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samedi 13 juillet 2013

Aïe, ça se Corse ?

Remonter la côte occidentale de la Corse à la voile est un régal lorsque le soleil et le vent sont de la partie. C’était notre chance à partir de Bonifacio avec une brise soutenue en laissant à notre droite des orages sans doute musclés qui arrosaient les montagnes de cette île merveilleuse.

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Une fois passé le cap Sénétose, ce mercredi 10 juillet, en louvoyant contre un vent d’ouest de 15 à 20 nœuds, nous avions décidé de passer la nuit à Porto Pollo, au nord du golfe du Valinco, où nous n’étions pas allées de puis longtemps.

Mauvaise surprise, en approchant, nous découvrons que le mouillage est interdit sur toute la longueur de la côte et que l’usage des bouées sur corps-morts municipaux est obligatoire. Il y en a une quarantaine qui occupent tout le littoral où les fonds sont acceptables sur des sondes de 5 à 15 mètres. La somme forfaitaire de 20 euros est exigée sans aucun service associé, ni navette, ni ramassage d’ordure, ni offre de boissons fraiches, ni bien sûr croissants chauds ou autres douceurs (même payantes) potentiellement capables d’attirer des plaisanciers dans ces conditions. En plus, toutes les bouées sont déjà occupées, et par qui ? par des pigeons adorant se faire piéger ! Les seuls bénéficiaires de cette situation doivent être les équipages des puissants semi-rigides de l’exploitant du parking à bateaux (2 moteurs de 200 cv, pour quoi faire, s’il s’agit de percevoir les sommes encaissées auprès des plaisanciers).

Ce n’est pas notre cas, et nous renonçons donc à céder à ce racket organisé aux frais des contribuables sans aucune création de valeur. Pour éviter de mouiller dans des fonds de 25 à 30 mètres nous nous rabattons sur une zone plus exposée, mais libre, et dont les fonds sont acceptables devant l’embouchure du fleuve Taravo, un mille à l’Est, où nous passerons la nuit avec une dizaine d’autres voiliers réfractaires. Au réveil le lendemain matin, toute la pluie tombée la veille sur les montagnes avait dévalé les pentes, drainées par le Taravo et nous flottions dans une eau brune charriant des détritus de toutes sortes. Et en plus, le téléphone et la 3G sont très faibles, quasiment inexploitables. Charmant pays !

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Nous décidons quand même, en attendant le vent, de faire une visite à terre et rejoignons le port avec notre annexe (6 chevaux, bien suffisants pour marcher à 10 nœuds et plus). Nous la laissons amarrée à la passerelle d’un ponton flottant et la cadenassons par précaution comme nous le faisons de plus en plus souvent, hélas, de même que nous retirons la clé du moteur, car la confiance d’autrefois s’émousse (ah le bon vieux temps !).

Le village est assez animé et les maisons traditionnelles en pierre sont pour la plupart bien entretenues ou rénovées avec de superbes jardins fleuris. Il en reste quelques unes à l’abandon, mais l’ensemble est agréable et donnerait presque envie de revenir.

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A notre retour au port, notre annexe est coincée par le gros semi rigide des plongeurs qui a été manifestement amarré pour nous bloquer. Notre amarre principale est larguée, et un tuyau qui trainait sur le ponton est en train de la remplir d’eau douce (quel gâchis ridicule !). Heureusement que nous avions utilisé notre cadenas sinon il est assez probable que l’annexe aurait été au moins déplacée, si ce n’est dissimulée, éventuellement subtilisée pour ne pas dire volée ! Arrive alors un jeune blambec hautain, prétendant qu’il n’a pas pu amarrer son semi-rigide et regrettant que nous ayons cadenassé notre annexe. Nous embarquons en lui faisant remarquer qu’elle ne le gênait pas du tout, nous félicitant d’avoir utilisé le cadenas ce qui nous a permis de ne pas avoir à la chercher partout (il l’admet). Pendant ce temps, il reprend l’amarrage normal de son embarcation, démontrant à l’évidence que nous ne le gênions absolument pas et qu’il avait voulu nous bloquer. La coupe est pleine et Porto Pollo ne nous reverra pas de si tôt, en même temps que nous ferons « profiter » nos amis et autres plaisanciers de cette expérience situant le très mauvais niveau de l’accueil de cette petite station balnéaire qui aurait pourtant des atouts à faire valoir.

