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Navigations › 2019 Sixième hiver aux Antlles

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jeudi 11 avril 2019

Explosion de couleurs

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Nous n’avons pas trainé. Juste quelques courses pour remplir la cambuse du minimum vital, et hop, à Marie-Galante, pour une première soirée de rêve, sous la pleine lune.

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Et le lendemain vroom, vroom dans la baie de St Louis si agréable avec ce beau temps, plein soleil et brise modérée, pour découvrir les charmes de cette île fréquentée surtout par des voileux….

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…en nombre réduit. Nous avions toute la place nécessaire dans un paysage inoubliable. Deux journées relax, un petit resto et une visite à l’anse Canot nous furent nécessaires pour décider de la suite. Et nous nous élançâmes au lever du troisième jour vers Antigua et une grosse étape de 75 milles, passant par la Pointe des Châteaux, la Désirade et la grande vigie.

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Le dépaysement est notable à English Harbour, mais la cabine téléphonique londonienne n’est qu’un décor. L’appareil qui y était encore il y a deux ans a été démonté, tué par les portables.

Les formalités sont un peu longues et toujours aussi chères (46 US$), mais les fonctionnaires sont très aimables et guident les malheureux comme nous qui ont oublié leurs identifiant et code pour saisir sur écran leur entrée au paradis du « plus british tu meurs ». Nous avons quand même eu droit à une remontrance pour ne pas avoir fait les formalités de sorties du territoire lors de notre dernier passage en 2017. Mais nous avons échappé à la saisie du navire, aux sept jours de prison et à l’amende de 2000 dollars qui nous pendaient au nez. Bigre, ça ne rigole pas ici !

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L’élégance et la beauté de yachts à voile ou à moteur n’ont d’égal que leur luxe et leur propreté.

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Ils attendent leur propriétaire qui viendra se montrer lors de la manifestation mondaine «Antigua Classic» début avril, ou la sportive «Semaine d’Antigua» fin avril. Mais pour les gueux comme nous, sur leur petit voilier modeste, le confort est parfait et le calme remarquable.

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Un petit louvoyage nous a ensuite menés à Green Island, royaume des kites et magnifique mouillage, protégé par la superbe barrière de corail de la côte au vent. Le snorkelling (en français PMT) y est extraordinaire !



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Mais notre idée était de redécouvrir Barbuda 25 milles plus au nord, et de voir comment cette île un peu à l’écart s’était remise du cyclone majeur Irma qui l’a frappée en septembre 2017. Le luxueux hôtel de Cocoa Point ayant été rasé, c’est un ensemble de petits bungalows qui a pris la relève. Et les clients arrivent toujours par les airs, mais en hydravion, les installations du petit aérodrome privé situé sur le domaine ayant disparu.

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Le site reste fabuleux avec son immense plage se sable blanc.

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Et les clients peuvent se balader dans un puissant engin amphibie au look résolument moderne, qui escalade la plage sur ses chenilles escamotables, leur évitant ainsi de se mouiller les pieds.

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Un peu plus loin le long de la baie, au bout d’une gigantesque plage déserte…

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…un autre complexe hôtelier est abandonné. Les toits ont disparu et les cocotiers sont décapités. On peut y voir des chevaux errer dans les ruines.

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C’est sur la côte ouest que la plage est la plus impressionnante. Environ dix kilomètres de solitude, de beauté, de couleurs à l’état brut, avec six voiliers répartis le long de ce cordon de sable blanc délimitant le lagon de Codrington. C’est le nom du village qui servait de capitale à l’île, et celui de la famille qui avait obtenu du Roi d’Angleterre en 1685 une concession sur cette île pour y développer la culture, l‘élevage, la récolte du sel et surtout le commerce des esclaves.

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Parfois on en vient à se demander si ce paysage est naturel tant il est parfait.

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Les 1500 habitants de cette île toute plate vivaient tranquillement d’élevage, un peu du tourisme haut de gamme (resté très limité comme ils l’ont exigé et obtenu lors d’une consultation populaire), de la pêche, surtout la langouste, lorsqu’Irma les a frappés le 6 septembre 2017. 90% des habitations ont été soufflées ou sérieusement endommagées et toutes les infrastructures détruites, faisant également 3 morts dont un enfant de 2 ans.

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Craignant l’arrivée d’un autre cyclone, José, quelques jours après, les autorités d’Antigua, moins touchée, ont évacué la totalité de la population, le temps de rétablir partiellement l’électricité, l’eau et de dégager les quelques routes de l’île. Deux mois plus tard, certains sont revenus, et ont entrepris la remise en état de leurs maisons inhabitables et dont les dommages ont été aggravés par les pluies qui ont suivi au cours de cette sinistre fin d’été. Aujourd’hui, moins de 300 habitants on rejoint leur île et errent désœuvrés dans les rues quasi désertes. Plusieurs ONG, notamment chinoise, ou personnalités du show bizz comme Robert de Niro sont intervenues avec des moyens limités et l’impression de désolation reste totale.

