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mercredi 31 mai 2017

« Le chœur des Vierges »

Nous vous avions lâchement abandonnés à Saint Barthélémy, promettant de poursuivre notre route vers le nord. Et c’est bien ce que nous avons fait pendant ce joli mois de mai 2017.

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D’abord nous avons fait quelques escales dans la curieuse ile de Saint Martin/Sint Maarten, partagée entre les Français et les Hollandais depuis 1648, et dont l’histoire mériterait un long ouvrage. En tout cas elle illustre la possibilité de coexistence pacifique à long terme entre deux puissances coloniales importantes de l’époque, dès lors qu’elle fait converger leurs intérêts et que les accords passés le sont de bonne foi. Cela n’a pas souvent été le cas notamment avec les anglais ou précédemment avec les espagnols, conduisant à des conquêtes ou reconquêtes plus ou moins sanglantes, dans ces iles paradisiaques de la mer des Caraïbes.

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Les innombrables restaurants gastronomiques de Grand Case et les multiples occasions de shopping « Duty Free » de Marigot valent le détour.

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Mais aussi l’histoire du Fort Louis qui permit à plusieurs reprises de repousser des envahisseurs.

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Bien sûr les belles unités de plaisance profitent de ce port franc pour des escales techniques grâce aux nombreux professionnels installés tant du côté hollandais que du côté français.

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Ils côtoient les bateaux poubelles ou les épaves abandonnées qui pullulent dans le lagon régulièrement balayé par de violents cyclones, et les speed boats de pêche au gros qui font la course à la puissance

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(4 moteurs de 400 cv chacun pour ce modèle, record battu).

Après un moment d’hésitation, dû au régime des alizés en cette saison qui implique une longue remontée au vent au retour, nous avons repris la mer en direction des iles Vierges à une petite centaine de milles à l’ouest.

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Cet archipel fit l’admiration de Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493. Il les baptisa en souvenir des « onze mille vierges », compagnes de Saint Ursule, qui furent assassinées par les Huns au 5ème siècle.

Elles n’intéressèrent pas longtemps les espagnols qui lui préféraient l’or du continent sud américain. Elles furent donc rapidement abandonnées et servirent de repère aux corsaires, pirates, flibustiers ou forbans. Ils y trouvèrent des abris parfaits pour leurs navires de course qui jaillissaient sur le passage des galions espagnols chargés de richesses destinées à la couronne d’Espagne.

Les anglais furent les plus présents sur ce « marché » de la flibuste mais les boucaniers hollandais, danois ou français eurent également leur part du magnifique gâteau jusqu’au 19ème siècle. Certains comme Francis Drake, John Hawkins ou Jost Van Dyke y amassèrent des fortunes considérables et furent même anoblis par leur souverain pour leurs juteux et sanglants exploits maritimes (les temps ont-ils changé ?).

Pendant deux siècles, les iles tirèrent aussi leurs ressources de la culture du coton et de la canne à sucre, jusqu’à l’abolition de l’esclavage qui entraîna une récession profonde. A partir de la 2ème moitié du 20ème siècle un nouveau développement, basé sur le tourisme et le nautisme, a permis à une grande partie de la population d’accéder à un niveau de vie qui se rapproche de celui des pays occidentaux. Il faut y ajouter les activités de services liés à ce paradis fiscal très actif qui concentre un nombre impressionnant de banques et sièges de compagnies « off shore ».

Aujourd’hui, les iles occidentales, St Thomas, St John, et St Croix plus au sud, sont territoires des USA (USVI) et les autres sont une colonie britannique autonome (BVI). L’influence américaine est forte sur l’ensemble de l’archipel et l’unique monnaie en circulation est le Dollar US. Et si l’on roule à gauche, les voitures ont pourtant très majoritairement la conduite à gauche, comme à Porto Rico toute proche et beaucoup plus peuplée, où l’on roule à droite. Bégaiement de l’histoire locale ?

Nous sommes sagement restés dans les BVI, Nicole n’ayant pas son visa US, et vous trouverez ci-dessous un florilège des îles que nous avons visitées, découvrant des mouillages, des sites ou des villes parfois magnifiques, souvent étonnants, rarement dépaysants tant la fréquentation de touristes occidentaux aisés uniformise l’habitat, comme les commerces ou les voiliers (surtout des catamarans de location, de plus en plus souvent à moteur) qui fréquentent ces lieux.

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The Baths

Dsc00745_Broken_Jerusalem.jpg Broken Jérusalem

Dsc00739_tristes_restes.jpg Attention prudence !

Dsc00755_Treillis_Bay.jpg Treillis Bay

Dsc00768_Guana_Island.jpg Gwana Island

Dsc00785_White_Bay.jpg Coucher de soleil sur White Bay

Dsc00801_Brewers_Bay.jpg Brewers Bay

Dsc00812_Cane_Garden_Bay.jpg Cane Garden Bay

Dsc00827_Sandy_Spit.jpg Sandy Spit

Dsc00844_Jost_Van_Dyke.jpg Jost Van Dyke

Dsc00857_Great_Harbour.jpg Great Harbour

Dsc00862_Foxy_s_Night.jpg Foxy’s Nights

Dsc00864_Soper_s_Hole.jpg Soper’s Hole

Dsc00880_Norman_Island.jpg Norman Island (restaurant bar flottant)

Dsc00889_The_Bight.jpg The Bight, C’est pour l’air conditionné qu’il faut tous ces panneaux !

Dsc00898_Road_Town.jpg Cimetière de Road Town

Dsc00901_Road_Harbour.jpg Road Harbour

DSC00905_Le_Sphinx_de_Salt_Island.JPG Le Sphinx (naturel) de Salt Island

Dsc00937_Salt_Island.jpg Salt Island

Dsc00954_Gorda_Sound.jpg Gorda Sound

Dsc00976_Gorda_Sound.jpg Gorda Sound

Dsc00987_Leverick_qay.jpg Leverick Bay

Dsc00988_Pussers.jpg Un petit tour chez Pusser’s

Dsc00998_Necker_Island.jpg Branson’s House sur Necker Island

Après dix jours très agréables ponctués par un impressionnant épisode pluvio-orageux pendant lequel nous étions bien abrités à Gorda Sound, repassant devant le domaine de Richard Branson (toutes ses entreprises s'appellent VIRGIN), nous avons remis le cap sur St Martin où nous sommes arrivés au terme de 24h d’un louvoyage tranquille contre un alizé moyen parfaitement prévu par la météo.

