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Mot-clé - Croisière

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samedi 13 juillet 2013

Aïe, ça se Corse ?

Remonter la côte occidentale de la Corse à la voile est un régal lorsque le soleil et le vent sont de la partie. C’était notre chance à partir de Bonifacio avec une brise soutenue en laissant à notre droite des orages sans doute musclés qui arrosaient les montagnes de cette île merveilleuse.

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Une fois passé le cap Sénétose, ce mercredi 10 juillet, en louvoyant contre un vent d’ouest de 15 à 20 nœuds, nous avions décidé de passer la nuit à Porto Pollo, au nord du golfe du Valinco, où nous n’étions pas allées de puis longtemps.

Mauvaise surprise, en approchant, nous découvrons que le mouillage est interdit sur toute la longueur de la côte et que l’usage des bouées sur corps-morts municipaux est obligatoire. Il y en a une quarantaine qui occupent tout le littoral où les fonds sont acceptables sur des sondes de 5 à 15 mètres. La somme forfaitaire de 20 euros est exigée sans aucun service associé, ni navette, ni ramassage d’ordure, ni offre de boissons fraiches, ni bien sûr croissants chauds ou autres douceurs (même payantes) potentiellement capables d’attirer des plaisanciers dans ces conditions. En plus, toutes les bouées sont déjà occupées, et par qui ? par des pigeons adorant se faire piéger ! Les seuls bénéficiaires de cette situation doivent être les équipages des puissants semi-rigides de l’exploitant du parking à bateaux (2 moteurs de 200 cv, pour quoi faire, s’il s’agit de percevoir les sommes encaissées auprès des plaisanciers).

Ce n’est pas notre cas, et nous renonçons donc à céder à ce racket organisé aux frais des contribuables sans aucune création de valeur. Pour éviter de mouiller dans des fonds de 25 à 30 mètres nous nous rabattons sur une zone plus exposée, mais libre, et dont les fonds sont acceptables devant l’embouchure du fleuve Taravo, un mille à l’Est, où nous passerons la nuit avec une dizaine d’autres voiliers réfractaires. Au réveil le lendemain matin, toute la pluie tombée la veille sur les montagnes avait dévalé les pentes, drainées par le Taravo et nous flottions dans une eau brune charriant des détritus de toutes sortes. Et en plus, le téléphone et la 3G sont très faibles, quasiment inexploitables. Charmant pays !

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Nous décidons quand même, en attendant le vent, de faire une visite à terre et rejoignons le port avec notre annexe (6 chevaux, bien suffisants pour marcher à 10 nœuds et plus). Nous la laissons amarrée à la passerelle d’un ponton flottant et la cadenassons par précaution comme nous le faisons de plus en plus souvent, hélas, de même que nous retirons la clé du moteur, car la confiance d’autrefois s’émousse (ah le bon vieux temps !).

Le village est assez animé et les maisons traditionnelles en pierre sont pour la plupart bien entretenues ou rénovées avec de superbes jardins fleuris. Il en reste quelques unes à l’abandon, mais l’ensemble est agréable et donnerait presque envie de revenir.

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A notre retour au port, notre annexe est coincée par le gros semi rigide des plongeurs qui a été manifestement amarré pour nous bloquer. Notre amarre principale est larguée, et un tuyau qui trainait sur le ponton est en train de la remplir d’eau douce (quel gâchis ridicule !). Heureusement que nous avions utilisé notre cadenas sinon il est assez probable que l’annexe aurait été au moins déplacée, si ce n’est dissimulée, éventuellement subtilisée pour ne pas dire volée ! Arrive alors un jeune blambec hautain, prétendant qu’il n’a pas pu amarrer son semi-rigide et regrettant que nous ayons cadenassé notre annexe. Nous embarquons en lui faisant remarquer qu’elle ne le gênait pas du tout, nous félicitant d’avoir utilisé le cadenas ce qui nous a permis de ne pas avoir à la chercher partout (il l’admet). Pendant ce temps, il reprend l’amarrage normal de son embarcation, démontrant à l’évidence que nous ne le gênions absolument pas et qu’il avait voulu nous bloquer. La coupe est pleine et Porto Pollo ne nous reverra pas de si tôt, en même temps que nous ferons « profiter » nos amis et autres plaisanciers de cette expérience situant le très mauvais niveau de l’accueil de cette petite station balnéaire qui aurait pourtant des atouts à faire valoir.

Le vent étant arrivé, même force et direction que la veille, nous appareillons et entamons un beau louvoyage pour passer le Cap de Muro avant d’embouquer le magnifique golfe d’Ajaccio où nous arrivons en milieu d’après midi. Cette escale technique destinée au ravitaillement est bien pratique avec ses deux supermarchés bord à quai et nous en profitons. Malheureusement le schipchandler, consulté par téléphone n’avait aucune des deux pièces dont nous avions besoin (« uniquement sur commande »). Chienne de vie, tout se dégrade ! Il y a même un superbe petit voilier moderne coulé sur les enrochements de l’Amirauté et vu la végétation marine qui l’a colonisé il doit être là depuis des mois. Quel dommage !

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Nous ne nous attarderons donc pas et reprendrons la mer dès le lendemain matin, en espérant sur la foi de météos concordantes pouvoir regagner le continent avec une brise juste suffisante pour au moins une bonne partie du parcours. Le départ le long de la magnifique route des Sanguinaires fut conforme. Mais aussitôt sortis du golfe, la force 3 annoncée de sud-ouest s’est avérée être plutôt de force 1 à 2 de nord-ouest, puis 0 à 1 de sud. Après avoir gratté le moindre souffle pendant presque tout l’après-midi, nous avons fini par craquer et mettre à contribution la risée Volvo, en nous rappelant comme chaque fois que si les romains avaient inventé les galères et l’esclavage, c’est qu’il y avait de bonnes raisons sur cette foutue mer Méditerranée. Ah s’ils avaient connu le moteur thermique, la face du monde aurait été changée !

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Comme nous, ils devaient voir de temps en temps de grands cétacés, même si cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le vent est revenu, comme prévu du sud-ouest, devenant même musclé, et nous avons fini ce périple autour de l'île de beauté sur les chapeaux de roues.

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Cela nous consolera de revenir bredouille, malgré les superbes touches que nous avons enregistrés sur notre ligne de traine, qui ne nous ont laissé que quelques hameçons tordus ou cassés, et rapalas perdus. Snif !

jeudi 11 juillet 2013

Nous l’avons retrouvé !

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Quittant Santa Giulia après deux jours de bombance et de fête chez nos amis Jean-Pierre et Marie-Claude, nous avons commencé notre régime par une escale dans la cala Giunca dans l’île Lavezzi. Il faisait un temps merveilleux et notre long bain de mer en palmes et masque nous a transportés au paradis.

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Pourtant il nous restait un remord de notre balade en Sardaigne : nous n’avions pas pris le temps de rendre hommage au grand homme de l’Italie moderne, celui qui a le plus contribué à son unité et a permis l’institution de l’Etat italien en 1861, faisant roi d’Italie Victor Emmanuel II de Savoie : Giuseppe Garibaldi. Nous sommes donc allé mouiller notre ancre dans la cala Garibaldi au nord de l’île de Caprera, où existait autrefois un superbe club Méditerranée aujourd’hui fermé et quasiment à l’abandon.

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Ce marin et aventurier rebelle, né et baptisé à Nice en 1807, était donc français de naissance par accident, la conté de Nice étant alors provisoirement rattaché à l’empire Français, et ne le fût définitivement (?), avec la Savoie, qu’en 1860 suite à un échange de bons procédés entre Napoléon III et le roi du Piémont, précisément Victor Emmanuel II.

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Nous sommes donc retournés à Caprera, pour visiter le musée national qui lui est consacré, installé dans la demeure qu’il y avait construite au retour de son exil forcé en Amérique du sud, ayant fui sa condamnation à mort à Gènes à 27 ans en tant que déserteur, ennemi de la Patrie et de l’Etat, pour avoir participé à une révolte en Savoie.

Il participe au Brésil, en Argentine et en Uruguay à différentes luttes et révolutions au cours desquelles il se fit remarquer comme un habile marin, tacticien, stratège et meneur d’hommes, aussi bien localement que par les français, les anglais et aux USA qui lui donnèrent même la nationalité américaine. Il commence à y constituer sa légende avec les tuniques rouges.

Il regagne, auréolé de gloire, l’Italie en proie aux troubles liés à l’insurrection du royaume des deux Siciles et l’investiture d’un Pape libéral, Pie IX. Après plusieurs campagnes dont certaines calamiteuses, malgré une victoire sur les troupes françaises, il doit fuir de Rome, devient franc maçon et férocement anticlérical. Son deuxième exil lui fait faire un périple de cinq ans sur tous les continents (USA, Pérou, Philippines, Australie) avant de revenir à Londres où il rencontre Alexandre Herzen et son vieil allié Mazzini dont il finit par se séparer.

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Il revient finalement en Italie en 1855 et établi ses pénates dans l’île de Caprera dont il achète une bonne partie et devient paysan. Cette résidence deviendra son « Colombey-les-deux églises » où il se retirera théâtralement après chaque campagne militaire ou échec politique.

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Lors de la deuxième guerre d’indépendance italienne il obtient, avec Cavour, la bienveillance de la France de Napoléon III contre l’Autriche et obtient de nombreux succès militaire contre les troupes autrichiennes à la tête du Corps des Chasseurs des Alpes et est nommé major-général par Victor Emmanuel II. Mais il considère que la cession de la Savoie et de Nice à Napoléon III est une trahison et se retire à Caprera.

Pourtant, l’année suivante, à la tête de l’expédition légendaire des Mille, il remporte une série de victoires terrestres et navales qui permettent l’unification de l’Italie, à l’exception de Rome et des états pontificaux, et la proclamation de Victor Emmanuel II comme roi d’Italie.

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Il se retire ensuite à Caprera après avoir refusé toutes les récompenses, sauf une rente annuelle lui permettant de vivre, et accepte une souscription nationale qui lui permet d’acheter le reste de l’île de Caprera.

Il participera encore à quelques aventures militaires hasardeuses ou incomprises en Europe qui terniront son image auprès de chefs d’Etat étrangers, et conduira à son assignation à résidence à Capera après une défaite contre les troupes du Pape. Mais sa popularité était telle qu’il était intouchable.

