Nous ne sommes pas arrivés à Antigua comme prévu. Dartag a démâté à environ 12 milles de l'arrivée, par un très beau temps, brise de 20-25 nœuds et mer du vent (creux de 2 à 3 m). Le ridoir du bas hauban tribord a cédé avec un bruit d'explosion et le mât s'est immédiatement effondré sur bâbord.

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J'ai espéré un moment sauver la bôme ou le hale-bas, mais cela m'a fait perdre du temps sans y parvenir et comme les voiles étaient partiellement roulées toutes les deux, il était impossible de les récupérer.

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J'ai donc du couper, la mort dans l'âme, tout ce qui retenait le gréement au bateau avant qu'il n'y ait trop de dégâts dus au mouvements du bateau blessé dans la houle. Il y en a quand même, tous les balcons et filières bâbord sont tordus ou arrachés, deux panneaux solaires HS, le rail de fargue a souffert en deux endroits et le portique a été sérieusement endommagé. Nous avons de plus trouvé quelques litres d'eau de mer dans un coffre de la cabine avant à bâbord.

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Une fois libérés, après une bonne heure et demie d'efforts, nous avons remis en route au moteur pour retourner en Guadeloupe où nous pensons que les réparations seront plus faciles. Hélas, avec le nôtre, les projets de navigation aux Antilles des équipages qui devaient nous rejoindre cet hiver s'éloignent.

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Pour nous c'est dur, mais personne n'a été blessé et matériellement il faudra faire beaucoup de papier pour l'assurance, les experts, les chantiers gréeurs et voileries, et attendre les pièces pour réparer. Je ne serai pas étonné que cela dure de nombreuses semaines.

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Maigre consolation, peu avant notre arrivée à Deshaies un grand troupeau de dauphins est venu longuement s'ébattre autour de nous, comme pour nous consoler. Et une demie heure après, en entrant dans le mouillage, une bouée de pêcheur est venu se prendre dans l'hélice, m'obligeant à plonger pour la dégager. Que d'émotions !