Le vent étant arrivé, même force et direction que la veille, nous appareillons et entamons un beau louvoyage pour passer le Cap de Muro avant d’embouquer le magnifique golfe d’Ajaccio où nous arrivons en milieu d’après midi. Cette escale technique destinée au ravitaillement est bien pratique avec ses deux supermarchés bord à quai et nous en profitons. Malheureusement le schipchandler, consulté par téléphone n’avait aucune des deux pièces dont nous avions besoin (« uniquement sur commande »). Chienne de vie, tout se dégrade ! Il y a même un superbe petit voilier moderne coulé sur les enrochements de l’Amirauté et vu la végétation marine qui l’a colonisé il doit être là depuis des mois. Quel dommage !

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Nous ne nous attarderons donc pas et reprendrons la mer dès le lendemain matin, en espérant sur la foi de météos concordantes pouvoir regagner le continent avec une brise juste suffisante pour au moins une bonne partie du parcours. Le départ le long de la magnifique route des Sanguinaires fut conforme. Mais aussitôt sortis du golfe, la force 3 annoncée de sud-ouest s’est avérée être plutôt de force 1 à 2 de nord-ouest, puis 0 à 1 de sud. Après avoir gratté le moindre souffle pendant presque tout l’après-midi, nous avons fini par craquer et mettre à contribution la risée Volvo, en nous rappelant comme chaque fois que si les romains avaient inventé les galères et l’esclavage, c’est qu’il y avait de bonnes raisons sur cette foutue mer Méditerranée. Ah s’ils avaient connu le moteur thermique, la face du monde aurait été changée !

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Comme nous, ils devaient voir de temps en temps de grands cétacés, même si cela faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le vent est revenu, comme prévu du sud-ouest, devenant même musclé, et nous avons fini ce périple autour de l'île de beauté sur les chapeaux de roues.

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Cela nous consolera de revenir bredouille, malgré les superbes touches que nous avons enregistrés sur notre ligne de traine, qui ne nous ont laissé que quelques hameçons tordus ou cassés, et rapalas perdus. Snif !

jeudi 11 juillet 2013

Nous l’avons retrouvé !

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Quittant Santa Giulia après deux jours de bombance et de fête chez nos amis Jean-Pierre et Marie-Claude, nous avons commencé notre régime par une escale dans la cala Giunca dans l’île Lavezzi. Il faisait un temps merveilleux et notre long bain de mer en palmes et masque nous a transportés au paradis.

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Pourtant il nous restait un remord de notre balade en Sardaigne : nous n’avions pas pris le temps de rendre hommage au grand homme de l’Italie moderne, celui qui a le plus contribué à son unité et a permis l’institution de l’Etat italien en 1861, faisant roi d’Italie Victor Emmanuel II de Savoie : Giuseppe Garibaldi. Nous sommes donc allé mouiller notre ancre dans la cala Garibaldi au nord de l’île de Caprera, où existait autrefois un superbe club Méditerranée aujourd’hui fermé et quasiment à l’abandon.

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Ce marin et aventurier rebelle, né et baptisé à Nice en 1807, était donc français de naissance par accident, la conté de Nice étant alors provisoirement rattaché à l’empire Français, et ne le fût définitivement (?), avec la Savoie, qu’en 1860 suite à un échange de bons procédés entre Napoléon III et le roi du Piémont, précisément Victor Emmanuel II.

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Nous sommes donc retournés à Caprera, pour visiter le musée national qui lui est consacré, installé dans la demeure qu’il y avait construite au retour de son exil forcé en Amérique du sud, ayant fui sa condamnation à mort à Gènes à 27 ans en tant que déserteur, ennemi de la Patrie et de l’Etat, pour avoir participé à une révolte en Savoie.

Il participe au Brésil, en Argentine et en Uruguay à différentes luttes et révolutions au cours desquelles il se fit remarquer comme un habile marin, tacticien, stratège et meneur d’hommes, aussi bien localement que par les français, les anglais et aux USA qui lui donnèrent même la nationalité américaine. Il commence à y constituer sa légende avec les tuniques rouges.