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Le temps de faire quelques fructueuses séances de shopping (ci-dessus, Nicole au sortir du Pavillon d’Asie; relookée par Leva Sonn) et petits bricolages à bord, nous avons refait une nouvelle et courte escale à St Barthélémy, sur la route d’Antigua que nous avions envie de redécouvrir après des visites trop brèves ces dernières années.

Cette fois nous avons privilégié la côte ouest, commençant par St John, port principal et capitale de cet état indépendant à la culture « so british ».

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Elle accueille des paquebots de croisière gigantesques déversant quotidiennement des milliers de touristes.



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Le centre ville est transformé en centre commercial « duty free » plutôt bas de gamme. N’ayant pas pu y faire les formalités d’immigration obligatoires, nous y avons fait un tour en « clandestins » avant de repartir vers Jolly Harbour quelques milles plus au sud où l’administration locale a fait merveille en imposant seulement 4 passages successifs aux différents guichets, le tout pour un record bureaucratique d’une heure et demie !

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Jolly Harbour est une opération immobilière autour d’une grande marina sans âme qui donne l’impression d’être un peu en perte de vitesse.

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Certains immeubles, sans doute autrefois prestigieux, sont à l’abandon, mais les ressources administratives, techniques et commerciales de cet ensemble rendent l’escale pratique.

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Arrivés le lendemain à Falmouth Harbour, peu fréquenté en cette fin de saison, nous avons profité de ce grand mouillage sûr pour visiter l’ile avec une voiture de location et sortir de l’ambiance « yachting chic » du AYC (Antigua Yacht Club).

Les villages de l’intérieur et de la côte nord offrent un visage tout autre, par moment à la limite de la misère dans laquelle vit une partie importante de la population, notamment autour de Nord Sound, comme à Parham, première implantation coloniale britannique. Aujourd’hui c’est une zone militaire et industrielle consacrée à la centrale électrique et à l’usine de dessalement d’eau de mer.

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Autour de l’aéroport international, et de l’université américaine, l’opulence et la propreté reviennent.

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Nous avons déjeuné dans d’un joli restaurant nommé SottoVento, fréquenté essentiellement par des italiens, centre d’un aménagement touristique plutôt élégant.

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Mais en regagnant St John par le nord, l’impression que nous ont laissée les lagunes, les plages et les bidonvilles autour du fort St James, quasiment en ruines, est oppressante. L’omniprésence dans l’ile des domaines clos et gardés par des vigiles nous confirme dans l’idée que le contraste dans le niveau de vie des différents quartiers ou villages n’est pas un facteur de sérénité.

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La présence d’épaves sur les plages et d’ordures un peu partout, tempère l’impression de luxe, de calme et de volupté que voudraient laisser aux visiteurs les nombreux documents promotionnels et brochures destinées aux croisiéristes d’un jour, ou touristes d’une semaine.

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Notre visite s’est achevée à English Harbour, où le fameux Admiral’s Inn et son annexe le Boom récemment construit dans l’ancienne poudrerie de Nelson Dockyard, sont très accueillants.

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Les jolies restaurations des Shirleys Heights, cantonnements et forteresses du 17ème siècle,

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et les chemins aménagés sur la falaise à l’ouest de fort Berkeley offrent, à l’heure de la traditionnelle BBQ Party du dimanche soir (un must pour tous les toutous des hôtels alentour) des points de vue superbes sur la côte sud de l’ile.

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Certains investisseurs, vraiment à l’abri du besoin, y font construire de gigantesques résidences d’un luxe inouï avec vue imprenable sur la mer des Caraïbes.

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La météo étant favorable, notre dernière étape au large pour cette année nous a ramenés en Guadeloupe, sur un seul bord de près bien agréable vers la pointe des Châteaux toute embrumée de poussière de sable du Sahara. Nous espérions pouvoir faire un arrêt à la Désirade mais la houle encore trop forte ne permettait pas d’y envisager une escale confortable. Ce sera avec une navette que nous y effectueront un circuit découverte à partir de Saint François.

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Cette ile tant désirée est un petit monde de 24 km2 et 1500 habitants fiers de leur domaine mais qui se sentent un peu oubliés par la voisine, dont ils dépendent, et par la métropole où nombre d’entre eux vont tenter leur chance. Ils sont remplacés localement par des « métros » qui apprécient son charme au point de s’y faire construire ou d’y acheter des résidences.

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C’est un grand et étroit plateau calcaire de plus de 200 m d’altitude, couvert de forêt et de maquis, mais où l’eau douce manque, au point qu’un aqueduc sous marin a dû être enfoui depuis la pointe de châteaux. Par contre, ses éoliennes produisent plus que nécessaire et une interconnexion, sous marine elle aussi, permet d’envoyer en Guadeloupe une partie de la production lorsque le vent est fort et de recevoir ce qui manque lorsque le vent est faible.

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Les paysages sont splendides et, de la Pointe Est portant le phare le plus à l’est des petites Antilles, il n’est pas exceptionnel de voir les baleines pendant leurs migrations et la naissance de leurs petits, principalement entre février et avril.

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Les plages du sud, protégées par un petit lagon, sont très attrayantes, comme celle au bord de laquelle nous avons dégusté d’exquises langoustes locales.

Cette croisière s’achève et, après une dernière parenthèse au festival de Marie Galante « Terre de blues », il nous restera à désarmer Dartag pour le laisser en sécurité jusqu’à l’hiver prochain.

