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dimanche 09 octobre 2011

Juste avant l'hiver ?

Le port du Cap d'Agde est plutôt agréable en cette fin de saison et le quai d'accueil est peu fréquenté. En plus des rigolages en famille, c'est le lieu idéal pour remonter en tête de mat et remplacer les ampoules défaillantes par des led, aussi bien pour le feu tricolore que pour le feux de mouillage.

Cap Leucate au crépuscule

Mais la très belle météo de ce début d'automne était une invitation à reprendre la mer, cette fois pour la dernière étape, celle du retour au bercail. Avec des conditions anticycloniques, il ne fallait pas s'attendre à un rush dans les embruns. Au contraire, nous avons eu plutôt les brises de demoiselles tournant du nord-est le matin, au sud-est dans l'après-midi, et même au sud, à la tombée du jour.

Coucher de soleil sur les Corbières

Ces trente cinq derniers milles, pépères, se sont donc terminés par quelques bords au crépuscule devant le cap Leucate jusqu'au coucher du soleil sur les Corbières. Une dernière nuit au mouillage devant le village naturiste, et l'entrée dans le chenal par calme plat, nous changent des habitudes de ce littoral, un des plus venté de France.

Calme plat à Port Leucate

Petite marina privée

Avec la voiture le long du quai, le désarmement pouvait commencer dans d'excellente conditions, agrémenté par des récréations permises par ce beau temps calme, et notamment une découverte en Zodiac de petits coins et îles de l'étang de Leucate, où quelques propriétaires de villas ou promeneurs, se sont organisé des sortes de paradis personnels peu connus, à l'abri des grands axes touristiques.

Paradis sur l'étang de Leucate

Le grand portique

Une fois les quatre cent kilos d'équipements et provisions de croisière débarqués, Dartag, saisi délicatement par le grand portique, a pu retrouver son aire de repos hivernale chez nos amis de Krysber Marine, toujours aussi accueillants, malgré la réduction significative de l'espace qui leur a été concédé par l'administration du port.

prêt pour l'hiver

Ces deux dernières saisons, relativement peu actives (environ 3000 milles parcourus), mais encore bien utiles à la connaissance et la mise au point du bateau, feront l'objet d'un prochain bilan. Nous entrons maintenant dans la période des travaux et améliorations d'hiver qui alimenteront les prochains billets. Les listes continuent à prendre de l'ampleur en prévision du grand départ prévu en 2012.

samedi 24 septembre 2011

Septembre bleu

Après Cannes, il a fallu se résoudre à finir l'été et rentrer pour l'hivernage. Laissant les jeunes profiter de la belle arrière saison à Hyères, Dartag a commencé à refaire de l'ouest avant le coup de vent prévu les 18 et 19 septembre.

Nous disposions de deux jours de petit temps avant, pour trouver un abri confortable.

Coucher de soleil aux Embiez

La première escale fut les Embiez. Un voilier déjà repéré en août dans les iles d'Hyères s'y trouvait à notre arrivée. Il s'appelle "Ourine et Tourine" et est facilement reconnaissable avec sa peinture zébrée en bleu. Son skipper, naviguant souvent en solitaire, rentre d'un long périple en Méditerranée est, notamment en Turquie, dont il conserve des souvenirs enthousiasmants. Un de plus, qui nous incitera à y aller également dans quelques années.

industrie à Fos

La deuxième, difficile à atteindre avec des vents de plus en plus faibles, fut pour le golfe de Fos. Après une première nuit derrière la Gracieuse, bien à l'abri de la petite houle de sud, un orage précurseur écourta notre sommeil pour aller se mettre à l'abri du coup de vent de nord-ouest imminent. Bien sûr l'environnement à proximité de la pointe St Gervais n'est pas extraordinaire. L'industrie lourde, avec son aciérie et ses raffineries dispense généreusement les fumées, nuages de poussière, et odeurs moins agréables que le chant des cigales des criques de Porquerolles. En revanche, les fonds tiennent parfaitement et il n'y a ni houle ni clapot dans ces conditions.

40 noeuds à Fos

Heureusement, car la tempête, parfaitement prévue par les bulletins météo, fut musclée. Trente à quarante noeuds, rafales à quarante cinq noeuds, pendant trente-six heures. Malgré le bruit et les embardées au mouillage, ce fut le temps du repos et de la lecture. Comme de surcroit, les réseaux 3G et TNT sont parfaits, il n'y avait aucune raison de se plaindre, juste à patienter en attendant l'amélioration prévue pour mardi 20.

dans la brise

Partant en fin de matinée avec encore 25 à 35 noeuds de nord, nous sommes passés devant la Camargue avec un vent fort mais quasi portant. Evidemment en fonçant à 7-8 noeuds dans le clapot court, l'excellent rinçage à l'eau douce des pluies du week-end a été anihilé. Plusieurs voiliers croisés, dont un grand d'environ 25m sous trinquette seule, fonçant sans doute à dix noeuds, nous ont encouragé car, s'ils étaient partis pour faire de l'est, c'est que le vent serait sans doute plus maniable dans notre direction.

Effectivement, le déroulage de la toile à commencé en passant au large des Saintes Maries et nous avions toute la toile devant l'Espiguette. Une heure plus tard le vent tournait au sud-ouest 6 à 8 noeuds. Il a tenu, avec quelques bégaiements, jusqu'au coucher du soleil. ensuite il a fallu compter sur la risée Volvo pour gagner Frontignan.

le port des pauvres

Cette escale technique était motivée par quelques petites améliorations à effectuer chez Clipper Voiles, maitre voilier qui m'avait confectionné l'excellente garde-robe de DARTAG. Le changement des trois lattes de la Grand'voile et le renfort des goussets était nécessaire pour assurer une meilleure tenue de l'ensemble dans la brise et la rendre plus endurante en vue du grand voyage que nous préparons pour 2012. Une journée a suffit pour cette intervention accompagnée d'une contrôle soigné du génois, en parfait état, et nous avons repris la mer dans les conditions anticycloniques annoncées pour toute la fin du mois.

escale au Cap d'Agde

Un week-end en famille au Cap d'Agde, bien agréable avec le calme de ces chaudes journées d'automne, nous a permis aussi pour la première fois de débarquer sur l'ilot volcanique du Brescou, résidu d'une éruption récente du Mont Saint Loup, tout proche, et de découvrir le Fort construit juste à la sortie du port aux 16 ème et 17ème siècle. Il est en mauvais état, au point que les visites de l'intérieur ne sont pas possibles. Son histoire militaire est fortement lié à la lutte contre les anglais et les espagnols, mais aussi aux guerres de religions en France. Ainsi y furent emprisonnés de nombreux huguenots après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685, dont Etienne Durand, père de Marie Durand, très liée aux fameux camisards cevenols.

