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Mot-clé - Méditerranée

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samedi 13 juillet 2013

Aïe, ça se Corse ?

Remonter la côte occidentale de la Corse à la voile est un régal lorsque le soleil et le vent sont de la partie. C’était notre chance à partir de Bonifacio avec une brise soutenue en laissant à notre droite des orages sans doute musclés qui arrosaient les montagnes de cette île merveilleuse.

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Une fois passé le cap Sénétose, ce mercredi 10 juillet, en louvoyant contre un vent d’ouest de 15 à 20 nœuds, nous avions décidé de passer la nuit à Porto Pollo, au nord du golfe du Valinco, où nous n’étions pas allées de puis longtemps.

Mauvaise surprise, en approchant, nous découvrons que le mouillage est interdit sur toute la longueur de la côte et que l’usage des bouées sur corps-morts municipaux est obligatoire. Il y en a une quarantaine qui occupent tout le littoral où les fonds sont acceptables sur des sondes de 5 à 15 mètres. La somme forfaitaire de 20 euros est exigée sans aucun service associé, ni navette, ni ramassage d’ordure, ni offre de boissons fraiches, ni bien sûr croissants chauds ou autres douceurs (même payantes) potentiellement capables d’attirer des plaisanciers dans ces conditions. En plus, toutes les bouées sont déjà occupées, et par qui ? par des pigeons adorant se faire piéger ! Les seuls bénéficiaires de cette situation doivent être les équipages des puissants semi-rigides de l’exploitant du parking à bateaux (2 moteurs de 200 cv, pour quoi faire, s’il s’agit de percevoir les sommes encaissées auprès des plaisanciers).

Ce n’est pas notre cas, et nous renonçons donc à céder à ce racket organisé aux frais des contribuables sans aucune création de valeur. Pour éviter de mouiller dans des fonds de 25 à 30 mètres nous nous rabattons sur une zone plus exposée, mais libre, et dont les fonds sont acceptables devant l’embouchure du fleuve Taravo, un mille à l’Est, où nous passerons la nuit avec une dizaine d’autres voiliers réfractaires. Au réveil le lendemain matin, toute la pluie tombée la veille sur les montagnes avait dévalé les pentes, drainées par le Taravo et nous flottions dans une eau brune charriant des détritus de toutes sortes. Et en plus, le téléphone et la 3G sont très faibles, quasiment inexploitables. Charmant pays !

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Nous décidons quand même, en attendant le vent, de faire une visite à terre et rejoignons le port avec notre annexe (6 chevaux, bien suffisants pour marcher à 10 nœuds et plus). Nous la laissons amarrée à la passerelle d’un ponton flottant et la cadenassons par précaution comme nous le faisons de plus en plus souvent, hélas, de même que nous retirons la clé du moteur, car la confiance d’autrefois s’émousse (ah le bon vieux temps !).

Le village est assez animé et les maisons traditionnelles en pierre sont pour la plupart bien entretenues ou rénovées avec de superbes jardins fleuris. Il en reste quelques unes à l’abandon, mais l’ensemble est agréable et donnerait presque envie de revenir.

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A notre retour au port, notre annexe est coincée par le gros semi rigide des plongeurs qui a été manifestement amarré pour nous bloquer. Notre amarre principale est larguée, et un tuyau qui trainait sur le ponton est en train de la remplir d’eau douce (quel gâchis ridicule !). Heureusement que nous avions utilisé notre cadenas sinon il est assez probable que l’annexe aurait été au moins déplacée, si ce n’est dissimulée, éventuellement subtilisée pour ne pas dire volée ! Arrive alors un jeune blambec hautain, prétendant qu’il n’a pas pu amarrer son semi-rigide et regrettant que nous ayons cadenassé notre annexe. Nous embarquons en lui faisant remarquer qu’elle ne le gênait pas du tout, nous félicitant d’avoir utilisé le cadenas ce qui nous a permis de ne pas avoir à la chercher partout (il l’admet). Pendant ce temps, il reprend l’amarrage normal de son embarcation, démontrant à l’évidence que nous ne le gênions absolument pas et qu’il avait voulu nous bloquer. La coupe est pleine et Porto Pollo ne nous reverra pas de si tôt, en même temps que nous ferons « profiter » nos amis et autres plaisanciers de cette expérience situant le très mauvais niveau de l’accueil de cette petite station balnéaire qui aurait pourtant des atouts à faire valoir.

Le vent étant arrivé, même force et direction que la veille, nous appareillons et entamons un beau louvoyage pour passer le Cap de Muro avant d’embouquer le magnifique golfe d’Ajaccio où nous arrivons en milieu d’après midi. Cette escale technique destinée au ravitaillement est bien pratique avec ses deux supermarchés bord à quai et nous en profitons. Malheureusement le schipchandler, consulté par téléphone n’avait aucune des deux pièces dont nous avions besoin (« uniquement sur commande »). Chienne de vie, tout se dégrade ! Il y a même un superbe petit voilier moderne coulé sur les enrochements de l’Amirauté et vu la végétation marine qui l’a colonisé il doit être là depuis des mois. Quel dommage !

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Nous ne nous attarderons donc pas et reprendrons la mer dès le lendemain matin, en espérant sur la foi de météos concordantes pouvoir regagner le continent avec une brise juste suffisante pour au moins une bonne partie du parcours. Le départ le long de la magnifique route des Sanguinaires fut conforme. Mais aussitôt sortis du golfe, la force 3 annoncée de sud-ouest s’est avérée être plutôt de force 1 à 2 de nord-ouest, puis 0 à 1 de sud. Après avoir gratté le moindre souffle pendant presque tout l’après-midi, nous avons fini par craquer et mettre à contribution la risée Volvo, en nous rappelant comme chaque fois que si les romains avaient inventé les galères et l’esclavage, c’est qu’il y avait de bonnes raisons sur cette foutue mer Méditerranée. Ah s’ils avaient connu le moteur thermique, la face du monde aurait été changée !

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Comme nous, ils devaient voir de temps en temps de grands cétacés, même si cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le vent est revenu, comme prévu du sud-ouest, devenant même musclé, et nous avons fini ce périple autour de l'île de beauté sur les chapeaux de roues.

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Cela nous consolera de revenir bredouille, malgré les superbes touches que nous avons enregistrés sur notre ligne de traine, qui ne nous ont laissé que quelques hameçons tordus ou cassés, et rapalas perdus. Snif !

jeudi 11 juillet 2013

Nous l’avons retrouvé !

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Quittant Santa Giulia après deux jours de bombance et de fête chez nos amis Jean-Pierre et Marie-Claude, nous avons commencé notre régime par une escale dans la cala Giunca dans l’île Lavezzi. Il faisait un temps merveilleux et notre long bain de mer en palmes et masque nous a transportés au paradis.

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Pourtant il nous restait un remord de notre balade en Sardaigne : nous n’avions pas pris le temps de rendre hommage au grand homme de l’Italie moderne, celui qui a le plus contribué à son unité et a permis l’institution de l’Etat italien en 1861, faisant roi d’Italie Victor Emmanuel II de Savoie : Giuseppe Garibaldi. Nous sommes donc allé mouiller notre ancre dans la cala Garibaldi au nord de l’île de Caprera, où existait autrefois un superbe club Méditerranée aujourd’hui fermé et quasiment à l’abandon.

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Ce marin et aventurier rebelle, né et baptisé à Nice en 1807, était donc français de naissance par accident, la conté de Nice étant alors provisoirement rattaché à l’empire Français, et ne le fût définitivement (?), avec la Savoie, qu’en 1860 suite à un échange de bons procédés entre Napoléon III et le roi du Piémont, précisément Victor Emmanuel II.

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Nous sommes donc retournés à Caprera, pour visiter le musée national qui lui est consacré, installé dans la demeure qu’il y avait construite au retour de son exil forcé en Amérique du sud, ayant fui sa condamnation à mort à Gènes à 27 ans en tant que déserteur, ennemi de la Patrie et de l’Etat, pour avoir participé à une révolte en Savoie.

Il participe au Brésil, en Argentine et en Uruguay à différentes luttes et révolutions au cours desquelles il se fit remarquer comme un habile marin, tacticien, stratège et meneur d’hommes, aussi bien localement que par les français, les anglais et aux USA qui lui donnèrent même la nationalité américaine. Il commence à y constituer sa légende avec les tuniques rouges.

Il regagne, auréolé de gloire, l’Italie en proie aux troubles liés à l’insurrection du royaume des deux Siciles et l’investiture d’un Pape libéral, Pie IX. Après plusieurs campagnes dont certaines calamiteuses, malgré une victoire sur les troupes françaises, il doit fuir de Rome, devient franc maçon et férocement anticlérical. Son deuxième exil lui fait faire un périple de cinq ans sur tous les continents (USA, Pérou, Philippines, Australie) avant de revenir à Londres où il rencontre Alexandre Herzen et son vieil allié Mazzini dont il finit par se séparer.

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Il revient finalement en Italie en 1855 et établi ses pénates dans l’île de Caprera dont il achète une bonne partie et devient paysan. Cette résidence deviendra son « Colombey-les-deux églises » où il se retirera théâtralement après chaque campagne militaire ou échec politique.

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Lors de la deuxième guerre d’indépendance italienne il obtient, avec Cavour, la bienveillance de la France de Napoléon III contre l’Autriche et obtient de nombreux succès militaire contre les troupes autrichiennes à la tête du Corps des Chasseurs des Alpes et est nommé major-général par Victor Emmanuel II. Mais il considère que la cession de la Savoie et de Nice à Napoléon III est une trahison et se retire à Caprera.

Pourtant, l’année suivante, à la tête de l’expédition légendaire des Mille, il remporte une série de victoires terrestres et navales qui permettent l’unification de l’Italie, à l’exception de Rome et des états pontificaux, et la proclamation de Victor Emmanuel II comme roi d’Italie.

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Il se retire ensuite à Caprera après avoir refusé toutes les récompenses, sauf une rente annuelle lui permettant de vivre, et accepte une souscription nationale qui lui permet d’acheter le reste de l’île de Caprera.

Il participera encore à quelques aventures militaires hasardeuses ou incomprises en Europe qui terniront son image auprès de chefs d’Etat étrangers, et conduira à son assignation à résidence à Capera après une défaite contre les troupes du Pape. Mais sa popularité était telle qu’il était intouchable.

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Il faudra attendre la chute de Napoléon III et l’annexion de Rome et des Etats pontificaux par les troupes italiennes en 1870 pour que ses rêves soient réalisés. Il mourra dans sa maison de Caprera entourés des siens le 2 juin 1882. Des hommages parviendront de toutes les parties du monde, pour célébrer ce héros italien reconnu internationalement. Sa fille Clélia, lui succèdera la dernière dans la tombe en 1959 à l’âge de 93 ans. Elle est enterrée à côté de lui à Caprera dans le jardin de sa maison, avec les membres de sa famille et notamment sa dernière femme, Anita, et trois autres de ses six enfants.

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Quittant la Sardaigne après cette visite historique, le vent nous a fait défaut et nous avons du nous arrêter dans une crique à côté de Bonifacio pour la nuit. Cela nous a permis d’y faire un pèlerinage bien agréable ce mardi matin avant de poursuivre notre remontée des côtes Corses cette semaine.

dimanche 07 juillet 2013

Sur les traces de Garibaldi

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San Cyprianu est une grande et magnifique baie, et aussi une plage splendide, mais a un gros inconvénient : de nombreuses embarcations à moteur, du jetski au motor yacht de 40 mètres s’y trouvent très bien pour faire leurs essais de moteur, de vitesse ou simplement pour se montrer. On y serait bien resté un peu plus, mais sans se faire balloter par les sillages de ces messieurs-dames les m’as-tu-vu, et surtout avec des boules Quies. Il nous a même fallu demander l’aide de la marine nationale par le sémaphore de La Chiappa pour faire cesser les troubles de quiétude en fin d’après-midi du dimanche. Le calme est revenu.

