Confiné

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Le coucher de soleil sur la silhouette des Saintes marque le retour en Guadeloupe après un mois et demi de croisière au sud des petites Antilles.

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Le mouillage dans le petit port de Grand Bourg à Marie Galante, permet de faire les formalités d’entrée et quelques menues courses…

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…ou des petits travaux comme le nettoyage des traces de rouille à la sortie des évents de vidange du puits à chaîne, et de boucher les deux supérieurs, inutiles, ne gardant que ceux du bas.

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Dès le lendemain nous avons rejoint le mouillage de Saint Louis, beaucoup plus agréable. Et vlan !!!!!! C’est là qu’on s’est pris l’épidémie en pleine poire.

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Comme si la nature avait compris qu’il se passait quelque chose d’anormal, l’alizé s’est mis en sommeil et le beau temps de ces dernières semaines a fait place à une couverture nuageuse tristounette, le premier jour du confinement.

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Ayant téléchargé et imprimé l’auto attestation dérogatoire « inventée » par nos brillants énarques (seuls eux pouvaient imaginer une telle « formalité » absurde en plus d’être infantilisante), nous avons tenté notre chance au SuperU de Saint Louis. L’approvisionnement était correct, en dehors des fruits et légumes, et il n’y avait pratiquement personne.

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Le bourg lui-même semblait déserté par ses habitants : par une voiture, pas une mobylette, pas un troquet ouvert, c’était sinistre.

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Sous l’impulsion de quelques plaisanciers confinés au mouillage, un petit réseau a démarré avec une vacation radio tous les matins à 9h pour échanger les nouvelles. Bientôt un groupe Whatsapp a permis, en plus, de communiquer aussi avec les responsables du club de voile local et de créer des liens avec la population et les commerçants du village. Puis les applaudissements de 20h en faveur des personnels sanitaires ont démarré sur les ponts éclairés par les projecteurs. Malheureusement, la population a mal compris ces manifestations et les a interprétées comme des fêtes incompatibles avec le confinement. Il était préférable d’y mettre fin, d’autant que « l’idiot du village » a frappé, soupçonnant les plaisanciers d’apporter la peste, en lacérant trois annexes amarrées au dinghy dock. Heureusement, le président du club de voile, a pu apaiser la situation.

Rapidement des filières d’approvisionnement se sont mises en place : les maraîchers de l’île et les pêcheurs regroupaient les commandes et venaient les livrer sur le ponton deux fois par semaine par dizaines de kilos, pour la plus grande joie des plaisanciers. Les jeux entre équipages, les histoire drôles, les énigmes, casse tête et devinettes échangées par Whatsapp, ainsi que les recettes de pain ou de gâteaux, comme les prêts de bouquins ou de vidéos rendent ce temps d’attente plutôt agréable, même pour les nombreux enfants à bord des bateaux.

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Sachant que ce confinement allait durer, ceux qui projetaient de rentrer en Europe à la fin du printemps souhaitaient préparer leur bateau à cette fin et refaire les pleins de gaz, de fuel, d’eau douce ce qui n’était pas facile. Ils ont donc quitté cette ambiance sympathique pour rejoindre Pointe à Pitre où il était possible de trouver ce ravitaillement sur rendez-vous téléphonique. C’est ce que j’ai fait également, avec l’idée de profiter de ce temps mort pour les petits bricolages ou révisions nécessaires à bord. Le mouillage du Gosier, vu au passage, était bien fréquenté

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Devant la marina, l’abri est parfait, et on voit passer les cargos qui viennent ravitailler l’île.

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Le flux prévu pour la saison touristique est surabondant en raison du confinement et du départ de la quasi-totalité des plaisanciers et locataires de vacances, rentrés chez eux. Le Carrefour est débordé par les palettes déposées dans ses allées. Il n’y a donc aucun problème d’avitaillement.

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Je peux donc faire du tri dans ma cambuse. Ici un cassoulet brésilien qui mijote.

