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vendredi 19 juin 2020

Evadé

Le 11 mai, la chaleur et le beau temps aidant, fut un chouette début de déconfinement. Il était temps, dans ces îles où il n’y a pratiquement pas eu de malade, quelques hospitalisations et où les décès se comptent sur les doigts d’une main. Mais les réflexes de notre brillante administration l’empêchent de faire confiance aux administrés et surtout sa fâcheuse tendance à l’égalitarisme ne lui permet pas d’imaginer qu’un voilier, après deux mois d’isolement de l’équipage, donc risque nul, puisse naviguer pour le plaisir alors que les « terriens » peuvent circuler dans un rayon de 100 km. Donc on interdit de naviguer quand même !!! Mais aussi de se baigner autour du bateau. Une équipière a été verbalisée de 135 € parce qu’elle nageait à quelques mètres de son voilier !

Dsc00666_ilet à cochon.jpg, août 2020

Il a fallu attendre le 22 mai pour apprendre que, si l’on avait une raison impérieuse, on pouvait demander l’autorisation de naviguer au « Directeur de la Mer » par l’intermédiaire du CROSS Antilles pour un trajet précis, de jour uniquement, sans escale, sans mouiller et sans débarquer. Les arrêtés préfectoraux publiés sont des monuments de jargon administrativo répressif inapplicables. Bien sûr certains plaisanciers ont demandé et obtenu ces dérogations, puis en ont fait ce qu’ils voulaient, d’autres, dont bibi, se sont offert le culot de ne rien demander et de se faire de petits plaisirs quand même, avec prudence et discrétion par exemple en se baignant la nuit !

Dsc00668_mouillage ilet à cochon.jpg, août 2020

Le radar dans la baie de Pointe à Pitre montre le nombre de voiliers attendant le signal du départ

Dsc00646_traversée retour.jpg, août 2020

Certains, lassés, préfèrent embarquer leur bateau sur un cargo pour rentrer en Europe.

Dsc00649_Waltzing Mathilda.jpg, août 2020

Mon voisin de mouillage porte le nom de l’héroïne du roman que je viens de terminer et qui est aussi un titre de Jazz Country archi célèbre en Australie, son pays d’origine. Coïncidence amusante.

Dsc00650_Dernière danse.jpg, août 2020

Cette épopée se situe dans le bush australien et met en scène une héroïne qui se bat comme une lionne pour conserver le ranch de sa mère. Celui-ci devient, cinquante ans plus tard, la propriété d’une jeune artiste veuve, venue de Sydney. Cette dernière découvre les carnets intimes de Mathida et se prend d’affection pour son histoire au point de tout abandonner pour y vivre. Roman poignant, dur, plein de drames, de tendresse et de rebondissements, qui se lit presque d’une traite.

FB muguet.jpg, août 2020

Il ne fallait pas pour autant oublier de célébrer dignement le 1er mai avec un brin de fraîcheur…

Dsc00690_élastique jeté.jpg, août 2020

.. et un élastique qui se transforme en cœur en sautant sur la table du carré.

Dsc00672_évadé.jpg, août 2020

Après une jolie traversée clandestine dans l’alizé modéré

20200514_164643_sur bouée à MG.jpg, août 2020

Nous avons retrouvé le mouillage de St Louis et tous ceux qui y étaient restés

20200523_085018_la vie reprendà ST Louis.jpg, août 2020

L’animation du village reste très modeste sous le soleil vertical.

DSC00661_chevelu.JPG, août 2020

Et la coupe « confinement » devient quasiment révolutionnaire

Dsc00675_Départ de Pen Kaled.jpg, août 2020

Dsc00685_Le bulon.jpg, août 2020

Dsc00679_Pili pili.jpg, août 2020

Les voiles hissées, ceux qui repartent en Europe défilent dans la cacophonie des cornes de brumes, célébrant le retour d’une liberté arrachée aux pisse-vinaigres de l’administration.

Dsc00677_piquage de la chaine.jpg, août 2020

L’immobilité encore un peu forcée permet d’avancer certains petits travaux utiles..

