A Tyrrel Bay (Cariacou de Grenade) les formalités de sortie sont simples et pratiques à défaut d'être bon marché. Comme notre objectif est de rejoindre la Guadeloupe à mi-Mars, c’est la destination que nous avons déclarée. Les évènements vont en décider autrement, avec une certaine complicité du rédacteur.

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C’est d’abord à Union Island que nous avons fait notre première escale pour y retrouver David et Raymonde sur Grand Pas. Nous les avons rejoints à Clifton Bay après un essai de mouillage à Ashton Harbour, trop exigu, avec très peu de fond et mal protégé par Frigate Island, puis à Palm Island, magnifique mais terriblement rouleur.

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La force de l’alizé, les grains et les sargasses ont fini par nous en chasser le lendemain pour trouver refuge à Mayreau moins fréquentée, bien mieux protégée et aux eaux claires. Les pélicans repus se sèchent sur un rocher en attendant de repartir à la pêche.

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Et un petit évènement qui marque la vie d’un voileux s’est produit lors de notre deuxième journée à Saline Bay. Un schnorkeling (en français PMT) de routine nous a fait passer sur une sorte de chaos de roches et de blocs de béton en ruines provenant sans doute d’un ancien appontement détruit.

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Sous un gros caillou, j’aperçois ce qui pourrait bien être des antennes de crustacés. M’approchant je découvre avec ravissement un véritable nid de langoustes. Elles devaient être plus d’une dizaine, par moins de trois mètres de fond. Seul à bord, et sans moyen d’en capturer, je me suis contenté de les photographier. Mais c’est une première et j’espère ne pas en rester là !

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Le lendemain, après un dur louvoyage et deux forts grains, avec des rafales à près de 40 nœuds, la chute du génois a rendu l’âme et s’est déchirée sur six mètres. Il fallait donc faire une escale aussitôt que possible pour trouver une solution. C’est Béquia que nous avons rejoint après une demi-heure de moteur, parmi quelques élégants visiteurs.

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Le fort vent et les grains violents nous incitaient aussi à y rester en attendant une amélioration. La recherche d’un maître voilier nous a permis d’en découvrir deux. Le premier paraissait sympathique, mais en parlant de délais, il s’est avéré que sa fiabilité laissait à désirer. J’ai dû récupérer mon sac à voile pour le porter au deuxième qui s’engageait à faire le travail pour le lendemain soir. Le devis de 500$EC (175 €) paraissait acceptable.

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Retournant à bord entre deux visites à terre, Dartag avait reculé d’une vingtaine de mètres sous l’effet des rafales musclées. Il fallait remouiller et filer plus de chaine. C’est là que le vieux guindeau LEWMAR a confirmé qu’il avait l’âge de ses artères. Remonter le mouillage fut un exploit en essayant de l’aider au mieux, au moteur. Il devenait nécessaire de lui redonner aussi une nouvelle jeunesse, et au minimum de changer le barbotin en bronze (roue crantée qui entraine la chaine) portant de vilaines traces d’usure.

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Il n’y a pas 36 mécaniciens ou électriciens de marine à Port Elizabeth. Le seul que j’ai trouvé régnait sur un atelier rempli d’un foutoir pas possible de pièces en tous genres, mais pas la bonne. De plus, mes essais de démontage du barbotin existant se sont avérés infructueux et j’ai préféré arrêter avant de casser quelque chose. Il me faudrait donc attendre d’être en Martinique en ménageant le vieux LEWMAR autant que possible.

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Entre temps, l’arrivée de Belle Lurette était une occasion de dîner d’excellentes langoustes sur la plage, après un double painkiller bienvenu (boisson générique légèrement alcoolisée et aromatisée pour supprimer les angoisses), avec Michel, Françoise, Philippe et Helena.

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Surprise en récupérant le génois le lendemain, au lieu de se contenter de retailler et refaire la chute, le maitre voilier avait poursuivi les travaux en posant une protection anti UV sur l’ensemble, multipliant la facture par presque trois. Mais cela restait raisonnable, et cette voile en valait le coup. Elle sera désormais plus qu’un dépannage, une réelle alternative !

Du coup, je pouvais appareiller pour la Martinique sans trop serrer les fesses en cas de vent fort. De toute façon j’avais encore en stock à bord un vieux foc n°1 de 40 ans dont j’avais vérifié qu’il était utilisable sur l’enrouleur. Il pourra, cette fois, rester dans son sac.

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Après cinq jours d’escale et avec un temps redevenu plus clément, rallier Le Marin fût une belle navigation avec une douce nuit en mer et une arrivée au lever du soleil. Notre programme technique était chargé, et le carnaval n’allait pas faciliter les choses.

Mais d’abord, place aux retrouvailles avec Pégase Rider que nous avions croisé à Béquia trois semaines plus tôt. Marco et Béné, juste revenue de métropole, préparent le rapatriement de leur bateau par cargo avant de tourner la page de la voile, et de s’installer sur le golfe du Morbihan.

