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Navigations › 2014-2015 Deuxième hiver aux Antilles

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vendredi 24 avril 2015

Petite resucée.

Après Frédéric, Marie-France a aussi repris l'avion pour la métropole, ravie à l'idée de retrouver ses "petits" après un hiver sous les tropiques.

Il me restait dix jours pour désarmer et mettre Dartag en sécurité avant de reprendre l'avion moi aussi. Après m'être assuré auprès de la marina Bas du Fort que ma place était bien réservée, je pouvais donc m'offrir une petite resucée de navigation dans les alizés, cette fois en solitaire, tout en procédant à quelques rangements et entretiens à bord en prévision d'un arrêt prolongé.

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Première destination, Marie-Galante, avec une arrivée magique au crépuscule, devant un lever de pleine lune. Christian et Véronique sont arrivés depuis quelques heures et nous projetons une sortie de concert, si possible, pour faire des photos de nos bateaux sous voiles.

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En attendant, je profite d'une belle journée de dimanche pour entreprendre un tour de cette île charmante, ce que je n'avais jamais fait autrement qu'en voiture. Le vent d'est est raisonnable, force 4 à 5, et la mer superbe.

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Quelques milles bâbord amure, passant devant Grand Bourg suivi d'un virement de bord et d'une longue cavalcade le long de la côte au vent, nous amènent devant Capesterre puis les falaises de la côte nord.

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Il y a encore pas mal d'algues flottantes, mais je traîne quand même la ligne, quitte à la relever souvent pour la débarrasser des indésirables paquets bruns qui s'y accrochent. Et, miracle, lors d'un de ces relevages, la traction est plus forte. Et pour cause, un jeune barracuda d'environ deux kilos s'est fait prendre, et bien prendre. Il ne parvient pas à se décrocher avant d'être à bord. Dommage que j'aie déjà nettoyé et rangé le barbecue. J'en ferai donc cadeau à la Baleine Rouge.

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Le lendemain, appareillage avec Birabao à destination des Saintes. Le temps est magnifique, des conditions idéales pour faire de belles photos et vidéos.

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Nous ne seront pas décus. Il est vrai qu'un voilier dans son élément est un spectacle réjouissant, et les nôtres ne sont pas vilains sous voiles dans l'alizé, d'abord à l'abri de l'île, puis dans le canal de la Dominique avec une mer plus formée.

Nous échangerons nos fichiers au mouillage du pain de sucre, avant de nous séparer le lendemain, Birabao poursuivant sa route vers le sud, alors que je dois rentrer à Pointe à Pitre.

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Après quelques jours de nettoyage et rangements au mouillage, je gagne la marina pour finir les démontages et rinçages.

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Puis c'est le moment de rejoindre le poste "d'estivage" dans le lagon bleu, entre quatre bouées et de procéder à un amarrage très redondant ne comptant pas moins de douze amarres.

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Le taxi me conduit ensuite à l'aéroport où j'embarque dans le "triple sept" d'Air France sous une petite pluie tristounette.

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Vol sans histoire, correspondance parfaite à Orly, arrivée à Blagnac à l'heure, bref tout aurait été parfait sans quelques crampes d'estomac dues à un excès de choux rouge cru pour finir les stocks avant la fermeture de Dartag.

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Et maintenant, place au printemps métropolitain, et ses arbres fruitiers en fleurs, et aux petits travaux d'entretien, de réparation et de préparation de l'hiver tropical suivant. Non je ne suis pas blasé de cet univers tropical et j'y ai pris goût ces deux dernières années.

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Mais il y a aussi les retrouvailles familiales bien agréables.

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Vous vous souvenez de l'aventure qui était arrivée à mon Samsung Galaxy S2 que j'avais plongé dans un verre de Pastis par mégarde, peu après mon départ en septembre 2013 ? (voir le billet du 3/9/13 http://dartag.heoblog.com/index.php?post/2013/09/03/Eaux-inconnues). Il n'en était pas mort, mais son fonctionnement s'était dégradé progressivement, et j'avais du renoncer à l'utiliser pour la plupart de ses applications courantes car il n'était plus possible de le recharger ni de le connecter au PC.

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Après un démontage complet, j'ai pu identifier le problème, commander la pièce corrodée et le remonter. Il est ressuscité et a retrouvé toutes ses fonctionnalités. Un miracle que je n'aurais jamais espéré, tant ces appareils hi-tech modernes semblent inabordables au profane. Et bien figurez-vous qu'avec quelques petits outils simples on peut y arriver. Il n'y a même pas de soudure à faire.

mercredi 01 avril 2015

« A l’abri du besoin ?»

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Frédéric, notre nouveau et très cher équipier, a contribué largement aux petits soins que nécessitait Dartag avant de reprendre la mer.

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Après quelques ascensions du mât, la girouette électronique parfaitement réparée par Philippe a repris son service, comme neuve.

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Entre temps, les visites de Pointe à Pitre ont permis notamment de constater que le futur musée de la mémoire, qui sera inauguré en juin en présence du Soufflé Hollandais, avait sa configuration quasi définitive, et que les splendides pélicans bruns entretenaient toujours leurs plumes.

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Notre premier galop d’essai vers Marie-Galante s’est soldée par un « chou blanc » sur toute la ligne. La « baleine rouge » était exceptionnellement fermée, ce mardi soir, à la fin d’une saison exténuante, et nos amis étaient en balade avec une visite familiale. Mais nous y repasserons.

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Qu’à cela ne tienne, en route pour la Dominique toute proche par un temps merveilleux. Sur la plage noire de Portsmouth, les enfants jouent comme partout dans le monde, et nous sommes accueillis par les Boat Boys parfois un peu insistants mais serviables.

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Ils organisent le soir même un barbecue sur la plage auquel nous ne résisterons pas, en compagnie d’un couple de plaisanciers français. Encore une fois, la plupart des autres convives sont anglophones et l’ambiance est élégante et détendue.

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Le côté verdoyant de cette île est parfaitement illustré par la végétation luxuriante, à l’embouchure de l’Indian River, ou dans le petit cimetière tropical de la ville dont les tombes disparaissent dans les lianes et les fleurs.

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Une bonne brise nous a ramenés aux Saintes et cette fois nous avons pris la seule bouée libre devant le bourg, idéalement placée, arrivant juste au départ d’un autre voilier.

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Flâner dans les ruelles par ce si beau temps, nous rappelle l’ambiance de Porquerolles en été, au milieu des touristes bronzés et des petits commerçants de fringues et de bouffe. Mais ici les voitures et les scooters de location ne sont pas tous électriques, dommage ! Les bâtiments sont aussi plus tropicaux mais presque toujours en parfait état.

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C’est par la côte sous le vent que nous avons pris la route d’Antigua, faisant au passage une escale à Deshaie, que nous aimons bien, pour y faire notre clearance de sortie. La brise très maniable n’empêche pas la houle de faire fonctionner le souffleur à la sortie de l’anse.

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Cette belle traversée avec toute la toile, ce qui a été plutôt rare cette année, nous a conduit jusqu’à Falmouth Harbour dans ce beau et sûr mouillage aménagé, lui aussi, pour la grande plaisance.

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Les grandes unités rutilantes frémissent de l’activité des équipages qui les peaufinent en prévision de l’arrivée de leur propriétaire ou des clients à l’abri du besoin. Prix moyen de la semaine de location, sur Nero par exemple : 395 000 $ US pour 12 personnes maximum dans six cabines « invités ». Avec 90 mètres de longs et trois ponts, ils vont se chercher les passagers, mais le luxe, le confort et le silence sont forcément parfaits.

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Les fonctionnaires de l’immigration, très bien organisés dans leur beau bâtiment restauré à l’ancienne de Nelson Dockyard (ce nom m’écorche un peu les lèvres, rien qu’en l’écrivant), sont de plus en plus efficaces et, cette fois, l’affaire a été « torchée » en moins d’un quart d’heure, avec visas valables un mois sur les passeports, moyennant 51 $US quand même. Les prix montent mais la qualité aussi, rien à dire.

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Evidemment la séance de lèche-bateaux sur les quais d’English Harbour est un must, nos yeux s’écarquillant devant les prodiges de beauté, de luxe et de volupté qui se dégagent des voiliers amarrés à ces anneaux, et devant l’organisation impeccable du très select Antigua Yacht Club.

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Cette île est quasiment entourée d’un lagon dont les passes sont plutôt faciles d’accès et les eaux calmes, bordées de villas et de plages magnifiques. Nous en avons profité pour faire le tour en trois jours jusqu’à Jolly Harbour à l’ouest, retrouvant d’autres voiliers amis deci-delà, notamment Birabao avec qui nous avons sacrifié à la tradition du ti’punch.

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Profitant de la belle brise favorable qui se maintient, nous avons repris la mer vers la Guadeloupe, visant cette fois la côte au vent. Et c’est devant Port Louis, au nord de Grande Terre que nous avons retrouvé la France.