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Il faudra attendre la chute de Napoléon III et l’annexion de Rome et des Etats pontificaux par les troupes italiennes en 1870 pour que ses rêves soient réalisés. Il mourra dans sa maison de Caprera entourés des siens le 2 juin 1882. Des hommages parviendront de toutes les parties du monde, pour célébrer ce héros italien reconnu internationalement. Sa fille Clélia, lui succèdera la dernière dans la tombe en 1959 à l’âge de 93 ans. Elle est enterrée à côté de lui à Caprera dans le jardin de sa maison, avec les membres de sa famille et notamment sa dernière femme, Anita, et trois autres de ses six enfants.

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Quittant la Sardaigne après cette visite historique, le vent nous a fait défaut et nous avons du nous arrêter dans une crique à côté de Bonifacio pour la nuit. Cela nous a permis d’y faire un pèlerinage bien agréable ce mardi matin avant de poursuivre notre remontée des côtes Corses cette semaine.

dimanche 07 juillet 2013

Sur les traces de Garibaldi

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San Cyprianu est une grande et magnifique baie, et aussi une plage splendide, mais a un gros inconvénient : de nombreuses embarcations à moteur, du jetski au motor yacht de 40 mètres s’y trouvent très bien pour faire leurs essais de moteur, de vitesse ou simplement pour se montrer. On y serait bien resté un peu plus, mais sans se faire balloter par les sillages de ces messieurs-dames les m’as-tu-vu, et surtout avec des boules Quies. Il nous a même fallu demander l’aide de la marine nationale par le sémaphore de La Chiappa pour faire cesser les troubles de quiétude en fin d’après-midi du dimanche. Le calme est revenu.

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En escale le lundi à Porto Vecchio, pour la visite (le lendemain du départ du Tour de France 2013) et les courses, nous avons sympathisé avec un autre voileux qui envisage de repartir aux Antilles en solitaire, l’automne prochain et nous avons échangé sur nos expériences. Puis dans le nouveau supermarché du port, nous avons fait une rencontre inattendue en la personne de notre président d’amicale bavariste, vu quelques jours auparavant à Portoferraio. Du coup il est venu déjeuner à bord avant notre départ.

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Le vent n’était pas suffisant pour rallier la Sardaigne comme nous l’espérions, mais nous a conduit à Rondinara, site mythique de cette côte. Héla, trois fois hélas, le dinosaure administratif a encore fait des ravages. Cette crique autrefois enchanteresse et quasi déserte, fréquentée par des plaisanciers amoureux de sites préservés a été incluse dans le Parc Naturel des Bouches de Bonifacio et bardée de bouées interdisant presque tout le mouillage. Il en reste un petit tiers disponible, le plus exposé aux quelques vagues qui peuvent y entrer. Du coup il est beaucoup moins accueillant, d’autant plus qu’un zodiac crasseux, équipé par deux gardiens du Parc en guenilles, surveille en permanence, et même va au devant de tous ceux qui prétendent entrer dans la baie pour les dissuader de le faire ; affligeant pour ne pas dire plus ! Tout cela en plus à vos frais !

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Vite, départ pour la Sardaigne, pour retrouver la sérénité d’un autre parc naturel, celui de La Maddalena créé quelques années plus tôt. Après un arrêt déjeuner dans l'île privée de Cavallo, très élégante. Notre premier mouillage, à Porto Puzzu, nous a remis du baume au cœur : parfaitement abrité, libre d’accès, totalement calme, près d’un village modeste et accueillant, avec quelques autres voiliers discrets et bien espacés, aucune police, c’est ça qu’on aime.

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Cela s’est un peu corsé en approchant de l’ile principale de l’archipel que nous voulions visiter. Les rares mouillages proche de la « capitale », et souvent inconfortables en raison de trafic incessant de ferries, sont maintenant interdits. De nouvelles marinas ont été crées, pas toujours très séduisantes et surtout hors de prix ; « il faut bien vivre ». Bref il nous a fallu aller jusque dans l’ile voisine de Caprera (Garibaldi, l’aventurier qui s’est illustré dans l’unification italienne en 1861, y avait ses pénates et sa maison est aujourd’hui un musée) où nous avons retrouvé toutes les qualités de celui de Porto Puzzu plus l’espace et la beauté du site. Un régal. C’est de la que nous avons visité la Capitale distante de seulement 20 minutes en annexe.

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La ville, car c’en est une, est extrêmement animée et les commerces pleins de charme avec toutefois un élément nouveau, beaucoup sont tenus par des chinois très aimables et bien achalandés. Bien sûr, nous n’avons pas résisté à quelques achats notamment vestimentaires car le charme et le goût du chic italien ne se démentent pas, même vendu par eux.

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Dans l’après-midi de ce vendredi, la brise semblant installée, et avant d’avoir vu le musée Garibaldi (ce sera pour une autre fois), nous avons décidé de retourner en Corse pour retrouver nos amis de Santa Giulia. Ils étaient arrivés quelques jours avant et cela nous a permis de profiter d’une magnifique journée d’été corse dans le golfe de Porto Nuovo en refaisant le monde entre deux bains et avec les échos de la magnifique victoire de Marion Bartoli à Wimbledon. Ce dimanche ce sera la finale des hommes que nous devrions voir chez eux, sur l’écran cette fois.

A la prochaine, pour la remontée de la côte occidentale de la Corse en ce début d’été qui tient toutes ses promesses.

samedi 29 juin 2013

La Marque de l’empereur

Porto Ferraio est habitée par la mémoire de Napoléon. Après la retraite de 1814 et son abdication, les anglais, bons princes, lui avaient ménagé un exil doré en lui attribuant la souveraineté de l’île d’Elbe avec le titre de roi et l’autorisation de s’y installer avec environ 300 compagnons d’armes et quelques navires.

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Au bout de quelques mois seulement, après avoir arpenté son royaume en tous sens, créé des routes, des écoles, des hôpitaux, une administration « à la française », il en avait fait le tour, et commençait à se morfondre. Il décida son retour en France et le réussit au nez et à la barbe des anglais qui ne cherchèrent même pas à l’intercepter avant son arrivée à Juan les pins. Mais aujourd’hui encore, il est le grand homme de l’île et son souvenir est partout.

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La demeure qu’il occupait à proximité des deux forteresses de la ville médiévale qui surplomblent le port, est aujourd’hui transformée en musée contenant tous les souvenirs qu’il a laissés sur place, et notamment son mobilier (« empire » bien sûr) et son immense bibliothèque. Malheureusement, il est en grand travaux de restauration et fermé pour de nombreux mois. Nous nous sommes donc contentés de la voir de l’extérieur, bardée d’échafaudages, et de visiter les fortifications.

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Nous sommes restés deux jours au mouillage, dont un consignés à bord par un fort coup de vent d’ouest bien annoncé par la météo. Notre vieille ancre nous a donné des sueurs froides en chassant trois fois dans la vase molle au cours de l’après-midi sous l’effet des puissantes rafales, et nous n’étions pas les seuls, mais cela nous a décidés à mettre en service, à la première occasion, la nouvelle ancre Spade qui dormait dans un coffre depuis deux ans.

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Le troisième soir, après nos dernières visites et l'achat de super fauteuils relax ainsi qu'un complément de cambuse dans le grand supermarché COOP tout proche, nous avons eu la surprise de voir arriver, seul sur son bateau, notre ami et président de l’amicale des bavaristes, qui est venu diner à bord. Excellente soirée calme à refaire le monde.

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Faisant le tour le l’île par l’ouest avec le beau temps revenu et des brises faibles, nous avons passé une nuit dans chacune des deux des plus belles baies du sud de l’île et fait une petite diversion jusqu’à l’île voisine de Pianosa autrefois pénitencier agricole ultrasécurisé (où avait été enfermé dans sa jeunesse, par le régime de Mussolini, l’ancien président italien Pertini). Aujourd’hui elle accueille des touristes en groupes organisés et les habitants sont les familles des anciens gardiens de prison. A Marina di Campo les boutiques de fringues étaient suffisamment tentantes pour que Marie-France craque pour une très mignonne petite robe qui lui va à ravir.

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Et ce vendredi 28, la prévision d’un vent soutenu du nord, nous permettait d’envisager de poursuivre notre parcours vers les îles du sud de l’archipel toscan. Au départ un peu mou, il s’est bien renforcé dans la journée et nous avons pu passer sous spi au large de Montecristo puis devant l’épave du Costa Concordia (l’impressionnant chantier de renflouement dure maintenant depuis 18 mois) devant le petit port de Giglio et de virer entre cette dernière et Giannutri désormais inaccessible car transformée en réserve intégrale.

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A commencé alors une superbe cavalcade de plus de 80 milles en direction de la Corse avec cette belle brise qu’il ne fallait pas manquer sous peine de faire le lendemain la même traversée sans doute majoritairement au moteur. Le croisement de nombreux grands navires pendant la nuit imposait une vigilance extrême et deux d‘entre eux se sont déroutés pour nous laisser la priorité au lieu de nous éperonner ou de nous obliger à manœuvrer. Chapeau et merci à leurs équipages vigilants et corrects.

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A l’arrivée dans la baie de St Cyprien, juste au nord de Porto Vecchio, nous nous somme dit que la beauté du site sous les hautes montagnes de Corse était incomparable et que l’empereur exilé à l’île d’Elbe qui est pourtant belle, ne pouvait pas s’en satisfaire.

Nous resterons à proximité des bouches de Bonifacio dans les jours à venir, ayant un grand programme de rencontres et de farniente envisagé ici de longue date sans pouvoir trop préciser l’ordre d’exécution car nous dépendons largement des volontés d’Eole et de Neptune.

dimanche 23 juin 2013

Du gris, du vert et du multicolore

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La remontée du Cap Corse vers le nord peut aussi être sinistre. En l'occurrence, le ciel était gris, il y avait très peu de vent et pourtant une houle de sud-ouest qui faisait battre les voiles. Lorsque nous sommes passés devant les restes de la mine d'amiante à ciel ouvert de Canari, nous avons eu un vrai coup de blues. Cette énorme friche industrielle fermée dans les années 80 est une balafre dans le paysage et rappelle de bien mauvais souvenirs.

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Nous espérions nous refaire le moral en nous arrêtant à Centuri petit village de pêcheurs protégé par un îlot et une chaussée de récifs promettant un mouillage confortable. Hélas ce bijou présenté dans les guides comme une perle, n'a progressé en rien depuis des années. Au contraire, le charmant petit port est un cloaque malodorant, les maisons typiques sont un peu plus en ruines et les toits de lauzes vertes ne brillent guère sous un ciel bas et gris. Même les éoliennes implantées sur la crête qui domine le village sont en deuil: la moitié sont arrêtées, comme si elles étaient abandonnées elles aussi. Bref, après une nuit pourrie par la houle qui nous a secoués de plus en plus fort, nous n'étions pas mécontents d'appareiller dès le jour venu pour passer le Cap Corse et la Giraglia avec une bonne brise annoncée par la météo.