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Ensuite, le Zodiac, déposé pour réparation chez le concessionnaire après l’achat de la nouvelle annexe, devait être prêt. En effet, une bonne révision générale permettait d’envisager de la vendre sur place, ou plus tard. Avec une affichette et une annonce sur le bon coin, l’affaire a été réglée en deux jours. Mourad, un solitaire venant de découvrir la voile avec « Passion » un joli bateau en acier de 35 pieds, en fera bon usage. Il m’a laissé le train d’atterrissage escamotable !

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Et surtout il fallait trouver une solution pour le guindeau. Les recherches et conseils des spécialistes ont abouti à son remplacement par un modèle LOFRANS Cayman (marque italienne bien connue). L’électricien venu l’installer à bord, au mouillage, s’est montré coopératif et efficace. Le perçage de la platine support, instant crucial, a été parfait, exactement à l’endroit que je souhaitais et les câblages refaits à neuf avec beaucoup de soin très proprement. Il ne reste qu’à retourner la chaine à la première occasion pour avoir un mouillage quasiment neuf. Ouf, un sérieux souci en moins.

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Repartant du Marin après une semaine d’escale technique, le passage par la côte au vent dans un alizé modéré et sous un soleil radieux fut encore une fois un régal. Nous atteignîmes la pointe de la caravelle en début d’après-midi, pile poil pour une sympathique escale à La Trinité.

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Jean Philippe, qui passe l’hiver dans sa maison martiniquaise, avec son petit chien « Harley », est venu me chercher en voiture et m’a fait visiter son petit coin de paradis antillais, dans lequel il reçoit des visites nombreuses et agréables.

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De sa terrasse on a une vue sur la baie du Galion et il avait préparé un magnifique ange royal du lagon en papillote qui nous a régalés. Et nous avons refait le monde tranquillement en parlant de « trucs d’hommes », voyages, motos, femmes, livres, et bien sûr projets d’avenir. A nos âges, et bien oui, nous en sommes pleins !

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Direction Marie Galante dès le lendemain tôt, pour une magnifique traversée avec toute la toile et à plus de sept nœuds et demi de moyenne, sans rien toucher, encore une journée à vous réconcilier avec l’existence si j’en avais besoin.

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Après une nuit dans le port de Grand Bourg pour les formalités douanières et quelques courses, j’y ai découvert une quincaillerie généraliste extrêmement bien achalandée. Une ressource à garder en mémoire, au cas où.

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Et puis encore une escale à St Louis, avant Pointe à Pitre. Ce grand mouillage confortable expose ses plages blanches bordées de petits restaurants ou bouibouis sur le sable, sous les cocotiers. Il y a de la place à profusion si bien que c’est l’endroit idéal pour remonter la chaine sur le pont et la retourner bout pour bout, en se laissant tranquillement dériver. Cela prend du temps, quelques efforts, n’est pas très propre, mais lorsque c’est fini et qu’on a nettoyé tout cela à grande eau, on peut souffler, avec un mouillage rajeuni, fiable, performant.

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La Soufrière empanachée reste un spectacle magnifique et l’arrivée à Pointe à Pitre se précise.

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Dans la Marina Bas du Fort, le calme du matin ferait presque croire aux amarres virtuelles

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Il ne restait plus qu’à récupérer les voiles chez Voiles Plus. C’était sans compter sur la fuite d’eau douce qui m’avait inquiété en début de saison et que j’avais pu réparer avec les moyens du bord. Cette fois c’est le raccord de sortie d’eau chaude du chauffe-eau qui a littéralement explosé, entrainant la vidange dans la cale de 200 litres du réservoir arrière, alors que j’étais à terre. Une bonne occasion de laver les fonds, mais je m’en serais bien passé.

La pièce nécessaire était heureusement disponible chez le shipchandler local, et la réparation facile. Je dispose donc à nouveau d’une installation sanitaire opérationnelle et rajeunie, elle aussi.

Les voiles hi-tech, laissées en révision l’année dernière, étaient prêtes et furent réinstallées à la place de celles d’origine qui m’auront bien servi cette année et ont regagné leur sac.

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Retour au mouillage de l’ilet à cochon pour les bains de mer, les balades, les noix de coco, les épaves et les rarissimes trawlers (celui là est sous pavillon danois, a-t’il fait la traversée ?).

Et pour finir, deux recettes de marin habitué à faire flèche de tout bois :

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Le frichti de pâtes et poissons volants suicidaires. La sauce ketchup est facultative.

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Le coucous « brésilien » : bulgur remplaçant la semoule, et singe (corned beef brésilien) remplaçant le mouton, mais les légumes sont d’origine ;

Dans deux jours commencera une nouvelle croisière, et cette fois je ne serai plus seul. Nadine, que vous connaissez déjà, reprend l’avion pour les Antilles et elle embarquera plus longtemps que la dernière fois, en janvier, alors qu’elle était en vacances en Martinique.