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Le voyage dans ces iles des Caraïbes nous a entrainés à la lecture de plusieurs guides et livres dont l’un mérite une mention particulière. Ce sont les chroniques de voyages d’un religieux à la charnière des 17ème et 18ème siècle en des lieux que nous avons bien souvent reconnus. A cette l’époque la loi du plus fort s’imposait, la religion était quasiment totalitaire, l’esclavage était à son apogée, les épidémies et la mort frappaient partout et n’importe quand, la piraterie ne faisait pas de prisonniers, la navigation, à voile bien sûr, n’était pas aussi sécurisée qu’aujourd’hui. Ce prêtre aventurier nous entraine, avec son écriture agréable et réaliste, dans un monde qui pourrait bousculer nos visions d’aujourd’hui. Ses descriptions des peuples et de leur mode de vie, de la faune et de la flore, de ses combats navals ou à terre, de ses méthodes de chasse ou recettes culinaires sont passionnantes. Mais à chacun son propre jugement, s’il peut se le permettre.

mardi 25 avril 2017

Semaine sainte aux Saintes

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Sacrées batteries ! Encore un jeu foutu après à peine deux ans de service. Plutôt que de faire tourner le groupe tous les soirs et tous les matins, il était préférable de les changer. Cette fois-ci, au diable les varices et les avaricieux, on choisit un modèle haut de gamme (Vetus AGM 140), et la tension ne devra dorénavant pas descendre à moins de 12,2 volts, foi de capitaine !

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Ce retour au Marin nous a fourni l’occasion de prendre de la hauteur, en grimpant à marche forcée au sommet du Morne Gommier. La vue sur toute la baie valait largement ce bel effort :

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Pour continuer notre périple vers les iles du Nord ; Le beau temps et une brise raisonnable nous incitent à passer par la côte au vent de la Martinique et à profiter de ses mouillages calmes, protégés par le récif de corail qui se prolonge sur une vingtaine de milles jusqu’à la presqu’ile de la Caravelle.

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Petite Grenade, Le Vauclin, Le François, puis Le Havre du Robert nous accueillent successivement avec « Fonds blancs », plages isolées ou mangroves sauvages.

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Oui cette côte est magnifique et peu fréquentée en dehors de quelques coins internationalement réputés comme la « baignoire de Joséphine » bourrée de touristes pendant ces vacances de pâques. Nous l’avons vue de loin.

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En route vers la Guadeloupe, le vent nous ayant lâché nous bifurquons vers la Trinité, sous-préfecture oubliée des voileux, au fond de son golfe, où l’abri était très correct, les hauts fonds brisant suffisamment la houle encore importante.

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Malgré la forte chaleur de ce dimanche des Rameaux, nous visitons ce gros bourg administratif assoupi dans la torpeur tropicale.

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Tôt le lendemain, avec l’alizé revenu, nous reprenons la mer vers Marie-Galante à 80 milles au nord, longeant longuement la côte Est de la Dominique très sauvage et verte.

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Nous entrons à la tombée du jour à Marie-Galante dans le petit port de Grand Bourg espérant y trouver une place sur l’un des pontons neufs installés en 2016. Trop tard, ils sont déjà colonisés par des plaisanciers ou pécheurs locaux. Il nous reste heureusement un petit espace pour mouiller dans le port, à côté d’un voilier australien en escale.

Grand Bourg est un village bien vivant avec, visiblement, de nombreux travaux d’embellissement ou de voirie en cours … Mais faut-il vraiment vouloir rivaliser avec le Bourg des Saintes ?

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Toujours à la recherche de spécialités typiquement régionales ou locales, nous avons testé pour vous le « caca de bœuf », sorte de pain d’épices fourré à la confiture de goyave, dont la forme évoque effectivement la « beuse » de nos alpages. Fruité à souhait !

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Une escale à quai à Pointe à Pitre, nous permet enfin de profiter, après deux mois de mouillages forains, du relatif « confort » d’une marina, avec douches, machines à laver, ravitaillement à quai, et d’effectuer de menus travaux d’entretien, notamment sur le Zodiac.

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Le vendredi saint est férié en Guadeloupe. Du coup la ville était morte et tous les commerces fermés en dehors de la fleuriste sur le parvis de la cathédrale et d’un bazar chinois sur la place de la Victoire. Seul le marché au poisson était actif, ce qui nous a valu d’inscrire l’espadon au menu de la semaine entière.

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A la marina, sur un voilier amarré devant la capitainerie, un couple de navigateurs à la fois acrobates, clowns et équilibristes nous a fait vivre un joli moment de poésie et de frissons avec des exercices de voltige audacieux sans filet dans le gréement. Bravo à eux !

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Et nous avons fini la semaine sainte aux Saintes, avec une nouvelle prise de hauteur grâce à une chaude petite grimpette jusqu’au fort Napoléon,

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et son jardin botanique, avec des orchidées étonnantes….

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…puis le Bourg de Terre de Haut et la messe de Pâques avec baptêmes,

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…bien sûr le mouillage du Pain de sucre vu du Calvaire,….

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….enfin, l’ilet à Cabrits, protégé par le fort Joséphine et sa végétation « sauvage », nous ont donné une vue d’ensemble de cet archipel de charme, alors que le temps orageux et les fortes rafales ne nous incitaient pas à naviguer.

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Longeant ensuite la côte sous le vent de la Guadeloupe, nous passons devant Basse Terre, la préfecture assoupie, et son port fatigué….

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…mais hébergeant une des dernières distilleries de l’île, en pleine activité.

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Escale pour la nuit à l’Anse à la Barque au milieu de nombreuses petites embarcations de pêcheurs mais boudée par les plaisanciers. L’abri n’est pas mauvais, mais il n’y a aucune ressource, et la plage noire du fond de l’anse est infecte, couverte de détritus divers.

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Les pélicans nous offrent un superbe spectacle de plongeurs chasseurs.

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Profitant d’une petite brise d’ouest plutôt inattendue nous gagnons vers le nord, et le retour du vent d’est nous permet d’atteindre Deshaies. Cette petite ville, au fond d’une anse superbe est d’habitude animée et accueillante. Mais en ce vendredi, jour d’un enterrement à l’église, elle est comme morte. La fin de la saison est bel et bien arrivée. Mais, entre deux « schnorkelling » nous pouvons y faire nos formalités de sortie avant de quitter la France vers Montserrat.