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Nous avons pris le petit déjeuner devant la plage de Maccinagio avec quelques autres voiliers, bien au calme. Cette journée au mouillage nous a permis de reprendre nos lectures, faire quelques bricoles à bord et aussi quelques emplettes dans le minuscule village ou une épicerie bazar est heureusement très bien achalandée.



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Ce samedi, nous somme donc repartis vers les iles italiennes de l'archipel toscan, et nous avons remis, comme chaque fois que possible, une ligne de traine à l'eau. Le trajet jusqu'à Capraia n'est pas long, mais a suffit pour que notre ligne s'emmêle tellement que c'en était inextricable et qu'il a fallu couper tout le chignon obtenu bien malgré nous, évidemment nous somme arrivés bredouille.

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Au contraire de Centuri, Capraia a vécu depuis quelques années une véritable cure de jouvence: immeubles restaurés de couleurs vives dans toute la ville haute, citadelle entièrement réhabilitée, tout génoise comme neuve, rues pavées à l'ancienne et réseaux dissimulés, façades décorées avec de jolies céramiques, etc....Même le petit port a été largement réaménagé avec la création d'un quai et d'un double épi en enrochements, ainsi que l'installation d'un réseau de bouées dans la baie extérieure pour accueillir, amarrés en épi et serrés comme des sardines, de nombreux yachts de passage si nécessaire . Pour notre part, nous préférons notre intimité et sommes donc allés mouiller notre ancre avec plusieurs autres voiliers dans la baie voisine, facilement accessible avec notre puissante annexe. Le lever de pleine lune sur la citadelle fut un moment magique.

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Et dimanche, avant l'arrivée d'un coup de vent sérieux annoncé pour lundi, il fallait nous trouver un bon abri. Quoi de mieux que Porto Ferraio, la capitale de l'île d'Elbe, dont la grande rade, une des plus belles de Méditerranée, est parfaite pour cela ? Pendant cette journée, notre nouvelle ligne de traine a fait mouche. Mais la magnifique dorade coryphène de plus d'un mètre de long qui s'y est frottée nous a faussé compagnie dans un dernier coup de rein, alors que Marie-France allait la récupérer dans la grande épuisette déployée. Et en plus elle ne nous a pas rendu notre rapala tout neuf. Nous nous demandons encore ce qu'elle compte en faire ?

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L'ancienne capitale Napoléonienne garde tout son charme italien multicolore et après une petite balade de repérage, nous vous en dirons plus, dans le prochain billet qui sera consacré à cette ile bijou.

mercredi 19 juin 2013

La Balagne en chaleur

Vraiment la couleur des rochers du golfe de Porto est extraordinaire, et quand on arrive dans le parc naturel régional de Scandola, on frise le divin.

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D’autant plus que nous avons longé ces côtes par un temps très calme, avec un ciel immaculé, une température de l’air de l’ordre de 30° et l’eau de mer à 25°.

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Nous nous sommes même payé le luxe de passer entre Gargalo (ou Gargalu selon les cartes) et la Punta Palazzo (ou Palazzu selon les cartes). Cela passe très juste, mais ça passe, avec les rochers à deux mètres de chaque côté et moins d’un mètre d’eau sous la quille ! Après de telles émotions, il fallait se restaurer, ce que nous avons fait dans la baie de Crovani avant de rejoindre Calvi. Nous avons bien tenté d’exploiter les rares moments où la brise s’était légèrement réveillée du nord, en régatant avec un autre voilier, mais quand il a tourné sa clé de contact, nous avons fait de même.

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L’arrivée à Calvi après la pointe de la Revellata est magnifique en cette fin d’après-midi et la citadelle millénaire protège bien la ville et la baie. Bon, d’accord, il faut payer une bouée obligatoire pour se voir interdire de débarquer et signer une décharge de responsabilité dès que le vent dépasse force trois. Cela s’appelle un gentil petit racket prétendument destiné à protéger les herbiers de posidonies (dont on sait qu’il n’y en a pas la moindre trace dans ces fonds de sable) mais c’est la Corse avec ses charmes.

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La ville elle-même est toujours animée et la saison touristique bat son plein. Elle s’internationalise de plus en plus, et les pontons principaux sont occupés par des unités magnifiques arborant toutes, à l’exception d’une seule, le pavillon britannique. Cherchez l’erreur !

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Le lendemain après avoir vu entrer le Club Med 2 dans la baie, nous avons repris notre route vers le nord-est par un temps tout aussi calme et caniculaire. Quand nous avons découvert que ce n’était pas le cas dans l’hexagone, nous somme tombés des nues. Une alerte rouge aux inondations avec des crues millénales dans le sud ouest, c’est incroyable et même tragique !

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Après une nuit à l’Ile Rousse, petite cité qui se modernise mais garde ses petites traverses de charme, nous avons suivi toute la côte du fameux désert des Agriates (au maquis assez vert quand même) jusqu’à St Florent. Heureusement, après la pause déjeuner dans l’anse de Malfato, le vent s’est enfin levé, animant la mer si bleue de petits montons blancs. Curieusement la température de la mer était beaucoup plus basse (à peine 20°) et en plongeant après le mouillage devant la plage, cela saisit bigrement, mais est finalement plutôt agréable. La respiration est plus rapide pendant quelques secondes, puis s’apaise très vite.

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Le cachet de St Florent, qui n’est déjà plus en Balagne, reste intact et là aussi, l’affluence est déjà grande autour des petits restaurants (où les clients sont parfois amateurs de gros chiens) et commerces de fringues qui pullulent dans les trois rues autour du port. Mais l’église fortifiée et les remparts dominent une ville aux toits de lauzes qui évoquent déjà notre prochaine étape dans le cap Corse.

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Retour à bord pour un diner paisible et frugal dans le soleil couchant.

samedi 15 juin 2013

L'appel Toscan

L’escale à Hyères permet de compléter les pleins, d’embarquer les provisions et quelques pièces détachées au cas où !

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Pour cette petite croisière d’avant saison, la toscane avec ses iles et ses côtes découpées nous attire. Ce pourrait être aussi l’occasion de refaire un grand tour de Corse. Nous échafaudons un parcours de principe fantaisiste qui n’a pas beaucoup de chances d’être tenu mais a le mérite d’exister et de fixer quelques idées.

Un court créneau météo favorable se profile pour un départ le samedi 15 juin. Un vent prévu de sud-ouest maniable pendant 24 heures, c’est exactement ce qu’il faut pour tirer un long bord directement sur la Corse. On commencera donc notre parcours par la fin et à l’envers ! tant pis, c’est parti, après les embrassades avec les amis et amies.

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En fait de vent de sud-ouest, c’est une brise matinale d’est dans laquelle nous louvoyons entre les iles, croisant une flotte de superbes voiliers en course que nous essayons de ne pas gêner. A proximité de Port-Cros, le vent de sud-ouest n’est toujours pas là, la brise d’est est de plus en plus faible, le ciel se couvre et nous essuyons même une petite averse juste au moment de se mettre à table dans le cockpit. Quel culot cet Eole ! Puisque c’est ça, on va garder toutes les options ouvertes en ne s’engageant pas tout de suite dans la traversée. Nous restons donc au nord de l’ile du Levant avec l’idée de rejoindre Cannes ou Antibes si le vent de sud-ouest attendu ne se décide pas.

Finalement, après le phare du Titan l’adonnante arrive progressivement et nous bénéficions d’une brise régulière de force 3 nous permettant de mettre le cap sur la Girolata dans des conditions parfaites. Cela dure jusque tard dans la nuit, mais, comme souvent hélas, la brise faiblit progressivement à force 2 puis 1 en tournant à l’ouest. Le relais est pris par la risée Volvo.

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Approchant des côtes Corses, nous apercevons dans la matinée ces majestueuses montagnes en ombre chinoises, puis quelques brumes matinales et sur une mer d’huile nous croisons quelques voiliers qui ont sans doute le même objectif que nous.

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Encore propulsé par le fidèle et raffiné vent de cale (composé à 100% de gasoil), nous entrons souplement dans le magnifique golfe de Porto puis nous arrêtons pour déjeuner à Girolata notre première escale Corse en ce dimanche de fête des pères. Cette crique mythique est très calme, l’atmosphère chaude et l’eau de mer à plus de 23°. Nous profitons de la fin d’après-midi pour pousser une petite reconnaissance à terre. Depuis notre dernier passage, il y a de plus en plus de jolies maisons parfaitement retaurées en pierre rouge locale. C’est magnifique avec cet éclairage. Il y a pire comme aventure.

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Chienne de vie !

A très bientôt

mardi 22 janvier 2013

Impressions d'ensemble d'un primo-croisièriste

Celebrity Cruises est un armateur américain. Le Figaro Croisières est un de ses clients qui réserve des tranches de paquebot sur certaines destinations susceptibles d'intéresser les abonnés du journal Le Figaro. Cette branche du Figaro Loisirs sous-traite l'organisation du voyage à différents opérateurs. En l'occurence il s'agissait de TAAJ, voyagiste parisien spécialisé.

Le Celebrity Infinity est un paquebot de croisière construit en France par les chantiers de l'Atlantique à St Nazaire, mis en service en 2001. Avec sa longueur de 294 mètres son déplacement de 91 000 tonnes, ses 2000 passagers et 1000 membres d'équipages, c'est un grand navire. Mais il reste loin de la dernière génération de ses concurrents accueillant jusqu'à 4400 passagers. Il arbore le pavillon maltais et est immatriculé à La Valette. L'équipage est largement composé de citoyens des pays riverains de l'océan indien. Les officiers sont occidentaux, le "captain" porte un nom grec. La langue officielle à bord est l'anglais, et les messages diffusés aux passagers le sont aussi en espagnol et en français.

Techniquement, ses deux turbines à gaz de 25 000 kilowatts chacune, entrainent des générateurs électriques qui animent les groupes propulseurs électriques orientables autour d'un axe vertical. Combiné avec un puissant propulseur d'étrave, ce dispositif rend le navire indépendant pour toutes les manoeuvres portuaires. Sa vitesse nominale est de 24 noeuds. Mais la vitesse commerciale courante est de 18 à 20 noeuds. Ce système de propulsion, sans machines alternatives et extrêmement souple, ne génère aucune vibration et permet un fonctionnement ultra silencieux aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur en toute circonstance.

