samedi 12 mars 2016

Bruits et couleurs

La découverte de ce pays un peu moins grand que l’Irlande, deux fois plus peuplé, mais au PIB par habitant dix fois inférieur, nous a réservé bien des surprises. Comme elle, il partage une ile, Hispaniola, avec un voisin, Haïti, entretenant avec celui-ci des rapports tendus et parfois conflictuels.

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Le cabotage à la voile le long des côtes n’étant pas aisé compte tenu des formalités à remplir à chaque escale, des déclarations à fournir, du peu d’abris sûrs et de la distance entre eux, nous avons opté pour les visites terrestres en bus ou avec une voiture de location, laissant DARTAG sur bouée dans le merveilleux lagon de Boca Chica, devant la marina Zarpar qui nous a offert tous les services utiles pendant cette longue escale.

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Notre première « expédition » nous a conduits vers la grande baie de Samana sur la côte nord, en traversant la Cordillera Oriental et sa superbe forêt humide, puis une grande plaine consacrée aux rizières d’un vert magnifique en cette saison. On arrive ensuite à Las Terrenas fréquenté par de nombreux français en vacances, avec son superbe feston de plages blanches sous les cocotiers abritant des guinguettes bien séduisantes pour le déjeuner.

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Plus loin, la ville de Samana est la base de départ des excursions vers les îlots de ce site grandiose entouré de montagnes, dans laquelle, dit-on, les baleines viennent se reproduire. On trouve de nombreux bateaux d’excursion attendant les clients « baleines » dans ce port naturel, par ailleurs un peu décevant.

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La capitale, Santo Dominguo est la plus ancienne ville du nouveau monde (sans doute avec San Juan à Porto Rico), et était, du temps de la colonisation espagnole, le centre du pouvoir et de toutes les décisions pour l’ensemble des colonies de la couronne madrilène, s’étendant de la Terre de feu à la Californie, pendant quatre siècles. Cuba et Porto Rico furent les dernières provinces espagnoles d’outre mer, jusqu’à la chute des derniers restes de l’empire après la guerre perdue contre les Etats-Unis en 1898. Au 19ème siècle, la création de Haïti et l’émancipation, vis-à-vis de ce voisin belliqueux, de La république dominicaine, proclamée en 1844, provoquèrent plusieurs guerres, impliquant aussi la France de Napoléon. Les traces de la présence française sont surtout présentes à Haïti où la population parle un créole français intelligible pour nous.

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Au 20ème siècle, son histoire fût surtout marquée par la terrible dictature de Trujillo pendant plus de 30 ans. Après son assassinat en 1961, des troubles on secoué le pays pendant plusieurs années, entrainant en 1965 une intervention des Etats-Unis qui craignaient une contagion à la cubaine. Depuis, la démocratie semble s’être stabilisée et l’économie progresse, s’équilibrant plutôt harmonieusement entre l’agriculture, l’industrie et les services, de plus en plus vers le tourisme, mais beaucoup de caractéristiques restent celles d’un pays pauvre.

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La population de plus de dix millions d’habitants, est formée très majoritairement de métis, issus des différentes et nombreuses vagues d’immigration venues du monde entier après la période de la colonisation et de l’esclavage, y compris des asiatiques et des juifs. La langue est l’espagnol, et très peu comprennent l’anglais, a fortiori le français. Environ 5 000 français sont établis sur place, et les touristes français sont nombreux. Parmi les voiliers rencontrés, un gros tiers est aussi français. La plupart sont en route vers Cuba ou l’Amérique centrale.

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La « Zona Colonial » de Santo Domingo regroupe un ensemble de bâtiments magnifiques, pour la plupart parfaitement entretenus, palais, fortifications et églises, qui montrent la prospérité de la ville dès le 16ème siècle. Ils sont aujourd’hui souvent utilisés comme musées ou sièges d’organisations gouvernementales ou diplomatiques comme la splendide Ambassade de France. Nous y sommes allés deux fois en bus et il aurait fallu au moins un troisième jour pour voir l’essentiel.

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Cette ville énorme où toutes les routes du pays se rejoignent est le siège d’embouteillages monstres et d’une pollution atmosphérique d’autant plus « à couper au couteau » que l’alizé est faible. Elle a sans doute contribué à déclencher chez votre serviteur, une forme de grippe allergique accompagnée de quintes de toux phénoménales, comme je n’en avais pas subies depuis un demi-siècle au moins. Mais tout est rentré dans l’ordre au bout de quelques jours.

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Nous avons aussi consacré une journée à San Cristobal et ses environs, avec notamment des grottes contenant des peintures rupestres des Taïnos, les premiers habitants de l’île, éliminés sans honte, malgré les voix qui s’étaient élevées contre ce génocide, par les conquistadors, en particulier le sinistre Nicolas Ovando, peu de temps après la conquête. La ville elle-même, fief du dictateur Trujillo, est dominée par le palais tout en béton qu’il y fit construire, d’où il pouvait « contempler son peuple ». Il est aujourd’hui le siège de l’école nationale pénitentiaire et expose des photos parfois atroces de cette période.

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Au sud-ouest du pays une curiosité issue du comblement, à la suite d’un formidable glissement de terrain, d’un espace entre deux iles originellement séparées, abrite le lac Enriquillo, d’eau très salée, dont le niveau se situe à environ 40 m sous celui de l’océan voisin. Après le terrible tremblement de terre de Port au Prince en 2010, un mouvement géologique aurait détourné des nappes souterraines, et la niveau du lac monte régulièrement, malgré l’évaporation intense dans cette vallée torride et sèche. Des cocoteraies et plantations voisines immergées, il ne reste que des squelettes sinistres. L’ile qui subsiste en son centre abrite des crocodiles d’Amérique.

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Rentrant de ce voyage lointain et un peu éprouvant au « Far Sud-Ouest », nous nous sommes arrêtés dans un hôtel de la station balnéaire Las Salinas. La nuit y était féérique et en découvrant le panorama sur la baie, siège de la principale base navale du pays, et la petite marina de l’hôtel le lendemain matin, nous n’avons pas regretté notre choix. Les maisons de cet ancien village de pêcheurs sont parfois très coquettes, souvent restaurées par leur propriétaire venant de la capitale, pour ses week-end en famille.

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Cette presqu’il est principalement occupée par des marais salants en exploitation, et les installations en bois font un peu penser à celles de la presqu’ile de Giens du temps de leur splendeur. Les sauniers utilisent des petits trains pour collecter le sel autour des bassins, et le stocker dans de grands tas (mal) protégés des intempéries par une charpente sommaire.

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Mais nous voulions aussi découvrir la vallée de Cibao, principale plaine agricole du pays, au Nord-Ouest, où se trouve la deuxième ville de Rép Dom, Santiago. Cette région produit l’essentiel du riz, de la canne à sucre, mais aussi du café, du cacao et surtout du tabac, fierté des dominicains qui concurrence avec succès les cigares cubains.

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Nous avions jeté notre dévolu sur Zemis Cigars, une petite fabrique tenue par un français, Sylvain Bishoff, dont notre guide faisait une description attrayante. Un email envoyé la veille a reçu une réponse immédiate, positive et accueillante. En arrivant sur place, après un petit coup de fil, il nous envoyé un employé à moto pour nous guider jusqu’à son hacienda impossible à trouver autrement.

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Cet homme jeune, marié à une ravissante dominicaine et père d’une charmante fillette d’environ 10 ans nous a littéralement stupéfaits. Outre son activité de fabrications de cigares et des boites qui vont avec, il pratique de nombreuses passions, et nous a fait visiter son jardin botanique peuplé d’une incroyable variété d’espèces tropicales, tout en nous faisant partager (parfois de manière un peu envahissante) sa culture littéraire, philosophique, anthropologique, historique,… citant des auteurs très connus ou beaucoup plus confidentiels, français et étrangers. Une incroyable plongée dans un monde absolument inattendu pour nous, ou transparaissait parfois des opinions personnelles tranchées que nous ne partagions pas forcément, mais toujours étayées par des citations incontestables.

Après voir procédé à quelques emplettes et dégusté quelques fruits du jardin, nous sommes repartis avec des cadeaux et la promesse de répondre à toutes nos questions et sollicitations éventuelles sur le pays et les sujets évoqués lors de notre visite. Cette visite passionnante a éclipsé le reste du programme que nous avions envisagé pour de la journée, si bien que nous avons survolé rapidement la ville de Santiago en rentrant, pour ne pas arriver de nuit à la marina, mais nous ne regrettons rien (jamais d’ailleurs).

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Sur l’ambiance de ce pays, nous retiendrons la gentillesse des habitants et leur sourire. Il n’est pas toujours facile de communiquer lorsque l’on ne maitrise pas l’espagnol, mais rien ne paraît devoir entraver leur disponibilité et leur capacité à trouver des solutions ou à s’adapter. Certes les contrastes entre pauvres et riches sont saisissants et la misère est largement visible ainsi que les carences de certains services publics comme le ramassage des ordures. Mais le caractère très métissé de la société parait contribuer à une société apaisée où la fierté nationale est évidente. Le port d’arme à feu est autorisé mais très rare, et le machisme légendaire des latinos est très discret.

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Il faudrait quand même citer la culture musicale et l’ambiance sonore très élevée dans la journée et la soirée. Les plages, voitures et bateaux diffusent des musiques genre disco, ou rap à un tel volume qu’on se demande comment même ils peuvent se parler. Un bateau qui passe à cent mètres vous fait résonner les poumons quand ce n’est pas vibrer les portes ou les panneaux à bord de Dartag. Les jets-ski, hors-bords ou puissantes vedettes passent à vingt ou trente nœuds entre les bateaux au mouillage ou à cinq mètres d’un ponton, dans un vrombissement invraisemblable et en agitant le plan d’eau sans aucune vergogne . Et lorsqu’arrive la fin de la soirée, vers 22h tout cela se calme, l’impression de douceur tropicale reprend le dessus, et il est temps d’en sourire.

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La gastronomie locale est surtout constituée autour de poisson et fruits de mer, poulet, porc, cuisinés en sauce à la Créole et accompagnés de riz, manioc et pommes de terres en gratins, purée ou frites. Le lambi ou le poulet en sauce avec du riz sont les plats dominicains typiques. Les légumes et fruits sont disponibles partout et très variés mais il n’est pas recommandé de les consommer crus.

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Du côté des boissons, en dehors du rhum, il y a la bière, avec ou sans alcool, et les sodas aromatisés parfois un peu chimiques. L’eau du robinet n’est pas potable. Les vins locaux courants sont très déroutants pour nous, aromatisés et doux, pour ne pas dire sucrés. Nos expériences en ce domaine n’ont pas eu de suite.

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Enfin, à l’intention de ceux qui envisagent de louer une voiture, il faut noter que les ralentisseurs, dos d’âne, ou gendarmes couchés de différentes caractéristiques sont très fréquents, très peu signalés et vraiment redoutables. Même les 4x4 les passent moins vite qu’un piéton. La circulation est quasiment anarchique. Les changements de file sans avertissement et queues de poissons sont normaux et très fréquents, associés à des coups de klaxons conquérants ou vengeurs. On croise fréquemment à contre-sens sur autoroute des voitures, camions, bus et de très nombreux deux roues. la vitesse est limitée à 80 km/h en général mais bien rares sont ceux qui roulent à moins de 120. Les piétons traversent les chaussées n’importe où, n’importe quand, et de nombreux véhicules ne sont pas éclairés et souvent en piteux état. Heureusement les chauffeurs semblent très adroits et vigilants. Dans ces conditions, la conduite de nuit est hyper risquée. Nous l’avons évitée, conscients du fait qu’un accident même uniquement matériel serait une catastrophe. Quant à avoir un accident corporel, au-delà de l’horreur induite, c’est inenvisageable.

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Quant aux bus, il y en a beaucoup, souvent bondés et très bon marché, mais la logique des lignes est très difficile à comprendre. On finit toujours pas arriver à destination, mais pas forcément sans changement ni à des horaires prévisibles.

Ce séjour en Rép Dom aura été une belle escale qui prendra fin en principe vers le 7 ou 8 mars, avant, en principe, une escapade vers les iles hollandaises du Sud, les fameuses ABC, Aruba, Bonnaire Curaçao, proches des côtes du Vénézuéla, lui-même hélas infréquentable depuis quelques années.

dimanche 14 février 2016

Au pays du Merengue

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La marina de Casa de Campo, quelques milles à l’est de La Romana, donne l’impression de se trouver dans un endroit chic de la Costa del Sol andalouse. C’est un ensemble résidentiel haut de gamme construit depuis une quinzaine d’année autour d’une marina petite mais luxueuse où l’on ne se déplace qu’en voiturette de golf électrique, et où les magasins sont impeccables.

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Simplement c’est plutôt moins animé, mais le personnel parle correctement l’anglais, est disponible et coopératif, les bureaux sont coquets bien climatisés, confortables. La Wifi, sans être très performante est acceptable, le billet n° 36 y est passé sans trop de difficultés. On peut se procurer la monnaie locale (le pesos en abrégé RD$) dans des distributeurs de billets qui fonctionnent. Un US$ vaut environ 46 RD$, soit à peu près 50 RD$ pour un €. Pour la conversion c’est assez facile on multiple le prix affiché par deux et on divise par 100.

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A proximité se trouve un caprice de milliardaire datant de 1976. Un ancien magnat du pétrole a fait construire à Altos de Chavon, à 4 km, une réplique d’un village médiéval italien respectant le style les matériaux et les couleurs de la toscane du 16ème siècle. Inattendu et plutôt réussi ! Il y a même un théâtre antique dans lequel Ricky Martin, la gloire Portoricaine, avait donné un concert la veille. Cela avait dû avoir un grand succès (même à 65 US$ la place) si j’en juge par le nombre de bouteilles, canettes et détritus divers laissés dans les gradins et allées par les spectateurs, qu’une armée de balayeurs étaient en train de nettoyer.

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Le contact avec les fonctionnaires de la douane, de l’immigration et les militaires de l’Armada (les garde côtes, dépendant de la marine nationale) sont plus difficile car aucun ne comprend l’anglais ni le français. Mais on peut se débrouiller, avec parfois des petits quiproquos. Lorsque j’ai quitté cette marina à destination de Boca Chica, je voulais faire une escale dans l’île de Catalina. Mais ce n’est pas si simple, le « despacho », formulaire équivalent à la clearance autorisant la sortie du port, ne peut porter qu’une destination et il vaut mieux la respecter sous peine d’être suspecté de trafic et conduit au poste, bateau confisqué. Pas très agréable comme perspective !

Après des tentatives d’explications confuses, j’ai donc dû me contenter d’un despacho pour Catalina (à 7 milles), avec l’obligation d’en demander un autre pour Boca Chica (35 milles plus loin), au « commandante de l’Armada » de l’île.

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Comme toute cette côte sud, l’île est un plateau calcaire horizontal, de quelques mètres d’altitude, entourée de fond sablonneux de 10 à 20 mètres sur un ou deux milles avant les grands fonds. Une seule petite crique exposée au NW me permettait d’espérer un abri correct. Raté, la grosse houle, de SE cette fois, faisait le tour de la pointe et rentrait dans la crique en brisant violemment sur la plage, rendant le mouillage extrêmement rouleur. Mais je ne pouvais pas repartir sans avoir obtenu le fameux despacho.

Impossible de débarquer sur la plage dans ces rouleaux, ni d’amarrer le zodiac au ponton local hérissé de vieux boulons rouillés très dangereux dans ces conditions de ressac. Le lendemain matin j’ai du mouiller le zodiac loin du ponton puis y porter une amarre pour débarquer.

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Quelques rares personnes vaquaient à leurs occupations sur cette magnifique plage équipée de paillotes, de buvettes et de chaises longues en quantité inouïe. J’en ai compté des milliers, toutes vides. A croire que les investissements réalisés dans cette réserve on été un peu surdimensionnés au moins pour un lundi matin, mais en pleine saison touristique, quand même, cela surprend. L’île n’est pas raccordée au réseau électrique et quelques panneaux solaires avec des batteries permettent d’allumer quelques ampoules la nuit ou de faire marcher une T.S.F. ou un tourne disque. Certaines buvettes sont alimentées par un groupe électrogène bruyant et il y a plusieurs petits commerces exposant notamment des peintures aux couleurs vives plutôt attrayantes.

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Ayant trouvé le « commandante » dans sa baraque en bois, je lui ai montré mon « despacho » et demandé de m’en faire un autre pour Boca Chica. Il n’avait pas les formulaires adéquats, et après une longue conversation téléphonique avec sa hiérarchie, en a rédigé un à la main sur une page blanche de son cahier qu’il a découpée en léchant soigneusement le pli pour me la remettre. J'ignorais cette technique !

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Ouf, me voilà de nouveau en règle, mais avant de rembarquer, j’ai parcouru les petits chemins balisés qui conduisent jusqu’à la « punta Perez ». Bel aménagement du ministère de l’environnement avec panneaux explicatifs et photos de la flore et de la faune locale, un peu luxueux à mon goût pour un site en fait assez quelconque, mais dont les rares habitants doivent être très fiers. Au moment où j’appareillais est arrivée une première pirogue à moteur transportant quelques touristes. Ils auront de la place pour se reposer et se baigner !

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La brise de SE mollissante ne m‘a pas permis d’arriver à Boca Chica sans une heure de moteur à la fin, après être passé devant un impressionnant souffleur crachant sa gerbe blanche toute les dix secondes. Il y en a d’autres sur cette côte calcaire bâtie de grands immeubles et exposée à la houle.

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Boca Chica, ou plutôt Andrès, est le grand port commercial de la Rép Dom, hérissé de portiques. Et derrière un îlot couvert de mangrove, La Piedra, protégée par une barrière de corail, se trouve un grand club nautique, la petite marina Zarpar et son mouillage hyper protégé. Accueilli par une barque dont les occupants me faisaient des signes et baragouinant quelques mots en français je les ai suivi, jusqu’à me planter doucement dans un banc de sable ! Zut. J’ai pu me dégager seul au moteur, et ils m’ont guidé jusqu’à une bouée libre puis m’ont aidé pour passer mon amarre.

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Le lendemain, nouvelles formalités, plutôt relax, et réservation de la bouée pour une semaine, histoire de découvrir le coin, de faire quelques courses et un peu d’entretien sur le bateau. Hélas la WiFi de la marina est vraiment très faible. Il faut au moins deux heures de patience et plusieurs déconnexions pour réaliser une transaction simple comme envoyer un email avec une pièce jointe. Quant à lire le journal ou télécharger des documents, il faut probablement oublier !

Conseillé par des employés de la marina, j’ai craqué pour une carte SIM datas de 3 Go fournie par le meilleur opérateur local, CLARO, vantant sa 4G et son réseau étendu. Catastrophe, elle ne vaut pas tripette, à peine mieux que la WiFi de la marina dans les bons moments. On fera avec !