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Le petit port situé à l’intérieur du Lagon a été remis en état pour les rares pêcheurs, ainsi que la passe nord. La longue dune de sable qui fermait à l’ouest ce grand plan d’eau a été ouverte par le cyclone. Nous avons miraculeusement pu y pénétrer et la traverser avec notre annexe en franchissant un seuil de faible profondeur.

Parmi les rares humains présents sur place le jeune conducteur d’un énorme pick-up nous a demandé si nous avions besoin de quelque chose et nous a recommandé de visiter la ferme d’élevage d’oies qui a repris du service (nous ne l’avons pas vue). Sa passagère québécoise semblait ravie de la promenade qu’il lui offrait dans ce chaos.

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Un pylône de télécommunication a été rétabli au milieu des ruines, l’ancien étant encore par terre.

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L’unique banque reste fermée mais un petit commerce permet de se ravitailler au minimum.

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En dehors de quelques animaux vus au sud de l‘île, notamment des chevaux et quelques oiseaux, le paysage semble désert et les crânes de ceux qui sont morts restent sur place.

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Cela ne nuit en rien au coucher de soleil fabuleux dont nous avons pu profiter ce soir là, avant de regagner Antigua le lendemain par un temps superbe.

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Nous y avons juste pratiqué le rituel des formalités de sortie et sommes repartis sous la pluie.

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Dans l’après-midi sur la route de la Guadeloupe, le temps est devenu instable au point de voir à la base des nuages des amorces de mini trombes qui heureusement n’ont pas dégénéré. Le vent était faible et changeant si bien que nous sommes arrivés au moteur de nuit dans le grand cul de sac marin, suivant la passe balisée avec approximation. Nous nous sommes même échoués à faible vitesse dans la vase en approchant du petit port de Sainte Rose (Sant Woz en créole).

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Les pêcheurs et les pélicans y sont chez eux et cette ville nous a beaucoup plu.

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En dehors des touristes qui y viennent pour les circuits dans le grand cul de sac, il y a une population essentiellement locale et les ressources de cette ville de 20 000 habitants sont appréciables. Quelques restaurants, un grand supermarché, et surtout les marchés aux fruits et légumes locaux et aux poissons. A la sortie de la messe dans la grande église, en ce dernier dimanche de mars, les paroissiens jeunes et vieux, discutent dans leurs belles tenues souvent blanches.

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On peut faire nettoyer et écailler son poisson après l’avoir acheté

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Et les pélicans attendent sagement les bas morceaux que leur jettent les « mamas ».

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Il ‘y a plus qu’à les accommoder, et Nadine est une experte dans ce domaine où son expérience de marseillaise fait merveille. Nous avons fait plusieurs repas de rêve.

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Mais le clou de cette escale fut la visite chez Raoul, où nous avons retrouvé Eva et Benjamin. Installé ici il y a vingt ans et passionné d’aviation, il développe patiemment avec quelques amis pilotes, autour d’une maison d’hôte sur pilotis, et parallèlement à celle du Gosier, une activité aéronavale sans équivalent dans les Caraïbes.

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Equipé de deux hydravions ULM, il offre des formations et des baptêmes dans un cadre de rêve.

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L’atmosphère est très conviviale sans oublier la rigueur nécessaire à la sécurité comme pour tout sport mécanique de haut niveau. Pour un pilote breveté classique, le lâcher en solo sur hydravion prend entre cinq et sept heures de pratique avec l’un des moniteurs sur place. Et il ne faut pas être exagérément « enveloppé » car le poids du candidat ne doit pas trop excéder le quintal !

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Et, pour tous, la promenade en pédalo high-tech ne demande qu’une formation de quelques minutes, avec ou sans son chien !

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Et le grand cul de sac marin réserve aussi d’autres surprises comme l’îlet blanc, accessible seulement en dehors des périodes de reproduction des oiseaux…

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…. ou la mangrove, réservoir de biodiversité et lieu de reproduction de nombreuses espèces.

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Quittant presque à regret ce mouillage confortable et tranquille, nous avons poursuivi notre route par la côte sous le vent, commençant par Deshaies, balayé par de puissantes rafales. Escale un peu décevante, car le bourg semble s’endormir au fil des années.

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Puis Malendure et son îlet Pigeon. Mais une curieuse houle de sud-ouest rendait le mouillage rouleur. Nous y avons quand même fait un magnifique snorkelling.

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Après une visite de la petite et coquette marina de Rivière Sens, nous nous sommes lancés dans une traversée musclée du canal des Saintes. Certes l’alizé avait repris ses droits après trois jours à l’abri de la Soufrière, mais il était fort et nous a cueillis un peu à froid…

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…et le nerf de chute de la grand-voile fraîchement révisée nous a lâchés, nécessitant un petit bricolage de plus, arrivés au mouillage de la batterie, à Terre de Haut.

