalandée. Mais elle est à plus de deux kilomètres. Il parait qu’il y a un hyper de la même enseigne sur la route de l’aéroport à environ 4 kilomètres. En vélo pas de problème, c’est tout plat, mais j’ai déjà crevé deux fois et mon stock de rustines s’épuise. Il va sûrement me falloir louer une voiture avant de repartir car ma cambuse commence à crier famine. Il y a aussi quelques vendeurs de fruits et légumes sur des charrettes à certains carrefours.

En attendant, j’ai fait la connaissance de quelques équipages français en route pour Cuba qui font les mêmes constatations que moi, et nous allons probablement nous organiser pour les courses et visiter le pays à partir de la marina, car la liberté de naviguer à la voile est très encadrée, et les étapes à prévoir sont longues dans ce grand pays.

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Un dernier mot sur la « merengue ». Ce serait LA musique et LA culture locale. Plus qu’une musique, car il y a aussi la danse. Mais elle est très difficile à caractériser et tout ce qu’on entend autour de soi à terre ou au mouillage serait, à mon avis plus proche du disco et ils sont fous de décibels. Souvent le passage d’une voiture ou d’un bateau à proximité vous secoue au point que vous entendez les basses par les poumons. Impressionnant ! En plus nous sommes en pleine campagne électorale pour les présidentielles 2016, et les camions-sono des candidats débitent aussi leurs discours et leur musique avec un volume tout à fait inimaginable. Comment les frêles constructions urbaines résistent-elles à de tels passages de « murs du son » tous les quarts d’heure ? En tout cas les électeurs semblent passionnés et ce samedi, tout un quartier d’Andrès était bouclé autour d’un grand podium que préparait le comité de soutien d’un candidat au milieu de nombreux supporters habillés de tee-shirts noir et brandissant des drapeaux noirs (quand même un peu sinistres) dans une ambiance bon enfant et vraiment très bruyante.

samedi 06 février 2016

Changement de monde

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Une grosse journée de mer, oui, avec le génois encore tangonné et toujours une bonne brise de l’arrière pour rejoindre San Juan, capitale de Porto Rico, vers 17h en ce lundi 1er février, quatrième anniversaire d’Aurélien, dignement fêté par téléphone. La houle de nord assez forte ne m’a pas empêché de me préparer mon dernier surgelé américain, infect comme les précédents.

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Mais elle a surtout rendu l’entrée dans le chenal de San Juan assez spectaculaire, dans les brisants au pied du fameux Fort Del Morro et accompagné par trois grands dauphins qui restaient à babord, comme pour m’aider à ne pas trop serrer à gauche dans ce passage délicat. Merveilleux spectacle !

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Les voiliers en escale mouillent au fond du vieux port, près de la Bay Marina et du club nautique, en bordure de la piste du très actif aéroport de la ville, devenu secondaire après la construction du nouveau, une quinzaine de km à l’est.

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Porto Rico est à peine plus grand que la Corse mais est presque vingt fois plus peuplée. C’est une des iles les plus denses du monde avec plus quatre millions d’habitants. Et cela se voit immédiatement en débarquant. Les flots de voitures circulent dans des avenues et boulevards géants au milieu des gratte-ciels, bâtiments officiels ou hôtels de luxe très nombreux et souvent disparates.

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Ce qui est frappant aussi, c’est la quantité de monuments mémoriaux ou à la gloire de telle ou telle organisation, service public ou personnalité locale ou internationale. Par exemple un obélisque et deux grandes stèles noires rendent hommage à la police de Porto Rico. Il y a aussi un beau et grand monument en mémoire de l’holocauste. Tous les présidents US ont leur statue en bronze grandeur nature le long de l’avenue de la constitution…..etc.

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Mais c’est surtout la vieille ville « Viejo (old) San Ruan », son quartier historique, qui est magnifique. Toutes les fortifications, du Fort Del Morro à l’ouest, au Castillo de San Cristobal à l’est, ont été restaurées et sont intégrées dans un parc national fédéral. Leur état est parfait, les planches historiques expliquent en anglais et en espagnol la chronologie de leur construction depuis 1506 ainsi que leur défense victorieuse contre les anglais, les hollandais et les français pendant quatre siècles, jusqu’à la défaite finale de l’empire espagnol contre les USA 1898. J’ajoute que la visite est aisée, parfaitement balisée, et que les grands espaces engazonnés qui les entourent rendent l’ensemble grandiose.

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Dans cette presqu’ile historique, les beaux immeubles coloniaux sont bien entretenus ou restaurés, et les musées ou églises pullulent, mais sont d’inégale valeur. Beaucoup sont d’ailleurs en travaux et fermés comme l’église San José ou le musée Pablo Casals. Je croyais à tort qu’il était argentin après avoir fui le régime franquiste dans les années 50. Il a vécu à partir de 1956 puis est mort en 1973 à San Juan de Porto Rico, pays d’origine de sa mère et de sa dernière femme.

