jeudi 24 mars 2022

Timide retour

Après presque deux années, l’étau de la pandémie se desserre progressivement et la question se pose ainsi : allons-nous prendre nos billets d’avion pour rejoindre Dartag à Pointe-à-Pitre où il se meurt d’ennui depuis bientôt deux ans.

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Evidemment la flemme et l’abattement créés par tous ces mois de perturbations ne facilitent pas les choses, d’autant plus que le jardin nous offre encore des friandises...

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...et que nous nous sommes lancés dans quelques travaux d’amélioration de la maison, bouchant une fenêtre inutile avant de repeindre le mur par ci,...

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...refaisant le sol d’une chambre par là...

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...transférant Schatz au chantier pour l’hiver, et j’en passe.

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Mais, finalement, pass sanitaires  complets et tests négatifs en poche, Air France nous a convaincu, avec des billets plutôt attractifs, au départ de Marseille-Provence que nous avons rejoint en pleine nuit avec une bagnole de location.

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A Pointe-à-Pitre le temps était plutôt tristounet, mais Dartag nous attendait, fidèle au poste, devant la capitainerie. Le marinero de service nous y a conduits tout tremblants. Nous nous attendions au pire après deux étés tropicaux chauds et humides sans bouger et sans la moindre visite à bord.

Miracle, nous sommes allés de bonne surprise en bonne surprise : à l’exception de quelques bricoles secondaires, tout marchait, les batteries étaient suffisantes pour démarrer le moteur et l’intérieur était propre et sec pour une première nuit tropicale.

Nous avions trois jours avant le rendez-vous pris pour mettre le bateau au sec sur la zone technique et commencer le carénage et les révisions nécessaires. Bon, évidemment, il nous a fallu attendre deux jours de plus qu’un créneau se libère, mais nous en avons profité pour faire de l’ordre et du nettoyage, malgré tout bien utile, sans oublier de souhaiter à Aurélien son 10ème anniversaire.

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Nous avons trouvé de l’aide pour éliminer toute cette vie sous-marine qui avait abondamment profité de la belle carène de Dartag pour se développer. Pour un peu nous aurions presque regretté de ne pas oser la consommer, tant elle était appétissante.

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Mais nous avons préféré compter sur le restaurant « La Route du Rhum » pour fêter la remise à l’eau et l’anniversaire de Gunilla, après une semaine d’efforts soutenus dans la chaleur et la poussière. Ouf, une nouvelle vie va pouvoir commencer !

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Enfin, ce jour est arrivé et, avec une survie et une chaine d’ancre neuves, une fois le ravitaillement et les pleins faits, les petites Antilles avec sa mer chaude et ses alizés sont à nous.

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La douceur du mouillage et des plages de Marie-Galante n’a pas souffert de la pandémie et c’est avec un plaisir intact que nous y avons retrouvé Michel et Françoise arrivés par hasard presque en même temps que nous sur leur « Belle Lurette » rutilant. Ils avaient en équipage un couple super sympa avec qui les Ti-punch et repas chez Henri furent de grands moments de retrouvailles.

Après quelques jours au mouillage de St Louis, nous avons appareillé pour Grand Bourg, capitale de l’ile, où les perspectives de shopping tentaient Gunillla. Malheureusement, l’accueil dans ce charmant petit port, capitale de l’ile, s’est bien dégradé et l’accostage sur un ponton branlant plein de cornières agressives, cher et sans aucun service, nous a dissuadé d’y rester plus d’une journée. Mais les boutiques de déco ou de fringues ont quand même reçu de la visite, et l’équipement de Dartag s’est enrichi de quelques articles du plus bel effet !

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Profitant d’une météo encourageante, nous avons repris la mer pour rejoindre la Martinique où nous avions quelques visites et interventions techniques en vue. Cette traversée fut plus longue et agitée que prévu en raison des grains, calmes et surventes qui ont sérieusement perturbé la deuxième moitié. Arrivés de nuit à La Trinité, sous-préfecture du nord de l’ile, nous avons retrouvé le lendemain notre ami Jean Philippe qui nous avait préparé un déjeuner exquis sur le thème du thon rouge pêché par ses copains locaux.

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Repartant du Robert nous avons fait plusieurs escales dans les magnifiques mouillages de la côte atlantique protégée par sa grande barrière de corail. Les petits ilots (ou ilets en langage créole) sont souvent privés et abritent des maisons ou villas de rêve.

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La baignoire de Joséphine est une sorte de cuvette d’environ un mètre de profondeur située entre deux ilets et parfaitement protégée par une double barrière de corail. Une merveille !

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Approchant du Vauclin, les nuages se sont en grande partie dissipés, permettant de voir les deux principaux et plus récents volcans martiniquais, le Gros Morne (prononcez le gwo monne) à gauche et la Montagne Pelée à droite, point culminant de l’ile, de sinistre mémoire depuis la terrible explosion de 1902 qui rasa la ville de Saint Pierre, tuant 30 000 personnes et coulant tous les navires présents sur rade ce jour-là.

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Notre escale au Marin a duré plus d’une semaine, en raison essentiellement du carnaval pendant lequel tous les professionnels sont fermés, et de l’épidémie qui nous a privés momentanément des services du mécanicien qui devait dégripper l’embrayage du moteur de l’annexe devenu de plus en plus dur.

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Mais cela nous a permis d’y constater la présence d’un balbuzard (ou aigle pêcheur) qui, après avoir attrapé sa prise du jour, est allé la déguster au sommet du mât de notre voisin en faisant sécher son plumage. Impressionnante nature qui sait profiter des opportunités !

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A noter aussi la tendance qu’ont certains plaisanciers à accumuler un colossal bric à brac.

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Et les rencontres amicales sont parfois inattendues, comme celle de nos amis globe-trotters hyérois Jean-Paul et Marie-Françoise, venus naviguer sur le bateau de leur fils. La surprise fut immense et bien agréable.

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Le plaisir fut également énorme de retrouver David et Raymonde ou Philippe et Irène, des amis de longue date que nous voyons plus ou moins régulièrement et avec qui nous partageons de nombreuses passions communes, comme la voile bien sûr, mais aussi l’aviation, même si certains ont tourné la page (sniff).

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Aux Anses d’Arlet, le mouillage était beaucoup moins fréquenté que les années précédentes, et un petit conflit naissant entre les plaisanciers et les pêcheurs n’y est peut-être pas étranger. Mais il ne doit pas en être la seule cause, car le temps médiocre et la situation sanitaire n’arrangent rien.

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A Fort de France, un peu de shopping s’imposait, mais les commerces souffrent aussi et ferment tôt, laissant les petites rues désertes dans le vent et sous les pluies régulières.

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Nous avons quand même tenu à honorer le jour du seigneur à la cathédrale. Après une restauration importante, elle accueille de nouveau un public réduit par les contraintes sanitaires….

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…mais toujours aussi fervent et endimanché !

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Traversant la baie, nous avons ensuite découvert à l’anse Mitan l’une des gloires de la voile nationale qui attend tristement un sponsor pour retrouver des couleurs. Ce petit coin de la rade de Fort de France abrite aussi une jolie marina appelée Pointe du Bout, entourée du « village créole » sorte de centre commercial assez coquet et touristique.

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Repartant vers le nord, nous avons longé la côte sous le vent de l’ile craignant de subir de longs calmes et d’être obligés d’utiliser massivement la risée Volvo. En fait cela s’est limité aux six derniers milles, permettant par la même occasion de recharger les batteries et le ballon d’eau chaude.

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Le mouillage de Saint Pierre est parfaitement orienté pour profiter des spectaculaires couchers de soleil tropicaux lorsque la visibilité est bonne, ce qui était le cas.

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Cette fois, malgré quelques grains, ce grand mouillage était assez fréquenté par de nombreux voiliers étrangers et calme. On peine à imaginer qu’une trentaine d’épaves gisent par des fonds de 30 à 80 mètres dont une petite partie a été identifiée et explorée. Un petit musée commence à rassembler quelques souvenirs du drame de 1902.

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Dans les ruines encore calcinées de cette catastrophe des petits pigeons s’ébattent, mais l’impression générale de cette ville martyre est qu’elle n’a pas encore pansé ses plaies.

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Autrefois capitale et préfecture de l’ile, elle recèle quelques bâtiments originaux comme l’office du tourisme et, sur la plage, au bout du long front de mer, une série de tentes abritait un évènement festif particulièrement bruyant, attirant une foule de jeunes dans une ambiance reggae disco. Heureusement ils ont respecté le couvre-feu à 22h.

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L’unique restaurant ouvert offrait un menu langouste auquel nous n’avons pas résisté. Cet établissement appelé « La Vague » est particulièrement bien organisé, avec un personnel aimable et efficace. La vue sur la baie ne peut pas être meilleure si on réserve. Que demander de plus ?

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En prime, la vue sur la montagne Pelée est magnifique. Il nous a fallu patienter une après-midi entière, appareil photo en main, pour espérer la voir dans son entier, sachant que c’est exceptionnel.

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Mission accomplie, quelle chance, mais c’est pratiquement au coucher de soleil que nous avons pu être exaucés !

Avec une météo magnifique, notre traversée retour vers la Guadeloupe fut néanmoins assez agitée de grains et de variations de vent. Malgré un départ à l’aube, c’est de justesse que nous avons réussi à entrer à la nuit tombante dans la délicate passe d’accès sud de l’archipel des Saintes.

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On dit que la baie de Terre de Haut est la plus belle du monde. Certes, c’est probablement vrai. Elle est pourtant assez mal abritée et le mouillage n’y est pas confortable par vent fort, et lorsque la houle est établie elle y entre un peu.

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Curieusement il restait quelques bouées libres et nous avons pu en prendre une assez difficilement dans les rafales, mais la société concessionnaire n’offre aucun des services annoncés sur son site internet (aide à l'amarrage, WIFI, ramassage des ordures, navette pour le village, personnel aimable et à l'écoute,...). Seul le prix est exact et c’est un peu énervant, même s’il est, dans l’absolu, raisonnable (14 €). Comme en plus nos téléphones sont restés muets par défaut de connexion, nous n’avons pas prolongé le séjour….

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…. au-delà de quelques courses et d’une petite promenade à terre agrémentée d’une photo souvenir et d’un pèlerinage jusqu’au minuscule aérodrome….

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… planqué au milieu des maisons et qui nécessite une qualification de site avant d’y atterrir. La suite sera cantonnée au sud des iles de la Guadeloupe avant de reprendre l’avion pour la métropole à la mi-avril.

lundi 20 juillet 2020

Un petit tour d'Occitanie

Ce printemps sévèrement hypothéqué par l’épidémie et le confinement, finit quand même par être débloqué progressivement, et les contraintes de circulation levées. Profitons-en !

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Cette fois cela commence à Apt, capitale du Luberon, pour le 21ème anniversaire de la petite fille aînée de Nadine dont le bébé de trois mois fait d’elle une jeune arrière grand-mère.

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Jolie fête, par un temps exquis, dans la propriété des autres arrière-grands-parents encore plus jeunes…..

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Dès le lendemain, nous commençons très fort avec une visite des Carrières de Lumière aux Baux de Provence, récemment rouvertes avec des consignes protectrices surveillées de près. Deux expositions y sont présentées : « DALI, l’énigme sans fin »

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Et aussi : « GAUDI, architecte de l’imaginaire ». Les images et animations, merveilleuses, sont projetées sur les parois de calcaire de cette ancienne carrière souterraine, dans une ambiance de pénombre propice à la méditation et, ce qui ne gâte rien, au frais !

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En sortant on passe devant la combe où est installé la discrète« Oustaou de Baumanière », lieu mythique s’il en est, du luxe à la française et de la gastronomie. Espérons que la situation sanitaire ne la précipite pas dans une crise insoluble.

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Et nous avons pris la direction de la Camarque pour la première escale de notre balade de printemps, au bord du canal du Rhône à Sète, à Fourquevaux.

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Le lendemain matin, une irrésistible envie d’authenticité camarguaise nous a conduit, à bicyclette, jusqu’à Galician pour nous approvisionner en vin local, en viande de taureau et en fruits. Ça a quand même de la gueule d’aller faire ses courses à cheval (même si ce n’est pas nous) !

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Retour pour déjeuner au camion à travers les vignes des Salins du Midi, pour repartir…

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…en longeant le canal où les péniches passent paisiblement à raison d’une ou deux par jour….

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…donnant à notre bivouac un parfum de sérénité, de lenteur et de solitude bienfaiteur.

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Reprenant la route, nous voulions nous arrêter à Bouzigues et déguster les moules locales.

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Bien nous en a pris, elles furent excellentes chez le petit écailler qui nous les a servies copieusement, accompagnées d’un Picpoul de derrière les fagots.

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A Marseillan, il y a une spécialité mondialement connue, le vermouth Noilly Prat. Evidemment pour visiter la boutique il faut mettre son masque, mais c’est beau, c’est propre, c’est historique.

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Et le petit port sur l’étang de Thau montre ses beaux bâtiments témoins de sa prospérité.

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Chacun sait que l’étang de Leucate est essentiellement tourné vers l’élevage des huîtres. Et nous avons craqué, en emportant notre déjeuner bien frais.

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Certains les dégustent sur place, et les montagnes de coquilles vides serviront de fondations ou de remblais pour les baraques des pêcheurs locaux.

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Après un pèlerinage à Port Leucate, où nous avons plein de souvenirs, nous avons repris la route vers Banyuls où nous attendait une amie de Nadine, qui y a installé ses pénates. Ce petit coin de France, produisant lui aussi des vins fameux, fut une escale délicieuse.

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Puis nous avons attaqué la montagne. Il y a encore un peu de neige, visible depuis Mont-Louis.

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Et au cœur de la Cerdagne, le magnifique traiteur de Saillagouse était une étape immanquable juste après un petit crochet par l’Espagne pour le principe, (et le mazout bien moins cher).

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Nous avons longé le lac de Puyvalador, magnifique et bien plein en ce début d’été.

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Puis nous avons honoré une invitation chez Philippe et Catherine qui terminaient leur séjour à Formiguières. Ils nous ont gâtés !

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A Font Romeu, en fait Odeillo, le site solaire reprend des couleurs avec une recherche de plus en plus active d’énergies renouvelables. Mais cette formule à haute température reste surtout une installation de recherche. Les applications industrielles seront peut-être pour le siècle prochain.

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Le col du Puymorens nous a laissé passer avant que les nuages ne l’envahissent.

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Descendant la vallée de l’Ariège nous visions la forteresse cathare de Montségur. Belle escalade ! L’histoire de ces « hérétiques » et leur funeste fin, forcent le respect et illustrent la tradition rebelle de cette Occitanie fière et ombrageuse, fidèle à ses convictions jusqu’au sacrifice.

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La descente au dessus d’une mer de nuage avait un côté magique

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Et, vu du village, le château parait bien petit malgré seulement 300 m de dénivelé.

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Après un bivouac magnifique à Aspet, nous avons rejoint la vallée de Luchon.

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Nous y avons trouvé notre déjeuner fait de truites sauvages (enfin presque)

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Cette ville thermale était peu fréquentée en ce début de juillet, et le temps était magnifique.

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Au col de Peyresourde, à presque 1600 m, il y a un altiport fréquenté par les amateurs de vol en montagne, où un petit avion Dynaéro MCR 01 faisait bien envie. Il a décollé pendant notre déjeuner en plongeant dans la vallée, mais est repassé au dessus de nous 3 minutes après.

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En descendant le Val Louron, célèbre depuis la crise de la ligne électrique franco-espagnole, finalement abandonnée sur ordre d’Alain Juppé alors premier ministre, nous avons fait le tour du lac de Loudenvielle qui alimente une belle usine hydro-électrique. Souvenirs professionnels !

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Et nous avons enchaîné avec le col d’Aspin. Loupé, il était dans la couche ! Du coup nous avons renoncé au Tourmalet et au Pic du Midi de Bigorre. Ce sera pour la prochaine fois.

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Après une nuit sous la pluie à Bagnères de Bigorre nous avons rejoint la Gascogne. La cathédrale d’Auch, fraîchement restaurée est magnifique.

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Mais nous en avons surtout profité pour rendre hommage à d’Artagnan, le plus célèbre des gascons, dont la statue magistrale trône dans l’escalier monumental permettant de rejoindre le Gers. Cette rivière a donné son nom au département, qui est aussi celui du foie gras de canard.

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Une visite s’imposait chez un artisan spécialisé, histoire de ne pas être pris au dépourvu lors des fêtes de fin d’année. Celui-ci, recommandé par « Le routard » n’était pas facile à trouver. Le GPS a mis plus d’une heure pour nous y conduire. Ouf, cela valait le déplacement, que dis-je, le voyage !

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A l’approche de Toulouse, notre voyage est devenu plus familial. D’abord à Grenade chez Frédéric et Nathalie, pour une soirée et un petit déjeuner rudement agréables.

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Le jardin a bien profité du printemps. Les arbres sont resplendissants.

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Puis un pèlerinage à St Jean où les nouveaux propriétaires semblent prendre soin de la maison que j’ai fait construire, et habitée, pendant 15 ans au début du 3ème millénaire après JC.

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L’étape suivante fût Revel, mémorable pour Nadine, avec deux objectifs principaux : un vrai cassoulet servi à l’ancienne dans une cassole en terre, à la Commanderie. Un régal !

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Et le fabuleux marché du vendredi, où se donnent rendez-vous les producteurs de la région jusqu’à plus de 100 km, et les clients avides de bons produits du terroir, de circuits courts, de bio, etc…le tout dans un cadre historique fabuleux.

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Mais il ne faut pas oublier que Revel est aussi une cité industrielle et du bois, depuis le moyen âge. Son magnifique musée expose des œuvres d’artisans locaux qui furent nombreux et se comptent maintenant sur les doigts d’une main. Ce guéridon marqueté du 18ème siècle est une merveille.

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Quittant la Haute Garonne pour le Tarn, nous avons découvert la nouvelle maison de Maïlys et Emeric, dans laquelle ils ont emménagé juste après le déconfinement. De plein pied dans un quartier hyper calme, elle est superbe et confortable, et nous y avons appris une nouvelle fracassante : je serai bientôt grand-père une nouvelle fois. Ca s’arrose, prudemment pour Maïlys !

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Nous avons eu aussi les honneurs du pré où est maintenant en pension Jiho, après une carrière bien remplie. Sa retraite semble lui réussir et Tom ne rate pas une occasion de le chouchouter. Une vocation semble se révéler.

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Commence alors le chemin du retour qui, en grande partie, consistera à remonter la vallée du Lot...

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.... dont les paysages de cultures sont fascinants. Il y a encore des paysans dans notre beau pays !

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Plus haut dans la vallée, les villages médiévaux sont tous plus beaux les uns que les autres, comme Saint Cirq Lapopie et sa magnifique église romane sur les chemins de St Jacques.

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Nous irons à bicyclette, par le chemin de halage, jusqu’à Bouziès, où, comme dans de nombreux autres villages, les hortensias sont fabuleux.

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C’est par la rive droite que nous sommes revenus au bivouac. Par moment les tunnels sont un peu stressants car ils sont sombres, mais heureusement il y a peu de trafic.

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Les berges du Lot, aménagées pour la baignade, le canotage ou les croisières fluviales, sont sensationnelles dans des paysages envoûtants de méandres et de falaises calcaires.

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Après Cajarc, Figeac, Decazeville, et d’autres villages ravissants, nous avons fait un crochet jusqu’à Conques et son pont romain, remanié au moyen âge pour les pèlerins de St Jacques.

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L’abbatiale Sainte Foy, et son cloître, ici sous un angle inhabituel, sont des chef-d’œuvres de l’art roman. L’ensemble du village, parfaitement restauré, est splendide. Mais les commerçants disent que la situation sanitaire annonce une saison catastrophique. La fréquentation est faible, en effet.

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Le petit musée de Conques rassemble des vestiges et symboles de Sainte Foy et des pèlerinages.

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Après un petit écart par la vallée de la Truyère, reprenant la vallée du Lot et ses merveilleux villages, nous n’avons pas résisté à un petit arrêt à Estaing dont le château a été la propriété de la famille de Giscard. Il l’a vendu il y a quelques années, mais l’ensemble reste impressionnant.

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Après Espalion, nous visions l’Aubrac et nous sommes arrêtés pour la nuit à Laguiole

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L’unique usine de couteaux vient d’être largement modernisée et 79 personnes y fabriquent les collections pour la table ou pour la poche, connues dans le monde entier, et copiées outrageusement, car la marque n’est pas protégée. Sa célébrité vient peut-être aussi de là !

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La deuxième spécialité locale est le fromage au lait cru de l’Aubrac, lui aussi très réputé. Il est fabriqué à la coopérative « Jeune Montagne » et vendu à plusieurs stades d’affinage, depuis le fromage frais jusqu’à 24 mois. C’est une entreprise moderne et autogérée très sympathique. La truffade, le retortillat et l’aligot sont aussi des spécialités locales et on comprend pourquoi.

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Et la troisième est le restaurant tri-étoilé de Michel Bras qui domine le plateau à 1300 m d’altitude et dont la carte fait saliver rien qu’à la lecture. Les menus sont offerts à partir de 170 € sans les vins. Les clients viennent de toute l’Europe et même plus. Le parking est à la hauteur !

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Toute proche, la station de ski complète le tableau avec ses tire-fesses et ses canons à neige !

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A la recherche d’une étape confortable pour les douches, les vidanges et les pleins, nous sommes descendus à St Chély d’Aubrac dont le camping nous a fait reprendre contact avec la concentration d’humains dont nous avions un peu perdu l’habitude. Il est confortable et joli, malgré un gérant qui faisait le kéké en passant dans les allées avec sa grosse berline noire.

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Une nouvelle balade sur nos petits vélos électriques nous a fait découvrir les charmes de ce vieux village traversé par un joli ruisseau. Les première traces de peuplement remontent à la préhistoire et on peut le comprendre tant le site est accueillant, protégé et dispose d’eau pure en abondance.

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Remontant sur le plateau, notre projet était de déguster une pièce de bœuf local, avec un aligot si possible, dans un buron. C’est la grande mode, ces anciennes maisons d’éleveurs dispersés sur le plateau à plusieurs kilomètres l’une de l’autre, sont converties en restaurants pour touristes à la recherche d’authenticité et de gastronomie. Et ça marche ! il faut donc réserver à l’avance sans être sûr d’avoir de la place. Mais nous avons trouvé, tout proche du village d’Aubrac.

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Paissant dans ces pâturages, entre les murets de pierres et les petits plans d’eau, les bœufs, vaches et taureaux offrent des paysages superbes et préservés. Dire que nous allons manger l’un de ces paisibles bovidés !

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Arrivant tôt, le parking de notre buron n’était pas encore complet. Malheureusement il n’y avait plus de place à l’extérieur, du coup nous avons profité de l’ambiance « feu de cheminée », à l’intérieur. Le service et la qualité des plats étaient irréprochables. On s’est quand même demandé comment deux jeunes serveurs noirs, ne parlant quasiment pas le français, avaient pu échouer dans ce coin perdu ! En partant, la vision de la terrasse bondée sous les tentes évènementielles et le parking débordant de chouettes bagnoles de tous les pays, nous a quand même surpris. Un pêcheur qui remballait son matériel, avec ses bottes crottées, nous a donné des tas d’explications sur la vie de ce plateau, la manière dont ces petits lacs d’altitude se remplissent, les poissons qu’on y trouve, et la géologie. Il détonnait un peu dans cet environnement ultra touristique, mais, l’hiver, quand il pleut ou qu’il neige, et que forcément il n’y a personne à 10 km à la ronde, il doit se sentir mieux.

Dsc01590_Aubrac.jpg, sept. 2020

Après un dernier portrait d’une belle, nous avons repris la route avec notre petit camion

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Peu après Mende, et son aérodrome rendu célèbre par « La Grande Vadrouille », nous sommes passés à Bagnols les bains, son casino, ses hôtels, où le Lot, tout près de sa source, est superbe.

Dsc01619_Cubiérettes.jpg, sept. 2020

Et, en cherchant un point de chute tranquille, nous nous sommes engagés sur une route tellement étroite que croiser un vélo nécessitait un arrêt. Notre rêve s’est concrétisé à Cubierettes, sur la place communale qui est en fait un champ d’herbe verte à souhait. Ce mini patelin très calme est traversé par un petit torrent adorable et ce n’est pas la peine de chercher un restaurant ou une boite de nuit. Par contre les potagers autour de presque chaque maison sont léchés à souhait.

Dsc01628_Cubiérette.jpg, sept. 2020

La météo et le ciel étaient un peu menaçants, mais, non, nous avons échappé à l’orage.

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Inexorablement nous nous rapprochions de la civilisation. C’est à Vallon Pont d’Arc…

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…qu’elle nous a rattrapés, avec son cortège d’attractions touristiques et ses foules, …

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… insatiables de loisirs, de découvertes et d’encanaillages. Mais la vallée, puis les gorges de l’Ardèche, que je ne connaissais pas, sont extraordinaires. La route qui la longe sur le plateau est magnifiquement aménagée et on trouve souvent des parkings avec des accès piétons aux points de vue fantastiques sur la rivière saturée de baigneurs, kayaks, paddles…. Heureusement, tout là bas dans le fond de la vallée, ils sont loin, et le spectacle de la nature est grandiose.

Dsc01674_l'Ardèche.jpg, sept. 2020

On peut quand même s’offrir une photo à prétention artistique si on le veut vraiment.

Dsc01679_Suze la Rousse.jpg, sept. 2020

Après avoir difficilement traversé le Rhône en raison d’un accident, nous avons terminé notre périple en traversant le terroir des côtes du Rhône et leurs domaines prestigieux, concentrés autour de Suze la Rousse, à l’impressionnant château.

Dsc01682_Ste Cécile les vignes.jpg, sept. 2020

Nous nous sommes offert un dernier Bivouac à Ste Cécile les Vignes dans un espace public au bord d’un joli plan d’eau, probablement une ancienne gravière, géré par une association de pêche.

Dsc01698_Carpentras.jpg, sept. 2020

Avant de rentrer à Apt on passe par Carpentras et ses portes et remparts bien mis en valeur.

