Eh oui, ça souffle, ça souffle dur ! Nous n'avons pas bougé depuis dimanche. Nous ne sommes plus que deux voiliers dans le port d'Ermoupolis, capitale des Cyclades sur l'ile de Siros (ou Syros). Les trois autres sont partis lundi et mardi matin avant la tourmente et personne n'est arrivé, sauf un ce mercredi en fin de matinée. Chacun doit se planquer là ou il est, en attendant que cela passe. Ce sera au mieux vendredi 31.

à l abri à Ermoupolis

En attendant nous profitons de cette ville magnifique pleine de ressources en "claquant notre pognon dans des futilités". C'est une plaisanterie, mais il y plein de choses à voir, à visiter, à faire et........ à manger. Les palais, places, sols et trottoirs de la capitale, très animée, sont majoritairement en marbre blanc, ce qui donne une indication de sa prospérité, et l'ile elle-même est aussi très belle.

place Miaouli

Le seul point négatif c'est l'abri très médiocre de ce port. Nous sommes à peu près protégés du vent, encore qu'il y ait des rafales brèves mais impressionantes qui arrivent de toutes les directions, mais le plan d'eau immense est largement ouvert à l'est, si bien que la houle de nord formée par le vent y entre, et se réfléchit sur tous les quais pour donner un véritable shaker assez inconfortable. Sur l'un de voiliers arrivé en même temps que nous, une jeune anglaise semblait au bord de l'agonie tellement son mal de mer était fort. Elle a passé l'après-midi prostrée sur une table du bistrot, juste à l'arrière du voilier où était ses copains, et n'a pas pu remonter à bord. Elle a demandé qu'on lui rassemble ses affaires et elle est repartie par le premier ferry, mal en point.

De notre côté, la première nuit a été un peu perturbée par notre voisin arrivé après nous, dont le skipper (un dur qui en avait vu d'autres, sans doute !) n'a pas été correct, refusant de régler ses amarres pour s'éloigner un peu, alors qu'il y avait beaucoup de place et que nous étions coincés par notre autre voisin. Du coup, il a fallu doubler les défenses pour éviter que les contacts répétés dans ce port agité soient trop brutaux. Il a quand même perdu un liston, arraché sur 20 cm, et nous a occasionné un légère erraflure dans le notre, mais sans gravité. Bien fait, na !

Comme il est impossible de se rapprocher du quai pour débarquer, nous utilisons l'annexe comme tranbordeur: c'est assez sportif car le quai est haut et les mouvements du bateau sont amples. Il faut attendre le bon moment. Ceux qui ont des passerelles sont à peine mieux lotis, car les mouvements les rendent extrêmement instables, et marcher trois mètres sans appui sur une planche de 30 cm de large, animée de balancements parfois violents, n'est pas très aisé. Mais pour le moment, nous n'avons vu personne tomber à l'eau.

Vue d Ano syros

Cela ne nous a pas empêché de louer encore un scooter ce mardi, pour visiter l'ile. Cette fois, nous nous sommes offert un superbe Piaggio FLY 150 cm3 quatre temps très silencieux, puissant et confortable, pour explorer le sud de l'ile et le village historique de Ano Syros qui entoure sa cathédrale catholique. Nous avons revu un orgue dans une église, cela ne nous était pas arrivé depuis longtemps, car il n'y en a pas dans les églises orthodoxes dont la liturgie et la musique sont uniquement vocales.

Finikas

Parmi toutes les criques et plages de l'est et du sud que nous avons vues, ce sont celles de Finikas et Posidhonia, voisines, qui nous laissé la plus forte impression. En plus d'être des abris confortables du Meltem, ce qui nous faisait un peu baver d'envie, nous avons découvert une côte aux couleurs magnifiques, globalement protégée du tourisme, avec de l'espace disponible, et un habitat varié, allant de la vieille maison de famille bourgeoise genre Deauville, Dinard ou La Baule, aux petits ensembles modernes, en passant par les luxueuses propriétés occupant toute une pente de colline, entourées de jardins luxuriants et de décors de rêve. Bien tentante cette côte !

Posidhonia

Nous avons aussi visité l'Opéra d'Ermoupolis, un modèle réduit de la Scala de Milan. Petit théâtre à l'italienne en parfait état, aux plafonds peints de portraits des plus grands compositeurs lyriques, et comportant un petit musée essentiellement de souvenirs d'artistes s'étant produit dans cette maison depuis un siècle.

Théâtre

En flânant dans la ville, une dame qui passait à proximité de nous a lancé une petite phrase en français à propos de la grande église St Nicolas, orthodoxe celle-là, toute proche, et nous avons engagé la conversation. Elle était ravie de raconter des anecdotes sur la ville, les églises d'Ermoupolis, et le mode de vie des iliens. Charmante personne, probablement issue de la bourgeoisie industrielle du temps de la grandeur de Syros, qui partage son temps entre ses maisons, dans l'ile et à Athènes, où elle passe ses hivers.

séchoir à poulpes

Nous avons aussi pu voir de près un séchoir à poulpes traditionnel, protégé par sa moustiquaire. Curieusement, cela ne sent rien.

Nous apprenons également par la presse que les incendies de forêt sont surtout en France, Espagne et Italie cette année. Mais, pour le moment, la Grèce semble relativement épargnée. Les souvenirs de ceux, dramatiques, de l'été 2007 ne semblent pas avoir trop marqué les esprits et nous n'avons pas encore vu de paysages ravagés par cette catastrophe.

Ce mercredi après-midi, nous allons creuser l'idée que nous avions eue d'aller à Mikonos et Delos avec le Ferry. Ce serait en plus l'occasion de voir comment se comportent ces gigantesques catamarans ultra rapides ou NGV que nous voyons affronter le Meltem depuis deux jours, sans broncher en apparence.