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L’immense musée « Las Américanas » est surtout un bâtiment moderne en forme de cour carrée, mais il est encore presque vide, et les pièces exposées sont pratiquement toutes des répliques récentes d’outils, d’objets, d’armes, reconstituées d’après les études des spécialistes ou historiens : c’est un peu décevant, d’autant plus que toutes les planches sont rédigées seulement en espagnol. A l’extérieur, une grande esplanade moderne, constituée autour d’une colonne sensée représenter toutes les civilisations qui ont contribué au creuset de Porto Rico, à été inaugurée en 1992 pour la fête du cinqcentenaire (comparé au bicentenaire, cela a de la gueule) de cette ex-colonie espagnole.

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Sur le plan pratique, les taxis sont rares et il n’y a pas de transports en commun fiable dans cette grande ville. J’étais donc bien content d’utiliser mon petit vélo mais c’est la bagnole qui est reine ici. Il faut dire qu’au prix où est l’essence ont croit rêver : 0,52 cents le litre soit moins d’un demi €. Et le prix d’entrée dans les parcs nationaux ou musées est aussi très raisonnable.

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Revenant de mes longues demi-journées de visite, j’ai salué l’équipage d’un voilier français, le premier rencontré depuis St Martin. Il s’appelle Winchris (car ils prennent les ris avec les winches ? non, il parait que là n’est pas l’origine de ce nom) immatriculé à Paimpol. Des bretons donc, Pascal et Claudine, fiers de l’être, qui après avoir été salariés quelques années ont monté une affaire qui a tellement bien marché qu’ils l’ont revendue au prix fort et profitent maintenant de leur bateau l’esprit tranquille. Leur contact est très agréable et nous resterons sûrement en relation, avec en particulier le souvenir de la famille « TITGOUTTE » qui a trois filles : Anne, Corine, et je vous laisse devinez le prénom de la troisième, j’étais mort de rire, sans pour autant avoir trop bu.

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Et reprenant la mer vers l’ouest ce jeudi, avant plusieurs jours de pétole annoncée, je visais Punta Cana en République Dominicaine où une nouvelle marina a été créée, permettant de faire les formalités dans de bonnes conditions. Là encore une grosse journée de mer qui me faisait décider de lever l’ancre à 7h au plus tard pour arriver au lever du jour le lendemain matin.

Patatras, impossible de relever mon ancre, bloquée par dix mètres de fond. Je me voyais mal plonger pour la dégager dans la vase noire et l’eau grise de ce bassin. Finalement en tournant autour avec le moteur et en tirant à l’envers en marche arrière, elle s’est décrochée et a accepté de remonter, la chaine brêlée dans de grands sacs en plastique dégoutants et l’ancre tirant un énorme paquet d’amarres vaseuses emmêlées. Heureusement Pascal a vu mon embarras et m’a donné le bon petit coup de main (pas la TITGOUTTE !) qui m’a permis de me libérer.

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Avec plus d’une heure de retard, j’ai gagné le large mais sans revoir mes dauphins. La mer était forte et croisée ce qui la rendait inconfortable et le vent habituel était bien là pour commencer la cavalcade dans l’alizé. Si bien que je me voyais arriver avant le lever du soleil. J’ai donc ralenti en réduisant la voilure. Mauvaise pioche, le vent a bientôt beaucoup molli et surtout a tourné au nord-ouest ce qui n’était pas du tout prévu. Je l’avais donc dans le nez, faible, avec toujours cette grosse houle de nord.

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Après une heure d’hésitation et de louvoyage quasiment improductif, au lever du jour, j’ai mis le cap au sud, renonçant à Punta Cana au profit de La Romana, ce qui m’obligeait à faire le tour de l’île de Saona et rajoutait environ 60 milles au parcours. Tout à fait jouable, mais pour arriver de jour, il fallait du vent. Et c’est là que les choses se sont gâtées, car la pétole annoncée pour la nuit suivante s’est installée progressivement en fin de matinée. Je me serais cru en Méditerranée. Je n’avais plus le choix, il m’a fallu utiliser la risée Volvo ce que je n’avais plus fait depuis longtemps. Heureusement, une fois à l’abri de la houle de nord, le confort est revenu.

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J’ai quand même eu la chance de voir, de loin hélas, un ballet de baleines qui sautaient hors de l’eau, faisant d’énormes ploufs en retombant. Elles étaient au moins cinq en deux groupes.

Je suis arrivé, certes de jour, mais après la fermeture des bureaux de douane et d’immigration. Un officiel galonné m’a signifié que je devais lui laisser mes papiers, qu’il viendrait me chercher le lendemain à 9h pour aller au bureau en ville, que je devais me mettre au mouillage plutôt qu’à quai, et qu’en attendant j’avais interdiction de débarquer. Me voilà consigné à bord sans mes papiers !

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Le même officiel m’attend dès mon arrivée à 8h45. Très sympa et détendu il m’annonce que les autorités sont en route et ne vont pas tarder. En attendant il me fait le décompte de la facture que j’aurai à payer, longue comme un jour sans pain, et le chiffre en bas à droite s’élève à 202. Malheureusement il s’agit de $ et pas de pesos. Le point positif est qu’apparemment ce n’est pas négociable et qu’il n’y à là dedans aucune magouille ni backchich comme le laissent entendre certains guides ou plaisanciers arnaqués par le passé.

