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Navigations › 2019 Sixième hiver aux Antlles

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mercredi 20 février 2019

« Remontée tranquille»

Cinq jours de forte brise à Port Elizabeth permettent de goûter les plaisirs du mouillage, même si c’est un peu bruyant ou agité par moment. Les visites à terre donnent l’occasion de recharger la cambuse, de lire sa messagerie grâce aux Wifi locales, après la défaillance de Digicel le fournisseur qui prétendait avoir vendu une carte SIM Data prépayée et illimitée pour 7 jours.

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Les paquebots continuent leurs rotations régulières, certains sont plus élégants que d’autres.

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Et à terre le choix de certains pasteurs (?) n’est pas facile à comprendre sur une ile de la taille de Porquerolles (à peine) où les routes bitumées en bon état ne doivent pas dépasser deux kilomètres, et encore, étroites, constituées surtout de virages très courts sans visibilité et de raidillons ou de descentes vertigineux. Mais, malgré les apparences, cette voiture impressionnante a peut-être un moteur modeste. Je ne l’ai pas entendue rugir, contrairement à d’autres.

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L’alizé s’étant un peu calmé (très peu) nous reprenons la mer vers les ilots situés au vent de l‘île. Pour la plupart, ils sont déserts, fréquentés uniquement par les oiseaux et quelques pêcheurs, comme Battowia et Baliceaux, ou Petit Mustique et Savan Island.

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En revanche Mustique est privée, et ses propriétaires ont construit des infrastructures sérieuses, un aérodrome, et de luxueuses villas souvent louées à des personnalités du show bizz, des footballeurs, des industriels ou des membres du gotha mondial.

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En approchant des Tobago Cays, il faut se glisser entre les récifs ou barrières coralliennes qui demandent un peu d’attention dans la navigation et une certaine maniabilité, notamment à l’approche du World’s End Reef, bien nommé, constitué d’un grand plateau submergé sur lequel la grosse houle venue de 3000 kilomètres se brise bruyamment. Si tu rates ton coup t’es mort !!!

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Juste à l’ouest, partiellement abrité, on trouve un petit ilot planté de cocotiers autour d’un minuscule lagon peu profond. Il n’est pas très fréquenté, mais deux voiliers en avaient pris possession pour la soirée et une escale était impossible.

Il m’a donc fallu faire le tour de la barrière de corail qui protège les Tobago Cays pour trouver un abri sûr pour la nuit. Cet endroit mondialement connu, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, est très fréquenté, surtout entre les deux ilots appelés Petit Bateau et Petit Rameau.

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Ailleurs c’est le royaume des kite surfs dans les couleurs magnifiques du récif peu profond. Et 80% des voiliers au mouillage sont des catamarans de location portant des équipages nombreux venus consommer une ou deux semaines de vacances de rêve.

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Les formalités de sortie du territoire de St Vincent et les Grenadines, nécessitaient une escale à Clifton, tout proche, dont l’aéroport héberge les fonctionnaires habilités, fort aimables et efficaces.

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Nous pouvions alors nous lancer vers Grenade que nous n’avions pas visitée depuis 2016, en commençant par la première des Grenadines de Grenade, Carriacou, où nous avons fait escale à Tyrell Bay.

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Surprise, nous y avons trouvé une goélette de 20 mètres, Valhala, construite en acier par un couple de français, Pascal et Bernadette, qui a enchainé les voyages du pôle nord au pôle sud à son bord pendant trente ans. Ils sont reçu les journalistes de Voiles & Voiliers qui ont publié un grand reportage sur eux dans le numéro d’août 2018. Elle est à vendre !

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Et la visite de voisins au mouillage (sur SAM), attirés par notre pavillon corse, s’est terminée en apéro à leur bord. Hervé et Elizabeth ont aussi beaucoup voyagé et nous garderons certainement le contact. Anciens viticulteurs, ils sont bretons et habitent Porto Vecchio.

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En ce dimanche 17 février, l’appel de Grenade fut le plus fort. Une belle brise nous mena jusqu’à la capitale Saint Georges en moins de 4 heures. Peu après la mi-parcours, alors que j’étais à la barre bâbord depuis quelques minutes pour gérer les fortes rafales sous le vent de l’île, un bruit sec et métallique a retenti suivi d’une perte de contrôle totale du gouvernail. La transmission venait de lâcher. Me précipitant sur la barre tribord, je repris le contrôle de Dartag sans grosse difficulté, puis rebranchai le pilote pour faire des investigations.

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C’est la chaine de transmission qui s’était brisée sous l’effort. Terminant le parcours sans encombre, je me suis dit que ce n’était pas plus mal d’arriver à St Georges. Grenade étant un pôle important pour la plaisance à voile, je devais pouvoir y trouver facilement les pièces nécessaires à une réparation parfaite.