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Nous connaissions tous les deux Les Saintes, mais le choc de beauté est vraiment magique.

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On dit que la baie de Terre de Haut est la plus belle du monde. Il doit y avoir un peu de vrai…

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…même si le mouillage est agité et les rafales bruyantes, Mais l’ancre a tenu….

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…et les punch, planteur ou coco, ont une saveur particulière, les pieds dans l’eau…

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…sur un balcon délicieusement rafraîchi par quelques gouttes de temps en temps, lorsqu’une vague malicieuse s’approche un peu trop près.

Observez les couleurs et le menu peint sur la façade de cet établissement tenu par des bretons. Ils se sont bien adaptés à leurs nouvelles pénates après trois siècles sur place.

Le rhum est vraiment un merveilleux moyen de mettre en valeur toutes les saveurs tropicales. Finalement, les cocktails qu’il permet de composer sont presque, et peut-être même plus variés, que ceux que l’on peut faire avec du Pastis, autre emblème d’une région que nous adorons aussi.

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Après tout cela, nous n’avons pas pu résister à la tentation d’une langouste grillée. Et nous avons pu regagner Dartag sans trop de problème. Il n’y avait même pas de gendarme embusqué !

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Seul l'ancien cabinet médical de Terre de Haut, en forme de proue de navire, reste décapité après le cyclone Maria. Tout le reste est impeccable.

Le retour à Pointe à Pitre après presque trois semaines de vadrouille était inévitable. Lorsque Nadine a repris le taxi vers l’aéroport, nous avions tous les deux la tête remplies de souvenirs, de sensations, de couleurs, d’odeurs, de goûts tellement exquis que nous recommencerons bientôt.

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Quelques amis voileux retrouvés sur place, Philippe, Frédéric et Yukié, Jean-Louis, …et d’autres permirent d’assurer la transition vers la fin d’une belle saison hivernale. Sonadiau, dans sa nouvelle livrée noire, entièrement révisé et muni de voiles de compétition neuves, se prépare pour la semaine de St Barth avec un équipage de onze australiens professionnels. Ça va fumer !

Mais il reste une étape à franchir où les québécois auront une jolie place. Je ne vous en dis pas plus maintenant, ce sera la surprise du dernier billet tropical de cette année.

Une page littéraire pour terminer :

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Il y a longtemps que je suis cette auteure, fille de Dominique Lapierre. Ses romans historiques, fruits d’un énorme travail documentaire sont passionnants. Le dernier raconte la vie d’une aristocrate russe qui a vécu les bouleversements de la fin de l’époque des Tsars à ceux de la deuxième guerre mondiale. Sa détermination, ces choix parfois risqués ou douloureux, son intelligence, son charme, sa culture, son éducation, sa classe, et j’en passe,… lui ont permis de surmonter des épreuves terribles, de faire des rencontres extraordinaires, et de survivre aux aventures qu’elle s’est parfois elle-même imposées dans les milieux les plus divers et dans toute l’Europe. Passionnant, et peut-être même envoûtant, ce gros bouquin se lit pratiquement d’une traite !

Cela change (à mes yeux) des deux derniers ouvrages de Michel Houellebecq que j’avais emportés dans ma liseuse. Ils m’ont semblés sinistres, ennuyeux, par moment pornographiques, violents et même mal écrits. Je me demande comment il peut avoir un tel succès et des prix internationaux. Cet écrivain est obsédé par lui-même et ses propres échecs dans tous les domaines, c’est d’une tristesse ! Ce n’est pas ce que je cherche dans la littérature, mais..... chacun son truc !

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Enfin, une précision : je n’avais pas renouvelé cette année mon abonnement Spot qui permettait de suivre Dartag dans ses escales. Il existe une autre solution par le site MarineTraffic.com qui exploite les données transmises par tous les navires équipés d’un AIS (Automatic Information Service). Ce système gratuit est destiné avant tout à la sécurité et au contrôle des navires dans les eaux internationales. Il est obligatoire pour tous les navires de plus de 20 mètres, mais de nombreux voiliers plus petits sont équipés. C’est assez ahurissant de voir ce que cela donne sur les cartes de la planète mer. Voici le lien gratuit vers les données de Dartag :

https://www.marinetraffic.com/en/ais/details/ships/shipid:4810535/mmsi:227394170/vessel:DARTAG

Bonne lecture et à bientôt !

dimanche 17 mars 2019

Une Nouvelle Jeunesse

A Tyrrel Bay (Cariacou de Grenade) les formalités de sortie sont simples et pratiques à défaut d'être bon marché. Comme notre objectif est de rejoindre la Guadeloupe à mi-Mars, c’est la destination que nous avons déclarée. Les évènements vont en décider autrement, avec une certaine complicité du rédacteur.

