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jeudi 10 mai 2012

Après un dur hiver

Il a gelé jusqu'à moins douze degré en février 2012 à Port Leucate, au point de faire geler les étangs superficiellement. Inouï ! Mais, contrairement à certains voisins, tout marche à bord, y compris le circuit d'eau douce sous pression qui n'a pas subi de dommage. Au poil coco, un de mes meilleurs hivernages ! Heureusement que j'avais laissé tous les robinets intérieurs ouverts en quittant le bateau à l'automne.

beau temps à Port Leucate

Mais, entre les deux tours de la présidentielle, le beau temps se précise et incite à réarmer le bateau. Hop ! on charge la bagnole de tous les équipements, nécessaires ou non à une belle saison en méditerranée, et on roule vers le chantier.

retouches initiales

Les 400 kilos d'armement chargés à bord et un bon rinçage des miasmes de l'hiver à la Karcher effectué, les travaux peuvent commencer.

Il faut étaler huit kilos d'antifooling rouge en forçant sur les endroits sensibles : flottaison, appendices, partie avant. Trois demi-journées le rouleau à la main, protégé par une combinaison blanche pour épargner les vêtements et chaussures, finalement ce n'est pas la mer à boire ! Finalement le plus emmer.... c'est de coller du papier de masquage qui se casse en refusant de prendre les virages. L'année prochaine j'essaierai d'en trouver un meilleur.

c'est fait

Ainsi, à la prochaine occasion d'un beau temps persistant, la remise à l'eau sera rapide.

lundi 27 février 2012

Et pourtant elle tourne !

Après plusieurs saisons de bons et loyaux services, je commençais à douter de mon éolienne, pourtant réputée, puisque plus de cent mille exemplaires ont été vendues dans le monde sous différentes variantes, marines, terrestres, pour vent forts ou pour brises modérées, etc...

Malgré deux allers et retours au service après-vente d'ENR Boutique qui me l'avait vendue, ma vieille AirX Marine 400 me donnait du fil à retordre cette dernière saison.

nouvelles pales

Un panne intermittente se manifestait par des arrêts précédés d'un "clonc", puis après quelques secondes de rotation lente, elle repartait avec une vitesse et un production normale, jusqu'au "clonc" suivant, et ainsi de suite.

Le malheur, c'est que la fréquence de ces arrêts devenait de plus en plus grande au point de neutraliser presque totalement la production, sans pour autant réduire la trainée induite (négligeable, certes) ni même le bruit (bien maitrisé avec le changement de pales).

De nombreux contacts avec des utilisateurs et vendeurs de cette belle machine m'ont d'abord conduit à vérifier entièrement l'installation à bord et même à faire un essai en la court-circuitant complètement, au moyen d'un câble provisoire, des bornes de sorties à la batterie principale. N'ayant rien détecté de suspect et son comportement étant identique, je commençais à me laisser gagner par le découragement au point de lorgner honteusement sur les modèles concurrents dont certains lui ressemblent de manière troublante.

ressemblance troublante

Avant de sacrifier la bête, il m'est venu à l'idée qu'elle pouvait être atteint d'un Alzheimer précoce, car la mécanique étant impeccable, ce ne pouvait être que le cerveau qui était atteint. Je me suis donc résolu à essayer de changer la carte de régulation électronique interne, pour voir si une telle "greffe" serait couronnée de succès.

cerveau Alzheimer

Les devis de fournisseurs français pour la simple fourniture de cette pièce tournaient autour de 200 à 250 euros hors taxes plus le transport. Cela fait beaucoup pour un essai, d'autant plus que le rapport très succinct de la dernière intervention du service après-vente (facturée 94 euros mais non payée en attente des essais) précisait que la machine était remise à l'état neuf.

Heureusement, le site du fabriquant californien, très complet, fournissait la liste de toutes les pièces détachées pour chaque machine, par numéro de série. J'y ai trouvé facilement les références exactes de la pièce idoine pour la mienne, au prix de 125 US$. Le hic, c'est qu'il n'expédie pas en dehors de l'Amérique du Nord. Il me fallait trouver un correspondant sur place, ou profiter d'un voyage outre atlantique pour la récupérer.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et trois semaines plus tard, j'avais le paquet d'environ 200g, parfaitement emballé et intact. Coût total: 139 US$. Presque trois fois moins cher, bingo ! Les documents inclus comprennent des instructions détaillées de huit pages, à usage de l'amateur, pour l'échange de la carte et de tout son environnement, illustrés de photos et de variantes selon les difficultés rencontrées. Jamais je n'avais vu une telle précision dans un mode d'emploi. Même les outils spécifiques nécessaires étaient fournis, y compris les bracelets équipotentiels !

chantier

En démontant l'éolienne, j'ai eu la désagréable démonstration qu'elle n'avait pas été ouverte lors des deux envois au SAV d'ENR Boutique devenu entre temps SOLARWEBSTORE. Heureusement que je n'avais rien payé, mais c'est vraiment nul d'avoir le sentiment d'être pris pour un nigaud.

En effet, le balai de mise à la masse du corps était grippé dans son logement, ne pouvant donc plus assurer sa fonction que de manière intermittente, et de plus en plus rare au fur et à mesure de son usure. La panne venait certainement uniquement de là. Mais j'ai quand même changé la carte par acquit de conscience, gardant l'ancienne en réserve.

nouvelle entretoise

De plus, la position du collecteur du pivot n'étant pas parfaite par rapport aux trois balais, j'ai profité de l'occasion d'avoir démonté entièrement la machine pour intercaler une entretoise en AU4G de 2,4 mm d'épaisseur dans le pivot, permettant de les remettre exactement à la bonne hauteur.

cerveau neuf

Il ne restait plus qu'à refermer l'ensemble et faire quelques essais avec un entrainement souple par perceuse pour s'assurer que tout allait bien. Après cette révision générale, mon AirXMarine sera à nouveau, la saison prochaine,à la place qu'elle naurait jamais du quitter. Vive la greffe de cerveau !

vendredi 17 février 2012

2010 et 2011 Interludes en Méditerranée

2010-2011 – Quatrième et cinquième saisons sur Dartag

Après la magnifique croisière de cinq mois en Grèce lors de la saison 2009, les nouvelles ambitions nées se sont heurtées à quelques petits soucis familiaux ou de santé, tout à fait indépendants, mais il fallait s’en occuper en repoussant à plus tard les projets de chevauchées au long court.

Ainsi les saisons 2010 et 2011 furent consacrées à purger les petites faiblesses constatées à bord, remplacer les équipements ou accessoires défaillants et continuer la préparation du bateau pour une autre croisière de longue durée à venir.

- remplacement des vannes de coque tendant à se gripper

- reprise d’étanchéité des hublots du carré

- découpage des planchers pour accéder aux cales

- renouvellement et mise au point du jeu de voiles (Clipper voiles)

- révision bimini et capote

- nouvelle annexe (Zodiac Fastroller ActiV 285) et moteur hors bord (Suzuki 6cv)

- mise service d’un hydro générateur Aquagen 4

- complément de panneaux solaires (nouveau panneau souple 68w amorphe)

- révision générale Eolienne AirX marine

- remplacement des girouettes et feux de mouillage

- nouvelle jauge à gasoil électrique

- masticage des petits éclats de gelcoat

- installation d’une passerelle pliante en alu

- montage d’une manivelle de winch électrique MODEA

- réparation de la télécommande de pilote Raymarine (4 mois au SAV)

- amélioration de l’installation TV avec pose d’un support orientable

- Révision moteur Volvo 400h

Pour ce qui concerne la navigation, nous nous sommes contentés de petite sorties familiales le long des côtes de Camargue, du Var et de la côte d’Azur ainsi qu’en Corse et Sardaigne. Ce fût aussi l’occasion de naviguer de concert avec Frédéric sur son Tangaroa tout neuf, un magnifique First 27.7, ou avec d’autres voiliers amis. La participation aux Régates Royales en 2010 et une visite au Salon de Cannes en 2011 complètent ce modeste tableau.