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En escale le lundi à Porto Vecchio, pour la visite (le lendemain du départ du Tour de France 2013) et les courses, nous avons sympathisé avec un autre voileux qui envisage de repartir aux Antilles en solitaire, l’automne prochain et nous avons échangé sur nos expériences. Puis dans le nouveau supermarché du port, nous avons fait une rencontre inattendue en la personne de notre président d’amicale bavariste, vu quelques jours auparavant à Portoferraio. Du coup il est venu déjeuner à bord avant notre départ.

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Le vent n’était pas suffisant pour rallier la Sardaigne comme nous l’espérions, mais nous a conduit à Rondinara, site mythique de cette côte. Héla, trois fois hélas, le dinosaure administratif a encore fait des ravages. Cette crique autrefois enchanteresse et quasi déserte, fréquentée par des plaisanciers amoureux de sites préservés a été incluse dans le Parc Naturel des Bouches de Bonifacio et bardée de bouées interdisant presque tout le mouillage. Il en reste un petit tiers disponible, le plus exposé aux quelques vagues qui peuvent y entrer. Du coup il est beaucoup moins accueillant, d’autant plus qu’un zodiac crasseux, équipé par deux gardiens du Parc en guenilles, surveille en permanence, et même va au devant de tous ceux qui prétendent entrer dans la baie pour les dissuader de le faire ; affligeant pour ne pas dire plus ! Tout cela en plus à vos frais !

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Vite, départ pour la Sardaigne, pour retrouver la sérénité d’un autre parc naturel, celui de La Maddalena créé quelques années plus tôt. Après un arrêt déjeuner dans l'île privée de Cavallo, très élégante. Notre premier mouillage, à Porto Puzzu, nous a remis du baume au cœur : parfaitement abrité, libre d’accès, totalement calme, près d’un village modeste et accueillant, avec quelques autres voiliers discrets et bien espacés, aucune police, c’est ça qu’on aime.

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Cela s’est un peu corsé en approchant de l’ile principale de l’archipel que nous voulions visiter. Les rares mouillages proche de la « capitale », et souvent inconfortables en raison de trafic incessant de ferries, sont maintenant interdits. De nouvelles marinas ont été crées, pas toujours très séduisantes et surtout hors de prix ; « il faut bien vivre ». Bref il nous a fallu aller jusque dans l’ile voisine de Caprera (Garibaldi, l’aventurier qui s’est illustré dans l’unification italienne en 1861, y avait ses pénates et sa maison est aujourd’hui un musée) où nous avons retrouvé toutes les qualités de celui de Porto Puzzu plus l’espace et la beauté du site. Un régal. C’est de la que nous avons visité la Capitale distante de seulement 20 minutes en annexe.

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La ville, car c’en est une, est extrêmement animée et les commerces pleins de charme avec toutefois un élément nouveau, beaucoup sont tenus par des chinois très aimables et bien achalandés. Bien sûr, nous n’avons pas résisté à quelques achats notamment vestimentaires car le charme et le goût du chic italien ne se démentent pas, même vendu par eux.

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Dans l’après-midi de ce vendredi, la brise semblant installée, et avant d’avoir vu le musée Garibaldi (ce sera pour une autre fois), nous avons décidé de retourner en Corse pour retrouver nos amis de Santa Giulia. Ils étaient arrivés quelques jours avant et cela nous a permis de profiter d’une magnifique journée d’été corse dans le golfe de Porto Nuovo en refaisant le monde entre deux bains et avec les échos de la magnifique victoire de Marion Bartoli à Wimbledon. Ce dimanche ce sera la finale des hommes que nous devrions voir chez eux, sur l’écran cette fois.

A la prochaine, pour la remontée de la côte occidentale de la Corse en ce début d’été qui tient toutes ses promesses.

samedi 29 juin 2013

La Marque de l’empereur

Porto Ferraio est habitée par la mémoire de Napoléon. Après la retraite de 1814 et son abdication, les anglais, bons princes, lui avaient ménagé un exil doré en lui attribuant la souveraineté de l’île d’Elbe avec le titre de roi et l’autorisation de s’y installer avec environ 300 compagnons d’armes et quelques navires.

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Au bout de quelques mois seulement, après avoir arpenté son royaume en tous sens, créé des routes, des écoles, des hôpitaux, une administration « à la française », il en avait fait le tour, et commençait à se morfondre. Il décida son retour en France et le réussit au nez et à la barbe des anglais qui ne cherchèrent même pas à l’intercepter avant son arrivée à Juan les pins. Mais aujourd’hui encore, il est le grand homme de l’île et son souvenir est partout.

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La demeure qu’il occupait à proximité des deux forteresses de la ville médiévale qui surplomblent le port, est aujourd’hui transformée en musée contenant tous les souvenirs qu’il a laissés sur place, et notamment son mobilier (« empire » bien sûr) et son immense bibliothèque. Malheureusement, il est en grand travaux de restauration et fermé pour de nombreux mois. Nous nous sommes donc contentés de la voir de l’extérieur, bardée d’échafaudages, et de visiter les fortifications.

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Nous sommes restés deux jours au mouillage, dont un consignés à bord par un fort coup de vent d’ouest bien annoncé par la météo. Notre vieille ancre nous a donné des sueurs froides en chassant trois fois dans la vase molle au cours de l’après-midi sous l’effet des puissantes rafales, et nous n’étions pas les seuls, mais cela nous a décidés à mettre en service, à la première occasion, la nouvelle ancre Spade qui dormait dans un coffre depuis deux ans.

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Le troisième soir, après nos dernières visites et l'achat de super fauteuils relax ainsi qu'un complément de cambuse dans le grand supermarché COOP tout proche, nous avons eu la surprise de voir arriver, seul sur son bateau, notre ami et président de l’amicale des bavaristes, qui est venu diner à bord. Excellente soirée calme à refaire le monde.

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Faisant le tour le l’île par l’ouest avec le beau temps revenu et des brises faibles, nous avons passé une nuit dans chacune des deux des plus belles baies du sud de l’île et fait une petite diversion jusqu’à l’île voisine de Pianosa autrefois pénitencier agricole ultrasécurisé (où avait été enfermé dans sa jeunesse, par le régime de Mussolini, l’ancien président italien Pertini). Aujourd’hui elle accueille des touristes en groupes organisés et les habitants sont les familles des anciens gardiens de prison. A Marina di Campo les boutiques de fringues étaient suffisamment tentantes pour que Marie-France craque pour une très mignonne petite robe qui lui va à ravir.

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Et ce vendredi 28, la prévision d’un vent soutenu du nord, nous permettait d’envisager de poursuivre notre parcours vers les îles du sud de l’archipel toscan. Au départ un peu mou, il s’est bien renforcé dans la journée et nous avons pu passer sous spi au large de Montecristo puis devant l’épave du Costa Concordia (l’impressionnant chantier de renflouement dure maintenant depuis 18 mois) devant le petit port de Giglio et de virer entre cette dernière et Giannutri désormais inaccessible car transformée en réserve intégrale.

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A commencé alors une superbe cavalcade de plus de 80 milles en direction de la Corse avec cette belle brise qu’il ne fallait pas manquer sous peine de faire le lendemain la même traversée sans doute majoritairement au moteur. Le croisement de nombreux grands navires pendant la nuit imposait une vigilance extrême et deux d‘entre eux se sont déroutés pour nous laisser la priorité au lieu de nous éperonner ou de nous obliger à manœuvrer. Chapeau et merci à leurs équipages vigilants et corrects.

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A l’arrivée dans la baie de St Cyprien, juste au nord de Porto Vecchio, nous nous somme dit que la beauté du site sous les hautes montagnes de Corse était incomparable et que l’empereur exilé à l’île d’Elbe qui est pourtant belle, ne pouvait pas s’en satisfaire.

Nous resterons à proximité des bouches de Bonifacio dans les jours à venir, ayant un grand programme de rencontres et de farniente envisagé ici de longue date sans pouvoir trop préciser l’ordre d’exécution car nous dépendons largement des volontés d’Eole et de Neptune.

dimanche 23 juin 2013

Du gris, du vert et du multicolore

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La remontée du Cap Corse vers le nord peut aussi être sinistre. En l'occurrence, le ciel était gris, il y avait très peu de vent et pourtant une houle de sud-ouest qui faisait battre les voiles. Lorsque nous sommes passés devant les restes de la mine d'amiante à ciel ouvert de Canari, nous avons eu un vrai coup de blues. Cette énorme friche industrielle fermée dans les années 80 est une balafre dans le paysage et rappelle de bien mauvais souvenirs.

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Nous espérions nous refaire le moral en nous arrêtant à Centuri petit village de pêcheurs protégé par un îlot et une chaussée de récifs promettant un mouillage confortable. Hélas ce bijou présenté dans les guides comme une perle, n'a progressé en rien depuis des années. Au contraire, le charmant petit port est un cloaque malodorant, les maisons typiques sont un peu plus en ruines et les toits de lauzes vertes ne brillent guère sous un ciel bas et gris. Même les éoliennes implantées sur la crête qui domine le village sont en deuil: la moitié sont arrêtées, comme si elles étaient abandonnées elles aussi. Bref, après une nuit pourrie par la houle qui nous a secoués de plus en plus fort, nous n'étions pas mécontents d'appareiller dès le jour venu pour passer le Cap Corse et la Giraglia avec une bonne brise annoncée par la météo.

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Nous avons pris le petit déjeuner devant la plage de Maccinagio avec quelques autres voiliers, bien au calme. Cette journée au mouillage nous a permis de reprendre nos lectures, faire quelques bricoles à bord et aussi quelques emplettes dans le minuscule village ou une épicerie bazar est heureusement très bien achalandée.



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Ce samedi, nous somme donc repartis vers les iles italiennes de l'archipel toscan, et nous avons remis, comme chaque fois que possible, une ligne de traine à l'eau. Le trajet jusqu'à Capraia n'est pas long, mais a suffit pour que notre ligne s'emmêle tellement que c'en était inextricable et qu'il a fallu couper tout le chignon obtenu bien malgré nous, évidemment nous somme arrivés bredouille.

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Au contraire de Centuri, Capraia a vécu depuis quelques années une véritable cure de jouvence: immeubles restaurés de couleurs vives dans toute la ville haute, citadelle entièrement réhabilitée, tout génoise comme neuve, rues pavées à l'ancienne et réseaux dissimulés, façades décorées avec de jolies céramiques, etc....Même le petit port a été largement réaménagé avec la création d'un quai et d'un double épi en enrochements, ainsi que l'installation d'un réseau de bouées dans la baie extérieure pour accueillir, amarrés en épi et serrés comme des sardines, de nombreux yachts de passage si nécessaire . Pour notre part, nous préférons notre intimité et sommes donc allés mouiller notre ancre avec plusieurs autres voiliers dans la baie voisine, facilement accessible avec notre puissante annexe. Le lever de pleine lune sur la citadelle fut un moment magique.

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Et dimanche, avant l'arrivée d'un coup de vent sérieux annoncé pour lundi, il fallait nous trouver un bon abri. Quoi de mieux que Porto Ferraio, la capitale de l'île d'Elbe, dont la grande rade, une des plus belles de Méditerranée, est parfaite pour cela ? Pendant cette journée, notre nouvelle ligne de traine a fait mouche. Mais la magnifique dorade coryphène de plus d'un mètre de long qui s'y est frottée nous a faussé compagnie dans un dernier coup de rein, alors que Marie-France allait la récupérer dans la grande épuisette déployée. Et en plus elle ne nous a pas rendu notre rapala tout neuf. Nous nous demandons encore ce qu'elle compte en faire ?

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L'ancienne capitale Napoléonienne garde tout son charme italien multicolore et après une petite balade de repérage, nous vous en dirons plus, dans le prochain billet qui sera consacré à cette ile bijou.

mercredi 19 juin 2013

La Balagne en chaleur

Vraiment la couleur des rochers du golfe de Porto est extraordinaire, et quand on arrive dans le parc naturel régional de Scandola, on frise le divin.

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D’autant plus que nous avons longé ces côtes par un temps très calme, avec un ciel immaculé, une température de l’air de l’ordre de 30° et l’eau de mer à 25°.

