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Mot-clé - Iles Sanguinaires

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samedi 28 juillet 2012

retour au bercail

Pyramide de la Sémillante aux Lavezzi

Le contraste en les iles Lavezzi et Cavallo est saisissant. L'ile déserte, marquée par les cimetières de la Sémillante et figée dans sa beauté depuis 1855, fait face à sa soeur jumelle, un mille au nord, aménagée par des propriétaires qui lui ont redonné vie avec un souci de préserver l'environnement. Le petit port de plaisance à peine visible et les criques dans lesquelles se nichent belles villas et hotels discrets forment un cadre exquis pour les amateurs (fortunés) de calme de luxe et de beauté. Il y a quand même des signes des tensions que vit cette ile-bijou, avec les traces politico-mafieuses visibles qui ont souflé quelques toits.

Hotel de rêve à Cavallo

Poursuivant notre route vers le nord, c'est à Santa Giulia que nous avons planté notre pioche. Ce grand mouillage animé était le point de chute idéal pour y retrouver nos amis Jean-Pierre et Marie-Claude. Bien protégé des vents de secteur ouest, il est exposé à l'est mais ce n'est que deux jours plus tard que la météo nous annonçait la brise de cette direction. Nous étions donc tranquilles pour profiter des soirées qu'ils nous avaient réservées. Et le samedi, nous avons même embarqué tout le monde pour une picnic à bord.

Picnic à Porto Nuovo

La grand-mère de 93 ans n'a reculé devant rien et c'est avec une aisance remarquable qu'elle a embarqué et débarqué depuis le Zodiac profitant de cette journée amicale et venteuse ! Il faut dire que le vent de sud-ouest annoncé dans les Bouches de Bonifacio, qui ne devait pas dépasser la force 5, est monté rapidement en fin de matinée pour se stabiliser toute la journée à 30-35 noeuds. Ca souffle quand même, mais ne nous a pas empêché de débarquer à Porto Nuovo, quelques milles au sud, dans un cadre magnifique et quasi désert.

Dans la soirée, alors que le vent devait tomber, il s'est brusquement renforcé à 40 noeuds rafales à 45. Cela fait beaucoup et nous serrions un peu les fesses pendant le diner en espérant que le mouillage tenait. De retour à bord dans la nuit, submergés d'embruns dans le zodiac sur un parcours d'à peine 300 mètres, nous avons préféré organiser un quart de veille au mouillage comme le faisaient déjà la plupart des autres yachts, tant les rafales étaient fortes. Mais rien n'a bougé et l'accalmie annoncée a permis à tout le monde de se coucher vers 2h du matin.

pavillon vermoulu

Le lendemain, nous avons repassé les bouches après une pause déjeuner à l'abri des falaises de Spérone, alors qu'un orage menaçant s'étendait sur le secteur.

Corse sauvage

Finalement quelques bourasques et averses ne nous ont pas fait de mal (sauf le pavillon qui a fini par rendre l'âme) et nous avons rejoint l'anse de Capinero pour une nuit calme dans un site, là encore presque sauvage.

Portigliolo

La dernière étape insulaire nous a conduit à Ajaccio avec un petit pélerinage à Portigliolo, où le mouillage anarchique prend de l'ampleur, dans ce magnifique Golfe où nous avons tant de souvenirs.

Mouillage aux Sanguinaires

L'escale technique de l'Amirauté est bien pratique pour refaire les pleins de la cambuse grâce à ses deux hypermarchés "bord à quai". Puis, avec une météo encourageante, nous sommes partis nous prépositionner au mouillage des Sanguinaires avant la dernière traversée de cette croisière vers les iles d'Hyères.

Barbicagia

La plage de Barbicagia est toujours le lieu de matches acharnés de beach-volley sur fond de résidences à taille humaine, mais l'aménagement paysager de l'extrémité de la route des Sanguinaires laisse toujours aussi perplexe, et semble avoir vidé ce site merveilleux de ses amoureux !