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Cette île anglaise a été ravagée par trois fois en vingt ans par de grosses éruptions volcaniques, avec d’importantes coulées pyroplastiques ensevelissant Plymouth, la capitale, sous des mètres de cendres et de lave.

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Le spectacle dantesque de cette ville abandonnée et de ce volcan toujours actif reste impressionnant, même de loin, et en dépit de l’importante distance de sécurité imposée, les émissions de gaz méphitiques sont bien perceptibles.

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Les 4000 habitants restant (contre 12 000 en 1997) se sont regroupés dans le nord de l’île, qui, il faut bien l’admettre, ne mérite pas un trop grand détour.

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Le gouvernement a fait reconstruire un certain nombre d’équipements collectifs (port, stades, marchés, écoles, parkings,..) lui donnant un aspect de prospérité artificielle. Mais la population a sans doute du mal à digérer cet « exil intérieur » et ne se montre pas vraiment à son avantage.

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Après une magnifique traversée de 72 milles en 10 heures nous sommes arrivés à Saint-Barthélemy.

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La fréquentation est celle de la fin de saison, mais à Gustavia le luxe reste la marque de cette île approximativement de la taille de Porquerolles.

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Une grande balade à pied nous à permis de découvrir, après le spectaculaire et très actif aéroport, l’ouest de l’île, escarpé et contrasté, occupé par des villas de luxe,….

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.....aussi bien que par un habitat plus traditionnel et modeste, notamment dans le village de Colossol, niché dans sa valleuse juste à l’ouest de Gustavia la capitale.

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En ce jour du premier tour des présidentielles, les bureaux de vote étaient déserts, le scrutin ayant été anticipé au samedi pour être décompté à temps, compte tenu du décalage horaire (6h).

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Terminons ce billet en vous faisant découvrir nos équipements de marcheurs, bien utiles sur les sentiers accidentés de toutes ces iles. Notre route continuera vers le nord pour quelques semaines encore, en découvrant probablement d'autres merveilles.

jeudi 13 avril 2017

Grenadines Express

Et hop, notre équipier juste installé et la météo étant favorable, cap sur les Grenadines à trois cette fois.



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Grosse surprise en fin d’après-midi à une dizaine de milles à l’ouest de Sainte Lucie, quand deux baleines nous ont offert un spectacle extraordinaire en sautant simultanément à plusieurs reprises hors de l’eau environ deux cent mètres devant Dartag (photos extraites d’un reportage et très représentatives de ce que nous avons vu). Nous avons fait un écart pour ne pas les gêner, mais elles ont plongé devant nous pour réapparaitre une minute plus tard derrière projetant le jet de leur souffle et montrant leur dos puissant.

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Cette apparition magnifique et sauvage, hélas trop fugitive, a fait de nous des privilégiés, marquant nos esprits pour longtemps.

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Après une nuit en mer, nous zappons Saint Vincent, Béquia puis Canouan pour mouiller directement dans les Tobago Cays moins fréquentées qu’à notre précédent passage un mois auparavant.

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Bonne occasion de nous inscrire au barbecue organisé sur la plage de Petit Rameau avec les langoustes du jour avec les assortiments de légumes sophistiqués et exquis des cuisiniers locaux.

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Le mouillage de Petit Saint Vincent est un des plus beaux aussi,

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à partir duquel nous avons entrepris un raid en Zodiac jusqu’au célébrissime banc de sable de Morpion, trouvant une petite passe entre les patates de corail pour y débarquer et immortaliser la scène devant la paillote. Nous sommes rentrés trempés après le retour sur ce plan d’eau venté !

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Puis une belle soirée à Clifton ou les « kiters » du lagon s’en donnaient à cœur joie

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Et nous n’avons pas résisté au plaisir d’un « drink » au Happy Bar construit en 2002 sur un amas de coquille de lambis. L’aimable obséquiosité du patron et les tarifs surréalistes nous ont laissé sur un impression bizarre, mais il faut bien vivre, et le cadre est vraiment original.

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Faisant le tour de Union Island nous somme passés devant Ashton, la capitale, délaissée au fond de sa baie inexploitée

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Puis sommes retournés dans le grand mouillage sauvage de Chatham Bay où, curieusement, il n’y avait pratiquement aucun catamaran de location, alors qu’ils pullulent généralement dans ces iles paradisiaques. Enfin un endroit tranquille pour les amateurs de nature et de croisière à la voile.

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Nous avions envie aussi de redécouvrir Mayreau sa baie des salines envahie par les pique-niqueurs du paquebot au mouillage,

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Du sommet de l’ile, la vue est exceptionnelle sur les Tobagos Cays, quel contraste !

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Et le jardin de l’église du père Divonne, accueille une belle alanguie.

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Un petit tour de Salt Whisle Bay dont la carte postale attire tous les voiliers de passages, surtout les catamarans de locations, encore plus serrés les uns contre les autres que sur la côte d’azur.

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Revenant vers le nord nous avons cédé à l’appel de Béquia où les pêcheurs découpent sur le ponton le produit de leur pêche. Mais comment font-ils donc ? Nous n’avons encore rien pris cette saison, gênés par les sargasses qui polluent nos hameçons à peine mis à l‘eau.

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La promenade Princess Margaret, taillée dans le rocher, mérite aussi un petit détour C’est alors qu’une visite plus approfondie de l’île de Saint Vincent, peu fréquentée par les plaisanciers bien que la sécurité se soit améliorée depuis quelques années, nous a parue intéressante.

Les anses de Wallilabou ou Cumberland Bay sont assez bien protégées, mais les fonds importants et surtout l’insistance des boat boys sont dissuasifs.

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Certains villages oubliés comme Petit Bordel (sic !) ne possèdent pas de mouillage accueillant

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Alors que celui de Chateaubelair plus au nord est beaucoup plus séduisant, bordé par une superbe cocoteraie. A la jumelle nous avons suivi de loin une longue cérémonie funéraire dans le cimetière marin du village, tous les hommes étant entièrement habillés de blanc.

Ayant zappé Saint Lucie par trois fois cette année, nous avions envie d’y faire escale.