Les principaux auxiliaires sont un générateur électrique de 11 000 kilowatts et un dessalinisateur à osmose inverse produisant 1800 tonnes d'eau douce par jour à partir de l'eau de mer. Les soutes à combustible peuvent contenir 2000 mètres cubes de fuel lourd et 3000 mètres cubes de gasoil.

Chaque passager est muni, dès son arrivée, d'une carte magnétique personnelle Celebrity qui sert au règlement de tous les extras à bord (en dollar US) mais aussi au contrôle d'accès lors de chaque débarquement ou rembarquement. Les formalités d'immigration et d'émigration dans chaque pays visité sont entièrement assurées par l'équipage qui conserve les passeports et traite avec les autorités locales. Les contrôles de sûreté des passagers sont analogues à ceux des aéroports avec utilisation des portiques de détection à bord et fouilles au corps si nécessaire.

Une majorité de passagers était anglophone, principalement américains. Sur un total de 300 francophones, Le groupe "Figaro Croisières" regroupait environ 150 personnes . En parallèle à toutes les animations et excursions proposées par Celebrity Cruises, il offre une organisation dédiée pour les visites à terre avec des autocars (trois ou quatre selon les cas) spécifiques et des guides francophones de grande qualité, connaissant parfaitement leur sujet et maitrisant impeccablement le français. Par ailleurs, des conférenciers invités abordaient, généralement en fin d'après-midi ,des sujets centrés sur la croisière en cours: faune et flore ou histoire des pays visités, sciences de la terre, glaciers et volcans, navigation et cartographie, logistique d'un paquebot de croisière,... par exemple.

Notre croisière bénéficiait en plus d'un thème culturel axé sur la littérature française. Le conférencier invité était Daniel Rondeau, écrivain et journaliste, ambassadeur de France à l'UNESCO après avoir été en poste à Malte, et spécialiste des cultures de la Méditerranée. Ses trois conférences, centrées:

- sur son propre parcours d'intellectuel et d'homme d'action, du maoïsme à la diplomatie,

- sur les oeuvres contrastées de Paul Morand et Louis Aragon,

- sur la personalité, la vie et le rayonnement d'Albert Camus,

furent d'une très grande richesse permise par l'excellence du conférencier, sa simplicité et son dynamisme communicatif. Les échanges aussi bien en salle de conférence qu'à table, pour ceux qui ont eu le plaisir de le rencontrer lors de dîners, étaient emprunts de chaleur et de convivialité.

En dehors de la déception de ne pas avoir vu le Cap Horn (alors qu'il s'agissait du "clou" de la croisière) l'organisation parfaite de l'ensemble du voyage, le professionalisme de l'équipage, le confort impeccable du paquebot, la qualité de l'intendance et des repas, l'excellence des accompagnants du Figaro Croisières, nous laisseront un souvenir quasi parfait.

Cette croisière à destination de pays "jeunes" à l'histoire récente était plus tournée vers la nature et les merveilles australes que vers l'histoire, la culture et les peuples. Néanmoins, nous retiendrons les résumés suivants extraits des interventions de nos guides:

- les argentins sont des italiens qui parlent espagnols, qui ont inventé le tango et qui se prennent pour des français.

- les uruguayens sont les suisses de l'Amérique du sud, pris en tenaille par la puissance de leurs grands voisins.

- les chiliens sont des allemands parlant espagnol et se prenant pour des anglais.

Tous sont les enfants de l'Europe qui leur a apporté, surtout au dix-neuvième siècle, la quasi totalité de leur population, de leur culture et le catholicisme, avec une nuance pour le Chili où les souches andines sont plus nettement visibles.

dimanche 20 janvier 2013

Nous irons tous à Valparaiso.

C'est amarré à quai, au milieu des conteneurs, que se termine notre croisière autour de l'Amérique du sud. Le Célébrity Infinity va désormais être vidé de ses passagers, entièrement nettoyé et ravitaillé pour accueillir une nouvelle croisière qui fera le chemin inverse du nôtre pendant les deux semaines à venir.

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Nous débarquons donc avec armes et bagages pour visiter les deux plus grandes villes du Chili avant de reprendre l'avion pour l'Europe ce soir. Les funiculaires de Valparaiso, qui ont tant contribué à son renom, paraissent maintenant peu attractifs, au point qu'il n'est pas conseillé de les emprunter. Les pannes sont fréquentes et les accidents pas suffisamment improbables.

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Felippe, notre guide franco chilien, dont les parents avaient fui la dictature Pinochet, parle notre langue avec une aisance incroyable et connait son pays, son histoire, ses forces et ses faiblesses, ainsi que ses habitants, aussi bien que les nôtres. Il est retourné dans son pays d'origine aussitôt que cela était possible et appartient à cette élite multiculturelle, universitaire et entrepreneuriale qui entraine cette jeune démocratie sur la voie du succès.

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Avec ses six mille kilomètres de côtes et ses milliers d'îles, le pays a une forte tradition maritime, et son principal port est Valparaiso. La flotte militaire y côtoie les conteneurs du port commercial, nous rappelant que la défense du pays autant que ses taditions guerrières sont bien réelles.

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Le fleuron de cette puissance est le quatre-mâts école "Esmeralda" qui participe fréquemment aux parades de grands voiliers de l'hémisphère nord, et rappelle l'histoire des cap-horniers du dix-neuvième au début du vingtième siècle.

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L'âge d'or de ce port et de la ville a coïncidé avec la conquête de l'ouest et la ruée vers l'or aux USA, lorsque les pionniers venant de l'est gagnaient la côte ouest sur des grands voiliers doublant le cap Horn, au cours de périlleux voyages d'environ trois mois. L'aventure était à l'époque moins risquée que de traverser le continent par la terre, en ayant à affronter les tribus indiennes qui n'entendaient pas se laisser déposséder de leurs territoires par les "visages pâles". Mais, après l'ouverture du canal de Panama, l'essentiel de ce trafic, et la prospérité qu'il engendrait, se sont progressivement taris, conduisant à la décadence et l'abandon des beaux bâtiments de la ville basse.

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Le gouvernement tente de leur redonner vie avec quelques constructions futuristes destinés à des usages administratifs ou militaires.

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Depuis la corniche qui domine la ville on aperçoit l'ensemble du site, adossé à un cirque montagneux abritant une baie naturelle.

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Les constructions, souvent en armature et tôles métalliques, étaient la meilleure défense possible contre les séïsmes qui ébranlent régulièrement cette région. Mais le manque d'entretien peut leur donner un aspect vraiment triste dans cette atmosphère marine et saline corrosive, souvent brumeuse et grise le long de cette côte du Pacifique.

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Le contraste avec Santiago la capitale, est surprenant. Cette grande et belle ville, bâtie au pied de la Cordillière des Andes sur un plateau à environ 600 mètres d'altitude, est traversée par un petite rivière qui déboule des montagnes, toujours chargée d'alluvions. Le temps y est ensoleillé et généralement sec, mais les colères des orages peuvent changer ce frêle torrent en un impétueux fleuve dont les crues peuvent être aussi rapides qu'impressionnantes.

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Le musée des Beaux Arts, sérieusement ébranlé lors du tremblement de terre de 2010, dont une partie de la façade s'était effondrée, a été entièrement restauré.

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Parcourant les grandes avenues au milieu des parcs et jardins, on rejoint au nord de la ville le quartier des artistes de Bellavista....

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.....accueillant et convivial, avec ses petits restaurant ombragés au nom parfois évocateur de notre midi méditerranéen. Mais nous sommes ici à la lattitude de 32° sud et le soleil est quasiment vertical à cette époque de l'année.

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Le musée national historique est dédié aux bâtisseurs de ce pays dont l'histoire est encore récente.

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Comme l'imposante cathédrale de l'Assomption, datant de la fin du dix-huitième siècle, il se situe sur la place d'armes où les picpockets seraient à l'affût...

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....espérant profiter du relâchement de la vigilance des touristes lors de leur visite à l'intérieur de la cathédrale. Mais nous n'avons rien perçu de tel.....

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....peut-être grâce à la protection du plus grand conquistador, Pedro de Valdivia, dont la statue équestre et terriblement martiale veille à proximité.

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Cette place accueille aussi sous ses tonnelles, kiosques à musique et à l'ombre de nombreux arbres, de multiples tables de joueurs d'échecs faisant l'admiration des badauds silencieux pour respecter leur concentration.

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Comme dans toutes les villes du monde occidental ou chrétien, le rappel de nos origines gréco-romaines sous forme d'un fronton parfait ne peut nous échapper. Ici le parlement chilien. Mais nous ne verrons pas le palais de la Monéda, célèbre depuis le coup d'état de 1973 qui vit la mort du président Allende, en raison d'un périmètre de sécurité protégeant une manifestation internationale.

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Il faudra nous contenter de flaner dans le village des artisans "los dominicos" sous un cagnard d'enfer....

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...avant de visiter l'un des nouveaux quartiers d'affaires de cette métropole moderne....

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....traversé par la fameuse avenue Apoquindo, quasi déserte en ce dimanche de vacances, dont l'un des immeubles reste légèrement penché depuis le dernier séïsme...

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....puis profiter des bancs publics très nombreux et décorés d'une manière originale, à l'épreuve des tags d'ailleurs absents de cette ville moderne et propre ! ....

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....où l'on trouve des ornements artistiques d'avant garde notamment aux alentours de la médiathèque.

Dernière impression du Chili avant de prendre la route de l'aéroport et de regagner les frimas de l'Europe en plein hiver. On nous annonce un atterrissage à Paris dans le froid et la neige depuis plusieurs jours. Gloups, nous avions bien pris goût à l'été !

jeudi 17 janvier 2013

au pays des lacs et des volcans.

Comme chaque matin depuis que nous sommes dans le Pacifique, en se réveillant ce jour là, au mouillage devant Puerto Montt, il faisait gris.

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Nous découvrons donc une ville moderne avec ses buildings en verre au bord de l'eau. Cette apparence est la conséquence d'une particularité locale inquiétante. Cette zone est terriblement sismique et les tremblements de terre sont fréquents. Le 22 mai 1960 un "big one" frappa la région et détruisit la majorité de la ville, la zone portuaire, et rasa la ville voisine de Valdivia. D'une intensité de 9,5 sur l'échelle de Richter, il fut le plus fort jamais enregistré sur la planète, au point de faire vibrer la terre comme une cloche pendant les jours suivants. Il déclencha un tsunami colossal qui s'écrasa au Japon et ne laissa que des ruines sur son passage dans tout le pacifique à 12000 kilomètres à la ronde. Un autre séisme significatif un peu plus au nord (intensité 8,8) détruisit, le 27 février 2010, de nombreux bâtiments et tua des centaines de personnes, avec un tsunami moindre mais ravageant l’île Robinson Crusoé et l'île de Pâques, également ressenti jusqu'en Polynésie Française. La reconstruction après 1960, aux normes anti-sismiques les plus sévères, permit d'éviter un bilan plus désastreux.