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Reste à découvrir les ressources du commerce local. Et bien on se demande où se ravitaillent les habitants des deux villes voisines, Andres la populaire polluée et aux odeurs fortes, et Boca Chica la touristique plus proprette. Finalement après trois jours de recherches j’ai trouvé une supérette « Olé » très propre et bien achalandée. Mais elle est à plus de deux kilomètres. Il parait qu’il y a un hyper de la même enseigne sur la route de l’aéroport à environ 4 kilomètres. En vélo pas de problème, c’est tout plat, mais j’ai déjà crevé deux fois et mon stock de rustines s’épuise. Il va sûrement me falloir louer une voiture avant de repartir car ma cambuse commence à crier famine. Il y a aussi quelques vendeurs de fruits et légumes sur des charrettes à certains carrefours.

En attendant, j’ai fait la connaissance de quelques équipages français en route pour Cuba qui font les mêmes constatations que moi, et nous allons probablement nous organiser pour les courses et visiter le pays à partir de la marina, car la liberté de naviguer à la voile est très encadrée, et les étapes à prévoir sont longues dans ce grand pays.

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Un dernier mot sur la « merengue ». Ce serait LA musique et LA culture locale. Plus qu’une musique, car il y a aussi la danse. Mais elle est très difficile à caractériser et tout ce qu’on entend autour de soi à terre ou au mouillage serait, à mon avis plus proche du disco et ils sont fous de décibels. Souvent le passage d’une voiture ou d’un bateau à proximité vous secoue au point que vous entendez les basses par les poumons. Impressionnant ! En plus nous sommes en pleine campagne électorale pour les présidentielles 2016, et les camions-sono des candidats débitent aussi leurs discours et leur musique avec un volume tout à fait inimaginable. Comment les frêles constructions urbaines résistent-elles à de tels passages de « murs du son » tous les quarts d’heure ? En tout cas les électeurs semblent passionnés et ce samedi, tout un quartier d’Andrès était bouclé autour d’un grand podium que préparait le comité de soutien d’un candidat au milieu de nombreux supporters habillés de tee-shirts noir et brandissant des drapeaux noirs (quand même un peu sinistres) dans une ambiance bon enfant et vraiment très bruyante.

samedi 06 février 2016

Changement de monde

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Une grosse journée de mer, oui, avec le génois encore tangonné et toujours une bonne brise de l’arrière pour rejoindre San Juan, capitale de Porto Rico, vers 17h en ce lundi 1er février, quatrième anniversaire d’Aurélien, dignement fêté par téléphone. La houle de nord assez forte ne m’a pas empêché de me préparer mon dernier surgelé américain, infect comme les précédents.

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Mais elle a surtout rendu l’entrée dans le chenal de San Juan assez spectaculaire, dans les brisants au pied du fameux Fort Del Morro et accompagné par trois grands dauphins qui restaient à babord, comme pour m’aider à ne pas trop serrer à gauche dans ce passage délicat. Merveilleux spectacle !

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Les voiliers en escale mouillent au fond du vieux port, près de la Bay Marina et du club nautique, en bordure de la piste du très actif aéroport de la ville, devenu secondaire après la construction du nouveau, une quinzaine de km à l’est.

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Porto Rico est à peine plus grand que la Corse mais est presque vingt fois plus peuplée. C’est une des iles les plus denses du monde avec plus quatre millions d’habitants. Et cela se voit immédiatement en débarquant. Les flots de voitures circulent dans des avenues et boulevards géants au milieu des gratte-ciels, bâtiments officiels ou hôtels de luxe très nombreux et souvent disparates.

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Ce qui est frappant aussi, c’est la quantité de monuments mémoriaux ou à la gloire de telle ou telle organisation, service public ou personnalité locale ou internationale. Par exemple un obélisque et deux grandes stèles noires rendent hommage à la police de Porto Rico. Il y a aussi un beau et grand monument en mémoire de l’holocauste. Tous les présidents US ont leur statue en bronze grandeur nature le long de l’avenue de la constitution…..etc.

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Mais c’est surtout la vieille ville « Viejo (old) San Ruan », son quartier historique, qui est magnifique. Toutes les fortifications, du Fort Del Morro à l’ouest, au Castillo de San Cristobal à l’est, ont été restaurées et sont intégrées dans un parc national fédéral. Leur état est parfait, les planches historiques expliquent en anglais et en espagnol la chronologie de leur construction depuis 1506 ainsi que leur défense victorieuse contre les anglais, les hollandais et les français pendant quatre siècles, jusqu’à la défaite finale de l’empire espagnol contre les USA 1898. J’ajoute que la visite est aisée, parfaitement balisée, et que les grands espaces engazonnés qui les entourent rendent l’ensemble grandiose.

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Dans cette presqu’ile historique, les beaux immeubles coloniaux sont bien entretenus ou restaurés, et les musées ou églises pullulent, mais sont d’inégale valeur. Beaucoup sont d’ailleurs en travaux et fermés comme l’église San José ou le musée Pablo Casals. Je croyais à tort qu’il était argentin après avoir fui le régime franquiste dans les années 50. Il a vécu à partir de 1956 puis est mort en 1973 à San Juan de Porto Rico, pays d’origine de sa mère et de sa dernière femme.

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L’immense musée « Las Américanas » est surtout un bâtiment moderne en forme de cour carrée, mais il est encore presque vide, et les pièces exposées sont pratiquement toutes des répliques récentes d’outils, d’objets, d’armes, reconstituées d’après les études des spécialistes ou historiens : c’est un peu décevant, d’autant plus que toutes les planches sont rédigées seulement en espagnol. A l’extérieur, une grande esplanade moderne, constituée autour d’une colonne sensée représenter toutes les civilisations qui ont contribué au creuset de Porto Rico, à été inaugurée en 1992 pour la fête du cinqcentenaire (comparé au bicentenaire, cela a de la gueule) de cette ex-colonie espagnole.

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Sur le plan pratique, les taxis sont rares et il n’y a pas de transports en commun fiable dans cette grande ville. J’étais donc bien content d’utiliser mon petit vélo mais c’est la bagnole qui est reine ici. Il faut dire qu’au prix où est l’essence ont croit rêver : 0,52 cents le litre soit moins d’un demi €. Et le prix d’entrée dans les parcs nationaux ou musées est aussi très raisonnable.

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Revenant de mes longues demi-journées de visite, j’ai salué l’équipage d’un voilier français, le premier rencontré depuis St Martin. Il s’appelle Winchris (car ils prennent les ris avec les winches ? non, il parait que là n’est pas l’origine de ce nom) immatriculé à Paimpol. Des bretons donc, Pascal et Claudine, fiers de l’être, qui après avoir été salariés quelques années ont monté une affaire qui a tellement bien marché qu’ils l’ont revendue au prix fort et profitent maintenant de leur bateau l’esprit tranquille. Leur contact est très agréable et nous resterons sûrement en relation, avec en particulier le souvenir de la famille « TITGOUTTE » qui a trois filles : Anne, Corine, et je vous laisse devinez le prénom de la troisième, j’étais mort de rire, sans pour autant avoir trop bu.

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Et reprenant la mer vers l’ouest ce jeudi, avant plusieurs jours de pétole annoncée, je visais Punta Cana en République Dominicaine où une nouvelle marina a été créée, permettant de faire les formalités dans de bonnes conditions. Là encore une grosse journée de mer qui me faisait décider de lever l’ancre à 7h au plus tard pour arriver au lever du jour le lendemain matin.

Patatras, impossible de relever mon ancre, bloquée par dix mètres de fond. Je me voyais mal plonger pour la dégager dans la vase noire et l’eau grise de ce bassin. Finalement en tournant autour avec le moteur et en tirant à l’envers en marche arrière, elle s’est décrochée et a accepté de remonter, la chaine brêlée dans de grands sacs en plastique dégoutants et l’ancre tirant un énorme paquet d’amarres vaseuses emmêlées. Heureusement Pascal a vu mon embarras et m’a donné le bon petit coup de main (pas la TITGOUTTE !) qui m’a permis de me libérer.

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Avec plus d’une heure de retard, j’ai gagné le large mais sans revoir mes dauphins. La mer était forte et croisée ce qui la rendait inconfortable et le vent habituel était bien là pour commencer la cavalcade dans l’alizé. Si bien que je me voyais arriver avant le lever du soleil. J’ai donc ralenti en réduisant la voilure. Mauvaise pioche, le vent a bientôt beaucoup molli et surtout a tourné au nord-ouest ce qui n’était pas du tout prévu. Je l’avais donc dans le nez, faible, avec toujours cette grosse houle de nord.

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Après une heure d’hésitation et de louvoyage quasiment improductif, au lever du jour, j’ai mis le cap au sud, renonçant à Punta Cana au profit de La Romana, ce qui m’obligeait à faire le tour de l’île de Saona et rajoutait environ 60 milles au parcours. Tout à fait jouable, mais pour arriver de jour, il fallait du vent. Et c’est là que les choses se sont gâtées, car la pétole annoncée pour la nuit suivante s’est installée progressivement en fin de matinée. Je me serais cru en Méditerranée. Je n’avais plus le choix, il m’a fallu utiliser la risée Volvo ce que je n’avais plus fait depuis longtemps. Heureusement, une fois à l’abri de la houle de nord, le confort est revenu.

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J’ai quand même eu la chance de voir, de loin hélas, un ballet de baleines qui sautaient hors de l’eau, faisant d’énormes ploufs en retombant. Elles étaient au moins cinq en deux groupes.

Je suis arrivé, certes de jour, mais après la fermeture des bureaux de douane et d’immigration. Un officiel galonné m’a signifié que je devais lui laisser mes papiers, qu’il viendrait me chercher le lendemain à 9h pour aller au bureau en ville, que je devais me mettre au mouillage plutôt qu’à quai, et qu’en attendant j’avais interdiction de débarquer. Me voilà consigné à bord sans mes papiers !

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Le même officiel m’attend dès mon arrivée à 8h45. Très sympa et détendu il m’annonce que les autorités sont en route et ne vont pas tarder. En attendant il me fait le décompte de la facture que j’aurai à payer, longue comme un jour sans pain, et le chiffre en bas à droite s’élève à 202. Malheureusement il s’agit de $ et pas de pesos. Le point positif est qu’apparemment ce n’est pas négociable et qu’il n’y à là dedans aucune magouille ni backchich comme le laissent entendre certains guides ou plaisanciers arnaqués par le passé.

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Une heure et demie plus tard, les papiers sont remplis et je peux circuler librement dans le pays à pied, mais seulement jusqu’à Boca Chica à la voile, sans quitter les eaux territoriales. Prudence des autorités après le coup que leur ont fait les deux pilotes barbouzes français qui ne savaient pas qu’ils transportaient 900 kg de cocaïne dans leur Falcon ? Peut-être.

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Une petite balade à pied dans cette superbe marina a été interrompue par l’imminence d’une grosse averse. Elle m‘a quand même permis de trouver une bouche à pesos et de voir qu’il y avait un magnifique super marché à proximité. Retournant à mon annexe, j’ai été arrêté par un officier de l’Armada qui avait oublié une inspection à bord (alors qu’ils sont déjà venus à trois). Il revient donc avec moi et ouvre quelques équipets sans conviction avant de me faire le signe du pouce, « tout a bien » et il est reparti à la fin de l’averse sans rien demander d’autre.

A bientôt pour la suite en Rép Dom où je serai devenu un « habitué » dans quelques jours. Mais il faudrait que je travaille mon espagnol dont le niveau est voisin de Zéro.

lundi 01 février 2016

Ooooooh, Bof, Aaaaaaah !

Quitter les USVI et St Thomas sans expérimenter le commerce local eut été une bêtise.

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D’abord le « souk » pour les croisiéristes. Tout le centre ville y est consacré, mais c’est de la monoculture de produits de luxe détaxés. Bijoux, horlogeries, parfums, toutes les grandes marques sont là, dans des magasins magnifiques avec du personnel nombreux, chic et disponible. Même moi, avec mes crokes de contrefaçon, ma casquette douteuse et mon sac à dos blanc élimé, je passais pour un client potentiel. Mais je n’avais pas besoin d’une montre Breitling ou Rolex, ni de parfums Hermès, ni de bijoux Van Cleef et Arpels, ou de sac à main Louis Vuitton. Dommage, car les prix paraissaient raisonnables, encore que je manque un peu d’éléments de comparaison !

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Je cherchais plutôt des fruits et des plats cuisinés surgelés. Nada, il n’y a aucun commerce de ce genre ici. J’ai quand même trouvé des bananes vertes un peu plus loin chez une vieille tortolaise qui tenait un petit étalage sur le quai.

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L’hôtesse du bureau de tourisme officiel m’a conseillé d’aller à l’hyper marché PUEBLO, à la sortie de la ville à plus d’un mile ! Je me suis dit que c’était l’occasion de tester ce genre de commerce à l’américaine, mais j’y suis allé en Zodiac, le laissant amarré au « dinghy dock » de l’autre marina toute proche.

J’ai fait le tour complet des rayons visitant TOUT pour m’instruire et me faire une idée des prix. Et je suis reparti avec cinq barquettes de plats cuisinés congelés à base de poulet, poisson ou bœuf ! Deux ou trois fois plus chères que leurs équivalents en Guadeloupe et surtout infects. Depuis, je me pince le nez quand j’en ouvre une, elles ont toutes le même goût, les même sauces et la même consistance, en pensant à la plaisanterie de Coluche à propos de Vivagel : « des bouillons Kub et de la sciure ! ». Où sont nos poêlées campagnardes, nos paëllas, nos riz cantonnais, nos lasagnes, nos potées lorraines, nos cassoulets, nos confits de canard,…. ? Heureusement que j’ai encore quelques bons produits bien de chez nous. Mais l’avenir sera sûrement de chercher des petits commerces ou des marchés, avec de la viande, des œufs, du poisson, des fruits et des légumes locaux ! Evidemment il faudra cuisiner, on n’a rien sans rien.

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Et pourtant la présence française à St Thomas est bien réelle !

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Donc j’ai repris la mer vers les ex-Antilles Espagnoles, Vieques et Culebra intégrées depuis 1898 avec Porto Rico aux USA, et qui ont vécu pendant le 20ème siècle une longue éclipse, refermée en 2003, en tant que base de l’US Navy et terrain d’expérimentation d’armes en tous genres. Cela a laissé des traces sévères sur le terrain et dans les cœurs des habitants.

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Courte traversée de 25 milles par un temps encore une fois exquis. A l’arrivée à Culebra, il fallait faire un peu attention pour prendre le chenal assez bien balisé, entre les écueils, patates de corail et autres récifs vicieux. Mais tout s’est bien passé jusqu’au mouillage, à la voile s’il vous plait, dans la plus belle rade visitée jusqu’à maintenant. Parfaitement protégée et bordée de-ci delà de jolies propriétés les pieds dans l’eau. Au fond, le village de Dewey et ses petits restaurants dont les terrasses sur l’eau servent aussi de ponton à annexes. Une merveille !

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Le « hic » ce fût les formalités de douanes et d’immigration, à l’aéroport, après deux kilomètres de marche, auxquelles j’ai passé presque tout l’après-midi, alors qu’il n’y avait qu’un équipage avant moi. Un fonctionnaire de la CBP (Custom and Border Protection) seul, lourdement armé et plutôt gentil, appliquait laborieusement toutes les consignes qu’il devait appliquer et transposait tous les renseignements que j’avais fournis sur les imprimés officiels dans son système informatique.

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Lorsqu’il m’a proposé de prendre une « Cruising License » pour m’éviter à l’avenir toutes ces formalités dans les autres ports américains, j’ai accepté en le remerciant vivement, même si cela coûtait quelques dizaines de $. Si j’avais su, je l’aurais prise à St Thomas où c’est gratuit ! Va savoir pourquoi ? Désormais, pour l’année à venir, il me suffit donc de signaler mon arrivée dans un n’importe quel port américain par téléphone (j’ai même la liste des n°) pour être en règle. Le rêve en théorie, on verra comment cela se passe en réalité.

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Et maintenant, je peux visiter l’île, l’esprit tranquille, avec mon petit vélo. Et bien sûr la merveille des merveilles, la plage de la bahia Flamenco. Une des plus belles des Antilles d’après les connaisseurs. Et c’est vrai, même si, en ce samedi, il y avait pas mal de monde. Le sable blanc, les cocotiers, l’alizé, la mer à 27°, tout y est pour le cliché parfait. Et derrière les dunes, l’équipement sanitaire, les parkings, les poubelles tous les dix mètres et les gardiens de l’ordre, polis mais fermes. « Le vélo doit être laissé dans le parking à vélo et pas ailleurs », na !

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Et ce petit canal qui permet de rejoindre la bahia Sardinia où arrivent les navettes venant de Porto Rico. Il traverse une lagune blottie dans la mangrove où mouillent quelques embarcations locales et qui accueille un petit chantier pour les plaisanciers du coin. Une merveille cet endroit, je vous le dis encore car je le pense vraiment.

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Et, à côté de Culebra, il y une autre petite île, inhabitée celle-là, mais dont la topographie est bien attirante. C’est Culebrita qui porte un grand phare en son sommet. Je ne peux pas résister à l’envie de la visiter aussi. Cette fois les quelques milles du parcours, majoritairement contre le vent seront faits au moteur dans les passes étroites et dangereuses qui la séparent de Culebra.

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Mais cela valait le voyage, même en ce dernier dimanche de janvier. Les puissants yachts de pêche au gros qui sont venus (une douzaine) dans la belle crique abritée de cette île, ne parviennent pas à gâcher le plaisir des yeux et de la baignade.

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Et la découverte à pied des petits chemins de cette réserve sont aussi attrayants, permettant de monter jusqu’au phare au milieu de cette forêt tropicale sèche habitée par des bernard-l’hermite géants, des lézards énormes, et des chèvres sauvages en quantité. Une heure et demie de marche pas toujours aisée, mais bien récompensée par le spectacle et un délicieux bain de mer au retour.

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Et puis, comme partout, à mesure que le jour décline, les bateaux à moteur s’en vont, et seuls trois voiliers restent sur place pour une nuit phosphorescente.

Une grosse journée de mer nous permettra, ce lundi 1er février, d’atteindre San Juan, la capitale de Porto Rico, qui s’annonce passionnante et sans doute plus trépidante que ces derniers jours. Nous nous y plongerons dans l’histoire………….

mercredi 27 janvier 2016

En anglais dans le texte

En rentrant de l’excellent diner que m’avaient offert Marco et Béné sur leur superbe « Pégase Rider », j’ai failli ne pas retrouver Dartag dans l’immense mouillage du Marigot à St Martin. Finalement, il m’attendait sagement à l’endroit où je l’avais laissé quelques heures auparavant rongeant son frein en attendant mon retour.



Du coup, j’ai décidé de partir rapidement pour profiter d’un créneau météo qui me paraissait favorable. Levé à1h le dimanche matin, j’ai levé l’ancre à 1h10 avec l’idée d’arriver aux Iles Vierges (terre inconnue pour moi) alors que le soleil était encore bien haut dans le ciel.



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La traversée fût un régal, presque vent arrière, génois tangonné à babord avec une brise d’ESE 15 à 20 nœuds au départ, fraichissant à 18-25 nœuds à l’arrivée. 12 heures pour 84 milles sans toucher à la barre ni aux écoutes ! Cela m’a rappelé les bonnes journées de ma traversée de l’Atlantique il y a déjà plus de deux ans.

les iles Vierges tirent leur nom de leur beauté et de leur nombre selon Christophe Colomb, en hommage aux 11 000 compagnes de St Ursule assassinées par les Huns au 5ème siècle. Quelle époque !. Elles furent d’abord utilisées par les pirates, corsaires et boucanniers dès le 16ème siècle contre les galions espagnols chargés d’or. Le célèbre Francis Drake amassa ainsi des richesses considérables et fut anobli par le roi d’Angleterre pour ses hauts faits d’armes, trafics en tout genre et enrichissement personnel. Les temps changent !