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C’est d’abord à Union Island que nous avons fait notre première escale pour y retrouver David et Raymonde sur Grand Pas. Nous les avons rejoints à Clifton Bay après un essai de mouillage à Ashton Harbour, trop exigu, avec très peu de fond et mal protégé par Frigate Island, puis à Palm Island, magnifique mais terriblement rouleur.

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La force de l’alizé, les grains et les sargasses ont fini par nous en chasser le lendemain pour trouver refuge à Mayreau moins fréquentée, bien mieux protégée et aux eaux claires. Les pélicans repus se sèchent sur un rocher en attendant de repartir à la pêche.

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Et un petit évènement qui marque la vie d’un voileux s’est produit lors de notre deuxième journée à Saline Bay. Un schnorkeling (en français PMT) de routine nous a fait passer sur une sorte de chaos de roches et de blocs de béton en ruines provenant sans doute d’un ancien appontement détruit.

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Sous un gros caillou, j’aperçois ce qui pourrait bien être des antennes de crustacés. M’approchant je découvre avec ravissement un véritable nid de langoustes. Elles devaient être plus d’une dizaine, par moins de trois mètres de fond. Seul à bord, et sans moyen d’en capturer, je me suis contenté de les photographier. Mais c’est une première et j’espère ne pas en rester là !

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Le lendemain, après un dur louvoyage et deux forts grains, avec des rafales à près de 40 nœuds, la chute du génois a rendu l’âme et s’est déchirée sur six mètres. Il fallait donc faire une escale aussitôt que possible pour trouver une solution. C’est Béquia que nous avons rejoint après une demi-heure de moteur, parmi quelques élégants visiteurs.

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Le fort vent et les grains violents nous incitaient aussi à y rester en attendant une amélioration. La recherche d’un maître voilier nous a permis d’en découvrir deux. Le premier paraissait sympathique, mais en parlant de délais, il s’est avéré que sa fiabilité laissait à désirer. J’ai dû récupérer mon sac à voile pour le porter au deuxième qui s’engageait à faire le travail pour le lendemain soir. Le devis de 500$EC (175 €) paraissait acceptable.

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Retournant à bord entre deux visites à terre, Dartag avait reculé d’une vingtaine de mètres sous l’effet des rafales musclées. Il fallait remouiller et filer plus de chaine. C’est là que le vieux guindeau LEWMAR a confirmé qu’il avait l’âge de ses artères. Remonter le mouillage fut un exploit en essayant de l’aider au mieux, au moteur. Il devenait nécessaire de lui redonner aussi une nouvelle jeunesse, et au minimum de changer le barbotin en bronze (roue crantée qui entraine la chaine) portant de vilaines traces d’usure.

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Il n’y a pas 36 mécaniciens ou électriciens de marine à Port Elizabeth. Le seul que j’ai trouvé régnait sur un atelier rempli d’un foutoir pas possible de pièces en tous genres, mais pas la bonne. De plus, mes essais de démontage du barbotin existant se sont avérés infructueux et j’ai préféré arrêter avant de casser quelque chose. Il me faudrait donc attendre d’être en Martinique en ménageant le vieux LEWMAR autant que possible.

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Entre temps, l’arrivée de Belle Lurette était une occasion de dîner d’excellentes langoustes sur la plage, après un double painkiller bienvenu (boisson générique légèrement alcoolisée et aromatisée pour supprimer les angoisses), avec Michel, Françoise, Philippe et Helena.

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Surprise en récupérant le génois le lendemain, au lieu de se contenter de retailler et refaire la chute, le maitre voilier avait poursuivi les travaux en posant une protection anti UV sur l’ensemble, multipliant la facture par presque trois. Mais cela restait raisonnable, et cette voile en valait le coup. Elle sera désormais plus qu’un dépannage, une réelle alternative !

Du coup, je pouvais appareiller pour la Martinique sans trop serrer les fesses en cas de vent fort. De toute façon j’avais encore en stock à bord un vieux foc n°1 de 40 ans dont j’avais vérifié qu’il était utilisable sur l’enrouleur. Il pourra, cette fois, rester dans son sac.

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Après cinq jours d’escale et avec un temps redevenu plus clément, rallier Le Marin fût une belle navigation avec une douce nuit en mer et une arrivée au lever du soleil. Notre programme technique était chargé, et le carnaval n’allait pas faciliter les choses.

Mais d’abord, place aux retrouvailles avec Pégase Rider que nous avions croisé à Béquia trois semaines plus tôt. Marco et Béné, juste revenue de métropole, préparent le rapatriement de leur bateau par cargo avant de tourner la page de la voile, et de s’installer sur le golfe du Morbihan.

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Ensuite, le Zodiac, déposé pour réparation chez le concessionnaire après l’achat de la nouvelle annexe, devait être prêt. En effet, une bonne révision générale permettait d’envisager de la vendre sur place, ou plus tard. Avec une affichette et une annonce sur le bon coin, l’affaire a été réglée en deux jours. Mourad, un solitaire venant de découvrir la voile avec « Passion » un joli bateau en acier de 35 pieds, en fera bon usage. Il m’a laissé le train d’atterrissage escamotable !