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Evidemment cette petite localité un peu oubliée, surtout depuis le blocage des ponts sur la rivière salée, ne peut soutenir la comparaison avec Antigua. Le village nous a plutôt fait penser à la Dominique, l’activité et la foule en moins. C’est calme, tristounet et même souvent délabré, même si l’Hôtel de ville et l’église ont été fraîchement restaurés et les rues récemment refaites entièrement, de belle manière.

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Les engins de travaux publics encore sur place en témoignent et nous ont donné l’occasion de les essayer en travaillant « au black ».

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Le tour de Grande Terre, passant entre la pointe des Châteaux et la Désirade est une belle journée de mer peu pratiquée par les plaisanciers car elle est exposée au vent et à la houle d’ l’Atlantique. Mais nous l’avons parcourue d’un seul bord, par force 4 à 5, quelques milles devant un ketch Amel 54 allemand qui n’a pas réussi à nous rattraper !

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A Saint François, le petit lagon est un bon mouillage, et la ville propre et accueillante entre sa marina et son golf. C’était l’occasion de faire quelques courses et un peu de shopping. La borne Wifi de l’office du tourisme est excellente et nous a permis de mettre à jour nos emails et de prendre connaissance de l’actualité marquée par les élections en France et par le crash de l’Airbus de German Wings. Respectivement, quelle déculottée pour le Bouffi, et quelle horreur pour les passagers et membres d’équipages, paix à leurs âmes devant tant d’absurdité.

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La sortie du lagon dans les brisants est impressionnante, et il faut bien suivre la passe étroite, mais la traversée pour rejoindre Marie-Galante avec une bonne brise fût un régal de plus.

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Nous avons pu nous rattraper de notre « chou blanc » précédent, avec l’accueil toujours aussi chaleureux de la Baleine Rouge, à l’occasion de l’anniversaire de la « patronne », en présence de sa maman, venue spécialement de métropole pour l’occasion.

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Puis, après avoir assisté à l’appareillage de Rara Avis, du père Jaouen, il nous a fallu rejoindre Pointe à Pitre où Frédéric a repris l’avion à destination de Toulouse, bronzé et remis à neuf par ces deux semaines d’évasion, bienvenues pour nous aussi.

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La prochaine échéance est le désarmement de Dartag avant de retourner nous aussi dans nos pénates pour un nouvel été, mais européen, cette fois. A suivre……….

vendredi 13 mars 2015

Soleil, pluie, vent et clandestins

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Nous sommes repassés à Cariacou, au mouillage de Tyrell Bay, avec son petit restaurant formica-paillote dont la Wifi est fiable et son petit chantier exposant un superbe canot vernis évoquant un Riva des Caraïbes.

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C’était aussi le moment de faire notre clearance de sortie de Grenade, plus facilement qu’à l’aller. Les fonctionnaires de service étaient les mêmes qu’à notre entrée quinze jours avant, mais plus souriants. Nous avons déclaré notre prochaine destination, Fort de France

Mais la tentation était grande de faire quelques escales (clandestines) sur le trajet. Après être passé de jour devant Union, puis Mayreau, dont les baies sous le vent étaient bien tentantes, nous avons finalement décidé de nous arrêter, une fois la nuit tombée, à Béquia, dans la superbe baie de Port Elisabeth que nous connaissions déjà.

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Quelques heures de sommeil et nous voilà repartis au lever du jour vers le nord, longeant les côtes verdoyantes de Saint Vincent. Mais cette fois le vent nous a laissé tombé et quelques heures de risée Volvo ont été nécessaires.

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Les reliefs de Saint Lucie ne sont pas moins spectaculaires et la vision des deux Pitons sous le soleil nous a paru encore plus belle qu’à l’aller. Nous avons poursuivi jusqu’à Rodney Bay au nord de l’île, presque entièrement à la voile, par un temps exquis.

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Après cette étape de 67 milles le temps s’est un peu dégradé et le vent est devenu durablement beaucoup plus fort. Nous sommes restés deux jours dans ce grand mouillage venté et très, très bien fréquenté. C’est aussi le point d’arrivée du fameux rallye ARC (Atlantic Rallye for Cruisers) regroupant chaque année des centaines de voiliers et de yachtmen chics, et surtout anglo-saxons, qui traversent l’Atlantique au départ des Canaries.

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Nous avons visité le village de Gros Ilet, dont les habitants, parfois misérables, parfois plus opulents, semblent imprégnés d’une foi évangélique très présente dans toutes les Antilles anglaises, et vivent d’activités traditionnelles.

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La marina de Rodney Bay étale en revanche un luxe inouï, associant les opérations immobilières prestigieuses et les pontons abritant des yachts pour familles vraiment prospères. Cette cohabitation n’est peut-être pas aussi tranquille qu’il y parait, si l’on en juge par les clôtures et postes de garde installés tout autour de cet ensemble.

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Nous en avons aussi profité pour démonter et refaire les joints des deux hublots du carré, car, lorsque le vent fort est installé, mieux vaut avoir un bateau bien sec de partout, si l’on veut éviter de retrouver des bouquins mouillés ou des coussins humides à bord.

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Avant de reprendre la mer, nous avions l’espoir de refaire le plein de mazout à la station « duty free » de la marina à 0,68 euro le litre, imbattable ! Mais le pompiste nous a fait savoir qu’il avait besoin de notre visa d’immigration pour nous servir. Aïe, nous voilà démasqués en tant que clandestins ! Qu’à cela ne tienne, nous souhaitons laisser le bateau au ponton de la pompe pour nous mettre en règle au bureau de douane-immigration tout proche. Hélas, c’était impossible sans s’exposer à payer une forte amende !

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Il valait mieux prendre la poudre d’escampette immédiatement, direction la Martinique toute proche, et nous sommes arrivés au très beau mouillage de Sainte Anne en milieu d’après-midi après une traversée musclée et très rapide. Plusieurs voiliers amis sont là. Nous allons en profiter pendant quelques jours et pouvoir refaire des courses de produits alimentaires européens qui commencent à nous manquer après un mois de vadrouille exotique et de concurrence avec les charançons ! Cela permet aussi d’espérer que le vent et les averses fréquentes se calment pour retrouver le « bon » alizé de saison.

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C’est ainsi que nous avons revu avec plaisir les équipages de Maïne, Bigouz, Moira II, Ohlala et d’autres connus l’année dernière ou plus récemment. Un régal, pas toujours compatible avec nos hygiènes de vie, notamment alimentaires.

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Mais les ressources commerciales et techniques du port du Marin nous ont aussi permis de compléter l’équipement de Dartag, après avoir constaté que les prétendus très compétitifs schipchandlers « Duty Free » des îles voisines, ne l’étaient absolument pas. Malgré les prix majorés de 10 à 20% par rapport à la métropole, c’est bien dans les îles françaises que les fournitures, les services et le ravitaillement sont les plus intéressants et parfois de loin ! Encore une surprise de cette croisière et des idées reçues qui tombent de haut.

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Ainsi, la fameuse ancre polyvalente, dont nous avions besoin en tant qu’ancre principale de secours, vient du Marin, et l’extension du portique ainsi que les deux panneaux solaires supplémentaires, ont été fabriqués, fournis et installés par des artisans de la ZAC Artimer. Le tout en quelques jours d’escale, au mouillage, et malgré quelques sueurs froides !

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Le vent n’est finalement pas tombé, au contraire, et c’est par force 6 à 7, temporairement 8 que nous avons repris la mer. D’abord en longeant les côtes sud puis ouest de la Martinique avec un petit stop-déjeuner à la Grande Anse d’Arlet, avant une escale à Saint Pierre.

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La ville, détruite par l’explosion de la montagne pelée en 1902 (30 000 morts et 1 rescapé protégé par son cachot, une quarantaine de bateaux coulés au mouillage), est, en de nombreux endroits, restée en l’état, même si quelques habitants y sont revenus depuis. C’est vraiment triste, mais ne nous a pas empêché de dîner dans un bouiboui sympa sur la plage noire.

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Mais notre dernière chance (après l’Anse d’Arlet au bureau introuvable, puis Fort de France où le vent trop fort nous a empêché d’aller) de faire notre clearance en Martinique a été contrariée par un bureau fermé à 16h ! Tant pis, roule ma poule, on verra bien !

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Repartant à l’aube, nous avons à nouveau profité d’un vent musclé jusqu’à Portsmouth, la grande baie du nord de la Dominique, encore comme clandestins, presque « sans papiers ». En fait, la probabilité d’être contrôlés au mouillage était très faible car nous sommes arrivés dans un énorme grain, avec des vents de plus de 50 nœuds (force 10) qui a duré jusqu’à la nuit. La mer fumait, mais l’ancre a parfaitement tenu malgré les coups de boutoirs des rappels dans les puissantes rafales. Qu’est-ce que cela doit être lorsque les vents atteignent 100 ou 150 nœuds dans les cyclones ou tempêtes tropicales ! BRRRRRRRRRR nous n’osons pas y penser.