Une anecdote survenue en septembre 2010 en Corse su sud, en passant à proximité du phare des Moines par toute petite brise : alors que je venais de remettre ma ligne de traine à l’eau après la sortie du périmètre protégé, un vedette de l’administration du parc venant du fond de l’horizon plein tube, me rattrape et menace de me verbaliser pour pêche illicite ( ?). Finalement, après pas mal de palabres, et probablement en constatant que Dartag est immatriculé à Ajaccio, les préposés renoncent à leur funeste projet, mais pour marquer leur pouvoir, décident de m’arracher ma ligne en passant rageusement dessus jusqu’à ce qu’elle lâche. Bravo, et merci messieurs !

A noter que les quelques traversées effectuées au cours de ces deux saisons l’ont été entièrement à la voile, par brise maniable et favorable, ce qui est rare en méditerranée. Cela implique de choisir les dates de départ et de retour en fonction de la météo, et donc de prendre son temps ou des marges de manœuvre si l’on a des rendez-vous à respecter. Privilège de retraité !

Résumé de ces deux saisons en quelques chiffres :

- milles parcourus : 11072 - 8010 = 3062 NM

- heures de moteur : 394.1 - 318.6 = 75,5 h

- ratio voile : 40,55 milles pour une heure de moteur

- consommation totale de gasoil : 117+113 = 230 litres

- soit une moyenne de : 3,04 litres à l’heure (à surveiller, c’est plus que d’habitude, à moins qu'il n'y ait une erreur quelquepart).

jeudi 02 février 2012

Made in Greece

Ah le linge sale ! une préoccupation bien constante et parfois lourde de corvées en croisière.

L'idée d'une petite machine comme il en existait autrefois sous la marque CALOR, me trottait dans la tête depuis un moment. Et en prospectant, avec les mots-clés qui vont bien sur la toile, sont apparues des possibilités presque inimaginables pour mon esprit sans doute pas suffisamment tourné vers les tâches ménagères.

Le développement des vacances nomades a permis l'éclosion d'une gamme très riche de lave-linges légers et faciles d'emploi pour des petites lessives peu gourmandes en énergie et en eau. Exactement ce que je cherchais, et en plus on en trouve à tous les prix, automatiques ou manuelles, éventuellement chauffantes et séchantes, neuves ou d'occasion. Incroyable !

Elles ont toutes un point commun, du à l'obligation de légèreté, elles n'essorent pas. Il faut donc tordre le linge après lavage, avant de l'étendre ou éventuellement de le remettre dans la machine pour le sécher, s'il s'agit d'un modèle séchant.

D'autres caractéristiques font penser que les composants de base sont identiques, et que les machines vendues sous différentes marques sont en fait des assemblages labellisés NOVA, SIEMENS, CARAD,.... j'en passe et des meilleures, dont l'origine est essentiellement belge, mais aussi italienne, française ou grecque. Mais, va savoir d'où elles viennent........

Carad automatique

Finalement mon choix s'est porté sur un modèle CARAD semi automatique fabriqué en Grèce (tant mieux, j'ai une vraie tendresse pour ce pays), dont le propriétaire avait fait un usage modéré, lors de ses croisières estivales et n'en avait plus besoin.

comme une grande

Il possède presque tout d'une machine à laver de ménage, electrovanne de remplissage sur le réseau sous pression du bord ou du quai, pompe de vidange, chauffage, thermostat, programmateur, etc...

Commandes

Le tableau de commande fait presque rêver et permet de sélectionner la température et la durée du cycle,

tambour tournant

Et, comme dans une vraie, il y a un tambour tournant, qui est le coeur de la machine, car c'est lui qui lave et qui sèche. Une vraie petite merveille !

Pour les points à surveiller sur un voilier, encombrement, consommation d'eau et d'électricité, il faudra trouver des compromis, mais on a rien sans rien. Pour trois kilos de linge, il faut compter, pour un cycle complet, environ trente litres d'eau douce et une heure de fonctionnement du groupe électrongène (la machine consomme moins de 200w en 220v), pendant laquelle on pourra aussi faire tourner le dessalinisateur si l'on est au mouillage. Mais la résistance de chauffage ne sera pas utilisée car elle dépasse la puissance du groupe. On prendra donc l'eau chaude sanitaire du bord. Si l'on est en escale dans un port, ces problèmes ne se posent pas, mais, de toute façon, on évitera d'avoir à passer une demie journée ou plus dans une laverie, en fonction de la queue.

Conclusions sur ce choix à l'automne 2012, après une saison de pratique en équipage.

dimanche 09 octobre 2011

Juste avant l'hiver ?

Le port du Cap d'Agde est plutôt agréable en cette fin de saison et le quai d'accueil est peu fréquenté. En plus des rigolages en famille, c'est le lieu idéal pour remonter en tête de mat et remplacer les ampoules défaillantes par des led, aussi bien pour le feu tricolore que pour le feux de mouillage.

Cap Leucate au crépuscule

Mais la très belle météo de ce début d'automne était une invitation à reprendre la mer, cette fois pour la dernière étape, celle du retour au bercail. Avec des conditions anticycloniques, il ne fallait pas s'attendre à un rush dans les embruns. Au contraire, nous avons eu plutôt les brises de demoiselles tournant du nord-est le matin, au sud-est dans l'après-midi, et même au sud, à la tombée du jour.

Coucher de soleil sur les Corbières

Ces trente cinq derniers milles, pépères, se sont donc terminés par quelques bords au crépuscule devant le cap Leucate jusqu'au coucher du soleil sur les Corbières. Une dernière nuit au mouillage devant le village naturiste, et l'entrée dans le chenal par calme plat, nous changent des habitudes de ce littoral, un des plus venté de France.

Calme plat à Port Leucate

Petite marina privée

Avec la voiture le long du quai, le désarmement pouvait commencer dans d'excellente conditions, agrémenté par des récréations permises par ce beau temps calme, et notamment une découverte en Zodiac de petits coins et îles de l'étang de Leucate, où quelques propriétaires de villas ou promeneurs, se sont organisé des sortes de paradis personnels peu connus, à l'abri des grands axes touristiques.

Paradis sur l'étang de Leucate

Le grand portique

Une fois les quatre cent kilos d'équipements et provisions de croisière débarqués, Dartag, saisi délicatement par le grand portique, a pu retrouver son aire de repos hivernale chez nos amis de Krysber Marine, toujours aussi accueillants, malgré la réduction significative de l'espace qui leur a été concédé par l'administration du port.

prêt pour l'hiver

Ces deux dernières saisons, relativement peu actives (environ 3000 milles parcourus), mais encore bien utiles à la connaissance et la mise au point du bateau, feront l'objet d'un prochain bilan. Nous entrons maintenant dans la période des travaux et améliorations d'hiver qui alimenteront les prochains billets. Les listes continuent à prendre de l'ampleur en prévision du grand départ prévu en 2012.

samedi 24 septembre 2011

Septembre bleu

Après Cannes, il a fallu se résoudre à finir l'été et rentrer pour l'hivernage. Laissant les jeunes profiter de la belle arrière saison à Hyères, Dartag a commencé à refaire de l'ouest avant le coup de vent prévu les 18 et 19 septembre.

Nous disposions de deux jours de petit temps avant, pour trouver un abri confortable.

Coucher de soleil aux Embiez

La première escale fut les Embiez. Un voilier déjà repéré en août dans les iles d'Hyères s'y trouvait à notre arrivée. Il s'appelle "Ourine et Tourine" et est facilement reconnaissable avec sa peinture zébrée en bleu. Son skipper, naviguant souvent en solitaire, rentre d'un long périple en Méditerranée est, notamment en Turquie, dont il conserve des souvenirs enthousiasmants. Un de plus, qui nous incitera à y aller également dans quelques années.

industrie à Fos

La deuxième, difficile à atteindre avec des vents de plus en plus faibles, fut pour le golfe de Fos. Après une première nuit derrière la Gracieuse, bien à l'abri de la petite houle de sud, un orage précurseur écourta notre sommeil pour aller se mettre à l'abri du coup de vent de nord-ouest imminent. Bien sûr l'environnement à proximité de la pointe St Gervais n'est pas extraordinaire. L'industrie lourde, avec son aciérie et ses raffineries dispense généreusement les fumées, nuages de poussière, et odeurs moins agréables que le chant des cigales des criques de Porquerolles. En revanche, les fonds tiennent parfaitement et il n'y a ni houle ni clapot dans ces conditions.