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Nous nous sommes même payé le luxe de passer entre Gargalo (ou Gargalu selon les cartes) et la Punta Palazzo (ou Palazzu selon les cartes). Cela passe très juste, mais ça passe, avec les rochers à deux mètres de chaque côté et moins d’un mètre d’eau sous la quille ! Après de telles émotions, il fallait se restaurer, ce que nous avons fait dans la baie de Crovani avant de rejoindre Calvi. Nous avons bien tenté d’exploiter les rares moments où la brise s’était légèrement réveillée du nord, en régatant avec un autre voilier, mais quand il a tourné sa clé de contact, nous avons fait de même.

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L’arrivée à Calvi après la pointe de la Revellata est magnifique en cette fin d’après-midi et la citadelle millénaire protège bien la ville et la baie. Bon, d’accord, il faut payer une bouée obligatoire pour se voir interdire de débarquer et signer une décharge de responsabilité dès que le vent dépasse force trois. Cela s’appelle un gentil petit racket prétendument destiné à protéger les herbiers de posidonies (dont on sait qu’il n’y en a pas la moindre trace dans ces fonds de sable) mais c’est la Corse avec ses charmes.

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La ville elle-même est toujours animée et la saison touristique bat son plein. Elle s’internationalise de plus en plus, et les pontons principaux sont occupés par des unités magnifiques arborant toutes, à l’exception d’une seule, le pavillon britannique. Cherchez l’erreur !

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Le lendemain après avoir vu entrer le Club Med 2 dans la baie, nous avons repris notre route vers le nord-est par un temps tout aussi calme et caniculaire. Quand nous avons découvert que ce n’était pas le cas dans l’hexagone, nous somme tombés des nues. Une alerte rouge aux inondations avec des crues millénales dans le sud ouest, c’est incroyable et même tragique !

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Après une nuit à l’Ile Rousse, petite cité qui se modernise mais garde ses petites traverses de charme, nous avons suivi toute la côte du fameux désert des Agriates (au maquis assez vert quand même) jusqu’à St Florent. Heureusement, après la pause déjeuner dans l’anse de Malfato, le vent s’est enfin levé, animant la mer si bleue de petits montons blancs. Curieusement la température de la mer était beaucoup plus basse (à peine 20°) et en plongeant après le mouillage devant la plage, cela saisit bigrement, mais est finalement plutôt agréable. La respiration est plus rapide pendant quelques secondes, puis s’apaise très vite.

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Le cachet de St Florent, qui n’est déjà plus en Balagne, reste intact et là aussi, l’affluence est déjà grande autour des petits restaurants (où les clients sont parfois amateurs de gros chiens) et commerces de fringues qui pullulent dans les trois rues autour du port. Mais l’église fortifiée et les remparts dominent une ville aux toits de lauzes qui évoquent déjà notre prochaine étape dans le cap Corse.

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Retour à bord pour un diner paisible et frugal dans le soleil couchant.

samedi 15 juin 2013

L'appel Toscan

L’escale à Hyères permet de compléter les pleins, d’embarquer les provisions et quelques pièces détachées au cas où !

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Pour cette petite croisière d’avant saison, la toscane avec ses iles et ses côtes découpées nous attire. Ce pourrait être aussi l’occasion de refaire un grand tour de Corse. Nous échafaudons un parcours de principe fantaisiste qui n’a pas beaucoup de chances d’être tenu mais a le mérite d’exister et de fixer quelques idées.

Un court créneau météo favorable se profile pour un départ le samedi 15 juin. Un vent prévu de sud-ouest maniable pendant 24 heures, c’est exactement ce qu’il faut pour tirer un long bord directement sur la Corse. On commencera donc notre parcours par la fin et à l’envers ! tant pis, c’est parti, après les embrassades avec les amis et amies.

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En fait de vent de sud-ouest, c’est une brise matinale d’est dans laquelle nous louvoyons entre les iles, croisant une flotte de superbes voiliers en course que nous essayons de ne pas gêner. A proximité de Port-Cros, le vent de sud-ouest n’est toujours pas là, la brise d’est est de plus en plus faible, le ciel se couvre et nous essuyons même une petite averse juste au moment de se mettre à table dans le cockpit. Quel culot cet Eole ! Puisque c’est ça, on va garder toutes les options ouvertes en ne s’engageant pas tout de suite dans la traversée. Nous restons donc au nord de l’ile du Levant avec l’idée de rejoindre Cannes ou Antibes si le vent de sud-ouest attendu ne se décide pas.

Finalement, après le phare du Titan l’adonnante arrive progressivement et nous bénéficions d’une brise régulière de force 3 nous permettant de mettre le cap sur la Girolata dans des conditions parfaites. Cela dure jusque tard dans la nuit, mais, comme souvent hélas, la brise faiblit progressivement à force 2 puis 1 en tournant à l’ouest. Le relais est pris par la risée Volvo.

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Approchant des côtes Corses, nous apercevons dans la matinée ces majestueuses montagnes en ombre chinoises, puis quelques brumes matinales et sur une mer d’huile nous croisons quelques voiliers qui ont sans doute le même objectif que nous.

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Encore propulsé par le fidèle et raffiné vent de cale (composé à 100% de gasoil), nous entrons souplement dans le magnifique golfe de Porto puis nous arrêtons pour déjeuner à Girolata notre première escale Corse en ce dimanche de fête des pères. Cette crique mythique est très calme, l’atmosphère chaude et l’eau de mer à plus de 23°. Nous profitons de la fin d’après-midi pour pousser une petite reconnaissance à terre. Depuis notre dernier passage, il y a de plus en plus de jolies maisons parfaitement retaurées en pierre rouge locale. C’est magnifique avec cet éclairage. Il y a pire comme aventure.

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Chienne de vie !

A très bientôt

jeudi 08 novembre 2012

bilan de la saison 2012

Encore une saison en Méditerranée occidentale avec quelques améliorations destinée à accroitre l'auronomie, la sécurité ou le confort à bord. Pour l'essentiel on peut citer :

1) Pour la production d'électricité.

La révision de l'éolienne AirX Marine 400 a consisté à changer la carte de régulation électronique interne. Le résultat n'est pas vraiment satisfaisant. Certes, elle peut produire beaucoup d'électricité, jusqu'à 15-20 ampères, dans les meilleurs moments. Mais il faut que le vent soit régulier et fort, à 25 noeuds environ. Au dessus de cette vitesse de vent, elle décroche et se met en état de survie pendant de longues minutes avant de reprendre la production. En dessous, la production décroit très rapidement et à 10 noeuds il ne reste que 2 ou 3 ampères. Globalement, cette éolienne n'a d'intérêt que par temps nuageux (ou la nuit) et lorsque la brise relative reste entre 18 et 25 noeuds. Ces conditions sont extrêment rares en méditerranée, aussi bien en mer qu'au mouillage.

Le nouveau panneau solaire amorphe de 68 watts acheté au printemps n'a pas servi. Ses dimensions ne permettent pas de l'installer sur le pont en avant du mat. Il aurait fallu le monter en travers sur le bimini ou la capote, mais les effets secondaires provoqués par son poids et sa prise au vent rendaient l'expérience déraisonnable. Il est donc retourné dans son carton et sera remplacé l'année prochaine par deux nouveaux panneaux semi-souples à installer sur le roof en complément de ceux qui y sont déjà et branchés en parallèle avec eux.

L'hydrogénérateur mis en service en 2011 a encore parfaitement rempli son rôle, permettant de se passer complètement du groupe électrogène lors des traversées à la voile.

2) pour le lavage du linge.

La petite machine automatique CARAD MD 40 a parfaitement rempli son rôle après quelques tâtonnements pour lui trouver le meilleur emplacement en service (posée sur le caillebotis de la douche AR) et au repos (stockée dans le fond de la cabine AR tribord. Les branchements sont très simples : alimentation d'eau douce chaude sous pression par le flexible de la douche, évacuation en posant la crosse de vidange sur le lavabo, 220v par la prise du cabinet de toilette (réseau du quai dans les marinas, ou groupe électrogène au mouillage). Le cycle complet pour 3 kg de linge dure 45 minutes et consomme environ 35 litres d'eau compensés par la mise en route du désalinisateur au mouillage. Le linge n'étant pas essoré, il faut le tordre à la main avant de l'étendre dans le gréement, mais ce n'est pas vraiment un problème. Les corvées liées à la recherche d'une laverie et aux transports de linge, sale puis propre, dans l'annexe, sont derrière nous !

3) la manivelle de winch électrique

Elle est surtout due à une occasion qui a fait le larron. Je n'envisageais pas de motoriser mes winchs, ne sachant pas trop par laquelle commencer et reculant devant le coût. Alors je me suis dit que je pouvais, pour quelques centaines d'euros, faire un essai en reprenant la Morea quasiment neuve d'un camarade de club qui n'en avait pas l'usage. Et après une saison, je me suis aperçu qu'elle est un vrai agrément, surtout pour deux usages finalement assez fastidieux à la main:

- le déroulage de la GV,

- l'enroulage du génois.

Les suées et essoufflements qu'entrainaient régulièrement ces manoeuvres ont ainsi largement diminué, en même temps que les efforts de longue durée qu'elles nécessitaient.

Concernant les écoutes, la manivelle électrique, même à double sens de rotation, n'est pas assez rapide au début et manque de puissance à la fin. Je préfère donc faire le plus gros de l'embraquage à la main, au besoin en lofant pour faciliter les choses, et terminer par quelques tours à la manivelle manuelle pour les réglages fins en charge. De plus, il n'est pas rare, lors d'un virement de bord, d'arriver à embraquer l'écoute de génois entièrement à la main si la coordination avec le barreur est bonne.

Le déroulage de la GV pourrait être fait à la main, mais c'est parfois un peu dur au début et à la fin; donc l'assistance électrique facilite les choses. L'enroulage complet de la GV, en arrivant au mouillage, est toujours fait à la main, sans winch. Par contre, la réduction de voilure, GV ou génois, peut être grandement facilitée par la manivelle électrique car cela permet de ne pas larguer entièrement l'écoute ou la bordure, et évite ainsi les fasseillements trop forts. Après les réductions, la reprise des écoutes avec la manivelle électrique est un bonne assistance, mais il faut quand même finir avec la manivelle manuelle car les efforts sont souvent trop importants. Je préfère donc lofer, embraquer rapidement à la main, et régler finement avec la manivelle manuelle qui restera ensuite sur son winch, prête pour le prochain réglage.

Un autre usage éventuel de cette manivelle électrique serait le dépannage, suite à une défaillance, du guindeau électrique. Ce n'est pas possible avec le modèle Lewmar que j'ai actuellement, mais ceux qui ont un axe vertical permettent sûrement ce secours. Ce problème me préoccupe un peu, bien que mon guindeau actuel marche très bien, car je me vois mal remonter à la main mon mouillage actuel dans la brise, s'il venait à flancher. J'envisage une solution de dépannage avec une deuxième main de fer montée sur un long bout passant autour d'un winch d'écoute.

La manivelle Morea (blanche) est, je pense, équivalente à la Magicwinch (carbone), présente également dans toutes les revues, dont les caractéristiques sont très proches. Si j'avais eu à choisir entre les deux, c'est plutôt cette dernière que j'aurais prise: peut-être un peu plus puissante, un peu moins encombrante, et un peu plus légère. Mais surtout j'éviterai les manivelles sans fil, plus lourdes car elles portent leur batterie, moins puissantes, et obligeant à une gestion de leur charge si l'on veut s'en servir durablement. Le câble électrique de la Morea, long de 4 mètres, reste au fond du cockpit en mer et ne gène pas vraiment. C'est plutôt l'emplacement de la manivelle au repos entre deux manœuvres qu'il faut trouver. J'envisageais de la rentrer dans la table de cockpit, mais en fait, elle reste la plupart du temps dans le petit coffre à clair-voie situé sous la marche de la descente, posée sur l'écoute de grand voile qui y a sa place habituelle.

4) la navigation.