Fort de Brescou du large

panoramique du Fort du Brescou depuis la plage ouest

lundi 19 septembre 2011

Luxe, frime, fric,.... et bonheur !

Le festival de la plaisance de Cannes prend place parmi les animations de fin d'été de cette station balnéaire mondialement célèbre.

En cette année d'incertitude financière, pour ne pas dire de crise, cela pouvait êtrte intéressant d'y faire une visite, pour voir comment les exposants et le public répondrait à l'appel des organisateurs. C'était aussi l'occasion de rencontrer des spécialistes en matière d'équipement, à moins d'un an de notre départ pour un grand voyage.

Créole

Quittant Porquerolles, sous les yeux de Créole, par une bonne brise d'ouest, il ne fallut pas longtemps pour être au cap Camarat. Une heure plus tard, après quelques puissantes rafales et pas mal d'hésitations, le vent tombait, ne laissant qu'un méchant clapot d'un mètre en provenance du golfe de St Tropez. La mort dans l'âme, je tournais la clé de contact, mais, aussitôt embrayé, de fortes vibrations aussi bien en marche avant qu'en marche arrière me faisaient penser à un détritus pris dans l'hélice.

Après avoir rentré toute la voilure et bloqué la barre à babord toute, une plongée en apnée suffit pour éliminer l'intrus, une grande feuille de plastique, malgré les mouvements du bateau dans ce clapot résiduel. A peine remonté à bord, une reprise du vent nous permettait de nous approcher d'Agay, avant qu'il ne tombe de nouveau puis revienne de l'est à 8-10 noeuds. Quel bonheur de rallier Cannes au coucher du soleil avec cette brise régulière ! Le mouillage de Ste Margueritte est toujours aussi accueillant.

Croisette masquée

Au réveil le jeudi matin, la vue sur la croisette était quasiment obstruée par les immenses motors yachts mouillés par dizaines dans la baie parcourue par leurs puissantes annexes et les derniers modèles des exposants cherchant à séduire des clients potentiels pour ces montres de puissance.

les grands à Cannes

Dans le vieux port, le salon à flot regroupe les principaux chantiers de voiliers, présentant plutôt leur haut de gamme, et surtout une impressionnante collection de constructeurs, brookers, vendeurs de maxi motor-yachts longs de 25 à plus de 50 mètres, déplaçant des centaines de tonnes, équipés de moteurs de 1500 à 4700 chevaux-vapeur et dont les réservoirs peuvent contenir jusqu'à 70 000 litres de précieux gasoil. Il y a aussi nombre de vedettes rapides dont le bruit est un élément de séduction fondamental.

vive les couleurs

Sur le plan esthétique, je devrais dire "design", la tendance se confirme d'année en année. Les étraves sont plus verticales et même inversées comme s'il s'agissait de sous-marins. Le "must" semble être l'annexe qui est un modèle réduit du yacht principal. Naturellement la noblesse des matériaux, la qualité des peintures et des vernis, la variété des couleurs est immense. Certains, dont les coques sont noires et les vitres tellement sombres qu'on les diraient noires aussi, font penser aux films de James Bond ou à des navires furtifs qui seraient invisibles la nuit pour mieux apparaitre le jour. Un comble !

Le grand et son modèle réduit

l'annexe idéale

Ce monde du luxe, de la frime et de la mode n'est pas le mien , mais après tout, pourquoi pas ?

A propos des équipements, je souhaitais appronfondir quelques questions techniques avec les fournisseurs. Sur ce plan, ce millésime était moins riche que je ne le pensais, et je suis resté partiellement sur ma faim. J'ai quand même pu rapporter quelques bricoles et informations qui me rendront service l'hiver prochain.

vitesse 8 noeuds

Le retour vers Hyères me prit trois jours. La vent d'est de 10 à 15 noeuds était trop tentant pour ne pas en profiter, et au lieu des 55 milles de la route directe, j'en fis 155, juste pour le plaisir, essayant par la même occasion de prendre un beau poisson. Mais lorsque la vitesse oscille entre 7 et 8 noeuds cela doit être un peu rapide pour les bonites ou les thons car je suis rentré bredouille. Le plaisir des escales tranquilles dans des mouillages de rève, quasiment déserts à la fin de cette saison, alors que l'eau de mer est encore à plus de 25°, est immense aussi.

Cette fois, c'était deux fois le temps, trois fois la route et quatre fois le bonheur. C'est simplement dommage de na pas avoir pu en profiter à deux. Heureusement la vraie retraite approche.

samedi 03 septembre 2011

Vous avez dit bizarre !

Après l'aller-retour Corse Sardaigne de la première quinzaine de juillet, l'été devait être majoritairement consacré au repos, aux amis et à nos familles à Hyères. Sans compter les différents bricolages indispensables à bord ou à terre.

Tangaroa et Dartag à Hyères

Première surprise avec l'arrivée sans crier gare de Tangaroa, car la météo très dissuasive du week-end du 14 juillet lui a fait préférer les côtes varoises plutôt que les espagnoles.