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Après une belle approche par un temps magnifique

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Les deux pitons (presque 800 m d’altitude) nous sont apparus dans toute leur majesté. Malheureusement, les fortes rafales sur le mouillage, et surtout le très mauvais accueil d’un boat boy, d’abord extrêmement insistant pour nous amener à « sa » bouée vraiment mal placée, puis menaçant si nous ne la prenions pas, nous ont dissuadé de nous arrêter, et nous avons préféré poursuivre notre chemin vers des contrées plus calmes et accueillantes. Son dépit s’est traduit par l’arrosage de notre cockpit suivi d’une fuite éperdue de toute la vitesse que lui permettait son moteur. Quand comprendront-ils que les plaisanciers sont libres de leur destination, désireux de faire leur choix tranquillement, et sont tout à fait prêts à payer des services s’ils sont réels, en dehors de toute pression ou éventuel racket de sauvageons locaux ?

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Nous avons visité la fameuse Marigot Bay, enclave de plaisance luxueuse dans un environnement paradisiaque, avant de rejoindre un mouillage calme à Rodney Bay quelques milles au nord.

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Sous la vigilante conduite du pirate des Caraïbes qu’est devenu notre cher équipier pendant cette quinzaine, une dernière petite traversée nous a ramenés au Marin pour ravitailler et soigner un petit bobo de Dartag, pas vraiment gênant, mais il fallait s’en occuper.

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Il reprenait l’avion à Fort de France le jour des blagues, mais ce n’en était pas une. Alors, quelques escales au milieu des tortues plus tard,……

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…et après avoir découvert l’entrainement des yoles traditionnelles dans le fond de la superbe rade de Fort de France pour la course du dimanche suivant…..

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….il ne fallait pas louper, même pour un poisson d’avril, même à l’heure d’été en métropole, l’embarquement dans l’avion qui venait le chercher bronzé et prêt à reprendre le boulot trente heures plus tard.

mercredi 22 mars 2017

Cays, cays,cays !

Nous sommes restés cinq jours au mouillage à Port Elisabeth pour cause de météo musclée. Et nous les avons bien remplis en visites à pied ou en voiture de l’essentiel de cette ile que les initiés appellent Bécouet alors qu’elle figure sur toutes les cartes sous le nom de Béquia.

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Son passé colonial a laissé quelques restes de plantations, transformées désormais en opérations immobilières plutôt chic sur la côte sud-est, dont les plages et les cocoteraies ne sont pas accessibles en bateau car les lagons magnifiques sont peu profonds.

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La présence de plaisanciers à l‘abri du besoin est aussi une des marques de cette région. Exemple : ces deux navires de presque 50 m de long (même couleur miroitante, même personnel d’entretien°) au mouillage à couple à Béquia. Bravant le fort vent et la grosse mer, ils nous ont rattrapés une heure après notre départ en route vers Canouan, le voilier précédant le motor yacht à plus de 12 nœuds (AIS dixit).

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Cette dernière île tente de se développer, en particulier grâce au très beau site de son lagon sur la côte au vent, mais le village lui-même ne semble pas en profiter pour le moment.

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Le mouillage de Charleston, mal protégé par les White Rocks, est peu fréquenté. Lorsque l’alizé est fort, il est en plus balayé toutes les dix à quinze secondes par de très fortes et brèves rafales, qui le rendent vraiment inconfortable...

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…les tortues endémiques n`ont pas l`air d`en souffrir outre mesure, mais, en ce vendredi soir, la population de l’ile comptait visiblement sur le rhum et la bière pour agrémenter la soirée, aussi nous avons écourtés notre visite à terre, pour une nuit agitée à bord.

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Levés tôt, nous avons mis le cap vers les Tobago Cays, toujours avec un vent et une mer forte. Un endroit merveilleusement protégé de la houle par une magnifique barrière de corail nommée Horse Shoe Reef en raison de sa forme.

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Accueillis par les boat boys et les rangers du parc naturel, plutôt aimables et discrets, nous nous sommes offert une magnifique promenade amphibie dans les récifs et l’ile Petit Rameau.

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En ce week-end de mars, l’affluence réduite rendait celle-ci particulièrement agréable.

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Vers Union Island, en route pour Clifton Bay nous avons croisé en mer le superbe Star Clipper navigant au portant à 12 nœuds sous voilure réduite,

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Le ciel parfois menaçant ne nous a pas empêchés de faire une marche dans l’île ; Ici les maisons flambant neuves côtoient des ruines, comme si, après un cataclysme on abandonnait son ancienne maison à demi écroulée pour reconstruire juste à coté. Le mélange est un peu tristounet.

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Achat d’un chapeau à larges bords qui n’a pas encore été emporté par une rafale vicieuse. A vous de juger !!!

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Le captain, lui, a toujours sa même casquette délavée vissée sur le crâne, comme à demeure ; ce qui ajoute au côté « vieux loup de mer » ; Ainsi dûment coiffés, nous avons pu cingler vers l’étape suivante après des formalités administratives tellement bureaucratiques et complexes que nous en avons « oublié » la moitié, et pas la moindre, puisqu’il s’agissait du visa de sortie. Il faudra serrer les fesses et jouer finement dans la prochaine contrée abordée deux jours plus tard.

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En attendant, une « longue » traversée de 5 milles vers petit Saint Vincent nous a fait passer entre les récifs, à proximité de Morpion, un minuscule îlot de sable sur lequel une paillotte attend les visiteurs. Les tempêtes ou autres cyclones n’ont jamais emporté cette curiosité exotique mondialement connue, et nous ne désespérons pas d’y débarquer un jour de beau temps calme, ce qui n’était pas le cas.

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Petit Saint Vincent, juste séparée de Petite Martinique par un détroit d’un demi mille, est la dernière grenadine de St Vincent. C’est une ile privée entourée d’une plage de sable blanc que le propriétaire a consacrée à un hôtel de luxe dont l’essentiel des bungalows sont situés sur la côte au vent, invisible du mouillage. Le calme, le luxe et la volupté s’y respirent à plein nez.

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Poursuivant nos escales, nous avons fait une halte à Tyrell Bay sur la première grenadine de Grenade, notamment pour les formalités d’immigration. Les fonctionnaires habituellement tatillons se sont montrés compréhensifs et nous ont délivré les visas sans trop se formaliser du fait que nos papiers n’étaient pas tout à fait complets. Ouf, c’est passé.