Parcours Occitanie 2020.jpg, sept. 2020

Pour clore ce 77ème billet, voici une carte approximative de notre parcours de 2700 km, mine de rien, presque exclusivement sur de petites routes comme nous le voulions, en usant et même en abusant du GPS, bien utile, même s’il est parfois un peu agaçant ou superflu aux yeux et aux oreilles de Nadine. Il nous a fait découvrir ou redécouvrir des contrées rurales, un peu préservées de la foule, de la surconsommation, de la crise sanitaire, des incivilités, des polémiques parisiennes et politiciennes, où il fait sûrement bon vivre. La France profonde ! Ça fait du bien.

Et maintenant on se prépare à un été familial de plus en plus masqué !

vendredi 19 juin 2020

Evadé

Le 11 mai, la chaleur et le beau temps aidant, fut un chouette début de déconfinement. Il était temps, dans ces îles où il n’y a pratiquement pas eu de malade, quelques hospitalisations et où les décès se comptent sur les doigts d’une main. Mais les réflexes de notre brillante administration l’empêchent de faire confiance aux administrés et surtout sa fâcheuse tendance à l’égalitarisme ne lui permet pas d’imaginer qu’un voilier, après deux mois d’isolement de l’équipage, donc risque nul, puisse naviguer pour le plaisir alors que les « terriens » peuvent circuler dans un rayon de 100 km. Donc on interdit de naviguer quand même !!! Mais aussi de se baigner autour du bateau. Une équipière a été verbalisée de 135 € parce qu’elle nageait à quelques mètres de son voilier !

Dsc00666_ilet à cochon.jpg, août 2020

Il a fallu attendre le 22 mai pour apprendre que, si l’on avait une raison impérieuse, on pouvait demander l’autorisation de naviguer au « Directeur de la Mer » par l’intermédiaire du CROSS Antilles pour un trajet précis, de jour uniquement, sans escale, sans mouiller et sans débarquer. Les arrêtés préfectoraux publiés sont des monuments de jargon administrativo répressif inapplicables. Bien sûr certains plaisanciers ont demandé et obtenu ces dérogations, puis en ont fait ce qu’ils voulaient, d’autres, dont bibi, se sont offert le culot de ne rien demander et de se faire de petits plaisirs quand même, avec prudence et discrétion par exemple en se baignant la nuit !

Dsc00668_mouillage ilet à cochon.jpg, août 2020

Le radar dans la baie de Pointe à Pitre montre le nombre de voiliers attendant le signal du départ

Dsc00646_traversée retour.jpg, août 2020

Certains, lassés, préfèrent embarquer leur bateau sur un cargo pour rentrer en Europe.

Dsc00649_Waltzing Mathilda.jpg, août 2020

Mon voisin de mouillage porte le nom de l’héroïne du roman que je viens de terminer et qui est aussi un titre de Jazz Country archi célèbre en Australie, son pays d’origine. Coïncidence amusante.

Dsc00650_Dernière danse.jpg, août 2020

Cette épopée se situe dans le bush australien et met en scène une héroïne qui se bat comme une lionne pour conserver le ranch de sa mère. Celui-ci devient, cinquante ans plus tard, la propriété d’une jeune artiste veuve, venue de Sydney. Cette dernière découvre les carnets intimes de Mathida et se prend d’affection pour son histoire au point de tout abandonner pour y vivre. Roman poignant, dur, plein de drames, de tendresse et de rebondissements, qui se lit presque d’une traite.

FB muguet.jpg, août 2020

Il ne fallait pas pour autant oublier de célébrer dignement le 1er mai avec un brin de fraîcheur…

Dsc00690_élastique jeté.jpg, août 2020

.. et un élastique qui se transforme en cœur en sautant sur la table du carré.

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Après une jolie traversée clandestine dans l’alizé modéré

20200514_164643_sur bouée à MG.jpg, août 2020

Nous avons retrouvé le mouillage de St Louis et tous ceux qui y étaient restés

20200523_085018_la vie reprendà ST Louis.jpg, août 2020

L’animation du village reste très modeste sous le soleil vertical.

DSC00661_chevelu.JPG, août 2020

Et la coupe « confinement » devient quasiment révolutionnaire

Dsc00675_Départ de Pen Kaled.jpg, août 2020

Dsc00685_Le bulon.jpg, août 2020

Dsc00679_Pili pili.jpg, août 2020

Les voiles hissées, ceux qui repartent en Europe défilent dans la cacophonie des cornes de brumes, célébrant le retour d’une liberté arrachée aux pisse-vinaigres de l’administration.

Dsc00677_piquage de la chaine.jpg, août 2020

L’immobilité encore un peu forcée permet d’avancer certains petits travaux utiles..

Dsc00678_chaine piquée.jpg, août 2020

…comme le piquage de la rouille sur la chaine principale, qu’il faudra probablement remplacer à court terme. Il est vrai qu’elle travaille dur, et souvent, lors nos croisières caribéennes.

Dsc00682_plage de St Louis.jpg, août 2020

Quittant le chaleureux mouillage de St Louis, par une météo idéale pour un tour de Marie Galante…..

Dsc00691_anse Canot.jpg, août 2020

….d’environ 40 milles, nous passons devant l’anse Canot et son îlot à langoustes…

Dsc00695_Capesterre.jpg, août 2020

…puis devant Capesterre….

Dsc00696_finale à MG.jpg, août 2020

….où l’avion, seul liaison autorisée entre les îles pendant le confinement, est en finale…

Dsc00701_retour à St Louis.jpg, août 2020

Dsc00702_Grand bourg.jpg, août 2020

…enfin, après un empannage devant Grand Bourg nous bouclons le tour en repassant devant la distillerie Labat.

Dsc00719_régate.jpg, août 2020

Le club nautique de Marie Galante organise aussi chaque dimanche une régate amicale et informelle ouverte à tous ceux qui le veulent, appelée « 10 heures pétantes ». Pas de règlement, pas de licence obligatoire, pas de jury, pas de handicap, pas de signature, un parcours simplissime et juste le plaisir d’être sur la ligne de départ et d’essayer d’aller plus vite que les autres. Une régate à l’ancienne entre amateurs plus ou moins équipés et sur tous types de bateaux.

Dsc00727_régate.jpg, août 2020

Un vrai plaisir de virer l’ilet du vieux fort, puis la tonne de la pointe de folle anse avant de revenir au mouillage, devant les autres monocoques. Ils n’ont rien pu faire pour devancer Dartag très en forme. Seul un joli trimaran ultraléger nous a devancé. D’excellents souvenirs !

Dsc00729_Iemanja2.jpg, août 2020

D’autres voiliers rencontrés en cette fin de saison, comme Iemanja 2, avec Pierre et Thérèse…

Dsc00740_Storia-Storia.jpg, août 2020

….ou François et Catherine sur Storia Storia, dont le blog vidéo est une merveille, sont des grands voyageurs que nous retrouverons sans doute dans le futur

Dsc00747_baie des Saintes.jpg, août 2020

Les Saintes sont toujours aussi belles…

Dsc00749_Baie des Saintes.jpg, août 2020

…et la plus belle baie du monde offre ses couleurs de rêve…

Dsc00753_Terre de Haut.jpg, août 2020

…mais le village de Terre de Haut est quasiment désert. Quel contraste avec les années précédentes et sa fréquentation « tropézienne ». C’est bien agréable !

Dsc00652_destin vache.jpg, août 2020

Et hop, encore un petit bouquin, allemand cette fois, pour découvrir le périple fantastique d’un troupeau de bovins qui raisonnent et agissent comme des humains pour échapper à leur folie et trouver leur terre promise. Désopilant et surprenant presque à chaque page !

Dsc00758_lagon de Ste Anne.jpg, août 2020

La dernière escale, fut pour Sainte Anne dont le petit lagon est finalement moche et inconfortable.

Dsc00822_au piquet.jpg, août 2020

Le désarmement de Dartag à Pointe à Pitre marque la fin de cet hiver tropical bien particulier commencé avec Nadine aux Grenadines, écourté par le covid19 et ses conséquences parfois horribles, prolongé par le confinement et l’arrêt presque total des transports aériens.

20200603_014739_programme de la nuit.jpg, août 2020

20200603_113452_finale à Marignane.jpg, août 2020

Il a fallu consacrer 7h 31 minutes pour chercher et finir par trouver, avec Air France en pleine pagaille, une vol de retour à la maison acceptable, mais avec trois semaines de retard sur le billet initial et l’obligation de louer une voiture à Marseille pour finir. A la guerre comme à la guerre aurait dit notre pauvre jeune Président, bien désarmé face à cette perturbation imprévue, révélatrice des faiblesses de notre pays, et malgré son autosatisfaction chronique ! Mais il y a pire !

Dsc00915_Confiture1.jpg, août 2020

Il faut maintenant remettre en route la maison de La Londe après un hiver bien perturbé. Que de surprises bonnes et moins bonnes ! Mais 2020 est une année à fruits et les abricots tombent de leur arbre à un rythme tel que j’ai épuisé mes pots de confiture vides en stock. A raison de deux ou trois kilos de fruits chaque jour les cadences sont infernales et la distribution va commencer !

L'été sera masqué, mais j'en ferai ma prochaine chronique, en attendant si possible de retrouver les Antilles l'hiver prochain.

mardi 28 avril 2020

Confiné

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Le coucher de soleil sur la silhouette des Saintes marque le retour en Guadeloupe après un mois et demi de croisière au sud des petites Antilles.

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Le mouillage dans le petit port de Grand Bourg à Marie Galante, permet de faire les formalités d’entrée et quelques menues courses…

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…ou des petits travaux comme le nettoyage des traces de rouille à la sortie des évents de vidange du puits à chaîne, et de boucher les deux supérieurs, inutiles, ne gardant que ceux du bas.

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Dès le lendemain nous avons rejoint le mouillage de Saint Louis, beaucoup plus agréable. Et vlan !!!!!! C’est là qu’on s’est pris l’épidémie en pleine poire.

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Comme si la nature avait compris qu’il se passait quelque chose d’anormal, l’alizé s’est mis en sommeil et le beau temps de ces dernières semaines a fait place à une couverture nuageuse tristounette, le premier jour du confinement.

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Ayant téléchargé et imprimé l’auto attestation dérogatoire « inventée » par nos brillants énarques (seuls eux pouvaient imaginer une telle « formalité » absurde en plus d’être infantilisante), nous avons tenté notre chance au SuperU de Saint Louis. L’approvisionnement était correct, en dehors des fruits et légumes, et il n’y avait pratiquement personne.

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Le bourg lui-même semblait déserté par ses habitants : par une voiture, pas une mobylette, pas un troquet ouvert, c’était sinistre.

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Sous l’impulsion de quelques plaisanciers confinés au mouillage, un petit réseau a démarré avec une vacation radio tous les matins à 9h pour échanger les nouvelles. Bientôt un groupe Whatsapp a permis, en plus, de communiquer aussi avec les responsables du club de voile local et de créer des liens avec la population et les commerçants du village. Puis les applaudissements de 20h en faveur des personnels sanitaires ont démarré sur les ponts éclairés par les projecteurs. Malheureusement, la population a mal compris ces manifestations et les a interprétées comme des fêtes incompatibles avec le confinement. Il était préférable d’y mettre fin, d’autant que « l’idiot du village » a frappé, soupçonnant les plaisanciers d’apporter la peste, en lacérant trois annexes amarrées au dinghy dock. Heureusement, le président du club de voile, a pu apaiser la situation.

Rapidement des filières d’approvisionnement se sont mises en place : les maraîchers de l’île et les pêcheurs regroupaient les commandes et venaient les livrer sur le ponton deux fois par semaine par dizaines de kilos, pour la plus grande joie des plaisanciers. Les jeux entre équipages, les histoire drôles, les énigmes, casse tête et devinettes échangées par Whatsapp, ainsi que les recettes de pain ou de gâteaux, comme les prêts de bouquins ou de vidéos rendent ce temps d’attente plutôt agréable, même pour les nombreux enfants à bord des bateaux.

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Sachant que ce confinement allait durer, ceux qui projetaient de rentrer en Europe à la fin du printemps souhaitaient préparer leur bateau à cette fin et refaire les pleins de gaz, de fuel, d’eau douce ce qui n’était pas facile. Ils ont donc quitté cette ambiance sympathique pour rejoindre Pointe à Pitre où il était possible de trouver ce ravitaillement sur rendez-vous téléphonique. C’est ce que j’ai fait également, avec l’idée de profiter de ce temps mort pour les petits bricolages ou révisions nécessaires à bord. Le mouillage du Gosier, vu au passage, était bien fréquenté

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Devant la marina, l’abri est parfait, et on voit passer les cargos qui viennent ravitailler l’île.

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Le flux prévu pour la saison touristique est surabondant en raison du confinement et du départ de la quasi-totalité des plaisanciers et locataires de vacances, rentrés chez eux. Le Carrefour est débordé par les palettes déposées dans ses allées. Il n’y a donc aucun problème d’avitaillement.

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Je peux donc faire du tri dans ma cambuse. Ici un cassoulet brésilien qui mijote.

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Les petits matins calmes sont délicieux, même si c’est bien dommage de ne pas naviguer.

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Les gendarmes font leurs patrouilles débonnaires, venant demander aux équipages confinés si tout va bien à bord.

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Certains quittent le port, on se demande pour quelle destination, car toutes les îles voisines sont fermées et n’accueillent qu’en cas d’urgence, avec quarantaine obligatoire à ‘arrivée.

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Juste en face, le mouillage de l’îlet à cochon sur fond de Soufrière dégagée est bien attirant

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Le Dixmude envoyé par Macron ressort après une courte escale pour débarquer quelques masques chirurgicaux. Vingt mille tonnes de diplomatie En Marche !

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A terre, tout est mort et, curieusement, même le cabinet médical de la marina est fermé.

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Cela n’empêche pas de faire les petites sorties obligatoires pour les poubelles et le ravitaillement une fois par semaine.

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Et il y a aussi de grands moments lors de sessions Skype familiales. Riche idée, merci à ceux et celles qui l’ont eue. La technologie a du bon en ce temps de confinement.

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Le remplacement des rideaux des hublots zénithaux du carré, piqués et moisis, traînait depuis un moment et les boutons pressions étaient rouillés, pourris, arrachés, irrécupérables.

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La petite machine à coudre a repris du service pour fabriquer les maquettes. Malheureusement elle m’a lâché au bout de quelques coutures. Et mes efforts pour la réparer sont restés vains pour le moment. En apparence, rien n’est cassé à l’intérieur, mystère !

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J’ai poursuivi quand même mon projet avec une « sew glue liquid » qui m’a épaté. Très facile d’emploi, même pour faire un bâti ou un patron, et rapide à mettre en œuvre.

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J’ai tenté le velcros adhésif. Et là encore, bonne surprise, ça marche !

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On verra combien de temps ça dure, mais pour le moment le soleil tropical ne fera plus trop passer les vernis du carré.

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La vue depuis mon mouillage est un peu gâchée par les nombreuse épaves qui garnissent les berges de l’anse du carénage : ferry, bac et voilier coulés, à l’abandon depuis des années.

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Curieusement, en l’absence de toute tempête, le mât du voilier qui était intact, est tombé, se brisant en trois morceaux. Je n’étais pas dessous ! Ca m’a quand même rappelé de vilains souvenirs.

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En dehors des bricolages, révisions en retard, suivi de l’actualité dramatique en ce moment, écritures diverses et de souvenirs, la lecture est, comme toujours, une activité incontournable à bord. Ce premier roman de l’américaine Kathryn Stockett, publié en 2010, fut un succès mondial vendu à plus de trois millions d’exemplaires et traduit en français par Pierre Girard.

L’histoire se situe essentiellement à Jackson dans le Mississipi au début des années soixante, en plein combat pour les droits civiques des noirs, sous la présidence de John Kennedy. L’héroïne, blanche, cherche à écrire un livre de témoignages avec plusieurs domestiques noires qui deviennent ses amies et qu’elle doit convaincre de passer outre les blocages de cette société raciste des planteurs du sud. C’est par moment poignant, parfois violent, mais aussi drôle ou émouvant. Successivement, au fil des chapitres, chacune de ces femmes est la narratrice et parle à la première personne. Le ton de chacune, restitué par la traduction, veut être celui de sa propre condition de maître cultivé ou de servante au langage simple. C’est parfois gênant, voire déroutant, et j’ai mis du temps à me laisser prendre à ce jeu subtil où l’on pourrait presque entendre les accents de chacune. Est-ce la même chose dans la version originale ? J’aimerais le savoir.

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Je termine avec une chevelure de confinement qui, certes, dissimule bien mes efficaces prothèses auditives, mais j’avoue que je commence à en être un peu gêné. Vivement la quille ! Mon billet Air France, décalé par la pandémie, me fera revenir à Hyères le 3 juin. J’espère naviguer encore un peu avant cette date, avant de désarmer le bateau à Pointe-à-Pitre pour la saison cyclonique.

mardi 17 mars 2020

Cinquante nuances de bleu

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Echantillon de bleus de Tobago Cays

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Au retour de notre merveilleux voyage en « Arabie heureuse », les nuits tombent vite et nos chers voisins ont, cette année encore, décoré et illuminé leur jardin pour les fêtes de cette fin de 2019. Comme chaque fois, de nouveaux personnages ou objets apparaissent, fruits de leurs réflexions, de leur goût de la lumière, et de plusieurs mois de préparation. Une merveille, digne de plus belles décorations que l’on voit dans les villes et villages d’Amérique du Nord.

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Et les crèches exposées dans les édifices religieux (ici l’église de la rue St Jacques à Hyères) ou républicains, nous rappellent aussi qu’il s’agit d’un temps sacré pour notre culture chrétienne.

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Le partage de la Schichtorte, à l’occasion d’une délicieuse visite et de quelques cadeaux, anticipe un peu le jour J, sur la route des vacances de Noël.

Les fêtes carillonnées, en famille et avec les amis de toujours, se succèdent à Apt et La Londe jusqu’au vœux traditionnels.

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Et dès la mi janvier, le rituel des années précédentes se reproduit avec la préparation du départ pour un septième hiver aux Antilles. Les valises faites, au poids maximum autorisé par Air France, nous retrouvons Pointe à Pitre. Comme chaque fois cela commence par le carénage. La quantité de coquillages et mollusques divers est au moins égale à celle des années passées. Bon c’est décidé, cette fois je change la peinture antifooling pour voir s’il y a mieux.

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Après une semaine de dur labeur, Dartag reprend contact avec son élément, comme neuf ou presque. Hélas dès la première manœuvre de sortie du port, apparaît un problème. Le niveau du liquide refroidissement du moteur baisse rapidement. Pas de panique, il faut faire un diagnostic et chercher la fuite. Rien ne coule dans la cale : cela ne vient donc pas des durites. L’eau chaude sanitaire, réchauffée par le circuit de refroidissement du moteur, n’a aucune odeur ni goût suspect. Cela ne peut donc venir que de l’échangeur dans lequel le glycol est refroidi par un circuit d’eau de mer. A suivre… Mais en attendant je ne peux plus me servir du moteur sans remettre un demi litre de liquide dans le circuit tous les quarts d’heure. Heureusement il y a la voile et du vent, donc mon départ pour la Martinique pour y retrouver Nadine qui arrive début février, n’est pas compromis.

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Parti de Marie Galante par beau temps, l’approche de la Montagne Pelée à la nuit tombante est un peu sinistre. Elle donne même l’impression (fausse) de fumer.

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Après une escale à Saint Pierre, nous rejoignons Le Marin avec l’espoir de trouver un mécanicien compétent et un dépannage rapide de l’échangeur. Pierre confirme que la fuite provient de l’échangeur glycol-eau de mer. Il propose de s’occuper de tout, commander la pièce et faire l’échange lorsqu’elle sera arrivée. Marché conclut avec un délai annoncé d’une dizaine de jours.

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Cela donnera à Nadine le temps d’arriver (un peu fatiguée), de s’acclimater à la vie à bord et de prévoir les approvisionnements pour notre croisière d’environ trois semaines.

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Miracle, la pièce arrive en une semaine et l’échange est fait le lendemain, au mouillage, sans problème. Merci Pierre pour cette efficacité.

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Nous étions prêts et avons appareillé l’après midi même pour Rodney Bay (Ste Lucie). Cela nous avançait sur la route de Béquia, première escale prévue de notre visite des Grenadines.

Nous n’avons pas moisi à Port Elisabeth. Il nous fallait changer nos € en EC$, faire les formalités d’entrée et quelques courses, ce qui nous a pris une demi journée. Entrant dans la banque locale, nous avions estimé la queue à une demi-heure. Erreur funeste car c’est plus d’une heure qu’il nous a fallu pour parvenir au guichet, suivant docilement les villageois habitués, parfois resquilleurs, et quelques touristes résignés, dans une queue placée sous le souffle glacial des puissants climatiseurs poussés à fond (l’horreur !). Pour la clearance d’entrée sur le territoire, les trois bureaux des autorités furent, en comparaison, presque une rigolade et nos courses se sont réduites au minimum en raison d’un choix réduit et de prix exorbitants.

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Nous avons rapidement appareillé pour les Tobago Cays, mondialement connus et devenus depuis quelques années une réserve naturelle. La fréquentation n’était pas exagérée, malgré la haute saison, et le temps venteux et pluvieux y était sûrement pour quelque chose. Nous avons même dû renoncer à la « Langouste Party » organisée sur la plage de Petit Rameau par les Boat Boys.

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Et nous somme repartis dès le lendemain matin pour Mayreau. Le site magnifique de Salt Whisle Bay est souvent très encombré, surtout par des catamarans de location. Coup de chance, nous avons pu y trouver un emplacement parfait, certes entourés de près.

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Débarquant sur la plage dans les rouleaux, nous avons découvert le spot de kite surf de l’autre côté de la cocoteraie. Un paradis pour les mordus de vent et de vagues.

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Un luxueux resort s’y est installé, dont l’un des bâtiments semble avoir été soufflé par une forte explosion. Il ne reste que les fondations : stupéfiant !

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Au bout de la plage on trouve un établissement appelé « Last Bar Before Jungle », offrant un menu alléchant de langouste grillée sous une tonnelle bien attirante. Nous avons craqué !!!

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Préférant nous éloigner de l’animation de cette jolie baie, nous avons rejoint la suivante toute proche, Salines Bay, pour visiter le reste de l’île et monter au village (dénivelé de 80m au grand col), d’où la vue sur les Tobago Cays est sensationnelle, avec le beau temps revenu.

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Près de l’église du père Divonne (Mayreau est la seule île majoritairement catholique des petites Antilles) le banc de pierre où se reposait sa biquette est désormais vide. Elle n’a pas survécu à son maître, à moins qu’elle ne soit partie brouter ailleurs, mais nous ne l’avons pas vue.

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Une magnifique goélette d’au moins quarante mètres filait vers le nord dans le puissant alizé.

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Et le long du quai des pêcheurs, les embarcations colorées attendent la prochaine sortie.

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L’île voisine, Union Island, offre des panoramas tout aussi splendides, mais les lagons ne sont pas navigables, même en annexe. Des pêcheurs nous ont montré la passe pour sortir, sinon nous y serions peut-être encore, le zodiac échoué sur des cayes !

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Clifton Harbour, où nous avions laissé Dartag au mouillage, est un endroit paradisiaque de jour. La nuit c’est un peu glauque et moyennement rassurant avec de nombreux jeunes désoeuvrés.

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Le mini port réservé aux annexes, dénommé « Dinghies Dock » est bien pratique.

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La dernière des Grenadines de Saint Vincent est Petit Saint Vincent. C’est une île privée entièrement consacrée à un hôtel de luxe formé d’une quinzaine de bâtiments hyper confortables répartis dans la nature sauvage. Seuls le restaurant et le bar sont accessibles aux visiteurs.

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Cet endroit qui respire le luxe, le calme et la volupté, se veut entièrement déconnecté : pas de TV, pas de téléphone, pas d‘Internet… Les milliardaires à 2000 US$ la nuit (12000 pour la semaine) adorent…et trois des voiliers au mouillage devant la plage et le ponton étaient à la hauteur !

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La plage de sable blanc, les cocotiers et les petits carbets sont réservés aux clients, et les gardes patrouillent en permanence dans des voitures de golf sur un discret chemin pour satisfaire tous leurs caprices, et écarter les importuns…

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Cela n’empêche pas les pêcheurs venus de l’île voisine (Petite Martinique) de proposer leur marchandise, avec un sourire éclatant. La nôtre est déjà dans la casserole !

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L’échantillonnage est superbe et en négociant un peu c’est finalement abordable.

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Et nous avons encore craqué !!! Mais cette fois la cuisine était à bord. Dix minutes dans l’eau de mer bouillante, coupée en deux avec la scie à pain, arrangée avec un aïoli de derrière les fagots confectionné (sans fouet, avec deux fourchettes) par la super cuisinière de Dartag, accompagnée des légumes locaux fraîchement préparés et cuits sur place….. Un régal, une tuerie, que dis-je un monument de bonheur intégral, sans exagérer !!!

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On se relèverait la nuit pour un tel repas dans un tel environnement.

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Remarquez le rosé de BUZET, bien frais avec des glaçons, qui était parfait.

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Pour « torcher » tout cela, une escale près de Morpion s’imposait. C’est la plus petite île privée du monde. Elle appartient au propriétaire de Petit Saint Vincent, qui y organise des « expéditions » pour ses clients fortunés lorsqu’ils veulent s’encanailler sur une île déserte. Nous y avons débarqué à la nage après 500 m d’un magnifique schnorkeling dans les coraux. Le retour à été plus dur !!

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De retour à Union, c’est à Chatam Bay que nous avons fait une de nos plus belles escales. C’est un environnement préservé avec une longue plage sur laquelle se sont installées quelques paillotes bricolées où l’électricité est fournie par des panneaux solaires et un petit groupe électrogène. A l’autre bout on trouve un bel hôtel très discret et parfaitement intégré dans la forêt.

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Nous avons utilisé son petit ponton pour débarquer avec l’annexe le temps d’une promenade bucolique et d’un rafraîchissement à terre. Mais le Sunset Cove est si attirant que nous y avons dîné, observant le ballet des pélicans qui plongent parfois à quelques mètres du rivage pour se remplir la panse avant d’aller se coucher. Le soleil leur a donné le signal du repli avant que les équipages bruyants de quelques voiliers n’arrivent pour passer un moment animé. Cela nous a chassé et nous avons regagné Dartag dans la nuit tiède, en ayant un peu de mal à le retrouver !