40 noeuds à Fos

Heureusement, car la tempête, parfaitement prévue par les bulletins météo, fut musclée. Trente à quarante noeuds, rafales à quarante cinq noeuds, pendant trente-six heures. Malgré le bruit et les embardées au mouillage, ce fut le temps du repos et de la lecture. Comme de surcroit, les réseaux 3G et TNT sont parfaits, il n'y avait aucune raison de se plaindre, juste à patienter en attendant l'amélioration prévue pour mardi 20.

dans la brise

Partant en fin de matinée avec encore 25 à 35 noeuds de nord, nous sommes passés devant la Camargue avec un vent fort mais quasi portant. Evidemment en fonçant à 7-8 noeuds dans le clapot court, l'excellent rinçage à l'eau douce des pluies du week-end a été anihilé. Plusieurs voiliers croisés, dont un grand d'environ 25m sous trinquette seule, fonçant sans doute à dix noeuds, nous ont encouragé car, s'ils étaient partis pour faire de l'est, c'est que le vent serait sans doute plus maniable dans notre direction.

Effectivement, le déroulage de la toile à commencé en passant au large des Saintes Maries et nous avions toute la toile devant l'Espiguette. Une heure plus tard le vent tournait au sud-ouest 6 à 8 noeuds. Il a tenu, avec quelques bégaiements, jusqu'au coucher du soleil. ensuite il a fallu compter sur la risée Volvo pour gagner Frontignan.

le port des pauvres

Cette escale technique était motivée par quelques petites améliorations à effectuer chez Clipper Voiles, maitre voilier qui m'avait confectionné l'excellente garde-robe de DARTAG. Le changement des trois lattes de la Grand'voile et le renfort des goussets était nécessaire pour assurer une meilleure tenue de l'ensemble dans la brise et la rendre plus endurante en vue du grand voyage que nous préparons pour 2012. Une journée a suffit pour cette intervention accompagnée d'une contrôle soigné du génois, en parfait état, et nous avons repris la mer dans les conditions anticycloniques annoncées pour toute la fin du mois.

escale au Cap d'Agde

Un week-end en famille au Cap d'Agde, bien agréable avec le calme de ces chaudes journées d'automne, nous a permis aussi pour la première fois de débarquer sur l'ilot volcanique du Brescou, résidu d'une éruption récente du Mont Saint Loup, tout proche, et de découvrir le Fort construit juste à la sortie du port aux 16 ème et 17ème siècle. Il est en mauvais état, au point que les visites de l'intérieur ne sont pas possibles. Son histoire militaire est fortement lié à la lutte contre les anglais et les espagnols, mais aussi aux guerres de religions en France. Ainsi y furent emprisonnés de nombreux huguenots après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685, dont Etienne Durand, père de Marie Durand, très liée aux fameux camisards cevenols.

Fort de Brescou du large

panoramique du Fort du Brescou depuis la plage ouest

lundi 19 septembre 2011

Luxe, frime, fric,.... et bonheur !

Le festival de la plaisance de Cannes prend place parmi les animations de fin d'été de cette station balnéaire mondialement célèbre.

En cette année d'incertitude financière, pour ne pas dire de crise, cela pouvait êtrte intéressant d'y faire une visite, pour voir comment les exposants et le public répondrait à l'appel des organisateurs. C'était aussi l'occasion de rencontrer des spécialistes en matière d'équipement, à moins d'un an de notre départ pour un grand voyage.

Créole

Quittant Porquerolles, sous les yeux de Créole, par une bonne brise d'ouest, il ne fallut pas longtemps pour être au cap Camarat. Une heure plus tard, après quelques puissantes rafales et pas mal d'hésitations, le vent tombait, ne laissant qu'un méchant clapot d'un mètre en provenance du golfe de St Tropez. La mort dans l'âme, je tournais la clé de contact, mais, aussitôt embrayé, de fortes vibrations aussi bien en marche avant qu'en marche arrière me faisaient penser à un détritus pris dans l'hélice.

Après avoir rentré toute la voilure et bloqué la barre à babord toute, une plongée en apnée suffit pour éliminer l'intrus, une grande feuille de plastique, malgré les mouvements du bateau dans ce clapot résiduel. A peine remonté à bord, une reprise du vent nous permettait de nous approcher d'Agay, avant qu'il ne tombe de nouveau puis revienne de l'est à 8-10 noeuds. Quel bonheur de rallier Cannes au coucher du soleil avec cette brise régulière ! Le mouillage de Ste Margueritte est toujours aussi accueillant.

Croisette masquée

Au réveil le jeudi matin, la vue sur la croisette était quasiment obstruée par les immenses motors yachts mouillés par dizaines dans la baie parcourue par leurs puissantes annexes et les derniers modèles des exposants cherchant à séduire des clients potentiels pour ces montres de puissance.

les grands à Cannes

Dans le vieux port, le salon à flot regroupe les principaux chantiers de voiliers, présentant plutôt leur haut de gamme, et surtout une impressionnante collection de constructeurs, brookers, vendeurs de maxi motor-yachts longs de 25 à plus de 50 mètres, déplaçant des centaines de tonnes, équipés de moteurs de 1500 à 4700 chevaux-vapeur et dont les réservoirs peuvent contenir jusqu'à 70 000 litres de précieux gasoil. Il y a aussi nombre de vedettes rapides dont le bruit est un élément de séduction fondamental.

vive les couleurs

Sur le plan esthétique, je devrais dire "design", la tendance se confirme d'année en année. Les étraves sont plus verticales et même inversées comme s'il s'agissait de sous-marins. Le "must" semble être l'annexe qui est un modèle réduit du yacht principal. Naturellement la noblesse des matériaux, la qualité des peintures et des vernis, la variété des couleurs est immense. Certains, dont les coques sont noires et les vitres tellement sombres qu'on les diraient noires aussi, font penser aux films de James Bond ou à des navires furtifs qui seraient invisibles la nuit pour mieux apparaitre le jour. Un comble !

Le grand et son modèle réduit

l'annexe idéale

Ce monde du luxe, de la frime et de la mode n'est pas le mien , mais après tout, pourquoi pas ?

A propos des équipements, je souhaitais appronfondir quelques questions techniques avec les fournisseurs. Sur ce plan, ce millésime était moins riche que je ne le pensais, et je suis resté partiellement sur ma faim. J'ai quand même pu rapporter quelques bricoles et informations qui me rendront service l'hiver prochain.

vitesse 8 noeuds

Le retour vers Hyères me prit trois jours. La vent d'est de 10 à 15 noeuds était trop tentant pour ne pas en profiter, et au lieu des 55 milles de la route directe, j'en fis 155, juste pour le plaisir, essayant par la même occasion de prendre un beau poisson. Mais lorsque la vitesse oscille entre 7 et 8 noeuds cela doit être un peu rapide pour les bonites ou les thons car je suis rentré bredouille. Le plaisir des escales tranquilles dans des mouillages de rève, quasiment déserts à la fin de cette saison, alors que l'eau de mer est encore à plus de 25°, est immense aussi.

Cette fois, c'était deux fois le temps, trois fois la route et quatre fois le bonheur. C'est simplement dommage de na pas avoir pu en profiter à deux. Heureusement la vraie retraite approche.

samedi 03 septembre 2011

Vous avez dit bizarre !

Après l'aller-retour Corse Sardaigne de la première quinzaine de juillet, l'été devait être majoritairement consacré au repos, aux amis et à nos familles à Hyères. Sans compter les différents bricolages indispensables à bord ou à terre.

Tangaroa et Dartag à Hyères

Première surprise avec l'arrivée sans crier gare de Tangaroa, car la météo très dissuasive du week-end du 14 juillet lui a fait préférer les côtes varoises plutôt que les espagnoles.