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Une heure et demie plus tard, les papiers sont remplis et je peux circuler librement dans le pays à pied, mais seulement jusqu’à Boca Chica à la voile, sans quitter les eaux territoriales. Prudence des autorités après le coup que leur ont fait les deux pilotes barbouzes français qui ne savaient pas qu’ils transportaient 900 kg de cocaïne dans leur Falcon ? Peut-être.

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Une petite balade à pied dans cette superbe marina a été interrompue par l’imminence d’une grosse averse. Elle m‘a quand même permis de trouver une bouche à pesos et de voir qu’il y avait un magnifique super marché à proximité. Retournant à mon annexe, j’ai été arrêté par un officier de l’Armada qui avait oublié une inspection à bord (alors qu’ils sont déjà venus à trois). Il revient donc avec moi et ouvre quelques équipets sans conviction avant de me faire le signe du pouce, « tout a bien » et il est reparti à la fin de l’averse sans rien demander d’autre.

A bientôt pour la suite en Rép Dom où je serai devenu un « habitué » dans quelques jours. Mais il faudrait que je travaille mon espagnol dont le niveau est voisin de Zéro.

lundi 01 février 2016

Ooooooh, Bof, Aaaaaaah !

Quitter les USVI et St Thomas sans expérimenter le commerce local eut été une bêtise.

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D’abord le « souk » pour les croisiéristes. Tout le centre ville y est consacré, mais c’est de la monoculture de produits de luxe détaxés. Bijoux, horlogeries, parfums, toutes les grandes marques sont là, dans des magasins magnifiques avec du personnel nombreux, chic et disponible. Même moi, avec mes crokes de contrefaçon, ma casquette douteuse et mon sac à dos blanc élimé, je passais pour un client potentiel. Mais je n’avais pas besoin d’une montre Breitling ou Rolex, ni de parfums Hermès, ni de bijoux Van Cleef et Arpels, ou de sac à main Louis Vuitton. Dommage, car les prix paraissaient raisonnables, encore que je manque un peu d’éléments de comparaison !

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Je cherchais plutôt des fruits et des plats cuisinés surgelés. Nada, il n’y a aucun commerce de ce genre ici. J’ai quand même trouvé des bananes vertes un peu plus loin chez une vieille tortolaise qui tenait un petit étalage sur le quai.

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L’hôtesse du bureau de tourisme officiel m’a conseillé d’aller à l’hyper marché PUEBLO, à la sortie de la ville à plus d’un mile ! Je me suis dit que c’était l’occasion de tester ce genre de commerce à l’américaine, mais j’y suis allé en Zodiac, le laissant amarré au « dinghy dock » de l’autre marina toute proche.

J’ai fait le tour complet des rayons visitant TOUT pour m’instruire et me faire une idée des prix. Et je suis reparti avec cinq barquettes de plats cuisinés congelés à base de poulet, poisson ou bœuf ! Deux ou trois fois plus chères que leurs équivalents en Guadeloupe et surtout infects. Depuis, je me pince le nez quand j’en ouvre une, elles ont toutes le même goût, les même sauces et la même consistance, en pensant à la plaisanterie de Coluche à propos de Vivagel : « des bouillons Kub et de la sciure ! ». Où sont nos poêlées campagnardes, nos paëllas, nos riz cantonnais, nos lasagnes, nos potées lorraines, nos cassoulets, nos confits de canard,…. ? Heureusement que j’ai encore quelques bons produits bien de chez nous. Mais l’avenir sera sûrement de chercher des petits commerces ou des marchés, avec de la viande, des œufs, du poisson, des fruits et des légumes locaux ! Evidemment il faudra cuisiner, on n’a rien sans rien.

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Et pourtant la présence française à St Thomas est bien réelle !

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Donc j’ai repris la mer vers les ex-Antilles Espagnoles, Vieques et Culebra intégrées depuis 1898 avec Porto Rico aux USA, et qui ont vécu pendant le 20ème siècle une longue éclipse, refermée en 2003, en tant que base de l’US Navy et terrain d’expérimentation d’armes en tous genres. Cela a laissé des traces sévères sur le terrain et dans les cœurs des habitants.

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Courte traversée de 25 milles par un temps encore une fois exquis. A l’arrivée à Culebra, il fallait faire un peu attention pour prendre le chenal assez bien balisé, entre les écueils, patates de corail et autres récifs vicieux. Mais tout s’est bien passé jusqu’au mouillage, à la voile s’il vous plait, dans la plus belle rade visitée jusqu’à maintenant. Parfaitement protégée et bordée de-ci delà de jolies propriétés les pieds dans l’eau. Au fond, le village de Dewey et ses petits restaurants dont les terrasses sur l’eau servent aussi de ponton à annexes. Une merveille !

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Le « hic » ce fût les formalités de douanes et d’immigration, à l’aéroport, après deux kilomètres de marche, auxquelles j’ai passé presque tout l’après-midi, alors qu’il n’y avait qu’un équipage avant moi. Un fonctionnaire de la CBP (Custom and Border Protection) seul, lourdement armé et plutôt gentil, appliquait laborieusement toutes les consignes qu’il devait appliquer et transposait tous les renseignements que j’avais fournis sur les imprimés officiels dans son système informatique.

