Travailleurs de la mer

L’automne européen fut un été indien et il s’est très mal terminé par l’abominable tuerie des fous de Dieu à Paris. L’horreur de l’horreur ! Et dire que nous avions déambulé, insouciants, dans ce merveilleux quartier du Marais quelques jours avant ! Nous ne sommes vraiment pas grand-chose.

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Moins d’une semaine après, nous prenions l’avion pour Pointe à Pitre et y avons retrouvé Dartag qui nous attendait sagement amarré sur ses quatre bouées dans le lagon bleu. ! Après presque sept mois d’immobilité, il n’était ni moisi à l’intérieur, ni bourré de cafards, ni dévoré par les rats, juste un peu sale à l’intérieur et à l‘extérieur. Seule la carène semblait colonisée par la faune et la flore tropicales, moules et huitres y ayant largement pris pied, si j’ose dire.

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Par précaution, nous avions réservé un hôtel pour une nuit, mais à la limite nous aurions pu nous installer à bord dès le premier soir, car l’essentiel était opérationnel, en particulier l’eau potable, les sanitaires et la prise d’eau du moteur, une bonne surprise.

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La mauvaise était que le rendez-vous pris un mois plus tôt, pour sortir le bateau de l’eau le 19/11 ne pouvait pas être honoré en raison de l’encombrement du terre-plein. Mais cela n’était pas plus mal, car nous avons eu le temps de ranger nos affaires, faire le ménage et préparer le carénage, le premier depuis le départ en mai 2013, et il s’annonçait lourd.

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Nous avons aussi pu profiter de près des festivités organisées autour de la Mini transat dont l’essentiel des concurrents est arrivé en même temps que nous. Ambiance jeune et internationale, et chapeau à tous ces jeunes skippers ! Une manifestation a été aussi organisée par la capitainerie pour inaugurer le quai Florence Arthaud et la place Laurent Bourgnon, deux anciens vainqueurs de la Route du Rhum, tous deux disparus prématurément cette année.

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Nous nous sommes aussi offert une journée de plage, et la grosse houle de l’atlantique, brisant sur la plage de la grande anse de Deshaies, a quelque chose de magique, comme la température de l’eau de mer, à peine en dessous de 30°. Ce fut aussi l’occasion de faire quelques emplettes à la rhumerie Longueteau, la plus ancienne de Guadeloupe en pensant à vous !

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Dès le lundi nous nous sommes mis au boulot, au début avec l’aide de travailleurs venus de la Dominique toute proche. Quatre jours de labeur intense pour gratter la coque de tous ses parasites et aussi des couches de peintures accumulées depuis 2007. Par 32° à l’ombre, avec 95% d’humidité et des hordes de moustiques minuscules mais hyper agressifs, c’est une vraie galère, mais il fallait le faire.

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Il nous restait ensuite à refaire l’étanchéité du revêtement de la quille, boucher au mastic époxy les petites irrégularités de surface, refixer la protection de la jupe, passer un primaire d’accrochage, réviser l’hélice et la transmission, coller une nouvelle jupette du saildrive, enfin refaire la totalité de l’antifooling sur les œuvres vives.

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En sept jours, dans le bruit et la poussière du chantier nous avions fini, auprès de voisins de galère agréables, Stéphane et Yannick, avec qui nous avons noué des liens susceptibles de durer.

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Et le 30 novembre, comme prévu, nous avons pu remettre Dartag à l‘eau, presque comme neuf, pris en charge par le grutier expert du portique de levage de 35 tonnes, capable de passer à quelques millimètres des bateaux voisins sans les toucher.

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Après deux jours au ponton pour achever les travaux et le réarmement, rembarquer les voiles et la survie révisée, le bimini tout neuf, faire les pleins de la cambuse et des réservoirs, réviser le moteur et l’annexe,… nous étions prêts à reprendre la mer, enfin !

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Une première nuit au mouillage de l’ilet à cochon nous a réconciliés avec la vie à bord. La fraîcheur du soir, la douceur le l’alizé, l’absence de poussière de bruit et de moustique, le doux bercement du clapot du lagon, c’est le rêve !

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Dès le lendemain, après une dernière formalité à terre, nous avons appareillé pour Les Saintes où des amis nous avaient annoncé leur arrivée. La traversée d’à peine plus de trois heures, avec un vent idéal et une mer magnifique, nous a rappelé d’excellents souvenirs. Michel et Françoise, venant de Dominique, étaient déjà là, et depuis nous partageons avec eux les explorations de criques locales, les promenades à terre et surtout la cuisine gastronomique à laquelle ces dames s’adonnent un jour sur deux. Ah ! le colombo de poulet des Saintes aux tomates pelées et petits légumes, ou les boulettes de boeuf revenues aux petits oignons roses, quel régal !

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Et en plus, nous profitons du ballet aérien des pélicans bruns ou des fous de bassan qui se tapent goulûment la cloche dans les bancs de poissons multicolores de nos mouillages. Ces oiseaux magnifiques et d’une habileté incroyable parviennent parfois à suspendre momentanément nos conversations sérieuses ou nos histoires à dormir debout, lorsque le punch « bateau » (on dit aussi « maison ») nous en laisse la lucidité.

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Vive les vacances bien méritées.

Elles s’interrompront le temps des fêtes de fin d’années où nous rentrerons en métropole, puis nous repartirons vers les iles du nord et les grandes Antilles au début de l’année prochaine.

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