Dsc00678_chaine piquée.jpg, août 2020

…comme le piquage de la rouille sur la chaine principale, qu’il faudra probablement remplacer à court terme. Il est vrai qu’elle travaille dur, et souvent, lors nos croisières caribéennes.

Dsc00682_plage de St Louis.jpg, août 2020

Quittant le chaleureux mouillage de St Louis, par une météo idéale pour un tour de Marie Galante…..

Dsc00691_anse Canot.jpg, août 2020

….d’environ 40 milles, nous passons devant l’anse Canot et son îlot à langoustes…

Dsc00695_Capesterre.jpg, août 2020

…puis devant Capesterre….

Dsc00696_finale à MG.jpg, août 2020

….où l’avion, seul liaison autorisée entre les îles pendant le confinement, est en finale…

Dsc00701_retour à St Louis.jpg, août 2020

Dsc00702_Grand bourg.jpg, août 2020

…enfin, après un empannage devant Grand Bourg nous bouclons le tour en repassant devant la distillerie Labat.

Dsc00719_régate.jpg, août 2020

Le club nautique de Marie Galante organise aussi chaque dimanche une régate amicale et informelle ouverte à tous ceux qui le veulent, appelée « 10 heures pétantes ». Pas de règlement, pas de licence obligatoire, pas de jury, pas de handicap, pas de signature, un parcours simplissime et juste le plaisir d’être sur la ligne de départ et d’essayer d’aller plus vite que les autres. Une régate à l’ancienne entre amateurs plus ou moins équipés et sur tous types de bateaux.

Dsc00727_régate.jpg, août 2020

Un vrai plaisir de virer l’ilet du vieux fort, puis la tonne de la pointe de folle anse avant de revenir au mouillage, devant les autres monocoques. Ils n’ont rien pu faire pour devancer Dartag très en forme. Seul un joli trimaran ultraléger nous a devancé. D’excellents souvenirs !

Dsc00729_Iemanja2.jpg, août 2020

D’autres voiliers rencontrés en cette fin de saison, comme Iemanja 2, avec Pierre et Thérèse…

Dsc00740_Storia-Storia.jpg, août 2020

….ou François et Catherine sur Storia Storia, dont le blog vidéo est une merveille, sont des grands voyageurs que nous retrouverons sans doute dans le futur

Dsc00747_baie des Saintes.jpg, août 2020

Les Saintes sont toujours aussi belles…

Dsc00749_Baie des Saintes.jpg, août 2020

…et la plus belle baie du monde offre ses couleurs de rêve…

Dsc00753_Terre de Haut.jpg, août 2020

…mais le village de Terre de Haut est quasiment désert. Quel contraste avec les années précédentes et sa fréquentation « tropézienne ». C’est bien agréable !

Dsc00652_destin vache.jpg, août 2020

Et hop, encore un petit bouquin, allemand cette fois, pour découvrir le périple fantastique d’un troupeau de bovins qui raisonnent et agissent comme des humains pour échapper à leur folie et trouver leur terre promise. Désopilant et surprenant presque à chaque page !

Dsc00758_lagon de Ste Anne.jpg, août 2020

La dernière escale, fut pour Sainte Anne dont le petit lagon est finalement moche et inconfortable.

Dsc00822_au piquet.jpg, août 2020

Le désarmement de Dartag à Pointe à Pitre marque la fin de cet hiver tropical bien particulier commencé avec Nadine aux Grenadines, écourté par le covid19 et ses conséquences parfois horribles, prolongé par le confinement et l’arrêt presque total des transports aériens.

20200603_014739_programme de la nuit.jpg, août 2020

20200603_113452_finale à Marignane.jpg, août 2020

Il a fallu consacrer 7h 31 minutes pour chercher et finir par trouver, avec Air France en pleine pagaille, une vol de retour à la maison acceptable, mais avec trois semaines de retard sur le billet initial et l’obligation de louer une voiture à Marseille pour finir. A la guerre comme à la guerre aurait dit notre pauvre jeune Président, bien désarmé face à cette perturbation imprévue, révélatrice des faiblesses de notre pays, et malgré son autosatisfaction chronique ! Mais il y a pire !

