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Au départ de l’ilet à Caret, c’est par l’Est, la côte au vent, que nous avons poursuivi notre route, car nous n’avons pas pu résister à l’envie de revoir Port Louis où nous étions passés avec Frédéric l’année dernière. Mais surtout, c’est le risque de faire route au moteur pendant de longues heures le long de la côte ouest de la Guadeloupe, dont les montagnes coupent l’alizé, qui nous en a dissuadés.

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L’objectif principal, après avoir doublé la Pointe de la Grande Vigie à 10 milles du départ, est de passer entre la Désirade et la Pointe des Châteaux, après une remontée au vent d’environ 24 milles. Le vent et la mer étaient, en ce jeudi, remarquablement constants et modérés, et ce louvoyage nous a pris à peine plus de temps que l’optimal prévu, soit 7 heures.

Ce fut l’occasion de renouer avec le plaisir, pendant une bonne partie du temps, de barrer à la main Dartag se frayant élégamment son chemin au plus près, avec ses voiles magnifiques entièrement déployées. Curieusement, avec ce temps idéal, nous étions absolument seuls en mer. Et puis, approchant de passage de la Désirade, nous nous sommes reposés à nouveau sur le pilote automatique, réglé à 30° du vent apparent, le temps de réchauffer le déjeuner préparé d’avance et de faire une petite sieste.

Comme on le voit sur la carte, nous devions passer la pointe des châteaux d’un seul bord. Mais la brise a très légèrement tourné vers le sud-est, et le pilote automatique, faisant parfaitement le boulot pour lequel il est payé, a dévié d’autant notre route, nous conduisant directement vers la barrière de corail à deux milles de la pointe.

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Levant le nez machinalement, pendant la lecture prenante de « Villa Triste », l’un des romans de Patrick Modiano, notre dernier prix Nobel de littérature, nous avons eu la surprise de nous trouver très près des magnifiques brisants qui, quelques minutes plus tard, n’auraient fait qu’une bouchée de Dartag et de nos rêves futurs sur la barrière de corail. Oui, comme le diraient nos amis québécois « les tétons de virer de bord », vraiment.

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Ouf, une demi-heure après, nous passions ce magnifique cap situé à l’extrémité sud-est de l’ile, avant de mettre le cap sur Marie-Galante, dans un beau rush de 2h30 à près de huit nœuds.

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Au mouillage de St Louis, quelques vérifications de routine ont permis de découvrir un problème technique que nous soupçonnions depuis la veille, car la tension des batteries était anormalement basse. Oui, l’alternateur ne produisait aucune recharge ! Allons bon, encore un « truc » à régler.

Après celui de l’odeur nauséabonde qui infestait les cabines arrière depuis quelques jours, c’est complet. J’avais découvert que l’une des boites de conserves de saucisses aux lentilles espagnoles avait explosé, répandant son contenu dans la cale et imprégnant les étiquettes en papier les autres boites. L’horreur, avec ces températures de l’été tropical qui s’approche. En 1h30 de nettoyage et de séchage, le problème était réglé, mais pas tout à fait oublié, car il a fallu trois jours pour que les odeurs disparaissent complètement.

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Le lendemain matin donc, me levant avec le jour, je m’attaquai méthodiquement à la recherche de l’origine du défaut de recharge des batteries, pour arriver à la conclusion que le répartiteur était en cause. C’est « moins pire » que si la panne venait de l’alternateur lui-même. Mais il ne faut pas laisser cela trainer, même si des solutions en « mode dégradé » sont possibles, et nous partons immédiatement pour Pointe à Pitre où nous espérons trouver la pièce avant le week-end.

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Effectivement, deux heures après notre arrivée, un nouveau répartiteur de caractéristiques identiques était en place et tout fonctionne parfaitement. Une bonne chose de faite, ce qui nous permettra de repartir, l’esprit tranquille.

En attendant, les visites aux amis et contacts locaux, les courses de ravitaillement, les formalités à la capitainerie, les mises au point et fignolages divers occupent largement notre temps. Et surtout nous redécouvrons les plaisirs d’une vraie douche, fraiche, abondante, confortable dans les sanitaires de la marina. Depuis la Rép Dom, nous n’avions pas connu cela.

Je ne crache pas sur les douches à bord de Dartag, mais il faut reconnaître que ce n’est quand même pas pareil ! D’un autre côté, prendre conscience du fait qu’on peut se contenter durablement de 3 ou 4 litres d’eau douce pour se laver ou faire vaisselle, au lieu de 30 ou 40, n’est pas forcement inutile. C’est mon côté écolo qui refait surface, et on pourrait en dire tout autant de l’énergie. Mais je ne suis peut-être pas très bien placé pour ce genre de remarque. A vous de juger ?

Il nous faudra aussi régulariser notre nouveau contrat d’assurance, et rendez-vous est pris pour cela avec notre correspondante pour lundi en fin de matinée.

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Au mouillage du Carénage où nous sommes, comme celui de l’ilet à Cochons, il y a affluence, avec une grande diversité dans les voiliers présents. On se demande quand même, pour certains, s’ils pourraient reprendre la mer à brève échéance, tant l’équipage semble avoir pris le parti de la surcharge en fourbis divers et variés de type « mouillage de longue durée ». Et encore nous ne voyons que l’extérieur, à l’intérieur qu’est-ce que cela doit être ?

Et puis la visite du grand cul de sac marin nous a donné envie de visiter son alter ego, le petit cul de sac marin où un certain nombre de mouillages sauvages doivent être possibles, le long de la côte de Basse Terre, du côté de Goyave ou Sainte Marie, en direction de l’archipel des Saintes ?

A bientôt, et ce billet n’est peut-être pas le dernier de ce troisième hiver aux Antilles car il semblerait qu’une surprise nous attende à Marie Galante pour le week-end de la pentecôte. Nous essaierons de ne pas la rater !