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Et surtout il fallait trouver une solution pour le guindeau. Les recherches et conseils des spécialistes ont abouti à son remplacement par un modèle LOFRANS Cayman (marque italienne bien connue). L’électricien venu l’installer à bord, au mouillage, s’est montré coopératif et efficace. Le perçage de la platine support, instant crucial, a été parfait, exactement à l’endroit que je souhaitais et les câblages refaits à neuf avec beaucoup de soin très proprement. Il ne reste qu’à retourner la chaine à la première occasion pour avoir un mouillage quasiment neuf. Ouf, un sérieux souci en moins.

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Repartant du Marin après une semaine d’escale technique, le passage par la côte au vent dans un alizé modéré et sous un soleil radieux fut encore une fois un régal. Nous atteignîmes la pointe de la caravelle en début d’après-midi, pile poil pour une sympathique escale à La Trinité.

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Jean Philippe, qui passe l’hiver dans sa maison martiniquaise, avec son petit chien « Harley », est venu me chercher en voiture et m’a fait visiter son petit coin de paradis antillais, dans lequel il reçoit des visites nombreuses et agréables.

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De sa terrasse on a une vue sur la baie du Galion et il avait préparé un magnifique ange royal du lagon en papillote qui nous a régalés. Et nous avons refait le monde tranquillement en parlant de « trucs d’hommes », voyages, motos, femmes, livres, et bien sûr projets d’avenir. A nos âges, et bien oui, nous en sommes pleins !

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Direction Marie Galante dès le lendemain tôt, pour une magnifique traversée avec toute la toile et à plus de sept nœuds et demi de moyenne, sans rien toucher, encore une journée à vous réconcilier avec l’existence si j’en avais besoin.

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Après une nuit dans le port de Grand Bourg pour les formalités douanières et quelques courses, j’y ai découvert une quincaillerie généraliste extrêmement bien achalandée. Une ressource à garder en mémoire, au cas où.

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Et puis encore une escale à St Louis, avant Pointe à Pitre. Ce grand mouillage confortable expose ses plages blanches bordées de petits restaurants ou bouibouis sur le sable, sous les cocotiers. Il y a de la place à profusion si bien que c’est l’endroit idéal pour remonter la chaine sur le pont et la retourner bout pour bout, en se laissant tranquillement dériver. Cela prend du temps, quelques efforts, n’est pas très propre, mais lorsque c’est fini et qu’on a nettoyé tout cela à grande eau, on peut souffler, avec un mouillage rajeuni, fiable, performant.

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La Soufrière empanachée reste un spectacle magnifique et l’arrivée à Pointe à Pitre se précise.

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Dans la Marina Bas du Fort, le calme du matin ferait presque croire aux amarres virtuelles

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Il ne restait plus qu’à récupérer les voiles chez Voiles Plus. C’était sans compter sur la fuite d’eau douce qui m’avait inquiété en début de saison et que j’avais pu réparer avec les moyens du bord. Cette fois c’est le raccord de sortie d’eau chaude du chauffe-eau qui a littéralement explosé, entrainant la vidange dans la cale de 200 litres du réservoir arrière, alors que j’étais à terre. Une bonne occasion de laver les fonds, mais je m’en serais bien passé.

La pièce nécessaire était heureusement disponible chez le shipchandler local, et la réparation facile. Je dispose donc à nouveau d’une installation sanitaire opérationnelle et rajeunie, elle aussi.

Les voiles hi-tech, laissées en révision l’année dernière, étaient prêtes et furent réinstallées à la place de celles d’origine qui m’auront bien servi cette année et ont regagné leur sac.

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Retour au mouillage de l’ilet à cochon pour les bains de mer, les balades, les noix de coco, les épaves et les rarissimes trawlers (celui là est sous pavillon danois, a-t’il fait la traversée ?).

Et pour finir, deux recettes de marin habitué à faire flèche de tout bois :

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Le frichti de pâtes et poissons volants suicidaires. La sauce ketchup est facultative.

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Le coucous « brésilien » : bulgur remplaçant la semoule, et singe (corned beef brésilien) remplaçant le mouton, mais les légumes sont d’origine ;

Dans deux jours commencera une nouvelle croisière, et cette fois je ne serai plus seul. Nadine, que vous connaissez déjà, reprend l’avion pour les Antilles et elle embarquera plus longtemps que la dernière fois, en janvier, alors qu’elle était en vacances en Martinique.

mercredi 20 février 2019

« Remontée tranquille»

Cinq jours de forte brise à Port Elizabeth permettent de goûter les plaisirs du mouillage, même si c’est un peu bruyant ou agité par moment. Les visites à terre donnent l’occasion de recharger la cambuse, de lire sa messagerie grâce aux Wifi locales, après la défaillance de Digicel le fournisseur qui prétendait avoir vendu une carte SIM Data prépayée et illimitée pour 7 jours.

