Quelques éléments chiffrés et commentaires sur cette croisière de cinq mois:

- distance parcourue: 3532 milles

- nombre total d'heures de moteur: 238 heures soit un ratio de 14,84 milles pour chaque heure de moteur. C'est nettement plus faible que les années précédentes, mais le manque de vent lors de plusieurs longues traversées a contribué à dégrader ce ratio, habituellement situé entre 20 et 30 milles par heure de moteur sur une saison complète.

- consommation totale de gasoil: 609 litres soit une consommation moyenne de 2,56 litres à l'heure. Le moteur n'est utilisé que pour les manœuvres et lorsque le vent est inférieur à 5-7 nœuds. A 2000 t/mn, Il propulse Dartag à 6 nœuds, sur mer belle à calme, avec sa nouvelle hélice à mise en drapeau, qui est donc excellente.

- plus grande vitesse de vent enregistrée: 45 à 55 nœuds en arrivant à Ios (Cyclades) et cela a duré plus de 12 heures, pendant lesquelles nous sommes restés au mouillage dans le sud de l'ile, à Ormos Manganari, grand espace, mais bien abrité du meltem et de la mer associée.

- plus grande vitesse atteinte à la voile: 12,0 nœuds le 8 septembre par 30-35 nœuds de vent portant entre Athènes et Hydra dans le golfe de Saronique.

- plus longues étapes parcourues: Port Leucate-Carlo Forte, 330 milles en 60 heures (dont 34 au moteur), et Zachintos-Lipari 318 milles en 56 heures (dont 29 au moteur).

- nombre total de nuits en mer: 14

- nombre d'escales: 91 dont seulement 9 dans des ports payants. La plupart sont gratuits et nous avons beaucoup profité des mouillages abrités très nombreux.

- durée des escales: de quelques heures à 7 jours, et 8 jours à Athènes (marina Kalamaki, 33 euros par jour, de loin la plus chère que nous ayons fréquentée, pas très accueillante ni agréable mais pratique pour visiter Athènes ou rejoindre l'aéroport)

- Contrées atteintes: Sardaigne, Tunisie, Malte, Sicile, Calabre, Grèce (Iles Ioniennes, canal de Corinthe, Péloponnèse, Cyclades)

- nombre d'iles visitées: 32

- nombre d'excursions en scooter de location dans les iles: 6, et en voiture de location : 2, à Milos et dans le Péloponnèse.

- matériel perdu ou endommagé: un pare-battage dégonflé et crevé et une chaussette de pare-battage déchirée et perdue. Deux amarres endommagées par le ragage sur des bittes en mauvais état, méritant une ou deux épissures de réparation. Le levier du frein de guindeau cassé à la jonction entre le manche et le six pans. Heureusement que nous avions un levier de secours, plus petit, mais qui s'est avéré finalement plus pratique. Le premier fera l'objet d'une réparation-modification propre cet hiver.

- pannes ou avaries constatées: le balcon avant légèrement tordu en notre absence et redressé en faisant levier avec la passerelle. Un winch partiellement grippé, démonté, révisé et graissé sans intervention extérieure, à l'escale suivante. Une latte longue de la GV perdue lors d'un long bord de près (65 milles) avec une brise forte et changeante: cela a obligé à renvoyer l'ancienne et vilaine GV d'origine, par impossibilité de trouver une latte de remplacement. Le joint spi du saildrive endommagé causant une légère fuite d'huile, à remplacer pendant l'hiver. Un joint torique de nable de pont cassé. Environ 12 rapalas perdus.

- Palmarès de pêche: 4 bonites, 2 maquereaux, 1 bogue, 1 daurade coryphène, 1 thon germon de 12-14 kilos. C'est beaucoup moins que les années précédentes, mais nous n'avons rien pris en mer Egée et les brises trop fortes ou trop faibles ne favorisent pas la pêche. Nous avons eu de nombreuses touches très fortes qui ont conduit à la casse et la perte du matériel, particulièrement lorsque la vitesse à la voile est élevée. Nous avons aussi pris une mouette qui a fini par casser la ligne avant que nous n'ayons pu la décrocher.