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Dès le lundi matin, je consultai les deux chaines d’accastilleurs américains présents sur place. Sans succès. L’un d’eux me suggéra de voir le grand spécialiste auto-moto local, Knight's Auto, ces chaines étant aussi utilisées principalement sur les motos, à une demi-heure de marche, dans la ville haute. Pas de chance non plus, il avait de nombreux modèles mais pas le bon. Il allait donc falloir mettre en œuvre une réparation de fortune.

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Mes pérégrinations dans cette ville m’ont redonné l’occasion de voir qu’une des priorités de ce pays est certainement l’éducation des jeunes. Garçons et filles dans des écoles séparées, tous en uniforme traditionnel, se rassemblent pour rejoindre leur établissement sur le fronton duquel figure sa devise. On se sent à mille lieues des turpitudes et conflits bysantins de notre Education Nationale. Reste à savoir si les résultats sont à la clé ? En tout cas il est clair que depuis notre dernier voyage ici, la propreté, le réseau de transport en commun, la qualité des voiries ont encore progressé, alors que la situation était déjà bien meilleure que dans les iles voisines.

Un petit exemple supplémentaire : lors de ma visite chez Digicel pour comprendre pourquoi ma carte SIM illimitée avait cessé tout service après trois jours : le technicien qui m’a reçu s’est montré si précis et convainquant que j’ai racheté 7 jours de forfait en toute confiance. Bravo !! J’espère ne pas être déçu !

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De retour à bord, j’ai entrepris de réparer la chaine brisée. Il m’a fallu une heure trente avec des outils simples et une chute de fil d‘inox récupéré sur un morceau de câble de hauban pour faire une sorte de ligature. Cela semble être suffisante en attendant une chaine neuve, car il est clair que celle-ci à souffert d’une corrosion bizarre. Les trois autres chaines du système de barre sont intactes, heureusement. Mais, désormais, j’aurai du rechange à bord pour ce dispositif essentiel à la sécurité du bateau. Je n’ose pas penser ce qui se serait produit si cet incident était arrivé alors que je slalomais entre les patates de corail des Tobago Cays !!!!

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Profitant d’une fenêtre météo favorable, je repris la route vers le nord avec une barre complètement opérationnelle. Ce fut une traversée retour agréable vers Tyrell Bay, quoique beaucoup plus longue qu’à l’aller, car il a fallu louvoyer contre le vent sur les deux tiers du parcours. Mais, par une brise modérée et régulière, sur une mer plus maniable que la veille, ce fut un plaisir. Le coucher de soleil et le lever de pleine lune participèrent aussi à cet agrément.

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Retour demain dans les Grenadines de St Vincent pour quelques jours, avant de reprendre la route de la Martinique pour la fin du mois de février qui n’en compte cette année que 28 (des jours).

J’ajoute pour les gourmets quelques compléments alimentaires glanés en ce début de saison d’hiver tropical.

- Pour les nourritures terrestres :

1) Une recette : la purée croquante « Dartag » :

A partir d’une purée mousseline classique pour quatre, ajouter 200 grammes de dés (ou 4 tranches hachées menu) de jambon, et trois cuillères à soupe de moutarde forte. Une pincée de Massalé en poudre ne peut pas faire de mal ou, à défaut, du Curry. Pour le croquant, un gros oignon rouge finement émincé et pour l’onctuosité trois crèmes de gruyère Vache Qui Rit entières (à l’exclusion de toute autre marque), que l’on peut éventuellement remplacer par 75 gr d’emmental râpé de nos montagnes. A déguster chaud ou froid indifféremment.

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2) Quant au « Pure Heaven Out Of This World », « Royal Malt Original » découvert par hasard dans le nouveau supermarché Alexis, à Tyrell Bay, c’est une horreur. Sirupeux sans sucre, sans alcool, sans gaz, intermédiaire entre la pisse de cafard et le jus de crayon gras, bref pratiquement pas de goût, typiquement une boisson marketing pour obèses, qui, même approuvée par la Reine d’Angleterre, ne mérite pas ne serait-ce qu’un mini détour. A jeter, à moins d’aimer le « so british » ! J’espère que les lecteurs du Royaume Unis ne m’en voudront pas.

- Et Jean-Christophe Rufin pour les nourritures intellectuelles.

Rappelons que cet écrivain-diplomate-académicien n’a rien à voir avec François Ruffin, député « La France Insoumise », par ailleurs brillant également dans son domaine, même si on peut penser en voyant leur photo, qu’ils pourraient avoir des liens familiaux.

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- " La salamandre" romance le parcours d’une femme banale autour de la cinquantaine, qui, après un voyage au Brésil chez des amis, décide de changer de vie et s’y installe après avoir rencontré un jeune aventurier sans scrupule. Commence alors pour elle une longue descente aux enfers sur fond de générosité, d’aventure, de rencontres de personnages marginaux d’une société du tiers monde ou la loi du plus fort est la règle et où l’Etat est lointain. Elle connaitra le feu de l’enfer. Comme la Salamandre elle sauvera sa vie, mais quelle vie ? Ce court roman se lit en quelques heures et m’a tenu en haleine comme rarement cela s’était produit.

