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jeudi 17 janvier 2013

au pays des lacs et des volcans.

Comme chaque matin depuis que nous sommes dans le Pacifique, en se réveillant ce jour là, au mouillage devant Puerto Montt, il faisait gris.

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Nous découvrons donc une ville moderne avec ses buildings en verre au bord de l'eau. Cette apparence est la conséquence d'une particularité locale inquiétante. Cette zone est terriblement sismique et les tremblements de terre sont fréquents. Le 22 mai 1960 un "big one" frappa la région et détruisit la majorité de la ville, la zone portuaire, et rasa la ville voisine de Valdivia. D'une intensité de 9,5 sur l'échelle de Richter, il fut le plus fort jamais enregistré sur la planète, au point de faire vibrer la terre comme une cloche pendant les jours suivants. Il déclencha un tsunami colossal qui s'écrasa au Japon et ne laissa que des ruines sur son passage dans tout le pacifique à 12000 kilomètres à la ronde. Un autre séisme significatif un peu plus au nord (intensité 8,8) détruisit, le 27 février 2010, de nombreux bâtiments et tua des centaines de personnes, avec un tsunami moindre mais ravageant l’île Robinson Crusoé et l'île de Pâques, également ressenti jusqu'en Polynésie Française. La reconstruction après 1960, aux normes anti-sismiques les plus sévères, permit d'éviter un bilan plus désastreux.

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Les quais reconstruits accueillent les activité liées à la pêche, qui, avec l'agriculture, l'exploitation forestière et le tourisme, forment une économie équilibrée et prospère.

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Les produits des fermes marines sont exportés dans le monde entier, mais une partie alimente le marché et les restaurants locaux très accueillants.

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Dans ce pays de pionniers, de conquérants, et de grands espaces, les vieux bateaux finissent leur vie au fond du port sans que cela semble gêner personne. Ils sont visibles à marée basse et la nature se chargera d'éliminer cette épave en quelques années.

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Depuis le belvédaire qui domine le site, on découvre cette ville de 150 000 habitants fondée en 1853 par des colons allemands qui lui donnèrent son nom en l'honneur du président chilien de l'époque, Manuel Montt.

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Poursuivant vers le nord, nous découvrons bientôt Puerto Varas, petite bourgade touristique située au bord du lac Llanquihue, l'un des plus grands d'Amérique du Sud dont l'altitude est de 70 mètres et la profondeur moyenne de 200 mètres.

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Pendant ces vacances d'été il est fréquenté par des touristes principalement chiliens mais l'eau restant froide, il n'y pas beaucoup de baigneurs. En revanche la navigation et le canotage sur cette véritable mer intérieure sont très pratiqués.

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Encore quelques kilomètres plus loin, toujours au bord de ce grand lac, nous arrivons à Frutillar où les traces des colons allemands, originaires principalement de Bavière, sont très vivantes. Ils arrivèrent par familles entières à partir de 1850, à l'initiative du gouvernement Chilien qui cherchait à mettre en valeur cette région. Chaque famille recevait gratuitement à son arrivée un lopin de terre de 375 hectares en pleine propriété, charge à elle de le faire fructifier. Beaucoup sont restées et y ont même fait fortune. On parle encore un peu allemand ici et de nombreuses inscriptions sont rédigées dans cette langue.

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C'est à ce moment là que, comme prévu par le syndicat d'initiative, la brume s'est déchirée en quelques minutes. Et nous découvrons alors sur l'autre rive du lac le volcan le plus proche: l'Osomo distant d'environ 45 kilomètres et culminant à 2660 mètres. Magique. Il y en a de nombreux autres dans cette région où la croûte terrestre est très active. On les distingue parfaitement des autres montagnes sur Google Earth grâce à leur cône enneigé bien régulier.

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Flâner dans un jardin en pente, planté d'hortensias de toutes les couleurs, sous un beau soleil d'été peut vous réconcilier avec l'existence. Je recommande cette activité.

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Rentrant à Puerto Montt en début d'après-midi, nous avons fini par trouver une borne Wifi dans le marché du port et ainsi pu envoyer des nouvelles à la famille et aux amis.

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Puis nous sommes retournés à bord avec les chaloupes, après les fastidieux contrôles de sécurité, mais le spectacle était grandiose et lumineux.

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Repartant vers le sud puis l'ouest sur plus de 50 milles à travers tout le golfe d'Ancud, nous avons vu deux voiliers en croisière (dont un grand Janneau) qui nous ont fait bien envie, au milieu des îles, par ce beau temps, et avec cette brise modérée de sud ouest. En fait, ce vent thermique se lève chaque jour en été vers 11h et dure jusqu'à la nuit.

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Enfin d'après-midi, nous avons longé l’île du Lin qui nous a fait l'effet d'un petit paradis, au point d'avoir presque envie d'y retourner et d'y fonder notre petite colonie nous aussi. Hum ! Nous sommes ensuite passés dans le canal de Chacao qui sépare du continent l'île de Chiloe, mystérieuse et immense (à peu près de la taille de la Corse mais assez plate). Si le projet de pont qui doit la relier au continent abouti, elle changera peut-être de nature. Et, à la nuit tombée, nous avons regagné la haute mer pour notre dernière grande étape maritime vers Valparaiso.