Balisage à Hyères

La deuxième a été la découverte du plan de balisage estival de la rade d'Hyères: un monument de bureaucratie et de combines affreusement complexifié par l'action des groupes de pression ou lobbies de toute sorte. Même la police municipale, n'y comprenant rien, se contentait de tout interdire y compris le débarquement des annexes sur la plage. On imagine les textes kafkaiens à l'origine de ce document destiné au grand public, et l'arrachage de cheveux de l'agence de communication chargée de le composer.

La troisième a été le temps froid et venteux de cette deuxième quinzaine de juillet. la température de la mer est descendue jusqu'à 14°.Du jamais vu à cette période. Bon, il a bien fallu faire avec.

Préparation pour la tente

L'affluence familiale prévue pour cet été nécessitait un accroissement de la capacité d'accueil. Sous forme d'une tente c'était jouable, à condition de préparer le terrain et de choisir le bon emplacement à l'ombre des pins. Quelques heures de terrassement et le défrichage des griffes de sorcières, puis la pose d'un tapis de sol verdoyant seront nécessaires avant de la planter.

Sortie de la Huguenotte

Enfin la remise en service du petit canot familial, gréé en ketch de 3,80 mêtres de long, arisé pour la grosse brise, fût un grand moment de plaisir. Il contribue à faire de la jeune génération de futurs marins.

8ème merveille

Le mois d'août commença avec l'arrivée de Corentin, huit mois, et huitième merveille du monde, premier représentant de la troisième génération de la branche ainée de la famille. Ses cousins, oncles et tantes n'avaient d'yeux que pour lui.

Normalement, on peut s'attendre à un temps magnifique à Hyères pendant ce mois. Tous les coups de vent et les orages glacés ayant été concentrés en juillet, il n'y avait plus que du soleil, des brises maniables et une eau à plus de 25°, et même jusqu'à 27,8° à se mettre sous la dent. une vraie bénédiction pour tous ceux qui avaient eu la bonne idée de choisir cette période.

mouillage au Langoustier

Vous comprendrez donc mieux l'empressement de tous pour les sorties à la voile.

foule à bord

Avec de plus en plus d'équipiers acharnés à profiter des îles toutes proches.

futur moussaillon

Et bien sûr la volonté de tous de se tranformer en mangeur d'écoute.

la bombe

Ou de développer ses talents de cascadeur.

fastoche les plongeons

Parfois même de réussir de superbes "ploufs" dans l'eau chaude

saut de l'ange

Et aussi certaines formes d'expression artistique de haut niveau.

Soirée d'enfer

Il y eut aussi de fabuleuses soirées Hyèroises où les hommes n'étaient pas en majorité.

dernier w-e d'août

Finalement, ce mois d'août 2011, à défaut d'être bizarre contrairement à juillet, restera mémorable à bien des points de vue.

Fort de l'éminence

Jusqu'à Port-Cros, où l'on atteignit un sommet avec le Fort de l'Eminence après l'immense col des quatre chemins.

dimanche 17 juillet 2011

oh la belle rouge !

Alienza n'a pas pu partir pendant le bon créneau météo. Vingt quatre heures après la mienne, idéale, sa traversée Hyères-Corse a donc été dure et inconfortable, marquée par une houle d'ouest bien formée et un vent non pas fort mais musclé, atteignant et même dépassant souvent les 25 noeuds.

l'Amirauté

En plus, les mouillages de la côte ouest de l'ile de beauté sont agités dans ces conditions, si bien qu'ils sont arrivés à Ajaccio, où je les attendais depuis trois jours au mouillage de l'Amirauté déjà bien encombré, plutôt contents du repos mérité qu'ils allaient pouvoir prendre. J'en avais profité pour déguster les produits de l'ile, profiter des merveilleuses coupes glacées du port et faire quelques repérages dans cette ville que j'aime beaucoup. Cela m'a donné, hélas, l'occasion de constater à quel point le vandalisme peut être stupide.

vandalisme

Le vieux pointu, offert par une ancienne famille de pêcheurs locaux, exposé sur la place de la cathédrale, avait reçu la visite de quelques cogneurs qui lui ont fait des dégâts significatifs. Les nigauds !

abordage à Campo Moro

L'équipage familial qui devait nous rejoindre par avion étant arrivé comme prévu, l'appareillage vers le sud de l'ile eu lieu dès le lendemain, avec une première escale à Campo Moro où, par beau temps et de jour, l'un des nombreux voiliers de location arrivant au mouillage dans une certaine pagaïe, n'a pas pu éviter d'aborder avec un choc sonore un fifty inoccupé qui, amaré à son corps-mort, n'en demandait pas tant. Cette baie profonde, et partiellement occupée par une ferme marine, laisse quand même de la place pour les plaisanciers, mais certains tiennent malgré tout à poser leur ancre sur celle des autres, déjà mouillés. Bref prudence à tous les niveaux et garder ses distances sont les deux mamelles de la tranquilité !

diner de vieux

retour des jeunes

qui a fait cela

Musarder de mouillage en mouillage dans les bouches de Bonifacio est un extrême plaisir lorsque les conditions météo le permettent. C'était le cas en cette première quinzaine de juillet et, de Figari aux iles Lavezzi puis dans le dédales de iles du Nord Sardaigne, au gré des parties de plage, des diners de vieux et du retour des jeunes, des barbecues à bord et des promenades à terre, c'est une escapade bien agréable que nous avons vécue. Chienne de vie !

chienne de vie

En regagnant Ajaccio, traversant le golfe du Valinco, la ligne de traine d'Alienza a ferré un superbe thon qui hélas a fini par casser alors qu'il était à portée de main. Quelle frustration quand il ne reste que les photos et vidéo de cette prise magnifique?

belle prise, mais...!