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Les quais reconstruits accueillent les activité liées à la pêche, qui, avec l'agriculture, l'exploitation forestière et le tourisme, forment une économie équilibrée et prospère.

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Les produits des fermes marines sont exportés dans le monde entier, mais une partie alimente le marché et les restaurants locaux très accueillants.

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Dans ce pays de pionniers, de conquérants, et de grands espaces, les vieux bateaux finissent leur vie au fond du port sans que cela semble gêner personne. Ils sont visibles à marée basse et la nature se chargera d'éliminer cette épave en quelques années.

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Depuis le belvédaire qui domine le site, on découvre cette ville de 150 000 habitants fondée en 1853 par des colons allemands qui lui donnèrent son nom en l'honneur du président chilien de l'époque, Manuel Montt.

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Poursuivant vers le nord, nous découvrons bientôt Puerto Varas, petite bourgade touristique située au bord du lac Llanquihue, l'un des plus grands d'Amérique du Sud dont l'altitude est de 70 mètres et la profondeur moyenne de 200 mètres.

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Pendant ces vacances d'été il est fréquenté par des touristes principalement chiliens mais l'eau restant froide, il n'y pas beaucoup de baigneurs. En revanche la navigation et le canotage sur cette véritable mer intérieure sont très pratiqués.

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Encore quelques kilomètres plus loin, toujours au bord de ce grand lac, nous arrivons à Frutillar où les traces des colons allemands, originaires principalement de Bavière, sont très vivantes. Ils arrivèrent par familles entières à partir de 1850, à l'initiative du gouvernement Chilien qui cherchait à mettre en valeur cette région. Chaque famille recevait gratuitement à son arrivée un lopin de terre de 375 hectares en pleine propriété, charge à elle de le faire fructifier. Beaucoup sont restées et y ont même fait fortune. On parle encore un peu allemand ici et de nombreuses inscriptions sont rédigées dans cette langue.

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C'est à ce moment là que, comme prévu par le syndicat d'initiative, la brume s'est déchirée en quelques minutes. Et nous découvrons alors sur l'autre rive du lac le volcan le plus proche: l'Osomo distant d'environ 45 kilomètres et culminant à 2660 mètres. Magique. Il y en a de nombreux autres dans cette région où la croûte terrestre est très active. On les distingue parfaitement des autres montagnes sur Google Earth grâce à leur cône enneigé bien régulier.

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Flâner dans un jardin en pente, planté d'hortensias de toutes les couleurs, sous un beau soleil d'été peut vous réconcilier avec l'existence. Je recommande cette activité.

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Rentrant à Puerto Montt en début d'après-midi, nous avons fini par trouver une borne Wifi dans le marché du port et ainsi pu envoyer des nouvelles à la famille et aux amis.

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Puis nous sommes retournés à bord avec les chaloupes, après les fastidieux contrôles de sécurité, mais le spectacle était grandiose et lumineux.

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Repartant vers le sud puis l'ouest sur plus de 50 milles à travers tout le golfe d'Ancud, nous avons vu deux voiliers en croisière (dont un grand Janneau) qui nous ont fait bien envie, au milieu des îles, par ce beau temps, et avec cette brise modérée de sud ouest. En fait, ce vent thermique se lève chaque jour en été vers 11h et dure jusqu'à la nuit.

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Enfin d'après-midi, nous avons longé l’île du Lin qui nous a fait l'effet d'un petit paradis, au point d'avoir presque envie d'y retourner et d'y fonder notre petite colonie nous aussi. Hum ! Nous sommes ensuite passés dans le canal de Chacao qui sépare du continent l'île de Chiloe, mystérieuse et immense (à peu près de la taille de la Corse mais assez plate). Si le projet de pont qui doit la relier au continent abouti, elle changera peut-être de nature. Et, à la nuit tombée, nous avons regagné la haute mer pour notre dernière grande étape maritime vers Valparaiso.

mercredi 16 janvier 2013

Pacifique Pacifique.

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Sortant du Détroit de Magellan, l'océan Pacifique et ses immensités nous attendent, mais après un parcours incroyable entre les ilôts et les montagnes du sud de cet immense Chili. En effet, il s'étire sur plus de 6000 kilomètres de la Terre de Feu jusqu'aux déserts du nord, à la frontière avec la Bolivie et le Pérou.

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Parfois il faut prendre un virage serré pour s'aligner avec le chenal suivant.

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Les îlots se dissimulent les uns et les autres, laissant entrevoir l'embouchure de fjords étroits.

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Le relief est arrondi par l'érosion glaciaire qui a dominé tout cet espace pendant dix mille ans.

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Les passages les plus resserrés sont balisés avec de petits phares, car dans la nuit noire, il doit être possible de douter de sa position. Et alors là......!

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Et puis, tout d'un coup, on sort en pleine mer, pour quelques heures, avec à notre gauche un horizon dégagé jusqu'à l'Australie, à douze mille kilomètres. Impressionnant, mais la houle reste très modeste, alors que ces latitudes sont appelées 40èmes rugissants ou 50èmes hurlants par les navigateurs depuis des siècles .

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Puis on retourne dans les canaux dont les côtes sont couvertes de forêts jusqu'au ras de l'eau.

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Il est très rare de rencontrer âme qui vive. Mais nous avons eu le privilège de croiser un pêcheur pressé de regagner sa ferme marine, en évitant soigneusement les récifs.

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Cette activité est devenue, depuis une vingtaine d'années, l'une des plus prospères et exportatrices du Chili qui rivalise maintenant avec la Norvège et le Canada pour les saumons et crustacés d'élevage.

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Les éléphants de mer sont ici chez eux, et se dorent au soleil en attendant de replonger pour chercher leur repas dans l'eau à 8 ou 10 degrés (en plein été).

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A mesure que l'on remonte vers le nord, la neige présente sur les massifs est plus élevée, et le soleil reprend ses droits. Mais il fait encore frais.

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Et il faut bien se couvrir pour se conscacrer aux plaisirs du scrabble à l'abri du vent....

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....et surtout profiter du paysage de plus en plus grandiose, lors de cette très belle journée de mer. Et demain nous arriverons tout bronzés à Puerto Montt, après une navigation de plus de 1000 milles, presque 2000 kilomètres.

mardi 15 janvier 2013

Magellan es-tu là ?

détroit de Magellan

Le détroit de Magellan est un passage maritime long de 330 milles (plus de 600 kilomètres), qui relie les océans Pacifique et Atlantique, proche de l'extrémité sud de l'Amérique du sud. Le navigateur portugais explora méthodiquement tous les bras de mer avec les cinq navires et 237 hommes de son expédition avant de trouver un passage sûr. Puis il poursuivit son tour du monde découvrant de nombreuses îles et terres du Pacifique. Il perdit la vie dans une embuscade des guerriers de Lapu-Lapu aux Philippines non sans avoir connu précédemment des épidémies, désertions et mutineries de ses équipages. Seul l'un de ses voiliers et 18 hommes reviendront en Espagne en 1522.

Punta Arenas

Au milieu du XIXème siècle, après l'indépendance du Chili, fut créée la ville de Punta Arenas en tant que colonie pénitentiaire et militaire. Elle permettait aussi aux navires à voiles puis à vapeur qui passaient d'un océan à l'autre d'y faire escale, de s'y abriter et de se ravitailler. Cette région extrêmement hostile et isolée, est surtout marquée par les naugrages et les tentatives de survie d'équipages, dont celle de John Byron le grand-père du poète, ou les colonies abandonnées de tous et parfois livrées à une violence infernale. Les paysages du détroit de Magellan sont impitoyables mais d'une beauté à couper le souffle. La marine de guerre chilienne y entretient une garnison importante.

Statue de Magellan

Aujourd'hui, cette ville d'environ 150 000 habitants est la préfecture du sud mais son activité a souffert de l'ouverture du canal de Panama à partir de 1911. Elle vit de la pêche et des fermes marines installées dans les dédales marins et de quelques industries minières de la Terre de Feu. L'élevage du mouton depuis le début du XX ème siècle permet l'existence d'un commerce de la laine florissant.

Plaza de Armas

En dehors de la place d'Armes, au centre de la ville, celle-ci ne possède pas d'attrait particulier avec ses rues tristounettes se coupant à angles droits.

toits de cuivre

Ses immeubles sans âme, parfois avec des toits de cuivre qui rappellent l'une des principale richesse du Chili, et ses réseaux aériens "à l'américaine" ne témoignent pas d'un grand souci de développer son attractivité.

Réseaux urbains confus

Pourtant le tourisme austral s'y développe comme à Ushuaia mais plutôt tourné vers les sports de montagne et de glace du sud de la Cordière des Andes.

Table d'orientation dans la fontaine

Un bassin-fontaine décoré à la manière d'une table d'orientation nous rappelle aussi que cette ville est presque à égale distance de l'Europe, de l'Asie et de l'Océanie? seule l'Amérique du nord est un peu moins loin (10 000 km quand même).

lundi 14 janvier 2013

Magnifique Terre de Feu

Bon, il faut se remettre, et le programme reprend comme prévu, malgré le monstrueux raté de la veille.