Dsc00915_Confiture1.jpg, août 2020

Il faut maintenant remettre en route la maison de La Londe après un hiver bien perturbé. Que de surprises bonnes et moins bonnes ! Mais 2020 est une année à fruits et les abricots tombent de leur arbre à un rythme tel que j’ai épuisé mes pots de confiture vides en stock. A raison de deux ou trois kilos de fruits chaque jour les cadences sont infernales et la distribution va commencer !

L'été sera masqué, mais j'en ferai ma prochaine chronique, en attendant si possible de retrouver les Antilles l'hiver prochain.

mardi 28 avril 2020

Confiné

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Le coucher de soleil sur la silhouette des Saintes marque le retour en Guadeloupe après un mois et demi de croisière au sud des petites Antilles.

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Le mouillage dans le petit port de Grand Bourg à Marie Galante, permet de faire les formalités d’entrée et quelques menues courses…

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…ou des petits travaux comme le nettoyage des traces de rouille à la sortie des évents de vidange du puits à chaîne, et de boucher les deux supérieurs, inutiles, ne gardant que ceux du bas.

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Dès le lendemain nous avons rejoint le mouillage de Saint Louis, beaucoup plus agréable. Et vlan !!!!!! C’est là qu’on s’est pris l’épidémie en pleine poire.

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Comme si la nature avait compris qu’il se passait quelque chose d’anormal, l’alizé s’est mis en sommeil et le beau temps de ces dernières semaines a fait place à une couverture nuageuse tristounette, le premier jour du confinement.

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Ayant téléchargé et imprimé l’auto attestation dérogatoire « inventée » par nos brillants énarques (seuls eux pouvaient imaginer une telle « formalité » absurde en plus d’être infantilisante), nous avons tenté notre chance au SuperU de Saint Louis. L’approvisionnement était correct, en dehors des fruits et légumes, et il n’y avait pratiquement personne.

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Le bourg lui-même semblait déserté par ses habitants : par une voiture, pas une mobylette, pas un troquet ouvert, c’était sinistre.

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Sous l’impulsion de quelques plaisanciers confinés au mouillage, un petit réseau a démarré avec une vacation radio tous les matins à 9h pour échanger les nouvelles. Bientôt un groupe Whatsapp a permis, en plus, de communiquer aussi avec les responsables du club de voile local et de créer des liens avec la population et les commerçants du village. Puis les applaudissements de 20h en faveur des personnels sanitaires ont démarré sur les ponts éclairés par les projecteurs. Malheureusement, la population a mal compris ces manifestations et les a interprétées comme des fêtes incompatibles avec le confinement. Il était préférable d’y mettre fin, d’autant que « l’idiot du village » a frappé, soupçonnant les plaisanciers d’apporter la peste, en lacérant trois annexes amarrées au dinghy dock. Heureusement, le président du club de voile, a pu apaiser la situation.

Rapidement des filières d’approvisionnement se sont mises en place : les maraîchers de l’île et les pêcheurs regroupaient les commandes et venaient les livrer sur le ponton deux fois par semaine par dizaines de kilos, pour la plus grande joie des plaisanciers. Les jeux entre équipages, les histoire drôles, les énigmes, casse tête et devinettes échangées par Whatsapp, ainsi que les recettes de pain ou de gâteaux, comme les prêts de bouquins ou de vidéos rendent ce temps d’attente plutôt agréable, même pour les nombreux enfants à bord des bateaux.

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Sachant que ce confinement allait durer, ceux qui projetaient de rentrer en Europe à la fin du printemps souhaitaient préparer leur bateau à cette fin et refaire les pleins de gaz, de fuel, d’eau douce ce qui n’était pas facile. Ils ont donc quitté cette ambiance sympathique pour rejoindre Pointe à Pitre où il était possible de trouver ce ravitaillement sur rendez-vous téléphonique. C’est ce que j’ai fait également, avec l’idée de profiter de ce temps mort pour les petits bricolages ou révisions nécessaires à bord. Le mouillage du Gosier, vu au passage, était bien fréquenté

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Devant la marina, l’abri est parfait, et on voit passer les cargos qui viennent ravitailler l’île.

