Tous les chemins mènent à Rome.

Piazza Farnèze

Certes, mais malgré plusieurs opportunités depuis au moins trente ans, l'occasion ne s'était jamais concrétisée. Et il a fallu que l'ambassadeur de France en Italie ait l'idée de regrouper dans son palais un grand nombre d'oeuvres d'art ayant appartenu à la famille Farnèze entre le XVéme et le XVIIIéme siècle pour nous décider, en cette année qui marque le 150ème anniversaire de l'Unité Italienne.

Victor Emmanuel II

Paul III Farnèze

Cette exposition temporaire dans la ville éternelle valait vraiment le voyage. On imagine mal la puissance (comme celle du rusé Pape PAUL III Farnèze, ici peint par le Titien) de la noblesse d'église au temps de l'apogée de la papauté, à la fin de la renaissance. Les artistes les plus prestigieux ont été mis à contribution pour exhalter et glorifier ces princes et prélats, avec le souci de faire ce qu'il y avait de mieux alors dans tous les arts, de l'architecture à la peinture en passant par la sculpture, la mosaïque et la musique.

Saint louis des français

Masaïque de Trastevere

Cette civilisation, partiellement inspirée par l'antiquité et complètement imprégnée d'un catholicisme dominant - mais contesté dans certaines formes comme les années saintes destinées à "rançonner" les pélerins, ou le fructueux commerce des indulgences - est très présente à Rome. D'innombrables églises, places et palais publics ou privés, sans parler du Vatican lui-même ont été construits ou restaurés et décorés par Michel-ange, Caravage, le Titien, et d'autres, tout aussi prestigieux.

Fontaine Trèvi

Léon premier et Attila

Mais il ne faut pas oublier les vestiges de l'Empire Romain, de sa splendeur au début de notre ère, jusqu'à sa chute sous les coups de boutoirs des barbares au 5éme siècle. Cette société, issue de la république dès le 6éme siécle avant JC et qui devint une dictature après le coup d'Etat de Jules Cesar, assassiné avant d'avoir pu devenir lui-même empereur, était fondée sur des valeurs qui nous paraissent aujourd'hui épouvantables: la force, l'esclavage, la violence, les castes. Les premiers chrétiens, jetés aux lions dans les cirques, les avaient pourtant minées en prêchant l'égalité des hommes, l'amour, le pardon et en se laissant sacrifier comme gladiateurs, ou crucifier en grand nombre, jusqu'à la conversion d'Hélène puis de son fils l'empereur Constantin.

forum romain

Le christianisme devint alors religion d'Etat. Mais ce fut l'éclatement de cette puissance millénaire. Elle laissa la place à l'Eglise Catholique, au cours de longs temps obscurs, marqués notamment par les croisades, jusqu'à la Renaissance qui gagnât progressivement toute l'Europe après la guerre de cent ans.

Colisée

Cette perception schématique de notre histoire nous ramène aux temps modernes comme dans un bégaiement. Notre modèle actuel de société, fondé sur des valeurs enviées dans le monde, comme la démocratie, l'égalité des hommes et des femmes, le travail, la prospérité, la solidarité, le respect de la vie, le principe de précaution,.... vacille sous les coups de la mondialisation, du terrorisme et des invasions diverses et variées de populations, souvent issues de l'ère coloniale, qui réclament leur part du gâteau.

Comme les romains, nous hésitons entre les rejeter ou les intégrer. Les révoltes des foules d'alors, qui impressionnaient les patriciens et dirigeants de l'Empire, se traduisaient par des programmes sommairement résumés par un slogan devenu célèbrissime : "du pain et des jeux". Aujourd'hui l'effet de ces mécontentements ou manifestations sur les programmes de nos élus et partis politiques pourrait se traduire par : "des allocations et des machines à sous ". C'est moins violent, plutôt plus facile à faire, mais sans doute tout aussi décadent. Mais n'avons-nous pas les dirigeants ou la presse que nous méritons ?

Alors nous faudra-t-il nous enfoncer dans un nouveau moyen-âge, éventuellement muselés par une autre religion totalitaire pendant quelques siècles, avant que nos descendants ne vivent une nouvelle Renaissance ?

Nous aimeroins bien le savoir. Pourtant, il y a un élément qui permettrait de ne pas répondre par l'affirmative à une telle question. Nous sommes des Gaulois, et pas des Romains. Et cela change tout. D'ailleurs lorsque de faux centurions d'opérette harraguent les touristes à proximité du Colisée pour vendre une photo souvenir, il suffit de dire que nous sommes "Astérix et Obélix" pour qu'ils s'enfuient en courant.