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Et c’est ce mercredi 11 mars que nous avons regagné la Guadeloupe après une dernière traversée ventée, mais un peu moins que les jours précédents. Les voiles n’ont pas été déroulées complètement depuis 15 jours, étant même le plus souvent réduites des deux tiers.

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Mais tout va bien à bord, et nous allons maintenant aborder une nouvelle phase de cette croisière avec un équipier supplémentaire qui débarque en avion dimanche. Nous espérons partager avec Frédéric, pendant cette quinzaine, les plaisirs du cabotage entre ces îles tellement variées et quasiment faites pour les voiliers, si possible avec un peu moins de vent, de mer et de pluies, mais la météo semble optimiste au moins pour le début de la semaine prochaine. A suivre………….

dimanche 22 février 2015

Epices, écoliers et pilotis

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C’est à Saint Georges, capitale de l’île et de l’Etat de Grenade que nous avons fait notre entrée.

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Un peu plus de 100 000 habitants le peuplent, presque tous descendants des esclaves africains importés par les planteurs dès le 17ème siècle.

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Les anglais, les premiers, avaient tenté de s’y installer, mais y avaient renoncé en raison de la farouche résistance des habitants d’alors, les indiens Caraïbes et leur congénères Arawaks, présents depuis le 13ème siècle, et venus d’Amérique du sud selon le musée national.

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En 1650 une puissante expédition française, commanditée par le cardinal de Richelieu, se présente et achète aux Arawaks le droit de s’y installer, à la barbe des anglais. Mais les Arawaks, prenant conscience de leur erreur, renient leur accord et se rebellent. Ils ne peuvent pas résister aux troupes françaises, mieux armées, et les survivants sont acculés à l’extrémité nord de l’île.

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Plutôt que de se rendre, il préfèrent sauter dans la mer depuis la falaise, donnant à ce lieu le nom de « Sauteurs » encore utilisé aujourd’hui pour la baie et la ville qui y est implantée. Un monument y immortalise leur mémoire.

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Plus d’un siècle plus tard, les calamiteux traités de Paris en 1762 puis de Versailles en 1783 attribueront l’île à la couronne britannique. Les traces de la présence française y sont aujourd’hui peu visibles. La langue est l’anglais, la monnaie le $ East Caraïbe (1 € = 3 $EC) et la culture rasta bien présente.

Elle obtiendra son indépendance en 1974, restant membre du Commonwealth. Le premier ministre d’alors devient progressivement autoritaire, jusqu’à être renversé par un coup d’état animé par un leader charismatique, Maurice Bishop.

Ce dernier, sans organiser d’élections, met en place un gouvernement socialiste révolutionnaire de plus en plus inspiré par le régime de Fidel Castro à Cuba. Ses voisins s’en inquiètent, d’autant plus que les dissensions internes entraînent un coup de force du clan pro-soviétique qui arrête et fait exécuter Maurice Bishop le 19 octobre 1983, l’armée prenant le pouvoir.

C’en est trop pour les USA, et le président Reagan mobilise une coalition, composée à 95% de US Marines, qui occupe l’île en quelques jours, neutralisant la petite armée grenadienne et chassant les militaires cubains et russes.

Des élections, organisées en 1984, sort un nouveau gouvernement qui, peu à peu, tente d’instaurer une démocratie et un Etat de droit. Mais des troubles persistent pendant une décennie nuisant gravement à l’économie du pays.

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Depuis le début des années 2000, la paix revenue favorise le développement, notamment touristique, mais le cyclone majeur Yvan (dit « le terrible ») détruit, le 7 septembre 2004, 90% des constructions, plantations et bateaux de l’île, et entraîne un exode massif de la population, malgré les aides internationales dont celles de l’Europe.

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Dix ans après, la reconstruction, l’éducation (40% de moins de 16 ans) et le travail de la population ont permis de relancer l’économie, mais les traces du cyclone sont encore bien visibles, en mer et à terre, même au centre de la capitale.

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Nous avons profité d’un taxi collectif pour faire un grand tour guidé et commenté de l’île, avec un autre couple de plaisanciers, Fred et Christiane, puis d’une merveilleuse balade en bus sur la côte au vent, jusqu’à la deuxième ville de l’île, Grenville, très dépaysante.

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L’agriculture représente un quart du PIB, et l’île est redevenue un grand producteur mondial de noix de muscade. Par contre la canne à sucre et le rhum sont désormais anecdotiques. Les épices sont présentes à tous les coins de rues et dans des marchés spécialisés. Enfin la culture du cacao et la fabrication du chocolat sont organisées en une coopérative unique qui commercialise directement des produits haut de gamme dans le monde entier.

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Le climat tropical humide et le sol fertile dont jouit cette île donnent l’impression que tout y pousse facilement, même le fameux EggTree. La forêt quasi vierge est générale dès que l’on quitte la côte. Mais curieusement, la production de légumes et de fruits ne semble pas très performante. Il est assez difficile de trouver des bananes dessert, quant aux tomates ou aux carottes, elles sont hors de prix ! Et, alors que les arbres à pains, les papayes ou les manguiers sont visibles partout, impossible d’en trouver les fruits à la vente ! Nous n’avons pas dû assez chercher.

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Les pêcheurs locaux ont des embarcations en bois de petite taille souvent construites « à la maison » et équipées d’un moteur hors-bord japonais de puissance raisonnable (50 80 chevaux). Mais ces barques légères sont extrêmement efficaces dans l’univers qui est le leur, grosse mer et vent soutenu, et les pécheurs, intrépides. On trouve ainsi des poissons et des crustacés partout, sur le trottoir, dans des échoppes, dans des marchés spécialisés, mais personne ne vient les proposer à bord comme dans les îles précédentes, et il faut faire attention de ne pas se prendre dans un filet (ce qui nous est arrivé) lorsque l’on rentre dans une crique de rêve !

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Le tourisme est essentiellement fondé sur les escales des paquebots de croisière et les sports nautiques, plongée, kite-surf, sur des plages de rêve, et surtout la plaisance et la location de voiliers habitables, profitant de côtes très favorables à la croisière.

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La côte sud, extrêmement découpée, offre des dizaines de mouillages, abris et marinas dans un univers tropical chaud et venté pendant une saison d’hiver qui dure au moins six mois. Les chantiers et entreprises spécialisées offrent tous les services nécessaires aux navigateurs d’Amérique du Nord et d’Europe, très nombreux dans ce paradis du sud des petites Antilles.

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Une particularité nous a frappés dans la construction des habitations : elles sont souvent bâties sur des pilotis parfois très hauts, que le terrain soit en pente ou plat. Parfois seul le dernier étage est habitable, les niveaux inférieurs n’étant que des carcasses de béton vides. Ils ne seront équipés qu’en fonction des besoins de loger la famille, plus tard, et en attendant servent de séchoir à linge, d’entrepôt ou de protection contre l’humidité, les cafards ou les bêtes sauvages (?)

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A noter également, une proportion très importante, dans les plus beaux sites, de villas magnifiques entourées de jardins merveilleux. Quelques unes sont la propriété de riches étrangers, mais aussi de grenadiens prospères, ou émigrés qui préparent leur retour au pays, fortune faite.

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Enfin, on ne peut pas circuler dans une ville ou un village sans voir des dizaines d’écoliers en uniformes très propres. L’éducation est presque entièrement assurée par des écoles confessionnelles agréées par le gouvernement, dans un système sans doute analogue à celui de nos écoles privées sous contrat, qui manifestement obtiennent d’excellents résultats.

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Et maintenant nous commençons notre retour vers le nord, repassant tout l’archipel des petites Antilles jusqu’en Guadeloupe où nous arriverons d’ici deux semaines environ, pépères !

dimanche 15 février 2015

Grenadiens à nous

Quittant les fameuses Tobagos Cays, qui étaient « a priori » un peu le « clou » de ce voyage, notre capacité d’admiration demandait à être re-stimulée dès que possible.

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Cela n’a pas tardé : l’escale suivante prévue est Union. Cette petite île de 7 kilomètres carrés a compté jusqu’à 7000 habitants au temps de sa mise en valeur par des colons anglais puis écossais. Elle fût quasiment abandonnée à la fin du XIXème siècle avant de reprendre vie à la fin des années soixante sous l’impulsion d’ un béké martiniquais, André Beaufrand. Il acquit quelques arpents de terre marécageuse à l’est de l’île.

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Il avait pressenti l’attrait du site de Clifton et de l’île voisine de Palm Island pour y créer une activité nautique et touristique. Il construisit un petit aérodrome au bord du lagon réunissant les conditions d’un nouveau développement. Union compte aujourd’hui 2000 habitants et reçoit chaque année des milliers de plaisanciers et de plongeurs.

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Nous aussi avons nagé et plongé dans ce lagon au milieu des montagnes – parfois malodorantes - de coquilles des lantis que les pêcheurs ont proposés à leurs clients, et qu’ils entassent pour former les fondations de ces modestes restaurants posés sur le récif.