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Le flux prévu pour la saison touristique est surabondant en raison du confinement et du départ de la quasi-totalité des plaisanciers et locataires de vacances, rentrés chez eux. Le Carrefour est débordé par les palettes déposées dans ses allées. Il n’y a donc aucun problème d’avitaillement.

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Je peux donc faire du tri dans ma cambuse. Ici un cassoulet brésilien qui mijote.

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Les petits matins calmes sont délicieux, même si c’est bien dommage de ne pas naviguer.

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Les gendarmes font leurs patrouilles débonnaires, venant demander aux équipages confinés si tout va bien à bord.

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Certains quittent le port, on se demande pour quelle destination, car toutes les îles voisines sont fermées et n’accueillent qu’en cas d’urgence, avec quarantaine obligatoire à ‘arrivée.

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Juste en face, le mouillage de l’îlet à cochon sur fond de Soufrière dégagée est bien attirant

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Le Dixmude envoyé par Macron ressort après une courte escale pour débarquer quelques masques chirurgicaux. Vingt mille tonnes de diplomatie En Marche !

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A terre, tout est mort et, curieusement, même le cabinet médical de la marina est fermé.

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Cela n’empêche pas de faire les petites sorties obligatoires pour les poubelles et le ravitaillement une fois par semaine.

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Et il y a aussi de grands moments lors de sessions Skype familiales. Riche idée, merci à ceux et celles qui l’ont eue. La technologie a du bon en ce temps de confinement.

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Le remplacement des rideaux des hublots zénithaux du carré, piqués et moisis, traînait depuis un moment et les boutons pressions étaient rouillés, pourris, arrachés, irrécupérables.

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La petite machine à coudre a repris du service pour fabriquer les maquettes. Malheureusement elle m’a lâché au bout de quelques coutures. Et mes efforts pour la réparer sont restés vains pour le moment. En apparence, rien n’est cassé à l’intérieur, mystère !

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J’ai poursuivi quand même mon projet avec une « sew glue liquid » qui m’a épaté. Très facile d’emploi, même pour faire un bâti ou un patron, et rapide à mettre en œuvre.

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J’ai tenté le velcros adhésif. Et là encore, bonne surprise, ça marche !

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On verra combien de temps ça dure, mais pour le moment le soleil tropical ne fera plus trop passer les vernis du carré.

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La vue depuis mon mouillage est un peu gâchée par les nombreuse épaves qui garnissent les berges de l’anse du carénage : ferry, bac et voilier coulés, à l’abandon depuis des années.

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Curieusement, en l’absence de toute tempête, le mât du voilier qui était intact, est tombé, se brisant en trois morceaux. Je n’étais pas dessous ! Ca m’a quand même rappelé de vilains souvenirs.

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En dehors des bricolages, révisions en retard, suivi de l’actualité dramatique en ce moment, écritures diverses et de souvenirs, la lecture est, comme toujours, une activité incontournable à bord. Ce premier roman de l’américaine Kathryn Stockett, publié en 2010, fut un succès mondial vendu à plus de trois millions d’exemplaires et traduit en français par Pierre Girard.

L’histoire se situe essentiellement à Jackson dans le Mississipi au début des années soixante, en plein combat pour les droits civiques des noirs, sous la présidence de John Kennedy. L’héroïne, blanche, cherche à écrire un livre de témoignages avec plusieurs domestiques noires qui deviennent ses amies et qu’elle doit convaincre de passer outre les blocages de cette société raciste des planteurs du sud. C’est par moment poignant, parfois violent, mais aussi drôle ou émouvant. Successivement, au fil des chapitres, chacune de ces femmes est la narratrice et parle à la première personne. Le ton de chacune, restitué par la traduction, veut être celui de sa propre condition de maître cultivé ou de servante au langage simple. C’est parfois gênant, voire déroutant, et j’ai mis du temps à me laisser prendre à ce jeu subtil où l’on pourrait presque entendre les accents de chacune. Est-ce la même chose dans la version originale ? J’aimerais le savoir.