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Notre passage initial aux Tobago Cays, écourté par le vent et la pluie, nous avait laissés sur notre faim et nous voulions y retourner dans de meilleures conditions. Nous ne nous étions pas privés de langoustes et ce n’est plus le barbecue géant de Petit Bateau qui nous attirait.

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Nous avions envie de nager avec les tortues, nombreuses dans ce fabuleux lagon protégé par « Horse Shoe Reef ».

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Après avoir choisi un mouillage confortable entre Petit Rameau et Petit Bateau, nous avons pu longuement profiter de leurs majestueux mouvements et de leur repas. Et nous n’avons pas été déçus. Dans quelques mètres d’eau elles sont nombreuses et familières. Nous avons fait un premier repérage avant de mettre l’appareil photo dans son petit caisson étanche en espérant que la lumière nous permettrait de belles images.

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Elles broutent littéralement la prairie d’herbes poussant sur le fond de sable, émergeant pour respirer toutes les trois à cinq minutes et se laissant approcher, presque au point de pouvoir les toucher. Dans la vidéo on entend même le bruit de leurs mâchoires, en plus de la respiration du cinéaste fasciné par leur grâce.

Ces gros animaux sont protégés. Et les mesures de protection doivent être efficaces, car elles pullulent littéralement, pas seulement dans les Grenadines, mais dans toutes les Antilles. Cela nous a rappelé le merveilleux spectacle que nous avions vu quelques mois plus tôt sur la côte d’Oman. Sereins, nous avons pu reprendre la mer ver le nord, le séjour de Nadine approchant de son terme, pour revenir en Martinique où nous voulions voir certains de ses amis.

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Après une nouvelle escale « formalités » à Béquia nous avons quasiment zappé Ste Lucie, devenue un piège à touristes, nous arrêtant seulement dans l’anse Cochon, fréquentée par de nombreux « promène-couillons » venus de Castries où accostent les paquebots géants…..

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…….et quelques pêcheurs aux embarcations préhistoriques.

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C’est là que le chargeur 220v est tombé en panne après 13 ans de bons et loyaux services. Il sert à recharger les batteries en l’absence de vent ou de soleil, et surtout lorsque nous utilisons le désalinisateur pour remplir les réservoirs d’eau potable à partir de l’eau de mer. Nous en sommes réduits à ne le faire que lorsque le diesel principal tourne. Heureusement, il est en pleine forme !

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Notre arrivée aux Anses d’Arlet (village choisi pour représenter la Martinique comme « village préféré des français ») marque le couronnement de cette croisière pour Nadine. Elle y vient depuis plus de vingt ans, connaissant par cœur les différents mouillages, les commerçants, le marché au poisson, et ayant séjourné en location chez différents propriétaires dont certains sont devenus des amis. Naturellement le petit marché a retrouvé tous ses droits après les privations dans les îles anglaises, sous équipées sur ce point, depuis presque trois semaines.

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Les couchers de soleil vus depuis le balcon d’Henri et Lucie ont quelque chose de magique surtout lorsque le rayon vert est visible, ce qui est rarissime !

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Et les nuits tropicales, au calme du fabuleux mouillage de Grande Anse, méritent le voyage. Mais tout a une fin, et pour que GRRR..Nadine puisse regagner la métropole, son hiver glacial, venteux, pluvieux et son inquiétante épidémie de corona virus, le plus simple était de traverser à la voile la baie de Fort de France. On rejoint alors facilement à pied la station des bus dont la nouvelle ligne de transport en commun en site propre (TCSP) à destination de l’aéroport fait la fierté des martiniquais. Elle est surtout très pratique, rapide et extrêmement bon marché, ce qui ne gâte rien. Un atout formidable pour les futurs équipages qui doivent rejoindre ou débarquer d’un voilier.

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Un nouveau passage au Marin pour changer le chargeur s’imposait. Solution pas facile, et peut-être provisoire, mais trouvée en deux jours.

Puis il fallait reprendre la mer vers la Guadeloupe par la côte au vent, et une petite visite à Jean-Philippe à La Trinité, toujours aussi accueillant.

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Voici la dernière vue de La Martinique pour cette année, en passant devant le rocher de la Trinité dont le souffleur était spectaculaire et bruyant, dans la grosse houle.

La suite sera pour les îles du nord en particulier Saint Barthélemy qui accueille en avril un évènement sportif et mondain magnifique, de niveau mondial, « les Voiles de St Barth ». Espérons que les mesures de précautions liées à la pandémie covid-19 ne conduisent pas à sa suppression. Ce serait une catastrophe internationale (sic) que je commence à redouter un peu, mais restons optimistes et préparons-nous à y recevoir un nouvel équipage.

Hélas, Hélas, Hélas, nous apprenons aujourd'hui que ce magnifique événement est annulé, ce qui était prévisible après le discours du président du 16 mars sur les mesures de confinement qui s'imposent à tous en raison de la terrible épidémie mondiale actuelle.

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Cette première croisière de l’hiver aura été aussi un grand moment avec la lecture de ce gros bouquin traduit de l’anglais, dont l’auteur est professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. C’est un énorme succès datant de quelques années. Il reprend de nombreuses théories sur l’histoire « du vivant » sur notre planète et propose une série de visions parfois iconoclastes, parfois très sérieuses, toujours très documentées, que les scientifiques, penseurs, philosophes, archéologues, historiens, théologiens actuels n’abordent pas dans leur globalité. Il est articulé autour de ce qu’il appelle des « révolutions » (de la connaissance, de l’agriculture, de la science,…) et montre comment l’Homo Sapiens supplante progressivement, et de plus en plus vite, toutes les autres formes de vie, particulièrement dans les 10 000 dernières années. Il pose la question essentielle de l’avenir de cette course à la croissance….et des drames qu’a déjà subi et que subira inévitablement encore, notre écosystème. C’est écrit sur un ton léger et en même temps sérieux, et se lit presque d’une traite, tellement c’est passionnant et instructif.

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Notre période de confinement nous fixe donc en Guadeloupe pour un bon moment. Ce sera l'occasion de procéder à quelques menus travaux d'entretien, de déguster la bibliothèque du bord et de profiter à la voile et en solitaire de cet archipel si varié et accueillant. Il y a pire comme pénitence !!!

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Pour le moment il fait très beau, la mer est à 27,8°, l'alizé est tout faible pour ne pas dire insignifiant comme le montre cette photo du plan d'eau de Saint Louis avec une mini brise de sud-ouest, et le ravitaillement ne manque pas. A suivre.....

mercredi 18 décembre 2019

D’Ormuz au Golfe

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L’extrémité de la péninsule qui pointe vers l’Iran, marquant la rive sud du détroit d’Ormuz, est une province du Sultanat d’Oman, séparé de 50 kilomètres du reste du territoire par une zone aux frontières incertaines faisant partie des Emirats Arabes Unis (EAU, en anglais UAE). Il y en a sept dont les plus importants sont Dubaï et Abou Dhabi. Certains sont minuscules. La largeur du détroit est de 40 à 60 kilomètres. Un tiers du trafic mondial de pétrole passe ici.

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Du petit biréacteur d’Oman air, un Embraer de 40 places en approche vers Khasab (en bas à gauche de la photo), nous avons une vue presque générale de l’extrémité nord du Musandam. On observe le découpage complexe de cette côte formée de fjords profonds et de montagnes arides.

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Nous sommes accueillis à la sortie de la petite aérogare par Eldo (chemise verte). D’origine indienne, et arrivé il y a une dizaine d’année, il a monté un petit business d’accueil des visiteurs et de location de chambres d’hôtes qui semble florissant. Il a organisé avec son réseau notre séjour sur place.

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Cela commence chez les pêcheurs qui nous vendent notre excellent repas du soir, et nous conduit dans le restaurant qui fera cuire nos poissons en papillotes et les assortira des garnitures de notre choix (riz et légumes). Il en profite pour acheter son dîner et viendra nous chercher à la fin du nôtre pour nous ramener à notre hébergement. Une merveille d’organisation.

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Dès le lendemain matin, il nous conduit au port de Khasab et nous embarquons pour une journée de croisière sur un boutre d’environ vingt mètres. Sur la vingtaine de passagers, il y a six européens et le reste d’Omanis et d’Emiratis dont quelques familles en noir et blanc avec enfants.

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L’équipage nous accueille chaleureusement. L’un d’eux, marocain, parle français.

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A la sortie du port, nous sommes frappés par le nombre de petits bateaux et puissants canots rapides qui entrent et sortent. Nous réaliserons qu’il s’agit des commerçants (ou trafiquants) qui assurent plus ou moins clandestinement les échanges avec l’Iran, frappé par l’embargo américain. Ils viennent essentiellement livrer du bétail, surtout des chèvres, et repartent avec des produits hi-tech, des machines ou de l’électroménager dont l’Iran manque cruellement. Ce trafic est déclaré illégal par l’Iran, qui ne le réprime pourtant pas, mais parfaitement admis par Oman. Bref vous comprenez que la situation est complexe, mais que les intérêts bien compris de chacun priment.

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La frégate de la marine omanaise qui veille en rade sert d’alibi pour le contrôle des échanges.

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Les paysages dans le fjord sont stupéfiants. Quelques pêcheurs vivent dans de minuscules villages dépourvus de tout accès par la route.

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C’est grand, c’est lumineux, c’est très minéral

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Et presque immédiatement les premiers dauphins apparaissent.

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Cela génère un mitraillage en règle de la part des passagers, les vidéos sont très belles.

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Les capitaines les attirent avec des sifflements ou en navigant en parallèle.

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Les écrans exercent la même fascination sur les enfants quelle que soit leur culture.

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Nous aurons deux arrêts baignades.

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Le premier suivi du déjeuner à bord, apporté par un bateau de service venu spécialement avec les marmittes et la vaisselle.

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Nadine s’est éclatée en nourrissant les centaines de petits poissons qui l’assaillaient avant de profiter des confortables banquettes de notre boutre.

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Au retour, en fin d’après-midi, la lumière était encore plus belle.

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Le lendemain après une petite visite chez LULU Hypermarket, d’une propreté chirurgicale,....

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….nous enchaînons avec une visite du fort de Khasab…

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…lui aussi superbement meublé et restauré…puis sommes partis à la montagne avec un chauffeur d’Eldo.

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La vue plongeante sur un autre fjord est encore plus spectaculaire

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Puis nous sommes montés vers les hauts plateaux où nous avons eu la surprise de trouver une plaine agricole à plus de 1000 mètres d’altitude et plusieurs villages

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Et dans les paturages, à 1400 m, la plupart des rochers sont couverts de coquillages fossilisés.

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Et là, s'est produite une rencontre insolite avec un saoudien venu passer le week-end au frais sous la tente avec sa famille. Ayant vécu deux ans en Suisse, il parlait très bien notre langue. Le monde est petit..

Mais, avec la fin d’après-midi, la fraîcheur de l’altitude et l’approche de la nuit nous ont arrachés à cette magnifique découverte des montagnes sauvages du Musandam.

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Dans la descente, un chaos de rochers fracturés qui s’empilent sur les flancs de canyons vertigineux, offre un paysage de création du monde avec une végétation réduite à quelques arbustes faméliques. Notre puissant Toyota 4x4 a encore démontré ses qualités tout-terrain.Mais en arrivant dans la vallée nous étions moulus d’avoir été bringuebalés, pour ne pas dire secoués, pendant plus de 3h.

La nuit fut réparatrice avant de partir à l’aube avec un autre chauffeur d'Eldho qui nous emmenait aux Emirats. Il nous a bigrement facilité le passage de la frontière. Nous lui avons confié nos passeports et il n’a fallu qu’une heure et demie pour franchir les quatre bureaux successifs et obtenir les tampons nécessaires au visa Emirati. Seuls, il nous aurait sans doute fallu la demi-journée !

Aussitôt passée la frontière, nous entrons dans un autre monde.

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Celui des chantiers permanents et de la démesure. Celui de Dubaï. Que de grues, que de grues !

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Celui du luxe, du père Noël et des gadgets, de la surenchère dans le clinquant..

20191201_133047_Gevora.jpg Notre chambre, au 65ème étage du Gevora (sur 71, c’est le « world’s tallest hotel) était immense, très agréable, et la vue fantastique…On notera quand même que le nettoyage des immenses baies vitrées laisse à désirer. Mais comment les tenir parfaites après chaque averse ou tempête de sable ? Nous avons alors une petite pensée pour les laveurs de carreaux de tous ces immenses buildings, qui passent leurs journées suspendus dans des nacelles vertigineuses afin que les touristes aient l'impression d'être en hélico...

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La vue sur presque tout l'horizon est fascinante....

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Les sculptures sont des plus étonnantes

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La tour Burj Kalifa fût un temps la plus haute du monde à 838 mètres. Elle domine l’hôtel « The Palace », qui prétend être le plus luxueux du monde.

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Les fontaines sont de véritables feux d’artifice dont la chorégraphie est superbe.

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Et la nuit est féerique. Tous les derniers modèles de voitures des marques les plus prestigieuses du monde sont dans les rues et les parkings. L’autoroute qui dessert la ville a huit voies dans chaque sens.

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Le "vieux port" frémit de bateaux en tous genres pour tous les échanges (ou tous les trafics).

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Le souk regorge de bric-à-brac et de richesses.

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Les marinas sont tapies au pied des tours les plus originales et les plus nombreuses.

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Le métro automatique est le plus propre et le plus sûr du monde

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Les gratte-ciels rivalisent d'élégance et d'originalité.

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Certaines photos paraissent être anachronismes, mais les saoudiens sont nombreux à Dubai.

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Les piscines en plein air sont les plus hautes du monde au milieu des gratte-ciels.

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Toutes les excentricités sont possibles et admises, même pour les cabines téléphoniques.

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Les centres commerciaux, d’une variété et d’une propreté presque inimaginables, sont ouverts 24h sur 24.

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Et le soir venu, il était délicieux de retrouver le calme et le confort de notre hôtel doré et un peu kitch.

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En un jour et demi, nous n’avons vu que peu de choses dans cette immense métropole de tous les extrêmes. Décollant pour le retour, nous avons encore survolé un des plus grands projets du monde qu'est cette nouvelle île artificielle en construction. Mais nous avions notre compte de superlatifs, et un certain sentiment d’écœurement ou même d’indécence, devant cette frénésie de fête, de consommation, de béton, cette débauche d’énergie, de lumière, d’or et de chrome, de grosses bagnoles,………

Pauvre planète…même si nous avons un peu l’impression d’être des vieux c….

Emirates et la météo nous ont offert un somptueux voyage de retour dans l’un de ces A380 qui symbolise, lui aussi, la course au gigantisme et aux records. Les dinosaures ont disparu après avoir atteint une taille maximale supportable durablement sur notre planète. Et nous, où allons-nous ?

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Après le golfe persique, la couche nuageuse s’est progressivement désagrégée

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…nous permettant de voir le nord de l’Irak…

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…puis le Kurdistan turc enneigé….

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…la côte nord de la Turquie sur la mer Noire…

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…les côtes de Bulgarie et de Roumanie, le Bosphore et Istambul (sur l’écran du siège)…

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…la ville Croate de Crikvenica au bord de son somptueux golfe….

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…la lagune de Venise légèrement embrumée…

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…puis Gênes et son gigantesque port…

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…le cirque que forment les Alpes autour de Turin….

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…enfin San Remo, juste avant la frontière française.

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La finale au dessus de la baie des anges montre la mer teintée par les alluvions du Var après le tout récent épisode pluvieux sévère. Décidément nous avons de la chance de passer entre les gouttes.



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Un dernier trajet en train nous ramène à Toulon décoré pour Noël.

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Notre voyage s’est terminé avec un clin d’oeil d’Emirates offert par notre charmante hôtesse. La chance a voulu que nous rentrions au bercail juste avant le début des grèves contre la retraite à points. Cela nous a rappelé que, dans le monde, la France se signale régulièrement par ses désordres, ses tensions communautaristes, ses grèves, ses émeutes, une criminalité de plus en plus débridée,... et que nos domaines d’excellence comme les industries du luxe, l’aéronautique, l’agriculture, le patrimoine artistique ou gastronomique, le système de santé ou notre modèle social, la culture, les grandes écoles d’ingénieurs,... sont des atouts désormais concurrencés par d’autres qui ne nous laisseront pas nous endormir sur nos lauriers du 18ème siècle. On est content de se retrouver chez nous, et pourvu que cela dure !!

Il est vrai que les petits pays que nous venons de visiter respirent la propreté, la discipline, le travail, l'éducation, le civisme, l’harmonie…Pas un tag, pas un chewing-gum ou un mégot par terre, pas une poubelle ni une canette vide qui traîne, pas une odeur désagréable, pas un rat qui se planque dans les égouts, pas un mendiant ni un bidonville, ne viennent ternir une image de propreté, de sérénité, d’intégration, d’esthétique, de qualité des équipements et services publics y compris de santé, de développement pour tous, même s’il y a, particulièrement à Dubaï, des excès dans « les paillettes et le paraître ». Pourvu que cela dure pour eux aussi !!!!

D’or et d’émeraude

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Les mirages sont une réalité sur les épatantes autoroutes d’Oman, aux candélabres élégants. Quel luxe, mais ici la nuit on éclaire ad libitum !!!

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Progressivement le paysage change, au profit du sable et de l’herbe à chameaux. Les kilomètres s’accumulent jusqu’au camp de base où nous décidons de laisser notre voiture de ville au profit d’un vrai 4x4 avec chauffeur qui nous emmènera dans les dunes jusqu’au Queen Désert Camp.

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Bien nous en a pris, la conduite dans les dunes nécessite des aptitudes et un véhicule adaptés que nous n’avions pas du tout. L’accueil du désert est chaleureux et nous profitons du silence.

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Quelques tentes de bédouins dans cet univers de sable d’or vont nous offrir un repos bienvenu après une journée de route. Et les derniers kilomètres dans le Toyota monstrueux piloté par un as du désert lors du parcours final, nous auront bigrement secoués.

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Le confort est incroyable dans notre tente...

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... et nous nous réjouissons d’avance de la belle soirée à venir et d’une nuit délicieuse en perspective.



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Le dîner avec les quelques autres touristes, dont quatre français, venus s’encanailler comme nous dans les Wahiba sands, est suivi par une veillée autour de notre petit feu de camp privé. Nous y avons réchauffé notre thé, mais il sert surtout à éloigner les chacals, renards et autres coyotes qui rôdent autour du camp dans l’espoir de s’offrir eux aussi un bon dîner de chair fraîche !

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Le lendemain matin, après avoir dormi du sommeil du juste, et bénéficié d’une nuit de silence absolu sous la pleine lune, nous découvrons notre environnement. Il n’est pas uniquement de sable d’or, et quelques touffes de végétation rachitiques nous rappellent que la vie s’adapte à tout.

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A l’horizon, vers le NE, derrière notre camp, on devine les montagnes que nous traverserons plus tard pour rejoindre la côte des tortues.

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Oui, la vie est présente dans le désert, les crottes de dromadaire et les terriers de scarabées le prouvent, comme tes traces de pattes d’oiseaux, de lézards ou de scorpions, trouvés en grand nombre. Il faut retourner ses chaussures avant de les enfiler pour éviter les mauvaises surprises !

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Et notre départ avec le signe amical d’un méhariste nous a laissé un petit goût de regret. Tout proche, le fort de Vilahat Bani Bu Assan dont les origines remontent au 9ème siècle, construit par l’imam Ali Buhafa bin Jaimar et reconstruit au début du 19ème siècle par Said bin Sultan nous a offert une visite quasiment privée.

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Nous étions les seuls, et avons été guidés par l’homme à tout faire du fort, un Bengali arrivé depuis quelques années, et dont l’ambition est de retourner dans son pays dès que possible.

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La restauration est magnifique et les objets et armes exposés superbes.

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A la sortie, un groupe de 4 copines nous attendait, ayant une grande envie de discuter avec nous, profitant d’une journée de détente sans leurs maris restés au travail.



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Ce fut un régal et un concours de voiles et de chapeau. L’hilarité de Nadine en dit long sur ce moment délicieux. Les échanges de numéros de téléphone ont été tout naturels.

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Poursuivant vers l’est nous avons découvert que les vaisseaux du désert ne voyageaient pas seulement à pied. Celui-ci était complètement à son aise, dans son pick-up.

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Nous avons ensuite longé la côte de la mer d’Oman avant d’arriver à notre hôtel de Ras All Hadd construit sur un ancien aéroport déjà bien dégradé, à la corne de la péninsule Arabique.

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La plage est bien différente de celles que nous connaissons en Europe ou aux Antilles.

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Elle est surtout fréquentée par les mouettes et les pêcheurs qui ont de belles embarcations qu’ils remontent sur le sable tirées par les pick-up. Les moteurs sont protégés par des tapis persans !!

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Cette côte sud du Golfe d’Oman dite « côte des tortues » est sévèrement protégée. En effet, les grosses tortues vertes viennent de tout l’océan indien pour y pondre leurs œufs surtout entre juillet et octobre.

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Chaque femelle en pond une centaine à chaque remontée (une dizaine de fois par saison) effectuée de nuit, et il ne faut pas les déranger. C’est le nombre qui fait leur force, car seulement une sur mille ayant éclos parviendra à l’âge adulte. Elles peuvent vivre 150 ans. Notre visite nocturne du sanctuaire des tortues sous la direction d’un guide passionnant nous aura permis d’en voir deux dont une en pleine ponte. Leur taille est impressionnante ! La photo est faite en profitant de l’éclairage de la torche du guide et il faut garder le silence.

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Notre étape suivante a été Sur, grand port de pêche et spécialisé dans les chantiers navals de boutres, au bord d’une lagune dans laquelle les courants de marée sont importants.

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L’un des chantiers expose un grand boutre traditionnel et plusieurs autres exemples de leurs constructions en bois qui naviguent en mer d’Oman depuis des siècles.

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La petite communauté sunnite et wahhabite du pays se trouve sur la rive droite du chenal de la lagune. Après quelques tensions dans les années 70, la situation s’est calmée et la cohabitation est désormais pacifique avec les autres variantes de Islam notamment l’Ibadite, très majoritaire.

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L’ombre du pont qui relie les deux rives protège de l’ardeur du soleil un picnic entre copines….

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… tandis que sur la rive gauche déambule un pêcheur omani à marée basse.

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Le souk de Sur abrite un grand nombre de tailleurs homme et femme.

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Ils exposent les robes pour la nuit comme pour le jour, pour homme et femme, ainsi que tous les couvre-chefs locaux. Les échoppes sont brillamment éclairées et décorées de mosaïques dorées et argentées. Mais n’espérez pas vous y faire faire un costume trois pièces sur mesure.

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En revanche c’est l’endroit rêvé pour déguster les poissons locaux cuisinés à l’omanaise, avec des frites quand même. N’oublions pas que la Belgique n’est pas si loin !

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Reprenant la route vers Mascate, nous longeons les montagnes qui bordent le golfe d’Oman.

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Elles sont entaillées par de nombreux wadis creusés par de minuscules fleuves côtiers qui forment des gorges fantastiques. Leur fond est parsemé d’oasis, de palmeraies et de villages.

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La collecte de l’eau est, là aussi, une priorité, et les falajs (système de petits canaux et de créneaux de distribution) irriguent des cultures luxuriantes,…

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… notamment des dattes et des bananes à l’ombre bienfaisante.

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Les randonneurs sont ici à leur affaire, remontant des kilomètres à partir du niveau de la mer, et jusqu’à plus de 1000 mètres d’altitude, sur des petits chemins traversant les villages et les falajs….

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…parfois au moyen d’un transbordeur local dans un mini canot.

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La côte est souvent calcaire, favorisant l’existence de grottes qui deviennent des gouffres lorsque leur plafond s’effondre après avoir été raviné par les infiltrations des eaux de pluie.

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Ils sont envahis par l’eau de mer toute proche, et la vie aquatique y est intense.

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Une étape improvisée a été un autre grand moment. Le gîte épatant que nous avions réservé la veille sur booking.com, s’est avéré être un enclos dans lequel le propriétaire, absent, avait laissé Safra, sa jeune et charmante chamelle (non, pas sa gazelle).



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Nous avons partagé une nuit avec ce bel animal domestique très familier qui manquait manifestement de contact avec des humains. Elle se précipitait à la fenêtre de la douche chaque fois qu’elle entendait quelqu’un, cherchant à attirer l’attention.

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L’unique grand barrage d’Oman est un ouvrage grandiose parfaitement équipé et accueillant. On se demande quand l’évacuateur de crue gigantesque peut être utile, au vu du niveau très bas du lac, et de l’aridité des montagnes environnantes. Le régime des précipitations et la violence des crues doivent être dantesques pour ne pas dire apocalyptiques !

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En ce jour férié, le parc surplombant le lac accueillait une foule nombreuse et une kermesse colorée aux couleurs du pays. Les scouts musulmans en uniforme étaient bien présents.

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Les parkings étaient pleins, chose inhabituelle ici, de voitures vraiment colossales, plus habituel. Un Range Rover fait figure de Smart dans ce pays.

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Le retour vers la capitale, toujours sur des routes parfaites nous fit longer la mer d’émeraude,…

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…ou d’immenses déserts de pierres,…



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….passer entre des montagnes d’une sécheresse inouïe….

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… voir des paysages roux au coucher de soleil. Nous n’avons pas résisté à ce spectacle qui rassemble les trois mamelles du sultanat d’Oman : une station service, le drapeau national et une mosquée.

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De retour à Mascate, nous voulions tester le meilleur restaurant de la corniche, situé au dernier étage d’un bâtiment restauré de fond en comble, à proximité du marché aux poissons.

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Le résultat fut à la hauteur de nos espérances et l’addition finalement raisonnable.

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En digérant sur la corniche, notre choix aurait été vite fait entre ce paquebot de croisière en escale et ce boutre à trois mâts de luxe. Nous aurions bien voulu le voir naviguer.

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Avant de rentrer à l’hôtel, en cette belle et douce soirée, une petite promenade le long de la grande plage de Mascate à marée basse, nous a fait découvrir comment des omanis en profitent.

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C’est à croire qu’ils ne connaissent pas le maillot de bain et ne se baignent pas…

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… sauf quelques enfants qui jouent dans l’eau tout habillés. Chacun son truc, non ?

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Et avant de rendre la voiture le lendemain, une tournée des monuments, de nuit, nous a entraînés..