Un écran GPS avec cartographie marine manquait dans le cockpit, le Raymarine multifonction étant à la table à carte. Un simple Smartphone (Samsung Galaxy SII) avec l'application Navionics pour Android (25 €), règle parfaitement le problème des approches de zones inconnues de nuit ou par mauvaise visibilité sans avoir à faire la navette entre la barre et la table à carte. Confort inouï et amélioration de la sérénité du skipper, si ce n'est de la sécurité.

Enfin j'ajoute un incident sans gravité mais bien gênant, et qui nous a bloqué 8 jours à Cagliari (sud Sardaigne): fuite d'huile et petite voie d'eau par le Saildrive, suite à la destruction des joints spi de l'arbre d'hélice par un énorme plastique enroulé autour. La multiplication de ce genre de pollution, bien visible même au large, est un vrai problème. C'est la troisième fois (dont deux avec dégâts) que cela nous arrive en 4 ans, et dans la marina de Cagliari, au moins trois autres voiliers avaient des avaries plus ou moins sérieuses liées au même problème. Il n'est même pas certain qu'un coupe orin aurait évité les dégats. Alors que faire ? merci aux lecteurs qui auraient des idées.

  • Quelques chiffres relatifs à l'ensemble de cette saison :

- Nombre de milles enregistrés : 2 278 NM.

- Nombre d'escale : 40

- Nombre d'iles visitées : 20, appartenant à quatre pays européens

- Nombre de traversées : 9

- Nombre de nuits en mer : 10

- Nombre d'heure de moteur : 141.5 heures.

- Consommation de gasoil : 365 litres.

-- Concommation horaire du moteur : 2.58 litres à l'heure.

C'est mieux que l'année dernière, mais nous tournions à 2000 tr/mn soit 5.9 noeuds par calme plat et ne remontons jamais le vent au moteur, préférant louvoyer ou attendre qu'il tourne.

-- Ratio voile/moteur : 16.5 milles par heure de moteur.

Mauvais résultat traduisant une quantité de calmes plats anormalement élevée cette année, et la volonté de poursuivre notre programme après huit jours d'arrêt forcé à Cagliari. Nous n'avons pas sorti une seule fois le spi, ayant eu, en dehors des calmes, des brises majoritairement contraires et souvent fortes.

croisière 2012 Dartag

Carte générale de la croisière

mercredi 10 octobre 2012

Encore un peu s'il vous plait...

Marie-France avait une envie folle de faire connaissance de son dernier petit fils. Mais c'est qu'il était bien au chaud, Alexandre, et qu'il y resté un peu plus que prévu. N'y tenant plus, elle a pris son courage à deux mains et finalement préféré rentrer seule à Paris pour être disponible sans délai, le moment venu. Ce fut le 23 septembre, et tout s'est très bien passé: la mère, l'enfant et aussi le père, qu'on oublie parfois (et pourtant c'est souvent lui qui souffre le plus), ont très bien supporté ce moment fondamental de la vie d'un couple avec la naissance de son premier enfant.

Pendant ce temps là, il fallait ramener Dartag à son port d'origine et le désarmer pour l'hiver, fin septembre début octobre.

bonne brise d'est à Sicié

Une bascule d'est étant prévue dans quelques jours, il suffisait de l'attendre pour profiter d'une confortable allure portante.

nuée sur le Golfe d'Aigues Mortes

Cela permet d'avancer, en deux jours de belle navigation, jusqu'au golfe d'Aigues Mortes........

Bon vent belle mer

.......et d'arriver à Sète en même temps que les Bavaristes de l'amicale, au terme d'un parcours de ralliement pour la "route des huitres". Ce rallye annuel est surtout gastronomique, et consiste à faire le tour de l'étang de Thau en flottille, en faisant goûter aux autres équipages les spécialités locales.

Sète, en attente des ponts

Bien sûr cela commence par l'attente de l'ouverture de ponts de Sète, avant de se retrouver pour un diner à Mèze.

mouillage de Mèze

Le lendemain, au réveil, le mouillage de Mèze est vide, ils sont tous déjà partis à Marseillan car il n'y aura pas de place pour tous dans le petit port.

Canal de Marseillan

La soirée moules-saucisses-huitres-vins locaux, se termine fort tard après la visite des caves d'un fameux breuvage local appelé Noilly Prat. Heureusement il n'y pas d'alcotest, et de toute facon le retour à bord en zodiac en pleine nuit ne pose aucun problème, si l'on respecte quelques limites.

Régates dominicales sur létang de Thau

Le dimanche matin, malgré un temps gris et tristounet, les mordus du CN Marseillan répondaient présents à la régate dominicale dans une brise régulière d'est.

mouillage d'attente à Balaruc

Un avis de vent d'ouest fort étant annoncé dans la nuit, le mieux était d'aller mouiller le soir devant Balaruc-les-bains, à l'autre bout de l'étang pour sortir de l'étang le lundi matin. Après avoir franchi les ponts, la sortie ouest du port de Sète, contre le vent et la mer associée, n'était pas très agréable. Comme la météo prévoyait une amélioration en fin de matinée, il était envisageable de poursuivre au près, à l'abri de la côte, sous voilure réduite, en direction du Cap d'Agde en attendant que le vent mollisse.

53 noeuds au Cap d'Agde

Il a au contraire fraichi violemment, 40-45 noeuds, à l'approche du Brescou, et il valait mieux s'arrêter en souhaitant que les prévisions de la météo se réalisent. Les rafales au mouillage dans l'avant port dépassaient les 50 noeuds. Lorsqu'elles ont molli régulièrement à moins de 30 noeuds, au début de l'après-midi, nous sommes repartis.

arrivée à Leucate

Le vent est devenu rapidement plus raisonnable, et la mer avec, permettant de profiter d'une dernière navigation paisible pour cette année. Il a même fallu utiliser la risée Volvo pendant une heure et demi pour arriver à Port Leucate en début de soirée.

La saison 2012 est terminée, vivement 2013. Un petit bilan de cette année fera l'objet du prochain billet.

samedi 28 juillet 2012

retour au bercail

Pyramide de la Sémillante aux Lavezzi

Le contraste en les iles Lavezzi et Cavallo est saisissant. L'ile déserte, marquée par les cimetières de la Sémillante et figée dans sa beauté depuis 1855, fait face à sa soeur jumelle, un mille au nord, aménagée par des propriétaires qui lui ont redonné vie avec un souci de préserver l'environnement. Le petit port de plaisance à peine visible et les criques dans lesquelles se nichent belles villas et hotels discrets forment un cadre exquis pour les amateurs (fortunés) de calme de luxe et de beauté. Il y a quand même des signes des tensions que vit cette ile-bijou, avec les traces politico-mafieuses visibles qui ont souflé quelques toits.

Hotel de rêve à Cavallo

Poursuivant notre route vers le nord, c'est à Santa Giulia que nous avons planté notre pioche. Ce grand mouillage animé était le point de chute idéal pour y retrouver nos amis Jean-Pierre et Marie-Claude. Bien protégé des vents de secteur ouest, il est exposé à l'est mais ce n'est que deux jours plus tard que la météo nous annonçait la brise de cette direction. Nous étions donc tranquilles pour profiter des soirées qu'ils nous avaient réservées. Et le samedi, nous avons même embarqué tout le monde pour une picnic à bord.

Picnic à Porto Nuovo

La grand-mère de 93 ans n'a reculé devant rien et c'est avec une aisance remarquable qu'elle a embarqué et débarqué depuis le Zodiac profitant de cette journée amicale et venteuse ! Il faut dire que le vent de sud-ouest annoncé dans les Bouches de Bonifacio, qui ne devait pas dépasser la force 5, est monté rapidement en fin de matinée pour se stabiliser toute la journée à 30-35 noeuds. Ca souffle quand même, mais ne nous a pas empêché de débarquer à Porto Nuovo, quelques milles au sud, dans un cadre magnifique et quasi désert.

Dans la soirée, alors que le vent devait tomber, il s'est brusquement renforcé à 40 noeuds rafales à 45. Cela fait beaucoup et nous serrions un peu les fesses pendant le diner en espérant que le mouillage tenait. De retour à bord dans la nuit, submergés d'embruns dans le zodiac sur un parcours d'à peine 300 mètres, nous avons préféré organiser un quart de veille au mouillage comme le faisaient déjà la plupart des autres yachts, tant les rafales étaient fortes. Mais rien n'a bougé et l'accalmie annoncée a permis à tout le monde de se coucher vers 2h du matin.

pavillon vermoulu

Le lendemain, nous avons repassé les bouches après une pause déjeuner à l'abri des falaises de Spérone, alors qu'un orage menaçant s'étendait sur le secteur.

Corse sauvage

Finalement quelques bourasques et averses ne nous ont pas fait de mal (sauf le pavillon qui a fini par rendre l'âme) et nous avons rejoint l'anse de Capinero pour une nuit calme dans un site, là encore presque sauvage.

Portigliolo

La dernière étape insulaire nous a conduit à Ajaccio avec un petit pélerinage à Portigliolo, où le mouillage anarchique prend de l'ampleur, dans ce magnifique Golfe où nous avons tant de souvenirs.

Mouillage aux Sanguinaires

L'escale technique de l'Amirauté est bien pratique pour refaire les pleins de la cambuse grâce à ses deux hypermarchés "bord à quai". Puis, avec une météo encourageante, nous sommes partis nous prépositionner au mouillage des Sanguinaires avant la dernière traversée de cette croisière vers les iles d'Hyères.

Barbicagia

La plage de Barbicagia est toujours le lieu de matches acharnés de beach-volley sur fond de résidences à taille humaine, mais l'aménagement paysager de l'extrémité de la route des Sanguinaires laisse toujours aussi perplexe, et semble avoir vidé ce site merveilleux de ses amoureux !

Retrouvailles

Comme la majorité des huit traversées précédentes de cette année, celle-ci n'a pas été très tranquille, et il nous a fallu encore louvoyer dans un vent de 15-20 noeuds avec un reste de houle d'ouest. Consolation, le Volvo est resté silencieux, mais nous avions 159 milles au compteur en arrivant à Hyères pour une traversée théorique de 128. Toutefois le vieil adage de la marine à voile "le près, c'est deux fois la route, trois fois le temps et quatre fois la grogne" ne s'est pas tout à fait vérifié. Et le soir même nous avons fêté, à terre et à bord, les retrouvailles avec la famille et les amis de toujours, visiblement contents de partager avec nous les histoires de marins et souvenirs de voyage.

A bientôt pour une autre croisière.

vendredi 20 juillet 2012

Des îles enchantées

Nous sommes revenus au pays du froid et des tempêtes, toutes proportions gardées.

Capri sous la pluie

La traversée depuis le Stromboli a été calme, trop calme, et quand au petit matin du jeudi 12 juillet nous avons aperçu Capri à l'horizon, cela faisait presque 20h que le Volvo tournait à son rythme habituel, sur une mer d'huile. Curieusement le vent est revenu faiblement à ce moment là et bien sûr nous avons arrêté la machine pour en profiter. Le hic, c'est que les nuages sont arrivés en même temps et bientôt la pluie, ne nous donnant pas de cette ile de rève l'image que l'on en a depuis l'empereur romain Tibère qui s'y était fait construire un palais de six mille mètres carrés sans les jardins, patio, thermes, etc...Donc nous avons passé notre chemin sans regret.

Baie de Naples et le Vésuve

Procida côté sud

Au milieu du golfe de Naples, un orage nous a soudainement propulsé à plus de huit noeuds pendant une demie heure avec un fort vent favorable et très peu de pluie mais quelques coups de tonnerre. Nous avons quand même vu le Vésuve avant d'arriver à Procida, la petite ile qui ferme la baie de Naples au nord. Et nous sommes toujours vivants.