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Je termine avec une chevelure de confinement qui, certes, dissimule bien mes efficaces prothèses auditives, mais j’avoue que je commence à en être un peu gêné. Vivement la quille ! Mon billet Air France, décalé par la pandémie, me fera revenir à Hyères le 3 juin. J’espère naviguer encore un peu avant cette date, avant de désarmer le bateau à Pointe-à-Pitre pour la saison cyclonique.

mardi 17 mars 2020

Cinquante nuances de bleu

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Echantillon de bleus de Tobago Cays

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Au retour de notre merveilleux voyage en « Arabie heureuse », les nuits tombent vite et nos chers voisins ont, cette année encore, décoré et illuminé leur jardin pour les fêtes de cette fin de 2019. Comme chaque fois, de nouveaux personnages ou objets apparaissent, fruits de leurs réflexions, de leur goût de la lumière, et de plusieurs mois de préparation. Une merveille, digne de plus belles décorations que l’on voit dans les villes et villages d’Amérique du Nord.

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Et les crèches exposées dans les édifices religieux (ici l’église de la rue St Jacques à Hyères) ou républicains, nous rappellent aussi qu’il s’agit d’un temps sacré pour notre culture chrétienne.

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Le partage de la Schichtorte, à l’occasion d’une délicieuse visite et de quelques cadeaux, anticipe un peu le jour J, sur la route des vacances de Noël.

Les fêtes carillonnées, en famille et avec les amis de toujours, se succèdent à Apt et La Londe jusqu’au vœux traditionnels.

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Et dès la mi janvier, le rituel des années précédentes se reproduit avec la préparation du départ pour un septième hiver aux Antilles. Les valises faites, au poids maximum autorisé par Air France, nous retrouvons Pointe à Pitre. Comme chaque fois cela commence par le carénage. La quantité de coquillages et mollusques divers est au moins égale à celle des années passées. Bon c’est décidé, cette fois je change la peinture antifooling pour voir s’il y a mieux.

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Après une semaine de dur labeur, Dartag reprend contact avec son élément, comme neuf ou presque. Hélas dès la première manœuvre de sortie du port, apparaît un problème. Le niveau du liquide refroidissement du moteur baisse rapidement. Pas de panique, il faut faire un diagnostic et chercher la fuite. Rien ne coule dans la cale : cela ne vient donc pas des durites. L’eau chaude sanitaire, réchauffée par le circuit de refroidissement du moteur, n’a aucune odeur ni goût suspect. Cela ne peut donc venir que de l’échangeur dans lequel le glycol est refroidi par un circuit d’eau de mer. A suivre… Mais en attendant je ne peux plus me servir du moteur sans remettre un demi litre de liquide dans le circuit tous les quarts d’heure. Heureusement il y a la voile et du vent, donc mon départ pour la Martinique pour y retrouver Nadine qui arrive début février, n’est pas compromis.

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Parti de Marie Galante par beau temps, l’approche de la Montagne Pelée à la nuit tombante est un peu sinistre. Elle donne même l’impression (fausse) de fumer.

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Après une escale à Saint Pierre, nous rejoignons Le Marin avec l’espoir de trouver un mécanicien compétent et un dépannage rapide de l’échangeur. Pierre confirme que la fuite provient de l’échangeur glycol-eau de mer. Il propose de s’occuper de tout, commander la pièce et faire l’échange lorsqu’elle sera arrivée. Marché conclut avec un délai annoncé d’une dizaine de jours.

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Cela donnera à Nadine le temps d’arriver (un peu fatiguée), de s’acclimater à la vie à bord et de prévoir les approvisionnements pour notre croisière d’environ trois semaines.

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Miracle, la pièce arrive en une semaine et l’échange est fait le lendemain, au mouillage, sans problème. Merci Pierre pour cette efficacité.

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Nous étions prêts et avons appareillé l’après midi même pour Rodney Bay (Ste Lucie). Cela nous avançait sur la route de Béquia, première escale prévue de notre visite des Grenadines.

Nous n’avons pas moisi à Port Elisabeth. Il nous fallait changer nos € en EC$, faire les formalités d’entrée et quelques courses, ce qui nous a pris une demi journée. Entrant dans la banque locale, nous avions estimé la queue à une demi-heure. Erreur funeste car c’est plus d’une heure qu’il nous a fallu pour parvenir au guichet, suivant docilement les villageois habitués, parfois resquilleurs, et quelques touristes résignés, dans une queue placée sous le souffle glacial des puissants climatiseurs poussés à fond (l’horreur !). Pour la clearance d’entrée sur le territoire, les trois bureaux des autorités furent, en comparaison, presque une rigolade et nos courses se sont réduites au minimum en raison d’un choix réduit et de prix exorbitants.