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Lorsqu’il m’a proposé de prendre une « Cruising License » pour m’éviter à l’avenir toutes ces formalités dans les autres ports américains, j’ai accepté en le remerciant vivement, même si cela coûtait quelques dizaines de $. Si j’avais su, je l’aurais prise à St Thomas où c’est gratuit ! Va savoir pourquoi ? Désormais, pour l’année à venir, il me suffit donc de signaler mon arrivée dans un n’importe quel port américain par téléphone (j’ai même la liste des n°) pour être en règle. Le rêve en théorie, on verra comment cela se passe en réalité.

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Et maintenant, je peux visiter l’île, l’esprit tranquille, avec mon petit vélo. Et bien sûr la merveille des merveilles, la plage de la bahia Flamenco. Une des plus belles des Antilles d’après les connaisseurs. Et c’est vrai, même si, en ce samedi, il y avait pas mal de monde. Le sable blanc, les cocotiers, l’alizé, la mer à 27°, tout y est pour le cliché parfait. Et derrière les dunes, l’équipement sanitaire, les parkings, les poubelles tous les dix mètres et les gardiens de l’ordre, polis mais fermes. « Le vélo doit être laissé dans le parking à vélo et pas ailleurs », na !

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Et ce petit canal qui permet de rejoindre la bahia Sardinia où arrivent les navettes venant de Porto Rico. Il traverse une lagune blottie dans la mangrove où mouillent quelques embarcations locales et qui accueille un petit chantier pour les plaisanciers du coin. Une merveille cet endroit, je vous le dis encore car je le pense vraiment.

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Et, à côté de Culebra, il y une autre petite île, inhabitée celle-là, mais dont la topographie est bien attirante. C’est Culebrita qui porte un grand phare en son sommet. Je ne peux pas résister à l’envie de la visiter aussi. Cette fois les quelques milles du parcours, majoritairement contre le vent seront faits au moteur dans les passes étroites et dangereuses qui la séparent de Culebra.

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Mais cela valait le voyage, même en ce dernier dimanche de janvier. Les puissants yachts de pêche au gros qui sont venus (une douzaine) dans la belle crique abritée de cette île, ne parviennent pas à gâcher le plaisir des yeux et de la baignade.

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Et la découverte à pied des petits chemins de cette réserve sont aussi attrayants, permettant de monter jusqu’au phare au milieu de cette forêt tropicale sèche habitée par des bernard-l’hermite géants, des lézards énormes, et des chèvres sauvages en quantité. Une heure et demie de marche pas toujours aisée, mais bien récompensée par le spectacle et un délicieux bain de mer au retour.

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Et puis, comme partout, à mesure que le jour décline, les bateaux à moteur s’en vont, et seuls trois voiliers restent sur place pour une nuit phosphorescente.

Une grosse journée de mer nous permettra, ce lundi 1er février, d’atteindre San Juan, la capitale de Porto Rico, qui s’annonce passionnante et sans doute plus trépidante que ces derniers jours. Nous nous y plongerons dans l’histoire………….

mercredi 27 janvier 2016

En anglais dans le texte

En rentrant de l’excellent diner que m’avaient offert Marco et Béné sur leur superbe « Pégase Rider », j’ai failli ne pas retrouver Dartag dans l’immense mouillage du Marigot à St Martin. Finalement, il m’attendait sagement à l’endroit où je l’avais laissé quelques heures auparavant rongeant son frein en attendant mon retour.



Du coup, j’ai décidé de partir rapidement pour profiter d’un créneau météo qui me paraissait favorable. Levé à1h le dimanche matin, j’ai levé l’ancre à 1h10 avec l’idée d’arriver aux Iles Vierges (terre inconnue pour moi) alors que le soleil était encore bien haut dans le ciel.



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La traversée fût un régal, presque vent arrière, génois tangonné à babord avec une brise d’ESE 15 à 20 nœuds au départ, fraichissant à 18-25 nœuds à l’arrivée. 12 heures pour 84 milles sans toucher à la barre ni aux écoutes ! Cela m’a rappelé les bonnes journées de ma traversée de l’Atlantique il y a déjà plus de deux ans.

les iles Vierges tirent leur nom de leur beauté et de leur nombre selon Christophe Colomb, en hommage aux 11 000 compagnes de St Ursule assassinées par les Huns au 5ème siècle. Quelle époque !. Elles furent d’abord utilisées par les pirates, corsaires et boucanniers dès le 16ème siècle contre les galions espagnols chargés d’or. Le célèbre Francis Drake amassa ainsi des richesses considérables et fut anobli par le roi d’Angleterre pour ses hauts faits d’armes, trafics en tout genre et enrichissement personnel. Les temps changent !



Elles furent ensuite vouées à la culture du coton, donc à l’esclavage, puis, après sa disparition, à des cultures plus diversifiées. Les îles de l’est furent britanniques dès 1620 tandis que celles de l’ouest furent à tour de rôle, au gré des traités, hollandaises, françaises, anglaises, puis finalement danoises au début du 18ème siècle. Ces derniers les cédèrent aux Etats-Unis en 1917 moyennant une forte somme pour améliorer leur contrôle de la région après l’ouverture du canal de Panama. Aujourd’hui toutes sont essentiellement tournées vers le tourisme : croisières et activités nautiques.