Balisage à Hyères

La deuxième a été la découverte du plan de balisage estival de la rade d'Hyères: un monument de bureaucratie et de combines affreusement complexifié par l'action des groupes de pression ou lobbies de toute sorte. Même la police municipale, n'y comprenant rien, se contentait de tout interdire y compris le débarquement des annexes sur la plage. On imagine les textes kafkaiens à l'origine de ce document destiné au grand public, et l'arrachage de cheveux de l'agence de communication chargée de le composer.

La troisième a été le temps froid et venteux de cette deuxième quinzaine de juillet. la température de la mer est descendue jusqu'à 14°.Du jamais vu à cette période. Bon, il a bien fallu faire avec.

Préparation pour la tente

L'affluence familiale prévue pour cet été nécessitait un accroissement de la capacité d'accueil. Sous forme d'une tente c'était jouable, à condition de préparer le terrain et de choisir le bon emplacement à l'ombre des pins. Quelques heures de terrassement et le défrichage des griffes de sorcières, puis la pose d'un tapis de sol verdoyant seront nécessaires avant de la planter.

Sortie de la Huguenotte

Enfin la remise en service du petit canot familial, gréé en ketch de 3,80 mêtres de long, arisé pour la grosse brise, fût un grand moment de plaisir. Il contribue à faire de la jeune génération de futurs marins.

8ème merveille

Le mois d'août commença avec l'arrivée de Corentin, huit mois, et huitième merveille du monde, premier représentant de la troisième génération de la branche ainée de la famille. Ses cousins, oncles et tantes n'avaient d'yeux que pour lui.

Normalement, on peut s'attendre à un temps magnifique à Hyères pendant ce mois. Tous les coups de vent et les orages glacés ayant été concentrés en juillet, il n'y avait plus que du soleil, des brises maniables et une eau à plus de 25°, et même jusqu'à 27,8° à se mettre sous la dent. une vraie bénédiction pour tous ceux qui avaient eu la bonne idée de choisir cette période.

mouillage au Langoustier

Vous comprendrez donc mieux l'empressement de tous pour les sorties à la voile.

foule à bord

Avec de plus en plus d'équipiers acharnés à profiter des îles toutes proches.

futur moussaillon

Et bien sûr la volonté de tous de se tranformer en mangeur d'écoute.

la bombe

Ou de développer ses talents de cascadeur.

fastoche les plongeons

Parfois même de réussir de superbes "ploufs" dans l'eau chaude

saut de l'ange

Et aussi certaines formes d'expression artistique de haut niveau.

Soirée d'enfer

Il y eut aussi de fabuleuses soirées Hyèroises où les hommes n'étaient pas en majorité.

dernier w-e d'août

Finalement, ce mois d'août 2011, à défaut d'être bizarre contrairement à juillet, restera mémorable à bien des points de vue.

Fort de l'éminence

Jusqu'à Port-Cros, où l'on atteignit un sommet avec le Fort de l'Eminence après l'immense col des quatre chemins.

dimanche 17 juillet 2011

oh la belle rouge !

Alienza n'a pas pu partir pendant le bon créneau météo. Vingt quatre heures après la mienne, idéale, sa traversée Hyères-Corse a donc été dure et inconfortable, marquée par une houle d'ouest bien formée et un vent non pas fort mais musclé, atteignant et même dépassant souvent les 25 noeuds.

l'Amirauté

En plus, les mouillages de la côte ouest de l'ile de beauté sont agités dans ces conditions, si bien qu'ils sont arrivés à Ajaccio, où je les attendais depuis trois jours au mouillage de l'Amirauté déjà bien encombré, plutôt contents du repos mérité qu'ils allaient pouvoir prendre. J'en avais profité pour déguster les produits de l'ile, profiter des merveilleuses coupes glacées du port et faire quelques repérages dans cette ville que j'aime beaucoup. Cela m'a donné, hélas, l'occasion de constater à quel point le vandalisme peut être stupide.

vandalisme

Le vieux pointu, offert par une ancienne famille de pêcheurs locaux, exposé sur la place de la cathédrale, avait reçu la visite de quelques cogneurs qui lui ont fait des dégâts significatifs. Les nigauds !

abordage à Campo Moro

L'équipage familial qui devait nous rejoindre par avion étant arrivé comme prévu, l'appareillage vers le sud de l'ile eu lieu dès le lendemain, avec une première escale à Campo Moro où, par beau temps et de jour, l'un des nombreux voiliers de location arrivant au mouillage dans une certaine pagaïe, n'a pas pu éviter d'aborder avec un choc sonore un fifty inoccupé qui, amaré à son corps-mort, n'en demandait pas tant. Cette baie profonde, et partiellement occupée par une ferme marine, laisse quand même de la place pour les plaisanciers, mais certains tiennent malgré tout à poser leur ancre sur celle des autres, déjà mouillés. Bref prudence à tous les niveaux et garder ses distances sont les deux mamelles de la tranquilité !

diner de vieux

retour des jeunes

qui a fait cela

Musarder de mouillage en mouillage dans les bouches de Bonifacio est un extrême plaisir lorsque les conditions météo le permettent. C'était le cas en cette première quinzaine de juillet et, de Figari aux iles Lavezzi puis dans le dédales de iles du Nord Sardaigne, au gré des parties de plage, des diners de vieux et du retour des jeunes, des barbecues à bord et des promenades à terre, c'est une escapade bien agréable que nous avons vécue. Chienne de vie !

chienne de vie

En regagnant Ajaccio, traversant le golfe du Valinco, la ligne de traine d'Alienza a ferré un superbe thon qui hélas a fini par casser alors qu'il était à portée de main. Quelle frustration quand il ne reste que les photos et vidéo de cette prise magnifique?

belle prise, mais...!

Pour le retour, nous avons profité d'une courte fenêtre météo avec des brises de nord à nord-est prévues sur toute la traversée. Encore un régal et zéro gramme de CO2. Elle est pas belle la vie ! D'autant plus qu'un autre thon s'est jeté goulument sur le dernier rapalas disponible. Il ne fallait pas le rater celui-là. Après plus d'une heure d'efforts et de patience il était à bord, et encore une heure plus tard, après l'avoir soigneusement découpé en morceaux alors que la nuit était tombée, il était dans le frigo !

presque 10 kilos

Dès le retour à Hyères un barbecue géant a permis à tous de déguster l'extrême finesse de ce poisson bien frais, juste avant le feu d'artifice de la fête nationale. Vive la belle rouge !

oh la belle rouge !

jeudi 30 juin 2011

ouf, quel régal !

Après quelques jours dans les iles d'Hyères, je surveillais la météo car début Juillet il me fallait être à Ajaccio pour y retrouver des amis naviguant sur leur Océanis 40.

Les rendez-vous sont la hantise du plaisancier à voile, et peut-être aussi à moteur, car ils sont souvent synonymes de mauvaises conditions.de traversée. Mais une courte fenêtre s'est présentée pour les 28 et 29 juin entre un régime d'est et un coup de vent d'ouest.

sous spi en solitaire

Appareillage donc en solitaire le mardi matin avec une brise de sud-ouest de 10 à 15 noeuds prévue pour durer 24 heures. Début peinard pour reprendre le rythme, et dans l'après-midi elle apparait si stable en force et en direction que l'envoi du spi s'impose, d'autant plus que plusieurs autres voiliers sont visibles sur l'horizon et marchent, d'après le radar, au moins à la même vitesse. Trop tentant !

rattrappé avant la nuit

Après quelques heures de chasse, ils sont derrière, et la fin de la journée nous voit prendre le large. Garder le spi en solitaire, une nuit sans lune, est-ce bien raisonnable ? Mais alors, ils vont peut-être revenir ? ce serait trop bête.