Pour le retour, nous avons profité d'une courte fenêtre météo avec des brises de nord à nord-est prévues sur toute la traversée. Encore un régal et zéro gramme de CO2. Elle est pas belle la vie ! D'autant plus qu'un autre thon s'est jeté goulument sur le dernier rapalas disponible. Il ne fallait pas le rater celui-là. Après plus d'une heure d'efforts et de patience il était à bord, et encore une heure plus tard, après l'avoir soigneusement découpé en morceaux alors que la nuit était tombée, il était dans le frigo !

presque 10 kilos

Dès le retour à Hyères un barbecue géant a permis à tous de déguster l'extrême finesse de ce poisson bien frais, juste avant le feu d'artifice de la fête nationale. Vive la belle rouge !

oh la belle rouge !

jeudi 30 juin 2011

ouf, quel régal !

Après quelques jours dans les iles d'Hyères, je surveillais la météo car début Juillet il me fallait être à Ajaccio pour y retrouver des amis naviguant sur leur Océanis 40.

Les rendez-vous sont la hantise du plaisancier à voile, et peut-être aussi à moteur, car ils sont souvent synonymes de mauvaises conditions.de traversée. Mais une courte fenêtre s'est présentée pour les 28 et 29 juin entre un régime d'est et un coup de vent d'ouest.

sous spi en solitaire

Appareillage donc en solitaire le mardi matin avec une brise de sud-ouest de 10 à 15 noeuds prévue pour durer 24 heures. Début peinard pour reprendre le rythme, et dans l'après-midi elle apparait si stable en force et en direction que l'envoi du spi s'impose, d'autant plus que plusieurs autres voiliers sont visibles sur l'horizon et marchent, d'après le radar, au moins à la même vitesse. Trop tentant !

rattrappé avant la nuit

Après quelques heures de chasse, ils sont derrière, et la fin de la journée nous voit prendre le large. Garder le spi en solitaire, une nuit sans lune, est-ce bien raisonnable ? Mais alors, ils vont peut-être revenir ? ce serait trop bête.

La brise se maintient tellement bien que le pilote, un moment débordé lorsque Dartag file à plus de huit noeuds et nécessite une reprise en main de la barre, peut être remis en service à la faveur d'une lègère diminution du vent. Et cela dure jusqu'à deux heures du matin où il mollit sérieusement et refuse de 30 degrés. Il faut rentrer le spi. On repart tout doux au près, quasiment sur la route.

lever du soleil sur la Corse

Avant l'aube la silhouette des montagnes de l'ile se détache, majestueuse, puis le dernier quartier de lune apparait, un fin croissant, juste avant le lever du soleil, magique !

le maquis à Chiavari

Nous franchissons la passe des Sanguinaires avec une toute petite brise de sud-ouest qui tient jusqu'au mouillage de Chiavari dans les effluves du maquis tout proche.

Dans l'après-midi arrive la houle annonciatrice du coup de vent d'ouest prévu pour la nuit et la journées suivantes. Nous rejoignons Ajaccio sous un ciel se chargeant de nuages, plein du plaisir d'une traversée de rève avec zéro grammes de CO2.

mercredi 22 juin 2011

A l'eau, enfin !

Après un mois d'avril et un mois de mai exceptionnellement ensoleillés, mais passés en convalescence, la perspective de reprendre la mer se précisait.

Mais d'abord, comme chaque année, ce fut le moment du réarmement et du carénage à Port Leucate. La voiture était tellement pleine que la suspension talonnait sur la route des Corbières. Heureusement et c'est un émerveillement chaque fois, un bateau, même modeste, c'est grand, et une fois tout rangé, on aurait pu en mettre le triple.

en plein boulot

En trois jours tout était prêt et Dartag remis à l'eau. Mais la tramontane soufflait dur et la première sortie par force 8 à 9 fut plutôt musclée, direction Marseille, en principe sur une mer maniable si l'on ne s'éloigne pas trop de la côte. Après un départ sous le soleil bien que frais, le ciel s'est progressivement couvert et au bout de trois heures, les puissantes raffales étaient agrémentées d'une pluie de plus en plus forte. Malgré nos polaires, nos bottes et nos cirés, cela tournait à la punition au point de nous faire demander grâce et de nous arrêter au Cap d'Agde.

départ sous la pluie

Le lendemain la brise était nettement moins forte, et la pluie moins constante. Nous avons repris notre route, réussissant à aller jusqu'aux iles du Frioul avec une brise mourante. Les orages qui ont suivi ont bien rincé le pont déjà parfaitement nettoyé des miasmes de l'hiver par les bonnes giclées reçues le premier jour.

épuisé mais sauf

Le retour de conditions anticycloniques est agréable. Même si les brises molles ne permettent pas d'avancer beaucoup, elles permettent de renouer avec le beau soleil et de tenter notre chance avec une ligne à la traine. Une solide touche en fin de journée nous laissait espérer du poisson frais pour le diner. Après plus d'une heure d'efforts et de patience pour remonter la prise sans casser, il fallu se rendre à l'évidence, ce n'était pas un poisson mais un oiseau qui s'était pris à notre ligne. Un malheureux Fou-de-bassan tout jeune, épuisé par la lutte, fut finalement remonté à bord avant de se noyer. Une fois décroché de l'hameçon juste planté sous son bec, il reprit ses esprits sur le pont avant de plonger tout seul. Ouf, sauvé ! Ces oiseaux ont la vie dure.

baignades

Notre arrivée à Hyères, en pleine nuit, permettait de profiter de la famille déjà sur place en ce week-end de l'ascension. Les petits, arnachés de gilets du plus bel effet, en profitèrent pour se baigner depuis l'échelle du bord, malgré une eau encore fraiche.

avec Sergio et Domi

Quelques jours après nous avons retrouvés nos amis Sergio et Domi de retour de leur magnifique voyage jusque dans le Pacifique sur l'Oie Sauvage. Ce fut également l'occasion de faire la connaissance de l'équipage d'Orion sur lequel ils s'étaient embarqués pour un grand week-end. Le concours de Ti-punch organisé à bord laissa des traces et une revanche est à prendre.

hydrogen 4 au travail

Avant de reprendre les navigations estivales, quelques essais des investissements de l'hiver dernier s'imposaient. L'hydrogénérateur destiné à assurer l'autonomie électrique lors des traversées longues en est un. Le choix d'une position compatible avec l'annexe suspendue dans le portique et des conditions de fonctionnement optimales n'était pas évident. Finalement c'est dans la jupe qu'il est le mieux et sa production silencieuse et constante de l'ordre de 5 ampères à 5 noeuds, 7 ampères à 6 noeuds et 9 ampères à 7 noeuds est vraiment apréciable.