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Après quoi nous avons pu déguster en paix les rouleaux d’été « bateau », œuvre du capitaine en second, malgré des instruments de cuisines encore rudimentaires mais en voie d’amélioration….

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…..Et visiter l’immense lagune bordée de mangrove qui occupe tout le nord de Tyrell Bay. Certaines victimes de Hugo en 2003 y sont encore.

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Arrivant à St Georges, capitale de Grenade, la houle rendait le mouillage extérieur rouleur, alors nous avons poursuivi jusqu’à Prickly Bay revenant en ville grâce aux excellents petits bus à haute fréquence, bas prix et grande vitesse (parfois un peu trop, mais quelle adresse des chauffeurs).

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Les grenadiens s’affairent dans les quartiers historiques autour de la gare routière …

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Et la superbe marina Camper et Nicholson accueille toujours de grands yachts très luxueux.

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Mais, la saison s’avançant, il nous fallait repartir vers le nord pour retrouver notre équipier dont l’arrivée était prévu le 19 mars à Fort de France. Les belles baies abritées de la côte sous le vent des grenadines nous ont donné l’occasion de retrouver une nature plus sauvage…...

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…… de profiter de couchers de soleil magiques………..

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….ou de faire de petits matelotages utiles.

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A Mayreau, nous sommes montés jusqu’à la fameuse église du père Divonne, unique exemple de communauté catholique dans ces îles très « réformées ».

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De là, la vue sur les Tobago Cays est tout simplement exceptionnelle. Un paysage de création du monde, qui nous a inspiré une nuit d’isolement complet dans Winward Bay.

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Et après une courte escale à Cumberland Bay dans l‘île de principale de St Vincent, Nous avons affronté l’alizé costaud et la grosse mer jusqu’à Rodney Bay à Ste Lucie, puis Le Marin…..

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....où nous avons réassorti la cambuse et, pendant que d’autres bateaux exhibaient d`impressionnantes collections de chaussettes, réglé de menus problèmes techniques, en attendant qui vous savez……

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Il est arrivé presqu’à l’heure prévue, en dépit des grèves, de l’attentat d’Orly sud et de la pluie qui l’a accueilli, un peu fourbu mais en forme.

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Après une journée grise de transition et quelques libations avec des amis voileux, nous sommes désormais prêts pour de nouvelles aventures tropicales sous un beau temps revenu.

lundi 06 mars 2017

Ben quoi, Béquia ?

Le Yacht Club de la Martinique organise chaque année une épreuve internationale dite « Round Martinique Regata ». C’est une course croisière pour voiliers de plus de 6 mètres répartis en quatre classes, qui comprend trois étapes autour de l’île.

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Bien sûr, plusieurs équipages étaient venus de Guadeloupe, dont les « p’tits filous » sur leur bateau fétiche Sonadiau. Je les ai suivis avec Dartag, avec d’autant plus d’intérêt que c’était l’occasion de visiter la côte au vent de l’ile (côte Est) qui est très peu fréquentée, notamment autour de la presqu’ile de la Caravelle, avec une étape à La Trinité (pas celle du Morbihan).

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Un super barbecue était organisé sur la plage le samedi soir et ils m’y ont invité. Evidemment je n’ai pas pu refuser et quelques équipiers de Sonadiau ont profité de la place disponible et du confort de Dartag pour la nuit. La brise était moyenne (c’est-à-dire assez forte, 20 à 25 nœuds) pour ces trois jours, avec un beau soleil et bien sûr quelques averses ou grains, typiques des alizés d’hiver.

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J’en ai profité au retour pour visiter un peu cette côte, en particulier « le Havre du Robert », sorte de grand golfe très découpé, protégé par une barrière de récifs, où la houle du large ne peut absolument pas pénétrer. De multiples mouillages calmes sont donc offerts aux rares plaisanciers qui s’aventurent dans ce dédale. Mais cela valait le détour. Nouvelles escale au Marin sur le chemin de Fort de France pour compléter l’avitaillement et faire encore réparer le plancher gonflable de l’annexe qui commence à devenir un gruyère. Mais cela a l’air de tenir, pourvu que cela dure !

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Un drôle de coup de vent d’ouest tout à fait incongru en cette saison a transformé la magnifique rade en champ de bataille et jeté à la côte de nombreux bateaux, dont certains ont été disloqués. Après avoir contribué au sauvetage d’un beau petit ketch américain en fâcheuse posture au pied du fort St Louis, j’ai pu revenir à bord de Dartag juste à temps pour déguerpir et nous mettre à l’abri de l’autre côté de la rade, au milieu d’ilots recouverts de mangrove, ……….. et d’épaves.

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Au-delà du carnaval, le but principal, à Fort de France, était d’y accueillir Nicole, juste retraitée et arrivant de Genève après un voyage sans problème, mais fatiguée par toutes les démarches et travaux préparatoires à une absence de longue durée, ou la tournée des « au-revoir » qu’elle voulait faire à la famille et aux amis en Suisse et en France.

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Après une visite de la ville agrémentée du shopping et des courses indispensables nous avons commencé notre croisière par de courtes étapes à Trois Ilets et aux Anses d’Arlet histoire de prendre doucement nos marques comme tout nouvel équipage.

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Puis, profitant d’une météo favorable, nous voulions faire le plus de route possible vers le sud le premier jour, pour nous approcher des Grenadines. Et c’est à la nuit tombée, après 90 milles parcourus par beau temps, que nos avons atteint Barrouallie, une petite anse de l’île de Saint Vincent où nous sommes entrés au radar et au sondeur, escortés par un bateau de Boat Boys très insistants qui nous ont presque fait renoncer à cette escale. Finalement nous les avons calmés en leur disant que nous n‘avions besoin de rien ce soir, mais qu’ils repassent le lendemain à 9H, avec les fruits, légumes et poissons qu’ils voulaient nous vendre.