Il regagne, auréolé de gloire, l’Italie en proie aux troubles liés à l’insurrection du royaume des deux Siciles et l’investiture d’un Pape libéral, Pie IX. Après plusieurs campagnes dont certaines calamiteuses, malgré une victoire sur les troupes françaises, il doit fuir de Rome, devient franc maçon et férocement anticlérical. Son deuxième exil lui fait faire un périple de cinq ans sur tous les continents (USA, Pérou, Philippines, Australie) avant de revenir à Londres où il rencontre Alexandre Herzen et son vieil allié Mazzini dont il finit par se séparer.

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Il revient finalement en Italie en 1855 et établi ses pénates dans l’île de Caprera dont il achète une bonne partie et devient paysan. Cette résidence deviendra son « Colombey-les-deux églises » où il se retirera théâtralement après chaque campagne militaire ou échec politique.

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Lors de la deuxième guerre d’indépendance italienne il obtient, avec Cavour, la bienveillance de la France de Napoléon III contre l’Autriche et obtient de nombreux succès militaire contre les troupes autrichiennes à la tête du Corps des Chasseurs des Alpes et est nommé major-général par Victor Emmanuel II. Mais il considère que la cession de la Savoie et de Nice à Napoléon III est une trahison et se retire à Caprera.

Pourtant, l’année suivante, à la tête de l’expédition légendaire des Mille, il remporte une série de victoires terrestres et navales qui permettent l’unification de l’Italie, à l’exception de Rome et des états pontificaux, et la proclamation de Victor Emmanuel II comme roi d’Italie.

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Il se retire ensuite à Caprera après avoir refusé toutes les récompenses, sauf une rente annuelle lui permettant de vivre, et accepte une souscription nationale qui lui permet d’acheter le reste de l’île de Caprera.

Il participera encore à quelques aventures militaires hasardeuses ou incomprises en Europe qui terniront son image auprès de chefs d’Etat étrangers, et conduira à son assignation à résidence à Capera après une défaite contre les troupes du Pape. Mais sa popularité était telle qu’il était intouchable.

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Il faudra attendre la chute de Napoléon III et l’annexion de Rome et des Etats pontificaux par les troupes italiennes en 1870 pour que ses rêves soient réalisés. Il mourra dans sa maison de Caprera entourés des siens le 2 juin 1882. Des hommages parviendront de toutes les parties du monde, pour célébrer ce héros italien reconnu internationalement. Sa fille Clélia, lui succèdera la dernière dans la tombe en 1959 à l’âge de 93 ans. Elle est enterrée à côté de lui à Caprera dans le jardin de sa maison, avec les membres de sa famille et notamment sa dernière femme, Anita, et trois autres de ses six enfants.

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Quittant la Sardaigne après cette visite historique, le vent nous a fait défaut et nous avons du nous arrêter dans une crique à côté de Bonifacio pour la nuit. Cela nous a permis d’y faire un pèlerinage bien agréable ce mardi matin avant de poursuivre notre remontée des côtes Corses cette semaine.

dimanche 07 juillet 2013

Sur les traces de Garibaldi

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San Cyprianu est une grande et magnifique baie, et aussi une plage splendide, mais a un gros inconvénient : de nombreuses embarcations à moteur, du jetski au motor yacht de 40 mètres s’y trouvent très bien pour faire leurs essais de moteur, de vitesse ou simplement pour se montrer. On y serait bien resté un peu plus, mais sans se faire balloter par les sillages de ces messieurs-dames les m’as-tu-vu, et surtout avec des boules Quies. Il nous a même fallu demander l’aide de la marine nationale par le sémaphore de La Chiappa pour faire cesser les troubles de quiétude en fin d’après-midi du dimanche. Le calme est revenu.

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En escale le lundi à Porto Vecchio, pour la visite (le lendemain du départ du Tour de France 2013) et les courses, nous avons sympathisé avec un autre voileux qui envisage de repartir aux Antilles en solitaire, l’automne prochain et nous avons échangé sur nos expériences. Puis dans le nouveau supermarché du port, nous avons fait une rencontre inattendue en la personne de notre président d’amicale bavariste, vu quelques jours auparavant à Portoferraio. Du coup il est venu déjeuner à bord avant notre départ.