à la Courtade

Et cela n'empêche nullement de profiter des mouillages paisibles de ce début d'été comme celui de la Courtade à Porquerolles.

jeudi 23 septembre 2010

Royales, les régates

Après le retour de Corse, une période de beau temps durable, exceptionnelle à la fin de l’été en Méditerranée, nous a incité à farnienter en rade d’Hyères, faisant des sorties de quelques jours dans les iles en famille ou avec des amis, en attendant un évènement annuel organisé par le Yacht Club de Cannes : Les Régates Royales.

Elles portent ce nom depuis que les têtes couronnées d’Europe avaient pris l’habitude d’organiser leurs rencontres de yachtmen ici, à partir du début du vingtième siècle, comme ils organisaient, l’hiver, leurs rencontres de ski à St Moritz.

Partis quelques jours en avance avec une belle brise d’ouest, nous avons profité des journées du patrimoine pour visiter la citadelle de l’ile St Margueritte, où furent enfermés notamment le Masque de Fer au 17 ème siècle ou le Maréchal Bazaine au 19 ème.

Fort royal

Au mouillage dans la baie de la Napoule, on pouvait voir deux grands voiliers mythiques, Creole l’authentique, et Atlantic la réplique de la goélette de Charlie Barr.

Créole

Atlantic

Il y avait aussi un grand nombre de motor-yachts qui se doivent d’être à Cannes pour chaque grand évènement et aussi plusieurs voiliers modernes impressionnants par leur taille à l’image de TWIZZLE, un ketch de 188 pieds déplaçant 550 tonnes, dont le pont avant s’ouvre en grand pour y puiser, avec une grue escamotable, les nombreuses embarcations de servitude d’un tel bâtiment, totalisant ensemble plusieurs centaines de chevaux, mais parfaitement silencieuses.

Twizzle

Les concurrents arrivèrent dès le dimanche, et le lundi chaque équipage peaufinait sa préparation et se débarrassait sur les quais de tout le matériel inutile pour les performances, comme les tauds, les annexes, les sacs à voiles et espars en excédent, créant une animation de bon aloi. Le pavillon britannique est largement majoritaire, mais beaucoup d’équipages parlent français y compris sur les plus grands comme Moonbeam ou Shamrock.

Pont de Shamrock

Avel

LAK au départ

Un sloop bermudien de 1928, long de 14 mètres, LAK, ayant appartenu au Baron BICH, toujours basé à Hyères, et fraichement restauré à la perfection dans ses couleurs d'origine (coque noire, flottaison jaune, antifooling rouge), est venu en voisin; La classe des Dragon est très largement représentée car c’est une tradition forte du YCC.

Mardi matin tous sortent du vieux port sous un temps voilé avec une brise mollassonne. Après avoir hissé toutes leurs voiles, ils tournent sur rade à la disposition du comité de course. C’est l’occasion de les approcher de près, sans prendre de risque, car avec ce petit temps ils évoluent doucement.

Tuiga

Zaca a te Moana

Malheureusement, les rares bouffées d’air, ne dépassant jamais 7 nœuds, n’ont pas permis le lancement des procédures de départ et l’ensemble des courses a finalement été annulé vers 15h30. Seuls quelques acharnés (Tuiga, Parisca, Moonbeam, excusez du peu) sont restés en mer pour se mesurer amicalement dans les petits airs.

Le lendemain mercredi, la météo n’était guère plus optimiste pour le vent. C’était sans compter sur le soleil qui a déclenché vers midi une brise thermique de sud de 15 à 18 nœuds. Vraiment l’idéal pour assister à un très beau spectacle sur l’eau. Il s’est confirmé, et tous les départs ont été donnés en cinq procédures distinctes.

Départ

Shamrock V

Que de raffinement, de beauté, de puissance, d’élégance, que dis-je, de fair play, dans ces voiliers magnifiquement menés par des équipages soucieux de faire marcher les bateaux au maximum, sans prendre le risque d’une collision qui réduirait à néant des années de soins et des millions de $, de £ ou d'€, pour les restaurer.

à la bouée de La Galère

Vraiment ces régates et cette manifestation sont royales, et elles méritent le voyage.

samedi 28 août 2010

8 jours en Corse et Sardaigne

Le plaisir de la voile en Méditerranée repose énormément sur la météo. Sans contrainte de dates et sans rendez-vous impératif à respecter on peut espérer laisser le diesel au repos, et ne pas se faire trop secouer, mais il faut jouer fin. C'était un des objectif de cette mini croisière.

Au départ d'Hyères, une petite fenêtre s'est présentée le 18 août. Départ à l'aube, avant que le vent se lève, donc un petit coup de Volvo est nécessaire pour aller le chercher. Au bout d'une heure et demie, il est faible mais il est là et monte gentiment à 12-15 noeuds du sud-ouest. S'il n'y avait pas un reste de houle, ce serait vraiment nickel. Et il tient, comme l'avait prévu la météo, jusqu'au millieu de la nuit. Nous sommes alors à 23 milles à l'ouest des Sanguinaires, visant Sénétose. Il faut se rendre à l'évidence, le vent de cale sera nécessaire. Mais pour l'économiser nous optons pour une escale dans l'anse de Cacao, où nous mouillons dans la nuit noire. Heureusement, les autres voiliers présents sur place ont allumé leur feu de mouillage. Quelques heures plus tard une petite brise de sud apparait, et nous en profitons immédiatement,

Hélas, une heure après elle est morte, mais reviendra par petites bouffées. Nous l'attendrons à chaque fois autant que nécessaire, étant par moment à peine manoeuvrant. Il nous faudra plus de neuf heures pour rallier la région de Figari soit 29 milles. Record de lenteur battu. Mais le mouillage à Capinero est magnifique, et l'eau à 24,8°.