La brise se maintient tellement bien que le pilote, un moment débordé lorsque Dartag file à plus de huit noeuds et nécessite une reprise en main de la barre, peut être remis en service à la faveur d'une lègère diminution du vent. Et cela dure jusqu'à deux heures du matin où il mollit sérieusement et refuse de 30 degrés. Il faut rentrer le spi. On repart tout doux au près, quasiment sur la route.

lever du soleil sur la Corse

Avant l'aube la silhouette des montagnes de l'ile se détache, majestueuse, puis le dernier quartier de lune apparait, un fin croissant, juste avant le lever du soleil, magique !

le maquis à Chiavari

Nous franchissons la passe des Sanguinaires avec une toute petite brise de sud-ouest qui tient jusqu'au mouillage de Chiavari dans les effluves du maquis tout proche.

Dans l'après-midi arrive la houle annonciatrice du coup de vent d'ouest prévu pour la nuit et la journées suivantes. Nous rejoignons Ajaccio sous un ciel se chargeant de nuages, plein du plaisir d'une traversée de rève avec zéro grammes de CO2.

mercredi 22 juin 2011

A l'eau, enfin !

Après un mois d'avril et un mois de mai exceptionnellement ensoleillés, mais passés en convalescence, la perspective de reprendre la mer se précisait.

Mais d'abord, comme chaque année, ce fut le moment du réarmement et du carénage à Port Leucate. La voiture était tellement pleine que la suspension talonnait sur la route des Corbières. Heureusement et c'est un émerveillement chaque fois, un bateau, même modeste, c'est grand, et une fois tout rangé, on aurait pu en mettre le triple.

en plein boulot

En trois jours tout était prêt et Dartag remis à l'eau. Mais la tramontane soufflait dur et la première sortie par force 8 à 9 fut plutôt musclée, direction Marseille, en principe sur une mer maniable si l'on ne s'éloigne pas trop de la côte. Après un départ sous le soleil bien que frais, le ciel s'est progressivement couvert et au bout de trois heures, les puissantes raffales étaient agrémentées d'une pluie de plus en plus forte. Malgré nos polaires, nos bottes et nos cirés, cela tournait à la punition au point de nous faire demander grâce et de nous arrêter au Cap d'Agde.

départ sous la pluie

Le lendemain la brise était nettement moins forte, et la pluie moins constante. Nous avons repris notre route, réussissant à aller jusqu'aux iles du Frioul avec une brise mourante. Les orages qui ont suivi ont bien rincé le pont déjà parfaitement nettoyé des miasmes de l'hiver par les bonnes giclées reçues le premier jour.

épuisé mais sauf

Le retour de conditions anticycloniques est agréable. Même si les brises molles ne permettent pas d'avancer beaucoup, elles permettent de renouer avec le beau soleil et de tenter notre chance avec une ligne à la traine. Une solide touche en fin de journée nous laissait espérer du poisson frais pour le diner. Après plus d'une heure d'efforts et de patience pour remonter la prise sans casser, il fallu se rendre à l'évidence, ce n'était pas un poisson mais un oiseau qui s'était pris à notre ligne. Un malheureux Fou-de-bassan tout jeune, épuisé par la lutte, fut finalement remonté à bord avant de se noyer. Une fois décroché de l'hameçon juste planté sous son bec, il reprit ses esprits sur le pont avant de plonger tout seul. Ouf, sauvé ! Ces oiseaux ont la vie dure.

baignades

Notre arrivée à Hyères, en pleine nuit, permettait de profiter de la famille déjà sur place en ce week-end de l'ascension. Les petits, arnachés de gilets du plus bel effet, en profitèrent pour se baigner depuis l'échelle du bord, malgré une eau encore fraiche.

avec Sergio et Domi

Quelques jours après nous avons retrouvés nos amis Sergio et Domi de retour de leur magnifique voyage jusque dans le Pacifique sur l'Oie Sauvage. Ce fut également l'occasion de faire la connaissance de l'équipage d'Orion sur lequel ils s'étaient embarqués pour un grand week-end. Le concours de Ti-punch organisé à bord laissa des traces et une revanche est à prendre.

hydrogen 4 au travail

Avant de reprendre les navigations estivales, quelques essais des investissements de l'hiver dernier s'imposaient. L'hydrogénérateur destiné à assurer l'autonomie électrique lors des traversées longues en est un. Le choix d'une position compatible avec l'annexe suspendue dans le portique et des conditions de fonctionnement optimales n'était pas évident. Finalement c'est dans la jupe qu'il est le mieux et sa production silencieuse et constante de l'ordre de 5 ampères à 5 noeuds, 7 ampères à 6 noeuds et 9 ampères à 7 noeuds est vraiment apréciable.

à la Courtade

Et cela n'empêche nullement de profiter des mouillages paisibles de ce début d'été comme celui de la Courtade à Porquerolles.

mercredi 13 avril 2011

Révision des 100 000 ?

Après 65 ans de bons et loyaux services, ma machine biologique méritait bien une "révision-graissage-vidange" comme on disait autrefois, surtout avant de s’élancer pour un grand voyage.

Et la première étape consistait à faire un diagnostic complet de son état, sous tous ses aspects. Inspection générale des tuyauteries et pompes, analyses des huiles et humeurs diverses et variées, contrôle des rythmes et pressions, vérifications des circuits électriques et parallélismes, etc....

Et là, deux mauvaises surprises, une menace d'encrassement de quelques durites, et un petit crabe parasite qui commençait à ronger une pièce heureusement accessoire. Tout le reste étant « au top », cela valait le coup de remettre celles-là à niveau, avec des soins appropriés.

Un petit additif soigneusement dosé a permis de juguler l'encrassement avant qu'il ne conduise à des dommages. Pour le petit crabe, l'extraction de la pièce atteinte était la solution inévitable.

Après avoir cherché et trouvé un mécanicien hors pair, il n'y avait plus qu'à prendre rendez-vous chez lui dans son atelier d’une propreté chirurgicale, situé à La Mecque de la mécanique, c’est-à-dire au Mans dans la Sarthe.

juste avant

Une préparation soignée, a permis à cet artiste, entouré d’une équipe de premier plan, de réaliser en deux heures un travail d’orfèvre.

24h après

Après dissipation des vapeurs de peroxyde d’azote, la machine se remit en marche naturellement au ralenti, sous assistance hydraulique, le temps que les gaz accumulés s’échappent.

4ème jour

Au bout de quelques jours, malgré certains grincements, elle reprit son fonctionnement normal, et après une check-list sérieuse, fut autorisée à redémarrer toutes ses fonctions en autonome. Une période de rodage de quelques semaines sera nécessaire avant qu’elle atteigne à nouveau sa puissance nominale, comme avant.

Il faudra bien faire quelques vérifications pendant un an ou deux, et ensuite ciao ! La petite pièce manquante ne devrait pas me faire défaut au cours de cinquante prochaines années. Après on verra bien !

mercredi 30 mars 2011

Des Gladiateurs et des Papes

Tous les chemins mènent à Rome.

Piazza Farnèze

Certes, mais malgré plusieurs opportunités depuis au moins trente ans, l'occasion ne s'était jamais concrétisée. Et il a fallu que l'ambassadeur de France en Italie ait l'idée de regrouper dans son palais un grand nombre d'oeuvres d'art ayant appartenu à la famille Farnèze entre le XVéme et le XVIIIéme siècle pour nous décider, en cette année qui marque le 150ème anniversaire de l'Unité Italienne.

Victor Emmanuel II

Paul III Farnèze

Cette exposition temporaire dans la ville éternelle valait vraiment le voyage. On imagine mal la puissance (comme celle du rusé Pape PAUL III Farnèze, ici peint par le Titien) de la noblesse d'église au temps de l'apogée de la papauté, à la fin de la renaissance. Les artistes les plus prestigieux ont été mis à contribution pour exhalter et glorifier ces princes et prélats, avec le souci de faire ce qu'il y avait de mieux alors dans tous les arts, de l'architecture à la peinture en passant par la sculpture, la mosaïque et la musique.

Saint louis des français

Masaïque de Trastevere

Cette civilisation, partiellement inspirée par l'antiquité et complètement imprégnée d'un catholicisme dominant - mais contesté dans certaines formes comme les années saintes destinées à "rançonner" les pélerins, ou le fructueux commerce des indulgences - est très présente à Rome. D'innombrables églises, places et palais publics ou privés, sans parler du Vatican lui-même ont été construits ou restaurés et décorés par Michel-ange, Caravage, le Titien, et d'autres, tout aussi prestigieux.