- "Immortelle randonnée" est un témoignage et le récit du processus qui a conduit l’auteur à faire le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Curiosité, recherche d’un engagement personnel à la fois physique et intellectuel, volonté de rencontres, sont décrits et analysés avec rigueur, un humour très fin et une lucidité permanente sur son propre comportement d’historien, de sportif, d’intellectuel et d’homme d’action. Un récit merveilleux, drôle, documenté, personnel, sans illusion ni prosélytisme. Une expérience qui fait dire à son auteur qu’il y a un « avant » et un « après ».

Ces deux ouvrages donnent envie de se plonger dans l’œuvre de cet auteur plus profondément.

dimanche 10 février 2019

Descente Magique

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Eh oui, l’hiver au chaud est bien agréable cette année, pendant que vous êtes encore pris dans les glaces et la neige en Europe et en Amérique du Nord.

Certes, cela débute, comme chaque fois, par un peu d’exercice physique. Il faut trimbaler les 35 kilos de bagages de gares en aérogares avant d’arriver à Pointe à Pitre un peu décalé dans les horaires.

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Ensuite, le réarmement de Dartag implique un grattage de la faune et de la flore accumulée depuis le mois de mai dernier, avant une nouvelle peinture,….

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…..et quelques autres travaux moins agréables comme la chasse aux cafards qui se sont crus chez eux depuis tout ce temps. Je ne leur laisse aucune chance. Mais l’année prochaine il n’y aura absolument rien dans les cales de Dartag qui puisse les attirer. Saloperie d’insectes !!!

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Et, une semaine après, c’est le départ vers la Martinique et de bien agréables rencontres, avec les amis des années précédentes et aussi Nadine, arrivée en vacances quelques jours plus tôt pour un court séjour aux Anses d’Arlet.

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Elle embarquera pour quelques jours avant de revenir plus tard dans la saison. Nous ferons ensemble une tournée des mouillages et plages les plus agréables de cette ile qu’elle connaît mieux que moi, y étant venue régulièrement depuis plus de vingt ans.

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La très belle rade de Fort de France offre de nombreuses possibilités d’escale parfaitement abritées et nous en avons profité pour visiter le petit musée de la Pagerie, installé dans la propriété de la famille de l’impératrice Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte, restée l’amour de sa vie même après leur séparation pour raison d’état.

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La prospection pour quelques articles nécessaires à Dartag fut l’occasion de promenades pédestres dans la capitale de l’île et ainsi de la voir sous un autre jour, profitant aussi d’un temps et d’une visibilité exceptionnels.

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La vieille annexe Zodiac (13 ans) était en fin de vie depuis quelques années. Il fallait aussi retourner au Marin pour prospecter, en espérant trouver sa remplaçante.

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Finalement c’est un modèle chinois (3D Tender UL290) qui présentait le meilleur compromis longueur/poids/prix et il était disponible le lendemain. Alors basta ! En une demi-journée le transfert était fait. La Zodiac fut déposée chez le réparateur pour une révision complète avant, peut-être, sa mise en vente lors de mon prochain passage. Elle fera peut-être encore des heureux.

Après quelques courses et formalités administratives, nous pouvions reprendre la mer avec l’idée de retourner dans le paradis de petites Antilles que sont les Grenadines et en particulier les Tobago Cays. Chienne de vie !

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Pas de sauts de baleines cette fois (voir le billet n°54 « Grenadines Express »), mais le passage sous le vent de St Vincent, à l’aube, par calme plat, avait quelque chose de magique.

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Cette traversée de rêve, par un temps idéal, brise maniable et mer peu agitée nous conduisit, après une nuit en mer, à Béquia (les initiés disent Bécoué), première étape de cette nouvelle croisière.

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La baie de Port Elisabeth est toujours aussi belle. Ses couleurs et jolies villas font de ce mouillage l’un des plus attractifs des petites Antilles. La semaine anglaise implique que les administrations soient fermées en ce deuxième week-end de février. Nous attendrons donc lundi pour faire les formalités d’immigrations, de douane et d’autorités portuaires, ainsi que pour acheter un abonnement Digicel qui nous permette d’accéder à Internet dans toutes les iles du sud de l’arc antillais. Sniff !!

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Curieusement il n’y a pas foule, si l’on excepte les deux paquebots, dont le Club Med 2, qui débarquent leurs touristes en chemises à fleurs, bermudas et chaussettes dans les tong, avides de bronzage. Leurs illuminations à la tombée de la nuit sont malgré tout assez jolies.

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Et pour terminer, voici un coucher de soleil magique, vu le soir après une baignade au milieu des tortues dans la grande Anse d’Arlet en Martinique. Pardon de vous infliger cette terrible tentation que certains ont déjà vue, mais je n’arrive pas à me lasser de la beauté de ces paysages et ciels tropicaux. Je n’essaie même pas ! Merci à notre planète d’être aussi belle. Comme l’a si bien dit la belle-mère de Joséphine ; « pourvou qué ça doure » !