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Le vent n’était pas suffisant pour rallier la Sardaigne comme nous l’espérions, mais nous a conduit à Rondinara, site mythique de cette côte. Héla, trois fois hélas, le dinosaure administratif a encore fait des ravages. Cette crique autrefois enchanteresse et quasi déserte, fréquentée par des plaisanciers amoureux de sites préservés a été incluse dans le Parc Naturel des Bouches de Bonifacio et bardée de bouées interdisant presque tout le mouillage. Il en reste un petit tiers disponible, le plus exposé aux quelques vagues qui peuvent y entrer. Du coup il est beaucoup moins accueillant, d’autant plus qu’un zodiac crasseux, équipé par deux gardiens du Parc en guenilles, surveille en permanence, et même va au devant de tous ceux qui prétendent entrer dans la baie pour les dissuader de le faire ; affligeant pour ne pas dire plus ! Tout cela en plus à vos frais !

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Vite, départ pour la Sardaigne, pour retrouver la sérénité d’un autre parc naturel, celui de La Maddalena créé quelques années plus tôt. Après un arrêt déjeuner dans l'île privée de Cavallo, très élégante. Notre premier mouillage, à Porto Puzzu, nous a remis du baume au cœur : parfaitement abrité, libre d’accès, totalement calme, près d’un village modeste et accueillant, avec quelques autres voiliers discrets et bien espacés, aucune police, c’est ça qu’on aime.

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Cela s’est un peu corsé en approchant de l’ile principale de l’archipel que nous voulions visiter. Les rares mouillages proche de la « capitale », et souvent inconfortables en raison de trafic incessant de ferries, sont maintenant interdits. De nouvelles marinas ont été crées, pas toujours très séduisantes et surtout hors de prix ; « il faut bien vivre ». Bref il nous a fallu aller jusque dans l’ile voisine de Caprera (Garibaldi, l’aventurier qui s’est illustré dans l’unification italienne en 1861, y avait ses pénates et sa maison est aujourd’hui un musée) où nous avons retrouvé toutes les qualités de celui de Porto Puzzu plus l’espace et la beauté du site. Un régal. C’est de la que nous avons visité la Capitale distante de seulement 20 minutes en annexe.

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La ville, car c’en est une, est extrêmement animée et les commerces pleins de charme avec toutefois un élément nouveau, beaucoup sont tenus par des chinois très aimables et bien achalandés. Bien sûr, nous n’avons pas résisté à quelques achats notamment vestimentaires car le charme et le goût du chic italien ne se démentent pas, même vendu par eux.

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Dans l’après-midi de ce vendredi, la brise semblant installée, et avant d’avoir vu le musée Garibaldi (ce sera pour une autre fois), nous avons décidé de retourner en Corse pour retrouver nos amis de Santa Giulia. Ils étaient arrivés quelques jours avant et cela nous a permis de profiter d’une magnifique journée d’été corse dans le golfe de Porto Nuovo en refaisant le monde entre deux bains et avec les échos de la magnifique victoire de Marion Bartoli à Wimbledon. Ce dimanche ce sera la finale des hommes que nous devrions voir chez eux, sur l’écran cette fois.

A la prochaine, pour la remontée de la côte occidentale de la Corse en ce début d’été qui tient toutes ses promesses.

samedi 29 juin 2013

La Marque de l’empereur

Porto Ferraio est habitée par la mémoire de Napoléon. Après la retraite de 1814 et son abdication, les anglais, bons princes, lui avaient ménagé un exil doré en lui attribuant la souveraineté de l’île d’Elbe avec le titre de roi et l’autorisation de s’y installer avec environ 300 compagnons d’armes et quelques navires.

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Au bout de quelques mois seulement, après avoir arpenté son royaume en tous sens, créé des routes, des écoles, des hôpitaux, une administration « à la française », il en avait fait le tour, et commençait à se morfondre. Il décida son retour en France et le réussit au nez et à la barbe des anglais qui ne cherchèrent même pas à l’intercepter avant son arrivée à Juan les pins. Mais aujourd’hui encore, il est le grand homme de l’île et son souvenir est partout.

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La demeure qu’il occupait à proximité des deux forteresses de la ville médiévale qui surplomblent le port, est aujourd’hui transformée en musée contenant tous les souvenirs qu’il a laissés sur place, et notamment son mobilier (« empire » bien sûr) et son immense bibliothèque. Malheureusement, il est en grand travaux de restauration et fermé pour de nombreux mois. Nous nous sommes donc contentés de la voir de l’extérieur, bardée d’échafaudages, et de visiter les fortifications.