Elles furent ensuite vouées à la culture du coton, donc à l’esclavage, puis, après sa disparition, à des cultures plus diversifiées. Les îles de l’est furent britanniques dès 1620 tandis que celles de l’ouest furent à tour de rôle, au gré des traités, hollandaises, françaises, anglaises, puis finalement danoises au début du 18ème siècle. Ces derniers les cédèrent aux Etats-Unis en 1917 moyennant une forte somme pour améliorer leur contrôle de la région après l’ouverture du canal de Panama. Aujourd’hui toutes sont essentiellement tournées vers le tourisme : croisières et activités nautiques.

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Les fonds remontent brusquement à quelques milles de Virgin Gorda de 2000 à 20 mètres environ et l’entrée dans la grande baie presque fermée de North Sound est magnifique. Quelques établissements chics occupent certains sites paradisiaques ou petits ilots de ce grand plan d’eau complètement protégé de la mer, mais où l’alizé conserve toutes ses vertus pour rafraichir l’atmosphère et faire tourner l’éolienne.

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Pour la première fois depuis que je navigue aux Antilles, il n’y a pratiquement aucun pavillon français. Comme toujours les anglais sont nombreux, mais la nouveauté ce sont surtout les américains et les canadiens, très nombreux. Et tous les scandinaves sont bien présents.

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Dès le lundi matin, je devais me préoccuper de la « clearance » d’entrée (check in) dans ce territoire très « british ». J’ai cherché un peu, avant de demander à un plaisancier américain s’il savait où était l’office. Il m’a envoyé à l’autre bout de la baie et il avait raison. En attendant mon tour dans ce petit bureau sans fenêtre et donc bien ventilé, j’ai sympathisé avec le capitaine canadien d’un voilier anglais. Puis la charmante douanière« vierge » m’a donné des formulaires à remplir. En attendant le retour de l’officier d’immigration. En une demi-heure et moins de 15 $, c’était fait et valable pour tout mon séjour, y compris le « check out ». Une bonne surprise.

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Je pouvais dès lors visiter tout l’archipel british sans restriction, et je suis parti vers le nord direction Anegada et sa grande barrière de corail à une dizaine de milles. Brise idéale, et mer turquoise me laissaient l’espoir de voir des dauphins ou autres grands animaux. Mais non, rien en dehors des poissons volants et des fous de bassan. Un pêcheur qui posait ses casiers et filets, et c’est tout. Mais ces patates de corail sur lesquels brise la houle sont magnifiques, elles demandent aussi un peu de vigilance pour ne pas s’y planter, d’autant plus que la carte est très approximative. L’ile proprement dite est un plateau calcaire qu’on aperçoit à peine car son altitude maximale doit être de un ou deux mètres. On voit surtout les tas de sel des salines encore exploitées.

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Revenant sur mes pas, le vent a commencé à mollir à 10-12 nœuds et une grosse houle de nord-ouest se levait progressivement pour atteindre facilement trois mètres par moment. Elle n’était pas gênante mais brisait avec violence sur les côtes rocheuses et faisait disparaître les autres bateaux dont on ne voyait plus que les voiles, lorsqu’ils étaient dans un creux.

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Dans ces conditions le fameux site «The Baths », une des principales attractions au sud de Virgin Gorda ne pouvait pas être accessible confortablement. Je l’ai quand même longé de près et cela m’a vraiment fait penser, en moins grand, à Lavezzi en Corse. Il s’agit d’une sorte de chaos de blocs de granit polis et de plages de sable ménageant des espaces dans lesquels on peut se promener ou nager avec palmes, masque et tuba. Les villas construites sur ce site rappellent celles de Cavallo, l’ile sœur de Lavezzi à un kilomètre au nord, si bien intégrées à l’environnement et entourées de végétation luxuriante.

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Et j’ai fini la journée en gagnant Treillis Bay, à l’est de la principale île de l’archipel « Tortola », dans l’axe de la piste de l’aéroport international. Heureusement les avions ne volent pas la nuit et celle-ci fût reposante. Le jour levé, il me fallait trouver une « bouche à $ » pour ne pas être trop rapidement à court de liquide, car apparemment les cartes de crédit ne sont pas aussi facilement acceptées ici. Mais le distributeur de l’aéroport était hors service. Sur le parking des avions, trônaient une belle quantité de jet privés, et, dans la baie toute proche, des grands yachts attendaient probablement que leurs propriétaires arrivent ou repartent après le week-end. Et sur la plage, des artistes expriment leur passions en scupltures métalliques ou en pancartes colorées.

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La brise revenue au niveau d’un alizé normal, j’ai continué mes découvertes, longeant la côte très découpée de Tortola. Je n’ai pas résisté à la tentation de faire un crochet par une autre île, Saint Peter à quelques milles au sud. Dans son grand mouillage de Great Harbour, dont le fond est réservé aux pêcheurs, avec une pancarte très dissuasive (pour moi, à la différence des certains !), je me suis mitonné une fricassée de poulet aux petits légumes, délicieuse. Certains catamarans de location ont parfois de drôles d’allures et comme ils ne se servent pas de leurs voiles on se demande pourquoi les loueurs ne suppriment pas carrément tout le gréement. Ce serait même moins abominable que les silhouettes de bus à impériale surmontée d’une crête de dindon dont ils se parent.

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Le retour à Tortola et la visite du port principal de l’archipel, Road Harbour, est décevante. Cette baie est partiellement exposée à l’alizé, et son côté est, plutôt industriel, m’a fait virer de bord et reprendre le « Sir Francis Drake Channel » vers l’ouest, longeant la côte de St John, jusqu’à Sopers Hole, un des meilleurs abris des Antilles. Evidemment il était bondé et pas une seule bouée n’était disponible. Nous sommes en haute saison !

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Et maintenant passons aux trois Vierges américaines. St John, plutôt délaissée après la révolte des esclaves et la répression féroce qui suivit en 1733 (avec l’aide de troupes françaises venues de Martinique), a été achetée en 1954 par un héritier Rockfeller. Il en a fait cadeau à l’état fédéral (la classe !). pour en faire un parc national, et son accès est très réglementé. Concrètement, la visiter est surtout réservé à des groupes organisés avec des guides. Pas pour moi, donc, je la verrai en la longeant par le nord vers St Thomas. Cruz Bay a quand même l’air assez fréquentée.

Ste Croix à 35 milles dans le sud est vraiment excentrée et d’ailleurs peu visitée. C’est sans doute dommage et il faudra y revenir plus tard, au retour, peut-être. Elle serait la plus authentique ( !), figée dans son passé colonial.

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St Thomas, danoise à partir de 1672, fut mise en valeur par des colons de différents pays d’Europe dont des huguenots français après la révocation de l’édit de Nantes, puis un gros contingent venu de St Barthélémy au début du 19ème siècle. C’était un port franc neutre dont l’opulente richesse provenait de tous les trafics qui y étaient pratiqués par des bandits, pirates et trafiquants en tous genres qui, à St Thomas, laissaient leurs sabres au vestiaire pour y faire leurs fructueuses affaires.

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Le gouvernement des USVI est installé dans la capitale, Charlotte-Amalie, et l’ile connaît depuis les années 50 un fort développement touristique. La population de 48 000 habitants accueille chaque année plus d’un million de croisiéristes essentiellement américains. Quatre de ces mastodontes étaient dans le port à mon arrivée. Les milliers de passagers se lâchent dans les magasins « duty free » installés par centaines sur les quais. Je prendrai peut-être le temps d’ y faire un tour. Curiosité locale, on est bien aux Etats Unis, mais on roule à gauche et les taxis sont énormes, adaptés à leur marché de tourisme de masse au sens propre comme au figuré.

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Les formalités douanières et d’immigration furent presque un plaisir, assisté par une charmante « vierge » américaine. Mais il a quand même fallu passer les deux mains dans le scanner et se faire tirer le portrait pour vérifier que le visa obtenu à grand peine à l’automne était le bon. Et tout cela gratuitement ! Nous voilà parés pour les territoires américains qui feront la suite de l’histoire, Porto Rico et ses dépendances. Mais je crois pouvoir dire que ce paradis a tenu ses promesses. J'y reviendrai plus longtemps.

vendredi 22 janvier 2016

Solitaire

Eh oui, après des fêtes en famille, c’est maintenant le retour aux vieux démons de la mer. Marie-France, très sollicitée et désireuse de faire avancer ses projets terriens, a préféré rester à Paris cet hiver et c’est avec un petit coup de blues que j’ai repris l’avion pour Pointe à Pitre sans elle.

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Après un mois d’immobilité au ponton de la marina, Dartag, resté tout propre à l’intérieur, était déjà partiellement colonisé par la faune et la flore marine à l’extérieur. Et les deux ou trois bricoles qui figuraient sur la liste « à faire » se sont révélées plus nombreuses que prévu.

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Et puis, comme mes bagages étaient chargés à mort de matériel indispensable, et que le colis d’électronique dernier cri imposé par la nouvelle réglementation de la plaisance (la fameuse Division 240) était enfin arrivé, il y avait du pain sur la planche !

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Nouvelle VHF-ASN fixe, nouvelle balise EPIRB de détresse, nouveau sac à spi, nouvelles extension latérales pour le bimini, nouveaux vide-poches souples de rangement,….. tout cela est bel et bon et il s’y ajoute le grippage de l’inverseur du Suzuki, le remplacement d’une latte douteuse et finalement cassée, l’ouverture des passages nécessaires aux bouchons et aux avirons dans la protection de l’annexe, le montage de la vidange de l’eau de condensation du frigo, bref la routine du plaisancier qui cherche, sans jamais y arriver, à en finir avec les aménagements et améliorations de son bateau !

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Ah, j’oubliais ! Il faut refaire les pleins de la cambuse, solides, liquides, condiments, shampoing, pharmacie, détergents,…. etc. Cinq aller et retour avec la charrette de la capitainerie pleine, histoire de ne manquer de rien, mais mes listes sont-elles bien au point et à jour ? Il ne devrait y avoir que le frais à réapprovisionner lors des escales futures. Mais comment peut-on mettre tout cela dans un petit bateau ? Il y a aussi la lessive, histoire de partir avec du linge propre.

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Finalement avec quatre jours de retard sur ce qui était prévu, et un week-end à Marie-Galante pour nettoyer la carène en étrennant le nouveau narguilé « home made », il était temps de prendre congé de tous ces professionnels et amis sans qui rien ne serait possible. Les apéros et repas d’au revoir ont duré deux jours et donné lieu à quelques effusions bien agréables : « comme tu as de la chance de partir » « on serait bien venu avec toi » « pense à nous et envoie nous des nouvelles et des photos »,…trop délicieux.

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Du coup, ce n’est qu’en fin d’après-midi du mercredi 20 que j’ai largué les amarres, aidé par le marinero de la capitainerie pour un appareillage en solitaire, à destination de Saint Kitz avec la délicieuse perspective d’une nuit en mer par beau temps et lune presque pleine.

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La brise d’Est de 15 à 20 nœuds s’est renforcée à 25-30 nœuds dans le canal des Saintes que j’ai embouqué à la tombée de la nuit, bien décidé à poursuivre vers l’ouest suffisamment longtemps pour ne pas me planter dans les calmes du côté sous le vent de l’île. Et 10 milles ne furent pas de trop. Au petit matin, nous passions Montserrat d’assez loin aussi. Quelques grains et manœuvres de réductions de voilure plus tard, le ciel s’est dégagé et, après Nevis, où nous avions mouillé une courte nuit il y a deux ans, c’est sous un chaud soleil que Dartag fit son entrée dans la baie de Basse-Terre, capitale de St Kitz, presque bouchée par trois énormes paquebots de croisière. 138 milles parcourus en 22h sans une goutte de mazout, c’est plutôt sympa.

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Par contre, pour l’accueil des voiliers, c’est la misère. Une petite marina est occupée par des promène-couillons et quelques pêcheurs, et le mouillage à l’ouest est très rouleur, vraiment dissuasif. Celui de l’est, théoriquement plus abrité, héberge le terminal pétrolier et n’est pas très accueillant. Deux vedettes d’autorités officielles s’approchent et me donnent des ordres contradictoires. Finalement, alors que j’allais reprendre la mer, ils tombent d’accord sur un endroit où je ne gênerai personne. Bon, ça roule un peu, c’est moche, mais c’est acceptable.

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Décidé à faire les formalités de douane et d’immigration, je saute dans le zodiac et file à la marina où sont les bureaux de ces organismes. Hélas, il n’y a aucun moyen de débarquer en laissant l’annexe en sécurité et, en plus, avec tous ces aléas, les bureaux sont fermés (à 15h). Tant pis, j’abandonne et je partirai avant l’aube demain matin.

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Evidemment j’ai un petit regret de ne pas visiter St Kitz qui d’après mes guides a son charme et une histoire, mais ce sera peut-être pour une autre fois. Et puis tout seul, c’est moins attrayant !

En fait de lever matinal, il le fût ! En appareillant à 3h 40, la pleine lune était bien présente, et cela m’a rendu service pour éviter les multiples chalutiers, coffres et bouées que j’avais repérés la veille.

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Belle traversée au grand largue sous le soleil longeant les volcans qui parsèment la route vers St Martin.

Saint Eustache, aussi nommée Statia, est une petite île hollandaise dépendant administrativement, comme Saba un peu plus loin, de Sint-Marteen. Au 18ème siècle elle fut surnommée le « rocher d’or ». Après les luttes entre les marines anglaise, hollandaise et française pour en prendre le contrôle au 17ème siècle, elle fût colonisée en 1713, après le traité d’Utrecht, par des juifs hollandais (des bataves, pas des fans du bouffi) qui en firent un des ports francs les plus actifs des Antilles, surfant ensuite sur la guerre d’indépendance des USA pour développer leurs affaires.

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La prospérité de ses 8000 habitants atteignit alors des sommets. Mais ils accueillirent à Orangestad le 16 novembre 1776 le premier navire de la nouvelle flotte de guerre américaine avec beaucoup d’honneurs. C’était trop pour les anglais qui, cinq ans après, envoyèrent une flotte commandée par l’amiral Rodney qui détruisit et pilla totalement l’île, ne laissant que 1500 habitants vivants (sacrés anglais !).

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Elle ne s’en remit pas et aujourd’hui ses 3000 habitants vivotent d’agriculture et de tourisme. Ils ont quand même réussi à s’imposer comme un des plus importants dépôts pétroliers des petites Antilles (sacrés hollandais !), dont les cuves sont construites même au sommet des collines. Le mouillage et le trafic des navires pétroliers en est une manifestation bien visible.

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Passant par l’ouest de St Martin pour rejoindre au nord la partie française, la grosse houle m’a un peu surpris par son l’ampleur et ses déferlements chaotiques sur les bancs de sable de cette côte basse. Il fallait passer bien au large. Mais après un dernier louvoyage de trois milles, l’entrée dans la baie du Marigot est sublime et ce grand mouillage très bien fréquenté est abrité. A moi la sieste !

La suite ce sera les Iles Vierges,…… mais chut, le paradis annoncé tiendra-t-il ses promesses ?

dimanche 06 décembre 2015

Travailleurs de la mer

L’automne européen fut un été indien et il s’est très mal terminé par l’abominable tuerie des fous de Dieu à Paris. L’horreur de l’horreur ! Et dire que nous avions déambulé, insouciants, dans ce merveilleux quartier du Marais quelques jours avant ! Nous ne sommes vraiment pas grand-chose.

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Moins d’une semaine après, nous prenions l’avion pour Pointe à Pitre et y avons retrouvé Dartag qui nous attendait sagement amarré sur ses quatre bouées dans le lagon bleu. ! Après presque sept mois d’immobilité, il n’était ni moisi à l’intérieur, ni bourré de cafards, ni dévoré par les rats, juste un peu sale à l’intérieur et à l‘extérieur. Seule la carène semblait colonisée par la faune et la flore tropicales, moules et huitres y ayant largement pris pied, si j’ose dire.

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Par précaution, nous avions réservé un hôtel pour une nuit, mais à la limite nous aurions pu nous installer à bord dès le premier soir, car l’essentiel était opérationnel, en particulier l’eau potable, les sanitaires et la prise d’eau du moteur, une bonne surprise.

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La mauvaise était que le rendez-vous pris un mois plus tôt, pour sortir le bateau de l’eau le 19/11 ne pouvait pas être honoré en raison de l’encombrement du terre-plein. Mais cela n’était pas plus mal, car nous avons eu le temps de ranger nos affaires, faire le ménage et préparer le carénage, le premier depuis le départ en mai 2013, et il s’annonçait lourd.

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Nous avons aussi pu profiter de près des festivités organisées autour de la Mini transat dont l’essentiel des concurrents est arrivé en même temps que nous. Ambiance jeune et internationale, et chapeau à tous ces jeunes skippers ! Une manifestation a été aussi organisée par la capitainerie pour inaugurer le quai Florence Arthaud et la place Laurent Bourgnon, deux anciens vainqueurs de la Route du Rhum, tous deux disparus prématurément cette année.

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Nous nous sommes aussi offert une journée de plage, et la grosse houle de l’atlantique, brisant sur la plage de la grande anse de Deshaies, a quelque chose de magique, comme la température de l’eau de mer, à peine en dessous de 30°. Ce fut aussi l’occasion de faire quelques emplettes à la rhumerie Longueteau, la plus ancienne de Guadeloupe en pensant à vous !

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Dès le lundi nous nous sommes mis au boulot, au début avec l’aide de travailleurs venus de la Dominique toute proche. Quatre jours de labeur intense pour gratter la coque de tous ses parasites et aussi des couches de peintures accumulées depuis 2007. Par 32° à l’ombre, avec 95% d’humidité et des hordes de moustiques minuscules mais hyper agressifs, c’est une vraie galère, mais il fallait le faire.

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Il nous restait ensuite à refaire l’étanchéité du revêtement de la quille, boucher au mastic époxy les petites irrégularités de surface, refixer la protection de la jupe, passer un primaire d’accrochage, réviser l’hélice et la transmission, coller une nouvelle jupette du saildrive, enfin refaire la totalité de l’antifooling sur les œuvres vives.

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En sept jours, dans le bruit et la poussière du chantier nous avions fini, auprès de voisins de galère agréables, Stéphane et Yannick, avec qui nous avons noué des liens susceptibles de durer.

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Et le 30 novembre, comme prévu, nous avons pu remettre Dartag à l‘eau, presque comme neuf, pris en charge par le grutier expert du portique de levage de 35 tonnes, capable de passer à quelques millimètres des bateaux voisins sans les toucher.

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Après deux jours au ponton pour achever les travaux et le réarmement, rembarquer les voiles et la survie révisée, le bimini tout neuf, faire les pleins de la cambuse et des réservoirs, réviser le moteur et l’annexe,… nous étions prêts à reprendre la mer, enfin !