Sourire revenu

Nous embarquons donc, souriants et chaudement habillés, pour une visite du parc national de la Terre de Feu.

catamaran d'excursion

Un petit catamaran rejoindra la baie de Lapatalia avec la moitié du groupe. L'autre moitié empruntera un car pour la même destination, mais en parcourant les routes du parc. Et nous changerons de véhicule pour le retour à Ushuaia.

espèces marines de Patagonie

Les ilôts granitiques qui balisent le canal de Beagle, et découvrent à marée basse, sont des refuges pour les animaux marins, qu'il soient mammifères comme les phoques et lions de mer, ou ovipares comme les cormorans ou les pingouins de Patagonie.

indiens yamanas

Les indiens Yamanas, autrefois occupants de ces lieux et qui vivaient nus, s'enduisaient de graisse pour résister au froid. Ils ont disparu à la fin du XIX éme siècle sous la pression des colons et navigateurs qui ont essayé de leur apporter la "civilisation" avec son cortège de maladies, alcoolisme, vêtements inadaptés, religions et tabous divers....

musée du parc national

Leur souvenir est entretenu grâce à des photos d'époque dans le petit musée du parc national qui retrace aussi l'histoire de la grande glaciation qui a modelé un relief si particulier. Entre 20 000 et 10 000 ans avant notre ère, des glaciers de plusieurs centaines de mètres et jusqu'à plus d'un kilomètre d'épaisseur recouvraient toute cette région creusant de profondes vallées. La mer à repris ses droits lors du réchauffement climatique qui a, à l'époque, élevé le niveau des océans d'environ 120 mètres. C'est celui que nous connaissons actuellement.

lac Roca

De nombreuses rivières et lacs entourés de forêts magnifiques décorent aujourd'hui les paysages terrestres. Ils sont alimentés par les pluies abondantes (sauf le jour de notre visite plus quelques autres dans l'année sans doute) et la fonte de glaciers qui subsistent.

Baie Lapatalia

Certaines baies à l'embouchure des rivières forment des plages de sable ou de graviers morainiques et sont accessibles par des routes étroites. A marée basse on peut y trouver des essaims de coquillages sauvages, en particuliers des moules géantes qui sont délicieuses pour qui aime manger crus les fruits de mer qui vivent dans ces eaux claires, glaciales et préservées de la pollution urbaine.

restes d'araignées

De retour à Ushuaia, nous n'avons pas résisté à la tentation de déguster dans un restaurant local réputé, quelques spécimens des merveilleuses araignées de mer qui forment une part de la réputation de cette ville du bout du monde, dont le caractère touristique est de plus en plus marqué.

mouillage des voiliers en escale

Le nombre de voiliers en escale est significatif pour un lieu aussi lointain....

petit aérodrome

...et deux aérodromes sont consacrés, l'un aux avions de ligne, l'autre aux avions monomoteurs légers qui permettent de faire découvrir aux amateurs les magnifiques glaciers, canaux et fjords de la Terre de Feu, sans oublier bien sûr le mythique Cap Horn (sniff), tous situés dans un rayon de moins de 200 kilomètres.

paquebots à Ushuaia

Il y a aussi de petits paquebots polaires de quelques centaines de passagers qui embarquent les voyageurs désireux de voir le continent antarctique, distant de moins de 500 milles. Au cours d'expéditions assez sportives, ils débarquent dans des canots pneumatiques pour admirer la nature vierge et les cétacés qui peuplent cet océan glacial riche en krill pendant l'été austral.

départ d'Ushuaia avec le soleil

En fin d'après-midi, sous un très beau ciel et avec une bonne brise d'ouest, le départ de notre paquebot pour la partie ouest du canal de Beagle nous offrit une vue magnifique sur le site de cette ville, la plus australe du monde.

glacier vivant

Puis le spectacle, au crépuscule, des glaciers et cascades tombant directement dans la mer, excerça sur nous tous une véritable fascination qui ne prit fin qu'avec la tombée de la nuit. Quel dommage de ne pas avoir pu continuer à en profiter jusqu'à l'arrivée dans le détroit de Magellan que nous rejoindrons de nuit, slalomant dans des fjords bordés de montagnes de 2 à 3000 mètres d'altitude, avant l'escale suivante de Punta Arenas !

cascade glacée

dimanche 13 janvier 2013

Vers les hautes latitudes

Nous avons maintenant presque 1000 milles à parcourir avant d'atteindre l'extrême sud de cette croisière et de devenir Cap Horniers ! Il nous faudra 60 heures, en principe.

la mer grossit

A mesure que nous avançons, le mer grossit mais le soleil reste vaillant.

la fièvre acheteuse

Les différentes boutiques et centres commerciaux du pont 5 en profitent pour monter des opérations promotionnelles attractives et commencer à entamer le magot des passagers maintenant bien dans le rythme du bord, d'autant plus que le vent, la pluie et le froid devraient être au rendez-vous très prochainement. Mais certains préfèrent les bijoux ou les montres chics aux vêtements et bagages griffés "Celebrity Cruises".

L'enfer du jeu

Naturellement les accrocs du casino ne manquent pas de céder à leur passion parmi les innombrables machines à sous et tables de jeux où les croupiers font merveille pour leur subtiliser leurs jetons en douceur.

Ile des Etats

Au lendemain de la deuxième nuit en mer, apparait l'extrémité de l'Amérique du sud. L'ile des Etats et le détroit de Le Maire sont passés avec un fort courant favorable affrontant un vent contraire déjà musclé.

approche du Horn

La mer grossit en mer temps que le ciel se couvre, mais la visibilité reste parfaite et la couverture nuageuse est suffisamment élevée pour que nous puissions espérer voir le mythique Cap Horn dans d'excellentes conditions.

approche du Horn

C'est alors que le commandant prend la parole sur la sono du bord pour annoncer qu'un des passagers est gravement malade depuis la veille et que les communications avec les autorités argentines pour le faire évacuer rapidement n'ont pas abouti. Il a pris la décision de gagner directement Ushuaia sans passer par le Cap Horn, pour le débarquer, gagnant ainsi huit heures de navigation.

un albatros

Le choc est immense et la déception fait place à la colère parmi les passagers dont la principale motivation pour ce voyage était justement de devenir Cap Hornier. Mais les quelques tentatives de manifestations collectives ou de pétitions s'effacent en réalisant que le captain est seul maître à bord après Dieu et que la vie d'un passager est plus précieuse que les caprices de vieux gâtés qui voulaient leur "Everest des mers". Le seul espoir qui permet de rester en vie est d'entendre les organisateurs annoncer sans rire que nous aurons en compensation une soirée libre à Ushuaia, où nous ariverons vers 20h, et que le reste du programme est maintenu sans changement. Miraculeusement nous aurons quand même vu un albatros (enfin nous voulons le croire).

pilote du canal de Beagle

Quelques heures plus tard nous embouquons le canal de Beagle et le pilote vient à notre rencontre pour les cinquante derniers milles de cette étape amputée de son principal attrait.

Puerto Williams

Nous passons devant Puerto Williams sur la rive sud chilienne où les mâts des voiliers en escale apparaissent.

la ville du grand sud

Puis nous découvrons Ushuaia dominée par les sommets enneigés qui l'entourent.

évacuation sanitaire

Le malade est évacué vers l'hopital de la ville, dans une ambulance, une demie heure après l'amarrage, et il ne semble pas en si mauvaise forme. Espérons qu'il s'en sortira sans problème, mais une chose est sûre, il ne rembarquera pas le lendemain pour la suite de la croisière. Le risque pour lui serait encore plus grand, d'avoir à affronter la vindicte de 2000 passagers frustrés.

pharmacie du grand sud

Cette horrible déception nous aura quand même permis de découvrir la pharmacie fortifiée de cette jolie petite ville

la poste d'Ushuaia

Et aussi la poste principale, joliment taguée, d'où nous pourrons envoyer les cartes postales du bout du monde à tous les amis et membres de la famille comme le veut la tradition.

samedi 12 janvier 2013

La Pampa de Valdès

Péninsule de Valdès

La baie qui donne accès à Puerto Madryn est immense. Dans le fond, la ville moderne est essentiellement industrielle et son activité tournée vers l'extraction minière notamment d'aluminium et quelques industries connexes. Elle fut fondée en 1865 par les survivants d'une centaine de colons gallois après un voyage éprouvant de plus de deux mois. Ils enterrèrent leurs morts sur la plage et leur première construction fut une église.

cimetière de chalutiers

La chasse à la baleine, longtemps pratiquée, a disparu et les nombreuses épaves de navires abandonnés à leur triste sort en témoigne. Les migrations de mammifères marins sont maintenant protégées et la baleine franche revient périodiquement dans cet espace pour s'y accoupler et mettre bas. En été, elles repartent dans les hautes lattitudes pour se nourrir et ne reviendront que l'hiver prochain.

squelette de baleine franche

Le musée installé dans l'isthme montre le squelette d'un de ces puissants animaux, et présente les autres espèces qui peuplent cet univers marin sauvegardé.

Pampa à perte de vue

Mais avant de les voir dans leur élément, nous allons traverser la pampa sur des dizaines de kilomètres. Cette péninsule grande comme la moitié de la Corse est un vaste plateau sédimentaire, effondré par endroits, donnant ainsi naissance à des dépressions salines. On y trouve de nombreux fossiles de dinosaures. L'essentiel de la surface est divisée en Estancias, ces fermes d'élevage extensif dont la surface se mesure en dizaine de milliers d'hectares: 100 000 est une moyenne dans lesquels cohabitent les troupeaux de moutons et les animaux sauvages locaux plus ou moins protégés.

Guanacos à l'abreuvoir

Les guanacos, variété des plaines du lama des Andes, entrent parfois en conflit avec les éleveurs lorsqu'ils viennent boire l'eau des citernes remplies à grand frais pour les moutons. L'administration donne alors l'autorisation de les tirer à vue.

nandou

On trouve aussi des nandous qui sont de petites autruches, beaucoup plus difficiles à voir, et des sortes de lièvres à grandes pattes ainsi que d'autres rongeurs plus petits. En dehors du renard, il n'y a pas de carnassier prédateur. Le puma d'Amérique du sud a totalement disparu de la pampa.

