Nous avons attendu à Ponza que le temps s'améliore un peu, et sommes finalement repartis le mardi 22 à l'aube, alors qu'il y avait encore quelques grains, mais que le gros des orages étaient, en principe, passé.

Départ calme



Le début de la traversée a été calme, avec une brise portante et quelques petites averses qui ont parfait le rinçage du pont et des voiles. Puis le vent a malheureusement molli et nous avons dû rallumer le moteur pour quelques heures et une partie de la nuit sous un petit quartier de lune qui disparaissait par moment derrière les nuages. Nous voyions bien quelques éclairs dans le sud, mais ces menaces ne se sont par concrétisées, et au petit matin, le vent est revenu.

sous spi en mer Thyrénienne



Nous avons alors entamé une grande journée de voile sous spinnaker, dans un rush de plus en plus puissant et rapide avec le vent qui se renforçait régulièrement à l'approche des Bouches de Bonifacio. Alors que nous pensions n'arriver que le soir, nous avons embouqué le passage entre l'ile Lavezzi et l'écueil du même nom juste après le déjeuner, sous spi, avec un vent de 20 à 25 nœuds dans un bouillonnement d'écume à plus de huit nœuds. Nous en avons profité pour allonger notre parcours directement jusqu'à Figari, rentrant le spi devant Bonifacio après qu'une rafale un peu plus puissante nous ait fait quelques chaleurs dans un début de départ au lof, légèrement émoustillé que nous étions par la régate avec une beau voilier ancien que nous avions rattrapé. Cette étape de 188 milles, majoritairement sous le soleil d'automne, fut donc une des plus belles de cette croisière, jusqu'à maintenant, mais ce n'est pas fini.

Figari Figari, en réalité Pianotolli-Caldarello, est un port abri parfaitement abrité, bien agréable et très animé, même en cette fin de saison. Sans doute quelques équipages avaient choisi cette destination en fonction de la météo qui n'était pas fameuse pour le lendemain.



En effet, ce jeudi matin, il faisait gris et le vent d'est soufflait fort sous un ciel bas et chargé. Mais, notre destination étant Ajaccio, nous savions que le vent se calmerait après la cap de Sénétose et que le soleil ferait sans doute sa réapparition en approchant du golfe d'Ajaccio. C'est effectivement ce qui s'est produit, et nous sommes arrivés en fin d'après-midi après une journée 100% voile.



Notre ami Gabriel est venu diner à bord seul car sa charmante épouse était partie à Nice pour trois jours auprès de leurs filles. Et le lendemain, il est venu nous chercher pour une délicieuse journée dans sa belle maison dominant le golfe, construite de ses mains, où nous avons découvert les derniers aménagements qu'il y a effectués. Puis nous avons profité de sa nouvelle passion, puisqu'il est devenu viniculteur et nous a emmenés dans sa cave pour un apéro gourmant autour d'une de ses bouteilles de vin nouveau, légèrement "frizzante", à l'italienne, comme nous les aimons beaucoup. Cela s'est poursuivi autour de grillades sur la terrasse et un bel après-midi ensoleillé et calme, à prendre des nouvelles des uns et des autres, et à refaire le monde. Que du bonheur ! Il nous a reconduits à bord à la nuit tombée, engourdis de plaisir.

cave gourmande



Aujourd'hui, le temps devrait être favorable pour une traversée retour vers le continent, et nous appareillerons dès que possible, espérant arriver à Porquerolles ce dernier dimanche de septembre dans la journée.