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Les paquebots continuent leurs rotations régulières, certains sont plus élégants que d’autres.

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Et à terre le choix de certains pasteurs (?) n’est pas facile à comprendre sur une ile de la taille de Porquerolles (à peine) où les routes bitumées en bon état ne doivent pas dépasser deux kilomètres, et encore, étroites, constituées surtout de virages très courts sans visibilité et de raidillons ou de descentes vertigineux. Mais, malgré les apparences, cette voiture impressionnante a peut-être un moteur modeste. Je ne l’ai pas entendue rugir, contrairement à d’autres.

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L’alizé s’étant un peu calmé (très peu) nous reprenons la mer vers les ilots situés au vent de l‘île. Pour la plupart, ils sont déserts, fréquentés uniquement par les oiseaux et quelques pêcheurs, comme Battowia et Baliceaux, ou Petit Mustique et Savan Island.

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En revanche Mustique est privée, et ses propriétaires ont construit des infrastructures sérieuses, un aérodrome, et de luxueuses villas souvent louées à des personnalités du show bizz, des footballeurs, des industriels ou des membres du gotha mondial.

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En approchant des Tobago Cays, il faut se glisser entre les récifs ou barrières coralliennes qui demandent un peu d’attention dans la navigation et une certaine maniabilité, notamment à l’approche du World’s End Reef, bien nommé, constitué d’un grand plateau submergé sur lequel la grosse houle venue de 3000 kilomètres se brise bruyamment. Si tu rates ton coup t’es mort !!!

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Juste à l’ouest, partiellement abrité, on trouve un petit ilot planté de cocotiers autour d’un minuscule lagon peu profond. Il n’est pas très fréquenté, mais deux voiliers en avaient pris possession pour la soirée et une escale était impossible.

Il m’a donc fallu faire le tour de la barrière de corail qui protège les Tobago Cays pour trouver un abri sûr pour la nuit. Cet endroit mondialement connu, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, est très fréquenté, surtout entre les deux ilots appelés Petit Bateau et Petit Rameau.

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Ailleurs c’est le royaume des kite surfs dans les couleurs magnifiques du récif peu profond. Et 80% des voiliers au mouillage sont des catamarans de location portant des équipages nombreux venus consommer une ou deux semaines de vacances de rêve.

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Les formalités de sortie du territoire de St Vincent et les Grenadines, nécessitaient une escale à Clifton, tout proche, dont l’aéroport héberge les fonctionnaires habilités, fort aimables et efficaces.

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Nous pouvions alors nous lancer vers Grenade que nous n’avions pas visitée depuis 2016, en commençant par la première des Grenadines de Grenade, Carriacou, où nous avons fait escale à Tyrell Bay.

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Surprise, nous y avons trouvé une goélette de 20 mètres, Valhala, construite en acier par un couple de français, Pascal et Bernadette, qui a enchainé les voyages du pôle nord au pôle sud à son bord pendant trente ans. Ils sont reçu les journalistes de Voiles & Voiliers qui ont publié un grand reportage sur eux dans le numéro d’août 2018. Elle est à vendre !

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Et la visite de voisins au mouillage (sur SAM), attirés par notre pavillon corse, s’est terminée en apéro à leur bord. Hervé et Elizabeth ont aussi beaucoup voyagé et nous garderons certainement le contact. Anciens viticulteurs, ils sont bretons et habitent Porto Vecchio.

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En ce dimanche 17 février, l’appel de Grenade fut le plus fort. Une belle brise nous mena jusqu’à la capitale Saint Georges en moins de 4 heures. Peu après la mi-parcours, alors que j’étais à la barre bâbord depuis quelques minutes pour gérer les fortes rafales sous le vent de l’île, un bruit sec et métallique a retenti suivi d’une perte de contrôle totale du gouvernail. La transmission venait de lâcher. Me précipitant sur la barre tribord, je repris le contrôle de Dartag sans grosse difficulté, puis rebranchai le pilote pour faire des investigations.

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C’est la chaine de transmission qui s’était brisée sous l’effort. Terminant le parcours sans encombre, je me suis dit que ce n’était pas plus mal d’arriver à St Georges. Grenade étant un pôle important pour la plaisance à voile, je devais pouvoir y trouver facilement les pièces nécessaires à une réparation parfaite.

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Dès le lundi matin, je consultai les deux chaines d’accastilleurs américains présents sur place. Sans succès. L’un d’eux me suggéra de voir le grand spécialiste auto-moto local, Knight's Auto, ces chaines étant aussi utilisées principalement sur les motos, à une demi-heure de marche, dans la ville haute. Pas de chance non plus, il avait de nombreux modèles mais pas le bon. Il allait donc falloir mettre en œuvre une réparation de fortune.