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Les fonds remontent brusquement à quelques milles de Virgin Gorda de 2000 à 20 mètres environ et l’entrée dans la grande baie presque fermée de North Sound est magnifique. Quelques établissements chics occupent certains sites paradisiaques ou petits ilots de ce grand plan d’eau complètement protégé de la mer, mais où l’alizé conserve toutes ses vertus pour rafraichir l’atmosphère et faire tourner l’éolienne.

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Pour la première fois depuis que je navigue aux Antilles, il n’y a pratiquement aucun pavillon français. Comme toujours les anglais sont nombreux, mais la nouveauté ce sont surtout les américains et les canadiens, très nombreux. Et tous les scandinaves sont bien présents.

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Dès le lundi matin, je devais me préoccuper de la « clearance » d’entrée (check in) dans ce territoire très « british ». J’ai cherché un peu, avant de demander à un plaisancier américain s’il savait où était l’office. Il m’a envoyé à l’autre bout de la baie et il avait raison. En attendant mon tour dans ce petit bureau sans fenêtre et donc bien ventilé, j’ai sympathisé avec le capitaine canadien d’un voilier anglais. Puis la charmante douanière« vierge » m’a donné des formulaires à remplir. En attendant le retour de l’officier d’immigration. En une demi-heure et moins de 15 $, c’était fait et valable pour tout mon séjour, y compris le « check out ». Une bonne surprise.

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Je pouvais dès lors visiter tout l’archipel british sans restriction, et je suis parti vers le nord direction Anegada et sa grande barrière de corail à une dizaine de milles. Brise idéale, et mer turquoise me laissaient l’espoir de voir des dauphins ou autres grands animaux. Mais non, rien en dehors des poissons volants et des fous de bassan. Un pêcheur qui posait ses casiers et filets, et c’est tout. Mais ces patates de corail sur lesquels brise la houle sont magnifiques, elles demandent aussi un peu de vigilance pour ne pas s’y planter, d’autant plus que la carte est très approximative. L’ile proprement dite est un plateau calcaire qu’on aperçoit à peine car son altitude maximale doit être de un ou deux mètres. On voit surtout les tas de sel des salines encore exploitées.

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Revenant sur mes pas, le vent a commencé à mollir à 10-12 nœuds et une grosse houle de nord-ouest se levait progressivement pour atteindre facilement trois mètres par moment. Elle n’était pas gênante mais brisait avec violence sur les côtes rocheuses et faisait disparaître les autres bateaux dont on ne voyait plus que les voiles, lorsqu’ils étaient dans un creux.

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Dans ces conditions le fameux site «The Baths », une des principales attractions au sud de Virgin Gorda ne pouvait pas être accessible confortablement. Je l’ai quand même longé de près et cela m’a vraiment fait penser, en moins grand, à Lavezzi en Corse. Il s’agit d’une sorte de chaos de blocs de granit polis et de plages de sable ménageant des espaces dans lesquels on peut se promener ou nager avec palmes, masque et tuba. Les villas construites sur ce site rappellent celles de Cavallo, l’ile sœur de Lavezzi à un kilomètre au nord, si bien intégrées à l’environnement et entourées de végétation luxuriante.

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Et j’ai fini la journée en gagnant Treillis Bay, à l’est de la principale île de l’archipel « Tortola », dans l’axe de la piste de l’aéroport international. Heureusement les avions ne volent pas la nuit et celle-ci fût reposante. Le jour levé, il me fallait trouver une « bouche à $ » pour ne pas être trop rapidement à court de liquide, car apparemment les cartes de crédit ne sont pas aussi facilement acceptées ici. Mais le distributeur de l’aéroport était hors service. Sur le parking des avions, trônaient une belle quantité de jet privés, et, dans la baie toute proche, des grands yachts attendaient probablement que leurs propriétaires arrivent ou repartent après le week-end. Et sur la plage, des artistes expriment leur passions en scupltures métalliques ou en pancartes colorées.

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La brise revenue au niveau d’un alizé normal, j’ai continué mes découvertes, longeant la côte très découpée de Tortola. Je n’ai pas résisté à la tentation de faire un crochet par une autre île, Saint Peter à quelques milles au sud. Dans son grand mouillage de Great Harbour, dont le fond est réservé aux pêcheurs, avec une pancarte très dissuasive (pour moi, à la différence des certains !), je me suis mitonné une fricassée de poulet aux petits légumes, délicieuse. Certains catamarans de location ont parfois de drôles d’allures et comme ils ne se servent pas de leurs voiles on se demande pourquoi les loueurs ne suppriment pas carrément tout le gréement. Ce serait même moins abominable que les silhouettes de bus à impériale surmontée d’une crête de dindon dont ils se parent.