Fontaine Trèvi

Léon premier et Attila

Mais il ne faut pas oublier les vestiges de l'Empire Romain, de sa splendeur au début de notre ère, jusqu'à sa chute sous les coups de boutoirs des barbares au 5éme siècle. Cette société, issue de la république dès le 6éme siécle avant JC et qui devint une dictature après le coup d'Etat de Jules Cesar, assassiné avant d'avoir pu devenir lui-même empereur, était fondée sur des valeurs qui nous paraissent aujourd'hui épouvantables: la force, l'esclavage, la violence, les castes. Les premiers chrétiens, jetés aux lions dans les cirques, les avaient pourtant minées en prêchant l'égalité des hommes, l'amour, le pardon et en se laissant sacrifier comme gladiateurs, ou crucifier en grand nombre, jusqu'à la conversion d'Hélène puis de son fils l'empereur Constantin.

forum romain

Le christianisme devint alors religion d'Etat. Mais ce fut l'éclatement de cette puissance millénaire. Elle laissa la place à l'Eglise Catholique, au cours de longs temps obscurs, marqués notamment par les croisades, jusqu'à la Renaissance qui gagnât progressivement toute l'Europe après la guerre de cent ans.

Colisée

Cette perception schématique de notre histoire nous ramène aux temps modernes comme dans un bégaiement. Notre modèle actuel de société, fondé sur des valeurs enviées dans le monde, comme la démocratie, l'égalité des hommes et des femmes, le travail, la prospérité, la solidarité, le respect de la vie, le principe de précaution,.... vacille sous les coups de la mondialisation, du terrorisme et des invasions diverses et variées de populations, souvent issues de l'ère coloniale, qui réclament leur part du gâteau.

Comme les romains, nous hésitons entre les rejeter ou les intégrer. Les révoltes des foules d'alors, qui impressionnaient les patriciens et dirigeants de l'Empire, se traduisaient par des programmes sommairement résumés par un slogan devenu célèbrissime : "du pain et des jeux". Aujourd'hui l'effet de ces mécontentements ou manifestations sur les programmes de nos élus et partis politiques pourrait se traduire par : "des allocations et des machines à sous ". C'est moins violent, plutôt plus facile à faire, mais sans doute tout aussi décadent. Mais n'avons-nous pas les dirigeants ou la presse que nous méritons ?

Alors nous faudra-t-il nous enfoncer dans un nouveau moyen-âge, éventuellement muselés par une autre religion totalitaire pendant quelques siècles, avant que nos descendants ne vivent une nouvelle Renaissance ?

Nous aimeroins bien le savoir. Pourtant, il y a un élément qui permettrait de ne pas répondre par l'affirmative à une telle question. Nous sommes des Gaulois, et pas des Romains. Et cela change tout. D'ailleurs lorsque de faux centurions d'opérette harraguent les touristes à proximité du Colisée pour vendre une photo souvenir, il suffit de dire que nous sommes "Astérix et Obélix" pour qu'ils s'enfuient en courant.

jeudi 24 mars 2011

Annexe de luxe !

Après quelques années, les annexes en PVC se transforment en boudins infâmes et collants dans lesquelles on ne peut même plus s'asseoir sans laisser des traces quasiment indélébiles sur les pantalons. Un expédient commode consiste à appliquer un voile de peinture pour cacher la misère selon le vieux principe marin P+M=P (Peinture plus Merde égalent Propreté). Cela marche, mais il arrive quand même un moment où la patience a ses limites.

Zodiac de dessous

Quitte à changer, autant choisir un modèle adapté aux programmes des futures saisons. Ce sera donc un modèle un peu plus grand, sans être plus lourd, et équipé d’un moteur plus puissant, permettant de profiter des escales de plus en plus fréquentes où le mouillage est loin du village et aussi de visiter des sites situés à distance. Le choix s’est donc porté sur un Zodiac Fastroller 285 Acti-v équipé d’un moteur Suzuki de 6cv.

Prêt à rouler

Mais abandonner une embarcation sur une plage n’est pas toujours possible et présente parfois des risques. L’idée d’une espèce de « train d’atterrissage » rétractable semblait une solution intéressante. Ce genre d’accessoire se trouve chez les shipchandlers avec des écarts de prix pas toujours faciles à comprendre. Le plus simple, en inox, sera donc le mieux.

montage des roues

Pour monter ces roulettes articulées, des compromis sont nécessaires, afin de maintenir la manœuvrabilité du moteur aussi bien lorsqu’elles sont escamotées que lorsqu’elles sont déployées. Une fois les solutions trouvées, il est possible de déplacer l’ensemble moteur plus annexe à terre, même tout seul et sur une longue distance sans effort. Naturellement la navigation ne souffre aucunement d’un poids supplémentaire d’à peine trois kilos. La seule contrainte est d’avoir à démonter les roues lorsqu’on doit ranger l’annexe dégonflée dans son sac. Mais cela ne prend qu’une minute chrono.

jeudi 17 mars 2011

Prises d'eau à la gite

La saison dernière, après de longs bords de près musclés, j’avais trouvé quelques verres d’eau dans la cale. Ce n’était pas la première fois, mais mes recherches sur l’origine de ces entrées d’eau n’avaient abouti que tardivement, en démontant la garniture intérieure des hublots de coques. A la gite, dès que ceux-ci étaient sous la surface, un suintement significatif était visible aussi bien à bâbord qu’a tribord, uniquement dans le carré. Ceux des cabines avant et arrière demeuraient bien secs.

hublot démonté

Profitant d’une belle semaine de beau temps début mars, je me suis lancé dans le démontage de ces deux hublots Lewmar fixes. Incontestablement, leur étanchéité n’était pas bonne, les joints en mousse imprégnées utilisés à la construction par le chantier Bavaria étant posés de manière irrégulière sur une découpe de coque très approximative.

extraction du vieux joint

Après un nettoyage complet intérieur et extérieur, il suffisait de les remonter proprement, au centre de la découpe, après les avoir garnis d’un joint silicone neuf et généreux.

hublot remonté à neuf

La saison 2011 devrait permettre de renaviguer au sec et de stocker des produits dans la cale en toute sécurité.

mercredi 01 décembre 2010

Le Toit du monde

Jamais je n'aurais imaginé faire un voyage aussi haut. S'il est vrai que certains navigateurs sont aussi des montagnards, ce n'est pas mon cas. Mais il a suffit d'une occasion pour faire un larron.

En route donc pour un voyage de plus de 10 000 km, dont l'objectif essentiel est de participer au mariage d'une nièce. Ses treks dans l'Himalaya lui ont fait rencontrer le guide de haute montagne qui va devenir l'homme de sa vie.

zig-zag

Les zig-zags au-dessus de l'Asie ne sont peut-être pas étrangers aux troubles que connait cette région depuis de longues années.

ouest de Kaboul

Après les neiges de l'ouest de Kaboul, à l'approche de Kathmandu, les sommets de l'Himalaya sont bien visibles.

anapurna

Une nuit bien méritée, et une excellente douche froide permettent d'envisager un départ vers Baktapur, un des nombreux sites inscrits au patrimoine mondial de l'humanité.

les marches du ciel

Au milieu des temples, les artisans: on pourrait se croire au 17ème siècle.

atelier de poterie

dieu des dieux

Les oeuvres d'art, jardins et fontaines sont inspirés des dieux du boudhisme ou de l'hindouisme.

bassin des cobras

L'état de ces monuments est remarquable et les charpentes ou façades, en bois finement sculpté, magnifiques.