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Mes pérégrinations dans cette ville m’ont redonné l’occasion de voir qu’une des priorités de ce pays est certainement l’éducation des jeunes. Garçons et filles dans des écoles séparées, tous en uniforme traditionnel, se rassemblent pour rejoindre leur établissement sur le fronton duquel figure sa devise. On se sent à mille lieues des turpitudes et conflits bysantins de notre Education Nationale. Reste à savoir si les résultats sont à la clé ? En tout cas il est clair que depuis notre dernier voyage ici, la propreté, le réseau de transport en commun, la qualité des voiries ont encore progressé, alors que la situation était déjà bien meilleure que dans les iles voisines.

Un petit exemple supplémentaire : lors de ma visite chez Digicel pour comprendre pourquoi ma carte SIM illimitée avait cessé tout service après trois jours : le technicien qui m’a reçu s’est montré si précis et convainquant que j’ai racheté 7 jours de forfait en toute confiance. Bravo !! J’espère ne pas être déçu !

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De retour à bord, j’ai entrepris de réparer la chaine brisée. Il m’a fallu une heure trente avec des outils simples et une chute de fil d‘inox récupéré sur un morceau de câble de hauban pour faire une sorte de ligature. Cela semble être suffisante en attendant une chaine neuve, car il est clair que celle-ci à souffert d’une corrosion bizarre. Les trois autres chaines du système de barre sont intactes, heureusement. Mais, désormais, j’aurai du rechange à bord pour ce dispositif essentiel à la sécurité du bateau. Je n’ose pas penser ce qui se serait produit si cet incident était arrivé alors que je slalomais entre les patates de corail des Tobago Cays !!!!

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Profitant d’une fenêtre météo favorable, je repris la route vers le nord avec une barre complètement opérationnelle. Ce fut une traversée retour agréable vers Tyrell Bay, quoique beaucoup plus longue qu’à l’aller, car il a fallu louvoyer contre le vent sur les deux tiers du parcours. Mais, par une brise modérée et régulière, sur une mer plus maniable que la veille, ce fut un plaisir. Le coucher de soleil et le lever de pleine lune participèrent aussi à cet agrément.

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Retour demain dans les Grenadines de St Vincent pour quelques jours, avant de reprendre la route de la Martinique pour la fin du mois de février qui n’en compte cette année que 28 (des jours).

J’ajoute pour les gourmets quelques compléments alimentaires glanés en ce début de saison d’hiver tropical.

- Pour les nourritures terrestres :

1) Une recette : la purée croquante « Dartag » :

A partir d’une purée mousseline classique pour quatre, ajouter 200 grammes de dés (ou 4 tranches hachées menu) de jambon, et trois cuillères à soupe de moutarde forte. Une pincée de Massalé en poudre ne peut pas faire de mal ou, à défaut, du Curry. Pour le croquant, un gros oignon rouge finement émincé et pour l’onctuosité trois crèmes de gruyère Vache Qui Rit entières (à l’exclusion de toute autre marque), que l’on peut éventuellement remplacer par 75 gr d’emmental râpé de nos montagnes. A déguster chaud ou froid indifféremment.

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2) Quant au « Pure Heaven Out Of This World », « Royal Malt Original » découvert par hasard dans le nouveau supermarché Alexis, à Tyrell Bay, c’est une horreur. Sirupeux sans sucre, sans alcool, sans gaz, intermédiaire entre la pisse de cafard et le jus de crayon gras, bref pratiquement pas de goût, typiquement une boisson marketing pour obèses, qui, même approuvée par la Reine d’Angleterre, ne mérite pas ne serait-ce qu’un mini détour. A jeter, à moins d’aimer le « so british » ! J’espère que les lecteurs du Royaume Unis ne m’en voudront pas.

- Et Jean-Christophe Rufin pour les nourritures intellectuelles.

Rappelons que cet écrivain-diplomate-académicien n’a rien à voir avec François Ruffin, député « La France Insoumise », par ailleurs brillant également dans son domaine, même si on peut penser en voyant leur photo, qu’ils pourraient avoir des liens familiaux.

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- " La salamandre" romance le parcours d’une femme banale autour de la cinquantaine, qui, après un voyage au Brésil chez des amis, décide de changer de vie et s’y installe après avoir rencontré un jeune aventurier sans scrupule. Commence alors pour elle une longue descente aux enfers sur fond de générosité, d’aventure, de rencontres de personnages marginaux d’une société du tiers monde ou la loi du plus fort est la règle et où l’Etat est lointain. Elle connaitra le feu de l’enfer. Comme la Salamandre elle sauvera sa vie, mais quelle vie ? Ce court roman se lit en quelques heures et m’a tenu en haleine comme rarement cela s’était produit.