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La nuit fut calme et le lendemain nous sommes repartis à 8h15. Ils nous ont rattrapés et nous leur avons pris quelques mangues, et, quelques minutes après, une bonite magnifique toute fraîche à un autre pêcheur qui venait de la prendre à la traine, à l’aviron. Chapeau ! Ce n’était pas bon marché, mais qu’importe, ils avaient de grands sourires.

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Longeant la côte, nous avons poussé la découverte jusqu’à la capitale, Kingston, avant de trouver un mouillage bien abrité derrière un ilot privé occupé par un bel hôtel, Young Island, tout près de l’extrémité sur de l’île. Il y avait un courant très fort qui par moment nous exposait vent arrière malgré les rafales de 20 à 30 nœuds d’est. Un visite en Zodiac de toute cette baie plutôt touristique était intéressante, notamment le fameux « Blue Lagon » qui nous a un peu déçu,

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et « Duvernette Island » que nous avons escaladé jusqu’au sommet pour découvrir une vue splendide sur Calliaqua Bay.

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L’après midi nous sommes repartis vers Béquia, à quelques milles, la première Grenadine en venant du nord, et avons jeté notre ancre à Port Elisabeth. Cette magnifique baie est un excellent abri, et c’était utile, car la météo prévoyait du vent fort et une grosse mer pour les jours à venir.

En effet, les rafales à plus de trente nœuds et les grains sur le mouillage nous ont offert un abondant rinçage à l‘eau douce et suffisamment d’électricité pour remplir nos soutes d’eau potable.

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Et cela ne nous a nullement empêché de visiter une bonne partie de cette petite île à pied, jusqu’au versant sud donnant sur Mustique et les autres îles voisines, ainsi que la jolie Friendship Bay entourée de récifs sur lesquels prise la grosse houle de l’atlantique.

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Les quelques 4000 habitants occupent des maisons de tous les styles allant du quasi bidon ville au luxueux palais dominant le paysage, mais la majorité étant plutôt simple et propre et desservie par des routes incroyablement pentues montant tout droit dans les collines. Vive les 4X4 modernes !

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Il y a aussi des hôtels et restaurants dont certains très chics car l’économie de l’île repose de plus en plus sur le tourisme et les belles plages du sud de Admiralty Bay, comme la fameuse Pincess Margaret Beach, bordée d’une forêt tropicale humide impénétrable, dont quelques « mancenillers », l’arbre dont les feuilles acides sont dangereuses en particulier sous la pluie. Il ne faut pas s’y croire à l’abri sous peine de sévères brûlures. Ils sont signalés par des affiches sur leur tronc.

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Mais il y a aussi des fleurs d’une variété et d’une richesse extraordinaire et des chenilles pour les manger, d’ailleurs assez impressionnantes et …imperturbables.

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Il y a aussi cette vitalité de la végétation qui permet à certaines espèces de germer et se développer à peu près n’importe où comme sur un fil électrique à 10 mètres de hauteur !

Notre prochaine étape sera sans doute Canouan, puis Mayrau, avant les Tobago Cays, mondialement connus.

dimanche 19 février 2017

Pas si fou, je Fou

Les premières navigations ont été l'occasion de nous intéresser, plus encore que par le passé, à un oiseau marin magnifique. Plus il y a de vent, plus il est à l’aise, et son comportement n’en est que plus spectaculaire dans l’alizé musclé que nous avons eu ces derniers temps.

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Le Fou de Bassan vole sans effort apparent, presque immobile, en « surfant » sur les vagues invisibles présentes dans l’air, sans doute en grande partie provoquées par les vagues de la mer elle même. Son dos et ses ailes sont sombres sur le dessus, et tout son corps est à peine moins foncé en dessous. Il est ainsi quasiment invisible du haut mais aussi de la surface de la mer et à plus forte raison de ceux qui vivent en dessous.

La présence d’un voilier est sans doute pour lui une aubaine, je pense au moins pour deux raisons.

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La première est qu’il peut profiter des turbulences crées par la coque et les voiles pour faire encore plus d’économies dans son vol. Son plané trahit à peine l’extrême réactivité de tout son corps pour transformer en énergie positive chaque rafale, chaque remous d’air et choisir avec adresse l’endroit précis où il profite le mieux de ces perturbations. Par moment il se tient presque immobile sur l’avant du bateau à un mètre de l’étrave qui plonge et remonte à chaque vague, puis il choisit de surveiller l’océan depuis la première barre de flèche. Subitement, sans raison apparente, il file vers l’arrière, passe sur l’autre bord, puis remonte au vent en rasant les vagues, juste sous des voiles, et réapparait en faisant une chandelle au- dessus du balcon avant, avant de reprendre son poste d’observation à quelques mètres au-dessus du pont.

La deuxième est qu’il sait parfaitement que les poissons volants, dérangés par l’arrivée dans leur domaine d’une coque étrangère, se demandent s’il s’agit éventuellement d’un prédateur et préfèrent le fuir en se catapultant vigoureusement hors de l’eau pour un de ces vols planés sensés les mettre hors de portée. Et alors, l’œil perçant du fou, qui n’attend que cela, lui met l’eau à la bouche. D’un piqué aussi rapide que précis, il pique, espérant gober au vol l’un de ces prétentieux qui pensaient avoir échappé à la daurade coryphène ou au thonidé supposés les poursuivre.

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Mais la vivacité et l’adresse du Fou ont des limites, d’autant plus que la victime potentielle est capable de se relancer plus loin de quelques vigoureux coups de queues sur la surface, ou de replonger avant la fin naturelle de son plané. Alors, le Fou essaie de la suivre et le piqué vertigineux du prédateur se poursuit sous l’eau, parfois à quelques mètres du bateau. Si l’agile poisson volant lui échappe, comme assez souvent, il ressort de l’eau sur l’élan de son plongeon et reprend son vol majestueux sans un coup d’aile. Ce spectacle est impressionnant et laisse sans voix devant la polyvalence et les performances de cet oiseau d’environ deux mètres d’envergure.