caique et kite

Après une nuit venteuse et pluvieuse, un fort vent d'est nous incite à rester un peu au mouillage. Il mollit en début d'après-midi à 15-20 noeuds, et nous repartons vers l'archipel de la Maddalena. Les bouches de Bonifacio restent un des paradis de la plaisance, et nous allons en profiter pendant quelques jours, tant du côté Sarde que du côté Corse. La fréquentation est assez modeste en cette fin de saison, sauf exception comme à Rondinara, où les pavillons italiens sont les plus nombreux avec souvent de superbes voiliers.

italiens à Rondinara

Velsheda

Les amateurs de belle plaisance peuvent se régaler en croisant des yachts magnifiques. Depuis Velshéda, un classe J de 1927 restauré et naviguant à la voile par petite brise dans les canaux de la Maddalena, ou Maltese Falcon, un "voilier" ultra moderne, presse boutons, à trois mâts et phares carrés à enrouleurs automatiques pouvant être manoeuvré par une seule personne au moyens de joy-sticks, qui sortait de Porto Cervo mais au moteur.

Maltese Falcon

Il y a aussi un véritable nuée de monstrueux motor-yachts de plus de 100 pieds, déplaçant des centaines de tonnes, naviguant à 20 ou 30 noeuds en levant une mer cahotique sur tout le plan d'eau. Lorsque la brise est légère et que l'on essaie d'en profiter, on risque à tout moment d'être pris dans une espèce de marmite du diable qui vous détourne parfois à 180° de votre cap initial. Crispant, mais c'est le jeux dans ce secteur, et il faut bien l'accepter ou ne pas y venir !

Les bouches à 8 noeuds

Nous avons cinglé vers Porto Vecchio en profitant d'une superbe brise d'ouest modérée et régulière pratiquement jusqu'à l'arrivée. Puis nous sommes repartis tranquilement vers l'ouest, en zig-zagant et profitant d'escales délicieuses comme Santa Reparata où nous n'étions pas allés depuis plusieurs années.

route des sanguinaires

Finalement, une escale à Ajaccio nous a permis de compléter la cambuse et de faire un pélerinage sur la route des Sanguinaires avec le minivélo pliant. A l'extrémité de cette route magnifique, de grands travaux sont presque terminés, dans le cadre d'une opération "grand site" destinée à mettre en valeur et à protéger ce site exceptionnel. Les voitures doivent s'arrêter dans un parking obligatoire à 800 métres du bout de la route, relayées par une navette écologique, ou une promenade à pied aménagée jusqu'au restaurant des Sanguinaires. Des milliers d'arbustres ont été plantés, chacun protégé par une petite clôture en grillage plastique bleu donnant l'impression d'un champ de lavandes à maturité. Un peu surprenant compte tenu de la faible fréquentation de cet endroit même en haute saison, mais l'avenir dira si cet investissement de 3,7 millions d'euros s'avère utile ou nuisible.

passe des sanguinaires

opération grand site

Le retour sur le continent méritait d'attendre 24 heures une fenêtre météo favorable, avant un fort coup de vent d'ouest annoncé, suivi de plusieurs jours perturbés.

Pari gagné, avec une traversée commencée dans les petits airs, puis agrémentée d'une belle brise de Sud à Sud-ouest fraichissant progressivement jusqu'à 25 noeuds en arrivant dans les iles d'Hyères.

Bilan: presque 500 milles parcourus essentiellement à la voile puisqu'il n'y pas eu besoin de plus de 14 heures de moteur au total tout compris.

samedi 14 août 2010

L'orage du 15 août

La première quinzaine de ce mois est traditionnellement celle des vacanciers. Ils ont encore eu raison cette année, il a fait très beau, chaud et plutôt calme. Deux courts épisodes de mistral, ressentis à Hyères, ont permis de se souvenir qu'il existait toujours.

La visite de Frédéric, avec son superbe First 27.7 tout neuf, nous a régalé. Le comportement à la mer de ce croiseur de course est vraiment étonnant. Finesse de barre, équilibre sous voiles, passage très doux dans le clapot, quasi-absence d'embruns. Et c'est une source quasi inépuisable de bricolage, personalisation, améliorations diverses, en fonction des désirs du propiétaire qui soigne aussi son confort, sa sécurité et son accastillage. Ce joli voilier, qui porte le nom du dieu polynésien de la mer, est bien né et bien nommé. Avec l'expérience des manoeuvres par tout temps, en solitaire comme en équipage, il deviendra à court terme le coursier de rève que son propriétaire voulait

Tangaroa dans la passe de Porquerolles

A l'approche de la mi-août il y a souvent ce qu'on appelle "l'orage du 15 août". Et cela s'est vérifié encore cette année, cette fois le 14, au petit matin, bruyant, mais pas violent, juste de quoi vérifier que le mouillage tient bien dans les raffales, et de rincer le pont.

sous la pluie

Et maintenant, hélas, certains séjours familiaux approchent de leur terme. Une periode de vent d'ouest plus soutenu devrait s'installer, créant les conditions favorables à un nouveau départ pour une virée autour de la Corse en cette deuxième partie de l'été.

jeudi 29 juillet 2010

L'année noire dans un ciel bleu

L'an dernier un deuil nous avait frappé en pleine croisière avec la disparition brutale de la maman d'Alain. Cette année c'était, hélas, plus prévisible et depuis quelques mois, nous nous attendions au pire pour le papa de Marie, et elle était à son chevet depuis de longues semaines. C'est le 18 juillet qu'il est parti paisiblement retrouver les êtres chers qui l'avaient précédé dans l'au-delà. De là où il est maintenant, il nous encourage probablement à reprendre une vie normale, mais il voit sûrement aussi toutes les misères et les drames qui continuent à s'abattre sur notre pauvre monde, comme les heureux évènements et les joies.