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…jusqu’à la grande mosquée et à l’opéra. Absolument magnifiques.

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Redescendant de l’hôtel déguisé en paquebot où nous venions d’abandonner notre petite Nissan, le mini port de pêche, vide la veille à marée basse, fut notre dernière visite à Mascate avant de nous envoler vers le Musandam qui fera l’objet de notre troisième et dernier billet d’Arabie.

mardi 17 décembre 2019

Le noir et le blanc

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Notre OUIGO a été parfait, merci la SNCF, alors que ce n’était pas gagné après les intempéries qui ont bloqué les trains pendant deux jours dans le sud-est en ce week-end de mi novembre.

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Les restes de l’épisode pluie, neige, inondation étaient encore bien visibles sur le parcours

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Mais nous avons pu prendre notre vol Emirates comme prévu à Lyon St Exupéry.

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Et le saut de puce final entre Dubaï et Mascate nous a fait goûter à l’immense A380

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Le dépaysement nous a surpris avec une tempête de ciel bleu, 27° et des minarets partout

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Ce n’est pas une raison pour oublier la cuisine indienne très fréquente dans le sultanat d’Oman

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On retrouve quand même quelques invariants comme l’omniprésence des écrans !

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De la très belle corniche qui longe le port……

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…on ne peut manquer d’apercevoir les deux luxueux yachts du Sultan Qaboss qui fête, en ce jour de notre arrivée, le 49ème anniversaire de son accession au trône. C’est le jour de la fête nationale.

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Son père l’avait formé jeune, et envoyé parcourir le monde dans les années soixante pour enrichir sa culture et se frotter aux réalités. A peine revenu, il a pris le pouvoir et commencé un règne de souverain éclairé désirant développer son pays dans le respect de ses traditions. Les moyens nécessaires, tirés du pétrole et du gaz, lui ont permis de faire évoluer en douceur ce peuple de bédouins amoureux du désert, vers une économie équilibrée entre la pêche, l’agriculture, l’industrie et les services. Les 4,6 millions d’habitants (en augmentation rapide, dont 40% d’étrangers) jouissent d’un niveau de vie confortable et d’infrastructures modernes. La religion très majoritaire est l’Islam Ibadite avec des faibles minorités Chiites ou Sunnites. Il y a aussi des hindouistes et des chrétiens, principalement des étrangers, et encore quelques juifs.

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Ce pays de plus de 300 000 km² est constitué de deux massifs montagneux séparés par une plaine quasi désertique. Le capitale est Mascate, au sud du golfe d’Oman, située sur le tropique du Cancer. Le décalage horaire est de +3h. La carte disponible sur wikipédia peut être utile. https://fr.wikipedia.org/wiki/Oman#/media/Fichier:Oman_relief_map-fr.svg

La chaîne qui borde le sud du golfe d’Oman se termine dans le fameux détroit d’Ormuz par une péninsule, le Musandam, province d’Oman. Elle est séparée du reste du pays par un territoire aux frontières floues appartenant aux Emirats Arabes Unis. Les liaisons se font en avion ou en bateau rapide. La rive nord du détroit est en Iran. Le climat est tropical sec et même aride.

Au sud du pays, le massif montagneux qui entoure Salalah est le même que celui qui constitue l’essentiel du Yémen. Le climat de cette région est plus humide et influencé par la mousson en bord de la mer d’Oman. Nous n’y sommes pas allés. La proximité du Yémen, déchiré par un terrible conflit depuis quelques années, conduit les autorités omanaises et les ONG à une action humanitaire active et l’accueil de réfugiés à Salalah. La diplomatie d’Oman lui permet de parler avec tous les pays de cette région sensible, y compris Israël, ce qui n’est pas un mince exploit dans le contexte actuel.

Le pays a été dominé par le Portugal au 17ème siècle, mais l’influence occidentale actuelle est plutôt celle du royaume uni. L’anglais est la seconde langue dominante dans tout le sultanat dont l’arabe est la langue officielle. Ce pays est aussi appelé l’Arabie heureuse en raison de sa stabilité, de la sagesse de ses gouvernants, de son développement harmonieux comme de la tolérance de sa religion dominante. Le sultan actuel n’ayant pas de descendant, sa succession n’est pas assurée et demeure un point d’interrogation.

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Bien que la monarchie y soit absolue, nous n’avons à aucun moment senti de présence militaire ou policière significative dans l’espace public. Il y a cependant de nombreuses casernes dans tout le pays qui semble tenu fermement. La délinquance y est négligeable et la criminalité quasi inconnue. Le peuple vénère son souverain actuel dont on voit partout des images, et la fierté des omanais s’exprime par une présence massive des drapeaux sur les bâtiments les écoles, les véhicules, les restaurants,…. Il est impossible en tant que touriste de savoir s’il existe une presse libre, une justice indépendante, une police respectueuse du droit,… Mais le rôle des femmes dans cette société musulmane semble plus respecté qu’ailleurs. Elles vont à l’université, travaillent, créent des entreprises, votent et peuvent être élues, peuvent être policiers, conduisent seules des voitures, sortent seules ou en groupe,… un peu à rebours des idées reçues.

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Le souk de Mascate est d’une propreté parfaite et, comme souvent, organisé par métiers. Il y a peu de touristes. Quasiment toutes les femmes portent la robe et le voile noirs traditionnels et une petite minorité le voile intégral. Les hommes sont pour la plupart habillés d’une tunique blanche ( la dish-dasha) et d’un chapeau traditionnel omanais (le kumma ou le mussar) de différentes couleurs.

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Le marché aux poissons est ouvert tous les matins dans une grande halle moderne. Les vendeurs étalent leurs prises superbes et les clients peuvent faire vider et préparer leurs poissons au laboratoire prévu pour cela à l’une des extrémités. La propreté est parfaite et les odeurs inspirent confiance.

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Les murs sont couverts de mosaïques colorées superbes

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Toute proche, une autre grande halle est consacrée aux fruits et légumes parmi lesquels des dattes, qui sont une des grandes spécialités du pays. Il y en a de multiples variétés plus ou moins fermes et sucrées. Un régal que nous retrouverons souvent au point d’en faire certains repas.

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L’un des monuments emblématiques de Mascate est la grande mosquée du Sultan Qaboos construite à la fin du 20ème siècle et ouverte en 2001.

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L’ensemble des jardins et bâtiments couvre plusieurs hectares et ne peut-être visité par les non musulmans que le matin entre 8h et 11h. Une tenue correcte est exigée et surveillée par de nombreux gardiens et c’est hélas nécessaire, certains ayant « oublié » cette précaution. L’entretien est permanent en sorte que la beauté et la propreté soient maintenues à un très haut niveau.

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Les tapis, d’une seule pièce, sont surveillés jusqu’au moindre détail et l’accès implique de laisser ses chaussures à l’extérieur parmi celle des milliers d’autres visiteurs.

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A l’extérieur, les marbres brillent de tout leur éclat. Pas un déchet, même minuscule, pas un grain de poussière ou de sable. Les reflets sur de telles surfaces sont incroyables

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Des groupes de jeunes, joyeux mais respectueux, sont encadrés par leurs professeurs.

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Autre lieu important, l’opéra royal programme des œuvres du répertoire classique européen

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Ce théâtre à l’italienne est pourvu de loges escamotables et d’une grande scène entièrement modulable pour s’adapter à toutes les œuvres. Ce doit être un régal de voir ici les opéras de Mozart ou Rossini dans un confort aussi parfait. Le prix des spectacles varie de 40 à 150 € la place.

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Les décors des mille et une nuits sont somptueux et les costumes exposés dans des vitrines rappellent les grands moments ou artistes occidentaux qui s’y sont produits.

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La galerie attenante expose des tableaux parfois étonnants dans ce pays musulman, ou de multiples portraits du sultan parmi les boutiques de luxe…

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… tandis qu’à l’extérieur un espace Fauchon permet de se restaurer ou de se rafraîchir agréablement sous des parasols chics sur un dallage de marbre irréprochable.

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Le palais royal ne se visite pas même si le sultan n’y réside plus. Il est situé au bord d’une crique entourée d’îlots, qui accueillent aussi de nombreux édifices officiels ou militaires et des jardins magnifiques, parfaitement entretenus et arrosés (vive les désalinisateurs d’eau de mer).

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Des familles en noir et blanc s’y promènent ou viennent y passer la soirée en cette journée de fête nationale. Les fils de cet homme et de ses deux femmes portent le poignard traditionnel omanais à leur ceinture, et semblent en être très fiers

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Le musée national est un superbe bâtiment tout récent situé à proximité immédiate.

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Il expose des objets emblématiques du Sultanat comme ce poignard (le kandjar), qui figure sur le pavillon national, ainsi que de nombreux objets ou bateaux traditionnels de toutes tailles.

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Les toilettes de ce musée sont à l’image de la capitale de ce pays, modernes, élégantes, confortables et d’une propreté impeccable.

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Notre hôtel, situé sur la corniche est voisin d’une des écoles de la ville.

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En longeant le boulevard du front de mer, on retrouve les façades des immeubles construits par les riches marchands souvent libanais, indiens, ou iraniens qui ont établi leurs affaires à Mascate, position privilégiée pour les échanges entre l’Asie, l’Arabie et la Méditerranée, depuis des siècles.

Nous avons découvert cette ville qui s’étend le long de la côte sur plus de 30 kilomètres grâce aux bus et aux taxis efficaces et facilement accessibles. Mais pour gagner l’intérieur du pays nous avons préféré louer un petit SUV Nissan Kicks pour huit jours, à l’agence locale Dollar. L’essence vendue à 0,45 € le litre ne nous forcera pas à casser notre tirelire.

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Notre première destination sera la région de Nizwa, deuxième ville du Pays à 120 km au NW. L’excellente route longe d’abord le golfe d’Oman et sa raffinerie, puis s’enfonce dans une plaine entre les montagnes désertiques, parsemée d’oasis et de palmeraies.

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Notre première visite est le château de Jabreen magnifiquement restauré.

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Ses salles retracent son histoire remontant au 17ème siècle et présentent des objets traditionnels comme cette superbe théière, autre emblème national, ou ce sabre.

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Ses remparts permettaient de surveiller la plaine extrêmement plate qui l’entoure, plantée de magnifiques palmeraies. Plus loin on découvre l’urbanisme de la ville voisine, Wihi al Murr, que l’on retrouvera partout dans le pays. Les habitations sont de gros cubes de couleur claire assemblés avec un étage partiel, entourés d’un mur d’environ 2,50 m de haut formant un quadrilatère. Elles sont séparés par quelques dizaines ou centaines de mètres et desservies par des pistes sommaires se croisant à angle droit. Sauf exception il n’y a pas de revêtement en bitume. Les commerces sont regroupés à proximité des routes et donc assez loin des habitations. Il y a aussi de grands hypermarchés de loin en loin. Les habitants circulent en voiture, souvent de gros 4x4 ou des pick-up japonais ou américains en faisant des nuages de poussière. C’est dépaysant, mais l’espace ne manque pas dans ce pays à la très faible densité, et le carburant est bon marché.

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Nous sommes ensuite entrés à Bahla, passant par l’imposante porte monumentale de la ville.

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Son fort impressionnant comporte, outre les ouvrages de défense, un palais fortifié.

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Sa restauration pendant 24 ans permet de l’ouvrir au public, mais il n’est pas meublé et la signalisation est encore embryonnaire. Le site est un peu décevant, mais nous devenons peut-être exigeants.

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Le souk de cette ville est actif et les artisans très accueillants. Le rebobineur des moteurs de machine à coudre nous a dit être originaire du Bengladesh (ils sont nombreux) où l’on sait ne pas jeter une machine en panne, préférant la réparer.

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Le potier a tourné devant nous, de ses mains, en un clin d’œil, plusieurs ustensiles de maison, petits et grands, avec une adresse et un goût merveilleux.

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Dans cette oasis, sous les palmiers dattiers, on cultive des céréales soigneusement irriguées.

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Et c’est la grande ville régionale qui nous a accueilli ensuite, protégée par ses remparts et son fort.

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Nizwa est le siège d’un grand marché aux bestiaux chaque vendredi. Nous avions besoin de quelques chèvres, quelques cochons et surtout de deux chameaux pour continuer notre périple. Hélas les chèvres étaient pour la plupart déjà vendues à notre arrivée vers 7h30, et les chameaux n’y sont qu’une fois par mois, et ce n’était pas la bonne.

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La concentration des opérateurs est visible. Mais malgré nos efforts pour les trouver, les cochons étaient absents.

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Je vous laisse imaginer la réaction des marchands quand nous leur avons posé la question. Ils se sont gentiment moqué de pauvres occidentaux ignorant les coutumes locales.

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Et nous sommes revenus bredouilles, mais émerveillés par cette visite au cœur d’Oman.

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Nous avons pu nous consoler avec des brochettes de cabri, de mouton et de bœuf abondamment préparées sur le parking qui occupe tout le lit du wadi aujourd’hui à sec, mais large de 150 m.

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Et nous nous sommes rabattus dans le souk des dattes, en prenant plusieurs kilos pour nos prochains picnics. Elles sont merveilleusement bonnes !

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Alors, nous avons pu prendre le chemin de la montagne. Ici on dit djebel ! Le miracle de l’eau s’est produit à Misfat, à 1400 mètres d’altitude, aux paysages bibliques !

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Depuis des générations, les habitants captent la plus petite source et distribuent le précieux liquide dans chaque famille au moyen d’un systéme d’irrigation appelés falaj…La discipline est féroce pour éviter tout gâchis ou privilège indu.

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L’équité est assurée par un roulement des responsables de la gestion des vannes, en fait de simples pierres entourées de chiffons, qui bouchent ou ouvrent les portes de dérivation du falaj. Chaque famille assure successivement ce service dans une alternance savamment orchestrée.

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Nous avons conclu notre visite par une petite pause café-dattes sur une merveilleuse terrasse…

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…d’où la vue sur la vallée est sensationnelle….

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…avant d’attaquer la montée vers le djebel Shams point culminant du pays. Ici le village de Ghul, se confondant dans le paysage, son oasis, et le débouché dans la vallée du wadi du même nom.

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L’excellente route traverse des gorges de plus en plus impressionnantes,

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puis des plateaux accueillants aux paysages sahéliens, propices au camping, possible partout.

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La balade se poursuit sur des pistes jusqu’à plus de 2000 mètres, permettant d’atteindre les paysages à couper le souffle des hauteurs du wadi Ghul. Un chaos de roches, des dénivelées de plus de 1000 mètres sont façonnés par des rivières au débit infime en temps normal, mais capables de crues effrayantes lors de épisodes de pluies tropicales dont nous ne pouvons pas avoir idée.

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Notre vaillant SUV s’est parfaitement comporté sur la tôle ondulée

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Mais il a trouvé ses limites dans les graviers du wadi Ghul inférieur où nous avons tenté de suivre d’autres touristes. Il s’en est fallu de peu que nous y restions. Une audacieuse manœuvre en marche arrière nous a tiré d’affaire sous le regard goguenard de ceux qui avaient un vrai 4x4.

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Revenu dans la vallée et visitant Al Hamra, ces cavaliers nous ont paru très élégants et ils sont sans doute, eux, parfaitement tout terrain.

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Le soir nous sommes retournés à Nizwa où nous avions retenu dans le soi-disant très chic hôtel Heritage Inn, dont la fierté est d’être installé dans un immeuble traditionnel entièrement rénové, au centre ville. La déception fût grande devant l’exiguïté de la chambre sans mobilier, l’absence d’eau chaude, la qualité déplorable du sanitaire, les approximations douteuses dans le rendu de monnaie, l’inconfort de la salle à manger,…. J’en passe, une adresse à fuir et Le Routard sera informé. C’est la seule mauvaise surprise de ce voyage passionnant.

Nous allons maintenant changer de région et nous encanailler dans le désert des Wahiba sands, 200 km plus au sud, à proximité de la côte sur la mer d’Oman. La suite au prochain numéro……

mercredi 06 novembre 2019

En passant par l’Emilie

Début juillet à La Londe,…….

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….les visites ou dîners entre amis font partie des grands plaisirs de la vie.

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Comme celles des monuments de la région. Ici le monastère de ND des Anges, peu connu, d’où la vue à 360° sur les Maures, la plaine de Gonfaron et la mer est superbe………..

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………ou les concerts, ici à l’église de Collobrières. Merci à toutes ces associations qui entretiennent la flamme du patrimoine et de la culture…..

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…..et aux amis qui passent, rentrant d’un tour du Pacifique de 5 ans, avant de repartir autour du monde. C’est comme si on les avait quittés la veille. Le contact est entretenu par nos blogs.

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Puis les vacances commencent. Les arrivées se succèdent remplissant la maison et la piscine.

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Il faut dire que sa température d’environ 29° est bien agréable

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Les épluchages et la cuisine occupent une partie du temps…….

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………….comme le jardinage ou le nettoyage des allées

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Mais les sports nautiques ne sont pas oubliés……….

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...ni les apéros réunissant les familles, belle famille et amis qui s’enchaînent…

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…avec de grandes tablées dans la salle à manger d’été, à l’ombre bien agréable

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Et personne n’oublie l’Aigo Lindo où tant de souvenirs, accumulés depuis 60 ans…..

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…se prolongent dans des soirées improvisées. Admirez l’énorme marmitte de nouilles !

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Ils rassemblent encore les cousins et cousines avec la génération suivante.

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Après leur départ pour d’autres aventures, je reçois un magnifique cadeau d’anniversaire que je ne pouvais manquer d’installer sans tarder. Que la lumière soit, …et la lumière fût !

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Puis viennent d’autres visites de fidèles amis qui sont autant d’occasions de profiter de cet été si beau, si chaud, et du cadre merveilleux de la rade et des îles d’Hyères.

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La Londe se souvient aussi fièrement de la libération d’août 1944 après le débarquement de Provence. Le défilé de 2019 était impressionnant, rassemblant des dizaines de véhicules.

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Le canoë de presque 100 ans, pieusement conservé à l’Aigo Lindo a maintenant sa place à La Londe, après un transport qui nous a rappelé les convois épiques des années 60, sur le toit de la 403 Peugeot familiale venant du Havre, avec les parents et les cinq enfants Une autre époque !

Puis vint le temps d’une nouvelle escapade à deux, vers l’Italie voisine, si proche et si attachante. L’idée de départ était de visiter les « cinque terre ». Elle s’est enrichie d’un véritable tour des Apennins jusqu’à Ravenne, sur l’Adriatique, réputée pour ses mosaïques. Allez hop, après l’avoir réarmé, on enfourche le Jumper pour la deuxième quinzaine de septembre.

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L’éclairage de l’après-midi sur l’Estérel rend la baie d’Agay magique. Notre premier objectif est Sospel que nous avions escamoté en juin à la fin de la Route des Grandes Alpes. Mais à force de musarder en longeant la mythique côte d’azur, nous avons été surpris par une circulation dense et la traversée de Nice a été difficile. Mais quelle succession de paysages de rêve !

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Notre idée de passer par la Vallée des Merveilles et le tunnel de Tende pour rejoindre l’Italie s’et heurtée à des travaux, non seulement le tunnel mais aussi le col était fermés ! Nous avons dû rebrousser chemin pour rejoindre directement Vintimille, par la vallée de la Roya. Très belle aussi, et la frontière n’était pas contrôlée, mais aucun migrant n’était visible sur ce parcours sensible ! Pour rattraper le temps perdu nous avons pris les autoroutes italiennes vers Gènes puis la plaine du Pô. En approchant de Parme, il nous fallait trouver un bivouac pour la nuit, si possible un peu à l’écart des routes principales et proche des ressources de la célèbre gastronomie locale. A la nuit tombée, alors que nous approchions de Parme, et sous la pluie, nous avons finalement trouvé notre bonheur sur le parking très accueillant d’une grosse salaison artisanale appelée La Perla.

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Le lendemain matin Nadine a exercé son italien. Nous avons pu visiter les chaînes de fabrication des jambons de Parme avec un groupe d’universitaires hollandais, et profiter de la boutique où l’on trouvait aussi différentes variétés de parmesan. Parmi les autres spécialités locales, des vins « frizzante » ou « spumente », mais surtout des vinaigres balsamiques de Modène de tous les âges, dont le prix de vente nous a estomaqué au sens propre !. Il n’y a pas de sucre ajouté et le vieillissement est entièrement naturel. Mais à 20 € le quart de litre, cela mérite réflexion !

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Reprenant la route, c’est au milieu de champs cultivés autour de châteaux, que nous avons parcouru la plaine du Pô en longeant les Apennins, sur des routes médiocres, d’une ville à l’autre. L’activité industrielle est également très présente, les ronds points innombrables et le trafic de poids lourds considérable. Mais il n’y a quasiment pas de ralentisseurs dont les routes françaises sont infestées, et les rares que nous avons vus sont à peine perceptibles. Impression générale : l’Italie du nord est riche, plate, densément peuplée et on y travaille beaucoup, mais la circulation est plutôt fluide et apaisée. Une excellente surprise à rebours de quelques vieilles idées reçues.

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La route jusqu’à Ravenne est interminable, mais nous y sommes arrivés avant la nuit et avons trouvé facilement un parking accessible, hélas fréquenté par un escroc, près du centre ville.

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Nos vélos électriques ont fait merveille dans cette ville absolument plate. Ils sont confortables et nous en avons bien profité, sans crainte, avec nos antivols couplés à chaque arrêt.

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Avec un billet combiné, nous avons pu profiter de quasiment tous les monuments importants à l’exception du musée national archéologique. Il nous intéressait moins que les mosaîques parfaitement restaurées, qui remontent, pour certaines, au 6ème siècle. Cette ville a été influencée par des empires chrétiens d’occident et d’orient et l’inspiration byzantine orthodoxe saute aux yeux, encore plus qu’à Venise. Un concentré de merveilles !

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Je n’ai extrait de notre collection qu’un nombre réduit de photos pour vous donner une idée.

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L’un des plus beau joyau est le minuscule mausolée Galla Placida (trois photos ci-dessus)

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Mais la basilique Saint Apollinaire, un peu à l’écart de la ville, est grandiose.

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Spectacle touchant dans cette ville agréable et largement piétonne : une maman promenant ses triplés. Elle sait très bien qu’elle est l’objet de tous les regards attendris, et répond par un sourire aux inévitables compliments.

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Après avoir poussé jusqu’à l'immense plage, la très belle Marina et la station balnéaire de Ravenne……..

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…..nous avons repris la direction des Apennins sous le regard débonnaire du buffle de St Apollinaire, pour retraverser la botte, en passant dans la montagne au nord de Florence.

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Entre Florence et La Spezia la route côtière est ultra chargée, mais sans bouchon. C’est de nuit que nous sommes arrivés au bivouac que nous visions, au dessus de Riomaggiore le premier des villages des 5 terre. C’est un petit parking de 4 ou 5 places dominant la mer, deux étaient libres.

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Il nous servira de base pour visiter le village après une descente éprouvante de 200 m de dénivelée dans les cailloux glissants.

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Nous prendrons le train aller et retour pour le village suivant : Manarola. Ces 5 villages sont desservis par la principale voie ferrée italienne qui longe toute la côte de Vintimille à la Calabre. Elle est majoritairement souterraine, seules les gares sont à l'air libre. Les cadences sont très rapides et cela coûte 4 € par personne pour quelques kilomètres entre deux villages. L'alternative est constituée de routes de montagne entre 500 et 900 m d'altitude, étroites et sans ligne droite supérieure à 100 m. On se croirait en Corse !

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Billetterie automatique très lente et peu explicite, passage souterrain bondés, foule énorme partout dont la moitié d’asiatiques, forte houle brisant sur les enrochements du mini port, bateaux remontés sur le quai, restaurants sans âmes,…

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Nous ne sommes pas emballés par cet endroit, certes pittoresque, mais inconfortable, et il a fallu remonter à pied jusqu’à notre nid d’aigle. …..Demain sera un autre jour !

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La route pour les villages suivants est dans les nuages, mais nous arrivons à l’aire de camping-cars de Monterosso al Mare dans la matinée, après avoir confirmé notre réservation par email.

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Le Propriétaire nous attend, très aimable, et l’emplacement est parfait.

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Mais la dénivelée pour descendre est de 260 m. Aïe ! Heureusement le chemin est beaucoup plus confortable et moins raide qu’à Riomaggiore, et notre hôte nous propose de venir nous chercher en voiture pour remonter en fin de journée. Cela s’annonce mieux.

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Il y a toujours autant de monde partout, fin septembre, c’est impressionnant.

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Comme la veille nous prendrons le train pour aller et revenir de Vernazza, mais nous renoncerons à voir Corniglia le cinquième village, sans trop de regret.

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Monterosso al Mare est une station balnéaire plus aérée que les autres villages. Il y a quelques baigneurs dans les rouleaux sur la plage et un grand parking quasiment vide qui accueille quelques camping-cars. Si nous repassons un jour par ici, c’est là qu’on s’arrêtera ! C’est plus simple. Le soir, notre hôte est venu nous chercher comme promis et nous a confirmé que le tourisme était devenu l’activité quasi unique des 5 terre, l’agriculture et la pêche ayant presque disparu. Une partie des habitants travaillent aussi à La Spezzia ou Levanto, à 20 ou 30 kilomètres. Comme en d'autres endroits, on reste perplexe sur les origines d'un tel peuplement sur cette côte hostile, sans abri naturel, sans arrière pays, où les cultures impliquent un travail de romain sur des terrasses exiguës, où l'eau est rare,.....Encore une énigme ?

Nous voilà maintenant sur le chemin du retour vers la France et nous allons longer toute la riviera italienne, espérant ne pas souffrir de la destruction du pont de Gênes capitale de la Ligurie. Mais des déviations efficaces ont été mises en place, si bien qu’au prix de quelques kilomètres supplémentaires, nous passerons facilement. Notons que le nouveau pont est en construction et que la catastrophe aura été réparée en deux ans. Belle performance !

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Avant d’y arriver, nous avions envie de visiter Portofino, haut lieu du tourisme chic depuis le dix neuvième siècle, et port emblématique de la plaisance de luxe italienne et internationale. Guy de Maupassant y faisait escale avec son voilier « Bel ami » et a laissé des souvenirs. Sans stationnement sur place, nous avons repris nos vélos électriques pour les derniers kilomètres. Bonne décision qui nous a permis de bien profiter de cette balade côtière dans un cadre luxueux et paisible.