Orgue et Plafond à Procida

Cette terre plus petite que Porquerolles est très peuplée, au point qu'on se demande s'il existe encore de la place pour y construire. Mais la ville animée, avec ses commerces, ses pêcheurs et quelques touristes est tout à fait étonnante. Son centre et le port principal se trouvent au nord de l'ile, face au continent tout proche, et elle grimpe sur la pente qui la domine, passe le col et redescend au sud sur la face la plus abrupte de l'ile comme une vague qui submergerait un ilôt. Nous n'avons pas pu résister à l'achat de vins italiens "spumante" aussi appelés "frizzante" qui nous plaisent beaucoup, qu'ils soient blancs ou rouges. De plus ils sont très légers, 8° tout au plus, ce qui est plutôt indiqué pour nous.

Laissant passer un coup de vent d'ouest, nous ne sommes repartis que le 14 juillet, jour de notre fête nationale, sans avoir arboré le grand pavois que nous avions prévu de hisser en cette occasion. Mais en pleine mer, qui l'aurait fêtée avec nous ?

Mouillage encombré à Ponza

Passant successivement devant Ischia, belle et grande ile marquée par son magnifique château construit au 15ème siècle par le roi d'Aragon, puis Ventotène, minuscule ilôt, voisin d'un autre appelé San Stephano autrefois pénitencier, nous sommes arrivés à la nuit tombante à Ponza, la plus grande des iles Pontines. Elle est toujours très animée et le mouillage était tellement plein que nous avons dû nous mettre pratiquement dans le chenal des carferries en espérant trouver mieux le lendemain. C'est ce que nous avons fait dès le départ des quelques voiliers qui ont appareillé le matin et avant que les gardes côtes, impeccables dans leur Zodiac immaculé avec leurs casquettes au galbe "mussolinien", ne fassent déguerpir ceux qui ne respectaient pas les limites du mouillage autorisé. Cette journée et la soirée suivantes furent aussi marquées par quelques enguelades sonores entre plaisanciers dont les ancres dérapaient en raison des puissantes rafales de vents et risquaient de se télescoper ou de relever avec leur chaine, celle du voisin. Miracle nous avons échappé à cela !

Coup de vent à la Luna

L'impression que nous retenons de Ponza, après de nombreuses années sans y avoir fait escale, est plutôt la montée en gamme du tourisme (et des prix dans le commerce local, beaucoup plus chers qu'à Procida) sans pour autant que la qualité de l'accueil soit meilleure ou l'état général de la ville en progrès. Ainsi, le tunnel qui permettait un accès facile à la plage et la baie de la Luna, célèbre pour ses falaises absolument blanches, n'a pas été réhabilité, au contraire, il semble complètement abandonné de même que ce côté de l'île, pourtant magnifique mais jonché de détritus. Bien dommage.

Une fenêtre météo favorable, entre deux coups de vents d'ouest, semblait se profiler en fin de matinée du lundi pour 36 heures. Juste ce qu'il nous fallait, avec (selon la météo) une houle résiduelle au début puis l'établissement de vents de secteur nord-ouest tournant au nord modérés jusqu'aux bouches de Bonifacio. Nous voilà donc partis pour une traversée de 170 milles vers l'ouest. La houle étant forte et le brise faible, nous avons un peu hésité à faire demi-tour au bout de trois heures de moteur à vitesse réduite. Puis le vent est arrivé de nord-ouest, comme prévu, modéré. Cela nous faisait nous diriger vers la Sardaigne (mais c'était supposé provisoire) et nous avons décidé de continuer. Hélas ce vent s'est renforcé, s'établissant progressivement à 22-26 noeuds temporairement jusqu'à 30 noeuds et nous avons attendu qu'il tourne au nord en vain jusqu'à être en vue de la Sardaigne le lendemain matin. Pire, la houle qui devait s'amortir a été plutôt entretenue et dans ces conditions c'est une traversée très dure qui nous avons vécue. Et même si elle a été plutôt rapide, nous garderons longtemps en mémoire les impressionnants chocs dans les vagues et l'arrosage quasi permanent de l'ensemble du bateau jusqu'au premier étage de barres de flèche. Le matin nous étions fourbus, fatigués et humides.

Le calme de Brindinchi

Lorsque nous avons mouillés à Porto Brindinchi, à 30 milles au sud de notre but initial, nous avons soufflé. La beauté et le calme de ce site nous ont réconciliés, finalement assez vite, avec la croisière à la voile. Bilan de ce matraquage de 25 heures, zéro dégât, si ce n'est une flacon de lessive mal fermé qui s'est partiellement vidé dans une cale. Au moins celle-ci sera pour un temps d'une propreté irréprochable !

Impressionnante Ile Tavolara

Cala di Volpe parmi les géants

La suite fût, pour quelques jours, un pélerinage au pays du luxe du calme et de la volupté. La Costa Sméralda est un paradis peuplé de gens très riches à très-très-très riches et fiers de l'être, navigant sur des unités de rève de toutes les formes et de toutes les couleurs, de 20 à 70 mètres de long, surtout à moteur, battant à 90% pavillon britannique mais très souvent conçus et construits par des designers et des chantiers italiens. On dirait qu'ils se sont tous donnés rendez-vous dans ce coin du monde où ils sont accueillis à bras ouverts dans des marinas et mouillages d'un confort et d'une variété incroyables. Le fond de la Cala di Volpe, par exemple, est partiellement occupé par un hôtel du même nom, où a été tourné le film "les bronzés 3" avec l'équipe d'acteurs du Splendid, 20 ans après "les bronzés "qui les avait lancés. Nous n'avons pas résisté au plaisir d'y faire un saut, habillés en touristes à l'aise, et de parcourir les salons et terrasses au milieu de clients à l'abri du besoin. Trop drôle !

Costa Sméralda luxe calme et volupté

Ce qui nous a également frappé, est la qualité de l'urbanisme de cette côte, où l'intégration des constructions au paysage est extraordinaire. Le goût et le style italiens ne sont pas un vain mot et la mise en valeur de cet espace autrefois quasi désert laisse rêveur. De plus, cela n'empêche pas qu'il y ait des endroits entièrement préservés, en particulier les iles proches de la côte qui sont pour la plupart des réserves naturelles intégrales(et elles sont nombreuses).

coucher de soleil aux Lavezzi

Après une remontée des "canaux" de la Maddalena, presque entièrement à la voile, nous avons regagné les eaux françaises ce jeudi 19 juillet, arrivant aux iles Lavezzi avec une bonne brise d'ouest. Le mouillage de la Cala di Greco, célèbre depuis 1855 par le terrible nauffrage de "La Sémillante", transport de troupe de la guerre de Crimée, qui avait fait 700 morts, reste un endroit féérique notamment au coucher du soleil sur les silhouettes d'empilements de rochers granitiques.

]plongeons massifs au Lavezzi

Une bonne promenade autour de cette île déserte, transformée en réserve, mais parcourue en tous sens par des "randonneurs" babacools déposés par palanquées pour la journée sur des barges venue de la Corse toute proche, nous a fait regretter un peu la qualité de la mise en valeur italienne. Mais n'oublions pas que nous sommes revenus au pays où les riches sont plutôt suspects et éventuellement menacés.

formes de granit

Curieusement, les télécommunications qui fonctionnaient à la perfection tout au long de notre périple de six semaines dans trois pays étrangers et une vingtaine d'îles européennes parfois très isolées, se sont subitement avérées hésitantes et à très bas débit aux Lavezzi. Espérons que ce sous-développement un peu tristounet à notre époque, ne se confirmera pas dans les jours à venir. Dans le domaine des médias, il est également stupéfiant de constater qu'aux centaines de puissantes chaines radios et Tv italiennes, répondent avec une qualité tout aussi médiocre quelques dizaines de radios et TV françaises anémiques et difficiles à recevoir. La francophonie n'existe pas vraiment en dehors de France !

Ah, Gauche française ! maintenant que tu as tous les pouvoirs et la durée devant toi, sauras-tu nous délivrer de l'engoncement de notre modèle social d'un autre âge, des rigidités de nos comportements de notables de province, des blocages de nos corporatismes et de nos énarques, de la frilosité de nos écolo-dingos qui découragent toute initiative au nom d'un principe de précaution inventé par les ignorants et les trouillards pour empêcher les créateurs et audacieux de faire avancer les choses, de notre aménie provoquée par la fuite des cerveaux et des riches sous des cieux plus accueillants, pour encourager et même libérer les forces vives de l'imagination, de l'innovation et de la création ? Vive la France !

Jusqu'à Dimanche nous resterons sur la côte est de l'ile, en ayant la joie d'être comme à l'accoutumée très bien reçus à Porto-Vecchio par nos amis Marie-Claude et Jean-Pierre qui ont souvent réagi avec humour à nos billets, avant de repasser les bouches de Bonifacio. Puis une dernière traversée nous ramènera sur les côtes varoises, pour des vacances familiales élargies, sans doute à partir du 25 juillet.

jeudi 12 juillet 2012

Les forçats du Monte Tauro

La pauvre

Après Syracuse, passant devant l'épave d'un petit pétrolier récemment échoué, nous remontons vers le nord, et voulant éviter Augusta, de sinistre mémoire, l'escale la plus logique était Taormine où nous sommes arrivés le 6 juillet au soir, après une belle journée de vent portant. Le mouillage dans la baie de Giardini-Naxos promettait un confort correct avant une bascule de vent au nord qui nous ferait alors préférer celui de Taormine à l'autre extrémité, distante d'à peine plus de 2 milles.

Taormine



Nous y sommes allés dès l'aube, après une nuit de plus en plus rouleuse, et les autres voiliers voisins on fait de même. Le vent de nord étant plus fort que prévu et interdisant une approche du détroit de Messine, nous avons décidé, en attendant, de revisiter Taormine dont nous avions tous les deux des souvenirs anciens et émerveillés.

L'Etna fumant

Mais, c'est que c'est très haut dans la montagne, et qu'un dénivelé de 250 m à escalader depuis la plage, sur un chemin malaisé, étroit, hyperpentu, poussiéreux, en plein cagnard, à l'abri du vent, par un bel après-midi torride de juillet, c'est une épreuve que les jeunes lecteurs auront peut-être un peu de mal à comprendre, mais qui est réelle pour des "vieilles" jambes comme les nôtres.

Théâtre de Taormine

Arrivés dans la ville, devenue depuis trente ans un formidable bazar à touristes, nous avions cependant encore assez de forces pour nous offrir le fabuleux théâtre grec vieux de presque 2600 ans dans lequel un spectacle était en préparation pour le soir. Nous entendions les vocalises des chanteurs et chanteuses qui s'échauffaient. De tous côtés la vue est sensationnelle, encore plus que nos souvenirs ne nous le suggéraient. Et ce panorama sur l'Etna fumant, dans le contre-jour de la fin de l'après-midi, nous a récompensé de nos efforts.

Terrasse du Monte Tauro



Parcourant les ruelles avant de redescendre, nous avons fini avec une de ces merveilleuses glaces italiennes sur le toit de l'hôtel du Monte TAURO (prononcez TA-O-RO) avant de retrouver, au bout de nos forces, le zodiac qui nous attendait sur la plage de gros galets et de pierres-ponce noirs.



Soirée au champagne pour triplement fêter la retraite de Marie-France (avec une semaine de retard), notre exploit sportif et ce pélerinage nous rappelant de lointains souvenirs !

Turc Plaisantin



Dimanche matin, comme prévu magnifiquement par la météo, le vent du nord s'est calmé et nous avons pu partir vers Messine. Nous craignons même que le vent nous lâche complètement, et bien non, il a gardé sa direction et s'est maintenu toute la journée à la force idéale, nous permettant de louvoyer tranquilement sur une mer presque plate, entre les grands navires suivant les "rails" de séparation du traffic dans ce passage étroit et très fréquenté. Il a quand même fallu qu'un minable cargo turc (le "ERCAN NAIBOGLU" d'ISTANBUL construit en 1984, 5000 tonnes, longueur 97 mètres, ça ne s'invente pas) nous serre de si près, sans doute pour s'amuser à nous faire une petite frayeur, que nous avons du rembobiner en urgence la ligne de traine pour ne pas qu'il la soulève avec son monstrueux bulbe rouge.