Retrouvailles

Comme la majorité des huit traversées précédentes de cette année, celle-ci n'a pas été très tranquille, et il nous a fallu encore louvoyer dans un vent de 15-20 noeuds avec un reste de houle d'ouest. Consolation, le Volvo est resté silencieux, mais nous avions 159 milles au compteur en arrivant à Hyères pour une traversée théorique de 128. Toutefois le vieil adage de la marine à voile "le près, c'est deux fois la route, trois fois le temps et quatre fois la grogne" ne s'est pas tout à fait vérifié. Et le soir même nous avons fêté, à terre et à bord, les retrouvailles avec la famille et les amis de toujours, visiblement contents de partager avec nous les histoires de marins et souvenirs de voyage.

A bientôt pour une autre croisière.

jeudi 30 juin 2011

ouf, quel régal !

Après quelques jours dans les iles d'Hyères, je surveillais la météo car début Juillet il me fallait être à Ajaccio pour y retrouver des amis naviguant sur leur Océanis 40.

Les rendez-vous sont la hantise du plaisancier à voile, et peut-être aussi à moteur, car ils sont souvent synonymes de mauvaises conditions.de traversée. Mais une courte fenêtre s'est présentée pour les 28 et 29 juin entre un régime d'est et un coup de vent d'ouest.

sous spi en solitaire

Appareillage donc en solitaire le mardi matin avec une brise de sud-ouest de 10 à 15 noeuds prévue pour durer 24 heures. Début peinard pour reprendre le rythme, et dans l'après-midi elle apparait si stable en force et en direction que l'envoi du spi s'impose, d'autant plus que plusieurs autres voiliers sont visibles sur l'horizon et marchent, d'après le radar, au moins à la même vitesse. Trop tentant !

rattrappé avant la nuit

Après quelques heures de chasse, ils sont derrière, et la fin de la journée nous voit prendre le large. Garder le spi en solitaire, une nuit sans lune, est-ce bien raisonnable ? Mais alors, ils vont peut-être revenir ? ce serait trop bête.

La brise se maintient tellement bien que le pilote, un moment débordé lorsque Dartag file à plus de huit noeuds et nécessite une reprise en main de la barre, peut être remis en service à la faveur d'une lègère diminution du vent. Et cela dure jusqu'à deux heures du matin où il mollit sérieusement et refuse de 30 degrés. Il faut rentrer le spi. On repart tout doux au près, quasiment sur la route.

lever du soleil sur la Corse

Avant l'aube la silhouette des montagnes de l'ile se détache, majestueuse, puis le dernier quartier de lune apparait, un fin croissant, juste avant le lever du soleil, magique !

le maquis à Chiavari

Nous franchissons la passe des Sanguinaires avec une toute petite brise de sud-ouest qui tient jusqu'au mouillage de Chiavari dans les effluves du maquis tout proche.

Dans l'après-midi arrive la houle annonciatrice du coup de vent d'ouest prévu pour la nuit et la journées suivantes. Nous rejoignons Ajaccio sous un ciel se chargeant de nuages, plein du plaisir d'une traversée de rève avec zéro grammes de CO2.

samedi 28 août 2010

8 jours en Corse et Sardaigne

Le plaisir de la voile en Méditerranée repose énormément sur la météo. Sans contrainte de dates et sans rendez-vous impératif à respecter on peut espérer laisser le diesel au repos, et ne pas se faire trop secouer, mais il faut jouer fin. C'était un des objectif de cette mini croisière.

Au départ d'Hyères, une petite fenêtre s'est présentée le 18 août. Départ à l'aube, avant que le vent se lève, donc un petit coup de Volvo est nécessaire pour aller le chercher. Au bout d'une heure et demie, il est faible mais il est là et monte gentiment à 12-15 noeuds du sud-ouest. S'il n'y avait pas un reste de houle, ce serait vraiment nickel. Et il tient, comme l'avait prévu la météo, jusqu'au millieu de la nuit. Nous sommes alors à 23 milles à l'ouest des Sanguinaires, visant Sénétose. Il faut se rendre à l'évidence, le vent de cale sera nécessaire. Mais pour l'économiser nous optons pour une escale dans l'anse de Cacao, où nous mouillons dans la nuit noire. Heureusement, les autres voiliers présents sur place ont allumé leur feu de mouillage. Quelques heures plus tard une petite brise de sud apparait, et nous en profitons immédiatement,

