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vendredi 17 février 2012

2010 et 2011 Interludes en Méditerranée

2010-2011 – Quatrième et cinquième saisons sur Dartag

Après la magnifique croisière de cinq mois en Grèce lors de la saison 2009, les nouvelles ambitions nées se sont heurtées à quelques petits soucis familiaux ou de santé, tout à fait indépendants, mais il fallait s’en occuper en repoussant à plus tard les projets de chevauchées au long court.

Ainsi les saisons 2010 et 2011 furent consacrées à purger les petites faiblesses constatées à bord, remplacer les équipements ou accessoires défaillants et continuer la préparation du bateau pour une autre croisière de longue durée à venir.

- remplacement des vannes de coque tendant à se gripper

- reprise d’étanchéité des hublots du carré

- découpage des planchers pour accéder aux cales

- renouvellement et mise au point du jeu de voiles (Clipper voiles)

- révision bimini et capote

- nouvelle annexe (Zodiac Fastroller ActiV 285) et moteur hors bord (Suzuki 6cv)

- mise service d’un hydro générateur Aquagen 4

- complément de panneaux solaires (nouveau panneau souple 68w amorphe)

- révision générale Eolienne AirX marine

- remplacement des girouettes et feux de mouillage

- nouvelle jauge à gasoil électrique

- masticage des petits éclats de gelcoat

- installation d’une passerelle pliante en alu

- montage d’une manivelle de winch électrique MODEA

- réparation de la télécommande de pilote Raymarine (4 mois au SAV)

- amélioration de l’installation TV avec pose d’un support orientable

- Révision moteur Volvo 400h

Pour ce qui concerne la navigation, nous nous sommes contentés de petite sorties familiales le long des côtes de Camargue, du Var et de la côte d’Azur ainsi qu’en Corse et Sardaigne. Ce fût aussi l’occasion de naviguer de concert avec Frédéric sur son Tangaroa tout neuf, un magnifique First 27.7, ou avec d’autres voiliers amis. La participation aux Régates Royales en 2010 et une visite au Salon de Cannes en 2011 complètent ce modeste tableau.

Une anecdote survenue en septembre 2010 en Corse su sud, en passant à proximité du phare des Moines par toute petite brise : alors que je venais de remettre ma ligne de traine à l’eau après la sortie du périmètre protégé, un vedette de l’administration du parc venant du fond de l’horizon plein tube, me rattrape et menace de me verbaliser pour pêche illicite ( ?). Finalement, après pas mal de palabres, et probablement en constatant que Dartag est immatriculé à Ajaccio, les préposés renoncent à leur funeste projet, mais pour marquer leur pouvoir, décident de m’arracher ma ligne en passant rageusement dessus jusqu’à ce qu’elle lâche. Bravo, et merci messieurs !

A noter que les quelques traversées effectuées au cours de ces deux saisons l’ont été entièrement à la voile, par brise maniable et favorable, ce qui est rare en méditerranée. Cela implique de choisir les dates de départ et de retour en fonction de la météo, et donc de prendre son temps ou des marges de manœuvre si l’on a des rendez-vous à respecter. Privilège de retraité !

Résumé de ces deux saisons en quelques chiffres :

- milles parcourus : 11072 - 8010 = 3062 NM

- heures de moteur : 394.1 - 318.6 = 75,5 h

- ratio voile : 40,55 milles pour une heure de moteur

- consommation totale de gasoil : 117+113 = 230 litres

- soit une moyenne de : 3,04 litres à l’heure (à surveiller, c’est plus que d’habitude, à moins qu'il n'y ait une erreur quelquepart).

lundi 19 septembre 2011

Luxe, frime, fric,.... et bonheur !

Le festival de la plaisance de Cannes prend place parmi les animations de fin d'été de cette station balnéaire mondialement célèbre.

En cette année d'incertitude financière, pour ne pas dire de crise, cela pouvait êtrte intéressant d'y faire une visite, pour voir comment les exposants et le public répondrait à l'appel des organisateurs. C'était aussi l'occasion de rencontrer des spécialistes en matière d'équipement, à moins d'un an de notre départ pour un grand voyage.