Pendant ce nouvel "interlude", Dartag était resté sagement à nous attendre à Hyères et maintenant, petit à petit, nous allons nous remettre au rythme de la mer, des calmes et des coups de vent, avec les journées qui commencent à diminuer sensiblement.

Pleine lune

La pleine lune du 26 juillet nous a donné l'occasion d'un beau spectacle au moment de son lever sur fond d'ile de Port Cros, et permis une photo plutôt originale, depuis la plage, sur laquelle on voit nettement le gréément de Dartag en ombre chinoise sur le disque plein de l'astre de la nuit.

petite brise

Mais, en cette fin juillet, les chassés croisés familiaux se succèdent et après une longue période de chaleur et de brises légères, voici revenus les coups de vents d'ouest fréquents à cette période.

nouvelles pales

C'est donc le moment de remonter l'éolienne sur son portique avec, cette année, les nouvelles pales silencieuses commandées cet hiver. Excellente surprise, le rendement est quasiment aussi bon qu'avec les pales noires d'origine, la production démarre plus tôt, mais surtout le mieux attendu sur le sifflement de l'AirX Marine est net. Il est maintenant tout à fait possible de ne pas neutraliser la machine, dans un mouillage fréquenté même par forte brise.

samedi 10 juillet 2010

Pétole, pétole

Le coup de vent de NW était assez musclé à Port Leucate et la nuit fut agitée et bruyante. Mais la météo prévoyait sa fin dès le mardi soir, puis des brises légères et variables ensuite pour plusieurs jours. Il fallait donc partir dès que possible et faire un maximum de route avec le vent, avant qu'il ne tombe.

Après avoir réarmé Dartag, nous étions prêts vers midi ce mardi. Pas question d'attendre davantage. Et en avant dans la brafougne: force 7 à 8 de travers avec un soleil magnifique, cap sur Marseille en espérant y arriver sans se servir du moteur.

Une heure après le départ, nous croisons un grand Océanis, à sec de toile et au moteur, qui roulait bord sur bord dans la mer hachée et courte de ce golfe du Lion par vent de terre. Fallait-il qu'il ait cassé ses deux drisses ou autres avaries plus graves encore pour ne pas utiliser ses voiles et se faire secouer bêtement comme cela, alors qu'à la voile c'est à la fois plus confortable, plus économique et plus rapide !

Une accalmie de deux heures, en passant au large du Cap d'Agde et du golfe d'Aigues Mortes, nous a permis de dérouler toute la voilure et de croiser quelques autres voiliers, à la voile cette fois. Puis le vent est revenu, du nord mais plus maniable, force 5 à 7. Le passage de nuit devant le delta du Rhône en voyant juste les phares et les bouées du chenal est toujours agréable surtout quand on peut le faire à la voile et à 7 ou 8 noeuds.

Finalement le vent a molli progressivement vers le golfe de Fos, mais nous a quand même permis d'arriver jusqu'au Frioul vers 5h du matin dans la calmasse, et nous avons mouillé devant la ferme marine avec cinq autres voiliers dont un sloop géant d'environ 25 mètres dont le mat était tout éclairé par des projecteurs. Impossible de ne pas le voir ! Bilan, 109 milles avec 1 litre de gasoil, c'est correct et le pari était gagné.

Echoué en l'air

Au réveil, grosse surprise de voir un voilier de 7 ou 8 mètres échoué à plusieurs mètres d'altitude dans les rochers près de la buvette de Pomègues. Quel phénomène a bien pu le transporter jusque là ? Il fallait une forte mer pour faire cela, mais à cet endroit, entre l'ile et la terre, peut-il y avoir une telle houle ? Mystère. En tout cas il semblait avoir été pillé car il n'avait même plus sa bôme.

Cap Sicié

Pour arriver à Hyères, il nous a fallu encore trois jours, avec des brises de force 1 à 2, variables en direction, et des escales à La Ciotat (le chantier repris par Monaco Marine pour l'entretien des grands yachts a encore pris de l'extension, vive la crise !), un passage laborieux du Cap Sicié (avec sa station d'épuration discrète, sans odeur et sans saveur), et une nuit à Porquerolles (mouillage du Langoustier, déjà bondé début juillet).

Langoustier

Vu l'affluence au mouillage devant le port d'Hyères, la saison est bien lancée !

Hyères 10 juillet 2010

Une grande satisfaction, après ces quelques jours de mer par des conditions variées, les nouvelles voiles fabriquées par Clipper Voiles sont excellentes. Réduites ou pas, à toutes les allures, leur efficacité est épatante, et les quelques voiliers qui nous ont donné la réplique ont du se demander ce qui leur arrivait. Je me félicite d'avoir laissé à Port Leucate les vilaines voiles Elvstroëm d'origine dont nous ne devrions plus avoir besoin, sauf en secours lors d'une croisière lointaine, hélas pas à l'ordre du jour cette année.

dimanche 04 juillet 2010

Interlude douloureux.

Autrefois, dans les débuts de l'ex-ORTF, il y avait des trous pas toujours maitrisés dans la programmation entre les émissions, au cours desquels étaient diffusées des images apaisantes sur des musiques tranquiles, baptisées interludes.

C'est ce qui s'est produit pour nous depuis une dizaine de jours.

De gros nuages noirs se sont amoncelés sur l'horizon familial, au point de nous décider à rentrer au port, à désarmer provisoirement le bateau et à reprendre la route de Toulouse. La qualité des hopitaux et cliniques assure l'essentiel, et notre présence est surtout un support moral. Cela permet par ailleurs de régler aussi quelques petits problèmes d'intendance, et de profiter des fleurs et fruits du jardin, qui, à cette époque, les autres années, s'épanouissent en notre absence.

lauriers en fleurs

Et naturellement c'est également l'occasion de regarnir la cambuse en produits gastronomiques de luxe de la Belle Chaurienne (ah! ces toulousains, tout de même...). Ainsi nous serons encore en mesure d'illustrer la fameuse thèse dite du "French Paradox". Miam, miam,....