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Le retour à Tortola et la visite du port principal de l’archipel, Road Harbour, est décevante. Cette baie est partiellement exposée à l’alizé, et son côté est, plutôt industriel, m’a fait virer de bord et reprendre le « Sir Francis Drake Channel » vers l’ouest, longeant la côte de St John, jusqu’à Sopers Hole, un des meilleurs abris des Antilles. Evidemment il était bondé et pas une seule bouée n’était disponible. Nous sommes en haute saison !

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Et maintenant passons aux trois Vierges américaines. St John, plutôt délaissée après la révolte des esclaves et la répression féroce qui suivit en 1733 (avec l’aide de troupes françaises venues de Martinique), a été achetée en 1954 par un héritier Rockfeller. Il en a fait cadeau à l’état fédéral (la classe !). pour en faire un parc national, et son accès est très réglementé. Concrètement, la visiter est surtout réservé à des groupes organisés avec des guides. Pas pour moi, donc, je la verrai en la longeant par le nord vers St Thomas. Cruz Bay a quand même l’air assez fréquentée.

Ste Croix à 35 milles dans le sud est vraiment excentrée et d’ailleurs peu visitée. C’est sans doute dommage et il faudra y revenir plus tard, au retour, peut-être. Elle serait la plus authentique ( !), figée dans son passé colonial.

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St Thomas, danoise à partir de 1672, fut mise en valeur par des colons de différents pays d’Europe dont des huguenots français après la révocation de l’édit de Nantes, puis un gros contingent venu de St Barthélémy au début du 19ème siècle. C’était un port franc neutre dont l’opulente richesse provenait de tous les trafics qui y étaient pratiqués par des bandits, pirates et trafiquants en tous genres qui, à St Thomas, laissaient leurs sabres au vestiaire pour y faire leurs fructueuses affaires.

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Le gouvernement des USVI est installé dans la capitale, Charlotte-Amalie, et l’ile connaît depuis les années 50 un fort développement touristique. La population de 48 000 habitants accueille chaque année plus d’un million de croisiéristes essentiellement américains. Quatre de ces mastodontes étaient dans le port à mon arrivée. Les milliers de passagers se lâchent dans les magasins « duty free » installés par centaines sur les quais. Je prendrai peut-être le temps d’ y faire un tour. Curiosité locale, on est bien aux Etats Unis, mais on roule à gauche et les taxis sont énormes, adaptés à leur marché de tourisme de masse au sens propre comme au figuré.

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Les formalités douanières et d’immigration furent presque un plaisir, assisté par une charmante « vierge » américaine. Mais il a quand même fallu passer les deux mains dans le scanner et se faire tirer le portrait pour vérifier que le visa obtenu à grand peine à l’automne était le bon. Et tout cela gratuitement ! Nous voilà parés pour les territoires américains qui feront la suite de l’histoire, Porto Rico et ses dépendances. Mais je crois pouvoir dire que ce paradis a tenu ses promesses. J'y reviendrai plus longtemps.

vendredi 22 janvier 2016

Solitaire

Eh oui, après des fêtes en famille, c’est maintenant le retour aux vieux démons de la mer. Marie-France, très sollicitée et désireuse de faire avancer ses projets terriens, a préféré rester à Paris cet hiver et c’est avec un petit coup de blues que j’ai repris l’avion pour Pointe à Pitre sans elle.

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Après un mois d’immobilité au ponton de la marina, Dartag, resté tout propre à l’intérieur, était déjà partiellement colonisé par la faune et la flore marine à l’extérieur. Et les deux ou trois bricoles qui figuraient sur la liste « à faire » se sont révélées plus nombreuses que prévu.

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Et puis, comme mes bagages étaient chargés à mort de matériel indispensable, et que le colis d’électronique dernier cri imposé par la nouvelle réglementation de la plaisance (la fameuse Division 240) était enfin arrivé, il y avait du pain sur la planche !

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Nouvelle VHF-ASN fixe, nouvelle balise EPIRB de détresse, nouveau sac à spi, nouvelles extension latérales pour le bimini, nouveaux vide-poches souples de rangement,….. tout cela est bel et bon et il s’y ajoute le grippage de l’inverseur du Suzuki, le remplacement d’une latte douteuse et finalement cassée, l’ouverture des passages nécessaires aux bouchons et aux avirons dans la protection de l’annexe, le montage de la vidange de l’eau de condensation du frigo, bref la routine du plaisancier qui cherche, sans jamais y arriver, à en finir avec les aménagements et améliorations de son bateau !

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Ah, j’oubliais ! Il faut refaire les pleins de la cambuse, solides, liquides, condiments, shampoing, pharmacie, détergents,…. etc. Cinq aller et retour avec la charrette de la capitainerie pleine, histoire de ne manquer de rien, mais mes listes sont-elles bien au point et à jour ? Il ne devrait y avoir que le frais à réapprovisionner lors des escales futures. Mais comment peut-on mettre tout cela dans un petit bateau ? Il y a aussi la lessive, histoire de partir avec du linge propre.

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Finalement avec quatre jours de retard sur ce qui était prévu, et un week-end à Marie-Galante pour nettoyer la carène en étrennant le nouveau narguilé « home made », il était temps de prendre congé de tous ces professionnels et amis sans qui rien ne serait possible. Les apéros et repas d’au revoir ont duré deux jours et donné lieu à quelques effusions bien agréables : « comme tu as de la chance de partir » « on serait bien venu avec toi » « pense à nous et envoie nous des nouvelles et des photos »,…trop délicieux.