Buissons à Nandus

Tous se nourissent de la maigre végétation formée de buissons à feuilles épaisses et parfois d'épines, qui se contente des faibles pluies de ces étendues arrides et ventées, où les températures sont extrêmes. Lors de notre visite un vent violent du nord donnait une température de 36°, et peu de chapeaux sont restés sur les têtes de leurs propriétaires.

manchot de patagonie devant son terrier

Dès que l'on arrive sur la côte est, on découvre un paysage d'une sauvagerie inouïe, dans lequel les pingouins de Magellan sont parfaitement à leur aise. Ils creusent leur terrier dans le grès meuble des falaises et profitent des bancs de sables mouvants crées par les courants et les tempêtes pour se nourrir à l'abri de leurs prédateurs.

pingoins au bain

Ils s'ébattent joyeusement dans l'eau froide et s'approchent sans crainte des spectateurs parqués dans les clôtures qui protègent le parc naturel des excès de la présence humaine.

lion de mer et son harem

Plus loin, sur des promontoirs rocheux, vivent les colonies de lions de mer, formées d'un mâle dominant et de son harem de femelles, beaucoup plus petites, qui élèvent les jeunes nés au printemps.

curée sur un petit écrasé

Parfois des rivaux tentent de s'approcher des femelles. Après quelques intimidations sonores, ils s'enfuient la plupart du temps bredouilles. Mais parfois des affrontement plus sévères peuvent entrainer la mort de petits, écrasés par les adultes qui se battent. Les mouettes n'attendent que cela pour ce nourrir, et le cadavre disparait en quelques minutes, ne laissant qu'une mare de sang sur les rochers.

la ville et son mouillage inconfortable

A notre retour à bord, après cette longue excursion ventée et poussiéreuse, le vent avait tourné au sud, tout aussi fort. Il a fallu attendre une accalmie pendant plus d'une heure avant que le capitaine, très prudent et seul maître à bord après Dieu, ne puisse décider d'appareiller. La puissance des propulseurs n'aurait pas permis de se décoller du quai en sécurité. Cela nous a donné l'occasion de voir la ville de loin et les quelques voiliers au mouillage devant les plages nous ont semblés dans une position très inconfortable. Si nous revenons un jour à la voile dans cette région, il faudra trouver mieux pour y faire un séjour tranquille.

vendredi 11 janvier 2013

Plaisirs en mer

Après trois escales rapprochées, il faut allonger la foulée car la prochaine étape nous fera dépasser le 42ème parallèle sud. Nous aurons presque 700 milles à parcourir en deux nuits et une journée avant la Pénisule de Valdès.

20 noeuds cap au sud

C'est donc à 20 noeuds que les 100 000 tonnes du Celebrity Infinity taillent leur route sur un Atlantique sud magnifique avec une légère brise contraire, mais cela ne lui fait pas grand chose en dehors du vent relatif d'environ 30 noeuds que ressentent ceux qui s'y exposent.

Solarium avant

Le solarium du pont 11, bien que protégé du vent, n'a pas énormément de succès, car une grande partie des passagers profitent des "activités" de remise en forme dans l'immense salle de sport équipée de toutes les machines de culture physique imaginables...

La croisière se remet en forme

...ou s'éclatent en musique autour de la piscine découverte, sous la direction des moniteurs de "fitness" ou de "danse africaine" dans des tressaillements de chair pas toujours très ferme, organisés avec une ambiance d'enfer type "Véronique et Davina".

dauphins dans le sillage

Ceux qui préfèrent le calme et la contemplation peuvent s'installer sur les ponts supérieurs à l'arrière, où le self, activé 24h sur 24, peut fournir, une tasse de café (américain), un paquet de popcorn, des oeufs sous toutes leurs formes, un soda aux fruits exotiques, une assiette de frites, des icecreams, des pizzas, et j'en passe,....en bronzant calmement au soleil tout en profitant des cabrioles de dauphins facétieux qui nous accompagnent.

conférence en mer

Il y a aussi les assoiffés de culture qui se rendent ponctuellement dans les salles de conférences pour écouter les spécialistes des oiseaux de mer ou des mammifères marins, des amateurs de navigation ou de techniques navales, des chercheurs en sciences de la terre en glaciers ou en volcans, des amoureux de littérature d'histoire ou de géopolitique, partager leurs compétences et répondre aux questions que chacun peut leur poser. Nous y reviendrons plus tard.

soirée classique au théâtre

En fin d'après-midi ou le soir, de grands sprectacles sont organisés dans le théâtre de 1500 places qui prend place sur trois ponts à l'avant du navire. La plupart du temps il s'agit de spectacles de chants, de danses et comédies musicales genre "Broadway" ou bien de clowns-musiciens-fantaisistes américains à l'humour incompréhensible pour un européen, à plus forte raison un français même anglophone. Mais nous y sommes allés une fois, attiré par le programme annoncé d'un voyage musical dans l'europe des 18ème et 19ème siècle. En fait, l'orcheste n'était composé que de synthétiseurs, à l'exception de la batterie amplifiée. Tous avaient des casques, ne se regardaient jamais, et le soliste, au violon amplifié lui aussi, ne jouait pas de manière parfaitement synchrone avec la musique. C'était un grand play-back en karaoké absolument incroyable ! quelle massacre ou, au choix, quelle exécution !

trio classique

Heureusement nous avons pu entendre, une autre fois, dans un petit salon du pont 11, un trio à cordes formé par des ukrainiens très sympathiques, et, avec leurs instruments "naturels", ils nous ont offert un véritable petit concert d'airs aussi célèbres que le "canon" de Pachelbel ou la "petite musique de nuit" de Mozart, plutôt bien arrangés et ré-orchestrés pour leur formation réduite. De bons musiciens et une petite goutte de douceur dans un océan de bruits.

Bref, les plaisirs en mer existent, mais il faut les chercher activement parmi les innombrables propositions pour croisièristes à la culture disons poliment, "moyennement rafinée".

jeudi 10 janvier 2013

La Pointe de l'Est

A Punta Del Este il n'y a pas de port pour les grands navires, mais une belle marina pour les yachts et les plaisanciers. De nombreux voiliers et motorboats donnent le ton. Cette station est chic et le luxe y a droit de cité.

marina de Punta Del Este

Du coup, notre paquebot doit rester au large, au mouillage, et notre débarquement se fait à bord des chaloupes mises à l'eau par l'équipage.

au mouillage

Les passagers qui redoutent cette "épreuve" ou qui préfèrent rester à bord, se jettent alors sur la piscine du pont 10, bien séduisante avec le temps parfait qui s'annonce pour la journée: soleil de plomb, brise faible, mer très calme.

Piscine à bord

Nous préférons découvrir la ville avec l'excellente guide francophone qui nous accueille sur le débarcadère, après 40 minutes de traversée tranquille de cette superbe baie naturelle, et montons dans un autocar de luxe parfaitement climatisé et muni d'une borne Wifi ouverte (une première), ce qui nous donne l'occasion d'adresser quelques nouvelles à nos proches restés dans l'hiver français sous la neige, la pluie, le froid et les journées courtes.

un émigré

Petite surprise peu après le départ, en découvrant la maison d'un compatriote, fier de l'être, juste avant d'arriver à la pointe de San Remo...

Grâces de San Remo

....où nous attendent trois grâces quasiment dans le plus simple appareil.

Plages et océan frisquet

Puis nous longeons les superbes plages où l'océan Atlantique, d'une belle couleur bleue, nous change du Rio de la Plata et ses eaux chargées que nous avions depuis Buenos Aires. Quelques surfeurs, mais peu de nageurs, nous rappellent que l'eau est froide, guère plus de 16°.

Pont de Tesoro en double dos d'âne

Quelques kilomètres plus loin nous traversons un petit pont très original en double dos d'âne qui aurait permis, selon son concepteur, d'économiser le béton et les ferrailles tout en donnant à cet ouvrage un caractère très original. Il parait que cette fantaisie est restée unique au monde. Pour les véhicules motorisés cela convient, mais pour les vélos, piétons ou chars à boeufs ces deux montées et descentes doivent être un problème.

Petit coin tranquille

Il conduit, sur l'autre rive, au village de Tesoro, tranquille et modeste au bord de la lagune d'eau douce qui précède l'embouche de ce minuscule fleuve côtier.

Villa de rêve à Punta Del Este

Sur la rive droite, retournant vers Maldonado, nous découvrons une immense pinède qui sert d'écrin à des centaines de villas et domaines tous plus beaux les uns que les autres, parfois dissimulés derrières des haies vives et des fleurs, dont certains appartiennent ou ont appartenu à des célébrités du monde entier (Diego Maradona ou Jacques Médecin, qui y est mort, par exemple). Il y a là aussi un golfe superbe et un aérodrome suffisant pour les jets privés des jet-setters de la planète.

Cour intérieure du musée Ralli

C'est dans ce quartier que ce trouve le merveilleux petit musée RALLI, fondés par deux mécènes dont le choix est de garder la gratuité de l'entrée et de n'accepter aucun don. Ils privilégient les artistes d'Amérique du sud ou hispanisant.

Muse de Walter Gravito

De nombreuses scultures, surtout en l'extérieur, et peintures ou oeuvres graphiques de grandes dimension, dans les galeries, y sont exposées.

Dali - le Minotaure

Une importante série de bronzes de Salvador Dali est particulièrement mis à l'honneur dans le péristyle, malheureusement protégée par des plaques d'altuglas qui ne permettent pas d'en profiter pleinement.

Maison de Carlos Paez Vilaro

Nous avons eu droit aussi à une visite très originale avec le musée del pueblo à l'autre extrémité de la baie de Maldonado. Sur un pointe rocheuse le peintre graphiste et décorateur Carlos Paes Vilaro a construit et agrandi au fil des ans (et il en a accumulé pas mal) une maison, partiellement transformée en musée, et un hôtel qui puise quelque inspiration dans celle de Dali, dont il était proche, à Port Lligat. L'ensemble est accroché à une falaise et domine la baie suivante, superbe.

Papillon du maitre

Des oeuvres et sérigraphies du maître y sont exposées à la vente avec ou sans dédicace, ainsi que celles de ses enfants.

Une des stations les plus chic du monde

En fin de cette chaude journée, l'appareillage majestueux du Celebrity Infinity au milieu des innombrables plaisanciers locaux nous a offert une vue magnifique sur cette station balnéaire qui fait l'orgueil du Pays et lui assure 75% de ses recettes touristiques. On pourrait également signaler qu'elle a déjà accueilli des sommets ou évènements mondiaux au même titre que Davos, Miami, Rangoon ou Charm El Cheik avec qui elle se compare volontiers.

Comme aux îles de Lérins

Et le mouillage des iles Gorriti juste devant la ville fait un peu penser à celui des îles de Lérins devant Cannes les jours d'affluence, sans toutefois s'élever au même niveau de charme et sans le même poids de l'histoire, mais cela se discute !

mercredi 09 janvier 2013

Montevideo - Grandeur et décadence

A l'approche de la capitale de l'Uruguay, on croit voir une ville dont les bâtiments imposants traduisent la grandeur. Mais en entrant dans le port, l'impression change, d'abord à la vue d'un cimetière de bateaux de pêche à moitié coulés dans la vase des hauts fonds.

flotte désarmée à l'abandon

Ensuite le dragage du chenal n'est peut-être pas tout à fait suffisant, au point de faire racler le fond par les puissantes hélices du Celebrity Infinity.