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Et nous avons aussi parcouru ses rues et ses chemins, égayés par les couleurs vives des peintures des maisons et des commerces, et par les fières jeunes filles animant leurs échoppes ainsi que les écoliers en uniforme rentrant à la maison.

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Ayant rempli nos formalités de sortie des Grenadines de Saint Vincent, nous avons fait un petit crochet de quelques milles vers deux autres petites îles :

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- Petit Saint Vincent, quasiment déserte jusque tout récemment,achetée par un riche américain est désormais le siège d’un hôtel de luxe construit en plusieurs bungalows et restaurants discrets, sur une grande plage blanche…..

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….et Petite Martinique, à moins d’un demi mille, qui se préparait pour la fête nationale de Grenade (dont elle dépend) et dont les habitants jouissent d’une réputation d’accueil et d’authenticité dépassant ses frontières.

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Au mouillage entre les deux, abrités par un grand récif, nous les avons visitées et profité de la vue superbe qu’elles offrent l’une sur l’autre.

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Les formalités de douanes et d’immigration dans les Grenadines de Grenade sont possible dans l’île suivante, elle aussi entourée de corail, qui nous tendait les bras : Cariacou et son petit bourg dénommé Hillsborough.

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Ses 30 km² et ses 7000 habitants en font la plus grande et la plus peuplée des grenadines. Au départ, colonisée par des pêcheurs de tortues et des cultivateurs français, il en reste quelques constructions, moulins, habitations du XVIIIème siècle. Mais la population actuelle descend essentiellement des anciens esclaves des plantations.

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En ce vendredi 6 février, elle donnait l’impression d’être une île morte. La fête nationale de l’Etat de Grenade s’étend sur trois jours et tous les commerces et administrations sont fermés. Heureusement nous n’avions besoin de rien et les formalités peuvent attendre.

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Nous avons donc rejoint pour le week-end, un petit mouillage à l’abri d’une île de sable de la même baie, Sandy Island, rapidement imités par d’autres plaisanciers dans une ambiance très hétéroclite et internationale. Le compresseur de plongée des danois faisait un peu de bruit et les chiens des allemands aussi, mais c’était un tel endroit de rêve que nous avons préféré rester. Comme à Petit Saint Vincent, le sable est tellement beau que nous en avons prélevé un échantillon.

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Et lundi matin, au réveil, départ pour Tyrell Bay à trois milles, dernière escale à Cariacou, connue surtout pour ses facilités techniques, atelier de soudure, shipchandler et chantier spécialisé pour la plaisance.

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Nous y avons trouvé un bureau d’immigration et de douane, du carburant détaxé, une borne Wifi excellente et un petit restaurant sous les tonnelles qui nous a offert des hamburgers et des frites parfaites, les premières depuis bien longtemps. Pour le reste c’est plutôt tristounet.

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Nous étions donc prêts pour affronter une traversée inhabituellement longue en ces temps de grenadines, soit une trentaine de milles jusqu’à Saint Georges, capitale de Grenade.

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Première surprise, en arrivant, une frégate de la marine Française nous y avait précédés, faisant flotter son magnifique pavillon tricolore dans l’alizé, à l’abri du fort Georges.

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Deuxième surprise, le mouillage de grande baie devant la ville est très accueillant.

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Troisième surprise, le lagon a été considérablement aménagé, avec ouverture d’une nouvelle grande passe et construction d’une énorme marina Camper et Nicholson, celle du célèbre Grenada Yacht Club faisant maintenant un peu pâle figure……………..

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La suite au prochain numéro qui sera consacré à cette grande île dont l’histoire et celle de ses habitants, les grenadiens, est longue et souvent troublée si ce n’est trouble, mais où la paix semble désormais établie durablement.

mardi 03 février 2015

Mustique tic tic

Le retour de Dartag en Martinique, plus d’un an après sa première visite, nous a permis de découvrir d’autres aspects de cette île sous un jour bien attrayant.

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Abordant la côte sous le vent par le nord, la montagne Pelée de sinistre mémoire était encore toute empanachée, mais, cette fois, de jolis petits nuages tropicaux inoffensifs.

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Assez rapidement le vent nous a manqué, comme prévu, et c’est au moteur que nous avons fait le plus grande partie du parcours jusqu’à Fort de France, admirant au passage le bas de la vallée de Bellefontaine, occupée par la puissante centrale EDF qui illustre l’importante de la population martiniquaise et de ses activités économiques.

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Le vent est revenu peu avant de rentrer dans la magnifique baie de FdF que nous avons remontée en louvoyant agréablement jusqu’au mouillage de la baie des Flamands.

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Ce site est admirablement situé pour visiter la ville et profiter des nombreux services qu’elle offre. Le quai des annexes est au bord de la belle place de la Savane, et tout à fait sûr, malgré les quelques sillages de navettes et bateaux pilotes qui passent très souvent pendant la journée au service des paquebots et superbes grands voiliers visiteurs. Il accueille aussi les concurrents de la course à la voile Panerei Classic dont les premiers sont déjà arrivés.

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Les commerçants du centre ville permettent de faire un avitaillement complet, mais nous voulions visiter aussi les endroits marquants de l’histoire de la ville. Elle a surtout pris son essor après la destruction de Saint Pierre et de ses 30 000 habitants lors de l’explosion de la montagne Pelée en 1902. A noter que cette éruption est survenue deux jours après celle, tout aussi effrayante, de la Soufrière à St Vincent (160 kilomètres plus au sud), le 6 mai, qui n’avait fait, elle, « que » 2000 morts.

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La bibliothèque Schoelcher est un superbe bâtiment très fréquenté, proposant au public des milliers d’ouvrages parfois très anciens, dans toutes les langues.

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Sur la place de la Savane, une belle statue féminine a été décapitée de même que plusieurs des personnages du bas relief en bronze fixé sur son socle, si bien que nous n’avons pas pu la reconnaître. Merci à ceux qui pourraient éclairer notre lanterne sur ce spectacle d’autant plus navrant que nous venons de lire le terrible bouquin de Max Gallo sur la révolution française.

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Le Fort Saint Louis, datant du XVII siècle, qui domine la baie est un établissement de la Marine Nationale et abrite la principale base navale des Antilles, dont les missions actuelles sont principalement tournées vers la lutte contre les trafics, notamment de drogue dans cette région « chaude ».

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Nous avons profité d’une visite guidée en petit comité, bien intéressante tant par son histoire que par la vue magnifique qu’elle permet d’offrir sur la ville et la baie.

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La cathédrale Saint Louis, dont les orgues sont de réputation internationale, était malheureusement en travaux, ce qui nous a privé de sa visite. Nous essaierons de la voir de plus près lors de notre prochain passage.

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Nous avons ensuite traversé la baie vers l’anse Mitan. Cette baie est surtout résidentielle et les nombreux voiliers au mouillage viennent s’y reposer après les journées harassantes passées par leurs équipages dans la frénésie de la capitale. Un superbe hôtel occupe la partie nord.

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Passant ensuite devant les anses noires et blanches, avec un fort alizé nous avons rejoint la grande anse d’Arlet parfaitement abritée et donc très fréquentée. Les fonds importants ne facilitent pas le mouillage et nous avons dû nous y reprendre à deux fois après un début de dérapage.

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Nous y avons attendus nos amis qui arrivaient du Marin pour quelques jours et avec qui nous avons savouré les plaisirs des restaurants sur la plage et des rencontres avec d’autres plaisanciers, parfois très originaux. Les baignades de Marie-France et Françoise au milieu des tortues sont un souvenir impérissable.

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Puis nous avons repris la mer vers le sud, d’abord tentés par une route directe jusqu’aux Grenadines, avant de finalement nous laisser gagner par la facilité d’une escale intermédiaire à Saint Lucie. Ce fut l’occasion de redécouvrir les deux pitons et le village de la Soufrière. Les boat boys nous y attendaient armés de leur gentillesse et de leur sourire pour nous offrir, contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes, une bouée que nous n’avons pas pu refuser.

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Du coup nous n’avons pratiquement pas dormi. Une inspection du mouillage en plongée avait permis de nous rassurer partiellement sur sa qualité, après avoir libéré l’amarre principale qui faisait le tout d’un gros rocher coupant. Mais Dartag a passé le plus clair de la nuit à emplafonner cette maléfique bouée à la faveur de chaque changement de vent ou de courant malgré toutes les précautions prises. Dès le jour venu, nous avons pris nos cliques et nos claques, sans regret !

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Après le canal de St Vincent, bien venté et arrosé, nous pensions avoir recours au vent de cale pour longer la côte sous le vent de cette grande île. Erreur et bonne surprise, Eole nous a gratifié de sa constance et nous sommes arrivés à Béquia sans appuyer sur le démarreur après un dernier bord de près musclé mais agréable. Les protections que nous avions mises sous les hublots de la cabine avant étaient non pas trempées, mais bien humides, mais tout le reste était sec. Le dernier point faible était donc démasqué.