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Du coup, ce n’est qu’en fin d’après-midi du mercredi 20 que j’ai largué les amarres, aidé par le marinero de la capitainerie pour un appareillage en solitaire, à destination de Saint Kitz avec la délicieuse perspective d’une nuit en mer par beau temps et lune presque pleine.

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La brise d’Est de 15 à 20 nœuds s’est renforcée à 25-30 nœuds dans le canal des Saintes que j’ai embouqué à la tombée de la nuit, bien décidé à poursuivre vers l’ouest suffisamment longtemps pour ne pas me planter dans les calmes du côté sous le vent de l’île. Et 10 milles ne furent pas de trop. Au petit matin, nous passions Montserrat d’assez loin aussi. Quelques grains et manœuvres de réductions de voilure plus tard, le ciel s’est dégagé et, après Nevis, où nous avions mouillé une courte nuit il y a deux ans, c’est sous un chaud soleil que Dartag fit son entrée dans la baie de Basse-Terre, capitale de St Kitz, presque bouchée par trois énormes paquebots de croisière. 138 milles parcourus en 22h sans une goutte de mazout, c’est plutôt sympa.

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Par contre, pour l’accueil des voiliers, c’est la misère. Une petite marina est occupée par des promène-couillons et quelques pêcheurs, et le mouillage à l’ouest est très rouleur, vraiment dissuasif. Celui de l’est, théoriquement plus abrité, héberge le terminal pétrolier et n’est pas très accueillant. Deux vedettes d’autorités officielles s’approchent et me donnent des ordres contradictoires. Finalement, alors que j’allais reprendre la mer, ils tombent d’accord sur un endroit où je ne gênerai personne. Bon, ça roule un peu, c’est moche, mais c’est acceptable.

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Décidé à faire les formalités de douane et d’immigration, je saute dans le zodiac et file à la marina où sont les bureaux de ces organismes. Hélas, il n’y a aucun moyen de débarquer en laissant l’annexe en sécurité et, en plus, avec tous ces aléas, les bureaux sont fermés (à 15h). Tant pis, j’abandonne et je partirai avant l’aube demain matin.

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Evidemment j’ai un petit regret de ne pas visiter St Kitz qui d’après mes guides a son charme et une histoire, mais ce sera peut-être pour une autre fois. Et puis tout seul, c’est moins attrayant !

En fait de lever matinal, il le fût ! En appareillant à 3h 40, la pleine lune était bien présente, et cela m’a rendu service pour éviter les multiples chalutiers, coffres et bouées que j’avais repérés la veille.

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Belle traversée au grand largue sous le soleil longeant les volcans qui parsèment la route vers St Martin.

Saint Eustache, aussi nommée Statia, est une petite île hollandaise dépendant administrativement, comme Saba un peu plus loin, de Sint-Marteen. Au 18ème siècle elle fut surnommée le « rocher d’or ». Après les luttes entre les marines anglaise, hollandaise et française pour en prendre le contrôle au 17ème siècle, elle fût colonisée en 1713, après le traité d’Utrecht, par des juifs hollandais (des bataves, pas des fans du bouffi) qui en firent un des ports francs les plus actifs des Antilles, surfant ensuite sur la guerre d’indépendance des USA pour développer leurs affaires.

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La prospérité de ses 8000 habitants atteignit alors des sommets. Mais ils accueillirent à Orangestad le 16 novembre 1776 le premier navire de la nouvelle flotte de guerre américaine avec beaucoup d’honneurs. C’était trop pour les anglais qui, cinq ans après, envoyèrent une flotte commandée par l’amiral Rodney qui détruisit et pilla totalement l’île, ne laissant que 1500 habitants vivants (sacrés anglais !).

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Elle ne s’en remit pas et aujourd’hui ses 3000 habitants vivotent d’agriculture et de tourisme. Ils ont quand même réussi à s’imposer comme un des plus importants dépôts pétroliers des petites Antilles (sacrés hollandais !), dont les cuves sont construites même au sommet des collines. Le mouillage et le trafic des navires pétroliers en est une manifestation bien visible.

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Passant par l’ouest de St Martin pour rejoindre au nord la partie française, la grosse houle m’a un peu surpris par son l’ampleur et ses déferlements chaotiques sur les bancs de sable de cette côte basse. Il fallait passer bien au large. Mais après un dernier louvoyage de trois milles, l’entrée dans la baie du Marigot est sublime et ce grand mouillage très bien fréquenté est abrité. A moi la sieste !

La suite ce sera les Iles Vierges,…… mais chut, le paradis annoncé tiendra-t-il ses promesses ?

dimanche 06 décembre 2015

Travailleurs de la mer

L’automne européen fut un été indien et il s’est très mal terminé par l’abominable tuerie des fous de Dieu à Paris. L’horreur de l’horreur ! Et dire que nous avions déambulé, insouciants, dans ce merveilleux quartier du Marais quelques jours avant ! Nous ne sommes vraiment pas grand-chose.