Thonnier traditionnel



A la nuit tombante nous sommes passés devant Messine pour mouiller devant la plage juste au nord, entre deux boites de nuit qui finalement ne nous ont pas vraiment gènés dans notre sommeil. Mais nous devions repartir assez tôt le lendemain pour passer le détroit avec si possible un courant favorable, vers 8h du matin. Miracle le vent était toujours là de la même direction, juste la bonne force, et notre entrée dans la mer Thyrénnienne fut un régal, tout en douceur, rasant les côtes, avec un soleil toujours aussi présent. Celui-là ne nous a vraiment pas fait défaut depuis le jour de notre départ début juin, pas un seul jour sans le voir briller de tous ses feux.

fumées de Vulcano



Le mouillage de Vulcano est très profond. Il faut s'approcher à 100 mètres de la côte pour avoir moins de 50 mètres de fond. Mais la température de l'eau de mer est stupéfiante: 31,6 °. Un peu trop précaire quand même pour y passer la nuit avec une brise de nord est.

Lipari au réveil

Du coup, nous sommes repartis pour Lipari, où les fonds sont tout aussi surprenants, 20m à moins de 50 mètres de la route dans la partie nord de la baie. Deux autres plaisanciers y étaient, et après une petite reconnaissance et courses de frais dans cette belle petite ville, notre nuit a été parfaite,....jusqu'à 5h du matin lorsque le pétrolier qui ravitaille l'ile en carburant a pris son poste à 30 mètres de notre position. Le bruit de ses ancres, hélices, pompes, meuleuses, disqueuses et turbines diverses et variées nous a fortement dissuadés de rester à bord. Nous n'entendions même plus notre groupe électrogène lorsque nous avons fait une lessive avant de retourner à terre faire nos visites habituelles pendant qu'elle séchait.

cloitre normand



La cathédrale de Lipari jouxte un merveilleux petit cloitre normand du 11ème siècle remanié au 12ème du temps des souverains Roger et son fils Roger II. Mais il y a des fouilles terrestres et sous-marines très riches sur les sites antiques de Lipari et les autres iles éoliennes qui ont permis la constitution de collections très intéressantes dans le musée archéologique voisin. On y trouve des poteries de plus de 5000 ans des vases et amphores phéniciennes, grecques et romaines et naturellement toutes sortes d'objets métalliques de l'âge du bronze à l'âge de fer, bijoux, statuettes, figurines, armes, ustensiles de cuisine, etc. Les premiers archélogues sous-marins de ces trouvailles, dans les années soixante, étaient des moniteurs de plongée du Club Méditerranée local. Surprenant !

L'enfer à Lipari



Retournant à bord dans l'enfer bruyant de l'appontement pétrolier, nous n'avons pas mis plus de cinq minutes à ranger le linge sec et appareiller à destination de Panaréa l'ile la plus proche. Notre crique calme nous a permis des bains de longue durée dans une eau à 32,2°, record battu ! Puis une visite du village tout blanc et très coquet de cette ile prisée par les touristes à l'abri du besoin. Les prix dans les commerces locaux sont à couper le souffle: exemple une petite robe légère soldée à 50%, 585 euros. Cela surprend mais ne coûte rien si on n'en a pas un besoin impératif !

Panaréa en fleur



Notre périple dans les volcans a été conclu, au départ de Panaréa, par une approche sublime de Stromboli, en pleine activité comme tous les jours depuis des milliers d'années. Pour essayer d'entendre le grondement de la terre, nous avons arrêté le moteur, pas vent nul. Et Marie-France s'est même offert le luxe d'un bain de mer, en sa présence, sur des fonds de presque 2000 mètres, dans le grand bleu. Chapeau l'artiste !

éruption du Stromboli

bain devant le volcan



Prochaine étape la baie de Naples. Après on pourra mourrir, le plus tard possible quand même !

samedi 30 juin 2012

Calmes Pélagies

Notre nuit au mouillage de Favignana nous laissera un excellent souvenir, mais nous n'avons pas musardé au réveil, car le vent s'était levé, comme prévu, le rendant un peu moins calme.

Marsala

Cap donc sur la Sicile avec l'idée de longer la côte jusqu'à un abri acceptable. Passant devant Marsala, nous avons vu une grande ville avec un grand port mais nous sommes dit que ce n'était pas ce que nous cherchions. Plus loin, un espoir est apparu en approchant de Mazara del Vallo. Il y avait de nombreux kites devant une plage abritée de la mer, mais le mouillage étant interdit et le port de Mazara peu accueillant, nous avons décidé de renoncer à chercher plus loin et de mettre plutôt le cap directement sur Pantelleria, distante de 60 milles, profitant de la bonne brise de nord ouest, d'une mer maniable et d'un soleil radieux. La grande chevauchée a recommencé à 8, puis 9 noeuds avec des pointes régulières à plus de 10 noeuds dans des gerbes d'écumes.

traversée rapide mais musclée



Nous espérions dans ces conditions arriver avant la nuit. Et c'est ce qui s'est produit, mais avec un vent de plus en plus fort et une houle de 3 mètres, désordonnée, déferlante, par moment brutale. Après avoir réduit la toile, dans une atmosphère ensoleillée mais une mauvaise visibilité, l'ile nous est finalement apparue alors que nous en étions à seulement 5 milles. Un seul voilier mais de nombreux grands navires croisés pendant cette après-midi, que nous avons surtout vus sur l'écran radar, car il fallait qu'ils soient tout près pour les apercevoir. Un grand groupe de dauphins nous a rejoint une heure avant d'arriver, en sautant hors de l'eau bien éclairés par le soleil: magnifique!

clin d'oeil final



Dans les deux bassins du port, mal protégés avec cette forte mer, aucun accueil, quelques voiliers amarrés à des quais hostiles et de petites embarcations de pêche ou de location. Finalement après avoir tourné pendant une demie heure nous avons choisi un emplacement clandestin près du chantier et nous sommes couchés rapidement, lessivés par cette journée.

fort devenu église



Mercredi matin au réveil, le sommet de cet ancien volcan était complètement empanaché, donnant un aspect lugubre à la ville. N'ayant pas de menace de pluie, il nous a semblé intelligent de nous lancer dans une grande lessive car le bac à linge sale se remplissait rapidement et les affaires salées par la traversée de la veille criaient misère. Miracle, il y avait une prise de courant utilisable sur le quai et un robinet d'eau disponible. Aussitôt branchés et la machine à laver en place, nous avons fait deux lessives étendues dans le grément.

tiers monde ?



Le soleil revenu en début d'après-midi, pendant que le linge séchait, nous sommes partis avec le zodiac pour nous rapprocher du centre ville et la visiter. Quelle déception ! Urbanisme inexistant, constructions délabrées, patrimoine arabo-bizantin à peine mis en valeur, saleté générale, dépotoirs à tous les coins de rue, commerces sans âme et pour la plupart fermés, mobylettes pétaradantes,,.... nous avons eu l'impression de débarquer dans un pays du tiers monde. Pas du tout envie de rester ici.

styles mélangés



Retour à bord pour se doucher, refaire le plein d'eau et partir dans un mouillage du sud de l'ile. Mais, bon sang, l'eau était coupée, accentuant l'impression déplorable et surprenante de cette ile européenne, de surcroit dans la zone euro....Cela permet de comprendre encore mieux la valeur de l'eau qui s'imposera à tous dans peu de temps.

nabab dans sa crique



Inutile d'attendre que l'eau revienne, d'ailleurs quand ? Alors on a fait le tour de l'ile par le nord longeant des énormes coulées de basalte refroidies depuis des millénaires et couvertes de cultures en terrasse. Cet ancien volcan a donc permis à sa population de vivre et aussi de bâtir de superbes villas sur cette côte hostile à l'exception de quelques criques avec accès à la mer. Arrivés à notre mouillage à la tombée de la nuit, nous avons profité du calme avant de nous endormir rapidement, prévoyant un départ à l'aube vers Lampédusa.

enfin



Branle bas de combat à 6h après une fin de nuit marquée par un roulis désagréable au mouillage. Si nous voulions arriver avant la nuit à Lampédusa, il ne fallait pas trainer, d'autant plus que la météo ne prévoyait pas beaucoup de vent. Résultat, 12 heures de moteur et 2 heures de voile pendant lesquelles nous avons croisé plusieurs tortues . Et peu avant l'arrivée, une belle touche sur la ligne de traine et beaucoup de précautions nous ont permis de remonter à bord une bonite toute frétillante: enfin notre persévérance a été récompensée, et nous avons vaincu nos démons !

pauvres épaves



Nous avons atteint, juste avant le coucher du soleil (à 20h28 à cette latitude), une crique présentée comme accueillante par notre guide. Elle l'était en effet, mais surtout pour les chalans et remorqueurs chargés de faire disparaitre les dizaines d'embarcations tunisiennes abandonnées par les passeurs et leurs clandestins migrant vers l'Europe. En plus, au fond de la crique, la centrale électrique diesel de l'ile tournait à plein régime et nous sommes à deux pas de l'aéroport au traffic heureusement modeste.

port naturel de Lampédusa



Cela ne nous a pas empêché de dormir, mais dès l'aube nous sommes repartis pour le port principal et la ville de Lampédusa. Bonne surpise, elle est accueillante, plutôt colorée, pleine de commerces ouverts . Toute la partie centrale de la ville située sur la hauteur est soigneusement réhabilitée avec des rues piètonnes joliment pavées de marbre avec une vue superbe sur le mouillage naturel tranformé en port actif. Des centaines de petits bateaux de pêche ou de promenade en font un endroit plutôt attrayant. Les 6000 habitants profitent peut-être intelligemment de la notoriété de leur ile, "accueillant" chaque année plusieurs dizaines de milliers de migrants "sans papier" et défrayant les chroniques européennes. Si l'on en juge par le nombre impressionnant des restaurants, buvettes, gelatérias,... l'activité touristique est florissante et tous se préparent à l'ouverture imminente de la saison.

éponges locales

L'éponge naturelle, spécialité de Lampédusa, y est à l'honneur. Le roi d'Espagne Charles II concéda le titre de Prince de Lampédusa à la famille Tomasi en 1630 puis les anglais tentèrent de la racheter ce que fit finalement lui-même Charles II. Les descendants de la famille Tomasi ont été les inspirateurs du roman, écrit par Guiseppe Tomasi de Lampédusa, puis du Film "Le Guépard" tourné essentiellement dans l'ile.

mouillage noir



Après cette visite et quelques emplettes, nous somme repartis pour l"ile voisine de Linosa (25 milles quand même) qui est beaucoup plus petite, avec ses 400 habitants permanents, et d'origine volcanique. Son histoire semble plus ancienne que celle de Lampédusa puisque son peuplement permanent remonte au 16ème siècle et que les romains y avaient construit des citernes pour stocker l'eau de pluie, plutôt rare en cette région. L'arrivée est impressionnante dans un cirque de basalte et de cendres noirs intercalés de couches sédimentaires ocre sur plus de 100 mètres d'épaisseur dominant une plage noire (de chez Noir), réputée pour être l'un des dernier site de nidification des tortues en Méditerranée. Sur le petit quai, un restaurant est ouvert qui nous envoie immédiatement un émissaire pour nous inciter à y venir. Mais nous préférons rester à bord ce soir dans ce mouillage féérique sous la lune revenue.

Ce samedi matin commence par un bain de mer avant le petit déjeuner dans l'eau à 27,2°. Un régal, mais il n'y a pas de photo ! Puis nous sommes partis à la recherche d'un mouillage mieux desservi par Internet, en pensant à vous tous qui attendez," la langue pendante", la suite de nos prodigieuses aventures.

fleurs de Linosa



Des cactus, des lauriers roses et bougainvilliers(ou bougainvillées) en pleine floraison, des mimosas en fleurs (bizarre en cette période ?), des figuiers, des petites maisons cubiques de toutes les couleurs, superbement entretenues, une belle escalade jusqu'au sommet (presque) de l'ancien "vulcano", et un recueillement dans la belle petite église du village décorée de vitraux modernes, voilà notre programme linosien. A peine redescendu de ce paradis, nous avons fait un plongeon primal devant les éboulis de cendres et de pierres ponce du sud de l'ile, avant de nous régaler d'un repas à base de bonite grillée au barbecue : chienne de vie ! Cette ile du bout du monde perdue au milieu de nulle part avec un seul autre voilier visiteur, un maltais, nous laissera un souvenir inoubliable.

vue du Vulcano



Ce soir nous partirons probablement pour Malte avec une traversée de nuit en perspective sans beaucoup de vent, mais notre programme d'enfer nous incite à ne pas trop musarder, sinon nous serions bein resté encore un peu avec ce beau temps calme.