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Une première nuit au mouillage de l’ilet à cochon nous a réconciliés avec la vie à bord. La fraîcheur du soir, la douceur le l’alizé, l’absence de poussière de bruit et de moustique, le doux bercement du clapot du lagon, c’est le rêve !

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Dès le lendemain, après une dernière formalité à terre, nous avons appareillé pour Les Saintes où des amis nous avaient annoncé leur arrivée. La traversée d’à peine plus de trois heures, avec un vent idéal et une mer magnifique, nous a rappelé d’excellents souvenirs. Michel et Françoise, venant de Dominique, étaient déjà là, et depuis nous partageons avec eux les explorations de criques locales, les promenades à terre et surtout la cuisine gastronomique à laquelle ces dames s’adonnent un jour sur deux. Ah ! le colombo de poulet des Saintes aux tomates pelées et petits légumes, ou les boulettes de boeuf revenues aux petits oignons roses, quel régal !

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Et en plus, nous profitons du ballet aérien des pélicans bruns ou des fous de bassan qui se tapent goulûment la cloche dans les bancs de poissons multicolores de nos mouillages. Ces oiseaux magnifiques et d’une habileté incroyable parviennent parfois à suspendre momentanément nos conversations sérieuses ou nos histoires à dormir debout, lorsque le punch « bateau » (on dit aussi « maison ») nous en laisse la lucidité.

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Vive les vacances bien méritées.

Elles s’interrompront le temps des fêtes de fin d’années où nous rentrerons en métropole, puis nous repartirons vers les iles du nord et les grandes Antilles au début de l’année prochaine.

jeudi 17 septembre 2015

Au Boulot !

Déjà presque cinq mois que nous vous sommes restés quasiment muets. Et pourtant nous avons vécu des aventures nombreuses et variées.

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La première était, début mai, l’échange standard du cardan gauche d’Alain deux ans après le cardan droit. C’est le même chirurgien qui a procédé à cette opération, parfaitement réussie, au point qu’il est rentré à la maison deux jours après, à pied avec ses béquilles et sa valise, le taxi commandé ne s’étant pas présenté !

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Après trois semaines de convalescence, il a pu reprendre des activités quasi-normales et finir sa rééducation à Hyères en remettant le semi-rigide à l’eau pour la saison. Evidemment, pour la pratique du ski nautique, c’était encore un peu tôt pour lui, mais les autres en ont profité abondamment.

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Les visites familiales ou amicales ont repris un rythme soutenu pendant les mois de juillet et d’août, comme chaque année, au plus grand plaisir de tous. La grosse canicule qui a duré un mois n’a gêné que ceux qui n’étaient pas en vacances à cette époque. On a bien pensé à eux. Mais avec quelques jours de mistral fin juillet, la mer, dont la température était montée à 27°, s’est bigrement refroidie, et il a fallu attendre un peu pour la retrouver agréable.

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Pour son 70ème anniversaire, Alain a eu le plaisir de réunir tous les siens à Toulouse. Grâce à une météo très favorable, les pommes du jardin sont arrivées à maturité à ce moment là. En secouant vigoureusement le pommier, il en tombait une dizaine à chaque fois, parfois sur la tête des petits enfants qui éclataient de rire. Les cageots se remplissaient à toute vitesse, saturant les capacités des casseroles de compote et les plats à tarte. Un régal ! Même les chevaux en ont profité.

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Mais il fallait ensuite passer aux choses plus austères voire plus sérieuses. Vivre 40 ans dans la clandestinité en exploitant des stations radios maritimes de bord sans licence ni certificat de capacité devenait déraisonnable.

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En effet, la nouvelle réglementation maritime a pris un sérieux coup de jeune (si l’on peut dire) avec la mise en vigueur de la division 240 au 1er mai 2015. La principale motivation de ce texte est d’améliorer l’efficacité et l’organisation des secours en mer. L’équipement des yachts de plaisance fait ainsi un grand et coûteux bon en avant ( ?) avec l’obligation d’emporter des postes émetteurs-récepteurs fixes et mobiles ainsi que des balises de détresses automatiques ou autres répondeurs radar. Bref, au lieu de s’occuper de régler son problème urgent s’il en a un, le capitaine devra consacrer du temps à envoyer des messages, à répondre à l’administration qui veut le secourir, à programmer les appels automatiques…. etc.

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Et bien sûr, pour cela il faut obtenir une licence d’exploitation de station de radio avec numéro international de MMSI, passer un Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) assortis de déclarations diverses et variées, et tenir à jour en permanence ces documents, sous peine de lourdes peines d’amendes ou même de prison pouvant aller jusqu’à trois ans ferme. On croit rêver !

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Alors, vaille que vaille, Alain s’y est mis. Heureusement l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) semble organisée et les dossiers qu’on lui envoie sont suivis d’effet assez rapidement. Le site Internet est accessible, même à une intelligence moyenne. On peut aussi leur téléphoner pour obtenir des précisions, et ils répondent efficacement. Un bon point. Les dossiers de licence des deux bateaux (Dartag et Dartag II) ont abouti quelques semaines.

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Ensuite, après un mois de bachotage acharné du guide téléchargé de 55 pages denses au format A4, plus les annexes, et avoir acquitté les frais de dossier (78 euros quand même), Alain s’est présenté à l’examen du CRR au centre de Toulon. Il y avait onze candidats qui devaient répondre, au moyen d’un boîtier électronique individuel programmé pour chacun, à 24 Questions à Choix Multiple (QCM) sous l’œil bienveillant mais vigilant d’une examinatrice-opératrice vidéo.

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Tous ont été reçus plutôt brillamment, obtenant entre 14 et 24 points sur 24, alors qu’il suffisait de la moyenne pour réussir. Avec 23/24, il a un peu regretté d’avoir travaillé plus que nécessaire. D’autant plus que, dans une semaine ou deux, il aura tout oublié ou presque, sauf l’essentiel, qu’il connaissait déjà avant l’examen.

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Mais, désormais, nous serons en règle, et c’est une vraie satisfaction morale. Cela ne nous empêchera pas, sans doute, d’être toujours prudent pour éviter de blesser ou perdre un équipier, et d’essayer d’éviter les situations à risques pouvant déboucher sur une urgence ou une détresse, comme avant. Et si cela doit arriver, espérons ne pas avoir besoin d’appeler au secours, mais sait-on jamais ? Restons modestes.

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Alors, en ce début d’automne boréal, nous allons achever notre préparation en vue de retrouver Dartag à Pointe à Pitre, et lui offrir avant Noël, un grand toilettage pour un troisième hiver au chaud sous les tropiques. Les petits bricolages n’ont pas manqué, comme la fabrication d’un narguilé de plongée pour les travaux sous-marins ou la réfection complète du circuit imprimé de la télécommande du guindeau.

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Nous profitons aussi des journées du patrimoine pour découvrir des endroits de rêve récemment restaurés.

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Ou profiter du merveilleux spectacle des sports de vent à l'Almanarre. Mais en attendant, nous goûterons le retour à la vie urbaine, voire parisienne, et ses plaisirs, pendant quelques semaines.

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Les trois premières tempêtes tropicales de la saison 2015 n'ont pas eu de conséquence. Pourvu que cela dure ! Et pensons à nous protéger des terribles moustiques qui nous attendent là-bas !

Stinging mosquito

vendredi 24 avril 2015

Petite resucée.

Après Frédéric, Marie-France a aussi repris l'avion pour la métropole, ravie à l'idée de retrouver ses "petits" après un hiver sous les tropiques.

Il me restait dix jours pour désarmer et mettre Dartag en sécurité avant de reprendre l'avion moi aussi. Après m'être assuré auprès de la marina Bas du Fort que ma place était bien réservée, je pouvais donc m'offrir une petite resucée de navigation dans les alizés, cette fois en solitaire, tout en procédant à quelques rangements et entretiens à bord en prévision d'un arrêt prolongé.

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Première destination, Marie-Galante, avec une arrivée magique au crépuscule, devant un lever de pleine lune. Christian et Véronique sont arrivés depuis quelques heures et nous projetons une sortie de concert, si possible, pour faire des photos de nos bateaux sous voiles.

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En attendant, je profite d'une belle journée de dimanche pour entreprendre un tour de cette île charmante, ce que je n'avais jamais fait autrement qu'en voiture. Le vent d'est est raisonnable, force 4 à 5, et la mer superbe.

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Quelques milles bâbord amure, passant devant Grand Bourg suivi d'un virement de bord et d'une longue cavalcade le long de la côte au vent, nous amènent devant Capesterre puis les falaises de la côte nord.

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Il y a encore pas mal d'algues flottantes, mais je traîne quand même la ligne, quitte à la relever souvent pour la débarrasser des indésirables paquets bruns qui s'y accrochent. Et, miracle, lors d'un de ces relevages, la traction est plus forte. Et pour cause, un jeune barracuda d'environ deux kilos s'est fait prendre, et bien prendre. Il ne parvient pas à se décrocher avant d'être à bord. Dommage que j'aie déjà nettoyé et rangé le barbecue. J'en ferai donc cadeau à la Baleine Rouge.

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Le lendemain, appareillage avec Birabao à destination des Saintes. Le temps est magnifique, des conditions idéales pour faire de belles photos et vidéos.

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Nous ne seront pas décus. Il est vrai qu'un voilier dans son élément est un spectacle réjouissant, et les nôtres ne sont pas vilains sous voiles dans l'alizé, d'abord à l'abri de l'île, puis dans le canal de la Dominique avec une mer plus formée.

Nous échangerons nos fichiers au mouillage du pain de sucre, avant de nous séparer le lendemain, Birabao poursuivant sa route vers le sud, alors que je dois rentrer à Pointe à Pitre.

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Après quelques jours de nettoyage et rangements au mouillage, je gagne la marina pour finir les démontages et rinçages.

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Puis c'est le moment de rejoindre le poste "d'estivage" dans le lagon bleu, entre quatre bouées et de procéder à un amarrage très redondant ne comptant pas moins de douze amarres.

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Le taxi me conduit ensuite à l'aéroport où j'embarque dans le "triple sept" d'Air France sous une petite pluie tristounette.

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Vol sans histoire, correspondance parfaite à Orly, arrivée à Blagnac à l'heure, bref tout aurait été parfait sans quelques crampes d'estomac dues à un excès de choux rouge cru pour finir les stocks avant la fermeture de Dartag.

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Et maintenant, place au printemps métropolitain, et ses arbres fruitiers en fleurs, et aux petits travaux d'entretien, de réparation et de préparation de l'hiver tropical suivant. Non je ne suis pas blasé de cet univers tropical et j'y ai pris goût ces deux dernières années.

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Mais il y a aussi les retrouvailles familiales bien agréables.

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Vous vous souvenez de l'aventure qui était arrivée à mon Samsung Galaxy S2 que j'avais plongé dans un verre de Pastis par mégarde, peu après mon départ en septembre 2013 ? (voir le billet du 3/9/13 http://dartag.heoblog.com/index.php?post/2013/09/03/Eaux-inconnues). Il n'en était pas mort, mais son fonctionnement s'était dégradé progressivement, et j'avais du renoncer à l'utiliser pour la plupart de ses applications courantes car il n'était plus possible de le recharger ni de le connecter au PC.

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Après un démontage complet, j'ai pu identifier le problème, commander la pièce corrodée et le remonter. Il est ressuscité et a retrouvé toutes ses fonctionnalités. Un miracle que je n'aurais jamais espéré, tant ces appareils hi-tech modernes semblent inabordables au profane. Et bien figurez-vous qu'avec quelques petits outils simples on peut y arriver. Il n'y a même pas de soudure à faire.

mercredi 01 avril 2015

« A l’abri du besoin ?»

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Frédéric, notre nouveau et très cher équipier, a contribué largement aux petits soins que nécessitait Dartag avant de reprendre la mer.

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Après quelques ascensions du mât, la girouette électronique parfaitement réparée par Philippe a repris son service, comme neuve.

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Entre temps, les visites de Pointe à Pitre ont permis notamment de constater que le futur musée de la mémoire, qui sera inauguré en juin en présence du Soufflé Hollandais, avait sa configuration quasi définitive, et que les splendides pélicans bruns entretenaient toujours leurs plumes.

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Notre premier galop d’essai vers Marie-Galante s’est soldée par un « chou blanc » sur toute la ligne. La « baleine rouge » était exceptionnellement fermée, ce mardi soir, à la fin d’une saison exténuante, et nos amis étaient en balade avec une visite familiale. Mais nous y repasserons.

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Qu’à cela ne tienne, en route pour la Dominique toute proche par un temps merveilleux. Sur la plage noire de Portsmouth, les enfants jouent comme partout dans le monde, et nous sommes accueillis par les Boat Boys parfois un peu insistants mais serviables.

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Ils organisent le soir même un barbecue sur la plage auquel nous ne résisterons pas, en compagnie d’un couple de plaisanciers français. Encore une fois, la plupart des autres convives sont anglophones et l’ambiance est élégante et détendue.

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Le côté verdoyant de cette île est parfaitement illustré par la végétation luxuriante, à l’embouchure de l’Indian River, ou dans le petit cimetière tropical de la ville dont les tombes disparaissent dans les lianes et les fleurs.

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Une bonne brise nous a ramenés aux Saintes et cette fois nous avons pris la seule bouée libre devant le bourg, idéalement placée, arrivant juste au départ d’un autre voilier.

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Flâner dans les ruelles par ce si beau temps, nous rappelle l’ambiance de Porquerolles en été, au milieu des touristes bronzés et des petits commerçants de fringues et de bouffe. Mais ici les voitures et les scooters de location ne sont pas tous électriques, dommage ! Les bâtiments sont aussi plus tropicaux mais presque toujours en parfait état.

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C’est par la côte sous le vent que nous avons pris la route d’Antigua, faisant au passage une escale à Deshaie, que nous aimons bien, pour y faire notre clearance de sortie. La brise très maniable n’empêche pas la houle de faire fonctionner le souffleur à la sortie de l’anse.

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Cette belle traversée avec toute la toile, ce qui a été plutôt rare cette année, nous a conduit jusqu’à Falmouth Harbour dans ce beau et sûr mouillage aménagé, lui aussi, pour la grande plaisance.

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Les grandes unités rutilantes frémissent de l’activité des équipages qui les peaufinent en prévision de l’arrivée de leur propriétaire ou des clients à l’abri du besoin. Prix moyen de la semaine de location, sur Nero par exemple : 395 000 $ US pour 12 personnes maximum dans six cabines « invités ». Avec 90 mètres de longs et trois ponts, ils vont se chercher les passagers, mais le luxe, le confort et le silence sont forcément parfaits.

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Les fonctionnaires de l’immigration, très bien organisés dans leur beau bâtiment restauré à l’ancienne de Nelson Dockyard (ce nom m’écorche un peu les lèvres, rien qu’en l’écrivant), sont de plus en plus efficaces et, cette fois, l’affaire a été « torchée » en moins d’un quart d’heure, avec visas valables un mois sur les passeports, moyennant 51 $US quand même. Les prix montent mais la qualité aussi, rien à dire.

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Evidemment la séance de lèche-bateaux sur les quais d’English Harbour est un must, nos yeux s’écarquillant devant les prodiges de beauté, de luxe et de volupté qui se dégagent des voiliers amarrés à ces anneaux, et devant l’organisation impeccable du très select Antigua Yacht Club.

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Cette île est quasiment entourée d’un lagon dont les passes sont plutôt faciles d’accès et les eaux calmes, bordées de villas et de plages magnifiques. Nous en avons profité pour faire le tour en trois jours jusqu’à Jolly Harbour à l’ouest, retrouvant d’autres voiliers amis deci-delà, notamment Birabao avec qui nous avons sacrifié à la tradition du ti’punch.

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Profitant de la belle brise favorable qui se maintient, nous avons repris la mer vers la Guadeloupe, visant cette fois la côte au vent. Et c’est devant Port Louis, au nord de Grande Terre que nous avons retrouvé la France.

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Evidemment cette petite localité un peu oubliée, surtout depuis le blocage des ponts sur la rivière salée, ne peut soutenir la comparaison avec Antigua. Le village nous a plutôt fait penser à la Dominique, l’activité et la foule en moins. C’est calme, tristounet et même souvent délabré, même si l’Hôtel de ville et l’église ont été fraîchement restaurés et les rues récemment refaites entièrement, de belle manière.

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Les engins de travaux publics encore sur place en témoignent et nous ont donné l’occasion de les essayer en travaillant « au black ».

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Le tour de Grande Terre, passant entre la pointe des Châteaux et la Désirade est une belle journée de mer peu pratiquée par les plaisanciers car elle est exposée au vent et à la houle d’ l’Atlantique. Mais nous l’avons parcourue d’un seul bord, par force 4 à 5, quelques milles devant un ketch Amel 54 allemand qui n’a pas réussi à nous rattraper !

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A Saint François, le petit lagon est un bon mouillage, et la ville propre et accueillante entre sa marina et son golf. C’était l’occasion de faire quelques courses et un peu de shopping. La borne Wifi de l’office du tourisme est excellente et nous a permis de mettre à jour nos emails et de prendre connaissance de l’actualité marquée par les élections en France et par le crash de l’Airbus de German Wings. Respectivement, quelle déculottée pour le Bouffi, et quelle horreur pour les passagers et membres d’équipages, paix à leurs âmes devant tant d’absurdité.

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La sortie du lagon dans les brisants est impressionnante, et il faut bien suivre la passe étroite, mais la traversée pour rejoindre Marie-Galante avec une bonne brise fût un régal de plus.

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Nous avons pu nous rattraper de notre « chou blanc » précédent, avec l’accueil toujours aussi chaleureux de la Baleine Rouge, à l’occasion de l’anniversaire de la « patronne », en présence de sa maman, venue spécialement de métropole pour l’occasion.

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Puis, après avoir assisté à l’appareillage de Rara Avis, du père Jaouen, il nous a fallu rejoindre Pointe à Pitre où Frédéric a repris l’avion à destination de Toulouse, bronzé et remis à neuf par ces deux semaines d’évasion, bienvenues pour nous aussi.

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La prochaine échéance est le désarmement de Dartag avant de retourner nous aussi dans nos pénates pour un nouvel été, mais européen, cette fois. A suivre……….

vendredi 13 mars 2015

Soleil, pluie, vent et clandestins

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Nous sommes repassés à Cariacou, au mouillage de Tyrell Bay, avec son petit restaurant formica-paillote dont la Wifi est fiable et son petit chantier exposant un superbe canot vernis évoquant un Riva des Caraïbes.

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C’était aussi le moment de faire notre clearance de sortie de Grenade, plus facilement qu’à l’aller. Les fonctionnaires de service étaient les mêmes qu’à notre entrée quinze jours avant, mais plus souriants. Nous avons déclaré notre prochaine destination, Fort de France

Mais la tentation était grande de faire quelques escales (clandestines) sur le trajet. Après être passé de jour devant Union, puis Mayreau, dont les baies sous le vent étaient bien tentantes, nous avons finalement décidé de nous arrêter, une fois la nuit tombée, à Béquia, dans la superbe baie de Port Elisabeth que nous connaissions déjà.

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Quelques heures de sommeil et nous voilà repartis au lever du jour vers le nord, longeant les côtes verdoyantes de Saint Vincent. Mais cette fois le vent nous a laissé tombé et quelques heures de risée Volvo ont été nécessaires.