Créole

Quittant Porquerolles, sous les yeux de Créole, par une bonne brise d'ouest, il ne fallut pas longtemps pour être au cap Camarat. Une heure plus tard, après quelques puissantes rafales et pas mal d'hésitations, le vent tombait, ne laissant qu'un méchant clapot d'un mètre en provenance du golfe de St Tropez. La mort dans l'âme, je tournais la clé de contact, mais, aussitôt embrayé, de fortes vibrations aussi bien en marche avant qu'en marche arrière me faisaient penser à un détritus pris dans l'hélice.

Après avoir rentré toute la voilure et bloqué la barre à babord toute, une plongée en apnée suffit pour éliminer l'intrus, une grande feuille de plastique, malgré les mouvements du bateau dans ce clapot résiduel. A peine remonté à bord, une reprise du vent nous permettait de nous approcher d'Agay, avant qu'il ne tombe de nouveau puis revienne de l'est à 8-10 noeuds. Quel bonheur de rallier Cannes au coucher du soleil avec cette brise régulière ! Le mouillage de Ste Margueritte est toujours aussi accueillant.

Croisette masquée

Au réveil le jeudi matin, la vue sur la croisette était quasiment obstruée par les immenses motors yachts mouillés par dizaines dans la baie parcourue par leurs puissantes annexes et les derniers modèles des exposants cherchant à séduire des clients potentiels pour ces montres de puissance.

les grands à Cannes

Dans le vieux port, le salon à flot regroupe les principaux chantiers de voiliers, présentant plutôt leur haut de gamme, et surtout une impressionnante collection de constructeurs, brookers, vendeurs de maxi motor-yachts longs de 25 à plus de 50 mètres, déplaçant des centaines de tonnes, équipés de moteurs de 1500 à 4700 chevaux-vapeur et dont les réservoirs peuvent contenir jusqu'à 70 000 litres de précieux gasoil. Il y a aussi nombre de vedettes rapides dont le bruit est un élément de séduction fondamental.

vive les couleurs

Sur le plan esthétique, je devrais dire "design", la tendance se confirme d'année en année. Les étraves sont plus verticales et même inversées comme s'il s'agissait de sous-marins. Le "must" semble être l'annexe qui est un modèle réduit du yacht principal. Naturellement la noblesse des matériaux, la qualité des peintures et des vernis, la variété des couleurs est immense. Certains, dont les coques sont noires et les vitres tellement sombres qu'on les diraient noires aussi, font penser aux films de James Bond ou à des navires furtifs qui seraient invisibles la nuit pour mieux apparaitre le jour. Un comble !

Le grand et son modèle réduit

l'annexe idéale

Ce monde du luxe, de la frime et de la mode n'est pas le mien , mais après tout, pourquoi pas ?

A propos des équipements, je souhaitais appronfondir quelques questions techniques avec les fournisseurs. Sur ce plan, ce millésime était moins riche que je ne le pensais, et je suis resté partiellement sur ma faim. J'ai quand même pu rapporter quelques bricoles et informations qui me rendront service l'hiver prochain.

vitesse 8 noeuds

Le retour vers Hyères me prit trois jours. La vent d'est de 10 à 15 noeuds était trop tentant pour ne pas en profiter, et au lieu des 55 milles de la route directe, j'en fis 155, juste pour le plaisir, essayant par la même occasion de prendre un beau poisson. Mais lorsque la vitesse oscille entre 7 et 8 noeuds cela doit être un peu rapide pour les bonites ou les thons car je suis rentré bredouille. Le plaisir des escales tranquilles dans des mouillages de rève, quasiment déserts à la fin de cette saison, alors que l'eau de mer est encore à plus de 25°, est immense aussi.

