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Mot-clé - Ajaccio

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samedi 13 juillet 2013

Aïe, ça se Corse ?

Remonter la côte occidentale de la Corse à la voile est un régal lorsque le soleil et le vent sont de la partie. C’était notre chance à partir de Bonifacio avec une brise soutenue en laissant à notre droite des orages sans doute musclés qui arrosaient les montagnes de cette île merveilleuse.

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Une fois passé le cap Sénétose, ce mercredi 10 juillet, en louvoyant contre un vent d’ouest de 15 à 20 nœuds, nous avions décidé de passer la nuit à Porto Pollo, au nord du golfe du Valinco, où nous n’étions pas allées de puis longtemps.

Mauvaise surprise, en approchant, nous découvrons que le mouillage est interdit sur toute la longueur de la côte et que l’usage des bouées sur corps-morts municipaux est obligatoire. Il y en a une quarantaine qui occupent tout le littoral où les fonds sont acceptables sur des sondes de 5 à 15 mètres. La somme forfaitaire de 20 euros est exigée sans aucun service associé, ni navette, ni ramassage d’ordure, ni offre de boissons fraiches, ni bien sûr croissants chauds ou autres douceurs (même payantes) potentiellement capables d’attirer des plaisanciers dans ces conditions. En plus, toutes les bouées sont déjà occupées, et par qui ? par des pigeons adorant se faire piéger ! Les seuls bénéficiaires de cette situation doivent être les équipages des puissants semi-rigides de l’exploitant du parking à bateaux (2 moteurs de 200 cv, pour quoi faire, s’il s’agit de percevoir les sommes encaissées auprès des plaisanciers).

Ce n’est pas notre cas, et nous renonçons donc à céder à ce racket organisé aux frais des contribuables sans aucune création de valeur. Pour éviter de mouiller dans des fonds de 25 à 30 mètres nous nous rabattons sur une zone plus exposée, mais libre, et dont les fonds sont acceptables devant l’embouchure du fleuve Taravo, un mille à l’Est, où nous passerons la nuit avec une dizaine d’autres voiliers réfractaires. Au réveil le lendemain matin, toute la pluie tombée la veille sur les montagnes avait dévalé les pentes, drainées par le Taravo et nous flottions dans une eau brune charriant des détritus de toutes sortes. Et en plus, le téléphone et la 3G sont très faibles, quasiment inexploitables. Charmant pays !

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Nous décidons quand même, en attendant le vent, de faire une visite à terre et rejoignons le port avec notre annexe (6 chevaux, bien suffisants pour marcher à 10 nœuds et plus). Nous la laissons amarrée à la passerelle d’un ponton flottant et la cadenassons par précaution comme nous le faisons de plus en plus souvent, hélas, de même que nous retirons la clé du moteur, car la confiance d’autrefois s’émousse (ah le bon vieux temps !).

Le village est assez animé et les maisons traditionnelles en pierre sont pour la plupart bien entretenues ou rénovées avec de superbes jardins fleuris. Il en reste quelques unes à l’abandon, mais l’ensemble est agréable et donnerait presque envie de revenir.

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A notre retour au port, notre annexe est coincée par le gros semi rigide des plongeurs qui a été manifestement amarré pour nous bloquer. Notre amarre principale est larguée, et un tuyau qui trainait sur le ponton est en train de la remplir d’eau douce (quel gâchis ridicule !). Heureusement que nous avions utilisé notre cadenas sinon il est assez probable que l’annexe aurait été au moins déplacée, si ce n’est dissimulée, éventuellement subtilisée pour ne pas dire volée ! Arrive alors un jeune blambec hautain, prétendant qu’il n’a pas pu amarrer son semi-rigide et regrettant que nous ayons cadenassé notre annexe. Nous embarquons en lui faisant remarquer qu’elle ne le gênait pas du tout, nous félicitant d’avoir utilisé le cadenas ce qui nous a permis de ne pas avoir à la chercher partout (il l’admet). Pendant ce temps, il reprend l’amarrage normal de son embarcation, démontrant à l’évidence que nous ne le gênions absolument pas et qu’il avait voulu nous bloquer. La coupe est pleine et Porto Pollo ne nous reverra pas de si tôt, en même temps que nous ferons « profiter » nos amis et autres plaisanciers de cette expérience situant le très mauvais niveau de l’accueil de cette petite station balnéaire qui aurait pourtant des atouts à faire valoir.