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Les reliefs de Saint Lucie ne sont pas moins spectaculaires et la vision des deux Pitons sous le soleil nous a paru encore plus belle qu’à l’aller. Nous avons poursuivi jusqu’à Rodney Bay au nord de l’île, presque entièrement à la voile, par un temps exquis.

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Après cette étape de 67 milles le temps s’est un peu dégradé et le vent est devenu durablement beaucoup plus fort. Nous sommes restés deux jours dans ce grand mouillage venté et très, très bien fréquenté. C’est aussi le point d’arrivée du fameux rallye ARC (Atlantic Rallye for Cruisers) regroupant chaque année des centaines de voiliers et de yachtmen chics, et surtout anglo-saxons, qui traversent l’Atlantique au départ des Canaries.

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Nous avons visité le village de Gros Ilet, dont les habitants, parfois misérables, parfois plus opulents, semblent imprégnés d’une foi évangélique très présente dans toutes les Antilles anglaises, et vivent d’activités traditionnelles.

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La marina de Rodney Bay étale en revanche un luxe inouï, associant les opérations immobilières prestigieuses et les pontons abritant des yachts pour familles vraiment prospères. Cette cohabitation n’est peut-être pas aussi tranquille qu’il y parait, si l’on en juge par les clôtures et postes de garde installés tout autour de cet ensemble.

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Nous en avons aussi profité pour démonter et refaire les joints des deux hublots du carré, car, lorsque le vent fort est installé, mieux vaut avoir un bateau bien sec de partout, si l’on veut éviter de retrouver des bouquins mouillés ou des coussins humides à bord.

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Avant de reprendre la mer, nous avions l’espoir de refaire le plein de mazout à la station « duty free » de la marina à 0,68 euro le litre, imbattable ! Mais le pompiste nous a fait savoir qu’il avait besoin de notre visa d’immigration pour nous servir. Aïe, nous voilà démasqués en tant que clandestins ! Qu’à cela ne tienne, nous souhaitons laisser le bateau au ponton de la pompe pour nous mettre en règle au bureau de douane-immigration tout proche. Hélas, c’était impossible sans s’exposer à payer une forte amende !

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Il valait mieux prendre la poudre d’escampette immédiatement, direction la Martinique toute proche, et nous sommes arrivés au très beau mouillage de Sainte Anne en milieu d’après-midi après une traversée musclée et très rapide. Plusieurs voiliers amis sont là. Nous allons en profiter pendant quelques jours et pouvoir refaire des courses de produits alimentaires européens qui commencent à nous manquer après un mois de vadrouille exotique et de concurrence avec les charançons ! Cela permet aussi d’espérer que le vent et les averses fréquentes se calment pour retrouver le « bon » alizé de saison.

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C’est ainsi que nous avons revu avec plaisir les équipages de Maïne, Bigouz, Moira II, Ohlala et d’autres connus l’année dernière ou plus récemment. Un régal, pas toujours compatible avec nos hygiènes de vie, notamment alimentaires.

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Mais les ressources commerciales et techniques du port du Marin nous ont aussi permis de compléter l’équipement de Dartag, après avoir constaté que les prétendus très compétitifs schipchandlers « Duty Free » des îles voisines, ne l’étaient absolument pas. Malgré les prix majorés de 10 à 20% par rapport à la métropole, c’est bien dans les îles françaises que les fournitures, les services et le ravitaillement sont les plus intéressants et parfois de loin ! Encore une surprise de cette croisière et des idées reçues qui tombent de haut.

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Ainsi, la fameuse ancre polyvalente, dont nous avions besoin en tant qu’ancre principale de secours, vient du Marin, et l’extension du portique ainsi que les deux panneaux solaires supplémentaires, ont été fabriqués, fournis et installés par des artisans de la ZAC Artimer. Le tout en quelques jours d’escale, au mouillage, et malgré quelques sueurs froides !

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Le vent n’est finalement pas tombé, au contraire, et c’est par force 6 à 7, temporairement 8 que nous avons repris la mer. D’abord en longeant les côtes sud puis ouest de la Martinique avec un petit stop-déjeuner à la Grande Anse d’Arlet, avant une escale à Saint Pierre.

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La ville, détruite par l’explosion de la montagne pelée en 1902 (30 000 morts et 1 rescapé protégé par son cachot, une quarantaine de bateaux coulés au mouillage), est, en de nombreux endroits, restée en l’état, même si quelques habitants y sont revenus depuis. C’est vraiment triste, mais ne nous a pas empêché de dîner dans un bouiboui sympa sur la plage noire.

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Mais notre dernière chance (après l’Anse d’Arlet au bureau introuvable, puis Fort de France où le vent trop fort nous a empêché d’aller) de faire notre clearance en Martinique a été contrariée par un bureau fermé à 16h ! Tant pis, roule ma poule, on verra bien !

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Repartant à l’aube, nous avons à nouveau profité d’un vent musclé jusqu’à Portsmouth, la grande baie du nord de la Dominique, encore comme clandestins, presque « sans papiers ». En fait, la probabilité d’être contrôlés au mouillage était très faible car nous sommes arrivés dans un énorme grain, avec des vents de plus de 50 nœuds (force 10) qui a duré jusqu’à la nuit. La mer fumait, mais l’ancre a parfaitement tenu malgré les coups de boutoirs des rappels dans les puissantes rafales. Qu’est-ce que cela doit être lorsque les vents atteignent 100 ou 150 nœuds dans les cyclones ou tempêtes tropicales ! BRRRRRRRRRR nous n’osons pas y penser.

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Et c’est ce mercredi 11 mars que nous avons regagné la Guadeloupe après une dernière traversée ventée, mais un peu moins que les jours précédents. Les voiles n’ont pas été déroulées complètement depuis 15 jours, étant même le plus souvent réduites des deux tiers.

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Mais tout va bien à bord, et nous allons maintenant aborder une nouvelle phase de cette croisière avec un équipier supplémentaire qui débarque en avion dimanche. Nous espérons partager avec Frédéric, pendant cette quinzaine, les plaisirs du cabotage entre ces îles tellement variées et quasiment faites pour les voiliers, si possible avec un peu moins de vent, de mer et de pluies, mais la météo semble optimiste au moins pour le début de la semaine prochaine. A suivre………….

dimanche 22 février 2015

Epices, écoliers et pilotis

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C’est à Saint Georges, capitale de l’île et de l’Etat de Grenade que nous avons fait notre entrée.

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Un peu plus de 100 000 habitants le peuplent, presque tous descendants des esclaves africains importés par les planteurs dès le 17ème siècle.

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Les anglais, les premiers, avaient tenté de s’y installer, mais y avaient renoncé en raison de la farouche résistance des habitants d’alors, les indiens Caraïbes et leur congénères Arawaks, présents depuis le 13ème siècle, et venus d’Amérique du sud selon le musée national.

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En 1650 une puissante expédition française, commanditée par le cardinal de Richelieu, se présente et achète aux Arawaks le droit de s’y installer, à la barbe des anglais. Mais les Arawaks, prenant conscience de leur erreur, renient leur accord et se rebellent. Ils ne peuvent pas résister aux troupes françaises, mieux armées, et les survivants sont acculés à l’extrémité nord de l’île.

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Plutôt que de se rendre, il préfèrent sauter dans la mer depuis la falaise, donnant à ce lieu le nom de « Sauteurs » encore utilisé aujourd’hui pour la baie et la ville qui y est implantée. Un monument y immortalise leur mémoire.

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Plus d’un siècle plus tard, les calamiteux traités de Paris en 1762 puis de Versailles en 1783 attribueront l’île à la couronne britannique. Les traces de la présence française y sont aujourd’hui peu visibles. La langue est l’anglais, la monnaie le $ East Caraïbe (1 € = 3 $EC) et la culture rasta bien présente.

Elle obtiendra son indépendance en 1974, restant membre du Commonwealth. Le premier ministre d’alors devient progressivement autoritaire, jusqu’à être renversé par un coup d’état animé par un leader charismatique, Maurice Bishop.

Ce dernier, sans organiser d’élections, met en place un gouvernement socialiste révolutionnaire de plus en plus inspiré par le régime de Fidel Castro à Cuba. Ses voisins s’en inquiètent, d’autant plus que les dissensions internes entraînent un coup de force du clan pro-soviétique qui arrête et fait exécuter Maurice Bishop le 19 octobre 1983, l’armée prenant le pouvoir.

C’en est trop pour les USA, et le président Reagan mobilise une coalition, composée à 95% de US Marines, qui occupe l’île en quelques jours, neutralisant la petite armée grenadienne et chassant les militaires cubains et russes.

Des élections, organisées en 1984, sort un nouveau gouvernement qui, peu à peu, tente d’instaurer une démocratie et un Etat de droit. Mais des troubles persistent pendant une décennie nuisant gravement à l’économie du pays.

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Depuis le début des années 2000, la paix revenue favorise le développement, notamment touristique, mais le cyclone majeur Yvan (dit « le terrible ») détruit, le 7 septembre 2004, 90% des constructions, plantations et bateaux de l’île, et entraîne un exode massif de la population, malgré les aides internationales dont celles de l’Europe.

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Dix ans après, la reconstruction, l’éducation (40% de moins de 16 ans) et le travail de la population ont permis de relancer l’économie, mais les traces du cyclone sont encore bien visibles, en mer et à terre, même au centre de la capitale.

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Nous avons profité d’un taxi collectif pour faire un grand tour guidé et commenté de l’île, avec un autre couple de plaisanciers, Fred et Christiane, puis d’une merveilleuse balade en bus sur la côte au vent, jusqu’à la deuxième ville de l’île, Grenville, très dépaysante.

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L’agriculture représente un quart du PIB, et l’île est redevenue un grand producteur mondial de noix de muscade. Par contre la canne à sucre et le rhum sont désormais anecdotiques. Les épices sont présentes à tous les coins de rues et dans des marchés spécialisés. Enfin la culture du cacao et la fabrication du chocolat sont organisées en une coopérative unique qui commercialise directement des produits haut de gamme dans le monde entier.

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Le climat tropical humide et le sol fertile dont jouit cette île donnent l’impression que tout y pousse facilement, même le fameux EggTree. La forêt quasi vierge est générale dès que l’on quitte la côte. Mais curieusement, la production de légumes et de fruits ne semble pas très performante. Il est assez difficile de trouver des bananes dessert, quant aux tomates ou aux carottes, elles sont hors de prix ! Et, alors que les arbres à pains, les papayes ou les manguiers sont visibles partout, impossible d’en trouver les fruits à la vente ! Nous n’avons pas dû assez chercher.

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Les pêcheurs locaux ont des embarcations en bois de petite taille souvent construites « à la maison » et équipées d’un moteur hors-bord japonais de puissance raisonnable (50 80 chevaux). Mais ces barques légères sont extrêmement efficaces dans l’univers qui est le leur, grosse mer et vent soutenu, et les pécheurs, intrépides. On trouve ainsi des poissons et des crustacés partout, sur le trottoir, dans des échoppes, dans des marchés spécialisés, mais personne ne vient les proposer à bord comme dans les îles précédentes, et il faut faire attention de ne pas se prendre dans un filet (ce qui nous est arrivé) lorsque l’on rentre dans une crique de rêve !

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Le tourisme est essentiellement fondé sur les escales des paquebots de croisière et les sports nautiques, plongée, kite-surf, sur des plages de rêve, et surtout la plaisance et la location de voiliers habitables, profitant de côtes très favorables à la croisière.

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La côte sud, extrêmement découpée, offre des dizaines de mouillages, abris et marinas dans un univers tropical chaud et venté pendant une saison d’hiver qui dure au moins six mois. Les chantiers et entreprises spécialisées offrent tous les services nécessaires aux navigateurs d’Amérique du Nord et d’Europe, très nombreux dans ce paradis du sud des petites Antilles.

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Une particularité nous a frappés dans la construction des habitations : elles sont souvent bâties sur des pilotis parfois très hauts, que le terrain soit en pente ou plat. Parfois seul le dernier étage est habitable, les niveaux inférieurs n’étant que des carcasses de béton vides. Ils ne seront équipés qu’en fonction des besoins de loger la famille, plus tard, et en attendant servent de séchoir à linge, d’entrepôt ou de protection contre l’humidité, les cafards ou les bêtes sauvages (?)

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A noter également, une proportion très importante, dans les plus beaux sites, de villas magnifiques entourées de jardins merveilleux. Quelques unes sont la propriété de riches étrangers, mais aussi de grenadiens prospères, ou émigrés qui préparent leur retour au pays, fortune faite.

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Enfin, on ne peut pas circuler dans une ville ou un village sans voir des dizaines d’écoliers en uniformes très propres. L’éducation est presque entièrement assurée par des écoles confessionnelles agréées par le gouvernement, dans un système sans doute analogue à celui de nos écoles privées sous contrat, qui manifestement obtiennent d’excellents résultats.

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Et maintenant nous commençons notre retour vers le nord, repassant tout l’archipel des petites Antilles jusqu’en Guadeloupe où nous arriverons d’ici deux semaines environ, pépères !

dimanche 15 février 2015

Grenadiens à nous

Quittant les fameuses Tobagos Cays, qui étaient « a priori » un peu le « clou » de ce voyage, notre capacité d’admiration demandait à être re-stimulée dès que possible.

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Cela n’a pas tardé : l’escale suivante prévue est Union. Cette petite île de 7 kilomètres carrés a compté jusqu’à 7000 habitants au temps de sa mise en valeur par des colons anglais puis écossais. Elle fût quasiment abandonnée à la fin du XIXème siècle avant de reprendre vie à la fin des années soixante sous l’impulsion d’ un béké martiniquais, André Beaufrand. Il acquit quelques arpents de terre marécageuse à l’est de l’île.

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Il avait pressenti l’attrait du site de Clifton et de l’île voisine de Palm Island pour y créer une activité nautique et touristique. Il construisit un petit aérodrome au bord du lagon réunissant les conditions d’un nouveau développement. Union compte aujourd’hui 2000 habitants et reçoit chaque année des milliers de plaisanciers et de plongeurs.

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Nous aussi avons nagé et plongé dans ce lagon au milieu des montagnes – parfois malodorantes - de coquilles des lantis que les pêcheurs ont proposés à leurs clients, et qu’ils entassent pour former les fondations de ces modestes restaurants posés sur le récif.

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Et nous avons aussi parcouru ses rues et ses chemins, égayés par les couleurs vives des peintures des maisons et des commerces, et par les fières jeunes filles animant leurs échoppes ainsi que les écoliers en uniforme rentrant à la maison.

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Ayant rempli nos formalités de sortie des Grenadines de Saint Vincent, nous avons fait un petit crochet de quelques milles vers deux autres petites îles :

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- Petit Saint Vincent, quasiment déserte jusque tout récemment,achetée par un riche américain est désormais le siège d’un hôtel de luxe construit en plusieurs bungalows et restaurants discrets, sur une grande plage blanche…..

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….et Petite Martinique, à moins d’un demi mille, qui se préparait pour la fête nationale de Grenade (dont elle dépend) et dont les habitants jouissent d’une réputation d’accueil et d’authenticité dépassant ses frontières.

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Au mouillage entre les deux, abrités par un grand récif, nous les avons visitées et profité de la vue superbe qu’elles offrent l’une sur l’autre.

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Les formalités de douanes et d’immigration dans les Grenadines de Grenade sont possible dans l’île suivante, elle aussi entourée de corail, qui nous tendait les bras : Cariacou et son petit bourg dénommé Hillsborough.

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Ses 30 km² et ses 7000 habitants en font la plus grande et la plus peuplée des grenadines. Au départ, colonisée par des pêcheurs de tortues et des cultivateurs français, il en reste quelques constructions, moulins, habitations du XVIIIème siècle. Mais la population actuelle descend essentiellement des anciens esclaves des plantations.

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En ce vendredi 6 février, elle donnait l’impression d’être une île morte. La fête nationale de l’Etat de Grenade s’étend sur trois jours et tous les commerces et administrations sont fermés. Heureusement nous n’avions besoin de rien et les formalités peuvent attendre.

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Nous avons donc rejoint pour le week-end, un petit mouillage à l’abri d’une île de sable de la même baie, Sandy Island, rapidement imités par d’autres plaisanciers dans une ambiance très hétéroclite et internationale. Le compresseur de plongée des danois faisait un peu de bruit et les chiens des allemands aussi, mais c’était un tel endroit de rêve que nous avons préféré rester. Comme à Petit Saint Vincent, le sable est tellement beau que nous en avons prélevé un échantillon.

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Et lundi matin, au réveil, départ pour Tyrell Bay à trois milles, dernière escale à Cariacou, connue surtout pour ses facilités techniques, atelier de soudure, shipchandler et chantier spécialisé pour la plaisance.

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Nous y avons trouvé un bureau d’immigration et de douane, du carburant détaxé, une borne Wifi excellente et un petit restaurant sous les tonnelles qui nous a offert des hamburgers et des frites parfaites, les premières depuis bien longtemps. Pour le reste c’est plutôt tristounet.

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Nous étions donc prêts pour affronter une traversée inhabituellement longue en ces temps de grenadines, soit une trentaine de milles jusqu’à Saint Georges, capitale de Grenade.

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Première surprise, en arrivant, une frégate de la marine Française nous y avait précédés, faisant flotter son magnifique pavillon tricolore dans l’alizé, à l’abri du fort Georges.

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Deuxième surprise, le mouillage de grande baie devant la ville est très accueillant.

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Troisième surprise, le lagon a été considérablement aménagé, avec ouverture d’une nouvelle grande passe et construction d’une énorme marina Camper et Nicholson, celle du célèbre Grenada Yacht Club faisant maintenant un peu pâle figure……………..

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La suite au prochain numéro qui sera consacré à cette grande île dont l’histoire et celle de ses habitants, les grenadiens, est longue et souvent troublée si ce n’est trouble, mais où la paix semble désormais établie durablement.

mardi 03 février 2015

Mustique tic tic

Le retour de Dartag en Martinique, plus d’un an après sa première visite, nous a permis de découvrir d’autres aspects de cette île sous un jour bien attrayant.

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Abordant la côte sous le vent par le nord, la montagne Pelée de sinistre mémoire était encore toute empanachée, mais, cette fois, de jolis petits nuages tropicaux inoffensifs.

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Assez rapidement le vent nous a manqué, comme prévu, et c’est au moteur que nous avons fait le plus grande partie du parcours jusqu’à Fort de France, admirant au passage le bas de la vallée de Bellefontaine, occupée par la puissante centrale EDF qui illustre l’importante de la population martiniquaise et de ses activités économiques.

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Le vent est revenu peu avant de rentrer dans la magnifique baie de FdF que nous avons remontée en louvoyant agréablement jusqu’au mouillage de la baie des Flamands.

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Ce site est admirablement situé pour visiter la ville et profiter des nombreux services qu’elle offre. Le quai des annexes est au bord de la belle place de la Savane, et tout à fait sûr, malgré les quelques sillages de navettes et bateaux pilotes qui passent très souvent pendant la journée au service des paquebots et superbes grands voiliers visiteurs. Il accueille aussi les concurrents de la course à la voile Panerei Classic dont les premiers sont déjà arrivés.