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Port Elisabeth, capitale de Béquia, est une baie magnifique, un mouillage parfait quoique très fréquenté, et la petite ville plutôt proprette offre des ressources appréciables. Nous en avons profité pour les formalités, convertir nos euros en $EC (la monnaie des îles angaises), remplir la cambuse et surtout démonter les deux hublots fuyards pour découvrir que les joints en mousse posés à l’origine avaient fait leur temps. Paix à leur âme, et, en deux jours, ils ont été nettoyés et remontés avec de nouveaux joints en mastic silicone marin d’excellente qualité.

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A notre départ, le voilier mouillé devant nous se trouvait au dessus de notre ancre. Entendant le bruit de notre guindeau, les propriétaires, apparemment un paisible couple de retraités anglais, ont giclé hors de leur carré, sans doute très cosy, pour nous abreuver d’injures et de menaces assurant que leur régulateur d’allures était « very expensive ». Nous le savions, évidemment, et avions décidé de ne prendre aucun risque de le toucher avec notre étrave, elle-même « very expensive ». Avec un peu de patience et de souplesse dans les manœuvres, nous avons pu nous dégager sans problème, et sans la moindre aide de leur part, les laissant à leur ivresse, en leur suggérant simplement de garder leur « self control » à l’avenir, notamment pour leur propre santé.

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Notre deuxième Grenadine devait être Mustique (en français Moustique), île privée où s’était échoué le paquebot français Antilles de la défunte Compagnie Générale Transatlantique en 1971. Il a aujourd’hui totalement disparu, entièrement démantelé par les puissantes vagues de l’Atlantique en une vingtaine années, mais le rocher qui a causé sa perte est toujours bien vivant.

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Le mouillage organisé devant l’île n’est pas très fréquenté et lorsque le très beau et très propre préposé de la Mustique Company nous a annoncé le tarif, nous avons compris pourquoi. Bref, nous y sommes restés une petite demie heure, sans regret, l’intérêt de l’escale étant minime.

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Et c’est Canouan qui nous a accueilli dans sa grande baie de Charlestown. C’est là que nous avons vu le premier vrai et grand lagon aux eaux cristallines de notre voyage, sur la côte est, avec des couleurs à couper le souffle.

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Les habitants semblent préoccupés par leurs ressources en eau assez faibles. Chaque maison est équipée de nombreuses gouttières qui acheminent les pluies dans des citernes ou réservoirs plus ou moins luxueux accompagnés souvent d’un chauffe-eau solaire. Le développement de cette petite île passe depuis une ou deux décennies par le tourisme de luxe dont tous ne profitent pas encore et les contrastes sont forts entre les quartiers. La pauvreté, voire la misère, restent bien visibles.

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Mayreau fut notre quatrième Grenadine, celle du Père Divonne, un moine martiniquais qui lui a consacré sa vie, cas unique de catholicisme dans les Antilles anglaises, très généralement d’obédience protestante. La Salt Whisle Bay (joli nom n’est-ce pas ?) est un concentré de beautés tropicales, cocotiers, sable blanc, plage exposée au vent de l‘autre côté de l’isthme pour les kite surfs, mais elle est très petite et sur fréquentée.

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Nous avions un excellent mouillage, mais il nous a fallu le quitter lorsque le disc-jockey local a commencé à diffuser ses effluves de musique mi-reggae mi-musette locale, à donf ! De plus, le vent ayant légèrement tourné, le clapot commençait à rendre l’abri moins agréable.

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Brûlant à regret cette étape, nous nous sommes dirigés vers les Tobago Cays, situées à moins de 3 milles dans l’est, en cheminant au moteur dans un chenal parsemé de grands bancs de coraux bien visibles. Et nous avons trouvé un mouillage beaucoup plus confortable et silencieux entre les îlots de Petit Rameau et Petit Bateau, ça ne s’invente pas !

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Après avoir honoré de quelques billets les rangers du parc naturel, nous avons pu profiter de bains de mer en masque et tuba, malgré un courant assez fort, et de promenades à pied ou en Zodiac dans ce dédale de cailloux et d’îlots abrité par la barrière de corail appelée Horse Shoe reef, en raison de sa forme en fer à cheval. L’alizé généreux et régulier nous gratifie, en plus, de toute la production électrique dont nous avons besoin, jusqu’à remplir nos réservoirs d’eau douce sans faire tourner le groupe ! Quel pays de cocagne.

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Une petite déception, les eaux ne sont pas toujours aussi claires et poissonneuses qu’espéré. Mais nous allons quand même y rester un peu, puis rejoindre Union, avant d’entrer ensuite dans les Grenadines de Grenade, en commençant par Cariacou qui semble très alléchante aussi !

jeudi 22 janvier 2015

Manger le dragon

La dernière visite à Saint Martin, en novembre, était pour le côté hollandais et avait permis de repartir avec un mât neuf et des voiles provisoires, certes, mais à la voile.

Cette fois, nous avons fait le tour de l’île par l’est et le nord pour rejoindre le côté français dont la capitale s’appelle Marigot.

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La courte traversée depuis Saint Barthélémy, bien ventée, nous a conduits au mouillage de Orient Bay, baie peu profonde et protégée par une barrière de corail. L’éolienne a tourné fort toute la nuit nous mettant à l’abri d’une panne de courant, mais la protection de la forte houle d’Est est médiocre et le lendemain matin nous avons rejoint l’anse Marcel au nord de l’île.

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Un immense complexe hôtelier occupe toute l’anse et les clients prennent le soleil sur la plage régulièrement balayée par les rouleaux. Les plus fortes vagues se glissent malicieusement sous les transats et emportent gaillardement les menus objets qui sont mis en dessous à l’abri du soleil.

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Au fond de cette anse un petit chenal étroit conduit à une marina moderne appelée Port Lonvilliers construite dans un véritable « trou à cyclone » parfaitement naturel et si bien protégé que le cyclone Gonzalo n’y a fait aucun dégât, et les iguanes y sont énormes !

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Quelques milles plus loin, la baie de Grand Case, deuxième agglomération de l’île est une grande plage bordée de restaurants. Ils subissent aussi les assauts de la houle qui, par moment, pénètre puissamment entre les piliers des terrasses. Le débarquement en annexe est quasiment impossible dans ces conditions sur la plage, mais deux appontements partiellement ruinés offrent une solution acceptable, à condition de s’assurer que le dinghy ne puisse pas être entraîné par le ressac sous les dangereuses poutrelles tordues et rouillées.

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Une promenade dans la ville laisse une impression mitigée tant les habitations et commerces sont inégaux, allant du bidonville au propre, sans plus. Curieusement certains commerçants ne comprennent pas le français dans cette partie française de l’île ou l’influence américaine est impressionnante, et le dollar est roi. On pourrait se croire dans un état du sud des USA.

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Mais le motif principal de notre visite était de récupérer les voiles neuves de Dartag : 69 kg avec leurs lattes. Comme prévu elles nous furent livrées à bord dans la marina Fort Louis où nous avons fait une escale rapide depuis notre mouillage de la baie de Marigot. Il est fréquenté par de nombreux voiliers, mais assez grand et bien protégé de la houle.

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Les ressources de cette ville française sont très complètes pour l’avitaillement avec deux hyper marchés et nombreux petits commerces (super pour le réveillon !), et aussi pour l’entretien du bateau. Et j’accorde une mention particulière à la station de carburant située dans le canal d’accès au lagon où le prix affiché est imbattable tant pour l’essence que pour le mazout (0,94 €/l). Nous avons refait les pleins de tout juste avant de repartir. Hélas, lors d’une de nos équipées à terre, le zodiac amarré le long d’un quai a été crevé par les hameçons de gamins qui péchaient à proximité. Il fallait emporter le gonfleur à chaque sortie pour lui redonner de la pression autant que nécessaire.

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Notre projet initial était de poursuivre ver les îles Vierges Britanniques, 80 milles plus loin au nord ouest. Mais la météo annonçait une longue période de vent d’est fort, et nous avions peu de temps car nous voulions être de retour en Guadeloupe et à Marie-Galante avant le 10 janvier. De plus, en l’absence de visa, nous ne pouvions pas visiter les îles Vierges Américaines qui sont aussi très belles. Ce projet est reporté à l’année prochaine. Foutus rendez-vous, toujours aussi incompatible avec la croisière à la voile !

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Nous nous sommes donc lancés dans une remontée au vent vers la Guadeloupe, avec un premier arrêt au passage à Saint Barth. L’arrivée de nuit après une étape fatigante, au près dans la brise, a demandé beaucoup de concentration, et de temps, dans ce grand mouillage profond, rouleur et super encombré en pleine saison avec de nombreux bateaux sans feux.