Le vent étant arrivé, même force et direction que la veille, nous appareillons et entamons un beau louvoyage pour passer le Cap de Muro avant d’embouquer le magnifique golfe d’Ajaccio où nous arrivons en milieu d’après midi. Cette escale technique destinée au ravitaillement est bien pratique avec ses deux supermarchés bord à quai et nous en profitons. Malheureusement le schipchandler, consulté par téléphone n’avait aucune des deux pièces dont nous avions besoin (« uniquement sur commande »). Chienne de vie, tout se dégrade ! Il y a même un superbe petit voilier moderne coulé sur les enrochements de l’Amirauté et vu la végétation marine qui l’a colonisé il doit être là depuis des mois. Quel dommage !

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Nous ne nous attarderons donc pas et reprendrons la mer dès le lendemain matin, en espérant sur la foi de météos concordantes pouvoir regagner le continent avec une brise juste suffisante pour au moins une bonne partie du parcours. Le départ le long de la magnifique route des Sanguinaires fut conforme. Mais aussitôt sortis du golfe, la force 3 annoncée de sud-ouest s’est avérée être plutôt de force 1 à 2 de nord-ouest, puis 0 à 1 de sud. Après avoir gratté le moindre souffle pendant presque tout l’après-midi, nous avons fini par craquer et mettre à contribution la risée Volvo, en nous rappelant comme chaque fois que si les romains avaient inventé les galères et l’esclavage, c’est qu’il y avait de bonnes raisons sur cette foutue mer Méditerranée. Ah s’ils avaient connu le moteur thermique, la face du monde aurait été changée !

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Comme nous, ils devaient voir de temps en temps de grands cétacés, même si cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le vent est revenu, comme prévu du sud-ouest, devenant même musclé, et nous avons fini ce périple autour de l'île de beauté sur les chapeaux de roues.

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Cela nous consolera de revenir bredouille, malgré les superbes touches que nous avons enregistrés sur notre ligne de traine, qui ne nous ont laissé que quelques hameçons tordus ou cassés, et rapalas perdus. Snif !

vendredi 17 février 2012

2010 et 2011 Interludes en Méditerranée

2010-2011 – Quatrième et cinquième saisons sur Dartag

Après la magnifique croisière de cinq mois en Grèce lors de la saison 2009, les nouvelles ambitions nées se sont heurtées à quelques petits soucis familiaux ou de santé, tout à fait indépendants, mais il fallait s’en occuper en repoussant à plus tard les projets de chevauchées au long court.

Ainsi les saisons 2010 et 2011 furent consacrées à purger les petites faiblesses constatées à bord, remplacer les équipements ou accessoires défaillants et continuer la préparation du bateau pour une autre croisière de longue durée à venir.

- remplacement des vannes de coque tendant à se gripper

- reprise d’étanchéité des hublots du carré

- découpage des planchers pour accéder aux cales

- renouvellement et mise au point du jeu de voiles (Clipper voiles)

- révision bimini et capote

- nouvelle annexe (Zodiac Fastroller ActiV 285) et moteur hors bord (Suzuki 6cv)

- mise service d’un hydro générateur Aquagen 4

- complément de panneaux solaires (nouveau panneau souple 68w amorphe)

- révision générale Eolienne AirX marine

- remplacement des girouettes et feux de mouillage

- nouvelle jauge à gasoil électrique

- masticage des petits éclats de gelcoat

- installation d’une passerelle pliante en alu

- montage d’une manivelle de winch électrique MODEA

- réparation de la télécommande de pilote Raymarine (4 mois au SAV)

- amélioration de l’installation TV avec pose d’un support orientable

- Révision moteur Volvo 400h

Pour ce qui concerne la navigation, nous nous sommes contentés de petite sorties familiales le long des côtes de Camargue, du Var et de la côte d’Azur ainsi qu’en Corse et Sardaigne. Ce fût aussi l’occasion de naviguer de concert avec Frédéric sur son Tangaroa tout neuf, un magnifique First 27.7, ou avec d’autres voiliers amis. La participation aux Régates Royales en 2010 et une visite au Salon de Cannes en 2011 complètent ce modeste tableau.

Une anecdote survenue en septembre 2010 en Corse su sud, en passant à proximité du phare des Moines par toute petite brise : alors que je venais de remettre ma ligne de traine à l’eau après la sortie du périmètre protégé, un vedette de l’administration du parc venant du fond de l’horizon plein tube, me rattrape et menace de me verbaliser pour pêche illicite ( ?). Finalement, après pas mal de palabres, et probablement en constatant que Dartag est immatriculé à Ajaccio, les préposés renoncent à leur funeste projet, mais pour marquer leur pouvoir, décident de m’arracher ma ligne en passant rageusement dessus jusqu’à ce qu’elle lâche. Bravo, et merci messieurs !