Hélas, une heure après elle est morte, mais reviendra par petites bouffées. Nous l'attendrons à chaque fois autant que nécessaire, étant par moment à peine manoeuvrant. Il nous faudra plus de neuf heures pour rallier la région de Figari soit 29 milles. Record de lenteur battu. Mais le mouillage à Capinero est magnifique, et l'eau à 24,8°.

caique et kite

Après une nuit venteuse et pluvieuse, un fort vent d'est nous incite à rester un peu au mouillage. Il mollit en début d'après-midi à 15-20 noeuds, et nous repartons vers l'archipel de la Maddalena. Les bouches de Bonifacio restent un des paradis de la plaisance, et nous allons en profiter pendant quelques jours, tant du côté Sarde que du côté Corse. La fréquentation est assez modeste en cette fin de saison, sauf exception comme à Rondinara, où les pavillons italiens sont les plus nombreux avec souvent de superbes voiliers.

italiens à Rondinara

Velsheda

Les amateurs de belle plaisance peuvent se régaler en croisant des yachts magnifiques. Depuis Velshéda, un classe J de 1927 restauré et naviguant à la voile par petite brise dans les canaux de la Maddalena, ou Maltese Falcon, un "voilier" ultra moderne, presse boutons, à trois mâts et phares carrés à enrouleurs automatiques pouvant être manoeuvré par une seule personne au moyens de joy-sticks, qui sortait de Porto Cervo mais au moteur.

Maltese Falcon

Il y a aussi un véritable nuée de monstrueux motor-yachts de plus de 100 pieds, déplaçant des centaines de tonnes, naviguant à 20 ou 30 noeuds en levant une mer cahotique sur tout le plan d'eau. Lorsque la brise est légère et que l'on essaie d'en profiter, on risque à tout moment d'être pris dans une espèce de marmite du diable qui vous détourne parfois à 180° de votre cap initial. Crispant, mais c'est le jeux dans ce secteur, et il faut bien l'accepter ou ne pas y venir !

Les bouches à 8 noeuds

Nous avons cinglé vers Porto Vecchio en profitant d'une superbe brise d'ouest modérée et régulière pratiquement jusqu'à l'arrivée. Puis nous sommes repartis tranquilement vers l'ouest, en zig-zagant et profitant d'escales délicieuses comme Santa Reparata où nous n'étions pas allés depuis plusieurs années.

route des sanguinaires

Finalement, une escale à Ajaccio nous a permis de compléter la cambuse et de faire un pélerinage sur la route des Sanguinaires avec le minivélo pliant. A l'extrémité de cette route magnifique, de grands travaux sont presque terminés, dans le cadre d'une opération "grand site" destinée à mettre en valeur et à protéger ce site exceptionnel. Les voitures doivent s'arrêter dans un parking obligatoire à 800 métres du bout de la route, relayées par une navette écologique, ou une promenade à pied aménagée jusqu'au restaurant des Sanguinaires. Des milliers d'arbustres ont été plantés, chacun protégé par une petite clôture en grillage plastique bleu donnant l'impression d'un champ de lavandes à maturité. Un peu surprenant compte tenu de la faible fréquentation de cet endroit même en haute saison, mais l'avenir dira si cet investissement de 3,7 millions d'euros s'avère utile ou nuisible.

passe des sanguinaires

opération grand site

Le retour sur le continent méritait d'attendre 24 heures une fenêtre météo favorable, avant un fort coup de vent d'ouest annoncé, suivi de plusieurs jours perturbés.

Pari gagné, avec une traversée commencée dans les petits airs, puis agrémentée d'une belle brise de Sud à Sud-ouest fraichissant progressivement jusqu'à 25 noeuds en arrivant dans les iles d'Hyères.

Bilan: presque 500 milles parcourus essentiellement à la voile puisqu'il n'y pas eu besoin de plus de 14 heures de moteur au total tout compris.