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Nous avons rapidement appareillé pour les Tobago Cays, mondialement connus et devenus depuis quelques années une réserve naturelle. La fréquentation n’était pas exagérée, malgré la haute saison, et le temps venteux et pluvieux y était sûrement pour quelque chose. Nous avons même dû renoncer à la « Langouste Party » organisée sur la plage de Petit Rameau par les Boat Boys.

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Et nous somme repartis dès le lendemain matin pour Mayreau. Le site magnifique de Salt Whisle Bay est souvent très encombré, surtout par des catamarans de location. Coup de chance, nous avons pu y trouver un emplacement parfait, certes entourés de près.

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Débarquant sur la plage dans les rouleaux, nous avons découvert le spot de kite surf de l’autre côté de la cocoteraie. Un paradis pour les mordus de vent et de vagues.

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Un luxueux resort s’y est installé, dont l’un des bâtiments semble avoir été soufflé par une forte explosion. Il ne reste que les fondations : stupéfiant !

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Au bout de la plage on trouve un établissement appelé « Last Bar Before Jungle », offrant un menu alléchant de langouste grillée sous une tonnelle bien attirante. Nous avons craqué !!!

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Préférant nous éloigner de l’animation de cette jolie baie, nous avons rejoint la suivante toute proche, Salines Bay, pour visiter le reste de l’île et monter au village (dénivelé de 80m au grand col), d’où la vue sur les Tobago Cays est sensationnelle, avec le beau temps revenu.

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Près de l’église du père Divonne (Mayreau est la seule île majoritairement catholique des petites Antilles) le banc de pierre où se reposait sa biquette est désormais vide. Elle n’a pas survécu à son maître, à moins qu’elle ne soit partie brouter ailleurs, mais nous ne l’avons pas vue.

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Une magnifique goélette d’au moins quarante mètres filait vers le nord dans le puissant alizé.

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Et le long du quai des pêcheurs, les embarcations colorées attendent la prochaine sortie.

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L’île voisine, Union Island, offre des panoramas tout aussi splendides, mais les lagons ne sont pas navigables, même en annexe. Des pêcheurs nous ont montré la passe pour sortir, sinon nous y serions peut-être encore, le zodiac échoué sur des cayes !

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Clifton Harbour, où nous avions laissé Dartag au mouillage, est un endroit paradisiaque de jour. La nuit c’est un peu glauque et moyennement rassurant avec de nombreux jeunes désoeuvrés.

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Le mini port réservé aux annexes, dénommé « Dinghies Dock » est bien pratique.

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La dernière des Grenadines de Saint Vincent est Petit Saint Vincent. C’est une île privée entièrement consacrée à un hôtel de luxe formé d’une quinzaine de bâtiments hyper confortables répartis dans la nature sauvage. Seuls le restaurant et le bar sont accessibles aux visiteurs.

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Cet endroit qui respire le luxe, le calme et la volupté, se veut entièrement déconnecté : pas de TV, pas de téléphone, pas d‘Internet… Les milliardaires à 2000 US$ la nuit (12000 pour la semaine) adorent…et trois des voiliers au mouillage devant la plage et le ponton étaient à la hauteur !

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La plage de sable blanc, les cocotiers et les petits carbets sont réservés aux clients, et les gardes patrouillent en permanence dans des voitures de golf sur un discret chemin pour satisfaire tous leurs caprices, et écarter les importuns…

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Cela n’empêche pas les pêcheurs venus de l’île voisine (Petite Martinique) de proposer leur marchandise, avec un sourire éclatant. La nôtre est déjà dans la casserole !

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L’échantillonnage est superbe et en négociant un peu c’est finalement abordable.

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Et nous avons encore craqué !!! Mais cette fois la cuisine était à bord. Dix minutes dans l’eau de mer bouillante, coupée en deux avec la scie à pain, arrangée avec un aïoli de derrière les fagots confectionné (sans fouet, avec deux fourchettes) par la super cuisinière de Dartag, accompagnée des légumes locaux fraîchement préparés et cuits sur place….. Un régal, une tuerie, que dis-je un monument de bonheur intégral, sans exagérer !!!