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Les commerçants du centre ville permettent de faire un avitaillement complet, mais nous voulions visiter aussi les endroits marquants de l’histoire de la ville. Elle a surtout pris son essor après la destruction de Saint Pierre et de ses 30 000 habitants lors de l’explosion de la montagne Pelée en 1902. A noter que cette éruption est survenue deux jours après celle, tout aussi effrayante, de la Soufrière à St Vincent (160 kilomètres plus au sud), le 6 mai, qui n’avait fait, elle, « que » 2000 morts.

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La bibliothèque Schoelcher est un superbe bâtiment très fréquenté, proposant au public des milliers d’ouvrages parfois très anciens, dans toutes les langues.

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Sur la place de la Savane, une belle statue féminine a été décapitée de même que plusieurs des personnages du bas relief en bronze fixé sur son socle, si bien que nous n’avons pas pu la reconnaître. Merci à ceux qui pourraient éclairer notre lanterne sur ce spectacle d’autant plus navrant que nous venons de lire le terrible bouquin de Max Gallo sur la révolution française.

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Le Fort Saint Louis, datant du XVII siècle, qui domine la baie est un établissement de la Marine Nationale et abrite la principale base navale des Antilles, dont les missions actuelles sont principalement tournées vers la lutte contre les trafics, notamment de drogue dans cette région « chaude ».

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Nous avons profité d’une visite guidée en petit comité, bien intéressante tant par son histoire que par la vue magnifique qu’elle permet d’offrir sur la ville et la baie.

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La cathédrale Saint Louis, dont les orgues sont de réputation internationale, était malheureusement en travaux, ce qui nous a privé de sa visite. Nous essaierons de la voir de plus près lors de notre prochain passage.

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Nous avons ensuite traversé la baie vers l’anse Mitan. Cette baie est surtout résidentielle et les nombreux voiliers au mouillage viennent s’y reposer après les journées harassantes passées par leurs équipages dans la frénésie de la capitale. Un superbe hôtel occupe la partie nord.

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Passant ensuite devant les anses noires et blanches, avec un fort alizé nous avons rejoint la grande anse d’Arlet parfaitement abritée et donc très fréquentée. Les fonds importants ne facilitent pas le mouillage et nous avons dû nous y reprendre à deux fois après un début de dérapage.

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Nous y avons attendus nos amis qui arrivaient du Marin pour quelques jours et avec qui nous avons savouré les plaisirs des restaurants sur la plage et des rencontres avec d’autres plaisanciers, parfois très originaux. Les baignades de Marie-France et Françoise au milieu des tortues sont un souvenir impérissable.

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Puis nous avons repris la mer vers le sud, d’abord tentés par une route directe jusqu’aux Grenadines, avant de finalement nous laisser gagner par la facilité d’une escale intermédiaire à Saint Lucie. Ce fut l’occasion de redécouvrir les deux pitons et le village de la Soufrière. Les boat boys nous y attendaient armés de leur gentillesse et de leur sourire pour nous offrir, contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes, une bouée que nous n’avons pas pu refuser.

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Du coup nous n’avons pratiquement pas dormi. Une inspection du mouillage en plongée avait permis de nous rassurer partiellement sur sa qualité, après avoir libéré l’amarre principale qui faisait le tout d’un gros rocher coupant. Mais Dartag a passé le plus clair de la nuit à emplafonner cette maléfique bouée à la faveur de chaque changement de vent ou de courant malgré toutes les précautions prises. Dès le jour venu, nous avons pris nos cliques et nos claques, sans regret !

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Après le canal de St Vincent, bien venté et arrosé, nous pensions avoir recours au vent de cale pour longer la côte sous le vent de cette grande île. Erreur et bonne surprise, Eole nous a gratifié de sa constance et nous sommes arrivés à Béquia sans appuyer sur le démarreur après un dernier bord de près musclé mais agréable. Les protections que nous avions mises sous les hublots de la cabine avant étaient non pas trempées, mais bien humides, mais tout le reste était sec. Le dernier point faible était donc démasqué.

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Port Elisabeth, capitale de Béquia, est une baie magnifique, un mouillage parfait quoique très fréquenté, et la petite ville plutôt proprette offre des ressources appréciables. Nous en avons profité pour les formalités, convertir nos euros en $EC (la monnaie des îles angaises), remplir la cambuse et surtout démonter les deux hublots fuyards pour découvrir que les joints en mousse posés à l’origine avaient fait leur temps. Paix à leur âme, et, en deux jours, ils ont été nettoyés et remontés avec de nouveaux joints en mastic silicone marin d’excellente qualité.

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A notre départ, le voilier mouillé devant nous se trouvait au dessus de notre ancre. Entendant le bruit de notre guindeau, les propriétaires, apparemment un paisible couple de retraités anglais, ont giclé hors de leur carré, sans doute très cosy, pour nous abreuver d’injures et de menaces assurant que leur régulateur d’allures était « very expensive ». Nous le savions, évidemment, et avions décidé de ne prendre aucun risque de le toucher avec notre étrave, elle-même « very expensive ». Avec un peu de patience et de souplesse dans les manœuvres, nous avons pu nous dégager sans problème, et sans la moindre aide de leur part, les laissant à leur ivresse, en leur suggérant simplement de garder leur « self control » à l’avenir, notamment pour leur propre santé.

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Notre deuxième Grenadine devait être Mustique (en français Moustique), île privée où s’était échoué le paquebot français Antilles de la défunte Compagnie Générale Transatlantique en 1971. Il a aujourd’hui totalement disparu, entièrement démantelé par les puissantes vagues de l’Atlantique en une vingtaine années, mais le rocher qui a causé sa perte est toujours bien vivant.

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Le mouillage organisé devant l’île n’est pas très fréquenté et lorsque le très beau et très propre préposé de la Mustique Company nous a annoncé le tarif, nous avons compris pourquoi. Bref, nous y sommes restés une petite demie heure, sans regret, l’intérêt de l’escale étant minime.

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Et c’est Canouan qui nous a accueilli dans sa grande baie de Charlestown. C’est là que nous avons vu le premier vrai et grand lagon aux eaux cristallines de notre voyage, sur la côte est, avec des couleurs à couper le souffle.

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Les habitants semblent préoccupés par leurs ressources en eau assez faibles. Chaque maison est équipée de nombreuses gouttières qui acheminent les pluies dans des citernes ou réservoirs plus ou moins luxueux accompagnés souvent d’un chauffe-eau solaire. Le développement de cette petite île passe depuis une ou deux décennies par le tourisme de luxe dont tous ne profitent pas encore et les contrastes sont forts entre les quartiers. La pauvreté, voire la misère, restent bien visibles.

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Mayreau fut notre quatrième Grenadine, celle du Père Divonne, un moine martiniquais qui lui a consacré sa vie, cas unique de catholicisme dans les Antilles anglaises, très généralement d’obédience protestante. La Salt Whisle Bay (joli nom n’est-ce pas ?) est un concentré de beautés tropicales, cocotiers, sable blanc, plage exposée au vent de l‘autre côté de l’isthme pour les kite surfs, mais elle est très petite et sur fréquentée.

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Nous avions un excellent mouillage, mais il nous a fallu le quitter lorsque le disc-jockey local a commencé à diffuser ses effluves de musique mi-reggae mi-musette locale, à donf ! De plus, le vent ayant légèrement tourné, le clapot commençait à rendre l’abri moins agréable.

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Brûlant à regret cette étape, nous nous sommes dirigés vers les Tobago Cays, situées à moins de 3 milles dans l’est, en cheminant au moteur dans un chenal parsemé de grands bancs de coraux bien visibles. Et nous avons trouvé un mouillage beaucoup plus confortable et silencieux entre les îlots de Petit Rameau et Petit Bateau, ça ne s’invente pas !

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Après avoir honoré de quelques billets les rangers du parc naturel, nous avons pu profiter de bains de mer en masque et tuba, malgré un courant assez fort, et de promenades à pied ou en Zodiac dans ce dédale de cailloux et d’îlots abrité par la barrière de corail appelée Horse Shoe reef, en raison de sa forme en fer à cheval. L’alizé généreux et régulier nous gratifie, en plus, de toute la production électrique dont nous avons besoin, jusqu’à remplir nos réservoirs d’eau douce sans faire tourner le groupe ! Quel pays de cocagne.

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Une petite déception, les eaux ne sont pas toujours aussi claires et poissonneuses qu’espéré. Mais nous allons quand même y rester un peu, puis rejoindre Union, avant d’entrer ensuite dans les Grenadines de Grenade, en commençant par Cariacou qui semble très alléchante aussi !

jeudi 22 janvier 2015

Manger le dragon

La dernière visite à Saint Martin, en novembre, était pour le côté hollandais et avait permis de repartir avec un mât neuf et des voiles provisoires, certes, mais à la voile.

Cette fois, nous avons fait le tour de l’île par l’est et le nord pour rejoindre le côté français dont la capitale s’appelle Marigot.

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La courte traversée depuis Saint Barthélémy, bien ventée, nous a conduits au mouillage de Orient Bay, baie peu profonde et protégée par une barrière de corail. L’éolienne a tourné fort toute la nuit nous mettant à l’abri d’une panne de courant, mais la protection de la forte houle d’Est est médiocre et le lendemain matin nous avons rejoint l’anse Marcel au nord de l’île.

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Un immense complexe hôtelier occupe toute l’anse et les clients prennent le soleil sur la plage régulièrement balayée par les rouleaux. Les plus fortes vagues se glissent malicieusement sous les transats et emportent gaillardement les menus objets qui sont mis en dessous à l’abri du soleil.

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Au fond de cette anse un petit chenal étroit conduit à une marina moderne appelée Port Lonvilliers construite dans un véritable « trou à cyclone » parfaitement naturel et si bien protégé que le cyclone Gonzalo n’y a fait aucun dégât, et les iguanes y sont énormes !

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Quelques milles plus loin, la baie de Grand Case, deuxième agglomération de l’île est une grande plage bordée de restaurants. Ils subissent aussi les assauts de la houle qui, par moment, pénètre puissamment entre les piliers des terrasses. Le débarquement en annexe est quasiment impossible dans ces conditions sur la plage, mais deux appontements partiellement ruinés offrent une solution acceptable, à condition de s’assurer que le dinghy ne puisse pas être entraîné par le ressac sous les dangereuses poutrelles tordues et rouillées.

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Une promenade dans la ville laisse une impression mitigée tant les habitations et commerces sont inégaux, allant du bidonville au propre, sans plus. Curieusement certains commerçants ne comprennent pas le français dans cette partie française de l’île ou l’influence américaine est impressionnante, et le dollar est roi. On pourrait se croire dans un état du sud des USA.

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Mais le motif principal de notre visite était de récupérer les voiles neuves de Dartag : 69 kg avec leurs lattes. Comme prévu elles nous furent livrées à bord dans la marina Fort Louis où nous avons fait une escale rapide depuis notre mouillage de la baie de Marigot. Il est fréquenté par de nombreux voiliers, mais assez grand et bien protégé de la houle.

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Les ressources de cette ville française sont très complètes pour l’avitaillement avec deux hyper marchés et nombreux petits commerces (super pour le réveillon !), et aussi pour l’entretien du bateau. Et j’accorde une mention particulière à la station de carburant située dans le canal d’accès au lagon où le prix affiché est imbattable tant pour l’essence que pour le mazout (0,94 €/l). Nous avons refait les pleins de tout juste avant de repartir. Hélas, lors d’une de nos équipées à terre, le zodiac amarré le long d’un quai a été crevé par les hameçons de gamins qui péchaient à proximité. Il fallait emporter le gonfleur à chaque sortie pour lui redonner de la pression autant que nécessaire.

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Notre projet initial était de poursuivre ver les îles Vierges Britanniques, 80 milles plus loin au nord ouest. Mais la météo annonçait une longue période de vent d’est fort, et nous avions peu de temps car nous voulions être de retour en Guadeloupe et à Marie-Galante avant le 10 janvier. De plus, en l’absence de visa, nous ne pouvions pas visiter les îles Vierges Américaines qui sont aussi très belles. Ce projet est reporté à l’année prochaine. Foutus rendez-vous, toujours aussi incompatible avec la croisière à la voile !

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Nous nous sommes donc lancés dans une remontée au vent vers la Guadeloupe, avec un premier arrêt au passage à Saint Barth. L’arrivée de nuit après une étape fatigante, au près dans la brise, a demandé beaucoup de concentration, et de temps, dans ce grand mouillage profond, rouleur et super encombré en pleine saison avec de nombreux bateaux sans feux.

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Repartant au lever du soleil, avec un vent d’est force 7 à 8, sous voilure bien réduite pour cette traversée de 120 milles au bon plein, dans une mer forte, il nous a fallu 18 heures. Mais le passage en force dans la houle de 3 à 4 mètres avec des grains de pluie et de vent au-delà de 40 nœuds, a été éprouvant pour nous et pour Dartag qui n’avait encore pas connu cela. Outre les manœuvres fréquentes de réductions et de renvois de voilure, nous avions des entrées d’eau à l’avant et par le panneau de la descente, sous l’effet de déferlantes qui recouvraient régulièrement tout le pont dans un bruit assourdissant.

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Au mouillage de Deshaies, nos draps et matelas étaient trempés ainsi que quelques placards et équipets. Nous avons dû sortir tout sur le pont pour profiter du rinçage par les abondantes averses qui ont continué pendant la nuit, suivies du soleil et de l’alizé encore musclé pendant la matinée. Le soir tout était propre et sec, et nous avons pu reprendre nos couchettes. Mais, il restait à trouver les fuites pour les traiter. La suite vers Les Saintes puis Marie-Galante fût plus facile, mais nous avons quand même pris la précaution de reculer les matelas de la cabine avant pour éviter de les mouiller, si... ?

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Suivirent trois jours délicieux avec nos amis, alternant gastronomie à la Baleine Rouge, visites et promenades sur les chemins de cette île charmante, et soirées à refaire le monde. Evidemment les odieux attentats de Paris nous ont tous bouleversés. Nous aussi, bien que très loin, « nou sé charlie ».

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Une semaine à Pointe à Pitre a été nécessaire pour traiter toute la liste « à faire ». Et nous sommes repartis vers le sud, avec des approvisionnements complets, une annexe réparée, l’étanchéité de la cloison avant refaite, et surtout les voiles neuves hissées et essayées avec le concours de Philippe, concessionnaire Elvstroëm à la Marina Bas du Fort. La qualité des relations que nous avons eues avec lui pendant toutes les étapes de la remise en état de Dartag nous a permis de surmonter cette épreuve matérielle sereinement. Il est devenu un ami et nous nous reverrons régulièrement. Avec tous ceux que nous avons rencontrés jusqu’à maintenant au cours de cette croisière atlantique, il forme un réseau précieux.

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Ces nouvelles voiles très « classieuses » ont commencé à faire leurs preuves pour une nouvelle étape vers les Saintes où nous avons visité Terre de Bas, l’île oubliée de l’ouest de ce petit archipel, pleine de charme et plus authentique que Terre de Haut.

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Et lors de l’étape suivante vers la Dominique elles ont démontré leur efficacité dans des brises variant de 5 à 22 nœuds. Les belles voiles perdues il y a presque un an après le démâtage et surtout les médiocres voiles d’origine qui avaient repris temporairement du service, peuvent désormais reposer en paix, et Dartag est, cette fois, remis à neuf.

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Oui, nous avons mangé notre dragon ! D’autant plus qu’une visite au mouillage nous a apporté une vraie surprise. L’équipage de « Cosy Too », un très bel Océanis 50, est venu nous voir en nous disant qu’il connaissait Dartag depuis qu’il l’avait filmé le jour du démâtage. Ils nous ont offert les photos et vidéos faites ce jour là lorsque nous leur avons rendu leur visite, et étaient bien contents de savoir que nous avions pu reprendre notre voyage. Nous nous sommes découvert d’autres points communs amusants.

Nos prochaines escales seront pour la Martinique puis les Grenadines. On en bave d’avance !

mercredi 24 décembre 2014

Rhum Marin

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Certes, les concurrents du « Rhum » (pour les non initiés, abrégé du nom de la course à la voile en solitaire appelée « Route du Rhum - Destination Guadeloupe ») ont de très beaux bateaux, rutilants, rapides et pleins de couleurs. Mais ils arrivent très espacés pendant des semaines, les grands plutôt avant les petits, de jour comme de nuit, entre le 9 novembre pour le premier, et le 7 décembre date de fermeture de la ligne d’arrivée.

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L’organisation diffuse, sur son site Internet et à terre, les positions de chacun et annonce à l’avance les prochaines arrivées. Cela permet aux supporters, aux amis, aux familles d’aller à leur devant sur des bateaux de plaisance, ou loués pour l’occasion, pour les accompagner dans les derniers milles, jusqu’à la darse en plein centre de Pointe à Pitre où les attendent le public ainsi que les médias locaux et nationaux, dans une ambiance de fête, avec musique, lumières et feux d’artifice.

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Ils gagnent ensuite la marina où de nombreux pontons leurs sont réservés, après que les plaisanciers en escale aient été priés d’aller voir ailleurs. La population profite de cette animation en se rendant en masse et par groupes entiers sur les quais pour admirer les héros et leurs bateaux, surtout s’ils sont locaux.

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Evidemment, cette affluence attire aussi des « indélicats » qui, par exemple, ont trouvé mon mini vélo pliant à leur goût et s’en sont emparés une nuit, en forçant l’antivol. La plainte déposée au commissariat central ne me laisse pas beaucoup d’espoir de le retrouver, d’autant plus que les caméras de surveillance de la capitainerie ne voient pas grand-chose dans la nuit noire, surtout si la couleur de peau des délinquants l’est aussi, comme me l’a fait malicieusement remarquer le policier qui a recueilli ma déposition. On verra bien.

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Ce spectacle, vu depuis Dartag au mouillage dans l’avant port ou depuis les pontons, n’empêche pas de continuer à fignoler la remise en état et le nettoyage de Dartag, de naviguer quelques jours et surtout d’accueillir Marie-France débarquée de l’avion d’Air France le 3 décembre.

Une place s’étant libérée sur un ponton, nous avons même pu faire les pleins des réservoirs et de la cambuse de manière plus pratique qu’avec l’annexe.

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Progressivement les bateaux des concurrents repartent, soit à la voile avec un équipage de copains, soit par cargo après avoir été démâtés et désarmés, la fête se calme, rendant aux plaisanciers les pontons neutralisés.

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Sans nous presser et après avoir festoyé avec quelques amis, nous avons repris la mer pour une première escale à Marie-Galante où nous attendaient Caroline et Paulo. Ils ont repris depuis quelques mois la gérance du restaurant le plus connu des plaisanciers, sur la plage de Saint Louis, qui s’appelle « La Baleine Rouge ».Elle est la fille d’amis d’enfance de Hyères, avec qui nous avons, encore récemment, passé de bons moments. Le monde est vraiment petit.

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Outre une excellente soirée, et un succulent déjeuner le lendemain, nous avons profité de leur borne Wifi ce qui est toujours un plus lorsque l’on est en bateau. Nous les reverrons sans doute à notre prochain passage en Guadeloupe.