- "Immortelle randonnée" est un témoignage et le récit du processus qui a conduit l’auteur à faire le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Curiosité, recherche d’un engagement personnel à la fois physique et intellectuel, volonté de rencontres, sont décrits et analysés avec rigueur, un humour très fin et une lucidité permanente sur son propre comportement d’historien, de sportif, d’intellectuel et d’homme d’action. Un récit merveilleux, drôle, documenté, personnel, sans illusion ni prosélytisme. Une expérience qui fait dire à son auteur qu’il y a un « avant » et un « après ».

Ces deux ouvrages donnent envie de se plonger dans l’œuvre de cet auteur plus profondément.

dimanche 10 février 2019

Descente Magique

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Eh oui, l’hiver au chaud est bien agréable cette année, pendant que vous êtes encore pris dans les glaces et la neige en Europe et en Amérique du Nord.

Certes, cela débute, comme chaque fois, par un peu d’exercice physique. Il faut trimbaler les 35 kilos de bagages de gares en aérogares avant d’arriver à Pointe à Pitre un peu décalé dans les horaires.

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Ensuite, le réarmement de Dartag implique un grattage de la faune et de la flore accumulée depuis le mois de mai dernier, avant une nouvelle peinture,….

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…..et quelques autres travaux moins agréables comme la chasse aux cafards qui se sont crus chez eux depuis tout ce temps. Je ne leur laisse aucune chance. Mais l’année prochaine il n’y aura absolument rien dans les cales de Dartag qui puisse les attirer. Saloperie d’insectes !!!

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Et, une semaine après, c’est le départ vers la Martinique et de bien agréables rencontres, avec les amis des années précédentes et aussi Nadine, arrivée en vacances quelques jours plus tôt pour un court séjour aux Anses d’Arlet.

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Elle embarquera pour quelques jours avant de revenir plus tard dans la saison. Nous ferons ensemble une tournée des mouillages et plages les plus agréables de cette ile qu’elle connaît mieux que moi, y étant venue régulièrement depuis plus de vingt ans.

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La très belle rade de Fort de France offre de nombreuses possibilités d’escale parfaitement abritées et nous en avons profité pour visiter le petit musée de la Pagerie, installé dans la propriété de la famille de l’impératrice Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte, restée l’amour de sa vie même après leur séparation pour raison d’état.

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La prospection pour quelques articles nécessaires à Dartag fut l’occasion de promenades pédestres dans la capitale de l’île et ainsi de la voir sous un autre jour, profitant aussi d’un temps et d’une visibilité exceptionnels.

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La vieille annexe Zodiac (13 ans) était en fin de vie depuis quelques années. Il fallait aussi retourner au Marin pour prospecter, en espérant trouver sa remplaçante.

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Finalement c’est un modèle chinois (3D Tender UL290) qui présentait le meilleur compromis longueur/poids/prix et il était disponible le lendemain. Alors basta ! En une demi-journée le transfert était fait. La Zodiac fut déposée chez le réparateur pour une révision complète avant, peut-être, sa mise en vente lors de mon prochain passage. Elle fera peut-être encore des heureux.

Après quelques courses et formalités administratives, nous pouvions reprendre la mer avec l’idée de retourner dans le paradis de petites Antilles que sont les Grenadines et en particulier les Tobago Cays. Chienne de vie !

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Pas de sauts de baleines cette fois (voir le billet n°54 « Grenadines Express »), mais le passage sous le vent de St Vincent, à l’aube, par calme plat, avait quelque chose de magique.

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Cette traversée de rêve, par un temps idéal, brise maniable et mer peu agitée nous conduisit, après une nuit en mer, à Béquia (les initiés disent Bécoué), première étape de cette nouvelle croisière.

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La baie de Port Elisabeth est toujours aussi belle. Ses couleurs et jolies villas font de ce mouillage l’un des plus attractifs des petites Antilles. La semaine anglaise implique que les administrations soient fermées en ce deuxième week-end de février. Nous attendrons donc lundi pour faire les formalités d’immigrations, de douane et d’autorités portuaires, ainsi que pour acheter un abonnement Digicel qui nous permette d’accéder à Internet dans toutes les iles du sud de l’arc antillais. Sniff !!

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Curieusement il n’y a pas foule, si l’on excepte les deux paquebots, dont le Club Med 2, qui débarquent leurs touristes en chemises à fleurs, bermudas et chaussettes dans les tong, avides de bronzage. Leurs illuminations à la tombée de la nuit sont malgré tout assez jolies.

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Et pour terminer, voici un coucher de soleil magique, vu le soir après une baignade au milieu des tortues dans la grande Anse d’Arlet en Martinique. Pardon de vous infliger cette terrible tentation que certains ont déjà vue, mais je n’arrive pas à me lasser de la beauté de ces paysages et ciels tropicaux. Je n’essaie même pas ! Merci à notre planète d’être aussi belle. Comme l’a si bien dit la belle-mère de Joséphine ; « pourvou qué ça doure » !