Mais s’il réussit son coup, il ressort de l’eau en restant à la surface, et avale sa proie dans une sorte de tressaillement de tout le corps, commençant par une extension du cou vers le haut, secouant la tête vigoureusement puis se termine par une brève agitation de la queue. Quelques secondes après, avec deux ou trois battements de ses grandes et fines ailes, il reprend son vol et son poste d’observation à quelques mètres au dessus du pont. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ait absorbé sa dose de nourriture quotidienne. Un autre vient alors le relayer jusqu’à la tombée de la nuit.

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Mais la digestion de ces volatiles est à leur image, très rapide. Alors il ne faut pas s’étonner de recevoir périodiquement quelques doses de guano sur le pont, les voiles ou même les coussins du cockpit, lorsqu’ils planent à leur poste de surveillance. Les prochains embruns ou la prochaine averse auront tôt fait de nettoyer ces salissures finalement bien modestes en comparaison du magnifique spectacle offert !

vendredi 03 février 2017

L'été en hiver

L’été en hiver, cela peut surprendre, surtout après une méchante vague de froid comme nous l’avons connue cette année, qui m'a fait péter deux tuyaux d’eau dans la maison. Un comble à Toulouse, cela ne s’était pas produit depuis au moins dix ans. Heureusement une petite fée et un grand génie sont intervenus pour limiter les inondations et rétablir la situation.

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Bref, j’ai repris le chemin des Antilles à mi-janvier pour un nouvel hiver au chaud.

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Et la chaleur surprend un peu quand on doit effectuer des travaux de force sous un soleil de plomb. Dartag avait besoin d’une grosse cure de remise en forme après pratiquement huit mois immobile dans son lagon qui ont permis aux huitres et aux moules de le coloniser goulûment.

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En une bonne semaine le plus gros était fait, sur l’aire de carénage, et la remise à l’eau a été un vrai bonheur. Deux jours au ponton pour fignoler la propreté, embarquer les voiles et annexes révisées, refaire tous les pleins, d’eau, de vivres, de carburant, dire au revoir aux amis et hop, en mer !

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Par prudence le premier soir au mouillage, nous n’étions pas loin, juste pour pouvoir revenir vite fait, si j’avais malencontreusement oublié quelque chose d’important. Mais ce fut l’occasion du premier bain de mer de l’année, dans une eau à 28°. Il y a pire comme punition !

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Et le lendemain, appareillage pour Marie Galante, une escale incontournable sur la route du sud. La plage sauvage qui s’étend devant la distillerie Poisson (qui fabrique le fameux rhum Labat 59°), est déserte et bordée de cocotiers. Le plus proche voilier au mouillage est à peine visible, à plus d’un mille. Le calme est véritablement assourdissant après le tumulte de Point à Pitre et ses claqueurs de fouets qui préparent bruyamment le carnaval.

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Pour arriver de jour en Martinique, distante de 125 milles, il me fallait partir tôt. Nous avons donc levé l’ancre juste après minuit ce vendredi 27 janvier, profitant d’un alizé léger mais suffisant pour bien avancer.

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Il s’est renforcé régulièrement dans la journée au point de nous propulser gaillardement jusqu’à Ste Anne où nous arrivâmes même avant l’heure du thé, rafraichi par une ou deux averses et autant d’arcs en ciel.

Quelques coups de fil sont nécessaires pour vérifier la présence des amis voileux, sur place pour certains, arranger les retrouvailles pendant ce dernier week-end de janvier, préparer le programme technique de la semaine suivante, et surtout fêter le 5éme anniversaire d’Aurélien.

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Mais Dartag a encore besoin de quelques bricolages pour améliorer son confort et sa sécurité avant la dure saison de croisière qui l’attend jusqu’au mois de juin.

La nouveauté de 2017 est un boitier AIS (Automatic Identification Service) qu’il faut installer et configurer. Ce dispositif radio permet d’envoyer à tous les autres navires des renseignements basiques (nom et caractéristiques sommaires du navire, vitesse, cap,..) et de recevoir les leurs, en les faisant apparaître sur l’écran de navigation. Bien qu’il ne soit obligatoire que pour les navires de plus de 20 mètres, la plupart des voiliers en sont équipés et cela apporte un supplément de sécurité notamment dans la prévention des abordages.

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En plus ce système mondial alimente une base de données en temps réel, consultable sur Internet gratuitement, il suffit de chercher le nom du navire et, si son AIS est actif, il apparait sur une carte. Marrant non ? Cela dit, je pense que les douaniers et administrations diverses et variées de tous les pays s’en servent aussi pour contrôler les trafics. Big Brother et Big Data sont à l’œuvre.

Comme beaucoup de systèmes technologiques et informatiques, il faut être spécialiste pour l’installer et, bien que pas tout à fait ignare, j’ai du me déclarer impuissant pour certaines fonctionnalités au point d’avoir recours à un professionnel, heureusement disponible dans cette grande marina de Martinique. Au prix d’une utile mise à jour tout est opérationnel.

La panne du sondeur de secours est un autre petit problème, heureusement le sondeur principal est en pleine forme. C’est bien, car naviguer sans sondeur dans les coraux équivaut à donner un pistolet chargé à un équipier ivrogne et susceptible ! L’explosion de l’un des freins de barre en est un autre, et à défaut d’en trouver un neuf, une réparation à l’Araldite devrait faire l’affaire.

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Et cette première traversée de nuit a révélé que l’éclairage d’un des compas de route était HS et le deuxième ne marchait qu’à moitié. Eh oui, le bateau a l’âge de ses artères et il faut s’en occuper. Les minuscules ampoules nécessaires étaient disponibles chez le shipchandler de la marina, mais il fallait trouver le moyen de démonter ces deux compas pour les remplacer. Trois heures furent nécessaires pour ne rien casser en démontant le premier, et dix minutes suffirent pour le deuxième. Comme quoi l’expérience paie, et ce n’est pas la première fois que je le constate, scrogneugneu !

Bon, et maintenant nous allons reprendre la mer. La semaine prochaine pour retrouver et supporter les P’tits Filous qui sont inscrits à la « Round Martinique Regata 2017 » et la semaine suivante pour accueillir Nicole qui partagera cet hiver au soleil et dans l’alizé, et vous aurez des nouvelles bientôt. Nous aurons aussi d’autres équipiers (au moins un) plus tard dans la saison.