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Ce village a un petit air de Saint-Tropez, à l’extrémité d’une presqu’île préservée, sans marina moderne. La ville la plus proche est Rapallo à une quinzaine de kilomètres.

Pour le retour à La Londe, vous connaissez le trajet décrit dans le billet précédent. Donc nous prendrons les autoroutes et vous épargnerons leur description.

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En octobre, nous eûmes un magnifique été indien propice aux rassemblements de copines…

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… aux baignades à 21° presque inespérées,…

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…….et avec des journées à 25°, tous les repas et soirées à l’extérieur….

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….puis vint le temps d’Halloween et d’une Toussaint mémorable avec encore un superbe rassemblement familial comme il n’y en avait pas eu depuis longtemps….

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… et encore des jeux d’extérieurs…

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…….des repas familiaux au soleil….

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Des photos magnifiques et rares…

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…où les chiens avaient aussi leur place….

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Celle-ci restera dans ma mémoire et servira sans doute dans un futur encadrement DUOPIC.

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Mais aussi le train électrique de notre cher voisin, une véritable œuvre d’art dans un chalet spécialement construit qui lui est dédié.

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Encore un regard sur l’Aigo Lindo qui a été ré-ouverte par ses nouveaux propriétaires extrêmement sympathiques, parents de cinq enfants charmants. Cela fait du bien de savoir qu’elle est en de bonnes mains et espérons qu’ils en profiteront autant que nous.

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Enfin, laissons la parole à Béatrice qui, juste avant de reprendre la route, n’a pas résisté à un dernier bain de mer qu’elle a trouvé agréable. Bravo, 20° cela commence à devenir frisquet quand même !

jeudi 01 août 2019

« Les Grandes Alpes»

La poussière des travaux dans la maison de La Londe peine à retomber en ce mois de mai, et on attendra le fin, prévue début juillet, pour le nettoyage. Une petite pause est maintenant la bienvenue pour une visite à Apt et découvrir le fief de Nadine.

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La quiétude et le soleil inondent ce havre de paix.

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La ville médiévale est en grande partie piétonne et offre ses jolies placettes ombragées. Son économie basée sur la très ancienne exploitation des carrières d’ocre et les fruits confits a souffert mais garde de beaux restes. Le départ des militaires du plateau d’Albion, lorsque la dissuasion nucléaire a été réorientée il y a quelques décennies, a créé un vide. Quelques industries locales, un peu de tourisme, les activités autour de l’agriculture (vins, huile d’olive, fruits et dérivés) et une entreprise d’illuminations d’envergure internationale, créée en 1973, sont les principaux employeurs. C’est une sous-préfecture d’environ 13 000 habitants d’origines variées, la population de souche est réduite, même si l’accent provençal peut encore s’y entendre.

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L’immense marché du samedi qui occupe toute la vieille ville est organisé en quartiers, fruits et légumes, fromages, viandes, vêtements, ameublement, livres, chaussures,…etc. Il y a même une sorte de souk où les commerçants arabes excellent.

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Et dans cette capitale du Luberon, le public de bobos soigneusement habillés, et dont les chapeaux révèlent l’origine, profite des bistrots et terrasses des ruelles ensoleillées.

Les villages voisins les plus connus de ce secteur (Bonnieux, Lacoste, Lourmarin, Gordes, Roussillon,….), prisé des citadins aisés et des étrangers prospères qui les préfèrent aux stations surpeuplées de la côte, ont aussi leurs marchés orientés bio, circuits courts, petits producteurs,…Ceux-ci complètent utilement le calendrier hebdomadaire des manifestations culturelles qui comptent de multiples concerts, expositions, festivals prévus pendant tout l’été.

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Tout proche, le vieux village de Saignon, perché sur son piton calcaire attire aussi les amateurs de vieilles pierres qui restaurent à grand frais ces demeures médiévales…..

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…..ou les manifestations mondaines comme ce mariage très chic où les chapeaux colorés des invitées faisaient merveille.

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En ce début d’été, le Calavon, qui irrigue la vallée d’Apt est déjà bien sec, et la Durance ne doit pas attendre grand-chose de cet affluent pour soutenir son débit.

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Pourtant, le pont Julien, construit au premier siècle après JC, semble dimensionné pour des débits impressionnants. Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas loin de Vaison-la-Romaine, où le seul pont qui avait résisté à l’inondation catastrophique de 1992 était, lui aussi, romain.

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De retour à La Londe, nous profitons de délicieuses visites. La mer est encore froide, mais cela n’empêche pas les sorties en mer et dans les îles, encore bien calmes avant la saison.

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Les hirondelles, à moins que ce ne soient des martinets, on mené à bien leurs tâches de parents, et les petits monstres qui ont donné leur nom à la maison ne vont pas tarder à quitter leur nid. Le miracle de la vie s’accomplit ici tous les ans et les travaux ne semblent pas les avoir perturbés.

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L’explosion des couleurs dans les lauriers roses n’en est pas moins un.

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Avec la belle saison, Dartag II a trouvé un nouveau propriétaire, et il part vers sa future destinée.

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L’aménagement de l’appartement du RdC se termine aussi et le nettoyage va pouvoir commencer. Alors, arrive le temps de réaliser le grand projet de cette fin de printemps 2019, prévu pour la deuxième quinzaine de juin, lorsque les journées sont bien longues. Le camping car en sera l’outil.

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L’idée de Nadine, à laquelle j’ai immédiatement adhéré, s’appelle « route des grandes Alpes », de Thonon à Menton, passant par tous les plus hauts cols, le long de la frontière franco-italienne.

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La Chapelle en Valgaudemar est notre première étape, planquée dans le camping de la forêt communale, au sein du parc national des écrins.

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Cette vallée sauvage en cul de sac est peu fréquentée, mais ruisselle de toute l’eau venue de la fonte des neiges et des glaciers descendant des sommets proches à plus de 4000 m.

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Nous y ferons notre premier raid en vélo, avalant vaillamment une dénivelée positive de plus de 600 m. Mais le handicap de Nadine sur le petit vélo vintage sans vitesse prêté par Béatrice, et la selle de qualité très moyenne, nous dissuaderons d’aller plus haut. Dans la descente, le vitesse et le vent nous enlevèrent nos chapeaux à plusieurs reprises nous obligeant à aller les rechercher dans les immenses champs de fleurs environnants.

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Allemont nous approche ensuite de Thomas et Emilie, qui nous accueillent dans leur verte vallée de la Romanche un peu ennuagée. Cela n’empêchera pas le barbecue d’être délicieux et cette courte escale nous permet de profiter des récits des exploits sportifs des petits enfants de Nadine.

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Parmi leurs animaux, Loucario, un superbe eurasier, est parfait dans ce milieu de montagnards. Nous ne pouvions pas manquer, en repartant au nord vers le col du Glandon, un pèlerinage jusqu’à Grandmaison, dernier des grands barrages construits par EDF dans les Alpes et sa formidable station de transfert d’énergie par pompage.

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Après le superbe col de la Croix de Fer, nous sommes redescendus dans la Maurienne pour rejoindre le lendemain Chambéry où nous attendaient Béatrice, Marc et Héliott, pour une belle fin d’après-midi et soirée familiales.

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Et, passant par le lac d’Annecy, nous avons atteint Thonon et le majestueux lac de Genève, point de départ officiel de la « Route des grandes Alpes », avant de repartir vers le sud…

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…pour un magnifique bivouac au Mt Galy d’où la vue sur le mont Blanc est exceptionnelle.

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Nous avons alors enchainé les dénivelées extrêmes depuis le beaufortin et ses fromages.

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Le lac de Roseland est en cours de remplissage…..

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…..comme celui de Tignes, encore bien bas en attendant la fonte des neiges et des glaciers

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C’est dans la montée de l’immense et vertigineux col de l’Iseran que nous avons vu nos premières marmottes, bien grassouillettes. Il y en avait tellement à partir de 2200 m d’altitude, qu’il fallait parfois freiner pour ne pas trop les déranger.

Replongeant dans la vallée de la Maurienne nous avons finalement poursuivi jusqu’au col du Télégraphe puis Valloire juste avant la nuit, pour une escale dans cette petite station quasiment vide en cette saison. Il fut impossible d’y satisfaire notre envie de fondue savoyarde, et il commençait à devenir urgent de s’en occuper avant de quitter la splendide Savoie.

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C’est finalement sur la route du Galibier, à 1750 m d’altitude, que l’auberge de La Poutre nous a exaucés. Il faisait suffisamment beau pour la déguster dehors, mais les pulls n’étaient pas superflus.

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Dans la montée du col, le nombre de motos s’est subitement accru. Il faut dire que c’est vraiment un fabuleux terrain de jeu, la route est sèche et excellente entre les murs de neige, les virages nombreux et le beau temps bien agréable. Au sommet ils étaient des dizaines, la plupart des gros cubes de toutes les nationalités d’Europe. Mais il y aussi des cyclistes, de véritables athlètes, et quelques retraités avec des vélos électriques haut de gamme. Ca faisait un peu envie. Dans la neige du sommet tout proche, les festons des traces des skieurs amateurs de randonnées et de neige de printemps, peut-être venus de La Grave, nous laissaient un peu rêveurs.

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Briançon, vieille ville fortifiée, garde les souvenirs des rivalités avec nos voisins du Piémont

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A Nevache, 1600 m d’altitude, nous resterons deux jours, avec les croissants de la boulangerie.

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La Clarée y est déjà puissante, et ses crues peuvent être dangereuses. Le club de pêche à la truite précise que les prises doivent être relâchées, alors pourquoi les prendre et les faire souffrir ? Si on veut en déguster, il faut les acheter à la ferme qui les élèvent, située un peu plus haut dans le village et qui vend aussi des fromages. C’est le commerce !

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Le Queyras est magnifique, et le col de l’Isoard attire encore plus de motos que le Galibier. Un véritable rush permanent de furieux qui se tirent une bourre dans la montée. Assourdissant, et ce n’est pas vraiment pour ça que nous sommes là. Mais je les comprends un peu, c’est grisant. Il y a même un photographe qui saisit leurs exploits et tente de leur vendre son art lors de leur pause.

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St Véran est un cul de sac et le plus haut village d’Europe à 2100 m. Peu de maison sont habitées mais son architecture en bois semble préservée et authentique. Pas toujours en bon état, hélas !

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Et c’est au bord de l’Aigue Agnelle, à Moline en Queyras, que nous avons fait une belle escale, après avoir déployé sous le store nos meubles d’extérieur, pour la première fois. Chienne de vie !

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La station de ski du col de Vars où j’avais fait un séjour il y a 50 ans est méconnaissable. Pleine de buildings extravagants et d’immenses parkings. Bof !

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Juste après, et bien aguerris par dix jours de montagne, nous avons décidé de tenter le col de la Cayolle avec notre camion, bien que la route soit réputée étroite, mal aisée et en mauvais état.

Tout cela s’est parfaitement confirmé et pendant cette longue montée, nous n’avons croisé que quelques voitures, chaque fois pratiquement à l’arrêt, en manoeuvrant, et aucun camion. Heureusement, c’eut été quasiment impossible ! On a vraiment l’impression d’être au bout du monde connu. Mais en haut, le spectacle est époustouflant, et si la visibilité avait été parfaite nous aurions vu la mer ! Normal, c’est la frontière avec le département des Alpes Maritimes. Là encore les marmottes étaient chez elles. L’une d’entre elle, curieuse, s’est approchée à moins d’un mètre de nous, puis est repartie tranquillement, mangeant uniquement les fleurs sur son passage, une à une. Vous auriez pu profiter d’une petite vidéo si je savais comment l’inclure dans un texte.

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La descente est du même tonneau, magnifique, mais c’est à moto qu’il faudrait s’offrir ce parcours ! Le Var prend sa source dans ce grand talweg, sous forme de milliers de jaillissements d’eau dans la montagne qui finissent par se rassembler dans un mini lac d’une beauté à couper le souffle.

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Poursuivant notre descente, nous apercevons des villages perchés, ici Robion. On se demande ce qui a conduit nos ancêtres à choisir de tels lieux pour s’installer. La retraite n’avait pas encore été inventée et il fallait bien vivre de son travail, mais lequel, pourquoi là, avec qui ? Mystère.

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Lors du passage à Valberg, nous sommes tombés par hasard sur Anne et Jean-Marc qui faisaient un séjour de randonnée en montagne, puis nous avons abouti, dans la moiteur de la canicule estivale, à Saint Sauveur de Tinée, très beau village équipé d’une poste, aux couleurs italiennes.

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Bien vite il fallait remonter au frais pour dormir confortablement, à 1800 m, dans une clairière au-dessus du col de Turini. Nous étions à côté d’une ferme dont les fromages étaient exquis, malgré une odeur insoutenable de purin surchauffé dans l’étable, manifestement mal équipée et insuffisamment ventilée pour faire face à une canicule aussi inhabituelle.

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Passant par Sospel, après un grand détour dû à des travaux dans la descente du Turini, notre « Route des Grandes Alpes » s’est achevée à Menton, comme prévu, d’où nous avons repris la direction de La Londe, les yeux pleins de merveilles.

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Au passage sur la corniche entre Roquebrune et La Turbie, on voit les grands motor-yachts au mouillage de Monaco. Il y en a des dizaines, écrasés de soleil, dont les équipages se protègent dans leurs salons climatisés en jouant sur leurs écrans géants ! (Supposition légèrement médisante, mais je ne les plains pas plus que je ne les envie)

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Bientôt arriveront les enfants et petits enfants pour des vacances bien méritées dans un nouveau cadre, puisque l’Aigo Lindo notre chère maison familiale est maintenant vendue. Ils seront les bienvenus à Arondella au cours de ce mois de juillet qui s’annonce bien car ils pourront profiter des nouveaux aménagements du rez de chaussée, enfin terminés.

On pensera à tout ça pendant l’hiver, les pieds dans la neige, le froid, le vent, avec nostalgie. Peut-être faudra-t-il trouver un moyen d’y échapper ?

samedi 25 mai 2019

Arondella, Atchoum

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Comme promis, Géraldine et Jérôme sont arrivés pour leurs premières vacances sans leurs enfants, restés à Montréal comme des grands ! Venant de Marie-Galante, j’ai retrouvé avec plaisir le lagon de Saint François, débarrassé des horribles sargasses qui le rendaient pratiquement insalubre l’année dernière. Encore un caprice des dieux ou de la météo, favorable cette fois !

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Le temps était magnifique et ces retrouvailles après tant de décennies furent….

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…un régal, conclu devant de délicieuses bananes flambées au rhum (quand même !) avec leurs amis.

Je n’ai pas résisté au plaisir de profiter encore un peu de cet endroit paradisiaque....

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….dont les plages de sable blanc et la cocoteraie, doucement rafraichies….

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….. par l’alizé, évoquent le paradis tropical des cartes postales,….

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…avant de regagner Marie Galante, dernière escale de cette croisière hivernale magique.



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Les lessives marquent le début de la fin, et il faut profiter des conditions favorables pour les faire.

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Retourné à Pointe à Pitre, le désarmement peut commencer au mouillage de l’ilet à cochon…

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…puis il faut rejoindre la marina pour les rinçages, démontages, rangements,…

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… et protections diverses avant de quitter le bateau pour au moins sept mois.

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Après un vol de routine et plutôt confortable sur un B747-400 d’Air Caraïbes…

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…nous retrouvons la maison de La Londe, désormais baptisée Arondella, qui a passé un hiver tranquille sous la surveillance de nos charmants voisins. Même la piscine est propre, mais encore bien froide par rapport à la mer des Caraïbes : 10 degrés de moins au bas mot.

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Un petit sujet d’inquiétude vient de l’unique palmier du jardin dont la croissance fait craindre quelques dégâts à venir sur son environnement et le mur mitoyen. A suivre…..

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La maison d’Hyères accueille pour une des dernières fois les membres de la famille qui ont voulu en profiter encore un peu avant la vente qui sera signée pendant l’été prochain. Une belle page de plus de soixante ans d’histoire familiale se tourne.

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C’est la pleine saison des griffes de sorcières en fleurs, encore une fois resplendissantes.

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Après carénage et révision, Schatz, remis à l’eau, nous emmène gaillardement pour des piqueniques, découvertes ou simples promenades…

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…à Port Cros ou ailleurs, au gré des fantaisies et de la météo.

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Mais, bien vite, apparaît une urgence redoutable. Les poutres principales de la charpente qui supportent l’auvent d’Arondella ont mal vécu l’hiver humide et venteux.

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Le bois a pourri plus rapidement que prévu et l’effondrement de l’ensemble est à craindre.

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L’intervention prévue depuis la fin de l’année précédente doit être pratiquée prioritairement.

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Il s’agit d’une chirurgie lourde consistant, après étayage, en l’ablation de parties vermoulues…

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…puis la greffe d’une structure en béton armé portant un mur de parpaings, et l’amélioration de la protection des parties saines. Un crépi viendra embellir tout cela et l’ensemble est sauvé, de justesse. Ouf !!! Merci à la remarquable équipe qui a fait ce travail. Ils sont diplômés pour ND de Paris!

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Cela n’empêche pas de profiter d’une délicieuse visite de Nadine de presque une semaine, et de faire les marchés locaux ou de s’offrir un piquenique au mouillage à Porquerolles. Mais le fond de l’air reste frais et surtout l’eau de mer est à 16 degrés. Ce n’est pas encore l’été !!

Mais nous avions aussi des tas de projets en instance pour rendre Arondella plus agréable, confortable et accueillante. Les différents corps de métier compétents avaient reçu des commandes en janvier et devaient intervenir à partir du 6 mai.

Miracle, aucun d’entre eux n’avaient oublié ce rendez-vous et les interventions s’enchainent depuis avec un bel enthousiasme, et une auto coordination presque parfaite. Bravo les artisans hyérois ou toulonnais qui font mentir leur réputation d’amateurisme.

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A l’étage, après élimination des câbles inutiles en tous genres sortant des murs ou des plafonds, les peintres s’attaquent à la réfection totale de l’entrée du couloir et de l’accès à l’escalier intérieur, mais surtout à la chambre-bureau côté rue, qui étaient dans un état épouvantable.

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En une dizaine de jours c’est fait, tout en blanc mat du plus bel effet.

Bon, évidemment, malgré les précautions prises, la poussière des ponçages s’est insinuée partout et il faudra sûrement des semaines avant de maitriser la situation totalement. Mais cet étage de vie est maintenant presque parfait.

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Les balades dans les environs, chaque fois que possible, au milieu des coquelicots ou…

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…des vignes magnifiques qui reverdissent (ici château Bastidon),....

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...éventuellement la tentative (ratée) de réparation du clavier moribond de l'ordinateur de secours, sont des interludes précieux.

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Au rez-de-chaussée, le gros du chantier consistait à réaménager l’espace cuisine pour en faire un ensemble moderne donnant de l’autonomie à un petit appartement d’amis, destiné à être éventuellement indépendant.

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Le partage de l’espace entre une salle d’eau complète et une petite cuisine équipée comme une grande, était possible. Il fallait pour cela reprendre tous les réseaux et monter les cloisons…

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…qui commencent à prendre forme. C’est l’occasion aussi de refaire complètement l’éclairage, l’électricité et la plomberie qui en avaient bien besoin.

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Et puis, tant qu’à faire, autant supprimer l’ancienne douche du couloir, inutilisable, pour installer un placard pour la chambre 3 et une buanderie pour les machines à laver et sécher le linge.

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Dans la foulée, cette chambre, débarrassée de sa grosse armoire, pourra accueillir un lit « king size » et devenir, avec son grand dressing attenant, une des plus confortable de la maison…

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…après avoir supprimé le mini lavabo de coin et ses canalisations en mauvais état.

Ouf, après tout cela on y verra plus clair et, une fois le rez-de-chaussée nettoyé, les vacances pourront reprendre. Il faut dire que quelques soient les efforts des peintres, plâtriers, plombiers, électriciens qui interviennent, le niveau de poussière est tel que le simple passage dans ces lieux entraine actuellement des éternuements en série si on ne porte pas un masque approprié.

Atchoum, atchoum et re-atchoum !!!

Scrogneugneu, dans un mois ça ira mieux !

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Le plus étonnant est que ces travaux semblent ne pas perturber la nidification des hirondelles qui occupent, encore cette année, quatre des cinq nids qu’elles ont construits depuis des années. C’est l’origine du nom donné à la maison, inspiré délicieusement par Caroline.

Malheureusement l’un des petits, sans doute un peu trop pressé de prendre son envol, est tombé du nid et a échoué dans la piscine. Il allait être englouti dans un skimmer lorsque je l’ai repêché, bien mal en point, et posé dans un massif de verdure. Quelques heures après il n’y était plus. A-t-il survécu, a-t-il été emporté par un chat, ses parents sont-ils venus le chercher ? mystère….

Enfin ma dernière petite chronique littéraire de l’hiver :

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Ce gros bouquin aurait pu être écrit par Stéphane Bern tant il est flatteur et même obséquieux. Mais après avoir failli l’abandonner, j’ai poursuivi jusqu’au bout ma lecture, intéressé par la richesse du travail documentaire, notamment sur les liens qui unissaient l’impératrice aux Antilles, plus particulièrement la Martinique dont elle était originaire. Et puis, quel destin extraordinaire,… mais le souffle manque, quand on compare cette biographie à celles écrites par Stephan Zweig.

A bientôt pour des nouvelles de La Londe ou d'ailleurs, et les vacances qui approchent. Un petit tour à la montagne ne serait pas de refus !

jeudi 11 avril 2019

Explosion de couleurs

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Nous n’avons pas trainé. Juste quelques courses pour remplir la cambuse du minimum vital, et hop, à Marie-Galante, pour une première soirée de rêve, sous la pleine lune.

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Et le lendemain vroom, vroom dans la baie de St Louis si agréable avec ce beau temps, plein soleil et brise modérée, pour découvrir les charmes de cette île fréquentée surtout par des voileux….

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…en nombre réduit. Nous avions toute la place nécessaire dans un paysage inoubliable. Deux journées relax, un petit resto et une visite à l’anse Canot nous furent nécessaires pour décider de la suite. Et nous nous élançâmes au lever du troisième jour vers Antigua et une grosse étape de 75 milles, passant par la Pointe des Châteaux, la Désirade et la grande vigie.

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Le dépaysement est notable à English Harbour, mais la cabine téléphonique londonienne n’est qu’un décor. L’appareil qui y était encore il y a deux ans a été démonté, tué par les portables.

Les formalités sont un peu longues et toujours aussi chères (46 US$), mais les fonctionnaires sont très aimables et guident les malheureux comme nous qui ont oublié leurs identifiant et code pour saisir sur écran leur entrée au paradis du « plus british tu meurs ». Nous avons quand même eu droit à une remontrance pour ne pas avoir fait les formalités de sorties du territoire lors de notre dernier passage en 2017. Mais nous avons échappé à la saisie du navire, aux sept jours de prison et à l’amende de 2000 dollars qui nous pendaient au nez. Bigre, ça ne rigole pas ici !

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L’élégance et la beauté de yachts à voile ou à moteur n’ont d’égal que leur luxe et leur propreté.

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Ils attendent leur propriétaire qui viendra se montrer lors de la manifestation mondaine «Antigua Classic» début avril, ou la sportive «Semaine d’Antigua» fin avril. Mais pour les gueux comme nous, sur leur petit voilier modeste, le confort est parfait et le calme remarquable.

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Un petit louvoyage nous a ensuite menés à Green Island, royaume des kites et magnifique mouillage, protégé par la superbe barrière de corail de la côte au vent. Le snorkelling (en français PMT) y est extraordinaire !



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Mais notre idée était de redécouvrir Barbuda 25 milles plus au nord, et de voir comment cette île un peu à l’écart s’était remise du cyclone majeur Irma qui l’a frappée en septembre 2017. Le luxueux hôtel de Cocoa Point ayant été rasé, c’est un ensemble de petits bungalows qui a pris la relève. Et les clients arrivent toujours par les airs, mais en hydravion, les installations du petit aérodrome privé situé sur le domaine ayant disparu.

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Le site reste fabuleux avec son immense plage se sable blanc.

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Et les clients peuvent se balader dans un puissant engin amphibie au look résolument moderne, qui escalade la plage sur ses chenilles escamotables, leur évitant ainsi de se mouiller les pieds.

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Un peu plus loin le long de la baie, au bout d’une gigantesque plage déserte…

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…un autre complexe hôtelier est abandonné. Les toits ont disparu et les cocotiers sont décapités. On peut y voir des chevaux errer dans les ruines.

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C’est sur la côte ouest que la plage est la plus impressionnante. Environ dix kilomètres de solitude, de beauté, de couleurs à l’état brut, avec six voiliers répartis le long de ce cordon de sable blanc délimitant le lagon de Codrington. C’est le nom du village qui servait de capitale à l’île, et celui de la famille qui avait obtenu du Roi d’Angleterre en 1685 une concession sur cette île pour y développer la culture, l‘élevage, la récolte du sel et surtout le commerce des esclaves.

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Parfois on en vient à se demander si ce paysage est naturel tant il est parfait.

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Les 1500 habitants de cette île toute plate vivaient tranquillement d’élevage, un peu du tourisme haut de gamme (resté très limité comme ils l’ont exigé et obtenu lors d’une consultation populaire), de la pêche, surtout la langouste, lorsqu’Irma les a frappés le 6 septembre 2017. 90% des habitations ont été soufflées ou sérieusement endommagées et toutes les infrastructures détruites, faisant également 3 morts dont un enfant de 2 ans.

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Craignant l’arrivée d’un autre cyclone, José, quelques jours après, les autorités d’Antigua, moins touchée, ont évacué la totalité de la population, le temps de rétablir partiellement l’électricité, l’eau et de dégager les quelques routes de l’île. Deux mois plus tard, certains sont revenus, et ont entrepris la remise en état de leurs maisons inhabitables et dont les dommages ont été aggravés par les pluies qui ont suivi au cours de cette sinistre fin d’été. Aujourd’hui, moins de 300 habitants on rejoint leur île et errent désœuvrés dans les rues quasi désertes. Plusieurs ONG, notamment chinoise, ou personnalités du show bizz comme Robert de Niro sont intervenues avec des moyens limités et l’impression de désolation reste totale.