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Nous sommes restés deux jours au mouillage, dont un consignés à bord par un fort coup de vent d’ouest bien annoncé par la météo. Notre vieille ancre nous a donné des sueurs froides en chassant trois fois dans la vase molle au cours de l’après-midi sous l’effet des puissantes rafales, et nous n’étions pas les seuls, mais cela nous a décidés à mettre en service, à la première occasion, la nouvelle ancre Spade qui dormait dans un coffre depuis deux ans.

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Le troisième soir, après nos dernières visites et l'achat de super fauteuils relax ainsi qu'un complément de cambuse dans le grand supermarché COOP tout proche, nous avons eu la surprise de voir arriver, seul sur son bateau, notre ami et président de l’amicale des bavaristes, qui est venu diner à bord. Excellente soirée calme à refaire le monde.

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Faisant le tour le l’île par l’ouest avec le beau temps revenu et des brises faibles, nous avons passé une nuit dans chacune des deux des plus belles baies du sud de l’île et fait une petite diversion jusqu’à l’île voisine de Pianosa autrefois pénitencier agricole ultrasécurisé (où avait été enfermé dans sa jeunesse, par le régime de Mussolini, l’ancien président italien Pertini). Aujourd’hui elle accueille des touristes en groupes organisés et les habitants sont les familles des anciens gardiens de prison. A Marina di Campo les boutiques de fringues étaient suffisamment tentantes pour que Marie-France craque pour une très mignonne petite robe qui lui va à ravir.

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Et ce vendredi 28, la prévision d’un vent soutenu du nord, nous permettait d’envisager de poursuivre notre parcours vers les îles du sud de l’archipel toscan. Au départ un peu mou, il s’est bien renforcé dans la journée et nous avons pu passer sous spi au large de Montecristo puis devant l’épave du Costa Concordia (l’impressionnant chantier de renflouement dure maintenant depuis 18 mois) devant le petit port de Giglio et de virer entre cette dernière et Giannutri désormais inaccessible car transformée en réserve intégrale.

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A commencé alors une superbe cavalcade de plus de 80 milles en direction de la Corse avec cette belle brise qu’il ne fallait pas manquer sous peine de faire le lendemain la même traversée sans doute majoritairement au moteur. Le croisement de nombreux grands navires pendant la nuit imposait une vigilance extrême et deux d‘entre eux se sont déroutés pour nous laisser la priorité au lieu de nous éperonner ou de nous obliger à manœuvrer. Chapeau et merci à leurs équipages vigilants et corrects.

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A l’arrivée dans la baie de St Cyprien, juste au nord de Porto Vecchio, nous nous somme dit que la beauté du site sous les hautes montagnes de Corse était incomparable et que l’empereur exilé à l’île d’Elbe qui est pourtant belle, ne pouvait pas s’en satisfaire.

Nous resterons à proximité des bouches de Bonifacio dans les jours à venir, ayant un grand programme de rencontres et de farniente envisagé ici de longue date sans pouvoir trop préciser l’ordre d’exécution car nous dépendons largement des volontés d’Eole et de Neptune.

dimanche 23 juin 2013

Du gris, du vert et du multicolore

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La remontée du Cap Corse vers le nord peut aussi être sinistre. En l'occurrence, le ciel était gris, il y avait très peu de vent et pourtant une houle de sud-ouest qui faisait battre les voiles. Lorsque nous sommes passés devant les restes de la mine d'amiante à ciel ouvert de Canari, nous avons eu un vrai coup de blues. Cette énorme friche industrielle fermée dans les années 80 est une balafre dans le paysage et rappelle de bien mauvais souvenirs.

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Nous espérions nous refaire le moral en nous arrêtant à Centuri petit village de pêcheurs protégé par un îlot et une chaussée de récifs promettant un mouillage confortable. Hélas ce bijou présenté dans les guides comme une perle, n'a progressé en rien depuis des années. Au contraire, le charmant petit port est un cloaque malodorant, les maisons typiques sont un peu plus en ruines et les toits de lauzes vertes ne brillent guère sous un ciel bas et gris. Même les éoliennes implantées sur la crête qui domine le village sont en deuil: la moitié sont arrêtées, comme si elles étaient abandonnées elles aussi. Bref, après une nuit pourrie par la houle qui nous a secoués de plus en plus fort, nous n'étions pas mécontents d'appareiller dès le jour venu pour passer le Cap Corse et la Giraglia avec une bonne brise annoncée par la météo.