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Les petits matins calmes sont délicieux, même si c’est bien dommage de ne pas naviguer.

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Les gendarmes font leurs patrouilles débonnaires, venant demander aux équipages confinés si tout va bien à bord.

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Certains quittent le port, on se demande pour quelle destination, car toutes les îles voisines sont fermées et n’accueillent qu’en cas d’urgence, avec quarantaine obligatoire à ‘arrivée.

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Juste en face, le mouillage de l’îlet à cochon sur fond de Soufrière dégagée est bien attirant

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Le Dixmude envoyé par Macron ressort après une courte escale pour débarquer quelques masques chirurgicaux. Vingt mille tonnes de diplomatie en marche !

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A terre, tout est mort et, curieusement, même le cabinet médical de la marina est fermé.

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Cela n’empêche pas de faire les petites sorties obligatoires pour les poubelles et le ravitaillement une fois par semaine.

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Et il y a aussi de grands moments lors de sessions Skype familiales. Riche idée, merci à ceux et celles qui l’ont eue. La technologie a du bon en ce temps de confinement.

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Le remplacement des rideaux des hublots zénithaux du carré, piqués et moisis, traînait depuis un moment et les boutons pressions étaient rouillés, pourris, arrachés, irrécupérables.

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La petite machine à coudre a repris du service pour fabriquer les maquettes. Malheureusement elle m’a lâché au bout de quelques coutures. Et mes efforts pour la réparer sont restés vains pour le moment. En apparence, rien n’est cassé à l’intérieur, mystère !

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J’ai poursuivi quand même mon projet avec une « sew glue liquid » qui m’a épaté. Très facile d’emploi, même pour faire un bâti ou un patron, et rapide à mettre en œuvre.

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J’ai tenté le velcros adhésif. Et là encore, bonne surprise, ça marche !

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On verra combien de temps ça dure, mais pour le moment le soleil tropical ne fera plus trop passer les vernis du carré.

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La vue depuis mon mouillage est un peu gâchée par les nombreuse épaves qui garnissent les berges de l’anse du carénage : ferry, bac et voilier coulés, à l’abandon depuis des années.

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Curieusement, en l’absence de toute tempête, le mât du voilier qui était intact, est tombé, se brisant en trois morceaux. Je n’étais pas dessous ! Ca m’a quand même rappelé de vilains souvenirs.

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En dehors des bricolages, révisions en retard, suivi de l’actualité dramatique en ce moment, écritures diverses et de souvenirs, la lecture est, comme toujours, une activité incontournable à bord. Ce premier roman de l’américaine Kathryn Stockett, publié en 2010, fut un succès mondial vendu à plus de trois millions d’exemplaires et traduit en français par Pierre Girard.

L’histoire se situe essentiellement à Jackson dans le Mississipi au début des années soixante, en plein combat pour les droits civiques des noirs, sous la présidence de John Kennedy. L’héroïne, blanche, cherche à écrire un livre de témoignages avec plusieurs domestiques noires qui deviennent ses amies et qu’elle doit convaincre de passer outre les blocages de cette société raciste des planteurs du sud. C’est par moment poignant, parfois violent, mais aussi drôle ou émouvant. Successivement, au fil des chapitres, chacune de ces femmes est la narratrice et parle à la première personne. Le ton de chacune, restitué par la traduction, veut être celui de sa propre condition de maître cultivé ou de servante au langage simple. C’est parfois gênant, voire déroutant, et j’ai mis du temps à me laisser prendre à ce jeu subtil où l’on pourrait presque entendre les accents de chacune. Est-ce la même chose dans la version originale ? J’aimerais le savoir.

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Je termine avec une chevelure de confinement qui, certes, dissimule bien mes efficaces prothèses auditives, mais j’avoue que je commence à en être un peu gêné. Vivement la quille ! Mon billet Air France, décalé par la pandémie, me fera revenir à Hyères le 3 juin. J’espère naviguer encore un peu avant cette date, et de désarmer le bateau à Pointe-à-Pitre pour la saison cyclonique.

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