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Moins d’une semaine après, nous prenions l’avion pour Pointe à Pitre et y avons retrouvé Dartag qui nous attendait sagement amarré sur ses quatre bouées dans le lagon bleu. ! Après presque sept mois d’immobilité, il n’était ni moisi à l’intérieur, ni bourré de cafards, ni dévoré par les rats, juste un peu sale à l’intérieur et à l‘extérieur. Seule la carène semblait colonisée par la faune et la flore tropicales, moules et huitres y ayant largement pris pied, si j’ose dire.

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Par précaution, nous avions réservé un hôtel pour une nuit, mais à la limite nous aurions pu nous installer à bord dès le premier soir, car l’essentiel était opérationnel, en particulier l’eau potable, les sanitaires et la prise d’eau du moteur, une bonne surprise.

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La mauvaise était que le rendez-vous pris un mois plus tôt, pour sortir le bateau de l’eau le 19/11 ne pouvait pas être honoré en raison de l’encombrement du terre-plein. Mais cela n’était pas plus mal, car nous avons eu le temps de ranger nos affaires, faire le ménage et préparer le carénage, le premier depuis le départ en mai 2013, et il s’annonçait lourd.

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Nous avons aussi pu profiter de près des festivités organisées autour de la Mini transat dont l’essentiel des concurrents est arrivé en même temps que nous. Ambiance jeune et internationale, et chapeau à tous ces jeunes skippers ! Une manifestation a été aussi organisée par la capitainerie pour inaugurer le quai Florence Arthaud et la place Laurent Bourgnon, deux anciens vainqueurs de la Route du Rhum, tous deux disparus prématurément cette année.

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Nous nous sommes aussi offert une journée de plage, et la grosse houle de l’atlantique, brisant sur la plage de la grande anse de Deshaies, a quelque chose de magique, comme la température de l’eau de mer, à peine en dessous de 30°. Ce fut aussi l’occasion de faire quelques emplettes à la rhumerie Longueteau, la plus ancienne de Guadeloupe en pensant à vous !

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Dès le lundi nous nous sommes mis au boulot, au début avec l’aide de travailleurs venus de la Dominique toute proche. Quatre jours de labeur intense pour gratter la coque de tous ses parasites et aussi des couches de peintures accumulées depuis 2007. Par 32° à l’ombre, avec 95% d’humidité et des hordes de moustiques minuscules mais hyper agressifs, c’est une vraie galère, mais il fallait le faire.

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Il nous restait ensuite à refaire l’étanchéité du revêtement de la quille, boucher au mastic époxy les petites irrégularités de surface, refixer la protection de la jupe, passer un primaire d’accrochage, réviser l’hélice et la transmission, coller une nouvelle jupette du saildrive, enfin refaire la totalité de l’antifooling sur les œuvres vives.

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En sept jours, dans le bruit et la poussière du chantier nous avions fini, auprès de voisins de galère agréables, Stéphane et Yannick, avec qui nous avons noué des liens susceptibles de durer.

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Et le 30 novembre, comme prévu, nous avons pu remettre Dartag à l‘eau, presque comme neuf, pris en charge par le grutier expert du portique de levage de 35 tonnes, capable de passer à quelques millimètres des bateaux voisins sans les toucher.

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Après deux jours au ponton pour achever les travaux et le réarmement, rembarquer les voiles et la survie révisée, le bimini tout neuf, faire les pleins de la cambuse et des réservoirs, réviser le moteur et l’annexe,… nous étions prêts à reprendre la mer, enfin !

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Une première nuit au mouillage de l’ilet à cochon nous a réconciliés avec la vie à bord. La fraîcheur du soir, la douceur le l’alizé, l’absence de poussière de bruit et de moustique, le doux bercement du clapot du lagon, c’est le rêve !

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Dès le lendemain, après une dernière formalité à terre, nous avons appareillé pour Les Saintes où des amis nous avaient annoncé leur arrivée. La traversée d’à peine plus de trois heures, avec un vent idéal et une mer magnifique, nous a rappelé d’excellents souvenirs. Michel et Françoise, venant de Dominique, étaient déjà là, et depuis nous partageons avec eux les explorations de criques locales, les promenades à terre et surtout la cuisine gastronomique à laquelle ces dames s’adonnent un jour sur deux. Ah ! le colombo de poulet des Saintes aux tomates pelées et petits légumes, ou les boulettes de boeuf revenues aux petits oignons roses, quel régal !

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Et en plus, nous profitons du ballet aérien des pélicans bruns ou des fous de bassan qui se tapent goulûment la cloche dans les bancs de poissons multicolores de nos mouillages. Ces oiseaux magnifiques et d’une habileté incroyable parviennent parfois à suspendre momentanément nos conversations sérieuses ou nos histoires à dormir debout, lorsque le punch « bateau » (on dit aussi « maison ») nous en laisse la lucidité.

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Vive les vacances bien méritées.

Elles s’interrompront le temps des fêtes de fin d’années où nous rentrerons en métropole, puis nous repartirons vers les iles du nord et les grandes Antilles au début de l’année prochaine.

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