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Repartant au lever du soleil, avec un vent d’est force 7 à 8, sous voilure bien réduite pour cette traversée de 120 milles au bon plein, dans une mer forte, il nous a fallu 18 heures. Mais le passage en force dans la houle de 3 à 4 mètres avec des grains de pluie et de vent au-delà de 40 nœuds, a été éprouvant pour nous et pour Dartag qui n’avait encore pas connu cela. Outre les manœuvres fréquentes de réductions et de renvois de voilure, nous avions des entrées d’eau à l’avant et par le panneau de la descente, sous l’effet de déferlantes qui recouvraient régulièrement tout le pont dans un bruit assourdissant.

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Au mouillage de Deshaies, nos draps et matelas étaient trempés ainsi que quelques placards et équipets. Nous avons dû sortir tout sur le pont pour profiter du rinçage par les abondantes averses qui ont continué pendant la nuit, suivies du soleil et de l’alizé encore musclé pendant la matinée. Le soir tout était propre et sec, et nous avons pu reprendre nos couchettes. Mais, il restait à trouver les fuites pour les traiter. La suite vers Les Saintes puis Marie-Galante fût plus facile, mais nous avons quand même pris la précaution de reculer les matelas de la cabine avant pour éviter de les mouiller, si... ?

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Suivirent trois jours délicieux avec nos amis, alternant gastronomie à la Baleine Rouge, visites et promenades sur les chemins de cette île charmante, et soirées à refaire le monde. Evidemment les odieux attentats de Paris nous ont tous bouleversés. Nous aussi, bien que très loin, « nou sé charlie ».

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Une semaine à Pointe à Pitre a été nécessaire pour traiter toute la liste « à faire ». Et nous sommes repartis vers le sud, avec des approvisionnements complets, une annexe réparée, l’étanchéité de la cloison avant refaite, et surtout les voiles neuves hissées et essayées avec le concours de Philippe, concessionnaire Elvstroëm à la Marina Bas du Fort. La qualité des relations que nous avons eues avec lui pendant toutes les étapes de la remise en état de Dartag nous a permis de surmonter cette épreuve matérielle sereinement. Il est devenu un ami et nous nous reverrons régulièrement. Avec tous ceux que nous avons rencontrés jusqu’à maintenant au cours de cette croisière atlantique, il forme un réseau précieux.

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Ces nouvelles voiles très « classieuses » ont commencé à faire leurs preuves pour une nouvelle étape vers les Saintes où nous avons visité Terre de Bas, l’île oubliée de l’ouest de ce petit archipel, pleine de charme et plus authentique que Terre de Haut.

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Et lors de l’étape suivante vers la Dominique elles ont démontré leur efficacité dans des brises variant de 5 à 22 nœuds. Les belles voiles perdues il y a presque un an après le démâtage et surtout les médiocres voiles d’origine qui avaient repris temporairement du service, peuvent désormais reposer en paix, et Dartag est, cette fois, remis à neuf.

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Oui, nous avons mangé notre dragon ! D’autant plus qu’une visite au mouillage nous a apporté une vraie surprise. L’équipage de « Cosy Too », un très bel Océanis 50, est venu nous voir en nous disant qu’il connaissait Dartag depuis qu’il l’avait filmé le jour du démâtage. Ils nous ont offert les photos et vidéos faites ce jour là lorsque nous leur avons rendu leur visite, et étaient bien contents de savoir que nous avions pu reprendre notre voyage. Nous nous sommes découvert d’autres points communs amusants.

Nos prochaines escales seront pour la Martinique puis les Grenadines. On en bave d’avance !

mercredi 24 décembre 2014

Rhum Marin

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Certes, les concurrents du « Rhum » (pour les non initiés, abrégé du nom de la course à la voile en solitaire appelée « Route du Rhum - Destination Guadeloupe ») ont de très beaux bateaux, rutilants, rapides et pleins de couleurs. Mais ils arrivent très espacés pendant des semaines, les grands plutôt avant les petits, de jour comme de nuit, entre le 9 novembre pour le premier, et le 7 décembre date de fermeture de la ligne d’arrivée.

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L’organisation diffuse, sur son site Internet et à terre, les positions de chacun et annonce à l’avance les prochaines arrivées. Cela permet aux supporters, aux amis, aux familles d’aller à leur devant sur des bateaux de plaisance, ou loués pour l’occasion, pour les accompagner dans les derniers milles, jusqu’à la darse en plein centre de Pointe à Pitre où les attendent le public ainsi que les médias locaux et nationaux, dans une ambiance de fête, avec musique, lumières et feux d’artifice.

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Ils gagnent ensuite la marina où de nombreux pontons leurs sont réservés, après que les plaisanciers en escale aient été priés d’aller voir ailleurs. La population profite de cette animation en se rendant en masse et par groupes entiers sur les quais pour admirer les héros et leurs bateaux, surtout s’ils sont locaux.

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Evidemment, cette affluence attire aussi des « indélicats » qui, par exemple, ont trouvé mon mini vélo pliant à leur goût et s’en sont emparés une nuit, en forçant l’antivol. La plainte déposée au commissariat central ne me laisse pas beaucoup d’espoir de le retrouver, d’autant plus que les caméras de surveillance de la capitainerie ne voient pas grand-chose dans la nuit noire, surtout si la couleur de peau des délinquants l’est aussi, comme me l’a fait malicieusement remarquer le policier qui a recueilli ma déposition. On verra bien.

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Ce spectacle, vu depuis Dartag au mouillage dans l’avant port ou depuis les pontons, n’empêche pas de continuer à fignoler la remise en état et le nettoyage de Dartag, de naviguer quelques jours et surtout d’accueillir Marie-France débarquée de l’avion d’Air France le 3 décembre.

Une place s’étant libérée sur un ponton, nous avons même pu faire les pleins des réservoirs et de la cambuse de manière plus pratique qu’avec l’annexe.

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Progressivement les bateaux des concurrents repartent, soit à la voile avec un équipage de copains, soit par cargo après avoir été démâtés et désarmés, la fête se calme, rendant aux plaisanciers les pontons neutralisés.

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Sans nous presser et après avoir festoyé avec quelques amis, nous avons repris la mer pour une première escale à Marie-Galante où nous attendaient Caroline et Paulo. Ils ont repris depuis quelques mois la gérance du restaurant le plus connu des plaisanciers, sur la plage de Saint Louis, qui s’appelle « La Baleine Rouge ».Elle est la fille d’amis d’enfance de Hyères, avec qui nous avons, encore récemment, passé de bons moments. Le monde est vraiment petit.

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Outre une excellente soirée, et un succulent déjeuner le lendemain, nous avons profité de leur borne Wifi ce qui est toujours un plus lorsque l’on est en bateau. Nous les reverrons sans doute à notre prochain passage en Guadeloupe.

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Et nous avons appareillé avant le lever du soleil le matin suivant, 13 décembre, en direction d’Antigua. L’option choisie était de passer d’abord entre la Pointe des Châteaux et La Désirade avant de longer la côte de grande terre. Mauvaise pioche, car la direction du vent, favorable pour la première partie, s’est ensuite orientée au sud-est en faiblissant. De plus, la houle d’est, assez forte, frappait sur les falaises et repartait loin au large donnant une mer hachée et désagréable. Finalement nous sommes arrivés à English Harbour juste après le coucher du soleil en faisant les trois derniers milles au moteur. Le mouillage était plein de beaux voiliers plutôt chics, mais il y avait encore de la place et nous avons trouvé la nôtre facilement, avec vue sur le volcan de Montserrat toujours menaçant.

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Lors de nos visites, le lendemain, à pied et en Zodiac, nous avons constaté que la saison avait bien démarré. Par rapport à mon précédent passage, où la plupart des quais étaient vides, ils sont maintenant peuplés de yachts de luxe à voile et à moteur d’une longueur moyenne d’environ 30 mètres, et leurs équipages professionnels en uniforme attendent de pied ferme les propriétaires et leurs invités qui viendront s’encanailler pour les fêtes de fin d’année, en les briquant comme de la vaisselle précieuse. Comme partout leurs pavillons sont majoritairement ornés de l’Union Jack, sur fond rouge pour les plus courants, avec ou sans blason, fond bleu pour les plus huppés, font blanc pour les super chics. Il y a aussi quelques américains ou hollandais (les bataves, pas les groupies de notre président !), mais zéro français. La France n’aiment pas les riches !

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Par endroit, dans le fond de ce « trou à cyclones » on trouve aussi quelques bateaux abandonnés ou misérables, parfois coulés, comme partout dans les Antilles. La pression des riverains, propriétaires des luxueuses villas à 2,5 millions de $ installées tout autour du plan d’eau, doit être forte pour les faire enlever, pour le moment apparemment sans succès.

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La baignade devant la plage de sable et roches mélangées était moins agréable qu’attendu et l’eau un peu laiteuse ne permettait pas de voir à plus de quelques mètres. Alors que les tortues semblaient pourtant l’apprécier, nous avons décidé de poursuivre notre route en contournant l’île par l’est, très prometteur avec ses grandes baies protégées par des barrières de corail.