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On se relèverait la nuit pour un tel repas dans un tel environnement.

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Remarquez le rosé de BUZET, bien frais avec des glaçons, qui était parfait.

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Pour « torcher » tout cela, une escale près de Morpion s’imposait. C’est la plus petite île privée du monde. Elle appartient au propriétaire de Petit Saint Vincent, qui y organise des « expéditions » pour ses clients fortunés lorsqu’ils veulent s’encanailler sur une île déserte. Nous y avons débarqué à la nage après 500 m d’un magnifique schnorkeling dans les coraux. Le retour à été plus dur !!

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De retour à Union, c’est à Chatam Bay que nous avons fait une de nos plus belles escales. C’est un environnement préservé avec une longue plage sur laquelle se sont installées quelques paillotes bricolées où l’électricité est fournie par des panneaux solaires et un petit groupe électrogène. A l’autre bout on trouve un bel hôtel très discret et parfaitement intégré dans la forêt.

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Nous avons utilisé son petit ponton pour débarquer avec l’annexe le temps d’une promenade bucolique et d’un rafraîchissement à terre. Mais le Sunset Cove est si attirant que nous y avons dîné, observant le ballet des pélicans qui plongent parfois à quelques mètres du rivage pour se remplir la panse avant d’aller se coucher. Le soleil leur a donné le signal du repli avant que les équipages bruyants de quelques voiliers n’arrivent pour passer un moment animé. Cela nous a chassé et nous avons regagné Dartag dans la nuit tiède, en ayant un peu de mal à le retrouver !

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Notre passage initial aux Tobago Cays, écourté par le vent et la pluie, nous avait laissés sur notre faim et nous voulions y retourner dans de meilleures conditions. Nous ne nous étions pas privés de langoustes et ce n’est plus le barbecue géant de Petit Bateau qui nous attirait.

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Nous avions envie de nager avec les tortues, nombreuses dans ce fabuleux lagon protégé par « Horse Shoe Reef ».

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Après avoir choisi un mouillage confortable entre Petit Rameau et Petit Bateau, nous avons pu longuement profiter de leurs majestueux mouvements et de leur repas. Et nous n’avons pas été déçus. Dans quelques mètres d’eau elles sont nombreuses et familières. Nous avons fait un premier repérage avant de mettre l’appareil photo dans son petit caisson étanche en espérant que la lumière nous permettrait de belles images.

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Elles broutent littéralement la prairie d’herbes poussant sur le fond de sable, émergeant pour respirer toutes les trois à cinq minutes et se laissant approcher, presque au point de pouvoir les toucher. Dans la vidéo on entend même le bruit de leurs mâchoires, en plus de la respiration du cinéaste fasciné par leur grâce.

Ces gros animaux sont protégés. Et les mesures de protection doivent être efficaces, car elles pullulent littéralement, pas seulement dans les Grenadines, mais dans toutes les Antilles. Cela nous a rappelé le merveilleux spectacle que nous avions vu quelques mois plus tôt sur la côte d’Oman. Sereins, nous avons pu reprendre la mer ver le nord, le séjour de Nadine approchant de son terme, pour revenir en Martinique où nous voulions voir certains de ses amis.

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Après une nouvelle escale « formalités » à Béquia nous avons quasiment zappé Ste Lucie, devenue un piège à touristes, nous arrêtant seulement dans l’anse Cochon, fréquentée par de nombreux « promène-couillons » venus de Castries où accostent les paquebots géants…..

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…….et quelques pêcheurs aux embarcations préhistoriques.

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C’est là que le chargeur 220v est tombé en panne après 13 ans de bons et loyaux services. Il sert à recharger les batteries en l’absence de vent ou de soleil, et surtout lorsque nous utilisons le désalinisateur pour remplir les réservoirs d’eau potable à partir de l’eau de mer. Nous en sommes réduits à ne le faire que lorsque le diesel principal tourne. Heureusement, il est en pleine forme !