Au revoir les iles Pélaqiques !

lundi 25 juin 2012

Ouf, ça repart !

Nous n'avons pas déchiré nos vêtements, et pourtant le 21 nous n'avions toujours aucune nouvelle des pièces attendues pour la réparation. Elles sont arrivées le 22, et en rodant sur le chantier comme chaque jour, Alain a compris qu'il y avait du nouveau car il était question de sortir le bateau de l'eau dans la journée.



Retournant à bord, il a été intercepté par un équipage français rencontré la veille qui cherchait désespérement son chat. En effet celui-ci s'était fait les griffes la veille sur les merveilleux coussins en cuir d'un autre bateau. Bien que ses propriétaires aient promis de payer la facture de réfection de tous les coussins, ils craignaient le pire. De fil en aiguille, discutant de ce sérieux problème et du sort peut-être sinistre du matou avec tous les plaisanciers du ponton, il s'aperçu un peu penaud que Dartag était parti, en remorque vers la grue, sans lui. Il n'avait plus qu'à y retourner à pied, laissant l'équipage du chantier seul à bord avec Marie-France un peu étonnée!

le problème apparait

sous la grue

le coupable

c'est réparé

Le levage du bateau et la réparation étaient terminés en deux heures. Mais il fallu en attendre quatre autres pour que le quai de remise à l'eau soit libre et ce n'est qu'à 18h30 que Dartag retrouvait son élément, guéri de tous ses maux, et nous épuisés par la chaleur écrasante de cet après-midi caniculaire à galoper dans tous les sens du terre-plein à la cale moteur pour rincer la transmission, refaire le plein d'huile, chercher les outils spécifiques de l'hélice, ranger le tout en fin d'opération. Et il nous fallait ensuite refaire un plein de courses pour partir dès le lendemain matin afin de se libérer de cette quarantaine imposée et stérile. "M'ferez huit jours qu'y disaient", et bien nous les avons faits et nous ne tenions plus dans les starting blocs dès l'ouverture de la porte.



Samedi matin toujours aucune nouvelle de l'expert maritime ajaccien que nous avait annnoncé l'assurance, bien que nous lui ayons envoyé plusieurs emails et SMS pour le tenir au courant en temps réel de l'avancement des travaux. Tant pis on part sans l'avoir vu, à midi.

arrivée en douceur



La brise d'abord molassonne s'est levée vers 14h d'une direction idéale pour entamer la troisième grande traversée (160 milles) de cette croisière, cette fois directement vers le Sicile, brûlant l'étape que nous avions envisagée à Villasimius. Elle a tenu jusqu'à 2h du matin sous une voute étoilée absolument extraordinaire de clarté après le coucher du mince premier croissant de lune. On voyait même le reflet dans la mer de la voie lactée, ce qui est très rare. Mais il a fallu ensuite se rendre à l'évidence et mettre au boulot les galériens du bord (40 chevaux vapeur dissimulés dans un bloc compact de couleur verte portant la marque Volvo, à fond de cale dans des conditions de chaleur épouvantable, mais ils ne se plaignent pas). Ils ont bossé sans forcer pendant 9h, nous faisant avancer de presque 50 milles, abreuvés de seulement 25 litres de fuel, avant que le vent ne revienne et nous avons fini cette étape par un bain de mer à 27° à l'ombre du chateau de l'île de Marettimo. C'était le premier de l'année, et du coup, nous l'avons arrosé avec un Ti-punch d'enfer.

Marettimo 687 m



Ce matin, après avoir bien récupéré, le réveil a été un peu brutal, entourés de barcasses en tout genre déchargeant leur flot de touristes dégoulinants d'huile de bronzage et hurlant les consignes dans des haut-parleurs. Vite on s'en va, mais, sans vent, on ne va pas loin. Une heure après on se dit que le mieux, pour attendre qu'il vienne, est de visiter le port et le village de l'ile tout proches. Et on débarque avec notre petit Zodiac sur l'un des quai désert de la mini marina locale. Avant même d'avoir atteint le bout du quai, deux blancs becs nous font savoir en étranger sans même se lever de leurs sièges crasseux, que les annexes ne sont pas les bienvenues à cet endroit, même pour dix minutes. On rembarque donc un peu déçus et surtout débectés par cet accueil ridicule. On mangera donc à bord avant de repartir une fois le vent venu.

Favignana vue de Preveto



C'est près de l'ile de Favignana toute proche de la Sicile (entre Trapani et Marsala), que nous passerons la nuit prochaine dans un très beau mouillage abrité du vent et de la mer en compagnie de quelques autres voiliers, dont plusieurs français, et de milliers de mouettes de l'ilot voisin.



Demain nous repartirons vers Marsala ou peut-être plus loin, en attendant une occasion favorable pour rejoindre les iles pélagiques.

mercredi 20 juin 2012

Le calvaire de Cagliari

Voici maintenant une semaine que nous sommes arrivés dans cette capitale insulaire, avec un problème de fuite d'huile dans le sail-drive.

La commande des pièces, bien que transmise dès le 14 à Rome, n'est partie qu'aujourd'hui et doit arriver ce soir à l'aéroport international de Cagliari d'où elle sera livrée au mécanicien demain. Si tout se passe bien, il n'est pas impossible que nous soyons réparés demain soir 21 juin, jour le plus long de l'année, sinon, nous n'aurons plus qu'à déchirer nos vêtements (comme faisaient à Jérusalem, du temps de Jésus, ceux qui avaient une grosse contrariété) ou nous arracher les cheveux (comme font aujourd'hui les gens stressés).

marais salants dans la ville

Bon, ne dramatisons pas, nous sommes des retraités heureux, dans un pays béni des dieux, avec un temps magnifique et confortablement installés dans un voilier genre Pulman, avec tout le confort à bord. Même la Télé marche parfaitement (plus de 120 chaines ici sur la TNT italienne), mais il ne parlent qu'en étranger, si bien que nous n'y comprenons pas grand chose.

Cela na nous a pas empêché de suivre les résultats calamiteux des élections en France, ni de nous dire que nous étions contents d'être loin. Nos votes par procuration auront donc été inutiles, mais nous ne les regrettons pas car ainsi nous ne pouvons pas nous reprocher de ne pas avoir fait notre devoir. C'est Internet qui nous a permis de garder le contact, car même la presse française n'est pas disponible à Cagliari, sauf exception et avec au moins trois jours de retard.

St Antonio Abate

Marco Polo

Alors, nous pédalons nos quinze à vingt kilomètres en vélo chaque jour pour faire nos courses, charger du délicieux vin Sarde, visiter des églises baroques et monuments, mais dans cette grande ville, même sur ce sujet, il y a des limites que nous pensons avoir désormais atteintes.

petit bobard

salades royales

Au retour de nos expéditions, chargés comme des mules, et les yeux pleins de fantaisie nous dégustons les merveilleuses préparations de la Reine des salades, arrosées des vins locaux, garants de l'équilibre de notre alimentation.

mimi

85 ans et toutes ses dents

Et pourtant, les ports de plaisance y sont très fréquentés par des anglais de toutes conditions, ce qui serait un signe favorable de l'agrément de cette escale. En réalité, notre sentiment d'être bloqués sur place doit avoir une influence négative sur l'enthousiasme initial de la découverte. Il est temps de mettre les voiles !

chargeur modifié

Manivelle électrique opérationnelle

Les petits bricolages et améliorations du bateau font quand même quelques progrès : on peut noter la mise en service de la manivelle électrique de winch avec une nouvelle prise de courant dans le cokpit spécialement dédiée, un nouvel emplacement pour la machine à laver après qu'elle ait fait une chute vertigineuse depuis le précédent (avec dommages réduits et facilement réparables), vidant son contenu dans la cale, une restauration patiente à la pâte à roder des verres de lunettes rayés lors d'un nettoyage un peu trop musclé et même presque violent, une modification provisoire du chargeur de secours pour l'appareil photo afin de palier à l'oubli du modèle idoine, etc.....

La suite vers la Sicile, peut-être, quand nous serons remis à flot et réparés. Croisons les doigts, et vous avec nous. Merci pour vos prières....accompagnant celles que nous faisons (surtout Marie-France) lors de nos nombreuses visites sacrées dans ce pays très catholique.

lundi 11 juin 2012

Bon vent belle mer

grisaille tristounette

Après une journée de repos dans une grisaille tristounette à Fornells, le samedi s'est ouvert sous un soleil éclatant nous incitant à appareiller pour Mahon.

beau temps revenu

Après une sortie au moteur de ce beau mouillage, nous avons pris contact avec la grosse houle résiduelle de nord issue du coup de tramontane de la veille. Mais la brise maniable nous a permis d'arriver à Mahon pour déjeuner au mouillage au milieu d'une douzaine d'autres voiliers de nationalités variées au pied de la forteresse impressionnante dont les énormes canons de marine de 480 mm sont toujours présents, bien que leurs derniers tirs d'entrainement datent de plus de 50 ans.

Porte St Roc



D'un coup de Zodiac rondement mené nous avons visité cette capitale de Minorque, qui fait bonne figure avec ses restaurations de plus en plus nombreuses et quelques beaux monuments pratiquement remis à neuf, telles l'église romane Sant Fransesc ou la porte Saint Roc, dernier vestige des fortifications de la ville.



Mais la consultation détaillée de la météo ne nous laissa pas le loisir de profiter plus longtemps de cette ville attrayante, car une fenêtre favorable se présentait dès le lendemain matin dimanche pour traverser vers la Sardaigne.



Dès 8h30 nous étions en mer avec une jolie brise de SSW, 15 à 20 noeuds sur le travers, un rève ! Pour ces 200 milles marins, nous avions prévu quatre repas tout prêts (de délicieuses salades composées aromatisées aux épices et pimentos achetés la veille dans le supermarché du cloitre), pensant arriver le lendemain soir à la tombée de la nuit. Et bien deux seulement nous ont suffit, car la brise s'est maintenue d'une manière quasi continue, sauf quelques heures pendant la nuit (histoire de recharger les batteries) et nous avons déjeuner ce lundi confortablement amarrés dans la marina de Carlo Forte, ile San Pietro, à l'extrême sud ouest de la Sardaigne, après une cavalcade échevelée à plus de 7 noeuds de moyenne sur la majeure partie de la traversée. Il y a vraiment des journées qui vous reconcilient avec la mer et vous consolent des nuits d'enfer précédentes !

ruelle colorée



Cette petite ville active ne nous a pas encore offert la carte SIM de télécommunications de nos rêves mais nous profitons de la WIFI de la marina (précaire mais suffisante) pour déguster vos réponses (merci à tous) et vous envoyer notre petite chronique avant de nouvelles aventures italiennes et insulaires qui devraient se prolonger jusqu'à mi juillet au moins.

vendredi 08 juin 2012

Première étape musclée !