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Nous avons pris le petit déjeuner devant la plage de Maccinagio avec quelques autres voiliers, bien au calme. Cette journée au mouillage nous a permis de reprendre nos lectures, faire quelques bricoles à bord et aussi quelques emplettes dans le minuscule village ou une épicerie bazar est heureusement très bien achalandée.



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Ce samedi, nous somme donc repartis vers les iles italiennes de l'archipel toscan, et nous avons remis, comme chaque fois que possible, une ligne de traine à l'eau. Le trajet jusqu'à Capraia n'est pas long, mais a suffit pour que notre ligne s'emmêle tellement que c'en était inextricable et qu'il a fallu couper tout le chignon obtenu bien malgré nous, évidemment nous somme arrivés bredouille.

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Au contraire de Centuri, Capraia a vécu depuis quelques années une véritable cure de jouvence: immeubles restaurés de couleurs vives dans toute la ville haute, citadelle entièrement réhabilitée, tout génoise comme neuve, rues pavées à l'ancienne et réseaux dissimulés, façades décorées avec de jolies céramiques, etc....Même le petit port a été largement réaménagé avec la création d'un quai et d'un double épi en enrochements, ainsi que l'installation d'un réseau de bouées dans la baie extérieure pour accueillir, amarrés en épi et serrés comme des sardines, de nombreux yachts de passage si nécessaire . Pour notre part, nous préférons notre intimité et sommes donc allés mouiller notre ancre avec plusieurs autres voiliers dans la baie voisine, facilement accessible avec notre puissante annexe. Le lever de pleine lune sur la citadelle fut un moment magique.

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Et dimanche, avant l'arrivée d'un coup de vent sérieux annoncé pour lundi, il fallait nous trouver un bon abri. Quoi de mieux que Porto Ferraio, la capitale de l'île d'Elbe, dont la grande rade, une des plus belles de Méditerranée, est parfaite pour cela ? Pendant cette journée, notre nouvelle ligne de traine a fait mouche. Mais la magnifique dorade coryphène de plus d'un mètre de long qui s'y est frottée nous a faussé compagnie dans un dernier coup de rein, alors que Marie-France allait la récupérer dans la grande épuisette déployée. Et en plus elle ne nous a pas rendu notre rapala tout neuf. Nous nous demandons encore ce qu'elle compte en faire ?

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L'ancienne capitale Napoléonienne garde tout son charme italien multicolore et après une petite balade de repérage, nous vous en dirons plus, dans le prochain billet qui sera consacré à cette ile bijou.

mercredi 19 juin 2013

La Balagne en chaleur

Vraiment la couleur des rochers du golfe de Porto est extraordinaire, et quand on arrive dans le parc naturel régional de Scandola, on frise le divin.

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D’autant plus que nous avons longé ces côtes par un temps très calme, avec un ciel immaculé, une température de l’air de l’ordre de 30° et l’eau de mer à 25°.

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Nous nous sommes même payé le luxe de passer entre Gargalo (ou Gargalu selon les cartes) et la Punta Palazzo (ou Palazzu selon les cartes). Cela passe très juste, mais ça passe, avec les rochers à deux mètres de chaque côté et moins d’un mètre d’eau sous la quille ! Après de telles émotions, il fallait se restaurer, ce que nous avons fait dans la baie de Crovani avant de rejoindre Calvi. Nous avons bien tenté d’exploiter les rares moments où la brise s’était légèrement réveillée du nord, en régatant avec un autre voilier, mais quand il a tourné sa clé de contact, nous avons fait de même.

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L’arrivée à Calvi après la pointe de la Revellata est magnifique en cette fin d’après-midi et la citadelle millénaire protège bien la ville et la baie. Bon, d’accord, il faut payer une bouée obligatoire pour se voir interdire de débarquer et signer une décharge de responsabilité dès que le vent dépasse force trois. Cela s’appelle un gentil petit racket prétendument destiné à protéger les herbiers de posidonies (dont on sait qu’il n’y en a pas la moindre trace dans ces fonds de sable) mais c’est la Corse avec ses charmes.

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La ville elle-même est toujours animée et la saison touristique bat son plein. Elle s’internationalise de plus en plus, et les pontons principaux sont occupés par des unités magnifiques arborant toutes, à l’exception d’une seule, le pavillon britannique. Cherchez l’erreur !