- Un grand point de satisfaction: la jupette en caoutchouc qui ferme l'espace autour du saildrive a parfaitement résisté, et je ne suis pas peu fier de l'avoir collée de manière à ce qu'elle résiste. Ce que les professionnels avaient tenté sans succès avec les deux précédentes qui ont été déchirées, pour la première au bout d'un mois, la deuxième au bout de deux semaines. Je suis donc dispensé du bonnet d'âne que j'avais pris le risque de porter à mon tour.

- et un satisfécit pour le desalinisateur Powersurvivor 160E installé au printemps. Ce desalinisateur est ultra simple à installer et à utiliser, et il fait finalement moins de bruit que tous les autres (c'est mon troisième). Pour la fiabilité, je n'ai pas beaucoup de recul, mais je n'ai détecté aucune fuite, faiblesse ou même source d'inquiétude pendant ces cinq premiers mois d'utilisation. Quand on a appuyé sur le bouton de mise en marche, on l'oublie ! C’est tout dire. Ce n'était pas le cas du Livol (excellent mais fragile) ou du HP UC (peu performant, énergivore et très bruyant) que j'ai eus précédemment. Après cinq mois d'exploitation en croisière en méditerranée j'ai mesuré des consommations électriques imperturbables oscillant de 20 à 25 A en 12 v selon le cycle de fonctionnement de la pompe. La production d'eau douce varie de 24.4 à 25.7 l/h. L’influence de la salinité ou de la température de l’eau est négligeable, dans les eaux que nous avons visitées. Cette machine suffit lorsque l'on est deux à bord et que l'on ne fréquente pas les ports. Pour un équipage plus nombreux, ce serait dans doute un peu juste: à quatre, il devrait tourner en moyenne deux ou trois heures par jour, c'est-à-dire cinq à six heures tous les deux jours. Cela commence à devenir une contrainte.

- En matière de communications, les espoirs que nous avions avant le départ ont été déçus. La clé 3G+ de SFR, prétendument débloquée, n’a jamais marché avec d’autres cartes SIM que la carte d’origine. On peut même dire que cette manip de déblocage, fournie par SFR aurait pu s’avérer désastreuse, car le logiciel interne ne reconnaissait plus sa propre carte. Il a fallu déployer des trésors de patience pour la rendre à nouveau capable de se connecter sur un réseau local en « roaming » à 17,90 € par jour (jusqu’à 50 Mo). Arrêtez le massacre ! Heureusement dans l’intervalle, nous avions pu compter sur le modem 3G du téléphone Nokia N95, débloqué parfaitement, mais encore plus cher, car facturé au Ko. Comme en Tunisie et en Grèce il n’y a pas de réseau 3G, l’usage d’internet se résume aux mails légers. Il n’est pas envisageable de surfer, tout juste peut-on prendre une météo simple. Acheter une carte SIM locale, aussi bien en version Data que Voix, relève du parcours du combattant et nous avons fini par y renoncer. Bilan : au total plus de 1100 € de factures avec les forfaits français, et environ 75 € d’achats de carte SIM locales quasiment inutiles, sauf à Malte, et tout cela sans être un malade de la connexion (au maximum deux fois par semaine) et en utilisant chaque fois que possible les bornes WiFi gratuites. Pratiquement le double du budget gasoil de cette croisière ! On ne nous y reprendra pas ! Mais il n’est pas exclu que nous fournissions un dossier complet de cette véritable arnaque à une autorité européenne ou française susceptible de s’y intéresser. Quand on pense qu’aux USA et Canada, ce problème est résolu à l’échelle d’un continent, on se prend à rêver.



A propos du parcours effectué

parcours complet



Finalement il y a eu assez peu de variantes par rapport au projet initial. Nous avons visité moins d'iles et fait plus d'escales longues que prévu, car il fallait parfois attendre plusieurs jours que le vent redevienne maniable, et que nous arrivions à l'avance aux points de rendez-vous prévus avec nos invités, pour être sûrs de les accueillir à leur descente du ferry, indépendamment des aléas météo.