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Le petit port situé à l’intérieur du Lagon a été remis en état pour les rares pêcheurs, ainsi que la passe nord. La longue dune de sable qui fermait à l’ouest ce grand plan d’eau a été ouverte par le cyclone. Nous avons miraculeusement pu y pénétrer et la traverser avec notre annexe en franchissant un seuil de faible profondeur.

Parmi les rares humains présents sur place le jeune conducteur d’un énorme pick-up nous a demandé si nous avions besoin de quelque chose et nous a recommandé de visiter la ferme d’élevage d’oies qui a repris du service (nous ne l’avons pas vue). Sa passagère québécoise semblait ravie de la promenade qu’il lui offrait dans ce chaos.

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Un pylône de télécommunication a été rétabli au milieu des ruines, l’ancien étant encore par terre.

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L’unique banque reste fermée mais un petit commerce permet de se ravitailler au minimum.

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En dehors de quelques animaux vus au sud de l‘île, notamment des chevaux et quelques oiseaux, le paysage semble désert et les crânes de ceux qui sont morts restent sur place.

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Cela ne nuit en rien au coucher de soleil fabuleux dont nous avons pu profiter ce soir là, avant de regagner Antigua le lendemain par un temps superbe.

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Nous y avons juste pratiqué le rituel des formalités de sortie et sommes repartis sous la pluie.

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Dans l’après-midi sur la route de la Guadeloupe, le temps est devenu instable au point de voir à la base des nuages des amorces de mini trombes qui heureusement n’ont pas dégénéré. Le vent était faible et changeant si bien que nous sommes arrivés au moteur de nuit dans le grand cul de sac marin, suivant la passe balisée avec approximation. Nous nous sommes même échoués à faible vitesse dans la vase en approchant du petit port de Sainte Rose (Sant Woz en créole).

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Les pêcheurs et les pélicans y sont chez eux et cette ville nous a beaucoup plu.

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En dehors des touristes qui y viennent pour les circuits dans le grand cul de sac, il y a une population essentiellement locale et les ressources de cette ville de 20 000 habitants sont appréciables. Quelques restaurants, un grand supermarché, et surtout les marchés aux fruits et légumes locaux et aux poissons. A la sortie de la messe dans la grande église, en ce dernier dimanche de mars, les paroissiens jeunes et vieux, discutent dans leurs belles tenues souvent blanches.

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On peut faire nettoyer et écailler son poisson après l’avoir acheté

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Et les pélicans attendent sagement les bas morceaux que leur jettent les « mamas ».

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Il ‘y a plus qu’à les accommoder, et Nadine est une experte dans ce domaine où son expérience de marseillaise fait merveille. Nous avons fait plusieurs repas de rêve.

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Mais le clou de cette escale fut la visite chez Raoul, où nous avons retrouvé Eva et Benjamin. Installé ici il y a vingt ans et passionné d’aviation, il développe patiemment avec quelques amis pilotes, autour d’une maison d’hôte sur pilotis, et parallèlement à celle du Gosier, une activité aéronavale sans équivalent dans les Caraïbes.

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Equipé de deux hydravions ULM, il offre des formations et des baptêmes dans un cadre de rêve.

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L’atmosphère est très conviviale sans oublier la rigueur nécessaire à la sécurité comme pour tout sport mécanique de haut niveau. Pour un pilote breveté classique, le lâcher en solo sur hydravion prend entre cinq et sept heures de pratique avec l’un des moniteurs sur place. Et il ne faut pas être exagérément « enveloppé » car le poids du candidat ne doit pas trop excéder le quintal !

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Et, pour tous, la promenade en pédalo high-tech ne demande qu’une formation de quelques minutes, avec ou sans son chien !

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Et le grand cul de sac marin réserve aussi d’autres surprises comme l’îlet blanc, accessible seulement en dehors des périodes de reproduction des oiseaux…

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…. ou la mangrove, réservoir de biodiversité et lieu de reproduction de nombreuses espèces.

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Quittant presque à regret ce mouillage confortable et tranquille, nous avons poursuivi notre route par la côte sous le vent, commençant par Deshaies, balayé par de puissantes rafales. Escale un peu décevante, car le bourg semble s’endormir au fil des années.

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Puis Malendure et son îlet Pigeon. Mais une curieuse houle de sud-ouest rendait le mouillage rouleur. Nous y avons quand même fait un magnifique snorkelling.

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Après une visite de la petite et coquette marina de Rivière Sens, nous nous sommes lancés dans une traversée musclée du canal des Saintes. Certes l’alizé avait repris ses droits après trois jours à l’abri de la Soufrière, mais il était fort et nous a cueillis un peu à froid…

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…et le nerf de chute de la grand-voile fraîchement révisée nous a lâchés, nécessitant un petit bricolage de plus, arrivés au mouillage de la batterie, à Terre de Haut.

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Nous connaissions tous les deux Les Saintes, mais le choc de beauté est vraiment magique.

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On dit que la baie de Terre de Haut est la plus belle du monde. Il doit y avoir un peu de vrai…

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…même si le mouillage est agité et les rafales bruyantes, Mais l’ancre a tenu….

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…et les punch, planteur ou coco, ont une saveur particulière, les pieds dans l’eau…

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…sur un balcon délicieusement rafraîchi par quelques gouttes de temps en temps, lorsqu’une vague malicieuse s’approche un peu trop près.

Observez les couleurs et le menu peint sur la façade de cet établissement tenu par des bretons. Ils se sont bien adaptés à leurs nouvelles pénates après trois siècles sur place.

Le rhum est vraiment un merveilleux moyen de mettre en valeur toutes les saveurs tropicales. Finalement, les cocktails qu’il permet de composer sont presque, et peut-être même plus variés, que ceux que l’on peut faire avec du Pastis, autre emblème d’une région que nous adorons aussi.

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Après tout cela, nous n’avons pas pu résister à la tentation d’une langouste grillée. Et nous avons pu regagner Dartag sans trop de problème. Il n’y avait même pas de gendarme embusqué !

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Seul l'ancien cabinet médical de Terre de Haut, en forme de proue de navire, reste décapité après le cyclone Maria. Tout le reste est impeccable.

Le retour à Pointe à Pitre après presque trois semaines de vadrouille était inévitable. Lorsque Nadine a repris le taxi vers l’aéroport, nous avions tous les deux la tête remplies de souvenirs, de sensations, de couleurs, d’odeurs, de goûts tellement exquis que nous recommencerons bientôt.

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Quelques amis voileux retrouvés sur place, Philippe, Frédéric et Yukié, Jean-Louis, …et d’autres permirent d’assurer la transition vers la fin d’une belle saison hivernale. Sonadiau, dans sa nouvelle livrée noire, entièrement révisé et muni de voiles de compétition neuves, se prépare pour la semaine de St Barth avec un équipage de onze australiens professionnels. Ça va fumer !

Mais il reste une étape à franchir où les québécois auront une jolie place. Je ne vous en dis pas plus maintenant, ce sera la surprise du dernier billet tropical de cette année.

Une page littéraire pour terminer :

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Il y a longtemps que je suis cette auteure, fille de Dominique Lapierre. Ses romans historiques, fruits d’un énorme travail documentaire sont passionnants. Le dernier raconte la vie d’une aristocrate russe qui a vécu les bouleversements de la fin de l’époque des Tsars à ceux de la deuxième guerre mondiale. Sa détermination, ces choix parfois risqués ou douloureux, son intelligence, son charme, sa culture, son éducation, sa classe, et j’en passe,… lui ont permis de surmonter des épreuves terribles, de faire des rencontres extraordinaires, et de survivre aux aventures qu’elle s’est parfois elle-même imposées dans les milieux les plus divers et dans toute l’Europe. Passionnant, et peut-être même envoûtant, ce gros bouquin se lit pratiquement d’une traite !

Cela change (à mes yeux) des deux derniers ouvrages de Michel Houellebecq que j’avais emportés dans ma liseuse. Ils m’ont semblés sinistres, ennuyeux, par moment pornographiques, violents et même mal écrits. Je me demande comment il peut avoir un tel succès et des prix internationaux. Cet écrivain est obsédé par lui-même et ses propres échecs dans tous les domaines, c’est d’une tristesse ! Ce n’est pas ce que je cherche dans la littérature, mais..... chacun son truc !

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Enfin, une précision : je n’avais pas renouvelé cette année mon abonnement Spot qui permettait de suivre Dartag dans ses escales. Il existe une autre solution par le site MarineTraffic.com qui exploite les données transmises par tous les navires équipés d’un AIS (Automatic Information Service). Ce système gratuit est destiné avant tout à la sécurité et au contrôle des navires dans les eaux internationales. Il est obligatoire pour tous les navires de plus de 20 mètres, mais de nombreux voiliers plus petits sont équipés. C’est assez ahurissant de voir ce que cela donne sur les cartes de la planète mer. Voici le lien gratuit vers les données de Dartag :

https://www.marinetraffic.com/en/ais/details/ships/shipid:4810535/mmsi:227394170/vessel:DARTAG

Bonne lecture et à bientôt !

dimanche 17 mars 2019

Une Nouvelle Jeunesse

A Tyrrel Bay (Cariacou de Grenade) les formalités de sortie sont simples et pratiques à défaut d'être bon marché. Comme notre objectif est de rejoindre la Guadeloupe à mi-Mars, c’est la destination que nous avons déclarée. Les évènements vont en décider autrement, avec une certaine complicité du rédacteur.

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C’est d’abord à Union Island que nous avons fait notre première escale pour y retrouver David et Raymonde sur Grand Pas. Nous les avons rejoints à Clifton Bay après un essai de mouillage à Ashton Harbour, trop exigu, avec très peu de fond et mal protégé par Frigate Island, puis à Palm Island, magnifique mais terriblement rouleur.

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La force de l’alizé, les grains et les sargasses ont fini par nous en chasser le lendemain pour trouver refuge à Mayreau moins fréquentée, bien mieux protégée et aux eaux claires. Les pélicans repus se sèchent sur un rocher en attendant de repartir à la pêche.

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Et un petit évènement qui marque la vie d’un voileux s’est produit lors de notre deuxième journée à Saline Bay. Un schnorkeling (en français PMT) de routine nous a fait passer sur une sorte de chaos de roches et de blocs de béton en ruines provenant sans doute d’un ancien appontement détruit.

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Sous un gros caillou, j’aperçois ce qui pourrait bien être des antennes de crustacés. M’approchant je découvre avec ravissement un véritable nid de langoustes. Elles devaient être plus d’une dizaine, par moins de trois mètres de fond. Seul à bord, et sans moyen d’en capturer, je me suis contenté de les photographier. Mais c’est une première et j’espère ne pas en rester là !

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Le lendemain, après un dur louvoyage et deux forts grains, avec des rafales à près de 40 nœuds, la chute du génois a rendu l’âme et s’est déchirée sur six mètres. Il fallait donc faire une escale aussitôt que possible pour trouver une solution. C’est Béquia que nous avons rejoint après une demi-heure de moteur, parmi quelques élégants visiteurs.

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Le fort vent et les grains violents nous incitaient aussi à y rester en attendant une amélioration. La recherche d’un maître voilier nous a permis d’en découvrir deux. Le premier paraissait sympathique, mais en parlant de délais, il s’est avéré que sa fiabilité laissait à désirer. J’ai dû récupérer mon sac à voile pour le porter au deuxième qui s’engageait à faire le travail pour le lendemain soir. Le devis de 500$EC (175 €) paraissait acceptable.

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Retournant à bord entre deux visites à terre, Dartag avait reculé d’une vingtaine de mètres sous l’effet des rafales musclées. Il fallait remouiller et filer plus de chaine. C’est là que le vieux guindeau LEWMAR a confirmé qu’il avait l’âge de ses artères. Remonter le mouillage fut un exploit en essayant de l’aider au mieux, au moteur. Il devenait nécessaire de lui redonner aussi une nouvelle jeunesse, et au minimum de changer le barbotin en bronze (roue crantée qui entraine la chaine) portant de vilaines traces d’usure.

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Il n’y a pas 36 mécaniciens ou électriciens de marine à Port Elizabeth. Le seul que j’ai trouvé régnait sur un atelier rempli d’un foutoir pas possible de pièces en tous genres, mais pas la bonne. De plus, mes essais de démontage du barbotin existant se sont avérés infructueux et j’ai préféré arrêter avant de casser quelque chose. Il me faudrait donc attendre d’être en Martinique en ménageant le vieux LEWMAR autant que possible.

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Entre temps, l’arrivée de Belle Lurette était une occasion de dîner d’excellentes langoustes sur la plage, après un double painkiller bienvenu (boisson générique légèrement alcoolisée et aromatisée pour supprimer les angoisses), avec Michel, Françoise, Philippe et Helena.

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Surprise en récupérant le génois le lendemain, au lieu de se contenter de retailler et refaire la chute, le maitre voilier avait poursuivi les travaux en posant une protection anti UV sur l’ensemble, multipliant la facture par presque trois. Mais cela restait raisonnable, et cette voile en valait le coup. Elle sera désormais plus qu’un dépannage, une réelle alternative !

Du coup, je pouvais appareiller pour la Martinique sans trop serrer les fesses en cas de vent fort. De toute façon j’avais encore en stock à bord un vieux foc n°1 de 40 ans dont j’avais vérifié qu’il était utilisable sur l’enrouleur. Il pourra, cette fois, rester dans son sac.

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Après cinq jours d’escale et avec un temps redevenu plus clément, rallier Le Marin fût une belle navigation avec une douce nuit en mer et une arrivée au lever du soleil. Notre programme technique était chargé, et le carnaval n’allait pas faciliter les choses.

Mais d’abord, place aux retrouvailles avec Pégase Rider que nous avions croisé à Béquia trois semaines plus tôt. Marco et Béné, juste revenue de métropole, préparent le rapatriement de leur bateau par cargo avant de tourner la page de la voile, et de s’installer sur le golfe du Morbihan.

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Ensuite, le Zodiac, déposé pour réparation chez le concessionnaire après l’achat de la nouvelle annexe, devait être prêt. En effet, une bonne révision générale permettait d’envisager de la vendre sur place, ou plus tard. Avec une affichette et une annonce sur le bon coin, l’affaire a été réglée en deux jours. Mourad, un solitaire venant de découvrir la voile avec « Passion » un joli bateau en acier de 35 pieds, en fera bon usage. Il m’a laissé le train d’atterrissage escamotable !

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Et surtout il fallait trouver une solution pour le guindeau. Les recherches et conseils des spécialistes ont abouti à son remplacement par un modèle LOFRANS Cayman (marque italienne bien connue). L’électricien venu l’installer à bord, au mouillage, s’est montré coopératif et efficace. Le perçage de la platine support, instant crucial, a été parfait, exactement à l’endroit que je souhaitais et les câblages refaits à neuf avec beaucoup de soin très proprement. Il ne reste qu’à retourner la chaine à la première occasion pour avoir un mouillage quasiment neuf. Ouf, un sérieux souci en moins.

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Repartant du Marin après une semaine d’escale technique, le passage par la côte au vent dans un alizé modéré et sous un soleil radieux fut encore une fois un régal. Nous atteignîmes la pointe de la caravelle en début d’après-midi, pile poil pour une sympathique escale à La Trinité.

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Jean Philippe, qui passe l’hiver dans sa maison martiniquaise, avec son petit chien « Harley », est venu me chercher en voiture et m’a fait visiter son petit coin de paradis antillais, dans lequel il reçoit des visites nombreuses et agréables.

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De sa terrasse on a une vue sur la baie du Galion et il avait préparé un magnifique ange royal du lagon en papillote qui nous a régalés. Et nous avons refait le monde tranquillement en parlant de « trucs d’hommes », voyages, motos, femmes, livres, et bien sûr projets d’avenir. A nos âges, et bien oui, nous en sommes pleins !

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Direction Marie Galante dès le lendemain tôt, pour une magnifique traversée avec toute la toile et à plus de sept nœuds et demi de moyenne, sans rien toucher, encore une journée à vous réconcilier avec l’existence si j’en avais besoin.

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Après une nuit dans le port de Grand Bourg pour les formalités douanières et quelques courses, j’y ai découvert une quincaillerie généraliste extrêmement bien achalandée. Une ressource à garder en mémoire, au cas où.

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Et puis encore une escale à St Louis, avant Pointe à Pitre. Ce grand mouillage confortable expose ses plages blanches bordées de petits restaurants ou bouibouis sur le sable, sous les cocotiers. Il y a de la place à profusion si bien que c’est l’endroit idéal pour remonter la chaine sur le pont et la retourner bout pour bout, en se laissant tranquillement dériver. Cela prend du temps, quelques efforts, n’est pas très propre, mais lorsque c’est fini et qu’on a nettoyé tout cela à grande eau, on peut souffler, avec un mouillage rajeuni, fiable, performant.

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La Soufrière empanachée reste un spectacle magnifique et l’arrivée à Pointe à Pitre se précise.

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Dans la Marina Bas du Fort, le calme du matin ferait presque croire aux amarres virtuelles

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Il ne restait plus qu’à récupérer les voiles chez Voiles Plus. C’était sans compter sur la fuite d’eau douce qui m’avait inquiété en début de saison et que j’avais pu réparer avec les moyens du bord. Cette fois c’est le raccord de sortie d’eau chaude du chauffe-eau qui a littéralement explosé, entrainant la vidange dans la cale de 200 litres du réservoir arrière, alors que j’étais à terre. Une bonne occasion de laver les fonds, mais je m’en serais bien passé.

La pièce nécessaire était heureusement disponible chez le shipchandler local, et la réparation facile. Je dispose donc à nouveau d’une installation sanitaire opérationnelle et rajeunie, elle aussi.

Les voiles hi-tech, laissées en révision l’année dernière, étaient prêtes et furent réinstallées à la place de celles d’origine qui m’auront bien servi cette année et ont regagné leur sac.

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Retour au mouillage de l’ilet à cochon pour les bains de mer, les balades, les noix de coco, les épaves et les rarissimes trawlers (celui là est sous pavillon danois, a-t’il fait la traversée ?).

Et pour finir, deux recettes de marin habitué à faire flèche de tout bois :

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Le frichti de pâtes et poissons volants suicidaires. La sauce ketchup est facultative.

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Le coucous « brésilien » : bulgur remplaçant la semoule, et singe (corned beef brésilien) remplaçant le mouton, mais les légumes sont d’origine ;

Dans deux jours commencera une nouvelle croisière, et cette fois je ne serai plus seul. Nadine, que vous connaissez déjà, reprend l’avion pour les Antilles et elle embarquera plus longtemps que la dernière fois, en janvier, alors qu’elle était en vacances en Martinique.

mercredi 20 février 2019

« Remontée tranquille»

Cinq jours de forte brise à Port Elizabeth permettent de goûter les plaisirs du mouillage, même si c’est un peu bruyant ou agité par moment. Les visites à terre donnent l’occasion de recharger la cambuse, de lire sa messagerie grâce aux Wifi locales, après la défaillance de Digicel le fournisseur qui prétendait avoir vendu une carte SIM Data prépayée et illimitée pour 7 jours.

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Les paquebots continuent leurs rotations régulières, certains sont plus élégants que d’autres.

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Et à terre le choix de certains pasteurs (?) n’est pas facile à comprendre sur une ile de la taille de Porquerolles (à peine) où les routes bitumées en bon état ne doivent pas dépasser deux kilomètres, et encore, étroites, constituées surtout de virages très courts sans visibilité et de raidillons ou de descentes vertigineux. Mais, malgré les apparences, cette voiture impressionnante a peut-être un moteur modeste. Je ne l’ai pas entendue rugir, contrairement à d’autres.

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L’alizé s’étant un peu calmé (très peu) nous reprenons la mer vers les ilots situés au vent de l‘île. Pour la plupart, ils sont déserts, fréquentés uniquement par les oiseaux et quelques pêcheurs, comme Battowia et Baliceaux, ou Petit Mustique et Savan Island.

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En revanche Mustique est privée, et ses propriétaires ont construit des infrastructures sérieuses, un aérodrome, et de luxueuses villas souvent louées à des personnalités du show bizz, des footballeurs, des industriels ou des membres du gotha mondial.

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En approchant des Tobago Cays, il faut se glisser entre les récifs ou barrières coralliennes qui demandent un peu d’attention dans la navigation et une certaine maniabilité, notamment à l’approche du World’s End Reef, bien nommé, constitué d’un grand plateau submergé sur lequel la grosse houle venue de 3000 kilomètres se brise bruyamment. Si tu rates ton coup t’es mort !!!

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Juste à l’ouest, partiellement abrité, on trouve un petit ilot planté de cocotiers autour d’un minuscule lagon peu profond. Il n’est pas très fréquenté, mais deux voiliers en avaient pris possession pour la soirée et une escale était impossible.

Il m’a donc fallu faire le tour de la barrière de corail qui protège les Tobago Cays pour trouver un abri sûr pour la nuit. Cet endroit mondialement connu, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, est très fréquenté, surtout entre les deux ilots appelés Petit Bateau et Petit Rameau.

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Ailleurs c’est le royaume des kite surfs dans les couleurs magnifiques du récif peu profond. Et 80% des voiliers au mouillage sont des catamarans de location portant des équipages nombreux venus consommer une ou deux semaines de vacances de rêve.

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Les formalités de sortie du territoire de St Vincent et les Grenadines, nécessitaient une escale à Clifton, tout proche, dont l’aéroport héberge les fonctionnaires habilités, fort aimables et efficaces.

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Nous pouvions alors nous lancer vers Grenade que nous n’avions pas visitée depuis 2016, en commençant par la première des Grenadines de Grenade, Carriacou, où nous avons fait escale à Tyrell Bay.

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Surprise, nous y avons trouvé une goélette de 20 mètres, Valhala, construite en acier par un couple de français, Pascal et Bernadette, qui a enchainé les voyages du pôle nord au pôle sud à son bord pendant trente ans. Ils sont reçu les journalistes de Voiles & Voiliers qui ont publié un grand reportage sur eux dans le numéro d’août 2018. Elle est à vendre !

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Et la visite de voisins au mouillage (sur SAM), attirés par notre pavillon corse, s’est terminée en apéro à leur bord. Hervé et Elizabeth ont aussi beaucoup voyagé et nous garderons certainement le contact. Anciens viticulteurs, ils sont bretons et habitent Porto Vecchio.

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En ce dimanche 17 février, l’appel de Grenade fut le plus fort. Une belle brise nous mena jusqu’à la capitale Saint Georges en moins de 4 heures. Peu après la mi-parcours, alors que j’étais à la barre bâbord depuis quelques minutes pour gérer les fortes rafales sous le vent de l’île, un bruit sec et métallique a retenti suivi d’une perte de contrôle totale du gouvernail. La transmission venait de lâcher. Me précipitant sur la barre tribord, je repris le contrôle de Dartag sans grosse difficulté, puis rebranchai le pilote pour faire des investigations.

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C’est la chaine de transmission qui s’était brisée sous l’effort. Terminant le parcours sans encombre, je me suis dit que ce n’était pas plus mal d’arriver à St Georges. Grenade étant un pôle important pour la plaisance à voile, je devais pouvoir y trouver facilement les pièces nécessaires à une réparation parfaite.

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Dès le lundi matin, je consultai les deux chaines d’accastilleurs américains présents sur place. Sans succès. L’un d’eux me suggéra de voir le grand spécialiste auto-moto local, Knight's Auto, ces chaines étant aussi utilisées principalement sur les motos, à une demi-heure de marche, dans la ville haute. Pas de chance non plus, il avait de nombreux modèles mais pas le bon. Il allait donc falloir mettre en œuvre une réparation de fortune.

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Mes pérégrinations dans cette ville m’ont redonné l’occasion de voir qu’une des priorités de ce pays est certainement l’éducation des jeunes. Garçons et filles dans des écoles séparées, tous en uniforme traditionnel, se rassemblent pour rejoindre leur établissement sur le fronton duquel figure sa devise. On se sent à mille lieues des turpitudes et conflits bysantins de notre Education Nationale. Reste à savoir si les résultats sont à la clé ? En tout cas il est clair que depuis notre dernier voyage ici, la propreté, le réseau de transport en commun, la qualité des voiries ont encore progressé, alors que la situation était déjà bien meilleure que dans les iles voisines.

Un petit exemple supplémentaire : lors de ma visite chez Digicel pour comprendre pourquoi ma carte SIM illimitée avait cessé tout service après trois jours : le technicien qui m’a reçu s’est montré si précis et convainquant que j’ai racheté 7 jours de forfait en toute confiance. Bravo !! J’espère ne pas être déçu !

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De retour à bord, j’ai entrepris de réparer la chaine brisée. Il m’a fallu une heure trente avec des outils simples et une chute de fil d‘inox récupéré sur un morceau de câble de hauban pour faire une sorte de ligature. Cela semble être suffisante en attendant une chaine neuve, car il est clair que celle-ci à souffert d’une corrosion bizarre. Les trois autres chaines du système de barre sont intactes, heureusement. Mais, désormais, j’aurai du rechange à bord pour ce dispositif essentiel à la sécurité du bateau. Je n’ose pas penser ce qui se serait produit si cet incident était arrivé alors que je slalomais entre les patates de corail des Tobago Cays !!!!

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Profitant d’une fenêtre météo favorable, je repris la route vers le nord avec une barre complètement opérationnelle. Ce fut une traversée retour agréable vers Tyrell Bay, quoique beaucoup plus longue qu’à l’aller, car il a fallu louvoyer contre le vent sur les deux tiers du parcours. Mais, par une brise modérée et régulière, sur une mer plus maniable que la veille, ce fut un plaisir. Le coucher de soleil et le lever de pleine lune participèrent aussi à cet agrément.

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Retour demain dans les Grenadines de St Vincent pour quelques jours, avant de reprendre la route de la Martinique pour la fin du mois de février qui n’en compte cette année que 28 (des jours).

J’ajoute pour les gourmets quelques compléments alimentaires glanés en ce début de saison d’hiver tropical.

- Pour les nourritures terrestres :

1) Une recette : la purée croquante « Dartag » :

A partir d’une purée mousseline classique pour quatre, ajouter 200 grammes de dés (ou 4 tranches hachées menu) de jambon, et trois cuillères à soupe de moutarde forte. Une pincée de Massalé en poudre ne peut pas faire de mal ou, à défaut, du Curry. Pour le croquant, un gros oignon rouge finement émincé et pour l’onctuosité trois crèmes de gruyère Vache Qui Rit entières (à l’exclusion de toute autre marque), que l’on peut éventuellement remplacer par 75 gr d’emmental râpé de nos montagnes. A déguster chaud ou froid indifféremment.