Durbar square

Dans la douceur et le calme de cette cité médiévale, un déjeuner sur les toits ne manque pas de charme.

déjeuner sur les toits

Au retour dans l'après-midi, nous ne résistons pas à la tentation de voir une autre merveille: également inscrite au patrimoine de l'Unesco: la ville historique de Patan et son Durbar Square....

gamines de Patan

Touché mais pas coulé

...dont les habitantes sont charmantes, et le musée, l'un des plus beau du Népal, contient des collections superbes.

union mystique

colonnes de bois sculpté

Cela attire bien sûr les "marchands du temple", avec qui il faut négocier ferme et dans la bonne humeur.

marchands du temple

Sur la rive droite de la Bishumati River, une colline accueille un lieu de pélerinage très actif en ce samedi matin. C'est le Swayambhunath stupa, également connu pour la présence d'une énorme colonie de macaques qui récupèrent les reliquats des offrandes, en compétition avec les chiens et les pigeons.

ex votos boudhistes

pigeon dominant

Swayambhunath stupa

La richesse de ces temples contrate avec l'impression de misère et de saleté qui domine.

tout l'or du monde

macaques nettoyeurs

dévotions du samedi

La restauration de certains chemins nécessite de transporter et de concasser des pierres. Ce sont des dizaines de femmes qui s'en chargent et forment des convois cheminant avec la lenteur et la majesté de l'effort qu'elles fournissent.

porteuses de pierres

En fin de matinée, l'atmospère se libère un peu de la pollution impressionnante de la ville, permettant au soleil d'illuminer les toits de Kathmandu, vus depuis l'hotel du monastère Binchen. Le mariage est prévu pour cette après-midi.

toits de Katm

Temple de Binchen

Les marié arrivent ensemble, sans cortège.....

arrivée des mariés

...et s'installent côte à côte, face à leurs familles.

devant Boudha

couleurs de l'intérieur

La cérémonie Boudhiste, ouverte par le lama thibétain, est oecuménique, avec la présence d'un pasteur, dans le temple richement coloré.

cérémonie oecuménique

sortie des familles

Traditionnelle sortie des familles, et départ des mariés dans leur carosse décoré.

carosse des mariés

La soirée commence par un diner auquel participent trois des bonzes du monastère....

diner avec les bonzes

....et se poursuit pas une folle partie de danses largement animées par les Beatles auxquels Kathmandu, le boudhisme et le Népal doivent une grande part de leur réputation depuis les années soixante. La famille du marié, d'abord un peu timide et peut-être plus pudique que ces français fêtards, a rapidement pris part à ces réjouissances, organisant des jeux de hasard et démontrant sa simplicité et sa générosité.

soirée de folie

Dimanche, après une telle fête, il fallait revenir à la réalité, histoire de rapporter quelques souvenirs pour ceux qui n'avaient pas pu faire le voyage. Cette plongée dans le centre Kathmandu montre aussi les terribles carences que subit la population livrée à elle même, sans services publics, privée de l'essentiel comme l'eau, l'assainissement et l'électricité, durement rationnée.

réseaux chigon

misère sur Bishumati river

laverie collective

magasin ambulant

Un vélo taxi devant une épicerie fait presque figure de Rolls-Royce devant Fauchon.

Rolls devant Fauchon

Enfin, une visite du Durbar Square de Kathmandu nous donnera avant le départ un dernier aperçu de la richesse patrimoniale de cette ville mondialement célèbre....

temple de Krishna

... ou l'érotisme joue un rôle considérable notamment dans le Kama Sutra.

Kama Sutra en bois

Le départ et le voyage de retour, de plus de 28 heures, nous laisseront sur une impression contrastée de joie, de misère et d'élévation spirituelle. Ce peuple souriant, soumis aux caprices d'une nature magnifique mais exigeante, semble sortir des conflits sévères subis au cours des dernières décennies pour ne pas dire siècles. Mais il lui faudra du temps et des aides pour sortir de sa misère en lui souhaitant de garder sa sérénité.

Dernière vue sur le toit du monde.

le toit du monde

retour de nuit

jeudi 23 septembre 2010

Royales, les régates

Après le retour de Corse, une période de beau temps durable, exceptionnelle à la fin de l’été en Méditerranée, nous a incité à farnienter en rade d’Hyères, faisant des sorties de quelques jours dans les iles en famille ou avec des amis, en attendant un évènement annuel organisé par le Yacht Club de Cannes : Les Régates Royales.

Elles portent ce nom depuis que les têtes couronnées d’Europe avaient pris l’habitude d’organiser leurs rencontres de yachtmen ici, à partir du début du vingtième siècle, comme ils organisaient, l’hiver, leurs rencontres de ski à St Moritz.

Partis quelques jours en avance avec une belle brise d’ouest, nous avons profité des journées du patrimoine pour visiter la citadelle de l’ile St Margueritte, où furent enfermés notamment le Masque de Fer au 17 ème siècle ou le Maréchal Bazaine au 19 ème.

Fort royal

Au mouillage dans la baie de la Napoule, on pouvait voir deux grands voiliers mythiques, Creole l’authentique, et Atlantic la réplique de la goélette de Charlie Barr.

Créole

Atlantic

Il y avait aussi un grand nombre de motor-yachts qui se doivent d’être à Cannes pour chaque grand évènement et aussi plusieurs voiliers modernes impressionnants par leur taille à l’image de TWIZZLE, un ketch de 188 pieds déplaçant 550 tonnes, dont le pont avant s’ouvre en grand pour y puiser, avec une grue escamotable, les nombreuses embarcations de servitude d’un tel bâtiment, totalisant ensemble plusieurs centaines de chevaux, mais parfaitement silencieuses.

Twizzle

Les concurrents arrivèrent dès le dimanche, et le lundi chaque équipage peaufinait sa préparation et se débarrassait sur les quais de tout le matériel inutile pour les performances, comme les tauds, les annexes, les sacs à voiles et espars en excédent, créant une animation de bon aloi. Le pavillon britannique est largement majoritaire, mais beaucoup d’équipages parlent français y compris sur les plus grands comme Moonbeam ou Shamrock.

Pont de Shamrock

Avel

LAK au départ

Un sloop bermudien de 1928, long de 14 mètres, LAK, ayant appartenu au Baron BICH, toujours basé à Hyères, et fraichement restauré à la perfection dans ses couleurs d'origine (coque noire, flottaison jaune, antifooling rouge), est venu en voisin; La classe des Dragon est très largement représentée car c’est une tradition forte du YCC.

Mardi matin tous sortent du vieux port sous un temps voilé avec une brise mollassonne. Après avoir hissé toutes leurs voiles, ils tournent sur rade à la disposition du comité de course. C’est l’occasion de les approcher de près, sans prendre de risque, car avec ce petit temps ils évoluent doucement.

Tuiga

Zaca a te Moana

Malheureusement, les rares bouffées d’air, ne dépassant jamais 7 nœuds, n’ont pas permis le lancement des procédures de départ et l’ensemble des courses a finalement été annulé vers 15h30. Seuls quelques acharnés (Tuiga, Parisca, Moonbeam, excusez du peu) sont restés en mer pour se mesurer amicalement dans les petits airs.

Le lendemain mercredi, la météo n’était guère plus optimiste pour le vent. C’était sans compter sur le soleil qui a déclenché vers midi une brise thermique de sud de 15 à 18 nœuds. Vraiment l’idéal pour assister à un très beau spectacle sur l’eau. Il s’est confirmé, et tous les départs ont été donnés en cinq procédures distinctes.

Départ

Shamrock V

Que de raffinement, de beauté, de puissance, d’élégance, que dis-je, de fair play, dans ces voiliers magnifiquement menés par des équipages soucieux de faire marcher les bateaux au maximum, sans prendre le risque d’une collision qui réduirait à néant des années de soins et des millions de $, de £ ou d'€, pour les restaurer.

à la bouée de La Galère

Vraiment ces régates et cette manifestation sont royales, et elles méritent le voyage.

samedi 28 août 2010

8 jours en Corse et Sardaigne

Le plaisir de la voile en Méditerranée repose énormément sur la météo. Sans contrainte de dates et sans rendez-vous impératif à respecter on peut espérer laisser le diesel au repos, et ne pas se faire trop secouer, mais il faut jouer fin. C'était un des objectif de cette mini croisière.