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Notre arrivée aux Anses d’Arlet (village choisi pour représenter la Martinique comme « village préféré des français ») marque le couronnement de cette croisière pour Nadine. Elle y vient depuis plus de vingt ans, connaissant par cœur les différents mouillages, les commerçants, le marché au poisson, et ayant séjourné en location chez différents propriétaires dont certains sont devenus des amis. Naturellement le petit marché a retrouvé tous ses droits après les privations dans les îles anglaises, sous équipées sur ce point, depuis presque trois semaines.

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Les couchers de soleil vus depuis le balcon d’Henri et Lucie ont quelque chose de magique surtout lorsque le rayon vert est visible, ce qui est rarissime !

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Et les nuits tropicales, au calme du fabuleux mouillage de Grande Anse, méritent le voyage. Mais tout a une fin, et pour que GRRR..Nadine puisse regagner la métropole, son hiver glacial, venteux, pluvieux et son inquiétante épidémie de corona virus, le plus simple était de traverser à la voile la baie de Fort de France. On rejoint alors facilement à pied la station des bus dont la nouvelle ligne de transport en commun en site propre (TCSP) à destination de l’aéroport fait la fierté des martiniquais. Elle est surtout très pratique, rapide et extrêmement bon marché, ce qui ne gâte rien. Un atout formidable pour les futurs équipages qui doivent rejoindre ou débarquer d’un voilier.

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Un nouveau passage au Marin pour changer le chargeur s’imposait. Solution pas facile, et peut-être provisoire, mais trouvée en deux jours.

Puis il fallait reprendre la mer vers la Guadeloupe par la côte au vent, et une petite visite à Jean-Philippe à La Trinité, toujours aussi accueillant.

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Voici la dernière vue de La Martinique pour cette année, en passant devant le rocher de la Trinité dont le souffleur était spectaculaire et bruyant, dans la grosse houle.

La suite sera pour les îles du nord en particulier Saint Barthélemy qui accueille en avril un évènement sportif et mondain magnifique, de niveau mondial, « les Voiles de St Barth ». Espérons que les mesures de précautions liées à la pandémie covid-19 ne conduisent pas à sa suppression. Ce serait une catastrophe internationale (sic) que je commence à redouter un peu, mais restons optimistes et préparons-nous à y recevoir un nouvel équipage.

Hélas, Hélas, Hélas, nous apprenons aujourd'hui que ce magnifique événement est annulé, ce qui était prévisible après le discours du président du 16 mars sur les mesures de confinement qui s'imposent à tous en raison de la terrible épidémie mondiale actuelle.

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Cette première croisière de l’hiver aura été aussi un grand moment avec la lecture de ce gros bouquin traduit de l’anglais, dont l’auteur est professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. C’est un énorme succès datant de quelques années. Il reprend de nombreuses théories sur l’histoire « du vivant » sur notre planète et propose une série de visions parfois iconoclastes, parfois très sérieuses, toujours très documentées, que les scientifiques, penseurs, philosophes, archéologues, historiens, théologiens actuels n’abordent pas dans leur globalité. Il est articulé autour de ce qu’il appelle des « révolutions » (de la connaissance, de l’agriculture, de la science,…) et montre comment l’Homo Sapiens supplante progressivement, et de plus en plus vite, toutes les autres formes de vie, particulièrement dans les 10 000 dernières années. Il pose la question essentielle de l’avenir de cette course à la croissance….et des drames qu’a déjà subi et que subira inévitablement encore, notre écosystème. C’est écrit sur un ton léger et en même temps sérieux, et se lit presque d’une traite, tellement c’est passionnant et instructif.

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Notre période de confinement nous fixe donc en Guadeloupe pour un bon moment. Ce sera l'occasion de procéder à quelques menus travaux d'entretien, de déguster la bibliothèque du bord et de profiter à la voile et en solitaire de cet archipel si varié et accueillant. Il y a pire comme pénitence !!!

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Pour le moment il fait très beau, la mer est à 27,8°, l'alizé est tout faible pour ne pas dire insignifiant comme le montre cette photo du plan d'eau de Saint Louis avec une mini brise de sud-ouest, et le ravitaillement ne manque pas. A suivre.....