A noter que les quelques traversées effectuées au cours de ces deux saisons l’ont été entièrement à la voile, par brise maniable et favorable, ce qui est rare en méditerranée. Cela implique de choisir les dates de départ et de retour en fonction de la météo, et donc de prendre son temps ou des marges de manœuvre si l’on a des rendez-vous à respecter. Privilège de retraité !

Résumé de ces deux saisons en quelques chiffres :

- milles parcourus : 11072 - 8010 = 3062 NM

- heures de moteur : 394.1 - 318.6 = 75,5 h

- ratio voile : 40,55 milles pour une heure de moteur

- consommation totale de gasoil : 117+113 = 230 litres

- soit une moyenne de : 3,04 litres à l’heure (à surveiller, c’est plus que d’habitude, à moins qu'il n'y ait une erreur quelquepart).

dimanche 17 juillet 2011

oh la belle rouge !

Alienza n'a pas pu partir pendant le bon créneau météo. Vingt quatre heures après la mienne, idéale, sa traversée Hyères-Corse a donc été dure et inconfortable, marquée par une houle d'ouest bien formée et un vent non pas fort mais musclé, atteignant et même dépassant souvent les 25 noeuds.

l'Amirauté

En plus, les mouillages de la côte ouest de l'ile de beauté sont agités dans ces conditions, si bien qu'ils sont arrivés à Ajaccio, où je les attendais depuis trois jours au mouillage de l'Amirauté déjà bien encombré, plutôt contents du repos mérité qu'ils allaient pouvoir prendre. J'en avais profité pour déguster les produits de l'ile, profiter des merveilleuses coupes glacées du port et faire quelques repérages dans cette ville que j'aime beaucoup. Cela m'a donné, hélas, l'occasion de constater à quel point le vandalisme peut être stupide.

vandalisme

Le vieux pointu, offert par une ancienne famille de pêcheurs locaux, exposé sur la place de la cathédrale, avait reçu la visite de quelques cogneurs qui lui ont fait des dégâts significatifs. Les nigauds !

abordage à Campo Moro

L'équipage familial qui devait nous rejoindre par avion étant arrivé comme prévu, l'appareillage vers le sud de l'ile eu lieu dès le lendemain, avec une première escale à Campo Moro où, par beau temps et de jour, l'un des nombreux voiliers de location arrivant au mouillage dans une certaine pagaïe, n'a pas pu éviter d'aborder avec un choc sonore un fifty inoccupé qui, amaré à son corps-mort, n'en demandait pas tant. Cette baie profonde, et partiellement occupée par une ferme marine, laisse quand même de la place pour les plaisanciers, mais certains tiennent malgré tout à poser leur ancre sur celle des autres, déjà mouillés. Bref prudence à tous les niveaux et garder ses distances sont les deux mamelles de la tranquilité !

diner de vieux

retour des jeunes

qui a fait cela

Musarder de mouillage en mouillage dans les bouches de Bonifacio est un extrême plaisir lorsque les conditions météo le permettent. C'était le cas en cette première quinzaine de juillet et, de Figari aux iles Lavezzi puis dans le dédales de iles du Nord Sardaigne, au gré des parties de plage, des diners de vieux et du retour des jeunes, des barbecues à bord et des promenades à terre, c'est une escapade bien agréable que nous avons vécue. Chienne de vie !

chienne de vie

En regagnant Ajaccio, traversant le golfe du Valinco, la ligne de traine d'Alienza a ferré un superbe thon qui hélas a fini par casser alors qu'il était à portée de main. Quelle frustration quand il ne reste que les photos et vidéo de cette prise magnifique?

belle prise, mais...!

Pour le retour, nous avons profité d'une courte fenêtre météo avec des brises de nord à nord-est prévues sur toute la traversée. Encore un régal et zéro gramme de CO2. Elle est pas belle la vie ! D'autant plus qu'un autre thon s'est jeté goulument sur le dernier rapalas disponible. Il ne fallait pas le rater celui-là. Après plus d'une heure d'efforts et de patience il était à bord, et encore une heure plus tard, après l'avoir soigneusement découpé en morceaux alors que la nuit était tombée, il était dans le frigo !

presque 10 kilos

Dès le retour à Hyères un barbecue géant a permis à tous de déguster l'extrême finesse de ce poisson bien frais, juste avant le feu d'artifice de la fête nationale. Vive la belle rouge !

oh la belle rouge !