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La première est Nonsuch Bay à l‘abri de Green Island, deux milles d’est en ouest, un mille du nord au sud, découpée de criques intérieures et constellée de cayes et patates de corail. Un décor de rêve pour quelques yachts ou dériveurs venus des complexes hôteliers ou luxueuses villas discrètement installés deci-dela avec leurs quais privés.

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La seconde est Nord Sound, protégée par Guiana Island et une floraison de petits îlots calcaires couverts de végétation. La barrière de corail est très large et complexe, la cartographie des lieux imprécise. Au point que des passes répertoriées sur une carte ne le sont pas sur d’autres, laissant le capitaine perplexe sur la possibilité d’accéder à l’intérieur.

Un premier essai se solde par un échec, après avoir par deux fois tutoyé les patates de corail, malgré la vigilance de Marie-France, installée dans le balcon avant. C’est dur le corail, et la quille en plomb y a laissé quelques copeaux malgré l’extrême lenteur de la progression sans compter l’émotion ressentie par l’équipage.

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Une deuxième tentative un peu plus au nord a réussi, sans rien toucher, et la trace du passage est conservée soigneusement sur l’écran du GPS pour pouvoir s’y référer le moment venu.

Une fois à l’intérieur, une infinité de mouillages est possible et ce ne sont pas les voisins qui vont nous gêner. Le premier est à plus d’un kilomètre et la nuit les illuminations des installations côtières paraissent lointaines, ainsi que l’aéroport tout au fond de la baie.

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Les plongées masque et tuba, et balades en Zodiac autour de ces îlots et cayes, dans une eau très calme, fréquentée par des raies et des tortues débonnaires, dont les fonds varient de zéro à 15 mètres, sont des merveilles. Nous avons un peu l’impression d’être seuls au monde. On en viendrait presque à se dire que la présence d’autres voiliers à proximité nous manque. En tout cas, les rares présents n’oublient pas leur feu de mouillage la nuit, car, de temps en temps, un petit bateau à moteur, peut-être des pêcheurs, traverse le plan d’eau à trente nœuds, et on se demande où il peut bien aller en étant si pressé.

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Nous avions ensuite une petite hésitation à cingler jusqu’à Barbuda présentée de manière pas très flatteuse pas notre guide. Nous n’avons pas regretté notre visite. Jamais nous n’avions vu de telles plages, une telle quiétude et de telles couleurs de carte postale tropicale. Un rêve dans lequel nous avons passé deux jours à nager, plonger, marcher dans une nature à l’état pur et très peu fréquentée.

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Nous sommes maintenant revenus à la civilisation, à Saint Barthélemy, dont le port de Gustavia et la baie sont saturés d’énormes Yachts d’un luxe inouï. On se demande comment il peut y en voir autant sur la planète. Le mouillage extérieur est assez rouleur et agité de sillages en permanence. Néanmoins c’est une escale agréable et nous dégustons depuis deux jours la grosse dorade coryphène que nous avons pêchée sur le trajet. Enfin une belle prise après les deux carangues de la veille que nous avons du rejeter en raison des risques de ciguaterra.

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Nous y resterons jusqu’à Noël puis nous reprendrons la mer vers Saint Martin où nous passerons sans doute la fin de l’année avant les îles Vierges. Chienne de vie !

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En attendant nous vous envoyons dès maintenant tous nos vœux de joyeux Noël et de bonne année 2015 avec un clin d’œil tropical.

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jeudi 20 novembre 2014

Le coq des Saintes

Pas mal d’eau a coulé sous le pont de Dartag depuis le billet précédent.

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Il nous a fallu rejoindre sans mât, donc au moteur, le lieu choisi pour la réparation, passant sous le vent des îles situées sur le parcours. Le meilleur chantier des Caraïbes présentait toute garantie de compétence et d’outillage et pour cela nous avons rallié Sint Maarten 150 milles au nord.

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Cela nous a donné l’occasion de pêcher deux superbes poissons. Jules, mon jeune équipier de circonstance en était tout heureux, mais nous ne pouvions en manger une telle quantité, donc les voisins à l’arrivée, et la guinguette sur le quai, étaient bien contents de profiter des quelques kilos de thazard péché la veille qui nous restaient.

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Malgré notre programme d’enfer, nous avons pris le temps de quelques visites dans cette île franco-hollandaise dont l’ambiance générale est un peu « tiers-monde ». L’économie du tourisme et de la plaisance sont très développées et les affaires sont les affaires, y compris dans les trafics en tout genre. Les contrastes entre luxe et misère sont frappants et lors des deux épisodes pluvieux assez sévères que nous y avons vécus, les rues en pentes sont transformées en torrents qui arrachent le maigre bitume et inondent les quasi-bidonvilles riverains. De même, les traces laissées par le cyclone Gonzalo du 11 octobre sont encore bien visibles, particulièrement si l’on considère le nombre de bateaux, coulés, démâtés, échoués, écrabouillés, que l’on voit partout dans le lagon et sur les plages extérieures. Impressionnant !

Les travaux ont été rondement menés et en moins d’une semaine presque tout était fait.

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Deux jours de déballage du mât et de tous ses accessoires, assemblages des deux tronçons, passage des drisses et manœuvres, câblage des feux et de ‘électronique, équipement au sol de tous les aériens et antennes.

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Une journée pour poser le mât à sa place et le fixer, puis deux journées pour fabriquer les passages de câbles, raccorder tous les fils sous le pont et regréer l’ensemble du gréement courant (cordages nécessaires au hissage et réglages des voiles, bôme et tangon), en attendant l’arrivée des voiles provisoires, en fait les premières voiles de Dartag qui n’avaient navigué qu’une saison et ont été expédiées de métropole.

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Après une nouvelle semaine d’attente, les deux sacs sont enfin arrivés, et le soir même après quelques coûteuses formalités, nous pouvions sortir du lagon pour une première nuit au mouillage de Simpson Bay. Un grand carénage était nécessaire car les organismes du lagon avaient bien proliféré pendant cette immobilité au point qu’il était impossible de naviguer en l’état. Une première séance d’une heure puis une deuxième le lendemain matin ont permis d’envisager une courte étape jusqu’à St Barth, cueillis par un violent grain dès le départ, mais bien agréable ensuite.

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Après quelque petits ajustements, nécessaires avec un gréement neuf, une étape plus longue et une nuit en mer, en louvoyant dans un bel alizé maniable, nous a menés à Antigua, plus précisément Falmouth Harbour, juste voisin d’English Harbour.

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Elle nous a permis de vérifier le fonctionnement de tous les équipements et l’électronique de Dartag fraîchement installés. Seule l’antenne de TV n’a rien voulu savoir. Tout le reste était parfait et en particulier le radar, si utile pour la navigation en solitaire.

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Antigua est un concentré de vieille Angleterre avec ses gazons, des cabines téléphoniques rouges, ses bâtiments en briques, et le côté calme et luxueux de ses mouillages de la côte sud. La population essentiellement descendant des esclaves de l’époque coloniale a obtenu son indépendance en 1981 et met en valeur les atouts essentiellement touristiques de son île, en développant les infrastructures nécessaires, tournées vers le luxe : golf, marinas haut de gamme, aéroport international indispensable pour attirer les croisiéristes, au point qu’elle commence à inquiéter ses voisines, le marché du tourisme n’étant pas illimité.

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En revanche, elle tirerait un certain bénéfice à simplifier les formalités d’accueil des plaisanciers. Me présentant avec tous mes papiers et ceux de Dartag, il ne m’a pas fallu moins de ¾ d’heure pour les accomplir, alors que j’étais seul aux guichets. Après avoir enregistré mon arrivée sur un écran, avec l’aide d’un charmant douanier, trois organismes, situés dans le même superbe bâtiment ancien, en briques et climatisé, remplissent des multitudes de papiers, reçus, clearances, (souvent identiques et issus de l’enregistrement informatique initial) dans une sorte de ballet parfaitement réglé en trois actes et huit tableaux, pour passer successivement deux fois devant chaque fonctionnaire et pour l’un d’entre eux, trois fois. Les tampons et signatures, en couleurs probablement réglementaires, sur tous ces documents sont plutôt jolis. Finalement, après avoir payé 30 $ US, je considère que ce n’est pas exagéré pour payer tout ce monde, par contre la productivité reste perfectible ! Je n’ose pas penser au temps que cela aurait pris si nous avions été un équipage de six personnes en pleine saison avec trois autres plaisanciers devant nous dans la file d’attente.

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Reprenant la mer le lendemain, avec une belle brise d’est, nous avons rejoint la Guadeloupe dans un beau rush direct jusqu’à Deshaies toujours aussi accueillante, où les formalités ont été réglées en cinq minutes sur un écran dédié installé chez une commerçante du bord de mer, à la fois très souriante, aimable et délicieusement agréable à regarder.

