Soleil, pluie, vent et clandestins

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Nous sommes repassés à Cariacou, au mouillage de Tyrell Bay, avec son petit restaurant formica-paillote dont la Wifi est fiable et son petit chantier exposant un superbe canot vernis évoquant un Riva des Caraïbes.

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C’était aussi le moment de faire notre clearance de sortie de Grenade, plus facilement qu’à l’aller. Les fonctionnaires de service étaient les mêmes qu’à notre entrée quinze jours avant, mais plus souriants. Nous avons déclaré notre prochaine destination, Fort de France

Mais la tentation était grande de faire quelques escales (clandestines) sur le trajet. Après être passé de jour devant Union, puis Mayreau, dont les baies sous le vent étaient bien tentantes, nous avons finalement décidé de nous arrêter, une fois la nuit tombée, à Béquia, dans la superbe baie de Port Elisabeth que nous connaissions déjà.

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Quelques heures de sommeil et nous voilà repartis au lever du jour vers le nord, longeant les côtes verdoyantes de Saint Vincent. Mais cette fois le vent nous a laissé tombé et quelques heures de risée Volvo ont été nécessaires.

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Les reliefs de Saint Lucie ne sont pas moins spectaculaires et la vision des deux Pitons sous le soleil nous a paru encore plus belle qu’à l’aller. Nous avons poursuivi jusqu’à Rodney Bay au nord de l’île, presque entièrement à la voile, par un temps exquis.

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Après cette étape de 67 milles le temps s’est un peu dégradé et le vent est devenu durablement beaucoup plus fort. Nous sommes restés deux jours dans ce grand mouillage venté et très, très bien fréquenté. C’est aussi le point d’arrivée du fameux rallye ARC (Atlantic Rallye for Cruisers) regroupant chaque année des centaines de voiliers et de yachtmen chics, et surtout anglo-saxons, qui traversent l’Atlantique au départ des Canaries.

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Nous avons visité le village de Gros Ilet, dont les habitants, parfois misérables, parfois plus opulents, semblent imprégnés d’une foi évangélique très présente dans toutes les Antilles anglaises, et vivent d’activités traditionnelles.

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La marina de Rodney Bay étale en revanche un luxe inouï, associant les opérations immobilières prestigieuses et les pontons abritant des yachts pour familles vraiment prospères. Cette cohabitation n’est peut-être pas aussi tranquille qu’il y parait, si l’on en juge par les clôtures et postes de garde installés tout autour de cet ensemble.

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Nous en avons aussi profité pour démonter et refaire les joints des deux hublots du carré, car, lorsque le vent fort est installé, mieux vaut avoir un bateau bien sec de partout, si l’on veut éviter de retrouver des bouquins mouillés ou des coussins humides à bord.

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Avant de reprendre la mer, nous avions l’espoir de refaire le plein de mazout à la station « duty free » de la marina à 0,68 euro le litre, imbattable ! Mais le pompiste nous a fait savoir qu’il avait besoin de notre visa d’immigration pour nous servir. Aïe, nous voilà démasqués en tant que clandestins ! Qu’à cela ne tienne, nous souhaitons laisser le bateau au ponton de la pompe pour nous mettre en règle au bureau de douane-immigration tout proche. Hélas, c’était impossible sans s’exposer à payer une forte amende !

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Il valait mieux prendre la poudre d’escampette immédiatement, direction la Martinique toute proche, et nous sommes arrivés au très beau mouillage de Sainte Anne en milieu d’après-midi après une traversée musclée et très rapide. Plusieurs voiliers amis sont là. Nous allons en profiter pendant quelques jours et pouvoir refaire des courses de produits alimentaires européens qui commencent à nous manquer après un mois de vadrouille exotique et de concurrence avec les charançons ! Cela permet aussi d’espérer que le vent et les averses fréquentes se calment pour retrouver le « bon » alizé de saison.

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C’est ainsi que nous avons revu avec plaisir les équipages de Maïne, Bigouz, Moira II, Ohlala et d’autres connus l’année dernière ou plus récemment. Un régal, pas toujours compatible avec nos hygiènes de vie, notamment alimentaires.

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Mais les ressources commerciales et techniques du port du Marin nous ont aussi permis de compléter l’équipement de Dartag, après avoir constaté que les prétendus très compétitifs schipchandlers « Duty Free » des îles voisines, ne l’étaient absolument pas. Malgré les prix majorés de 10 à 20% par rapport à la métropole, c’est bien dans les îles françaises que les fournitures, les services et le ravitaillement sont les plus intéressants et parfois de loin ! Encore une surprise de cette croisière et des idées reçues qui tombent de haut.

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Ainsi, la fameuse ancre polyvalente, dont nous avions besoin en tant qu’ancre principale de secours, vient du Marin, et l’extension du portique ainsi que les deux panneaux solaires supplémentaires, ont été fabriqués, fournis et installés par des artisans de la ZAC Artimer. Le tout en quelques jours d’escale, au mouillage, et malgré quelques sueurs froides !

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Le vent n’est finalement pas tombé, au contraire, et c’est par force 6 à 7, temporairement 8 que nous avons repris la mer. D’abord en longeant les côtes sud puis ouest de la Martinique avec un petit stop-déjeuner à la Grande Anse d’Arlet, avant une escale à Saint Pierre.

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La ville, détruite par l’explosion de la montagne pelée en 1902 (30 000 morts et 1 rescapé protégé par son cachot, une quarantaine de bateaux coulés au mouillage), est, en de nombreux endroits, restée en l’état, même si quelques habitants y sont revenus depuis. C’est vraiment triste, mais ne nous a pas empêché de dîner dans un bouiboui sympa sur la plage noire.

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Mais notre dernière chance (après l’Anse d’Arlet au bureau introuvable, puis Fort de France où le vent trop fort nous a empêché d’aller) de faire notre clearance en Martinique a été contrariée par un bureau fermé à 16h ! Tant pis, roule ma poule, on verra bien !

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Repartant à l’aube, nous avons à nouveau profité d’un vent musclé jusqu’à Portsmouth, la grande baie du nord de la Dominique, encore comme clandestins, presque « sans papiers ». En fait, la probabilité d’être contrôlés au mouillage était très faible car nous sommes arrivés dans un énorme grain, avec des vents de plus de 50 nœuds (force 10) qui a duré jusqu’à la nuit. La mer fumait, mais l’ancre a parfaitement tenu malgré les coups de boutoirs des rappels dans les puissantes rafales. Qu’est-ce que cela doit être lorsque les vents atteignent 100 ou 150 nœuds dans les cyclones ou tempêtes tropicales ! BRRRRRRRRRR nous n’osons pas y penser.

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Et c’est ce mercredi 11 mars que nous avons regagné la Guadeloupe après une dernière traversée ventée, mais un peu moins que les jours précédents. Les voiles n’ont pas été déroulées complètement depuis 15 jours, étant même le plus souvent réduites des deux tiers.

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Mais tout va bien à bord, et nous allons maintenant aborder une nouvelle phase de cette croisière avec un équipier supplémentaire qui débarque en avion dimanche. Nous espérons partager avec Frédéric, pendant cette quinzaine, les plaisirs du cabotage entre ces îles tellement variées et quasiment faites pour les voiliers, si possible avec un peu moins de vent, de mer et de pluies, mais la météo semble optimiste au moins pour le début de la semaine prochaine. A suivre………….

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