Belle Chaurienne

Hélas, sur l'essentiel, l'éclaircie ne sera pas immédiate, et il faudra du temps pour en sortir, de la persévérance pour surmonter les orages et coups de foudre. Mais la ligne est maintenant tracée et, en gardant un oeil sur la terre, nous pouvons reprendre la mer.

Nous retournons donc à Port Leucate après ce premier week-end de juillet 2010 sous la canicule, et réarmons Dartag qui rongeait son frein entre ses piquets.

entre ses piquets

lundi 21 juin 2010

Cap d'Agde dans le vent

Après quelques essais des nouvelles voiles, très belles avec leur couleur grise, le programme nous conduisait au Cap d’Agde pour assister aux premières sorties de Frédéric avec son nouveau bateau.

babord amures

Cette petite étape d’une quinzaine de milles en ligne droite, en fait une quarantaine pour profiter d’une jolie brise agréable, nous y conduisit dès le vendredi soir pour accueillir l’équipage de Tangaroa pour la soirée et la nuit.

Hélas un coup de vent de NW d’au moins 36 heures était prévu pour le lendemain. Et les prévisionnistes ne s’étaient pas trompés. 30 à 40 nœuds avec des rafales sous une pluie intermittente le samedi, plus ensoleillé le dimanche, se sont mis en travers des projets de premiers essais à la voile de Frédéric. Il n'y eu finalement qu'une sortie au moteur de 20 minutes, juste pour dire.....Mais c’était l’occasion de trouver une place pour chaque chose lors de cette première installation à bord et de quelques mises au point et personnalisation de l’accastillage.

15° de gite

Malgré ce temps maussade, la foule était présente sur les quais pour l’opération « Vinocap » qui est une promotion des vins des producteurs de la région. Pas question cependant de goûter les échantillons sans avoir au préalable acheté un joli verre et des tickets donnant droit à trois dégustations sur les stands (pour trois euros quand même). Arnaque ou dissuasion pour ceux qui seraient tentés de dépasser les limites de la bienséance ? La question mérite d’être posée. Du coup il y avait beaucoup de badauds, mais très peu de goûteurs et encore moins d’acheteurs.

villa de rêve

Le coup de vent a été prolongé successivement de 12h puis de 24h, si bien que l’amélioration est maintenant prévue pour mardi après-midi, et la mer reste vide de voiliers. Mais cela donne l’occasion de découvrir cette grande agglomération dédiée au tourisme et aux loisirs qui ne manque pas de charme ayant plutôt bien utilisé son site naturel issu d’une éruption volcanique ancienne.

Cap d'Agde

samedi 12 juin 2010

Des oeufs dans la bôme !

Sortie de chantier rapide, mise à l'eau sans problème ce vendredi à Port Leucate, et l'appareillage fut décidé dans la foulée.

mise à l'eau

La météo était grise et venteuse, mais moins que la veille. C'était l'occasion d'une belle traversée du golfe du Lion vers le Cap d'Agde choisi comme escale technique toute indiquée pour trouver une girouette mécanique, car celle qui se tenait en tête de mat depuis trois ans avait décidé de s'échapper et elle le fit dès les premières minutes de mer, il est vrai encore assez forte après le coup de vent d'est ce ces deux derniers jours.

vers le cap d'Agde

Avec 25 à 35 noeuds de vent de sud est, les 36 milles furent abattus en 4h et 30 minutes, soit à huit noeuds de moyenne avec une voillure réduite. Hélas sous une pluie battante pendant les deux dernières heures. Mais quel régal pour cette première sortie de l'année !

sous la pluie

Accueil inexistant par ce temps breton, mais il y avait toutes les places disponibles au ponton d'accueil idéalement situé tout près des commerces et restaurants de cette station balnéaire réputée pour son animation en saison. Mais la nuit fut très calme, après un bon nettoyage du cokpit encore souillé par les miasmes de l'hiver, suivi d'une excellente douche.

Au réveil, le cokpit était de nouveau rempli de déchets végétaux plutôt surpenants alors que nous ne sommes pas à proximité d'une ambiance "campagne". Après quelques recherches, grosse surprise avec la découverte d'un nid d'oiseaux à l'intérieur de la bôme. Il y avait même encore des débris de coquilles d'oeufs fraîchement cassés. Les oisillons avaient donc éclos dans cette couveuse improvisée. Et maintenant la question est: vais-je laisser cette possibilité ouverte lors de l'hiver prochain ? Merci de vos réactions et conseils.

Des oeufs dans la bôme

samedi 26 décembre 2009

Menaces sur les calanques ?

De la part de qui ?

Un projet célérat de prétendu parc national serait à l'enquête sous l'impulsion d'un député marseillais en mal de notoriété. De quoi se mêle-t-il ?

Les priorités sur la mer et dans les mouillages sont souvent traitées par des gens qui sont étrangers au monde maritime. Ce député qui se vautre dans l'obésité des règlements futurs et surfe sur la vague des écoloprofiteurs ne connait peut-être pas les éfluents que sa ville rejette dans "son" environnement. Du coup, il oublie les autres, dont le nôtre.

Ci-joint en annexe une copie de la lettre que j'avais adressée au Maire de Marseille début 1999. Je n'avais pas eu une réponse bien convainquante, et, depuis, les choses n'ont pas vraiment changé. On en pleurerait, même l'odeur est insupportable. Alors, que l'on commence pas le commencement, scrogneugneu !

Egouts_de_Marseille_960721.jpg

Et voici la photo, incluse dans cette lettre, qui est une véritable pièce à conviction. Les plaisanciers ne sont pas les pollueurs, ils sont victimes de collectivités irresponsables qui tentent de leur faire porter le chapeau.

Par ailleurs lors de ma dernière escale dans les calanques, il n'y avait personne, zéro bateau, par beau temps, et j'avais supposé qu'une absurdité était en préparation ! Hélas je ne l'étais pas trompé.

Alors le problème est-il là où on veut nous le faire croire ?

Dartag