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2) Quant au « Pure Heaven Out Of This World », « Royal Malt Original » découvert par hasard dans le nouveau supermarché Alexis, à Tyrell Bay, c’est une horreur. Sirupeux sans sucre, sans alcool, sans gaz, intermédiaire entre la pisse de cafard et le jus de crayon gras, bref pratiquement pas de goût, typiquement une boisson marketing pour obèses, qui, même approuvée par la Reine d’Angleterre, ne mérite pas ne serait-ce qu’un mini détour. A jeter, à moins d’aimer le « so british » ! J’espère que les lecteurs du Royaume Unis ne m’en voudront pas.

- Et Jean-Christophe Rufin pour les nourritures intellectuelles.

Rappelons que cet écrivain-diplomate-académicien n’a rien à voir avec François Ruffin, député « La France Insoumise », par ailleurs brillant également dans son domaine, même si on peut penser en voyant leur photo, qu’ils pourraient avoir des liens familiaux.

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- " La salamandre" romance le parcours d’une femme banale autour de la cinquantaine, qui, après un voyage au Brésil chez des amis, décide de changer de vie et s’y installe après avoir rencontré un jeune aventurier sans scrupule. Commence alors pour elle une longue descente aux enfers sur fond de générosité, d’aventure, de rencontres de personnages marginaux d’une société du tiers monde ou la loi du plus fort est la règle et où l’Etat est lointain. Elle connaitra le feu de l’enfer. Comme la Salamandre elle sauvera sa vie, mais quelle vie ? Ce court roman se lit en quelques heures et m’a tenu en haleine comme rarement cela s’était produit.

- "Immortelle randonnée" est un témoignage et le récit du processus qui a conduit l’auteur à faire le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Curiosité, recherche d’un engagement personnel à la fois physique et intellectuel, volonté de rencontres, sont décrits et analysés avec rigueur, un humour très fin et une lucidité permanente sur son propre comportement d’historien, de sportif, d’intellectuel et d’homme d’action. Un récit merveilleux, drôle, documenté, personnel, sans illusion ni prosélytisme. Une expérience qui fait dire à son auteur qu’il y a un « avant » et un « après ».

Ces deux ouvrages donnent envie de se plonger dans l’œuvre de cet auteur plus profondément.

dimanche 10 février 2019

Descente Magique

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Eh oui, l’hiver au chaud est bien agréable cette année, pendant que vous êtes encore pris dans les glaces et la neige en Europe et en Amérique du Nord.

Certes, cela débute, comme chaque fois, par un peu d’exercice physique. Il faut trimbaler les 35 kilos de bagages de gares en aérogares avant d’arriver à Pointe à Pitre un peu décalé dans les horaires.

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Ensuite, le réarmement de Dartag implique un grattage de la faune et de la flore accumulée depuis le mois de mai dernier, avant une nouvelle peinture,….

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…..et quelques autres travaux moins agréables comme la chasse aux cafards qui se sont crus chez eux depuis tout ce temps. Je ne leur laisse aucune chance. Mais l’année prochaine il n’y aura absolument rien dans les cales de Dartag qui puisse les attirer. Saloperie d’insectes !!!

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Et, une semaine après, c’est le départ vers la Martinique et de bien agréables rencontres, avec les amis des années précédentes et aussi Nadine, arrivée en vacances quelques jours plus tôt pour un court séjour aux Anses d’Arlet.

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Elle embarquera pour quelques jours avant de revenir plus tard dans la saison. Nous ferons ensemble une tournée des mouillages et plages les plus agréables de cette ile qu’elle connaît mieux que moi, y étant venue régulièrement depuis plus de vingt ans.

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La très belle rade de Fort de France offre de nombreuses possibilités d’escale parfaitement abritées et nous en avons profité pour visiter le petit musée de la Pagerie, installé dans la propriété de la famille de l’impératrice Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte, restée l’amour de sa vie même après leur séparation pour raison d’état.

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La prospection pour quelques articles nécessaires à Dartag fut l’occasion de promenades pédestres dans la capitale de l’île et ainsi de la voir sous un autre jour, profitant aussi d’un temps et d’une visibilité exceptionnels.

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La vieille annexe Zodiac (13 ans) était en fin de vie depuis quelques années. Il fallait aussi retourner au Marin pour prospecter, en espérant trouver sa remplaçante.

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Finalement c’est un modèle chinois (3D Tender UL290) qui présentait le meilleur compromis longueur/poids/prix et il était disponible le lendemain. Alors basta ! En une demi-journée le transfert était fait. La Zodiac fut déposée chez le réparateur pour une révision complète avant, peut-être, sa mise en vente lors de mon prochain passage. Elle fera peut-être encore des heureux.

Après quelques courses et formalités administratives, nous pouvions reprendre la mer avec l’idée de retourner dans le paradis de petites Antilles que sont les Grenadines et en particulier les Tobago Cays. Chienne de vie !

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Pas de sauts de baleines cette fois (voir le billet n°54 « Grenadines Express »), mais le passage sous le vent de St Vincent, à l’aube, par calme plat, avait quelque chose de magique.

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Cette traversée de rêve, par un temps idéal, brise maniable et mer peu agitée nous conduisit, après une nuit en mer, à Béquia (les initiés disent Bécoué), première étape de cette nouvelle croisière.

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La baie de Port Elisabeth est toujours aussi belle. Ses couleurs et jolies villas font de ce mouillage l’un des plus attractifs des petites Antilles. La semaine anglaise implique que les administrations soient fermées en ce deuxième week-end de février. Nous attendrons donc lundi pour faire les formalités d’immigrations, de douane et d’autorités portuaires, ainsi que pour acheter un abonnement Digicel qui nous permette d’accéder à Internet dans toutes les iles du sud de l’arc antillais. Sniff !!

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Curieusement il n’y a pas foule, si l’on excepte les deux paquebots, dont le Club Med 2, qui débarquent leurs touristes en chemises à fleurs, bermudas et chaussettes dans les tong, avides de bronzage. Leurs illuminations à la tombée de la nuit sont malgré tout assez jolies.

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Et pour terminer, voici un coucher de soleil magique, vu le soir après une baignade au milieu des tortues dans la grande Anse d’Arlet en Martinique. Pardon de vous infliger cette terrible tentation que certains ont déjà vue, mais je n’arrive pas à me lasser de la beauté de ces paysages et ciels tropicaux. Je n’essaie même pas ! Merci à notre planète d’être aussi belle. Comme l’a si bien dit la belle-mère de Joséphine ; « pourvou qué ça doure » !

mardi 18 décembre 2018

Un été chaud

Cet été aura été marqué par l’accomplissement des vœux formulés à la fin de l’année dernière.

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Un déménagement - j’avais oublié après quinze années sédentaires - demande pas mal d’efforts, du temps, et le courage de jeter tout ce que vous aviez gardé en pensant « ça servira un jour » et que, le jour venu, vous aviez oublié. Donc c’est inutile, donc « à la benne » .

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Les aller et retour à la déchetterie sont donc nombreux et bien chargés. Ici 350 kg de revues et bouquins en déshérence, après ceux que j’ai donnés à la maison de retraite du quartier.

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Et pendant ce temps là il faut vendre tout ce qu’on peut sur « le bon coin », gérer les changements d’adresse, l’arrivée prochaine des charmants nouveaux propriétaires, choisir un déménageur, confirmer les rendez-vous et modalités pratiques, résilier les abonnements, préparer la signature chez le notaire, tout en remplissant des cartons par dizaines,…..

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Cela n’empêche pas de participer activement aux manifs anti brimades réglementaires, anti taxes et anti 80 km/h, préludes aux mouvements des « Gilets Jaunes » qui enflammeront l’automne.

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Le 20 juillet c’est le départ définitif, dans le sillage du camion parti la veille. L’occasion d’une jolie balade en camping car, passant par un récital de clavecin, une nuit en Camargue et une arrivée tranquille à Hyères pour (peut-être) une dernière saison dans notre vieille maison de famille.

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Les arrivées se succèdent pour des vacances de rêve, eau de mer à plus de 25 °, soleil resplendissant, brises très modérées et canicule, inhabituelle ici. Les ventilateurs furent mis à contribution pour rafraichir les nuits moites. Mais les petits enfants en ont profité à fond.

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Le 9 août est un grand jour. Il a été choisi pour la signature de l’acte authentique de la nouvelle maison de La Londe car il coïncide avec deux anniversaires. Celui de l’ancienne propriétaire et le mien, car nous sommes jumeaux ! Clin d’œil amusant.



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Une semaine plus tard, c’est l’arrivée du déménagement qui a passé trois semaines dans la fournaise du garde meuble où il était stocké à La Londe. Ce fut une journée de labeur acharné avec le déchargement des 7 conteneurs de stockage et le remontage des meubles. Hélas, il est apparu rapidement que l’amateurisme de l’équipe, pour ne pas dire le j’m’enfoutisme, avait causé de nombreux dégâts.

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Un seul exemple : m’asseyant sur mon lit fraichement remonté, le sommier est immédiatement tombé par terre. Les vis principales d’assemblages n’avaient pas été remises en place, et il m’a été impossible de les retrouver. Mes appels aux déménageurs sont restés vains, ils ne sont même pas revenus finir le travail, malgré leurs promesses. Si vous cherchez un déménageur à fuir, je pourrais vous donner ses coordonnées. Quatre mois après j’ai fait le bilan de cette opération calamiteuse : entre les tableaux brisés ou perforés, la vaisselle cassée, les objets détériorés ou perdus, le mobilier oublié au départ, mon préjudice s’élève à plus de 2000 €, en tenant compte de la retenue bien insuffisante que j’avais déjà faite sur la facture.

Le comportement de la gérante est tel que l’ouverture d’un contentieux semble inévitable avec huissiers, experts, avocats et autres joyeusetés de la vie !

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Heureusement, cela n’a pas atteint mon moral et il m’a fallu plus d’un mois pour ouvrir et vider les 160 cartons et ranger leur contenu. En même temps, je faisais la liste des travaux à entreprendre dans la maison, par priorité, en consultant les artisans que j’ai pu contacter soit directement soit par le réseau de mes amis locaux.

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Bien sûr j’ai pu aussi goûter l’agrément de cette nouvelle résidence, profitant des espaces ouverts et de la cuisine d’été jusqu’à mi octobre pour une pré-pendaison de crémaillère, avant de me replier à l’étage lorsque les jours ont commencé à raccourcir et les températures à baisser.

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Et puis, l’opportunité de racheter le bateau des anciens propriétaires, amarré dans le port de La Londe s’est finalement concrétisée. C’est beaucoup plus pratique et plus sûr que de mettre le semi-rigide à l’eau à chaque sortie ou de le laisser au mouillage devant la plage. Du coup les sorties aux iles, les baignades sur les plages isolées ou les pique-niques entre amis deviennent d’une facilité déconcertante. Ce dernier sera donc à vendre au printemps prochain après 5 saisons de bons et loyaux services, et d’excellents souvenirs.

Mais cette année fut aussi celle du 40ème anniversaire de la Route du Rhum au départ de Saint Malo vers la Guadeloupe. Ayant vu l’arrivée à Pointe à Pitre en 2014, je voulais voir le départ de cette 11ème édition et y retrouver quelques uns de mes amis voileux. Certains étaient venus en Europe à la voile pour l’occasion, et repartent aux Antilles dans le sillage des concurrents.

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J’imaginai alors un périple genre « tour de France » pour y aller, en profitant pour rendre visite aux amis et la famille sur le parcours, ou visiter des lieux et monuments remarquables.

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Après Chambéry, et quelques petits bricolages urgents (devinez avec qui ?), je devais forcer l’allure pour échapper à l’épisode neigeux qui a mis une pagaïe invraisemblable dans le centre-Est du pays, particulièrement en haute Loire. Pari presque réussi, mais le réveil à Moulins était tout blanc !

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Pour la suite la météo était radieuse, et permit, enfin, la visite de l’Abbaye Royale de Fontevraud, passionnante, avec un guide érudit, et sans la foule de l’été, en cette fin de saison touristique

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L’étape suivante était pour les plages du débarquement de Normandie où mes chéris parisiens passaient une semaine de vacances, et un pèlerinage à Port en Bessin où j’avais des souvenirs de croisière, adolescent, à la fin des années cinquante. Presque rien n’a changé, incroyable !

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Et, après Condé sur Noireau et une visite à Lionel et Viviane, je suis arrivé deux jours avant le départ, à Saint Malo par un temps magnifique. J’ai pu trouver un emplacement pour stationner mon petit camion parmi les nombreux espaces prévus pour les camping-cars. Idéalement placé à cent mètres d’une plage, et à mi distance entre la cité corsaire et la pointe du Meinga d’où la vue sur le départ devait être parfaite, j’ai déstocké mon mini vélo électrique qui s’avèrera fort utile.

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La foule est immense, l’organisation impressionnante et les contrôles de sécurité très présents.

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Neptune et son équipage, affairé aux préparatifs d’une transat retour, sont disponibles et accueillants, recevant les amis dans le bassin Jacques Cartier.

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La brise de sud d’environ 15-20 nœuds était idéale pour le départ donné sous un beau soleil

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Les géants du groupe de tête nous passent sous le nez à plus de 30 nœuds, impressionnants !

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Puis la foule se disperse et regagne les parkings répartis sur plus de 50 km tout le long de la côte entre la Pointe du Grouin et le cap Fréhel Ce fût une très belle fête, et on ne se rend pas compte, lorsque on est téléspectateur, de l’importance de l’organisation d’un tel évènement planétaire.

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Le lendemain, une fois le calme revenu c’est à Rennes que j’ai eu les honneurs de la présentation de Clémence, une petite princesse de presque deux mois. L’accueil chaleureux de sa maman Emilie et de son grand frère Alexandre restera gravé dans ma mémoire !

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Encore une escale à La Rochelle, où Martine et James apprivoisent les mouettes, puis chez Irène à St Morillon dans les Graves, histoire de regarnir la cave de La Londe.

La traversée du grand Sud-ouest sur la route du retour prévoyait des escales à Toulouse, St Orens de Gameville chez Maïlys, Grenade sur Garonne chez Frédéric, puis Castelnau-le-lez chez Catherine et Jean-Robert, tellement accueillants avec un déjeuner cousins. Et enfin une première visite dans la nouvelle et très belle maison de Christian et Luce à Montferrier sur Lez tout proche. Après un petit déjeuner tardif en raison d’une panne de réveil, je repris la route vers le Var pour la dernière étape de cette virée de presque 3000 kilomètres dans ce petit « motor home », si proche dans son esprit d’une croisière terrestre. Deux bonnes semaines de vadrouille avant le retour à La Londe, les retrouvailles avec les amis et la reprise des travaux dans la maison.

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Petit à petit, vivant dans les lieux et écoutant les idées des visiteurs et artisans, les aménagements possibles et utiles de la maison se précisent. L’étage est agréable et pratique, l’amélioration du confort passe par des climatisations réversibles, l’élimination des accessoires et câblages sans intérêt et la réfection les peintures, pour que ce soit parfait.

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L’espace d’été, salon « Proust », séjour et cuisine ouverts sur la piscine, sont parfaits en l’état. Après l’abattage de quelques arbres et le nettoyage des espaces verts, le jardin est prêt.

Le rez-de-jardin gagnera en créant un petit appartement indépendant susceptible éventuellement d’accueillir un gardien l’hiver, ou la famille et des amis pendant les vacances. Il aura des sanitaires complets ainsi qu’une cuisine ouverte, et directement accès à sa propre terrasse. L’espace sera aussi mieux utilisé en créant une lingerie dans le couloir et un placard dans la chambre nord.

Enfin la création d’un atelier indépendant avec un garage à vélo est possible, protégeant en même temps mieux des vents et des pluies d’est, l’extrémité de la terrasse couverte.

Il ne restera plus ensuite qu’à normaliser l’installation électrique et la plomberie pour parachever l’agrément, le confort et la sécurité de cette maison qui sera aussi accueillante que possible. D’ici un an, fin 2019, nous devrions y voir plus clair. Mais d’ores et déjà vous êtes les bienvenus, et le livre d’or vous attend !

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Les fêtes de fin d’année et les visites attendues de la famille et des amis permettront de vérifier que ces choix sont cohérents avant de prendre les décisions et passer les commandes pour le printemps prochain.

En attendant, si les « gilets jaunes » le permettent, une petite récréation consistant en quelques mois de croisière aux Antilles ne peut pas faire de mal. Je prendrais donc mes quartiers d’hiver comme d’habitude à bord de Dartag à partir de la mi-janvier. J’essaierai de partager avec vous cette nouvelle aventure comme chaque année.

dimanche 13 mai 2018

Petits bobos et fin de saison

Le spleen du marin solitaire ne dure pas longtemps. Il faut lister les petites imperfections ou faiblesses du bateau pour y remédier si possible avant le désarmement. Inutile de reporter tout cela au début de la saison suivante au moment du réarmement qui sera largement occupé.

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Les batteries AGM, pourtant changées l’année dernière, donnent des signes de faiblesse au point de devoir en débrancher deux sur trois. Le fournisseur, consulté par téléphone, promet d’étudier la question mais il faut qu’il puisse les mettre en test dans son atelier au Marin. Cela nous oblige à retourner en Martinique, mais, puisque nous avons encore un peu de temps, allons-y. Un AR de 300 milles, ce n’est pas rien, mais cela vaut le coup et permettra d’en avoir le cœur net.

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Ce sera l’occasion de revoir les amis qui se préparent eux aussi à la fin de leur saison, et de visiter la cathédrale Saint Louis de Fort de France, enfin libérée des travaux qui la masquaient depuis des années.

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Détruite à de multiples reprises par des incendies, des tremblements de terre ou des cyclones, elle a été reconstruite à la fin du 19ème siècle avec une structure en acier sensée mieux résister à long terme. De style néo Roman Byzantin, elle est l’œuvre de l’architecte parisien Henri Pick. Elle fut inaugurée le 2 juillet 1895 en présence des autorités locales,….. et du roi de Dahomey (aujourd’hui le Bénin), alors en exil en Martinique.

A nouveau sérieusement endommagée par les tremblements de terre de 1946 et 1953 puis par le cyclone de 1970, elle a été rénovée et consolidée entre 1975 et 1980 puis entre 2013 et 2017. Elle accueille désormais sans risque les paroissiens et les visiteurs dans toute sa splendeur avec un grand orgue restauré également. Les nombreux vitraux illustrent la vie de Saint Louis.

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La majestueuse Place des Savanes, toute proche, débouche sur le port et le fort Saint Louis qui abrite le commandement de la Marine Nationale aux Antilles.

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On y trouve aussi une statue de Joséphine de Beauharnais première épouse de Napoléon 1er, issue d’une famille aristocratique originaire de Trois Ilets, commune de la baie de Fort de France. 0n peut y visiter le musée installé dans la propriété de sa famille. Sa vie mouvementée et riche a fait récemment l’objet d’une émission historique sur Arte et d’une biographie de Pierre Brenda qui vise à la réhabiliter dans l’esprit des français et de l’Histoire.

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Aux Antilles il y a du boulot, car son image est attachée au rétablissement de l’esclavage au début du premier empire. Elle aurait obtenu cette décision de son mari pour sauver les plantations, en grande difficulté après la révolution française, qui l’avait aboli. Ceci explique probablement que sa statue, érigée sous le second empire, soit décapitée et ensanglantée à la peinture, geste signé d’un autocollant du groupe autoproclamé « BRIGADE ANTI NEGROPHOBIE » collé sur son socle.

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Repartant vers le nord, notre mouillage à Saint Pierre était proche de la cathédrale de cette ancienne préfecture qui porte encore les stigmates de l’éruption meurtrière de la montagne Pelée en 1903. La grosse houle rendit la nuit peu confortable et présageait d’une traversée musclée du canal de la Dominique le lendemain.

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Ce fut effectivement le cas avec une brise établie à 30 nœuds (rafales à 40) sur une mer bien formée et des creux de trois à quatre mètres. Les voiliers croisés sur cette mer magnifique avec un ciel dégagé avaient largement réduit la toile, comme nous.

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Sous le vent de l’île, c’était plus calme, et ce grand yacht suédois de 30 mètres fonçait à plus de 10 nœuds dans les puissantes rafales, sur une mer bien protégée

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A Portsmouth, nous retrouvâmes Grand Pas, arrivé de Marie Galante une heure avant. Encore l'occasion d’un moment convivial et d’un apéro-diner gastronomique entre amis. Merci Raymonde et David. Compte tenu du fort vent annoncé pour les jours à venir, leur intention était de profiter de ce grand mouillage confortable pour visiter cette ile martyrisée par Maria six mois plus tôt.

Quittant la Dominique le lendemain matin, avec le même vent fort et une mer encore grosse, la surprise est venu d’une accalmie progressive au cours de la matinée au point de renvoyer toute la toile en début d’après-midi une fois passé entre les Saintes et Marie Galante.

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Mais deux autres surprises moins agréables nous attendaient dans le grand cul de sac marin. Les énormes accumulations d’algues brunes (ou sargasses) pourrissent le paysage, sentent mauvais et s’accrochent sous le bateau réduisant sensiblement la vitesse. Il faut parfois faire une marche arrière pour s’en débarrasser jusqu’à la traversée du prochain champ. Il n’est même plus question de pêcher à la traine, le leurre étant presque immédiatement pollué et inapte à son rôle. Certes, il y a de pires tragédies, au stade actuel, mais jusqu’où ira celle là ?

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Surgi d’on ne sait où, ce cafard m’a épaté. Je ne lui ai laissé aucune chance, étant outillé depuis longtemps des gaz les plus puissants pour les « neutraliser » en quelques secondes sans disperser la "matière". Mais je pensais m’en être débarrassé, aucun n’étant réapparu depuis longtemps. Un doute m’envahit : et s’il avait embarqué avec les batteries neuves ? Et s’il était né à bord, d’œufs ou de spores résistant aux traitements hyper violents que j’ai infligés à Dartag depuis l’année noire où nous avions été envahis ? Et si c’était une génération spontanée ? Et si un sort m’avait été jeté par un marabout vicieux ? Et si c’était une vengeance d’un ennemi, alors que je croyais ne plus en avoir depuis des décennies ? Pour le moment le mystère est entier, à suivre…..

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En attendant, une petite inspection de la tête du mât après cette saison m’a confirmé que l’ensemble était en bon état, sauf le feu de mouillage qui reste défaillant. J’ai dû acheter d’un feu mobile à fixer sur le portique, qui le remplace provisoirement. Je reprendrai contact avec le fournisseur qui devait m’envoyer un feu neuf à emporter dans mes bagages pour la saison prochaine. Il faudra remonter au mât pour faire l’échange.

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Et vu du sommet, la bateau parait bien petit…. Après le désarmement les voiles seront laissées chez Voiles Plus pour les réparations ou modifications nécessaires après cette saison musclée, en attendant la prochaine.

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Observons quand même la faculté qu’a la nature de remédier aux petits bobos du captain. Les deux ongles écrabouillés il y a trois semaines sont finalement tombés à quelques heures d’intervalle, juste en prenant un bain de mer. Bientôt ils seront remplacés par des neufs….

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Et maintenant Dartag est au piquet, mouillé entre quatre bouées dans le lagon bleu de la marina, le nez tout proche de la mangrove. Il ne reste que des bricoles à démonter ou ranger avant de le quitter pour au moins six ou sept mois. Pourvu qu’il soit sage et courageux pendant tout ce temps !

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Encore un vol transatlantique sans histoire et une course avec un autre avion à 37 000 pieds au lever du soleil sur le golfe de Gascogne, avant de retrouver notre beau pays miné par les grèves d’avions, de taxis, de trains…. Tiens, j’avais oublié tout cela. Il faudra bien faire avec ?

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Retour ensoleillé à Toulouse avec le pommier encore en fleurs…..

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… l’anniversaire de la "grande", rayonnante, magistralement organisé par ses frères et sœurs…

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….avec la douce présence des amis et de la famille parfois venus de loin….

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….et une petite escapade en Camargue…

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…. puis à Hyères où il a fallu réveiller, difficilement, la maison endormie depuis noël…



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….au milieu de ses massifs de fleurs de doigts de sorcières.

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Retour à Toulouse où les iris font un concours de beauté….

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….et les rosiers ne sont pas en reste.

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Les promesses de cerises se précisent….

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….comme celles des poires….

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…..ou celles les pommes, sans parler des figues, mais il faudra encore attendre quelques mois, et ce sont les nouveaux propriétaires de la maison qui en profiteront, car elle est vendue. Le tri, les rangements, le nettoyage commencent et ce n’est pas fini. C’est fou ce qu’on peut accumuler comme foutoir ou archives inutiles en quinze ans !

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Nous nous installerons pendant l’été dans notre nouvelle maison varoise qui nous rapprochera de nos racines hyéroises, de nos amis et des souvenirs remontant sur près de soixante ans. Cela ne nous rajeunit pas !!!!!!!!

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Nous y organiserons une et peut-être même plusieurs pendaisons de crémaillère d’ici à l’été 2019. Vous pouvez commencer à vous préparez activement !

lundi 02 avril 2018

dans l'enfer d'Irma et Maria

Après une première partie de croisière à la découverte des iles oubliées de l’est et du sud de l’arc antillais, nous attendions notre équipier pour la deuxième partie de ce voyage hivernal.

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Il est bien arrivé, un peu palot, alors que le froid, les tempêtes, la neige continuent à éprouver l’Europe, à la grande surprise des théoriciens du réchauffement de la planète.

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Et, après un pèlerinage au fond du lagon bleu pour y retrouver nos amis les iguanes et récupérer quelques noix de cocos, nous sommes entrés rapidement dans le vif du sujet. Deux escales plus tard, aux Saintes et à Deshaies que vous connaissez déjà très bien, c’est devant les formidables énergies des plaques tectoniques que nous nous sommes sentis tout petits.

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Plymouth, capitale de l’ile de Montserrat a été partiellement ensevelie par l’une des trois grosses éruptions de son volcan dans les trente dernières années. Il a fallu évacuer les trois quarts des habitants de l’île et les deux tiers du territoire sont une zone interdite aux civils. Il y a aussi une grande zone d’exclusion en mer en raison des risques toxiques et des mouvements de terrain qui rendent la cartographie marine caduque, en tout cas imprécise.