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La côte sous le vent est souvent déventée, mais cette fois, c’est avec un petit vent d’ouest, cherchez l’erreur, que nous avons fait pénardement la majeure partie du parcours vers les Saintes, où nous sommes arrivés par nuit noire pour nous installer dans le mouillage du pain de sucre. Bien qu’un peu rouleur, comme les autres mouillages de ce petit archipel, il a l’avantage de bénéficier d’un hotspot Wifi fourni pas l’hôtel Bois Joli. Un plus dont nous profiterons largement pendant nos 36 heures d’escale, comme du coq qui n’a pratiquement pas cessé de chanter à pleins poumons pendant tout ce temps. Quelle santé !

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Enfin nous avons regagné Pointe à Pitre dont la marina bondée accueille l’arrivée de la Route du Rhum. C’est un évènement considérable qui se produit tous les quatre ans et attire la population en rangs serrés et les scolaires en groupes compacts autour des héros de l’atlantique arrivant de métropole épuisés, bronzés et souriants dans leurs voiliers rutilants.

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Plusieurs étaient déjà arrivés, en particulier tous les grands multicoques, mais j’ai eu le plaisir d’aller en mer, de nuit, accueillir un navigateur avec qui j’avais un peu discuté lors de son passage en Guadeloupe en mars dernier, alors qu’il recherchait des partenaires. Il s’appelle Alessandro di Benedetto, sur « Team Plastique », il est franco-italien et tout à fait charmant. Spectacle superbe éclairé pas les fusées et projecteurs de la darse animée par les orchestres locaux.

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Les autres concurrents encore en course vont ‘échelonner sur encore plusieurs semaines, jusqu’à la fermeture de la fête prévue le 7 décembre. Tous sont accueillis avec ferveur et de nombreux bateaux accompagnateurs, de jour comme de nuit, dans une ambiance sonore assez élevée. Nous aurons probablement l’occasion d’y revenir dans le prochain billet.

vendredi 24 octobre 2014

« Cette fois c’est passé près»

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Et oui, nous avons retrouvé Pointe à Pitre et ses méga yachts en escale !

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Un été à Hyères sans bateau, c’est historique. Mais quand je dis sans bateau, pas tout à fait. Les petits canots familiaux permettent de sortir de temps en temps, qui pour pêcher, qui pour ramer, qui pour voiler, mais les visites dans les iles d’Or paraissent bien loin et les sorties en famille ou entre amis, même à Porquerolles sont presque à oublier. Bien sûr la visite de Frédéric avec son magnifique Tangaroa compensa un peu, mais……..

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Une idée a germé petit à petit dans mon esprit tordu après une question posée par un gendre sur l’intérêt et les inconvénients éventuels d’un petit semi-rigide adapté à ce programme là. Chemin faisant, une prospection timide, puis plus sérieuse, m’a conduit à conclure positivement sur cette idée, et c’est ainsi que j’ai craqué début septembre pour un petit Bombard de 5 mètres équipé d’un hors-bord Suzuki de 50 cv livré sur sa remorque par un professionnel vraiment agréable.

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L’alibi était aussi que mon permis côtier, passé il y a trente ans (quarante ans pour celui de Marie-France) et qui ne m’avait jamais servi à quoique ce soit, allait trouver sa justification. Ce mois de septembre magnifique et chaud a donc été celui des sorties motorisées dans cette si belle rade d’Hyères. Pique-niques, promenades entre copains, visites de courtoisie à ma vieille amie Lélia qui se porte toujours très bien, furent au programme jusqu’à une brutale dégradation météo, vents d’est fort, pluies diluviennes, inondations. La fin de la saison était là, et Dartag II (c’est son nom) a donc regagné son hivernage à terre avant de quitter notre paradis terrestre.

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Marie-France repartie à Paris avec un gros programme musées-amis-copains-grand-mère, jusqu’à mi novembre, il ne me restait plus qu’à regagner Toulouse pour préparer le jardin et la maison à leur deuxième hiver consécutif vides, et mon départ aux Antilles pour retrouver Dartag et superviser la fin des travaux de réparation. Mais la grève des pilotes d’Air France n’était pas très encourageante. Finalement je n’y suis parti que le 7 octobre après encore quelques rassemblements familiaux toulousains.

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Vol tranquille, escale sans histoire, arrivée sans surprise, j’ai été accueilli dans la moiteur tropicale par Philippe, rentré lui aussi une semaine avant. Certes, l’invasion des cafards à bord n’était pas une bonne surprise, mais le traitement de choc qu’avait déclenché l’équipe sur place, avait déjà commencé à faire de l’effet. Les pièges étaient remplis de ces petites bêtes qui laissent des crottes partout. Ça m’apprendra à laisser des aliments pas parfaitement protégés dans les coffres.

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L’éponge n’a pas chômé pendant les trois premiers jours et la bombe de Baygon « spécial rampants » non plus. Mais progressivement je gagne du terrain sur l’adversité. Au bout d’une semaine, on peut soulever un coussin ou ouvrir un équipet sans crainte de voir se carapater certains de ces insectes inoffensifs mais peu ragoûtants. Au point que j’en oublie maintenant parfois de le faire en ayant le tape-mouche ou la bombe de Baygon à la main. Mais il y a encore du boulot avant d’avoir éradiqué tous les œufs, larves et juvéniles qui entretiennent le suspense.

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Les finitions sur le pont sont terminées et les balcons, chandeliers, filières sont en place. Comme espéré sans trop y croire, la petite voie d’eau qui s’écoulait du pont dans le coffre à bouteilles à chaque averse est complètement aveuglée, grâce au soin mis par les spécialistes à reposer parfaitement le nouveau rail de fargue. On pourrait maintenant stocker du sucre ne poudre ou de la farine en vrac dans ce coffre. Quel plaisir !

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La météo aux Antilles en cette période de l’année n’est pas fameuse. L’alizé est aux abonnés absents, les averses sont fréquentes, la chaleur moite est par moment difficile à supporter. Après avoir cherché en vain un ventilateur 12 volts, je me suis souvenu que j’avais quelque part à bord un vieux ventilateur d’ordinateur. L’ayant retrouvé, je l’ai mis en service et après quelques recherches sur la meilleure façon de le positionner, il tourne maintenant 24h sur 24 procurant aération et fraîcheur de jour comme de nuit, aussi bien dans le carré que dans la cabine avant.

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Du coup j’en ai commandé un autre qui ne sera pas inutile lorsque Marie-France me rejoindra. Un moment j’ai imaginé avec horreur que j’allais me laisser aller à équiper Dartag d’un petit climatiseur comme tout le monde, ben voyons ! Et bien non, je n’ai pas craqué et je continuerai à regarder les yachts au mouillage tous panneaux, hublots et portes fermés, les enfants jouant sur leur PS3 à l’intérieur pendant que les parents regardent un DVD, avec un peu de pitié voire de condescendance ! Je sais, ce n’est pas bien, et je vais recommencer à me soigner !

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Mais la menace des tempêtes tropicales reste bien présente, même si, jusqu’à présent, aucun phénomène majeur n’avait approché des Antilles. Et bien c’est arrivé, quatre jours après mon retour. Le cyclone « GONZALO » atteignant la catégorie 2, menaçant depuis quelques jours, a été annoncé dans la journée du samedi avec une forte probabilité d’atteindre la Guadeloupe en fin de nuit de dimanche à lundi. En fait, il a dévié un peu vers le nord et nous n’avons subi que quelques rafales et de fortes pluies. Mais j’avais quand même pris les précautions d’usage : démontage de tout objet vulnérable sur le pont, remontage de l’annexe et de la passerelle, éloignement du quai d’un mètre supplémentaire, doublage des amarres, etc…

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Hélas le lundi soir, il a atteint les îles du nord, faisant de gros dégâts et au moins trois morts (des gonzes à l’eau, triste jeu de mots, mais je fais ce que je peux) parmi les plaisanciers de Saint Barth et St Martin. Des dizaines de bateaux ont été drossés à la côte dont la vedette de la SNSM, certains entièrement détruits. Je n’ai pas d’éléments sur les conséquences dans les autres îles voisines et les BVI, qui étaient en plein dans la trajectoire de GONZALO.

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L’émotion passée, le carénage fait, par un plongeur ultra efficace, je suis maintenant prêt à rejoindre le gréement neuf de Dartag, fraichement livré et à procéder au remâtage. Normalement si le chantier qui nous accueille n’est pas endommagé ou débordé par les conséquences de l’ouragan, ce devrait être fait la semaine prochaine. Les vérifications sont en cours et je donnerai des nouvelles dès que j’aurai pu renaviguer avec des voiles provisoires, en attendant les neuves qui arriveront un mois et demi plus tard.

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Mais il ne faut pas oublier la Route du Rhum, légendaire course à la voile en solitaire qui devrait quitter St Malo le 2 novembre pour rejoindre directement Pointe à Pitre, en une grosse semaine pour les plus rapides. La Marina où j’ai pris mes habitudes depuis presque 10 mois va connaître une animation énorme, dont les préparatifs sont désormais bien avancés. Ce sera aussi un des sujets du prochain billet.