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Et nous avons appareillé avant le lever du soleil le matin suivant, 13 décembre, en direction d’Antigua. L’option choisie était de passer d’abord entre la Pointe des Châteaux et La Désirade avant de longer la côte de grande terre. Mauvaise pioche, car la direction du vent, favorable pour la première partie, s’est ensuite orientée au sud-est en faiblissant. De plus, la houle d’est, assez forte, frappait sur les falaises et repartait loin au large donnant une mer hachée et désagréable. Finalement nous sommes arrivés à English Harbour juste après le coucher du soleil en faisant les trois derniers milles au moteur. Le mouillage était plein de beaux voiliers plutôt chics, mais il y avait encore de la place et nous avons trouvé la nôtre facilement, avec vue sur le volcan de Montserrat toujours menaçant.

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Lors de nos visites, le lendemain, à pied et en Zodiac, nous avons constaté que la saison avait bien démarré. Par rapport à mon précédent passage, où la plupart des quais étaient vides, ils sont maintenant peuplés de yachts de luxe à voile et à moteur d’une longueur moyenne d’environ 30 mètres, et leurs équipages professionnels en uniforme attendent de pied ferme les propriétaires et leurs invités qui viendront s’encanailler pour les fêtes de fin d’année, en les briquant comme de la vaisselle précieuse. Comme partout leurs pavillons sont majoritairement ornés de l’Union Jack, sur fond rouge pour les plus courants, avec ou sans blason, fond bleu pour les plus huppés, font blanc pour les super chics. Il y a aussi quelques américains ou hollandais (les bataves, pas les groupies de notre président !), mais zéro français. La France n’aiment pas les riches !

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Par endroit, dans le fond de ce « trou à cyclones » on trouve aussi quelques bateaux abandonnés ou misérables, parfois coulés, comme partout dans les Antilles. La pression des riverains, propriétaires des luxueuses villas à 2,5 millions de $ installées tout autour du plan d’eau, doit être forte pour les faire enlever, pour le moment apparemment sans succès.

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La baignade devant la plage de sable et roches mélangées était moins agréable qu’attendu et l’eau un peu laiteuse ne permettait pas de voir à plus de quelques mètres. Alors que les tortues semblaient pourtant l’apprécier, nous avons décidé de poursuivre notre route en contournant l’île par l’est, très prometteur avec ses grandes baies protégées par des barrières de corail.

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La première est Nonsuch Bay à l‘abri de Green Island, deux milles d’est en ouest, un mille du nord au sud, découpée de criques intérieures et constellée de cayes et patates de corail. Un décor de rêve pour quelques yachts ou dériveurs venus des complexes hôteliers ou luxueuses villas discrètement installés deci-dela avec leurs quais privés.

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La seconde est Nord Sound, protégée par Guiana Island et une floraison de petits îlots calcaires couverts de végétation. La barrière de corail est très large et complexe, la cartographie des lieux imprécise. Au point que des passes répertoriées sur une carte ne le sont pas sur d’autres, laissant le capitaine perplexe sur la possibilité d’accéder à l’intérieur.

Un premier essai se solde par un échec, après avoir par deux fois tutoyé les patates de corail, malgré la vigilance de Marie-France, installée dans le balcon avant. C’est dur le corail, et la quille en plomb y a laissé quelques copeaux malgré l’extrême lenteur de la progression sans compter l’émotion ressentie par l’équipage.

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Une deuxième tentative un peu plus au nord a réussi, sans rien toucher, et la trace du passage est conservée soigneusement sur l’écran du GPS pour pouvoir s’y référer le moment venu.

Une fois à l’intérieur, une infinité de mouillages est possible et ce ne sont pas les voisins qui vont nous gêner. Le premier est à plus d’un kilomètre et la nuit les illuminations des installations côtières paraissent lointaines, ainsi que l’aéroport tout au fond de la baie.

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Les plongées masque et tuba, et balades en Zodiac autour de ces îlots et cayes, dans une eau très calme, fréquentée par des raies et des tortues débonnaires, dont les fonds varient de zéro à 15 mètres, sont des merveilles. Nous avons un peu l’impression d’être seuls au monde. On en viendrait presque à se dire que la présence d’autres voiliers à proximité nous manque. En tout cas, les rares présents n’oublient pas leur feu de mouillage la nuit, car, de temps en temps, un petit bateau à moteur, peut-être des pêcheurs, traverse le plan d’eau à trente nœuds, et on se demande où il peut bien aller en étant si pressé.

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Nous avions ensuite une petite hésitation à cingler jusqu’à Barbuda présentée de manière pas très flatteuse pas notre guide. Nous n’avons pas regretté notre visite. Jamais nous n’avions vu de telles plages, une telle quiétude et de telles couleurs de carte postale tropicale. Un rêve dans lequel nous avons passé deux jours à nager, plonger, marcher dans une nature à l’état pur et très peu fréquentée.

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Nous sommes maintenant revenus à la civilisation, à Saint Barthélemy, dont le port de Gustavia et la baie sont saturés d’énormes Yachts d’un luxe inouï. On se demande comment il peut y en voir autant sur la planète. Le mouillage extérieur est assez rouleur et agité de sillages en permanence. Néanmoins c’est une escale agréable et nous dégustons depuis deux jours la grosse dorade coryphène que nous avons pêchée sur le trajet. Enfin une belle prise après les deux carangues de la veille que nous avons du rejeter en raison des risques de ciguaterra.

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Nous y resterons jusqu’à Noël puis nous reprendrons la mer vers Saint Martin où nous passerons sans doute la fin de l’année avant les îles Vierges. Chienne de vie !

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En attendant nous vous envoyons dès maintenant tous nos vœux de joyeux Noël et de bonne année 2015 avec un clin d’œil tropical.

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jeudi 20 novembre 2014

Le coq des Saintes

Pas mal d’eau a coulé sous le pont de Dartag depuis le billet précédent.

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Il nous a fallu rejoindre sans mât, donc au moteur, le lieu choisi pour la réparation, passant sous le vent des îles situées sur le parcours. Le meilleur chantier des Caraïbes présentait toute garantie de compétence et d’outillage et pour cela nous avons rallié Sint Maarten 150 milles au nord.

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Cela nous a donné l’occasion de pêcher deux superbes poissons. Jules, mon jeune équipier de circonstance en était tout heureux, mais nous ne pouvions en manger une telle quantité, donc les voisins à l’arrivée, et la guinguette sur le quai, étaient bien contents de profiter des quelques kilos de thazard péché la veille qui nous restaient.

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Malgré notre programme d’enfer, nous avons pris le temps de quelques visites dans cette île franco-hollandaise dont l’ambiance générale est un peu « tiers-monde ». L’économie du tourisme et de la plaisance sont très développées et les affaires sont les affaires, y compris dans les trafics en tout genre. Les contrastes entre luxe et misère sont frappants et lors des deux épisodes pluvieux assez sévères que nous y avons vécus, les rues en pentes sont transformées en torrents qui arrachent le maigre bitume et inondent les quasi-bidonvilles riverains. De même, les traces laissées par le cyclone Gonzalo du 11 octobre sont encore bien visibles, particulièrement si l’on considère le nombre de bateaux, coulés, démâtés, échoués, écrabouillés, que l’on voit partout dans le lagon et sur les plages extérieures. Impressionnant !

Les travaux ont été rondement menés et en moins d’une semaine presque tout était fait.

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Deux jours de déballage du mât et de tous ses accessoires, assemblages des deux tronçons, passage des drisses et manœuvres, câblage des feux et de ‘électronique, équipement au sol de tous les aériens et antennes.

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Une journée pour poser le mât à sa place et le fixer, puis deux journées pour fabriquer les passages de câbles, raccorder tous les fils sous le pont et regréer l’ensemble du gréement courant (cordages nécessaires au hissage et réglages des voiles, bôme et tangon), en attendant l’arrivée des voiles provisoires, en fait les premières voiles de Dartag qui n’avaient navigué qu’une saison et ont été expédiées de métropole.

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Après une nouvelle semaine d’attente, les deux sacs sont enfin arrivés, et le soir même après quelques coûteuses formalités, nous pouvions sortir du lagon pour une première nuit au mouillage de Simpson Bay. Un grand carénage était nécessaire car les organismes du lagon avaient bien proliféré pendant cette immobilité au point qu’il était impossible de naviguer en l’état. Une première séance d’une heure puis une deuxième le lendemain matin ont permis d’envisager une courte étape jusqu’à St Barth, cueillis par un violent grain dès le départ, mais bien agréable ensuite.

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Après quelque petits ajustements, nécessaires avec un gréement neuf, une étape plus longue et une nuit en mer, en louvoyant dans un bel alizé maniable, nous a menés à Antigua, plus précisément Falmouth Harbour, juste voisin d’English Harbour.

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Elle nous a permis de vérifier le fonctionnement de tous les équipements et l’électronique de Dartag fraîchement installés. Seule l’antenne de TV n’a rien voulu savoir. Tout le reste était parfait et en particulier le radar, si utile pour la navigation en solitaire.

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Antigua est un concentré de vieille Angleterre avec ses gazons, des cabines téléphoniques rouges, ses bâtiments en briques, et le côté calme et luxueux de ses mouillages de la côte sud. La population essentiellement descendant des esclaves de l’époque coloniale a obtenu son indépendance en 1981 et met en valeur les atouts essentiellement touristiques de son île, en développant les infrastructures nécessaires, tournées vers le luxe : golf, marinas haut de gamme, aéroport international indispensable pour attirer les croisiéristes, au point qu’elle commence à inquiéter ses voisines, le marché du tourisme n’étant pas illimité.

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En revanche, elle tirerait un certain bénéfice à simplifier les formalités d’accueil des plaisanciers. Me présentant avec tous mes papiers et ceux de Dartag, il ne m’a pas fallu moins de ¾ d’heure pour les accomplir, alors que j’étais seul aux guichets. Après avoir enregistré mon arrivée sur un écran, avec l’aide d’un charmant douanier, trois organismes, situés dans le même superbe bâtiment ancien, en briques et climatisé, remplissent des multitudes de papiers, reçus, clearances, (souvent identiques et issus de l’enregistrement informatique initial) dans une sorte de ballet parfaitement réglé en trois actes et huit tableaux, pour passer successivement deux fois devant chaque fonctionnaire et pour l’un d’entre eux, trois fois. Les tampons et signatures, en couleurs probablement réglementaires, sur tous ces documents sont plutôt jolis. Finalement, après avoir payé 30 $ US, je considère que ce n’est pas exagéré pour payer tout ce monde, par contre la productivité reste perfectible ! Je n’ose pas penser au temps que cela aurait pris si nous avions été un équipage de six personnes en pleine saison avec trois autres plaisanciers devant nous dans la file d’attente.

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Reprenant la mer le lendemain, avec une belle brise d’est, nous avons rejoint la Guadeloupe dans un beau rush direct jusqu’à Deshaies toujours aussi accueillante, où les formalités ont été réglées en cinq minutes sur un écran dédié installé chez une commerçante du bord de mer, à la fois très souriante, aimable et délicieusement agréable à regarder.

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La côte sous le vent est souvent déventée, mais cette fois, c’est avec un petit vent d’ouest, cherchez l’erreur, que nous avons fait pénardement la majeure partie du parcours vers les Saintes, où nous sommes arrivés par nuit noire pour nous installer dans le mouillage du pain de sucre. Bien qu’un peu rouleur, comme les autres mouillages de ce petit archipel, il a l’avantage de bénéficier d’un hotspot Wifi fourni pas l’hôtel Bois Joli. Un plus dont nous profiterons largement pendant nos 36 heures d’escale, comme du coq qui n’a pratiquement pas cessé de chanter à pleins poumons pendant tout ce temps. Quelle santé !

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Enfin nous avons regagné Pointe à Pitre dont la marina bondée accueille l’arrivée de la Route du Rhum. C’est un évènement considérable qui se produit tous les quatre ans et attire la population en rangs serrés et les scolaires en groupes compacts autour des héros de l’atlantique arrivant de métropole épuisés, bronzés et souriants dans leurs voiliers rutilants.

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Plusieurs étaient déjà arrivés, en particulier tous les grands multicoques, mais j’ai eu le plaisir d’aller en mer, de nuit, accueillir un navigateur avec qui j’avais un peu discuté lors de son passage en Guadeloupe en mars dernier, alors qu’il recherchait des partenaires. Il s’appelle Alessandro di Benedetto, sur « Team Plastique », il est franco-italien et tout à fait charmant. Spectacle superbe éclairé pas les fusées et projecteurs de la darse animée par les orchestres locaux.

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Les autres concurrents encore en course vont ‘échelonner sur encore plusieurs semaines, jusqu’à la fermeture de la fête prévue le 7 décembre. Tous sont accueillis avec ferveur et de nombreux bateaux accompagnateurs, de jour comme de nuit, dans une ambiance sonore assez élevée. Nous aurons probablement l’occasion d’y revenir dans le prochain billet.

vendredi 24 octobre 2014

« Cette fois c’est passé près»

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Et oui, nous avons retrouvé Pointe à Pitre et ses méga yachts en escale !

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Un été à Hyères sans bateau, c’est historique. Mais quand je dis sans bateau, pas tout à fait. Les petits canots familiaux permettent de sortir de temps en temps, qui pour pêcher, qui pour ramer, qui pour voiler, mais les visites dans les iles d’Or paraissent bien loin et les sorties en famille ou entre amis, même à Porquerolles sont presque à oublier. Bien sûr la visite de Frédéric avec son magnifique Tangaroa compensa un peu, mais……..

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Une idée a germé petit à petit dans mon esprit tordu après une question posée par un gendre sur l’intérêt et les inconvénients éventuels d’un petit semi-rigide adapté à ce programme là. Chemin faisant, une prospection timide, puis plus sérieuse, m’a conduit à conclure positivement sur cette idée, et c’est ainsi que j’ai craqué début septembre pour un petit Bombard de 5 mètres équipé d’un hors-bord Suzuki de 50 cv livré sur sa remorque par un professionnel vraiment agréable.

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L’alibi était aussi que mon permis côtier, passé il y a trente ans (quarante ans pour celui de Marie-France) et qui ne m’avait jamais servi à quoique ce soit, allait trouver sa justification. Ce mois de septembre magnifique et chaud a donc été celui des sorties motorisées dans cette si belle rade d’Hyères. Pique-niques, promenades entre copains, visites de courtoisie à ma vieille amie Lélia qui se porte toujours très bien, furent au programme jusqu’à une brutale dégradation météo, vents d’est fort, pluies diluviennes, inondations. La fin de la saison était là, et Dartag II (c’est son nom) a donc regagné son hivernage à terre avant de quitter notre paradis terrestre.

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Marie-France repartie à Paris avec un gros programme musées-amis-copains-grand-mère, jusqu’à mi novembre, il ne me restait plus qu’à regagner Toulouse pour préparer le jardin et la maison à leur deuxième hiver consécutif vides, et mon départ aux Antilles pour retrouver Dartag et superviser la fin des travaux de réparation. Mais la grève des pilotes d’Air France n’était pas très encourageante. Finalement je n’y suis parti que le 7 octobre après encore quelques rassemblements familiaux toulousains.

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Vol tranquille, escale sans histoire, arrivée sans surprise, j’ai été accueilli dans la moiteur tropicale par Philippe, rentré lui aussi une semaine avant. Certes, l’invasion des cafards à bord n’était pas une bonne surprise, mais le traitement de choc qu’avait déclenché l’équipe sur place, avait déjà commencé à faire de l’effet. Les pièges étaient remplis de ces petites bêtes qui laissent des crottes partout. Ça m’apprendra à laisser des aliments pas parfaitement protégés dans les coffres.

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L’éponge n’a pas chômé pendant les trois premiers jours et la bombe de Baygon « spécial rampants » non plus. Mais progressivement je gagne du terrain sur l’adversité. Au bout d’une semaine, on peut soulever un coussin ou ouvrir un équipet sans crainte de voir se carapater certains de ces insectes inoffensifs mais peu ragoûtants. Au point que j’en oublie maintenant parfois de le faire en ayant le tape-mouche ou la bombe de Baygon à la main. Mais il y a encore du boulot avant d’avoir éradiqué tous les œufs, larves et juvéniles qui entretiennent le suspense.

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Les finitions sur le pont sont terminées et les balcons, chandeliers, filières sont en place. Comme espéré sans trop y croire, la petite voie d’eau qui s’écoulait du pont dans le coffre à bouteilles à chaque averse est complètement aveuglée, grâce au soin mis par les spécialistes à reposer parfaitement le nouveau rail de fargue. On pourrait maintenant stocker du sucre ne poudre ou de la farine en vrac dans ce coffre. Quel plaisir !

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La météo aux Antilles en cette période de l’année n’est pas fameuse. L’alizé est aux abonnés absents, les averses sont fréquentes, la chaleur moite est par moment difficile à supporter. Après avoir cherché en vain un ventilateur 12 volts, je me suis souvenu que j’avais quelque part à bord un vieux ventilateur d’ordinateur. L’ayant retrouvé, je l’ai mis en service et après quelques recherches sur la meilleure façon de le positionner, il tourne maintenant 24h sur 24 procurant aération et fraîcheur de jour comme de nuit, aussi bien dans le carré que dans la cabine avant.

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Du coup j’en ai commandé un autre qui ne sera pas inutile lorsque Marie-France me rejoindra. Un moment j’ai imaginé avec horreur que j’allais me laisser aller à équiper Dartag d’un petit climatiseur comme tout le monde, ben voyons ! Et bien non, je n’ai pas craqué et je continuerai à regarder les yachts au mouillage tous panneaux, hublots et portes fermés, les enfants jouant sur leur PS3 à l’intérieur pendant que les parents regardent un DVD, avec un peu de pitié voire de condescendance ! Je sais, ce n’est pas bien, et je vais recommencer à me soigner !

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Mais la menace des tempêtes tropicales reste bien présente, même si, jusqu’à présent, aucun phénomène majeur n’avait approché des Antilles. Et bien c’est arrivé, quatre jours après mon retour. Le cyclone « GONZALO » atteignant la catégorie 2, menaçant depuis quelques jours, a été annoncé dans la journée du samedi avec une forte probabilité d’atteindre la Guadeloupe en fin de nuit de dimanche à lundi. En fait, il a dévié un peu vers le nord et nous n’avons subi que quelques rafales et de fortes pluies. Mais j’avais quand même pris les précautions d’usage : démontage de tout objet vulnérable sur le pont, remontage de l’annexe et de la passerelle, éloignement du quai d’un mètre supplémentaire, doublage des amarres, etc…

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Hélas le lundi soir, il a atteint les îles du nord, faisant de gros dégâts et au moins trois morts (des gonzes à l’eau, triste jeu de mots, mais je fais ce que je peux) parmi les plaisanciers de Saint Barth et St Martin. Des dizaines de bateaux ont été drossés à la côte dont la vedette de la SNSM, certains entièrement détruits. Je n’ai pas d’éléments sur les conséquences dans les autres îles voisines et les BVI, qui étaient en plein dans la trajectoire de GONZALO.

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L’émotion passée, le carénage fait, par un plongeur ultra efficace, je suis maintenant prêt à rejoindre le gréement neuf de Dartag, fraichement livré et à procéder au remâtage. Normalement si le chantier qui nous accueille n’est pas endommagé ou débordé par les conséquences de l’ouragan, ce devrait être fait la semaine prochaine. Les vérifications sont en cours et je donnerai des nouvelles dès que j’aurai pu renaviguer avec des voiles provisoires, en attendant les neuves qui arriveront un mois et demi plus tard.