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On voit cependant un début de colonisation des coulées pyroplastiques par la végétation tropicale qui laisse penser que les ruines de la ville auront été englouties dans quelques décennies. Mais les odeurs d’œuf pourri et d’hydrogène sulfuré sont toujours bien présentes sous le vent du volcan.

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L’ile suivante s’appelle Nevis. Le nom donné à l’origine par Christophe Colomb était nièvès. Les nuages qui dissimulaient son sommet faisaient penser à de la neige ! Sous les tropiques, quand la température varie à longueur d’année entre 23 et 32 degrés ? il avait de l’imagination ce Colomb ! Mais les successeurs de ces navigateurs intrépides sont toujours présents dans les eaux de cette ile, avec des trois mâts sans doute beaucoup plus sûrs et confortables, et des pavillons british.

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Celui-ci n’a que deux mâts, mais le confort et la sécurité y sont sans doute tout aussi parfaits, et il symbolise assez bien le type de visiteur que l’on trouve à Saint Barthélémy. Le cyclone Irma est passé sur ce joyau tropical en septembre 2017 et y a fait des ravages. Six mois après, on ne voit pratiquement plus les traces de cette catastrophe : les quais sont presque tous réparés, les toits remis à leur place et le business a repris comme d’habitude même si certains établissements sont encore en travaux.

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La zone industrielle est reconstruite, avec sa centrale électrique, son usine de dessalement de l’eau de mer, ses dépôts de carburants et de matériaux de construction et on voit dans toute l’ile des équipes munies de grues et engins de travaux publics qui finissent de réparer ou reconstruire ce qui a souffert.

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Le fameux hôtel Eden Roc, construit sur un gros caillou au milieu de la baie de St Jean, qui avait été pratiquement rasé, a même trouvé un slogan affiché sur les palissades qui protègent le chantier : « stronger than Irma ». Il sera rouvert l’hiver prochain agrandi et amélioré !

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Le clocher de l’église, qui était tombé, a été réparé et les cloches sonnent le carillon comme avant. Celui de l’autre église était tombé lui aussi, mais, beaucoup plus gros et lourd, il demande des réparations plus importantes et surtout une sécurisation maximum pour prévenir une autre catastrophe à l’avenir.

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Dans le fond du port de Gustavia il reste quand même quelques traces du désastre et une partie du quai est encore impraticable. Cela donne une idée de la violence des éléments. Et pourtant de vulgaires cabanes en planches situées à proximité semblent avoir résisté aux assauts furieux d’Irma. Il semble également qu’un projet de réhabilitation plus complète de ce quartier traditionnel de Gustavia soit à l’étude.

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Pour nos visites, Frédéric avait loué une superbe Mini Cabriolet avec laquelle nous avons joué aux kékés, histoire de prendre temporairement la couleur locale.

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Nous avions un peu hésité avec une Ford Mustang GT, mais elle aurait été moins pratique dans certains endroits de l’ile, et la version cabriolet n’était plus disponible (quels blaireaux !).



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Evidemment une visite à Johnny était aussi au programme. Jolie tombe recouverte sous les souvenirs et les hommages de fans. Certains sont très émouvants, d’autres magnifiques, certains ont été préparés longtemps à l’avance, c’est sûr. Avez-vous remarqué la Harley Davidson en fleurs qui est derrière la croix ? L’ensemble est pourtant discret et plutôt de bon goût dans ce cadre idyllique au bord de l’océan tout proche. Curieusement aucune inscription ne semble venir de la famille ou plutôt des familles ! Et le cimetière est vraiment joli. Ca donne presque envie de s’y installer, le plus tard possible quand même.

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Les plages de sable blanc désertes ….

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…sont toutes proches des rues rassemblant toutes les marques prestigieuses du monde.....

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…ou le summum du raffinement nautique….

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…..jouxte les criques et plages plus ou moins sauvages.

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Ce paradis attire toujours les visiteurs et investisseurs par ses sites, sa beauté, son luxe. Tout cela rassemblé sur un territoire à peine plus grand que l’’ile de Porquerolles ! Une merveille, et si le mouillage de Gustavia est souvent agité, il y a celui du colombier, parfait et désert.

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C’est une toute autre ambiance qui nous attendait en arrivant à St Martin. On commence par longer une ancienne carrière sur la côte Est de l’île. Elle a été utilisée pour y déverser les milliers de tonnes de gravas, charpentes, poutrelles en tous genres, tôles ondulées ou pas, véhicules, bidons, citernes, détritus divers qui jonchaient les routes et villes après Irma. Et la noria de camions poubelles continue à en déverser dans ce grand site abandonné et sinistre.

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Le front de mer de la capitale, Marigot, est une litanie d’immeubles décapités, de bateaux démâtés, de plages couvertes d’épaves. La Marina extérieure, celle de Fort Louis, est à moitié détruite, remplie de bateaux coulés et de pontons désarticulés. Une horreur !

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Et si on rentre dans le lagon, c’est pire. Un spectacle apocalyptique nous y attendait sans distinction entre le côté français et le côté hollandais. L’ouragan n’a pas trié entre les victimes.

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Les bateaux ont été parfois projetés à l‘intérieur des terres avant d’être pillés, des chalutiers ou cargos de plusieurs centaines de tonnes, drossés contre les piles de ponts, les digues…. Curieusement l’épave d’un remorqueur coulé au milieu du lagon par un précédent cyclone et déjà passablement rouillé, presque à l’état de dentelle, n’a pas été entièrement démantelée. Il n’y a que la mauvaise herbe qui résiste !

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Certains quais ont été détruits comme par des explosions ou des bombes

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Les bateaux sont parfois empilés les uns sur les autres…..

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…ou regroupés dans des tas monstrueux

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Des fantômes, renfloués après un long séjour d’immersion, tournent autour de leur ancre

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Il y a aussi de grands et luxueux motor-yachts abandonnés, coulés alors qu’ils auraient évidemment pu s’échapper avant l’horreur.

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Un autrefois magnifique ketch Amel Super Maramu presque coupé en deux, sur la coque duquel on a collé des emplâtres, a été remis à flot couvert de coquillages et végétaux marins.

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Que va-t-il devenir, et les autres ?

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Un catamaran d’environ 20 tonnes est retourné comme un crêpe…

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A grand Case, les couleurs envoutantes de cette baie paradisiaque…..

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…deviennent un cauchemar lorsqu’on y regarde de plus près.

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A l’anse Marcel, le grand hôtel qui occupait tout le fond de la baie est en ruines.

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Les logements ont perdu leur toit et leurs charpentes.

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Certaines poutres ont été arrachées de leurs scellements et enlevés comme des fétus de paille.

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La petite marina de Longvilliers, considérée comme l’un des meilleurs « trous à cyclone » des Antilles, n’est plus qu’un cimetière de bateaux et pontons mélangés.

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Autrefois ce furent de grands et luxueux voiliers….

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… presque tous démâtés et renfloués après avoir coulé dans le port

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Et le petit centre commercial est abandonné, en piteux état. Evidemment la saison touristique est perdue et on se demande si les suivantes ne sont pas également compromises. Et pourtant les services publics et la plupart des commerces fonctionnent et sont normalement approvisionnés.

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En repartant de ce champ de bataille, l’île déserte de Tintamarre nous a offert un moment de calme et de réconciliation avec la nature. Elle porte un dôle de nom, mais pourquoi pas ?

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Nous sommes repassés à St Barth dans l’anse du Colombier…

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…très fréquentée en ce dimanche des rameaux…

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…puis encore à Gustavia, dont on ne se lasse pas….

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…. avant de nous élancer vers St Kitts bien accompagnés.

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L’investissement luxueux de Christophe Harbour souffre de la proximité d’Antigua. Il est vide….

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…mais offre un merveilleux troquet au bord de l’eau nommé « Salt Plage Bar »

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Frédéric a pris de jolies couleurs….

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…..et l’épave de Ballast Bay n’a plus de secrets pour nous.

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Nous avons profité d’un vent favorable pour faire petit crochet par Antigua, et ainsi couper la grande étape…

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…qui nous a ramenés en Guadeloupe par la pointe des châteaux avec une forte mer.

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Le lagon de St François est toujours aussi calme, mais envahi de sargasses qui empestent et font ressembler la mer, d’habitude si belle, à de l’eau de vaisselle ou même du purin. Un vrai fléau !

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Mais cela n’empêche pas les avions de l’aéroclub local de le survoler dans le soleil couchant.

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Là aussi il y a aussi des victimes, mais de Maria cette fois.

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Ayant pris la direction de Marie Galante nous avons finalement mouillé dans le port de Grand bourg pour quelques courses. Remarquez comme la queue au DAB est disciplinée dans ce charmant village.

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C'est à la plage de la sucrerie, magnifique, que la baignade était la plus tentante.

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Puis de Saint Louis, où nous avions rejoint Grand Pas, la visibilité permettait de voir parfaitement les Saintes.

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Après le coucher du soleil, sous la pleine lune, le bûcher de la veillée Pascale avait attiré une foule de villageois en grande tenue de cérémonie….

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…qui partagèrent avec recueillement la lumière de la résurrection…

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…avant d’entrer dans l’église en procession.

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De retour à Pointe à Pitre, nous nous sommes offert un diner gastronomique dont le plat principal était un boudin « DARTAG ». C’est un boudin antillais bien épicé, cuit avec des patates rissolées dans de la graisse de canard. Nous l’avons appelé « boudin à la mode Belle Chaurienne ».

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Un dernier sourire avant de prendre l’avion…

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… laissant le captain contempler, avec un peu de spleen, le contraste entre les navires plus ou moins polluants qui fréquentent la baie de Pointe à Pitre à la tombée du jour…sous le regard menaçant du réchauffement climatique, qu’il ne faudrait quand même pas oublier…

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En conclusion, je voudrais partager avec vous une découverte faite cette année lors d’un passage en Martinique. Il s’agit du couteau « chien ». Uniquement fabriqué en France, à Thiers, depuis plus d’un siècle, presque uniquement pour le marché des DOM, il a des qualités exceptionnelles.

- il est fait d’un acier inoxydable de haute qualité et extrêmement tranchant.

- Le nickel utilisé dans la métallurgie des lames provient de Nouvelle Calédonie.

- l'affûtage est symétrique si bien qu’il ne dévie nullement, lorsque qu’on coupe un fruit, par exemple

- son bout rond lui permet d’être un excellent couteau à tartiner.

- sa sobriété n’a d’égale que sa simplicité et sa légèreté.

- d’accord, il coûte un peu plus cher que les couteaux chinois qui ne coupent pas et sont incapables de trancher finement le saucisson, mais quand on aime on ne compte pas.

- Il est archi confidentiel, mais le sera moins demain pour les lecteurs de ce billet.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, il y a de nombreux sites Internet consacrés à cet objet sans prétention qui est en train de devenir « culte ».

A bientôt pour la fin de cette cinquième croisière d'hiver et le désarmement de Dartag jusqu'à l'hiver prochain.

mardi 13 mars 2018

Escales jouissives

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La période de temps plus calme se prolongeant, nous avons repris la mer en direction de Saint Vincent. Et ce n’est pas sans une certaine fierté que Dartag a rattrapé un Super Maramu 2000 américain(16 mètres) pourtant bien mené par son équipage, parti une demie heure avant nous !

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Le vent devenant plus maniable et la mer se calmant en approchant de l’ile, nous avons tenté une nouvelle réparation du génois. Il faisait un peu moins pitié après, mais il va devoir subir une intervention lourde à la prochaine occasion.

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Quelques heures plus tard, approchant des deux pitons à Saint Lucie, un grand groupe de dauphins est venu nous régaler, se régalant eux-mêmes des poissons volants qui pullulent dans les eaux des petites Antilles cette année.

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Cette ile attire de nombreuses croisières, notamment de superbes grands voiliers qui sont ici dans leur jardin depuis des siècles.

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Plus modernes, les paquebots géants, capables de transporter 5 ou 6 000 passagers fréquentent aussi son port principal Castries. Ils sont plus polluants, et leurs fumées soufrées, bien visibles ici, sont indignes de l’image qu’ils cherchent à véhiculer.

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La brise devenant plus hésitante, et tournant même à l’ouest (très rare en période d’alizé) nous avons décidé de nos arrêter à Rodney Bay en fin de journée. Malheureusement une longue houle de nord pénétrait dans le mouillage d’habitude si accueillant, le rendant presque inconfortable.

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Le lendemain, il n’y avait pratiquement plus de vent et il nous a fallu plus de huit heures pour rejoindre la Martinique quand trois heures suffisent normalement en cette saison. Et les sargasses revenues en force cette année, offrent par moment un spectacle désolant sur cette mer d’huile.

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Avançant par moment au moteur, le bruit a sans doute attiré un autre groupe de grands dauphins qui jouent dans l’étrave, se tournant parfois sur le côté pour s’assurer qu’on les observe et montrant alors leur ventre blanc. De vrais cabotins !

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Ce spectacle est vraiment magnifique et donne envie de nager avec eux !

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L’entrée au Marin avec une minuscule brise d’ouest permet d’aller jusqu’au mouillage à la voile.

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Au lever du jour, il régnait un calme absolument parfait tout à fait inconnu ici en hiver.

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Et une visite bien sympathique de Caroline et Jean-Philippe permet de renouer avec les ressources gastronomiques du plus grand port de plaisance des Antilles.

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Certains se font même servir des fontaines de bière, des citoyens belges à n’en pas douter, qui apprécient la bière locale de marque « Lorraine », principale concurrente de la « Carib ».

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Après quelques jours de « profitation » dans cette escale, où nous avions également retrouvés Fred et Yukié, tout heureux de goûter cette ambiance française, ou les petits travaux à bord et le ravitaillement sont faciles et presque bon marché, le vent est revenu de l’est, puissant, normal. Nous avons donc rejoint la baie de Fort de France où nous attendaient Françoise et Michel, toujours sur la piste du bateau de leurs rêves, le leur étant vendu (suite au prochain numéro).

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Mais, il s’agissait aussi d’essayer de retrouver Patrick et Suzanne qui devaient embarquer sur le Club Med 2 pour leur première croisière version grand luxe.

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Et malgré les aléas, cela a marché, juste à temps. Un bon moment qui ne restera pas unique puisque leur programme recroisera le notre quelques jours plus tard.

En attendant ils partaient vers le sud et nous vers le nord, longeant les côtes de la Dominique cruellement éprouvées par le cyclone Maria en septembre dernier.

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Les toits de nombreuses maisons sont encore bâchés,

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Les villages de vacances sont abandonnés toits arrachés,

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Et il y a des épaves pitoyables partout.

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Mais le mouillage de Portsmouth, au nord, est toujours grand, beau et confortable,….

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… fréquenté aussi par de jolis voiliers typiquement nord américains.

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Arrivant aux Saintes le lendemain, nous y avons retrouvé Grand Pas et bien sûr pas loupé l’occasion de passer encore un bon moment ensembles et d’échanger quelques tuyaux avec de si fidèles vieux amis !

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Mais aussi Patrick et Suzanne, revenus vers le Nord sur Club Med 2, en pleine forme.

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Bien sûr nous avons fait un petit circuit de découverte de Terre de Haut, ici au Fort Napoléon.

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Et pris un repas typiquement local dans un charmant petit bistrot « les pieds dans l’eau » juste à côté du marché aux poissons (il y avait de la langouste, du boudin antillais et des accras !)

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Puis nous avons refait le monde à bord de Dartag avec un plaisir mal dissimulé

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Avant qu’ils ne regagnent leur bord au crépuscule, pour la suite de leur croisière de rêve.

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Quittant les Saintes en slalomant entre les grands voiliers (sauf Club Med 2 déjà reparti) nous avons rejoint Pointe à Pitre par un temps magnifique. Vous savez, le genre de journée qui réconcilie avec l’existence !

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Une escale technique pour remettre à niveau certains équipements, en particulier l’annexe, et débarquer les voiles, le temps de les réparer.

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Evidemment on ne fait pas d’omette sans casser des œufs.

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Et l’accueil à bord de Dartag, d’Emilie et Greg, venus de métropole pour un petit break hivernal fut aussi un régal. Et ils reviendront bientôt, dès que mon équipier favori sera arrivé. Mais, chut, c’est une surprise !

Point de recette de cuisine « maison », mais encore une petite chronique littéraire. Après avoir lu l’année dernière « le problème Spinozza » roman magnifique de Ygal Yalom, j’étais impatient de lire le dernier ouvrage de Frédéric Lenoir « le miracle Spinozza » cadeau de mes enfants à noël.

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Petite déception, mais il faut dire que la comparaison est difficile. Ce spécialiste des religions, ancien directeur du « monde des religions » et fondateur de plusieurs organismes sur le « vivre ensemble » ou le « bien-être animal », manque de souffle. Certes, son ouvrage est très documenté et intéressant à ce titre sur la vie et l’œuvre de ce philosophe juif hollandais du 17ème siècle, exclu de sa communauté, consacrant ses forces à promouvoir la liberté et la joie au nom de la réflexion rationnelle. On pourrait presque dire que ses combats contre l’obscurantisme et les religions dogmatiques ont été les précurseurs de ceux des « lumières » un siècle plus tard. Mais l’écriture de Frédéric Lenoir n’est pas à la hauteur de ses interventions orales ou audiovisuelles et sa tendance à se comparer personnellement à Spinozza est assez gênante. L’ensemble reste cependant utile, mais je me suis un peu forcé à poursuivre la lecture.

A suivre vers le nord encore,.....

vendredi 02 mars 2018

Pendant ce temps, la neige

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Si on vous demande à quel endroit de la planète il faut être, en février ou mars 2018, je crois connaitre vos réponses :

- pour ceux qui aiment le soleil, la chaleur et la brise qui permet de voyager à la voile, ce serait les Caraïbes

- pour ceux qui aiment le froid, la neige, le blizzard, la montagne, les glissades sans limite, ce serait l’Europe.

Je me sens plutôt dans la première catégorie.

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Bridgetown, capitale de la Barbade, Barbados en langage local, est une ville intéressante.

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Nous avons fini par visiter ses deux musées principaux, celui de Héros nationaux et celui du Parlement. Notez les photos grandeur nature d’Elizabeth II et du prince Philip au fond de la salle du Sénat.

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Nous y avons aussi rencontré l’équipage d’un voilier venant d‘achever sa transat avec quelques galères…..

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…et parcouru les rues animées où les soldes, parfois sexy, ou les « duty free » pullulent.

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On ne peut pas résister à certaines…..

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… ;pendant que d’autres préparent les collections suivantes (mannequin locale plutôt fluette)…

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…..et que les policiers débonnaires veillent au grain.

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Les banlieues de la capitale sont proprettes

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La synagogue et le cimetière juif sont impeccables et discrets

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Quittant la Barbade les cales remplies de poissons achetés au marché local, nous avons mis le cap au sud, vers une île encore inconnue pour nous, très proche de la côte du Venezuela.

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Après 15 heures d’une traversée musclée nous passons difficilement au petit jour, la pointe Est de Tobago avec une grosse mer, un courant contraire d’environ quatre nœuds et un vent faiblissant qui nous a fait douter de pouvoir la passer.

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Et, après un dernier déluge pendant pratiquement une heure…

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….nous entrons dans la baie de Scarborough la capitale de l’île, et son unique port.

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Tobago fait partie d’un état indépendant depuis 1962 : Trinidad et Tobago, ou Trinité et Tobago, en abrégé TT comme l’appelle les habitants eux-mêmes. Cette île de 300 km² et 55 000 habitants est la partie préservée du pays dont l’essentiel de l’activité provient de l’industrie pétrolière, comme son grand voisin continental. Mais à la différence de ce dernier, tiraillé par les tentations autoritaires de Chavez-Maduro, il jouit d’une démocratie stable et d’une économie assez prospère.

Son histoire est complexe, donc simplifions ! Une première reconnaissance par les anglais eut lieu à la fin du 16ème siècle, puis par les troupes lettones du fils du duc de Courlande. Mais ce sont les hollandais qui tentèrent de fonder des colonies à partir de 1621. Les Espagnols les mirent à sac vers 1635, à quoi les hollandais répliquèrent par la mise à sac de San Tomé sur l’Orénoque.

Les tentatives de reconquête de l’ile par les anglais venus de la Barbade (comme nous) ou les hollandais venus de Flessinge, se sont heurtées à la combativité des indiens Caraïbes venus de Saint Vincent. Le duc de Courlande ne perdait pourtant pas de vue cette possession qui lui avait été attribuée par son cousin le roi d’Angleterre au début du 17ème siècle. En 1654 il monta une expédition avec des hollandais et y implanta une nouvelle colonie formée essentiellement de juifs néerlandais fuyant la Nouvelle Hollande, persécutés par les portugais. Ils renomment l’île Nouvelle Courlande et y construisent le port de Jacobus. Parallèlement, une autre colonie de juifs d’origine italienne, menée par des zélandais pris pied dans l’ile vers 1660.

Les courlandais, inférieurs en nombre et moins bien soutenus, finirent par se rallier à la colonie zélandaise jusqu’à l’intervention des anglais de la Barbade qui envahirent l’île en 1672, déportèrent tous les colons et rasèrent les installations. Presque simultanément une frégate française y affirma la souveraineté française.

Après quelques années de batailles navales Franco-anglo-néerlandaises, l’amiral français d’Estrée conquiert Tobago qui est reconnue comme colonie française en 1678 au traité de Nimègue. Mais ce sont les espagnols qui s’y installent avec des moines capucins. Après que trois d’entre eux aient été tués par des amérindiens, ils procèdent en représailles au terrible massacre d’Arena. Progressivement pourtant, ils se retirent de l’île, victimes d’attaques de boucaniers et pillards français ou hollandais.

La souveraineté française est reconnue par le traité d’Utrecht en 1713. Après la révolution française et la chute de l’Empire, l’île est finalement conservée par les anglais après la deuxième abdication de Napoléon 1er. Comme Sainte Lucie et l’île Maurice elle aurait du rester française conformément au traité de Paris de 1814. Bien joué Napoléon et ses « cent jours » !

La langue parlée dans le pays est un anglais créolisé avec un fort accent le rendant difficile à comprendre. Le français y a laissé quelques traces, mais le néerlandais a disparu. La population est très majoritairement noire issue des anciens esclaves des plantations de canne à sucre dans l’ile voisine de Trinité. Après l’abolition de ‘esclavage, ces exploitations on périclité et ont été partiellement remplacées par la culture du cacao, des épices ou des noix de cocos.

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Mais la prospérité relative actuelle du pays vient de la production de pétrole et de ses dérivés avec son cortège de pollution qui n’émeut personne (bien visible ici) et de dégradation de l’environnement. Le tourisme est pratiquement inexistant à l’exception de l’extrémité ouest de Tobago qui accueille quelques établissements desservis par un aéroport au trafic anémique, et une ou deux navettes quotidiennes par voie maritime vers la capitale Port of Spain.

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Les quatre voiliers (un américain aux voiles déchirées, deux français dont Dartag, et un espagnol fatigué) présents dans cet avant port crasseux et dont les infrastructures sont délabrées, ne présagent rien de bon sur la capacité de cette île à attirer les visiteurs. Et j’ajoute que les formalités d’entrée, douanes, immigration et autorité portuaire, éloignées les unes des autres et disposant de moyens défaillants, sont dissuasives même si elles ne sont pas onéreuses. Un € vaut 8,3 TT$. La couverture Internet par des spots Wifi gratuits et libres est correcte avec un débit assez faible.

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Cependant, les gardes cotes, équipés de matériel dernier cri, sont vigilants pour réduire les risques d’immigration clandestine venant du continent tout proche, et dissuader les attaques de pirates vénézuéliens qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs à la population et aux plaisanciers. La délinquance locale serait surtout liée au trafic de drogue et ne donne, pas plus qu’ailleurs, de sentiment d’insécurité.

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Après deux jours sur place, l’envie de reprendre la mer est bien présente. Mais la visite d’autres mouillages à l’extrémité ouest de l’île n’est pas possible sans repasser aux formalités à Scarborough. C’est inenvisageable car il faudrait remonter contre le vent et le courant équatorial après avoir visité Stone Bay. Tant pis, ce sera pour une autre occasion s’il s’en présente une !

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L’idée initiale de rejoindre Grenade s’est rapidement estompée à mesure que le vent s’établissait à l‘est pour 15 à 20 nœuds. C’est l’idéal pour remonter l’arc antillais sur un maximum de distance vers la Martinique. Alors profitons en !

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D’autant plus que le génois blessé, et sommairement réparé avec de l’adhésif, semblait tenir et résister aux grains peu nombreux et modérés que nous avons rencontrés.

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Et c’est en pleine nuit, brillamment éclairée par une lune presque pleine, et avec l’aide du radar et du GPS de secours (le principal ayant fait un caprice), que nous avons évité les ilots et récifs précédant Béquia avant de mouiller à Port Elizabeth, heureux de cette belle traversée avec enfin une brise régulière et modérée.

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Ce mouillage, un des plus beau des Grenadines, est très accueillant, et on s’y sent bien. Il parait moins fréquenté que les années précédentes et de nombreux voiliers français y sont en escale. Mais les centaines qui ont été écrabouillés par Irma et Maria manquent à l’appel.

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Je ne m’étends pas, vous avez déjà lu les autres billets sur cette ile bénie des dieux. Après des formalités rapides et faciles nous y resterons un peu en attendant un vent idéal pour poursuivre.

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Enfin, voici quelques impressions laissées par le dernier ouvrage posthume de Jean d’Ormesson, « Et moi, je vis toujours ».

Raconté à la première personne du singulier et au féminin, il s’agit d’un balayage très vaste de la vie et des idées, parcourant notre planète, l’univers et l’histoire, procédant à des chronologies comparées de différentes civilisations, pointant les similitudes et les divergences entre elles. Bien sûr, l’auteur y fait preuve d’une érudition à son image et montre un énorme travail documentaire. Il ne résiste pas au plaisir de faire l’éloge de la civilisation française, dont apogée, selon lui, se situe à la fin du 17ème siècle et au début du 18ème. Et il contemple les arts et les sciences avec un émerveillement d’enfant surdoué. Cet homme n’a jamais dû être blasé de quoi que ce soit. En le lisant, on croit l’entendre et le voir dans les émissions de radio ou de télévision où il excellait.

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