Jamais je n'aurais imaginé faire un voyage aussi haut. S'il est vrai que certains navigateurs sont aussi des montagnards, ce n'est pas mon cas. Mais il a suffit d'une occasion pour faire un larron.
En route donc pour un voyage de plus de 10 000 km, dont l'objectif essentiel est de participer au mariage d'une nièce. Ses treks dans l'Himalaya lui ont fait rencontrer le guide de haute montagne qui va devenir l'homme de sa vie.

Les zig-zags au-dessus de l'Asie ne sont peut-être pas étrangers aux troubles que connait cette région depuis de longues années.

Après les neiges de l'ouest de Kaboul, à l'approche de Kathmandu, les sommets de l'Himalaya sont bien visibles.

Une nuit bien méritée, et une excellente douche froide permettent d'envisager un départ vers Baktapur, un des nombreux sites inscrits au patrimoine mondial de l'humanité.

Au milieu des temples, les artisans: on pourrait se croire au 17ème siècle.


Les oeuvres d'art, jardins et fontaines sont inspirés des dieux du boudhisme ou de l'hindouisme.

L'état de ces monuments est remarquable et les charpentes ou façades, en bois finement sculpté, magnifiques.

Dans la douceur et le calme de cette cité médiévale, un déjeuner sur les toits ne manque pas de charme.

Au retour dans l'après-midi, nous ne résistons pas à la tentation de voir une autre merveille: également inscrite au patrimoine de l'Unesco: la ville historique de Patan et son Durbar Square....


...dont les habitantes sont charmantes, et le musée, l'un des plus beau du Népal, contient des collections superbes.


Cela attire bien sûr les "marchands du temple", avec qui il faut négocier ferme et dans la bonne humeur.

Sur la rive droite de la Bishumati River, une colline accueille un lieu de pélerinage très actif en ce samedi matin. C'est le Swayambhunath stupa, également connu pour la présence d'une énorme colonie de macaques qui récupèrent les reliquats des offrandes, en compétition avec les chiens et les pigeons.



La richesse de ces temples contrate avec l'impression de misère et de saleté qui domine.



La restauration de certains chemins nécessite de transporter et de concasser des pierres. Ce sont des dizaines de femmes qui s'en chargent et forment des convois cheminant avec la lenteur et la majesté de l'effort qu'elles fournissent.

En fin de matinée, l'atmospère se libère un peu de la pollution impressionnante de la ville, permettant au soleil d'illuminer les toits de Kathmandu, vus depuis l'hotel du monastère Binchen. Le mariage est prévu pour cette après-midi.


Les marié arrivent ensemble, sans cortège.....

...et s'installent côte à côte, face à leurs familles.


La cérémonie Boudhiste, ouverte par le lama thibétain, est oecuménique, avec la présence d'un pasteur, dans le temple richement coloré.


Traditionnelle sortie des familles, et départ des mariés dans leur carosse décoré.

La soirée commence par un diner auquel participent trois des bonzes du monastère....

....et se poursuit pas une folle partie de danses largement animées par les Beatles auxquels Kathmandu, le boudhisme et le Népal doivent une grande part de leur réputation depuis les années soixante. La famille du marié, d'abord un peu timide et peut-être plus pudique que ces français fêtards, a rapidement pris part à ces réjouissances, organisant des jeux de hasard et démontrant sa simplicité et sa générosité.

Dimanche, après une telle fête, il fallait revenir à la réalité, histoire de rapporter quelques souvenirs pour ceux qui n'avaient pas pu faire le voyage. Cette plongée dans le centre Kathmandu montre aussi les terribles carences que subit la population livrée à elle même, sans services publics, privée de l'essentiel comme l'eau, l'assainissement et l'électricité, durement rationnée.




Un vélo taxi devant une épicerie fait presque figure de Rolls-Royce devant Fauchon.

Enfin, une visite du Durbar Square de Kathmandu nous donnera avant le départ un dernier aperçu de la richesse patrimoniale de cette ville mondialement célèbre....

... ou l'érotisme joue un rôle considérable notamment dans le Kama Sutra.

Le départ et le voyage de retour, de plus de 28 heures, nous laisseront sur une impression contrastée de joie, de misère et d'élévation spirituelle. Ce peuple souriant, soumis aux caprices d'une nature magnifique mais exigeante, semble sortir des conflits sévères subis au cours des dernières décennies pour ne pas dire siècles. Mais il lui faudra du temps et des aides pour sortir de sa misère en lui souhaitant de garder sa sérénité.
Dernière vue sur le toit du monde.