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Le lendemain après avoir vu entrer le Club Med 2 dans la baie, nous avons repris notre route vers le nord-est par un temps tout aussi calme et caniculaire. Quand nous avons découvert que ce n’était pas le cas dans l’hexagone, nous somme tombés des nues. Une alerte rouge aux inondations avec des crues millénales dans le sud ouest, c’est incroyable et même tragique !

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Après une nuit à l’Ile Rousse, petite cité qui se modernise mais garde ses petites traverses de charme, nous avons suivi toute la côte du fameux désert des Agriates (au maquis assez vert quand même) jusqu’à St Florent. Heureusement, après la pause déjeuner dans l’anse de Malfato, le vent s’est enfin levé, animant la mer si bleue de petits montons blancs. Curieusement la température de la mer était beaucoup plus basse (à peine 20°) et en plongeant après le mouillage devant la plage, cela saisit bigrement, mais est finalement plutôt agréable. La respiration est plus rapide pendant quelques secondes, puis s’apaise très vite.

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Le cachet de St Florent, qui n’est déjà plus en Balagne, reste intact et là aussi, l’affluence est déjà grande autour des petits restaurants (où les clients sont parfois amateurs de gros chiens) et commerces de fringues qui pullulent dans les trois rues autour du port. Mais l’église fortifiée et les remparts dominent une ville aux toits de lauzes qui évoquent déjà notre prochaine étape dans le cap Corse.

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Retour à bord pour un diner paisible et frugal dans le soleil couchant.

samedi 15 juin 2013

L'appel Toscan

L’escale à Hyères permet de compléter les pleins, d’embarquer les provisions et quelques pièces détachées au cas où !

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Pour cette petite croisière d’avant saison, la toscane avec ses iles et ses côtes découpées nous attire. Ce pourrait être aussi l’occasion de refaire un grand tour de Corse. Nous échafaudons un parcours de principe fantaisiste qui n’a pas beaucoup de chances d’être tenu mais a le mérite d’exister et de fixer quelques idées.

Un court créneau météo favorable se profile pour un départ le samedi 15 juin. Un vent prévu de sud-ouest maniable pendant 24 heures, c’est exactement ce qu’il faut pour tirer un long bord directement sur la Corse. On commencera donc notre parcours par la fin et à l’envers ! tant pis, c’est parti, après les embrassades avec les amis et amies.

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En fait de vent de sud-ouest, c’est une brise matinale d’est dans laquelle nous louvoyons entre les iles, croisant une flotte de superbes voiliers en course que nous essayons de ne pas gêner. A proximité de Port-Cros, le vent de sud-ouest n’est toujours pas là, la brise d’est est de plus en plus faible, le ciel se couvre et nous essuyons même une petite averse juste au moment de se mettre à table dans le cockpit. Quel culot cet Eole ! Puisque c’est ça, on va garder toutes les options ouvertes en ne s’engageant pas tout de suite dans la traversée. Nous restons donc au nord de l’ile du Levant avec l’idée de rejoindre Cannes ou Antibes si le vent de sud-ouest attendu ne se décide pas.

Finalement, après le phare du Titan l’adonnante arrive progressivement et nous bénéficions d’une brise régulière de force 3 nous permettant de mettre le cap sur la Girolata dans des conditions parfaites. Cela dure jusque tard dans la nuit, mais, comme souvent hélas, la brise faiblit progressivement à force 2 puis 1 en tournant à l’ouest. Le relais est pris par la risée Volvo.

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Approchant des côtes Corses, nous apercevons dans la matinée ces majestueuses montagnes en ombre chinoises, puis quelques brumes matinales et sur une mer d’huile nous croisons quelques voiliers qui ont sans doute le même objectif que nous.

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Encore propulsé par le fidèle et raffiné vent de cale (composé à 100% de gasoil), nous entrons souplement dans le magnifique golfe de Porto puis nous arrêtons pour déjeuner à Girolata notre première escale Corse en ce dimanche de fête des pères. Cette crique mythique est très calme, l’atmosphère chaude et l’eau de mer à plus de 23°. Nous profitons de la fin d’après-midi pour pousser une petite reconnaissance à terre. Depuis notre dernier passage, il y a de plus en plus de jolies maisons parfaitement retaurées en pierre rouge locale. C’est magnifique avec cet éclairage. Il y a pire comme aventure.

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Chienne de vie !

A très bientôt