Au départ d'Hyères, une petite fenêtre s'est présentée le 18 août. Départ à l'aube, avant que le vent se lève, donc un petit coup de Volvo est nécessaire pour aller le chercher. Au bout d'une heure et demie, il est faible mais il est là et monte gentiment à 12-15 noeuds du sud-ouest. S'il n'y avait pas un reste de houle, ce serait vraiment nickel. Et il tient, comme l'avait prévu la météo, jusqu'au millieu de la nuit. Nous sommes alors à 23 milles à l'ouest des Sanguinaires, visant Sénétose. Il faut se rendre à l'évidence, le vent de cale sera nécessaire. Mais pour l'économiser nous optons pour une escale dans l'anse de Cacao, où nous mouillons dans la nuit noire. Heureusement, les autres voiliers présents sur place ont allumé leur feu de mouillage. Quelques heures plus tard une petite brise de sud apparait, et nous en profitons immédiatement,

Hélas, une heure après elle est morte, mais reviendra par petites bouffées. Nous l'attendrons à chaque fois autant que nécessaire, étant par moment à peine manoeuvrant. Il nous faudra plus de neuf heures pour rallier la région de Figari soit 29 milles. Record de lenteur battu. Mais le mouillage à Capinero est magnifique, et l'eau à 24,8°.

caique et kite

Après une nuit venteuse et pluvieuse, un fort vent d'est nous incite à rester un peu au mouillage. Il mollit en début d'après-midi à 15-20 noeuds, et nous repartons vers l'archipel de la Maddalena. Les bouches de Bonifacio restent un des paradis de la plaisance, et nous allons en profiter pendant quelques jours, tant du côté Sarde que du côté Corse. La fréquentation est assez modeste en cette fin de saison, sauf exception comme à Rondinara, où les pavillons italiens sont les plus nombreux avec souvent de superbes voiliers.

italiens à Rondinara

Velsheda

Les amateurs de belle plaisance peuvent se régaler en croisant des yachts magnifiques. Depuis Velshéda, un classe J de 1927 restauré et naviguant à la voile par petite brise dans les canaux de la Maddalena, ou Maltese Falcon, un "voilier" ultra moderne, presse boutons, à trois mâts et phares carrés à enrouleurs automatiques pouvant être manoeuvré par une seule personne au moyens de joy-sticks, qui sortait de Porto Cervo mais au moteur.

Maltese Falcon

Il y a aussi un véritable nuée de monstrueux motor-yachts de plus de 100 pieds, déplaçant des centaines de tonnes, naviguant à 20 ou 30 noeuds en levant une mer cahotique sur tout le plan d'eau. Lorsque la brise est légère et que l'on essaie d'en profiter, on risque à tout moment d'être pris dans une espèce de marmite du diable qui vous détourne parfois à 180° de votre cap initial. Crispant, mais c'est le jeux dans ce secteur, et il faut bien l'accepter ou ne pas y venir !

Les bouches à 8 noeuds

Nous avons cinglé vers Porto Vecchio en profitant d'une superbe brise d'ouest modérée et régulière pratiquement jusqu'à l'arrivée. Puis nous sommes repartis tranquilement vers l'ouest, en zig-zagant et profitant d'escales délicieuses comme Santa Reparata où nous n'étions pas allés depuis plusieurs années.

route des sanguinaires

Finalement, une escale à Ajaccio nous a permis de compléter la cambuse et de faire un pélerinage sur la route des Sanguinaires avec le minivélo pliant. A l'extrémité de cette route magnifique, de grands travaux sont presque terminés, dans le cadre d'une opération "grand site" destinée à mettre en valeur et à protéger ce site exceptionnel. Les voitures doivent s'arrêter dans un parking obligatoire à 800 métres du bout de la route, relayées par une navette écologique, ou une promenade à pied aménagée jusqu'au restaurant des Sanguinaires. Des milliers d'arbustres ont été plantés, chacun protégé par une petite clôture en grillage plastique bleu donnant l'impression d'un champ de lavandes à maturité. Un peu surprenant compte tenu de la faible fréquentation de cet endroit même en haute saison, mais l'avenir dira si cet investissement de 3,7 millions d'euros s'avère utile ou nuisible.

passe des sanguinaires

opération grand site

Le retour sur le continent méritait d'attendre 24 heures une fenêtre météo favorable, avant un fort coup de vent d'ouest annoncé, suivi de plusieurs jours perturbés.

Pari gagné, avec une traversée commencée dans les petits airs, puis agrémentée d'une belle brise de Sud à Sud-ouest fraichissant progressivement jusqu'à 25 noeuds en arrivant dans les iles d'Hyères.

Bilan: presque 500 milles parcourus essentiellement à la voile puisqu'il n'y pas eu besoin de plus de 14 heures de moteur au total tout compris.

samedi 14 août 2010

L'orage du 15 août

La première quinzaine de ce mois est traditionnellement celle des vacanciers. Ils ont encore eu raison cette année, il a fait très beau, chaud et plutôt calme. Deux courts épisodes de mistral, ressentis à Hyères, ont permis de se souvenir qu'il existait toujours.

La visite de Frédéric, avec son superbe First 27.7 tout neuf, nous a régalé. Le comportement à la mer de ce croiseur de course est vraiment étonnant. Finesse de barre, équilibre sous voiles, passage très doux dans le clapot, quasi-absence d'embruns. Et c'est une source quasi inépuisable de bricolage, personalisation, améliorations diverses, en fonction des désirs du propiétaire qui soigne aussi son confort, sa sécurité et son accastillage. Ce joli voilier, qui porte le nom du dieu polynésien de la mer, est bien né et bien nommé. Avec l'expérience des manoeuvres par tout temps, en solitaire comme en équipage, il deviendra à court terme le coursier de rève que son propriétaire voulait

Tangaroa dans la passe de Porquerolles

A l'approche de la mi-août il y a souvent ce qu'on appelle "l'orage du 15 août". Et cela s'est vérifié encore cette année, cette fois le 14, au petit matin, bruyant, mais pas violent, juste de quoi vérifier que le mouillage tient bien dans les raffales, et de rincer le pont.

sous la pluie

Et maintenant, hélas, certains séjours familiaux approchent de leur terme. Une periode de vent d'ouest plus soutenu devrait s'installer, créant les conditions favorables à un nouveau départ pour une virée autour de la Corse en cette deuxième partie de l'été.

jeudi 29 juillet 2010

L'année noire dans un ciel bleu

L'an dernier un deuil nous avait frappé en pleine croisière avec la disparition brutale de la maman d'Alain. Cette année c'était, hélas, plus prévisible et depuis quelques mois, nous nous attendions au pire pour le papa de Marie, et elle était à son chevet depuis de longues semaines. C'est le 18 juillet qu'il est parti paisiblement retrouver les êtres chers qui l'avaient précédé dans l'au-delà. De là où il est maintenant, il nous encourage probablement à reprendre une vie normale, mais il voit sûrement aussi toutes les misères et les drames qui continuent à s'abattre sur notre pauvre monde, comme les heureux évènements et les joies.

Pendant ce nouvel "interlude", Dartag était resté sagement à nous attendre à Hyères et maintenant, petit à petit, nous allons nous remettre au rythme de la mer, des calmes et des coups de vent, avec les journées qui commencent à diminuer sensiblement.

Pleine lune

La pleine lune du 26 juillet nous a donné l'occasion d'un beau spectacle au moment de son lever sur fond d'ile de Port Cros, et permis une photo plutôt originale, depuis la plage, sur laquelle on voit nettement le gréément de Dartag en ombre chinoise sur le disque plein de l'astre de la nuit.

petite brise

Mais, en cette fin juillet, les chassés croisés familiaux se succèdent et après une longue période de chaleur et de brises légères, voici revenus les coups de vents d'ouest fréquents à cette période.

nouvelles pales

C'est donc le moment de remonter l'éolienne sur son portique avec, cette année, les nouvelles pales silencieuses commandées cet hiver. Excellente surprise, le rendement est quasiment aussi bon qu'avec les pales noires d'origine, la production démarre plus tôt, mais surtout le mieux attendu sur le sifflement de l'AirX Marine est net. Il est maintenant tout à fait possible de ne pas neutraliser la machine, dans un mouillage fréquenté même par forte brise.

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