ça racle le fond

On passe alors devant la flotte militaire du pays rassemblée à Montevideo, et arborant fièrement la bannière nationale d'azur et de soleil.

pavillon de l'Uruguay

Puis on prend rapidement conscience d'une des richesse du pays qui vient de ses exportations de céréales, en découvrant un vraquier japonnais embarquant ses 100 000 tonnes de blé et de maïs.

vraquier japonais

Ancienne colonie espagnole, un peu abandonnée car ne possédant ni or ni argent, elle gagne son indépendance grâce à José Gervasio Artigas entre 1811 et 1828 malgré les tentatives des anglais et des portuguais de s'y imposer, puis une guerre entre Argentine et Brésil qui tentaient de la conquérir.

fondateur du pays

Suit alors une longue période d'affrontements internes, révolutions et guerres civiles plus ou moins larvées (Giuseppe Garibaldi s'y illustra dès 1843) , qui n'empêchent pas l'émergence d'une économie fondée sur l'agriculture et l'élevage des bovins et ovins, développée par des pionniers à la gloire de qui sont élevés de nombreux monuments et sculptures dans les grands parcs de la ville.

à la gloire des pionniers

La première moitié du XXème siècle est marquée par l'avènement d'une vraie démocratie, et d'une grande prospérité sous le modèle d'un état providence original à l'époque. De grands et luxueux bâtiments institutionnels sont construits pendant cette période.

maison des parlements

La puissance de l'Uruguay est alors symbolisée alors par le commandement des forces navales construit sur le port de Montevideo.

Amirauté

Et sur la place de l'indépendance, au centre de la ville historique, s'élève l'élégant Palazzio Salvo, longtemps plus haut bâtiment d'Amérique du sud.

place de l'indépendance

Combinée avec une législation fiscale incitative pour les investisseurs internationaux, cette politique conduit à la réputation acquise par l'Uruguay de "Suisse de l’Amérique latine". En temps que "pays neutre" pendant la deuxième guerre mondiale, cette prospérité s'accroît encore, et l'épisode de la bataille navale du Rio de la Plata qui verra la destruction du cuirassé allemand Amiral Graf Spee, dont certaines pièces ont été conservées sur place, contribuera également à la notoriété de Montevideo.

relique du Graff Spee

Dans les années cinquante, la perte de marchés agricoles entraîne une grave crise économique et des violences, puis une dictature militaire de plus de dix ans. Après le retour de la démocratie et l'adhésion au MERCOSUR, très libéral, la croissance ne dure que quelques années, avant que la récession ne regagne du terrain. Cette décadence est illustrée par les nombreux immeubles abandonnés dans le centre ville.

grandeur et décadence

Le pays semble pourtant vouloir développer une activité de tourisme haut de gamme plutôt concentrée à Punta del Este qui fera l'objet de notre prochain billet, mais aussi à Montevideo, où un luxueux hôtel Sofitel et un casino viennent de s'installer après avoir entièrement réhabilité un établissement des années trente situé sur la plage au sud de la ville.

futur Sofitel

Mais il ne faudrait pas oublier que nous sommes en Amérique latine et que le football y est une passion. Malgré ses maigres 3,5 millions d'habitants, le pays obtient des résultats remarquables dans ce sport, notamment en coupe du monde où il brille souvent et qu'il a remportée à deux reprises (comme l'Argentine, plus que la France ou l'Espagne). Les allégories peintes sur le stade de Montevideo en témoignent.

le roi football

lundi 07 janvier 2013

Buenos Aires, c'est tout à la fois.

Quittant l'hiver parisien, après 14 heures d'avion et seulement 4 h de décalage horaire, l'été argentin nous accueille dans la torpeur subtropicale et avec des formalités d'immigration affreusement longues et répétitives.

formalités d'immigration en Argentine

Et il faudra en supporter une autre série à peu près identique à l'émigration. En effet nous requittons presque immédiatement le territoire argentin pour enfin embarquer sur notre paquebot qui nous attend à quai. La suite sera plus simple et les débarquements-rembarquements seront heureusement extrêmement simplifiés grâce à la carte magnétique Celebrity qui sert à tout, y compris à payer les "extras" à bord. Seuls les contrôles de sécurité à chaque retour à bord seront un peu fastidieux, certes, mais rassurants dans le contexte actuel.

Nous allons découvrir le vrai tango argentin dès la première soirée dans un cabaret de la vieille ville. Ce "folklore" inventé dans les bas-fonds de la ville à la fin du 19ème siècle par des immigrés pauvres, et qui avait à l'époque très mauvaise presse parmi les "élites", gagnera ses galons d'art à part entière dans les années 1920 grâce à la tournée en Europe d'un groupe de musiciens et de danseurs de Buenos Aires qui fit un triomphe à Paris.

danseurs de Tango

Depuis, le tango a fait le tour du monde et a séduit des millions de passionnés sur tous les continents, avec des concours de niveau extrêmement élevé. Son élégance, la rigueur des pas, mais aussi la créativité des musiques et des chorégraphies, le mélange de tendresse, d'érotisme et de machisme qu'il dégage le ferait facilement comparer, dans un autre registre, aux ballets de notre danse classique. C'est aujourd'hui un art à part entière, alors qu'à l'origine ce n'était qu'une sorte de JAZZ ou de BLUES Latino, éventuellement un hybride de nos modernes RAP et HIP HOP.... Peut-être que dans un siècle ou deux, ces derniers seront élevés à la même dignité mondiale ?

Tango tango

Le lendemain, quelques autres aspects et principaux caractères de cette immense métropole qui regroupe un tiers des 40 millions d'argentins nous seront dévoilés:

Général San Martin

en particulier le culte des héros nationaux comme le général San Martin, à l'origine de l'indépendance du pays au début du 19ème siècle. Cette émancipation de la couronne Espagnole a été permise après l'invasion de l'Espagne par les troupes de Napoléon 1er et l'emprisonnement du roi qui rendait ainsi la "tutelle" défaillante. "Merci la France" disent encore les argentins.

Evita Peron Duarte

Le péronisme en tant que mouvement populaire est encore très présent et, plus que le général Peron qui lui a donné son nom au début des années 50, c'est sa deuxième femme Eva, surnommée Evita, décédée prématurément d'un cancer à l'âge de 34 ans, qui a marqué le pays. Elle est présente dans toute la ville sous forme de statues ou portraits géants, et sa dépouille dans le caveau de sa famille DUARTE est l'objet d'une véritable vénération.

L'idole de la Boca

Le football est le sport national et son idole est Diego Maradona dont l'éphigie trône à tous les coins de rues, particulièrement à La Boca qui fut son quartier et son club. Cracher sur cette icône aujourd'hui peut entrainer de graves risques, surtout pour un étranger. Ce serait pratiquement un blasphème, même si la religion catholique, encore aujourd'hui quasiment universelle en Argentine, est moins prégnante qu'il y a quelques décennies.

Pour les vétérans des Malouines

Un autre sujet de passion dans ce beau pays est la période de dictature des années 70-80 et son cortège de répression, avec les défilés de mères des 30 000 disparus qui continuent chaque semaine sur la place de Mai. Il est couplé avec la mémoire de la sanglante guerre des Malouines perdue contre l'Angleterre de Margaret Thatcher, et qui entraina la chute des généraux putchistes puis le retour à la démocratie en 1983. La souveraineté de l'Argentine sur "las Malvinas" ne sera pas abandonnée dans les coeurs de si tôt, et mobilise toujours des manifestations de vétérans sur la place de Mai, à longueur d'année.

promeneurs de chiens

Depuis ces drames, l'économie argentine est sujette à des hauts et des bas et, après avoir surmonté, sous la dure tutelle du FMI, la terrible crise des années 2000, elle a connu une belle croissance puis un nouveau coup d'arrêt après la crise financière à partir de 2008. Des petits métiers de "promeneurs de chiens" par exemple sont apparus.

fleur en Inox

Mais cela n'a pas empêché de continuer à embellir la ville de monuments futuristes, comme la fleur animée en acier inoxydable qui orne le parc voisin de la faculté de droit. Malheureusement son savant mécanisme est en panne et elle ne se ferme plus à la nuit tombée comme le voulait son concepteur.

quartiers d'affaires et conteneurs

L'importance de Buenos Aires se manifeste aussi dans son port et ses quartiers d'affaires dont l'activité est intense, et nécessaire à ce pays grand comme cinq fois la France, qui s'étend sur 4000 km du nord au sud et 2000km d'est en ouest: des tropicales et immenses chutes d'Inguazu aux glaciers du détroit de Magellan et jusqu'à l'immense chaine montagneuse de la Cordillière des Andes qui marque la frontière avec le Chili.

Coucher de soleil sur le Rio de la Plata

L'appareillage en fin d'après-midi nous a laissé un goût d'inachevé et nous serions bien restés dans cette belle capitale quelques jours et pourquoi pas plus, mais nous n'avons pas raté un superbe coucher de soleil sur le rio de la Plata.

jeudi 03 janvier 2013

A la voile ou pas ?

Le cap Horn est une destination mythique pour les voileux, et nous en faisons partie. Cela fini par nous trotter dans la tête jusqu'au moment où la décision de passer à l'acte est suffisamment mûre.

Evidemment, le faire avec Dartag eut été une aventure sensationnelle. Mais il ne faut pas se voiler la face, ce n'était pas à sa portée sans une longue et coûteuse préparation et à nos âges cela commence à urger. L'occasion suivante a fait le larron:

Croisière terre de feu

En plus, nous n'avions jamais fait de croisière sur un paquebot et c'était aussi une expérience à tenter. En cassant un peu notre tirelire nous pouvions profiter d'une grand périple dans plusieurs pays d'Amérique Latine que nous ne connaissions pas, couplé à des excursions à terre et des conférences scientifiques ou littéraires à bord, ce qui n'était pas pour nous déplaire.

Celebrity Infinity

Alors en route, sur un grand navire, construit de plus en France aux Chantiers de l'Atlantique en 2000, et donc parfaitement éprouvé. Cette compagnie Américaine a fait immatriculer le Celebrity Infinity à La Valette (Malte) et cela aussi a une valeur symbolique pour nous.

Avec ses presque 300 mètres de long, 100 000 tonnes et 2000 passagers, ce n'est pas encore un monstre comme les derniers COSTA ou MSC mais la probabilité d'avoir une tempête qui l'empêche de nous emmener jusqu'au bout du monde nous parait faible, surtout au meilleur de l'été austral. Mais s'il doit y en voir une, eh bien pourquoi pas, cela sera instructif et sans doute spectaculaire.

De plus, la probabilité de croiser là-bas quelque concurrent du Vendée Globe regagnant l'Atlantique ne fait que nous exciter davantage.

A bientôt pour les billets suivants sur ce voyage d'une vie.

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