Le Yacht Club de la Martinique organise chaque année une épreuve internationale dite « Round Martinique Regata ». C’est une course croisière pour voiliers de plus de 6 mètres répartis en quatre classes, qui comprend trois étapes autour de l’île.

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Bien sûr, plusieurs équipages étaient venus de Guadeloupe, dont les « p’tits filous » sur leur bateau fétiche Sonadiau. Je les ai suivis avec Dartag, avec d’autant plus d’intérêt que c’était l’occasion de visiter la côte au vent de l’ile (côte Est) qui est très peu fréquentée, notamment autour de la presqu’ile de la Caravelle, avec une étape à La Trinité (pas celle du Morbihan).

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Un super barbecue était organisé sur la plage le samedi soir et ils m’y ont invité. Evidemment je n’ai pas pu refuser et quelques équipiers de Sonadiau ont profité de la place disponible et du confort de Dartag pour la nuit. La brise était moyenne (c’est-à-dire assez forte, 20 à 25 nœuds) pour ces trois jours, avec un beau soleil et bien sûr quelques averses ou grains, typiques des alizés d’hiver.

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J’en ai profité au retour pour visiter un peu cette côte, en particulier « le Havre du Robert », sorte de grand golfe très découpé, protégé par une barrière de récifs, où la houle du large ne peut absolument pas pénétrer. De multiples mouillages calmes sont donc offerts aux rares plaisanciers qui s’aventurent dans ce dédale. Mais cela valait le détour. Nouvelles escale au Marin sur le chemin de Fort de France pour compléter l’avitaillement et faire encore réparer le plancher gonflable de l’annexe qui commence à devenir un gruyère. Mais cela a l’air de tenir, pourvu que cela dure !

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Un drôle de coup de vent d’ouest tout à fait incongru en cette saison a transformé la magnifique rade en champ de bataille et jeté à la côte de nombreux bateaux, dont certains ont été disloqués. Après avoir contribué au sauvetage d’un beau petit ketch américain en fâcheuse posture au pied du fort St Louis, j’ai pu revenir à bord de Dartag juste à temps pour déguerpir et nous mettre à l’abri de l’autre côté de la rade, au milieu d’ilots recouverts de mangrove, ……….. et d’épaves.

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Au-delà du carnaval, le but principal, à Fort de France, était d’y accueillir Nicole, juste retraitée et arrivant de Genève après un voyage sans problème, mais fatiguée par toutes les démarches et travaux préparatoires à une absence de longue durée, ou la tournée des « au-revoir » qu’elle voulait faire à la famille et aux amis en Suisse et en France.

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Après une visite de la ville agrémentée du shopping et des courses indispensables nous avons commencé notre croisière par de courtes étapes à Trois Ilets et aux Anses d’Arlet histoire de prendre doucement nos marques comme tout nouvel équipage.

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Puis, profitant d’une météo favorable, nous voulions faire le plus de route possible vers le sud le premier jour, pour nous approcher des Grenadines. Et c’est à la nuit tombée, après 90 milles parcourus par beau temps, que nos avons atteint Barrouallie, une petite anse de l’île de Saint Vincent où nous sommes entrés au radar et au sondeur, escortés par un bateau de Boat Boys très insistants qui nous ont presque fait renoncer à cette escale. Finalement nous les avons calmés en leur disant que nous n‘avions besoin de rien ce soir, mais qu’ils repassent le lendemain à 9H, avec les fruits, légumes et poissons qu’ils voulaient nous vendre.

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La nuit fut calme et le lendemain nous sommes repartis à 8h15. Ils nous ont rattrapés et nous leur avons pris quelques mangues, et, quelques minutes après, une bonite magnifique toute fraîche à un autre pêcheur qui venait de la prendre à la traine, à l’aviron. Chapeau ! Ce n’était pas bon marché, mais qu’importe, ils avaient de grands sourires.

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Longeant la côte, nous avons poussé la découverte jusqu’à la capitale, Kingston, avant de trouver un mouillage bien abrité derrière un ilot privé occupé par un bel hôtel, Young Island, tout près de l’extrémité sur de l’île. Il y avait un courant très fort qui par moment nous exposait vent arrière malgré les rafales de 20 à 30 nœuds d’est. Un visite en Zodiac de toute cette baie plutôt touristique était intéressante, notamment le fameux « Blue Lagon » qui nous a un peu déçu,

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et « Duvernette Island » que nous avons escaladé jusqu’au sommet pour découvrir une vue splendide sur Calliaqua Bay.

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L’après midi nous sommes repartis vers Béquia, à quelques milles, la première Grenadine en venant du nord, et avons jeté notre ancre à Port Elisabeth. Cette magnifique baie est un excellent abri, et c’était utile, car la météo prévoyait du vent fort et une grosse mer pour les jours à venir.

En effet, les rafales à plus de trente nœuds et les grains sur le mouillage nous ont offert un abondant rinçage à l‘eau douce et suffisamment d’électricité pour remplir nos soutes d’eau potable.

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Et cela ne nous a nullement empêché de visiter une bonne partie de cette petite île à pied, jusqu’au versant sud donnant sur Mustique et les autres îles voisines, ainsi que la jolie Friendship Bay entourée de récifs sur lesquels prise la grosse houle de l’atlantique.

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Les quelques 4000 habitants occupent des maisons de tous les styles allant du quasi bidon ville au luxueux palais dominant le paysage, mais la majorité étant plutôt simple et propre et desservie par des routes incroyablement pentues montant tout droit dans les collines. Vive les 4X4 modernes !

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Il y a aussi des hôtels et restaurants dont certains très chics car l’économie de l’île repose de plus en plus sur le tourisme et les belles plages du sud de Admiralty Bay, comme la fameuse Pincess Margaret Beach, bordée d’une forêt tropicale humide impénétrable, dont quelques « mancenillers », l’arbre dont les feuilles acides sont dangereuses en particulier sous la pluie. Il ne faut pas s’y croire à l’abri sous peine de sévères brûlures. Ils sont signalés par des affiches sur leur tronc.

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Mais il y a aussi des fleurs d’une variété et d’une richesse extraordinaire et des chenilles pour les manger, d’ailleurs assez impressionnantes et …imperturbables.

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Il y a aussi cette vitalité de la végétation qui permet à certaines espèces de germer et se développer à peu près n’importe où comme sur un fil électrique à 10 mètres de hauteur !

Notre prochaine étape sera sans doute Canouan, puis Mayrau, avant les Tobago Cays, mondialement connus.