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Mais il ne faut pas oublier la Route du Rhum, légendaire course à la voile en solitaire qui devrait quitter St Malo le 2 novembre pour rejoindre directement Pointe à Pitre, en une grosse semaine pour les plus rapides. La Marina où j’ai pris mes habitudes depuis presque 10 mois va connaître une animation énorme, dont les préparatifs sont désormais bien avancés. Ce sera aussi un des sujets du prochain billet.

dimanche 17 août 2014

le charme de la fin ?

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Fin avril, la Marina « Bas du Fort » à Pointe à Pitre change d’ambiance. Durant l’hiver tropical elle est animée par les voiliers de tous les pays qui croisent dans ce paradis des Antilles, profitant d’une météo d’une régularité époustouflante : tous les jours les prévisions se répètent et se réalisent quasiment à l’identiques « vent d’est 15 à 20 nœuds, houle de 1,50 à 2 mètres, visibilité supérieure à 10 milles, nuages épars avec légers grains possibles, températures de l’air variant de 25° la nuit à 28-29° au maximum de la journée et celle de la mer stable à 28° et 30° dans les lagons.

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Puis, progressivement à partir de la mi-avril la température d’élève d’un ou deux degrés, la grains se font un peu plus fréquents et le vent est plus irrégulier.

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La fin de la saison approchant, de nombreux équipages se préparent à repartir vers l’Europe, passant généralement par les Bermudes, éventuellement les USA, et les Açores, ou à désarmer soigneusement leur bateau en vue d’un retour en métropole pendant l’été. Ceux-là reviendront en avion à la fin de la saison cyclonique pour un nouvel hiver dans les Caraïbes.

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Cette animation est aussi l’occasion de saluer ceux qui passent avant leur départ, et de retrouver certains dont nous avons fait connaissance dans les mois précédents au gré des escales.

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Mais c’est aussi le moment de recevoir une dernière visite familiale en profitant des « ponts de mai », favorables cette année entre le 1er et le 10. Evidemment, Dartag étant toujours immobilisé sans mât, il sera transformé en "bathotel" guadeloupéen, permettant d’approfondir nos découvertes de cet archipel magnifique grâce aux moyens de transport terrestres ou maritimes locaux.

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Ainsi nous aurons accueilli tous mes enfants et petits enfants durant cette première saison d’hiver aux Antilles. Avec Maïlys et Christophe, le programme fut aussi varié.

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D’abord les plages de sable blanc bordés de cocotiers

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Puis la recherche de distilleries de rhum accueillantes. Curieusement ce ne fut pas si facile, la plupart étant maintenant soumises à des horaires, des tarifs, des boutiques imposées. Mais nous avons été accueillis à la perfection par celle de Longueteau où le patron lui-même nous a longuement expliqué l’histoire de la propriété, ses spécificités - elle est la seule en Guadeloupe qui maitrise toute la chaine de production des champs de cannes à la commercialisation des produits - et ses processus de fabrication. Bien sûr cela nous a mis l’eau à la bouche et nous avons cassé nos tirelires dans le très fréquenté show-room, voisin des bâtiments industriels.

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Surveillant tous les matins le sommet de la Soufrière, nous avons décidé de tenter notre chance le jour où elle nous est apparue le moins empanachée. Bon, ce n’était pas encore suffisant et nous avons dû renoncer à aller jusqu’au sommet noyé dans le brouillard. Mais nous avons parcouru les petits chemins qui en font le tour, allant jusqu’à la cascade du Galion et nous prélassant délicieusement dans les bassins soufrés et chauds des Bains Jaunes, au retour. En rentrant à bord le soir, les mangues fraiches ramassées sous leur manguier le long de la route, nous ont paru délicieuses, et elles l’étaient.

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Le clou de ce séjour fut la journée passée dans le minuscule archipel de Petite-terre. Ce sont deux ilots inhabités situés au large de la pointe des Châteaux et transformés en réserve naturelle. Après une longue prospection, nous avons choisi d’utiliser un Speed-Boat pour cette balade.

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Cet « engin » surpuissant peut transporter une vingtaine de touristes et la logistique nécessaire pour un repas sous les cocotiers sur la plage accompagné des punch et ti-punch de rigueur. Le pilote, yeux bleus et cheveux longs blonds, était moins avenant que le ne laissait supposer son « look ». Manifestement son métier le « gonfle » (ce qui est étonnant mais compréhensible à la fin d’une longue saison) mais il nous a fait découvrir tout d’abord la puissance brutale de son canot de 450 chevaux, bondissant d’une vague à l’autre dans des volées d’embruns, bien que l’océan soit, ce jour, là plutôt paisible. Certaine familles et surtout quelques enfants étaient terrorisés au début puis se sont calmés. Nous sommes arrivés saoulés de coups et trempés, mais avec nos sacs étanches préservés.

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Sur les indications de notre cornac blond, nous avons alterné la baignade avec masques et tubas, et les promenades à terre au milieu d’une faune surtout réduite à des centaines d’iguanes parfois belliqueux.

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Dans l’eau un faune variée et abondante vaut vraiment l’exploration paisible dans cette eau accueillante, protégée par son lagon et à la température idéale de 30° où l’on peut rester aussi longtemps qu’on veut. Les poissons multicolores, les tortues, les petits requins citron, les langoustes composent un spectacle féérique.

Sur le chemin du retour, notre pilote nous a longuement fait profiter d’un banc de petits dauphins qui passaient par là, avant de remettre « toute la gomme brutale » vers notre port d’embarquement, Saint François. Non, vraiment, cette expérience de Speed-boat n’est pas très séduisante, même si cela valait le coup de la tenter.

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Un autre jour, nous avons découvert le fabuleux jardin botanique de Deshaies. Fondé dans la propriété que Coluche avait achetée sur place, il domine la mer des Caraïbes dans un site magnifique. Les plantes, fleurs, oiseaux de toutes sortes qu’il héberge sont d’une beauté à couper le souffle. Oui la nature tropicale est exceptionnelle de richesse et de couleurs.

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Et sa générosité offre une gastronomie simple et délicieuse quasiment à portée de main.

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Maïlys et Christophe sont repartis tout bronzés, les yeux pleins de bonheur après ce court séjour dans une des plus belles iles du monde sans doute.

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Retour aux petites contraintes du calendrier ensuite, avec les contacts toujours aussi peu encourageants avec l’assureur, pour essayer de faire avancer le dossier de réparation de Dartag. A tel point que le retour en métropole sera motivé aussi par un visite au siège de la compagnie, pour essayer de comprendre cette apathie voire cette indolence pour ne pas dire léthargie, ou peut-être mauvaise volonté.

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Mais avant tout il fallait lancer les commandes, préparer le bateau à recevoir les entreprises qui doivent intervenir et pour qu’il passe en sécurité l’été tropical, puis réserver un billet d’avion pour Toulouse, avec escales à Fort de France et Paris-Orly. Départ programmé fin mai avec la confiance que permettent les contacts locaux noués au fil de ces longs mois d’escale forcée et avec la marina Bas-du Fort dont le personnel et les responsables se montrent tout à fait coopératifs.

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Une fois arrivé à la maison, triés et rangés les 50 kg de bagages emportés, je retrouve Marie-France installée à Hyères depuis quelques jours. Délicieux séjour au soleil de Méditerranée après avoir échappé à l’hiver européen. Les amis sont là et les retrouvailles agréables.

Puis nous gagnons Pornichet pour ce rendez-vous important avec l’assureur. En moins d’une heure le problème est réglé, les fonds débloqués et le contact rétabli. C’est incroyable comme une rencontre bien préparée peut être utile et efficace. Un souci de moins et une trésorerie reconstituée pour la suite de la réparation de Dartag.

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Le tour de France se poursuit avec une belle fête familiale à Rennes, un séjour à Paris qui permet aussi de reconstituer ses ressources culturelles (c’est un peu ce qui manque dans les iles) avec au programme de la musique (le 21 juin, la fête), du théâtre, des musées (nouvelles salles dans l’aile nord Sully du Louvre, magnifiques) et aussi des rencontres familiales exquises.

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Enfin après un bref retour à Toulouse, surtout consacré à l’intendance et la paperasse, en route pour Hyères pour un été pas habituel, sans bateau et sans croisière estivale. C’est bizarre, mais on retrouve très bien la vie terrestre parmi les frères et sœurs, enfants et petits-enfants, neveux et nièces, amis de toujours, dans cette vieille maison familiale dont l’entretien demande aussi quelques contributions de tous.

La prochaine étape sera le retour en Guadeloupe une fois Dartag réparé et prêt pour de nouvelles aventures.

vendredi 25 avril 2014

GUS...GUSTA...GUSTAVIA

L’espoir de renaviguer avant l’été est définitivement perdu. Du coup, il faudra trouver une solution sûre pour laisser le bateau aux Antilles pendant la saison des cyclones. Nous reviendrons à l’automne finaliser les réparations avant de passer un deuxième hiver dans les Caraïbes, puis rentrer en Europe pour l’été 2015. Beaucoup d’autres plaisanciers pratiquent cette formule, certains depuis des années, et cela nous permettra de reprendre notre croisière interrompue brutalement en ce 25 janvier de sinistre mémoire.

Une nouvelle visite pleine de charme s’annonce pour la première quinzaine de mai, et ce sera l’occasion de reprendre la découverte de la Guadeloupe et de son merveilleux archipel avec Maïlys et Christophe.

Mais en attendant...........

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.........j’ai pu profiter d’une opportunité exceptionnelle en ce temps de pénitence. Je viens de rentrer d'une grosse semaine dans l'île de Saint Barthélémy (triste nom pour un admirateur d'Henri IV comme moi) et participer aux "Voiles de St Barth", invité par un club de voile de Pointe à Pitre "Les p'tits filous", tout un programme.

Cet évènement très sportif et un peu mondain rassemble chaque année, pendant la semaine sainte, une soixantaine de voiliers de 24 à 120 pieds (7,5 m à 36 mètres) y compris des multicoques, répartis dans 7 classes, originaires du monde entier, même d’Australie et Nouvelle Zélande. Les plus nombreux venaient des USA (St Barth est presque dans leurs eaux) mais les plus beaux étaient incontestablement les européens, surtout du nord, Suédois, Anglais notamment. Evidemment il y avait aussi de nombreux français qui sont ici chez eux, dont quelques antillais, et quelques italiens.

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J'étais équipier parmi onze hommes et femmes sur un A40, qui ont mené ce joli bateau de course de 12 mètres, sponsorisé par Lipton, équipé de voiles superbes, à la 5ème place sur 10 dans notre classe (première moitié, de justesse). Il faut dire que notre skipper avait réussi à convaincre un régatier de haut niveau d'embarquer pour nous coacher afin de tirer le meilleur parti du matériel. Nous étions partis à trois bateaux, les deux autres servant surtout de dortoirs et de cambuses car il était inenvisageable que tous les équipiers dorment et se nourrissent sur le bateau de course.

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Le rapide convoyage aller, parcouru au portant en 24h, dans de bonnes conditions avait cependant permis de mesurer à quel point un bateau sportif est inadapté au confort d’un équipage en croisière. Une fois arrivés sur place, la préparation du bateau et un premier entrainement ont permis de découvrir le plan d’eau et…..de perdre une annexe qui, mal amarrée, s’est échappée pendant la première nuit.

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Nous n’en avions plus que deux (33% de pertes), pour trois bateaux et 24 personnes, ce qui occasionnait quelques contraintes lorsque chacun voulait aller prendre sa douche à terre, faire un shopping ou… la bringue, pour certains.

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Les régates, parfaitement organisées les mardi, mercredi, vendredi et samedi saints, démarraient à 10h. Un petit compte à rebours simple démontrait qu’il fallait mettre le réveil (souvent inutile compte tenu de l’inconfort) à 7h, pour être prêts à temps. Le mardi soir, en rentrant de la régate du jour, notre annexe, laissée sur notre mouillage, avait elle aussi disparu : 66% de pertes cela commençait à poser un sérieux problème.

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Heureusement un bateau du comité de course l’avait récupérée en mer, son amarre pendant à la verticale, et nous l’avons retrouvée le soir, au port. Entre temps nous avions cherché notre ancre, en plongée et avec succès, par 7 mètres de fond et pu y repasser une autre amarre. Ouf, nous revenions à 33% de pertes, ce qui reste quand même fort, et révélateur d’un petit manque de rigueur !!!!

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Il y a eu une soirée des équipages avec barbecue géant sur la plage le mercredi soir et, après la remise des prix du samedi, un beau feu d’artifice tiré depuis le fort dominant le port, aujourd’hui caserne de gendarmerie.

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Les deux premiers jours de régates ont été courus par temps médium (10-15 nœuds de vent) et les deux derniers dans un alizé fort (20-25 nœuds, rafales à 35). Le troisième jour, un grand voilier américain, Bella Mente, a démâté pendant la procédure de départ, sans faire de blessé heureusement. Certainement une lourde facture pour le propriétaire de ce superbe bateau de trente mètres équipé d’un mât en carbone de plus de 40 mètres et de voiles high-tech dernier cri, abandonnés sur place et irrécupérables.

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Spectacle magnifique sur cette mer bleu-marine, parsemée de moutons blancs levés par les alizés, sous un soleil vertical, immortalisé par des photographes de renom embarqués sur des puissantes vedettes, un autogyre et même un drone volant magnifiquement dans les rafales de l'alizé. Les superbes voiliers géants aux voiles parfaites, avec leurs équipages en uniforme venant des deux côtés de l'Atlantique et du Pacifique, offrent toute une gamme d'émotions devant un tel étalage de luxe, de beauté, d'efficacité, de performances, d'engagement,...etc. A couper le souffle ! Site internet pour en savoir plus ou déguster les photos et vidéos : http://www.lesvoilesdesaintbarth.com/site/

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En plus, cette petite île du bout du monde est splendide, entourée d'îlots, cailloux, récifs, barrières de corail, plages blanches,... et j'en passe.

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Les parcours de régates permettent, malgré les manœuvres incessantes, de les découvrir de la mer, et le jeudi, journée "off", de la terre, avec une voiture de location.

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J'ajouterai que ce confetti de terre française, collectivité territoriale rattachée administrativement à la Guadeloupe, est d'une prospérité incroyable, ayant misé à fond et avec succès, depuis des décennies, sur le tourisme haut de gamme. Tout est beau, propre, et... branché ! Comme quoi il n'y a pas de fatalité à la crise, et une communauté dynamique et organisée, travaillant dur, peut gagner, même en France !

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Les presque neuf mille habitants actuels sont surtout des descendants des colons français et suédois (pendant un siècle après un accord entre louis XVI et Gustav III de Suède, d’où le nom de la capitale Gustavia) qui ont occupé ce territoire pauvre, depuis le dix-septième siècle. L’absence de grandes plantations, n’a pas incité les colons à importer des esclaves, sauf de manière marginale, si bien que la population actuelle est presque entièrement d’origine européenne et blanche.

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L’achat d’une propriété par David Rockefeller en 1957, marque un tournant dans l’économie de l’île avec le développement du tourisme haut de gamme. Depuis, les propriétés de luxe occupent une bonne partie de l’île dans de somptueux aménagements immobiliers. La sécurité comme la propreté sont des arguments qui attirent de plus en plus de jet setters et de familles fortunées à s’y installer. Les prix sont à la hauteur de cette population nouvelle, tant dans l’immobilier que pour le ravitaillement courant, même si certaines particularités fiscales mettent quelques produits comme les alcools fort, à un prix très bas.

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Chaque supérette possède une cave à vins français abondante et luxueuse, car les américains en raffolent. Toutes les grandes marques mondiales du luxe (joaillerie, horlogerie, mode, cosmétique, maroquinerie, …) y ont pignon sur rue et la capitale Gustavia fait penser à un petit mélange concentré de St Tropez, Cannes, Porto Cervo ou Capri par exemple. Vraiment stupéfiant ! Les nombreuses et luxueuses plaquettes et revues, éditées localement sur papier glacé, présentent tous les aspects et évènements de ce petit paradis de milliardaires. A côté d’elles, un magazine chic comme le Figaro Madame ferait presque figure de gazette de bidonville.

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Cette expérience fût vraiment intéressante et si c'était à refaire je la referai. Mais, la prochaine fois, pas dans les mêmes conditions d'hébergement très spartiates, pour ne pas dire « tiers-mondistes », à bord de ce petit bateau sans eau (sauf des bouteilles d'eau minérales), sans gazinière opérationnelle ni allumettes, et presque sans électricité (heureusement que j'avais pris ma lampe frontale), dans une promiscuité et une saleté indescriptible (le fuel, répandu sur les rares planchers et dans la cale, ça glisse, grave !), au milieu des sacs poubelles crevés, des conserves non identifiées, des bouteilles et canettes vides, des aussières ou écoutes trempées salées sentant le gas-oil et emmêlées, ou des sacs à voiles énormes occupant le peu d'espace libre...etc.

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Et en plus nous étions au mouillage (la place à quai est inabordable et de toute façon agitée par un fort ressac), dans une rade mal abritée donc très rouleuse, sans annexe suffisante, avec les drisses qui claquent en permanence et au milieu d'une bande de jeunes hyper sympas et drôles, mais adorant la musique reggae, les pétards, l'alcool et les cigarettes, même à l'intérieur….Imaginez les trésors de patience et de tolérance qu'il m'a fallu déployer pour survivre à peu près dignement !

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Le convoyage retour vers Pointe à Pitre, contre un fort alizé, et longuement sous une pluie battante, à 25° certes, mais la nuit il finit quand même par faire froid lorsqu'on est trempé jusqu'à l'os sur un bateau sans capote, ni bimini, ni pilote automatique, ni panneaux de ponts étanches, sous les embruns à 27° qui paraissent bien chauds, fut une vraie épreuve. Je n'avais plus un vêtement sec et heureusement mon sac étanche m’a permis de préserver les quelques appareils hi-tech que j'avais emportés. J'avoue admirer la femme du skipper, une charmante australienne d'origine chinoise enceinte de 6 mois et accaparée par leur fille de deux ans (bilingue débutante et adorable) d'avoir fait ce parcours, ballottée à l'intérieur par une mer dure, à nourrir, changer et distraire son bout de chou, sans aération, sans lumière, sans eau, sans main courante pour se tenir, s'allongeant sur des matelas et des serviettes humides, et tout cela en préparant des repas.... sans broncher ; chapeau bas madame !

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En arrivant, reprenant ma vie douillette à bord de Dartag, j'en ai dégusté le confort avec un plaisir mal dissimulé et j’ai pu me reposer de cette semaine stimulante, me raser, et soigner mes coups de soleil sur le nez et mes lèvres gercées par le sel. Après les grosses lessives indispensables, j'ai renoué avec le rythme des ti'punch chez les uns ou chez les autres amarrés au ponton d'accueil de la marina Bas du Fort, avec la perspective de regagner la France prochainement pour quelques semaines.

Bref une pénitence pas si épouvantable que l'on pourrait le croire. A bientôt.....sans doute.

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