Nous somme donc partis mercredi dernier 6 juin en début de matinée, avec une météo correcte, ensoleillée, sans calmes et sans vents forts. Le bémol était que la direction prévue de ces vents était contraire. Nous nous sommes donc préparés à l'idée de louvoyer pendant au moins 36 heures, temps nécessaire à rejoindre Mahon à Minorque depuis Port Leucate, soit presque 200 milles marins, tout en espérant qu'Eole prendrait quelques liberté avec les météorologues et nous gratifierait d'un brise régulière portante (oups !).

chienne de vie



Ce ne fut hélas pas le cas, et le vieux dicton marin contre les vents contraires s'est vérifié une fois de plus: "deux fois la route, trois le temps, et quatre fois la rogne". Du vent de sud, de 10 à 25 nœuds pendant 45 heures sauf deux courtes accalmies nocturnes de quelques heures pendant lesquelles la risée Volvo nous a propulsé dans la bonne direction.

deux jours de près

Mais nous avons au total parcourus plus de 250 milles, et pas mal manœuvré pour les virements de bord et les réductions ou renvoi de voilures. Et finalement, au lieu d'aller jusqu'à Mahon, nous avons écourté la fin du parcours en nous arrêtant à Fornells, une quinzaine de milles avant, toujours à Minorque, où nous sommes arrivés au lever du troisième jour avec une belle houle de sud-est et le début du coup de vent de NW annoncé mais encore modéré. Le petit déjeuner au mouillage a été délicieux ! Heureusement, pendant la traversée, le soleil ne nous a pas fait défaut, on en voit les traces sur nos visages, et nous avons eu aussi de longues périodes de navigation agréable.



La pêche aurait pu être une bonne compensation à la rogne, mais la superbe daurade coryphène d'au moins 3 kilos que nous avons prise jeudi après-midi s'est décrochée à un mètre de la jupe, malgré les manœuvres pour la fatiguer sans casser la ligne et la demi heure de patience que nous avons consommée pour mettre toutes les chances de notre côté. Hélas, hélas, hélas,.... mais cela nous arrivera encore.

daurade coryphène



Fornells n'a pas changé depuis quelques années sans visite, mais paraissait un peu mort en ce vendredi après-midi sous la grisaille de la dépression qui agite le nord du bassin d'un mistral assez musclé. Demain, si le temps le permet, nous repartirons pour Mahon qui mérite une escale et nous placera idéalement pour une deuxième grande traversé vers le sud de la Sardaigne.

vendredi 17 février 2012

2010 et 2011 Interludes en Méditerranée

2010-2011 – Quatrième et cinquième saisons sur Dartag

Après la magnifique croisière de cinq mois en Grèce lors de la saison 2009, les nouvelles ambitions nées se sont heurtées à quelques petits soucis familiaux ou de santé, tout à fait indépendants, mais il fallait s’en occuper en repoussant à plus tard les projets de chevauchées au long court.

Ainsi les saisons 2010 et 2011 furent consacrées à purger les petites faiblesses constatées à bord, remplacer les équipements ou accessoires défaillants et continuer la préparation du bateau pour une autre croisière de longue durée à venir.

- remplacement des vannes de coque tendant à se gripper

- reprise d’étanchéité des hublots du carré

- découpage des planchers pour accéder aux cales

- renouvellement et mise au point du jeu de voiles (Clipper voiles)

- révision bimini et capote

- nouvelle annexe (Zodiac Fastroller ActiV 285) et moteur hors bord (Suzuki 6cv)

- mise service d’un hydro générateur Aquagen 4

- complément de panneaux solaires (nouveau panneau souple 68w amorphe)

- révision générale Eolienne AirX marine

- remplacement des girouettes et feux de mouillage

- nouvelle jauge à gasoil électrique

- masticage des petits éclats de gelcoat

- installation d’une passerelle pliante en alu

- montage d’une manivelle de winch électrique MODEA

- réparation de la télécommande de pilote Raymarine (4 mois au SAV)

- amélioration de l’installation TV avec pose d’un support orientable

- Révision moteur Volvo 400h

Pour ce qui concerne la navigation, nous nous sommes contentés de petite sorties familiales le long des côtes de Camargue, du Var et de la côte d’Azur ainsi qu’en Corse et Sardaigne. Ce fût aussi l’occasion de naviguer de concert avec Frédéric sur son Tangaroa tout neuf, un magnifique First 27.7, ou avec d’autres voiliers amis. La participation aux Régates Royales en 2010 et une visite au Salon de Cannes en 2011 complètent ce modeste tableau.

Une anecdote survenue en septembre 2010 en Corse su sud, en passant à proximité du phare des Moines par toute petite brise : alors que je venais de remettre ma ligne de traine à l’eau après la sortie du périmètre protégé, un vedette de l’administration du parc venant du fond de l’horizon plein tube, me rattrape et menace de me verbaliser pour pêche illicite ( ?). Finalement, après pas mal de palabres, et probablement en constatant que Dartag est immatriculé à Ajaccio, les préposés renoncent à leur funeste projet, mais pour marquer leur pouvoir, décident de m’arracher ma ligne en passant rageusement dessus jusqu’à ce qu’elle lâche. Bravo, et merci messieurs !

A noter que les quelques traversées effectuées au cours de ces deux saisons l’ont été entièrement à la voile, par brise maniable et favorable, ce qui est rare en méditerranée. Cela implique de choisir les dates de départ et de retour en fonction de la météo, et donc de prendre son temps ou des marges de manœuvre si l’on a des rendez-vous à respecter. Privilège de retraité !

Résumé de ces deux saisons en quelques chiffres :

- milles parcourus : 11072 - 8010 = 3062 NM

- heures de moteur : 394.1 - 318.6 = 75,5 h

- ratio voile : 40,55 milles pour une heure de moteur

- consommation totale de gasoil : 117+113 = 230 litres

- soit une moyenne de : 3,04 litres à l’heure (à surveiller, c’est plus que d’habitude, à moins qu'il n'y ait une erreur quelquepart).

dimanche 09 octobre 2011

Juste avant l'hiver ?

Le port du Cap d'Agde est plutôt agréable en cette fin de saison et le quai d'accueil est peu fréquenté. En plus des rigolages en famille, c'est le lieu idéal pour remonter en tête de mat et remplacer les ampoules défaillantes par des led, aussi bien pour le feu tricolore que pour le feux de mouillage.

Cap Leucate au crépuscule

Mais la très belle météo de ce début d'automne était une invitation à reprendre la mer, cette fois pour la dernière étape, celle du retour au bercail. Avec des conditions anticycloniques, il ne fallait pas s'attendre à un rush dans les embruns. Au contraire, nous avons eu plutôt les brises de demoiselles tournant du nord-est le matin, au sud-est dans l'après-midi, et même au sud, à la tombée du jour.

Coucher de soleil sur les Corbières

Ces trente cinq derniers milles, pépères, se sont donc terminés par quelques bords au crépuscule devant le cap Leucate jusqu'au coucher du soleil sur les Corbières. Une dernière nuit au mouillage devant le village naturiste, et l'entrée dans le chenal par calme plat, nous changent des habitudes de ce littoral, un des plus venté de France.

Calme plat à Port Leucate

Petite marina privée

Avec la voiture le long du quai, le désarmement pouvait commencer dans d'excellente conditions, agrémenté par des récréations permises par ce beau temps calme, et notamment une découverte en Zodiac de petits coins et îles de l'étang de Leucate, où quelques propriétaires de villas ou promeneurs, se sont organisé des sortes de paradis personnels peu connus, à l'abri des grands axes touristiques.

Paradis sur l'étang de Leucate

Le grand portique

Une fois les quatre cent kilos d'équipements et provisions de croisière débarqués, Dartag, saisi délicatement par le grand portique, a pu retrouver son aire de repos hivernale chez nos amis de Krysber Marine, toujours aussi accueillants, malgré la réduction significative de l'espace qui leur a été concédé par l'administration du port.

prêt pour l'hiver

Ces deux dernières saisons, relativement peu actives (environ 3000 milles parcourus), mais encore bien utiles à la connaissance et la mise au point du bateau, feront l'objet d'un prochain bilan. Nous entrons maintenant dans la période des travaux et améliorations d'hiver qui alimenteront les prochains billets. Les listes continuent à prendre de l'ampleur en prévision du grand départ prévu en 2012.

samedi 24 septembre 2011

Septembre bleu

Après Cannes, il a fallu se résoudre à finir l'été et rentrer pour l'hivernage. Laissant les jeunes profiter de la belle arrière saison à Hyères, Dartag a commencé à refaire de l'ouest avant le coup de vent prévu les 18 et 19 septembre.

Nous disposions de deux jours de petit temps avant, pour trouver un abri confortable.

Coucher de soleil aux Embiez

La première escale fut les Embiez. Un voilier déjà repéré en août dans les iles d'Hyères s'y trouvait à notre arrivée. Il s'appelle "Ourine et Tourine" et est facilement reconnaissable avec sa peinture zébrée en bleu. Son skipper, naviguant souvent en solitaire, rentre d'un long périple en Méditerranée est, notamment en Turquie, dont il conserve des souvenirs enthousiasmants. Un de plus, qui nous incitera à y aller également dans quelques années.

industrie à Fos

La deuxième, difficile à atteindre avec des vents de plus en plus faibles, fut pour le golfe de Fos. Après une première nuit derrière la Gracieuse, bien à l'abri de la petite houle de sud, un orage précurseur écourta notre sommeil pour aller se mettre à l'abri du coup de vent de nord-ouest imminent. Bien sûr l'environnement à proximité de la pointe St Gervais n'est pas extraordinaire. L'industrie lourde, avec son aciérie et ses raffineries dispense généreusement les fumées, nuages de poussière, et odeurs moins agréables que le chant des cigales des criques de Porquerolles. En revanche, les fonds tiennent parfaitement et il n'y a ni houle ni clapot dans ces conditions.

40 noeuds à Fos

Heureusement, car la tempête, parfaitement prévue par les bulletins météo, fut musclée. Trente à quarante noeuds, rafales à quarante cinq noeuds, pendant trente-six heures. Malgré le bruit et les embardées au mouillage, ce fut le temps du repos et de la lecture. Comme de surcroit, les réseaux 3G et TNT sont parfaits, il n'y avait aucune raison de se plaindre, juste à patienter en attendant l'amélioration prévue pour mardi 20.

dans la brise

Partant en fin de matinée avec encore 25 à 35 noeuds de nord, nous sommes passés devant la Camargue avec un vent fort mais quasi portant. Evidemment en fonçant à 7-8 noeuds dans le clapot court, l'excellent rinçage à l'eau douce des pluies du week-end a été anihilé. Plusieurs voiliers croisés, dont un grand d'environ 25m sous trinquette seule, fonçant sans doute à dix noeuds, nous ont encouragé car, s'ils étaient partis pour faire de l'est, c'est que le vent serait sans doute plus maniable dans notre direction.

Effectivement, le déroulage de la toile à commencé en passant au large des Saintes Maries et nous avions toute la toile devant l'Espiguette. Une heure plus tard le vent tournait au sud-ouest 6 à 8 noeuds. Il a tenu, avec quelques bégaiements, jusqu'au coucher du soleil. ensuite il a fallu compter sur la risée Volvo pour gagner Frontignan.

le port des pauvres

Cette escale technique était motivée par quelques petites améliorations à effectuer chez Clipper Voiles, maitre voilier qui m'avait confectionné l'excellente garde-robe de DARTAG. Le changement des trois lattes de la Grand'voile et le renfort des goussets était nécessaire pour assurer une meilleure tenue de l'ensemble dans la brise et la rendre plus endurante en vue du grand voyage que nous préparons pour 2012. Une journée a suffit pour cette intervention accompagnée d'une contrôle soigné du génois, en parfait état, et nous avons repris la mer dans les conditions anticycloniques annoncées pour toute la fin du mois.

escale au Cap d'Agde

Un week-end en famille au Cap d'Agde, bien agréable avec le calme de ces chaudes journées d'automne, nous a permis aussi pour la première fois de débarquer sur l'ilot volcanique du Brescou, résidu d'une éruption récente du Mont Saint Loup, tout proche, et de découvrir le Fort construit juste à la sortie du port aux 16 ème et 17ème siècle. Il est en mauvais état, au point que les visites de l'intérieur ne sont pas possibles. Son histoire militaire est fortement lié à la lutte contre les anglais et les espagnols, mais aussi aux guerres de religions en France. Ainsi y furent emprisonnés de nombreux huguenots après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685, dont Etienne Durand, père de Marie Durand, très liée aux fameux camisards cevenols.

Fort de Brescou du large

panoramique du Fort du Brescou depuis la plage ouest

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