Cette fois, c'était deux fois le temps, trois fois la route et quatre fois le bonheur. C'est simplement dommage de na pas avoir pu en profiter à deux. Heureusement la vraie retraite approche.

jeudi 23 septembre 2010

Royales, les régates

Après le retour de Corse, une période de beau temps durable, exceptionnelle à la fin de l’été en Méditerranée, nous a incité à farnienter en rade d’Hyères, faisant des sorties de quelques jours dans les iles en famille ou avec des amis, en attendant un évènement annuel organisé par le Yacht Club de Cannes : Les Régates Royales.

Elles portent ce nom depuis que les têtes couronnées d’Europe avaient pris l’habitude d’organiser leurs rencontres de yachtmen ici, à partir du début du vingtième siècle, comme ils organisaient, l’hiver, leurs rencontres de ski à St Moritz.

Partis quelques jours en avance avec une belle brise d’ouest, nous avons profité des journées du patrimoine pour visiter la citadelle de l’ile St Margueritte, où furent enfermés notamment le Masque de Fer au 17 ème siècle ou le Maréchal Bazaine au 19 ème.

Fort royal

Au mouillage dans la baie de la Napoule, on pouvait voir deux grands voiliers mythiques, Creole l’authentique, et Atlantic la réplique de la goélette de Charlie Barr.

Créole

Atlantic

Il y avait aussi un grand nombre de motor-yachts qui se doivent d’être à Cannes pour chaque grand évènement et aussi plusieurs voiliers modernes impressionnants par leur taille à l’image de TWIZZLE, un ketch de 188 pieds déplaçant 550 tonnes, dont le pont avant s’ouvre en grand pour y puiser, avec une grue escamotable, les nombreuses embarcations de servitude d’un tel bâtiment, totalisant ensemble plusieurs centaines de chevaux, mais parfaitement silencieuses.

Twizzle

Les concurrents arrivèrent dès le dimanche, et le lundi chaque équipage peaufinait sa préparation et se débarrassait sur les quais de tout le matériel inutile pour les performances, comme les tauds, les annexes, les sacs à voiles et espars en excédent, créant une animation de bon aloi. Le pavillon britannique est largement majoritaire, mais beaucoup d’équipages parlent français y compris sur les plus grands comme Moonbeam ou Shamrock.

Pont de Shamrock

Avel

LAK au départ

Un sloop bermudien de 1928, long de 14 mètres, LAK, ayant appartenu au Baron BICH, toujours basé à Hyères, et fraichement restauré à la perfection dans ses couleurs d'origine (coque noire, flottaison jaune, antifooling rouge), est venu en voisin; La classe des Dragon est très largement représentée car c’est une tradition forte du YCC.

Mardi matin tous sortent du vieux port sous un temps voilé avec une brise mollassonne. Après avoir hissé toutes leurs voiles, ils tournent sur rade à la disposition du comité de course. C’est l’occasion de les approcher de près, sans prendre de risque, car avec ce petit temps ils évoluent doucement.

Tuiga

Zaca a te Moana

Malheureusement, les rares bouffées d’air, ne dépassant jamais 7 nœuds, n’ont pas permis le lancement des procédures de départ et l’ensemble des courses a finalement été annulé vers 15h30. Seuls quelques acharnés (Tuiga, Parisca, Moonbeam, excusez du peu) sont restés en mer pour se mesurer amicalement dans les petits airs.

Le lendemain mercredi, la météo n’était guère plus optimiste pour le vent. C’était sans compter sur le soleil qui a déclenché vers midi une brise thermique de sud de 15 à 18 nœuds. Vraiment l’idéal pour assister à un très beau spectacle sur l’eau. Il s’est confirmé, et tous les départs ont été donnés en cinq procédures distinctes.

Départ

Shamrock V

Que de raffinement, de beauté, de puissance, d’élégance, que dis-je, de fair play, dans ces voiliers magnifiquement menés par des équipages soucieux de faire marcher les bateaux au maximum, sans prendre le risque d’une collision qui réduirait à néant des années de soins et des millions de $, de £ ou d'€, pour les restaurer.

à la bouée de La Galère

Vraiment ces régates et cette manifestation sont royales, et elles méritent le voyage.