L'été en hiver

L’été en hiver, cela peut surprendre, surtout après une méchante vague de froid comme nous l’avons connue cette année, qui m'a fait péter deux tuyaux d’eau dans la maison. Un comble à Toulouse, cela ne s’était pas produit depuis au moins dix ans. Heureusement une petite fée et un grand génie sont intervenus pour limiter les inondations et rétablir la situation.

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Bref, j’ai repris le chemin des Antilles à mi-janvier pour un nouvel hiver au chaud.

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Et la chaleur surprend un peu quand on doit effectuer des travaux de force sous un soleil de plomb. Dartag avait besoin d’une grosse cure de remise en forme après pratiquement huit mois immobile dans son lagon qui ont permis aux huitres et aux moules de le coloniser goulûment.

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En une bonne semaine le plus gros était fait, sur l’aire de carénage, et la remise à l’eau a été un vrai bonheur. Deux jours au ponton pour fignoler la propreté, embarquer les voiles et annexes révisées, refaire tous les pleins, d’eau, de vivres, de carburant, dire au revoir aux amis et hop, en mer !

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Par prudence le premier soir au mouillage, nous n’étions pas loin, juste pour pouvoir revenir vite fait, si j’avais malencontreusement oublié quelque chose d’important. Mais ce fut l’occasion du premier bain de mer de l’année, dans une eau à 28°. Il y a pire comme punition !

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Et le lendemain, appareillage pour Marie Galante, une escale incontournable sur la route du sud. La plage sauvage qui s’étend devant la distillerie Poisson (qui fabrique le fameux rhum Labat 59°), est déserte et bordée de cocotiers. Le plus proche voilier au mouillage est à peine visible, à plus d’un mille. Le calme est véritablement assourdissant après le tumulte de Point à Pitre et ses claqueurs de fouets qui préparent bruyamment le carnaval.

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Pour arriver de jour en Martinique, distante de 125 milles, il me fallait partir tôt. Nous avons donc levé l’ancre juste après minuit ce vendredi 27 janvier, profitant d’un alizé léger mais suffisant pour bien avancer.

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Il s’est renforcé régulièrement dans la journée au point de nous propulser gaillardement jusqu’à Ste Anne où nous arrivâmes même avant l’heure du thé, rafraichi par une ou deux averses et autant d’arcs en ciel.

Quelques coups de fil sont nécessaires pour vérifier la présence des amis voileux, sur place pour certains, arranger les retrouvailles pendant ce dernier week-end de janvier, préparer le programme technique de la semaine suivante, et surtout fêter le 5éme anniversaire d’Aurélien.

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Mais Dartag a encore besoin de quelques bricolages pour améliorer son confort et sa sécurité avant la dure saison de croisière qui l’attend jusqu’au mois de juin.

La nouveauté de 2017 est un boitier AIS (Automatic Identification Service) qu’il faut installer et configurer. Ce dispositif radio permet d’envoyer à tous les autres navires des renseignements basiques (nom et caractéristiques sommaires du navire, vitesse, cap,..) et de recevoir les leurs, en les faisant apparaître sur l’écran de navigation. Bien qu’il ne soit obligatoire que pour les navires de plus de 20 mètres, la plupart des voiliers en sont équipés et cela apporte un supplément de sécurité notamment dans la prévention des abordages.

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En plus ce système mondial alimente une base de données en temps réel, consultable sur Internet gratuitement, il suffit de chercher le nom du navire et, si son AIS est actif, il apparait sur une carte. Marrant non ? Cela dit, je pense que les douaniers et administrations diverses et variées de tous les pays s’en servent aussi pour contrôler les trafics. Big Brother et Big Data sont à l’œuvre.

Comme beaucoup de systèmes technologiques et informatiques, il faut être spécialiste pour l’installer et, bien que pas tout à fait ignare, j’ai du me déclarer impuissant pour certaines fonctionnalités au point d’avoir recours à un professionnel, heureusement disponible dans cette grande marina de Martinique. Au prix d’une utile mise à jour tout est opérationnel.

La panne du sondeur de secours est un autre petit problème, heureusement le sondeur principal est en pleine forme. C’est bien, car naviguer sans sondeur dans les coraux équivaut à donner un pistolet chargé à un équipier ivrogne et susceptible ! L’explosion de l’un des freins de barre en est un autre, et à défaut d’en trouver un neuf, une réparation à l’Araldite devrait faire l’affaire.

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Et cette première traversée de nuit a révélé que l’éclairage d’un des compas de route était HS et le deuxième ne marchait qu’à moitié. Eh oui, le bateau a l’âge de ses artères et il faut s’en occuper. Les minuscules ampoules nécessaires étaient disponibles chez le shipchandler de la marina, mais il fallait trouver le moyen de démonter ces deux compas pour les remplacer. Trois heures furent nécessaires pour ne rien casser en démontant le premier, et dix minutes suffirent pour le deuxième. Comme quoi l’expérience paie, et ce n’est pas la première fois que je le constate, scrogneugneu !

Bon, et maintenant nous allons reprendre la mer. La semaine prochaine pour retrouver et supporter les P’tits Filous qui sont inscrits à la « Round Martinique Regata 2017 » et la semaine suivante pour accueillir Nicole qui partagera cet hiver au soleil et dans l’alizé, et vous aurez des nouvelles bientôt. Nous aurons aussi d’autres équipiers (au moins un) plus tard dans la saison.